
Depuis le 1er janvier 2025, les petites entreprises de 11 à 49 salariés doivent mettre en place au moins un dispositif de partage de la valeur : un système d’intéressement ou de participation, l’abondement d’un plan d’épargne salariale ou une prime de partage de la valeur (ex-prime Macron).Cette obligation légale est instaurée pour une période expérimentale de cinq ans et vise les entreprises réalisant un bénéfice net d’au moins 1 % de leur chiffre d’affaires pendant trois années consécutives. Sont concernés : 1,5 million de salariés travaillant dans 65 000 PME pour lesquels l’épargne d’entreprise est parfois la seule épargne. Ces dispositifs sont d’ailleurs largement plébiscités par les personnes en bénéficiant : selon un sondage commandé par Natixis Interépargne, 82 % des salariés interrogés se disent satisfaits des instruments de partage de la valeur mis en place par leur entreprise. En outre, 78 % des sondés disposant d’un plan d’épargne entreprise indiquent investir par ce biais.Plusieurs obstacles demeurent toutefois : selon le cabinet de conseil Ferway, un tiers des entreprises concernées n’a jamais entendu parler de cette loi… Natixis Interépargne constate de son côté que 1 société sur 5 ne sait pas comment procéder. La majorité d’entre elles indique s’orienter vers la mise en place d’une prime de partage de la valeur. Particulièrement souple, cette dernière est, en outre, exonérée de cotisations sociales, pour un montant pouvant aller jusqu’à 6 000 euros par salarié.
Source link : https://www.lexpress.fr/argent/placements/epargne-salariale-les-pme-sy-mettent-malgre-quelques-obstacles-7ATIDCGPRJFOPPXAOXCT67MCYI/
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Publish date : 2025-01-20 05:30:00
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Étiquette : L’Express
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Epargne salariale : les PME s’y mettent, malgré quelques obstacles
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Trump contre les espions américains : « Tout est prêt pour que les choses ne se passent pas bien »

Pour ce premier épisode de L’Etat-Major, le nouveau podcast de L’Express consacré aux questions de défense, il semblait indispensable de parler de Donald Trump, redevenu depuis sa victoire en novembre dernier le président de la première puissance mondiale, les Etats-Unis. Depuis, les nominations se sont enchaînées avec, parmi les postes clés, celui de la direction du renseignement national (DNI), confié à Tulsi Gabbard. Elle a 43 ans, une longue chevelure noire avec une grande mèche blanche et elle possède un parcours atypique. Elle a servi dans l’armée américaine, puis elle a siégé à la Chambre des représentants comme démocrate.Première élue fédérale avec l’hindouisme comme religion, cette Hawaïenne a d’autres particularités, comme ses sympathies complotistes pour deux tyrans : le Syrien Bachar el-Assad, auquel elle a rendu visite – et dont on sait que le régime est tombé récemment -, et le Russe Vladimir Poutine. Comme DNI, si sa nomination est confirmée au Congrès, Tulsi Gabbard va devoir briefer le président au quotidien sur les missions et les résultats des services. Elle devra aussi faire en sorte qu’il coopère du mieux possible. Mais sa véritable tâche est ailleurs : mettre ses services au pas. Donald Trump n’a aucune confiance dans les espions américains. Il compte sur cette fervente trumpiste pour qu’ils fassent ce que lui veut. Le monde du renseignement américain s’apprête à connaître de profondes turbulences.Pour parler administration Trump et espionnage, Clément Daniez reçoit l’un des meilleurs spécialistes du renseignement parmi les universitaires français. Sébastien-Yves Laurent enseigne à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye et a reçu le prix de l’Académie du renseignement pour son livre Etat secret, Etat clandestin, essai sur la transparence démocratique, publié chez Gallimard. Un ouvrage