Des colonnes de fumée s’élèvent dans le ciel au-dessus de la raffinerie de Novokouïbychevsk : tôt ce vendredi 30 octobre, l’Ukraine vient de frapper le site pétrolier, situé dans la région russe de Samara. Une autre attaque suit, la nuit d’après : cette fois, des drones ukrainiens à longue portée ont pris pour cible le pôle industriel situé dans la république de Bachkortostan (dans l’ouest de la Russie). Selon le Kyiv Post, ils ont notamment touché la raffinerie Bachneft-Novoil ainsi que, potentiellement, une seconde installation de raffinage adjacente.
Une analyse en sources ouvertes (OSINT), fondée sur des photographies prises par des témoins et réalisée par le média Astra, a confirmé qu’un impact avait provoqué un incendie majeur dans ce complexe énergétique. L’attaque a conduit les autorités russes de l’aviation civile à procéder à des fermetures d’urgence de l’espace aérien du pays.
Ces opérations ukrainiennes interviennent après une pause de deux semaines, décidée sous la pression de Donald Trump qui, à plusieurs reprises, avait appelé Kiev à suspendre ses frappes contre les infrastructures pétrolières russes. La reprise des attaques contre ces dernières risque par conséquent de provoquer la colère du président américain. « La décision de frapper Novokouïbychevsk a été prise malgré les conseils des alliés européens, qui avaient suggéré à Kiev d’attendre la tenue des élections de mi-mandat aux États-Unis, afin d’apaiser les tensions récentes entre Zelensky et Trump », rappelle aussi le Wall Street Journal.
La Russie accuse l’Ukraine d' »ignorer Donald Trump »
Mi-octobre, le locataire de la Maison-Blanche avait déclaré qu’il n’était « pas un grand fan » de son homologue ukrainien, et qualifié de « honte » les frappes contre les raffineries russes. Donald Trump impute à celles-ci la hausse des prix mondiaux du carburant. Cette flambée est pourtant largement attribuée à la guerre en Iran, mais tous les arguments semblent bons pour séduire les Américains, avant les élections de mi-mandat le 3 novembre. Dans ce contexte de brouille diplomatique, Volodymyr Zelensky s’est récemment plaint de la rétention de renseignements par les États-Unis et des perturbations du service Starlink, essentiel aux opérations militaires ukrainiennes.
De son côté, la Russie jette de l’huile sur le feu. Iouri Ouchakov, conseiller du président Vladimir Poutine pour les affaires étrangères, a accusé l’Ukraine de défier Donald Trump avec ces nouvelles frappes : « Une fois de plus, ils ont désobéi, et, dirais-je, ils l’ignorent tout simplement. Bien que Trump ait insisté — et continue d’insister, sur ce point, ils ne l’écoutent pas », a-t-il déclaré.
La fin de la pause ukrainienne survient alors que le pays n’a pas cessé de subir les bombardements russes, qui se sont même intensifiés dans certaines villes. Ce jeudi 29 octobre, des drones et des missiles russes ont tué au moins 27 civils et en ont blessé plus de 100 à travers le pays. L’incident le plus meurtrier a été une attaque par drone russe qui a coûté la vie à quinze personnes sur un quai de gare, dans la ville de Dnipro. « La Russie fait délibérément la chasse aux civils : dans les trains, les gares, les immeubles d’habitation », a déclaré sur Telegram le Premier ministre ukrainien, Serguiï Koretsky.
Signe d’une éclaircie dans le ciel américano-ukrainien, les Etats-Unis ont approuvé la vente de 500 missiles Patriot à l’Ukraine, vendredi 30 octobre. Une transaction financée avec « des contributions » des alliés de Kiev. Ces intercepteurs américains Patriot restent les seuls capables d’abattre les missiles russes plus sophistiqués.
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Author : Audrey Parmentier
Publish date : 2026-10-31 14:53:00
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