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    Hélène Valade, présidente de l’Observatoire de la RSE : « Nous entrons dans une nouvelle ère »

    IntelliNewsBy IntelliNewsoctobre 30, 2026Aucun commentaire4 Mins Read
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    Portées aux nues ces dernières années,les politiques des entreprises sur la responsabilité sociétale des entreprises ont connu un vaste coup de frein. La faute à un contexte politique, économique et géopolitique international toujours plus tendu. Qu’il paraît lointain le temps ou les grands patrons rivalisaient de promesses pour lutter contre le changement climatique, que les Comex se dotaient de « responsables RSE », que les cabinets de conseils spécialisés en la matière pullulaient et que les grandes nations rivalisaient de textes réglementaires ambitieux.

    Pour autant, coup de frein ne veut pas dire coup d’arrêt et les graines plantées ont germé : rares sont les entreprises qui ont définitivement arrêté leurs programmes de durabilité. Disons que les discours sur la RSE – aux tonalités souvent morales voire trop prescriptives -, se veulent aujourd’hui plus discrets. Côté actions, après la phase des mesures et des bilans (carbone), vient celle de la mise en place des bonnes pratiques, selon les secteurs d’activité comme l’automobile ou l’habillage. Autant d’initiatives qui montrent que la transformation, inéluctable est bien en marche. Cet été, tout particulièrement, les preuves tangibles du réchauffement climatiques (incendies, canicules) ont montré qu’il n’existe pas d’autre option pour les acteurs de l’économie que celle de l’adaptation.

    Le fort recul de la RSE en quelques années ne s’observe-t-il qu’au niveau européen ?

    Absolument pas. Il s’agit d’un mouvement mondial amorcé par le retrait des Etats-Unis des accords de Paris. Mais il ne faut ni simplifier ni noircir le tableau. La Chine poursuit une accélération très forte sur le climat et les énergies renouvelables. Nous assistons à deux mouvements opposés et qui coexistent, parfois au sein d’un même pays. Le Texas est aujourd’hui le premier producteur américain d’énergie éolienne.

    Qu’en est-il en Europe ?

    Le principal point de cristallisation a été la mise en place de la directive Corporate sustainability reporting (CRSD), qui impose aux entreprises de publier un rapport annuel sur leur durabilité. Sur le principe, les entreprises étaient d’accord, mais son entrée en vigueur a été d’une complexité considérable en se focalisant parfois sur des sujets annexes. Au départ, la RSE se voulait avant tout un levier de transformation, mais avec la CSRD, beaucoup ont eu le sentiment de basculer dans un exercice essentiellement réglementaire. Et les commissaires aux comptes, dont la situation n’était pas simple puisqu’il fallait se former très rapidement, ont parfois appliqué les textes de façon excessivement prudente. Pour autant, ce reporting a permis de rapprocher les directions RSE des services financiers et des conseils d’administration.

    Au sein des entreprises, comment se manifeste le repli de la fonction RSE ?

    Certaines ont réduit leurs budgets ou leurs effectifs, mais cela s’explique surtout par une conjoncture difficile qui touche toutes les directions. Surtout, elle est devenue beaucoup moins vocale avec moins de communication en interne comme en externe. Mais, il n’y a plus de retour en arrière sur les plans d’action.

    Est-ce qu’on attend de cette fonction moins d’incantations mais plus d’action ?

    Il faut s’interroger sur la manière dont la RSE a parfois été portée. Il y a eu chez certains acteurs une approche très morale et prescriptive, qui a probablement contribué à susciter des réactions. L’Observatoire que je préside propose de longue date une approche beaucoup plus pragmatique, ancrée dans le cœur du business, en rappelant que la RSE crée aussi de la valeur économique.

    A quoi pensez-vous ?

    Par exemple, chez LVMH, dont je suis, par ailleurs, Directrice développement environnement, les activités liées à l’économie circulaire (réparation et réemploi) ont généré environ 500 millions d’euros de revenus supplémentaires en 2025. Dans d’autres cas, la création de valeur passe par des économies de coûts. Une bonne gestion de l’eau permet notamment de réduire les consommations et les dépenses tout en préservant la ressource.

    Comment imaginez-vous la RSE dans cinq ans ?

    Je pense que les entreprises vont poursuivre, voire accélérer leur transformation. D’abord en raison des attentes des collaborateurs, notamment les plus jeunes, et des clients. Ensuite parce qu’un cadre réglementaire certes assoupli demeure, aux niveaux français et européen. Enfin, il y a une continuité du business : les entreprises doivent adapter leurs sites et sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement face aux risques climatiques. De ce point de vue, l’été 2026 constitue un point de bascule : l’enchaînement des canicules et la multiplication des incendies en France ont malheureusement apporté les preuves tangibles des conséquences du réchauffement pouvant provoquer de véritables ruptures d’activité. Acteurs publics et privés gagneraient à travailler de concert à des stratégies d’adaptation robustes.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/entreprises/helene-valade-presidente-de-lobservatoire-de-la-rse-nous-entrons-dans-une-nouvelle-ere-XI6KDAZYXFDXXPYUDG65XLNPUI/

    Author : Thomas Lestavel

    Publish date : 2026-10-30 09:00:00

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