qui porte sur les évolutions des services américains, français et britanniques.RETROUVEZ TOUS LES EPISODES DE L’ÉTAT-MAJOREcoutez cet épisode et abonnez-vous à L’État-Major sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Podcast Addict et Amazon Music.L’équipe : Clément Daniez (présentation et écriture), Jules Krot (montage et réalisation)Logo : Jérémy Cambour et Adrien LevieuxComment écouter un podcast ? Suivez le guide.Pour aller plus loin :Sébastien-Yves Laurent : « Les Etats s’appuient de plus en plus sur leurs services de renseignement »« La CIA espionne autant la France que le KGB » : dans les coulisses des archives du renseignementMissions secrètes, rendez-vous avec Poutine… Enquête sur le très influent patron de la CIA
Source link : https://www.lexpress.fr/podcasts/letat-major/trump-contre-les-espions-americains-le-premier-episode-de-notre-nouveau-podcast-letat-major-ZJTTJSVDFFHT5FDCJEK5MG5ICA/
Author : Clément Daniez
Publish date : 2025-01-19 07:10:00
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Investiture de Donald Trump : pourquoi sa liste d’invités est tout sauf anodine

Au moment de son discours inaugural, ce lundi 20 janvier dans la rotonde du Capitole, c’est tout l’establishment de Washington qui sera présent pour écouter Donald Trump : des ex-présidents Bush et Obama en passant par les membres du Congrès et les juges à la Cour Suprême… Mais cette fois, et contrairement à l’usage, une brochette de chefs d’Etat et de leaders politiques étrangers fera également le déplacement à l’invitation du nouveau locataire de la Maison-Blanche. Ils n’ont pas été choisis au hasard : tous sont des populistes de droite, nationalistes et conservateurs.Parmi eux, Javier Milei, le président argentin et grand admirateur de Trump, ou le président du Salvador, Nayib Bukele, accusé de dérive autoritaire dans son pays, qui aime à se présenter comme un « dictateur cool ». Ont aussi été conviés à cette cérémonie en grande pompe la présidente italienne du Conseil des ministres, Giorgia Meloni, récemment qualifiée de « fantastique » par le milliardaire, dont les services ont confirmé la présence, ou l’ancien président brésilien Jair Bolsonaro, dit le « Trump des tropiques », qui sera en revanche bloqué dans son pays après la révocation de son passeport dans le cadre d’une enquête. »Le chef de file de cette mouvance illibérale » »Le populisme de droite s’est internationalisé, observe Filippo Trevisan, professeur de communication publique à l’American University de Washington. Bien qu’avec quelques variations et adaptations locales, ce modèle qui associe une rhétorique économique populiste à des positions ultraconservatrices sur des questions sociales telles que l’immigration, les droits des femmes, les droits des LGBTQ +, ainsi qu’à de forts appels au symbolisme chrétien, a trouvé un terrain fertile aux Etats-Unis et dans plusieurs autres démocraties occidentales. »Ce 20 janvier, toute une internationale populiste et d’extrême droite célébrera donc le retour aux affaires de son champion. « Il y a une forme d’allégeance que viennent lui prêter ces dirigeants étrangers, pointe Françoise Coste, spécialiste du Parti républicain et auteure de Reagan (Perrin). Donald Trump représente le chef de file de cette mouvance illibérale dans le monde. »Mais cette liste d’invités triés sur le volet ne compte pas que des chefs d’Etat. Du côté de la France, le leader de Reconquête, Eric Zemmour sera de la partie, aux côtés de sa conseillère et compagne, l’eurodéputée Sarah Knafo. Sera également présente la députée européenne Marion Maréchal – qui devrait profiter de son déplacement pour rencontrer des proches du nouveau président. La patronne du parti d’extrême droite allemand AfD, Alice Weidel, a elle aussi reçu son carton d’invitation, mais sera remplacée par son porte-parole, Tino Chrupalla, en raison officiellement d’un calendrier de campagne déjà surchargé avant les législatives du 23 février. Celle-ci avait déjà reçu en décembre le soutien inattendu d’Elon Musk, le patron de X et proche conseiller de Trump, pour qui son parti est « le seul qui peut sauver l’Allemagne ».Une nouvelle ère ?Cette liste d’invités donne des indications claires sur les dirigeants qui trouveront grâce aux yeux de la prochaine administration américaine. A l’inverse du Premier ministre britannique travailliste Keir Starmer, qui n’a pas été convié, le député britannique et chef du parti d’extrême droite et anti-UE Reform UK, Nigel Farage, a confirmé sa présence le jour de l’inauguration. Le 10 Downing Street, lui, sera représenté par son ambassadrice aux Etats-Unis, Karen Pierce.Même traitement pour la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, qui n’a, elle non plus, pas été invitée à se joindre à la cérémonie. Au contraire de l’ancien Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, dont le mandat avait été marqué par son conflit avec Bruxelles sur le thème de l’Etat de droit en Pologne et qui a confirmé sa présence. « Ces invitations ont un double effet, note le professeur Filippo Trevisan. D’une part, elles suscitent l’embarras et l’inquiétude des dirigeants qui n’ont pas été invités et d’autre part, elles signalent que le mouvement MAGA (Make America Great Again) est devenu plus transnational. »Avec quelles conséquences pour le second mandat de Trump ? « Nous assistons à une réaction globale, dans certaines parties du monde, contre les idées et les institutions de l’internationalisme libéral, estime Julian Zelizer, professeur d’histoire à l’université de Princeton. In fine, nous pourrions être à l’aube d’un démantèlement d’institutions et d’idées qui, depuis la Seconde Guerre mondiale, ont été des éléments déterminants de la vie internationale. » La teneur du discours du nouveau président devrait à cet égard être éclairante. Il y a huit ans, son message inaugural sur le « carnage américain » avait dressé le portrait apocalyptique d’une Amérique en plein déclin. Bien entouré par ses homologues étrangers d’extrême droite, il pourrait cette fois acter le début d’une nouvelle ère.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/investiture-de-donald-trump-pourquoi-sa-liste-dinvites-est-tout-sauf-anodine-NV4UDB4GZVHDLHIPMHD3YUNRX4/
Author : Paul Véronique
Publish date : 2025-01-19 07:30:00
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« Le grand écart permanent, ça fait mal aux adducteurs » : à gauche, le flou stratégique de Marine Tondelier

Mardi 14 janvier, le numéro de Fabien Roussel s’affiche sur le smartphone de Marine Tondelier. Le patron du Parti communiste français et la secrétaire nationale des Ecologistes ont en commun d’avoir, avec le Parti socialiste, accepté de négocier avec le gouvernement. Le premier n’est plus député, la seconde ne l’a jamais été. Alors, c’est depuis les rues d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), son fief, et au gré d’une session de tractage, que la patronne des Verts a écouté le discours de politique générale de François Bayrou.Quelques minutes plus tard, Fabien Roussel est vert, lui aussi, mais de rage. Il se sent floué par les annonces du Premier ministre et le dit au téléphone à Marine Tondelier. Elle le renvoie dans les cordes : « C’est toi qui étais optimiste. » Deux jours plus tôt, Eric Lombard, le locataire de Bercy, qu’elle trouve « objectivement sympa et sincère » – il lui renvoie le compliment – l’avait sortie du jeu. « Vous êtes trop loin de l’accord, c’est pour ça que je ne vous ai pas conviée à la réunion de lundi avec les socialistes », lui a-t-il glissé. Et la patronne des Verts de lui rétorquer que c’est égal, de toute façon, elle n’est pas disponible car elle sera dans la Marne pour son « Tour de France des vœux inversés » – une rencontre durant laquelle elle « écoute les vœux des Français plutôt que de faire les siens ». De toute façon, elle et ses troupes sont convaincues que les socialistes se sont fait berner. Les écologistes, eux, qui finiront par signer la motion de censure de la gauche après la déclaration de politique générale, n’auront pas la main qui tremble. »J’ai toujours dit que l’équation était insoluble »Les dés étaient-ils pipés par le gouvernement ? La secrétaire nationale, elle, avait truqué les siens. La preuve, non pas par la contorsion, mais par la double négation : « J’ai donné les conditions nécessaires mais pas suffisantes pour que nous ne votions pas la censure », explique-t-elle sur un plateau télé, tandis qu’on l’interroge sur sa présence aux négociations. Avis aux esprits lents : « Elle voulait dire que sans l’abrogation de la réforme des retraites, le compte n’y serait pas. Et qu’avec l’abrogation de la réforme des retraites, le compte n’y serait pas non plus », tente de clarifier son entourage. Marine Tondelier, de toute façon, n’a jamais vraiment cru à l’aboutissement de ces discussions. Aux siens, elle confie : « J’ai toujours dit que l’équation était insoluble. J’y vais parce que je ne veux pas leur donner l’excuse de négocier avec l’extrême droite, parce qu’on ne serait pas allés les voir. »Bercy n’y comprend plus rien, les conseillers pensent finalement que les écolos surveillent les socialistes ; la maison verte n’a pas cette prétention, pas davantage que les Roses n’ont cette inquiétude – « c’est l’histoire de la grenouille et du bœuf », dixit un négociateur PS. Non, les écologistes jouent simplement le rôle de la bonne conscience de gauche. « Nous ne sommes pas l’agence de notation de nos partenaires. Mais on a ce rôle d’influencer, de réorienter l’ensemble de la gauche », dit Guillaume Gontard, sénateur et négociateur écolo. Car leur combat ne se limite pas à la couleur de la veste de Marine Tondelier, malgré les dires de certains pontes EELV, qui déplorent toujours l’absence d’ambitions écolos dans le programme du Nouveau Front populaire. Les 7 milliards exigés pour relancer la transition écologique ? Balayés d’un revers de main par l’exécutif qui ne propose que quelques millions. Un casus belli pour Tondelier qui se sent, sur ce sujet, bien seule au NFP.A deux doigts de tourner casaque ? Jeudi 16 janvier, sur les coups de 13 heures, le n° 2 des écologistes, David Cormand, prend connaissance d’une missive envoyée par François Bayrou au Parti socialiste. Il tourne de l’œil. Et si les socialistes avaient réussi leur coup ? Un autre proche de Marine Tondelier se prend, lui, à citer Philippe Rickwaert, le personnage principal de la série Baron noir : « De là d’où je viens, c’est-à-dire du peuple, quand on peut prendre, on prend. Parce qu’on en a besoin. On ne rejette pas des avantages parce que peut-être plus tard dans un monde idéal on peut en obtenir de meilleurs. » Car les vérités du mardi ne sont pas celles du jeudi à l’Assemblée, les socialistes – qui s’écharpent encore sur le bien-fondé de la non-censure – constatent que le Premier ministre cède aux demandes d’Olivier Faure et de Boris Vallaud.Voici les écologistes, d’un coup, un peu plus hésitants. Censurer ou renoncer ? Marine Tondelier s’emmêle les pinceaux. « Les concessions listées par François Bayrou sont en grande partie le résultat du travail parlementaire mené cet automne par le Nouveau Front populaire. Nos discussions des dernières semaines avec l’exécutif ont permis de les sanctuariser […]. Nous pouvons être fiers d’avoir protégé les Français de grands reculs sociaux en perspective », affirme-t-elle dans la première version d’un communiqué, tout en déplorant « l’inaction » du gouvernement sur le front de l’écologie que ses partenaires ne voient pas. « Nous y reviendrons », conclut-elle, sans préciser si les députés EELV vont censurer. Elle le fera quelques minutes plus tard, dans une seconde version du communiqué de presse : « D’abord on a une motion de censure à voter… » L’équidistance suppose un peu de gymnastique. »Aucune raison » que la candidature commune de 2027 ne soit pas écologisteC’est ainsi : Marine Tondelier est coincée dans un étau qu’elle s’évertue, difficilement, à desserrer. « L’enjeu des Verts n’est pas de se déterminer en fonction du Parti socialiste ou de LFI », précise-t-elle quand même à L’Express. Il est surtout de ne laisser aucune prise à leurs alliés. Les écolos deviendraient-ils un trophée de chasse dans ces luttes intestines opposant les deux forces hégémoniques du Nouveau Front populaire ? La secrétaire nationale, elle, se veut colombe de la paix. Arbitre des élégances aussi, disons-le… Parfois, elle souffle dans les bronches de ses partenaires – et le fait savoir. « Je ne comprends pas son enthousiasme », glisse-t-elle au sujet d’Olivier Faure qui, quelques heures avant le discours de politique générale de François Bayrou, avait fait preuve d’un entrain démesuré. Quant à la pression exercée par les mélenchonistes sur les socialistes, les premiers enjoignant les seconds à quitter la table des négociations avec l’exécutif, elle en déplore l’âpreté : « Quand Jean-Luc dit aux socialistes ’rentrez à la niche’, qu’est-ce qu’il espère ? » Il arrive aussi qu’elle s’interroge, un brin inquiète : « Est-ce que le PS et les insoumis vont continuer de jouer avec le feu jusqu’à l’explosion du NFP ? » Un ponte socialiste la met en garde : « Attention Marine, le grand écart permanent ça fait mal aux adducteurs ! » Voilà, en revanche, quelques semaines qu’elle ne parle plus à Jean-Luc Mélenchon, trop insultant à son goût.Marine Tondelier se drape donc dans les oripeaux du Nouveau Front populaire, dans sa version la plus pacifiste. L’image agace à l’extérieur de son parti, où nombre de ses partenaires fustigent, anonymement, tantôt l’absence de clarté de la patronne des écolos, tantôt ses revirements successifs. Mais au sein de la maison verte, où les militants demeurent particulièrement sensibles à la question de l’unité de la gauche, la marque attire. Elle désarme les opposants internes, dont certains plaident pour ne présenter aucun candidat face à elle, histoire de démonétiser sa probable victoire… D’autres envisagent une candidature de témoignage pour muscler leur profil, à l’instar de l’ex-eurodéputée Karima Delli qui, dit-on, lorgne la mairie de Lille. Aux siens, Tondelier laisse souvent entendre que ce congrès n’est qu’une formalité. Pour continuer d’être l’imposante troisième voix médiatique du NFP.Ou une discrète troisième voie présidentielle à bâbord ? En novembre dernier, elle et l’éphémère candidate estivale à Matignon, Lucie Castets, ont ensemble appelé à une « candidature commune » de la gauche à la prochaine présidentielle. Le lendemain, Jean-Luc Mélenchon a fait de même, à la nuance près que cette dernière devait être insoumise. Face au western d’initiatives, Cyrielle Chatelain, cheffe des députés écolos, fixe le cadre : « Pour gagner, la question de l’expérience est un critère. On parle d’être au second tour face à quelqu’un qui a trois présidentielles dans les pattes. » Mais mais mais… Il y a toujours un avenir pour ceux qui pensent à l’avenir, disait Mitterrand. Marine Tondelier ne dirait pas mieux. Elle aussi pense au sien, croit-on savoir dans la maison verte, où certains l’accusent de préparer sa propre candidature. Elle répond volontiers : « Si la question est ’les écolos doivent-ils jouer un rôle, pas juste en étant les maîtres de cérémonie ?’, c’est certain ! Il n’y a aucune raison que l’on parte du principe que la candidature commune ne doit d’aucune manière être écologiste. » Elle renchérit : « Nous n’en faisons pas un préalable au rassemblement. Et tout le monde devrait faire de même ! » Comme pour se crédibiliser, celle qui n’est jamais avare de petites phrases, demande désormais de pouvoir parler de fond plutôt que de politique politicienne. Les journalistes de L’Humanité l’ont entendue. Mal leur en a pris ! Lorsqu’ils lui ont demandé d’expliquer le rapport entre l’écologie politique et la lutte des classes, elle a balayé » : « Je veux qu’on arrête de se branler la nouille (sic). »Marine Tondelier prisonnière de son image ? Retour en arrière. Mardi 8 octobre, la voici qui s’infiltre dans le tribunal d’Avignon. A son 24e jour, le procès Mazan continue de remuer le pays, et plus encore. Des journalistes du monde entier ont fait le déplacement pour suivre et raconter la défense de Gisèle Pelicot, droguée et violée par son ex-mari et des dizaines d’autres hommes pendant dix ans. Chaque jour, une petite foule vient applaudir le courage de cette femme. On n’y croise aucun politique de premier plan. Fallait-il venir ? Les députés écolos y ont pensé, se sont organisés même pour rejoindre Avignon et apporter un soutien à la victime, venir en cohorte, l’écharpe bleu-blanc-rouge épinglée sur le torse. Des cadres du parti leur ont fait entendre raison. Une folie. Sandrine Rousseau, visage féministe du parti, trouvait l’idée déplacée. Marine Tondelier ne s’embarrasse pas cette pudeur. Les avertissements de ses proches qui craignent les accusations d’instrumentalisation et de récupération politique n’ont aucun effet. Elle promet de se faire discrète. Ce jour d’octobre, la secrétaire générale des Ecologistes traverse, anonyme, la foule de journalistes qui ne la reconnaît d’abord pas. Avant de rejoindre la queue devant la salle de retransmission du procès, elle extirpe de son sac cette veste verte qu’elle porte immuablement, son étendard politique, et l’enfile. Enfin, elle attire le regard.
Source link : https://www.lexpress.fr/politique/le-grand-ecart-permanent-ca-fait-mal-aux-adducteurs-a-gauche-le-flou-strategique-de-marine-tondelier-YA4EVP7L4RAZPKKVNP75UP3JRM/
Author : Mattias Corrasco, Olivier Pérou
Publish date : 2025-01-19 07:45:00
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Comment Donald Trump recycle une stratégie de campagne de Ronald Reagan

Le teint hâlé, les sourcils froncés, le regard vissé à la caméra, le candidat républicain tambourine sur un fond bleu pastel : « Le canal de Panama est un territoire souverain des Etats-Unis […] on l’a acheté, on l’a payé, et on compte bien le garder. » Ne vous méprenez pas, le verbe n’est pas celui du président élu qui s’apprête à reprendre le contrôle de la Maison-Blanche, Donald Trump. Nous sommes au milieu des années 70, en pleine campagne présidentielle, Ronald Reagan est en difficulté face au président en fonction Gerald Ford. Comment rallier à sa cause l’électorat conservateur ? Un élu au nez creux lui souffle une idée : parler du canal dont la rétrocession au Panama s’apprête à être entérinée.L’enjeu se greffe au contexte. Guerre au Vietnam, crise pétrolière, stagflation, scandale du Watergate qui a conduit à la démission de Richard Nixon… À la veille du scrutin présidentiel de 1976, les Etats-Unis se retrouvent fragilisés par une première moitié de décennie émaillée de secousses inédites. Et si la majorité des élus et de la population américaine se montre indifférente au cas du canal de Panama, d’aucuns voient dans ce renoncement « le dernier clou dans le cercueil de la grandeur américaine », explique Françoise Coste, historienne spécialiste du Parti républicain et auteure de Reagan (Perrin), une biographie consacrée à l’ancien locataire de la Maison-Blanche (1981-1988).Aussi, Ronald Reagan saisit-il l’intérêt de s’ériger en défenseur du maintien sous pavillon américain du canal de Panama. La question devient alors un symbole de patriotisme, boussole du « Make America Great Again ». L’ancien acteur reconverti en politique la ressortira quatre ans plus tard, après avoir échoué face à Jimmy Carter. Entre les deux campagnes présidentielles, des traités prévoyant la rétrocession du canal sont signés entre le président démocrate et le chef suprême de la révolution panaméenne Omar Torrijos. Du carburant pour le républicain, qui voit son image de « sauveur » des Etats-Unis renforcée.Argument électoral pour Ronald Reagan, moyen de pression pour Donald TrumpQuatre décennies plus tard, Donald Trump tente de revêtir la même parure. À l’heure de la dinde de Noël, le président élu remet au goût du jour la promesse de campagne de son prédécesseur : garder – ou plutôt récupérer – le canal de Panama. Et bien que celui-ci soit passé sous souveraineté panaméenne en 1999, les arguments brandis sont quasi-identiques : restaurer la grandeur des Etats-Unis et protéger les intérêts du pays menacés par les rivaux géopolitiques – l’URSS sous Ronald Reagan, la Chine sous Donald Trump. S’il a fait couler des litres d’ancre dans la presse outre-Atlantique, le parallèle s’arrête toutefois là.Primo, parce que « le canal n’avait pas encore été rétrocédé au Panama et appartenait encore aux Etats-Unis lorsque Reagan a fait campagne dessus », pointe l’historienne Françoise Coste. Il ne s’agissait donc ni de rachat, ni « d’annexion par la force », mais simplement d’un maintien du statu quo du canal de Panama. « Contrairement à Trump, Reagan était mû d’un profond respect des institutions et du droit international, de telle sorte que jamais il n’aurait adhéré au discours expansionniste de Trump qui cible le canal de Panama et d’autres territoires souverains », fait valoir la spécialiste de la présidence du Teflon president.Deuzio, parce que les finalités du Ronald Reagan des années 80 divergent de ceux de Donald Trump aujourd’hui. Contrairement à son prédécesseur qui en avait fait un argument de campagne, le républicain à la mèche blonde n’a déterré le sujet du canal qu’une fois élu. « Son idée n’est pas tant de fédérer l’électorat le plus conservateur autour de la question comme avait cherché à le faire Reagan, mais plutôt d’utiliser des moyens de pression là où les intérêts des Etats-Unis sont », décrypte Lauric Henneton, maître de conférences à l’université de Versailles Saint-Quentin et auteur de l’ouvrage Le rêve américain à l’épreuve de Donald Trump (ed. Vendémiaire, 2020).Donald Trump et la méthode du « bully »En interne, l’intérêt n’est pas neutre : « Menacer d’annexer le canal pourrait par exemple être une façon d’obtenir une baisse des droits de passage », note Lauric Henneton. Sur la scène internationale, c’est une façon pour Donald Trump de réagir conformément à sa grille de lecture. L’ancien magnat de l’immobilier aurait conservé une logique de Guerre froide qui prévalait dans les années 80. « Aux yeux de Trump, la Russie de Poutine et la Chine de Xi Jinping ont pris la place de l’URSS de l’époque Reagan », confirme l’historienne Françoise Coste. Ainsi, face aux velléités expansionnistes des grands rivaux géopolitiques, le prochain occupant du bureau Ovale cherche à asseoir la prédominance des Etats-Unis.Ne pas laisser à l’Empire du Milieu la liberté d’établir des ports sur les rivages du canal de Panama. Veiller à ce que Moscou et Pékin ne s’accaparent pas les ressources naturelles présentes au Groenland – qu’il a également menacé d’annexer à l’instar du Canada – sans compter l’enjeu crucial des routes maritimes qui s’ouvriront avec la fonte des calottes glaciaires. Pour ce faire, celui qui s’apprête à prêter serment joue sur un triptyque ’contrainte, persuasion et dissuasion’. « Il utilise son côté mâle alpha comme d’un instrument géopolitique », décrypte Lauric Henneton. Et de sourire : « Donald Trump est une sorte de bully comme ceux des cours de récréation. Or, quand un bully demande notre goûter, on lui donne pour éviter de se faire casser les dents, non ? ».
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/comment-donald-trump-recycle-une-strategie-de-campagne-de-ronald-reagan-UC3K33UCBJG6BLTIYX6CD6YHJY/
Author : Ambre Xerri
Publish date : 2025-01-19 08:00:00
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Larry Diamond (Stanford) : « Il y aura une rupture brutale entre Elon Musk et Donald Trump lorsque… »

Larry Diamond sait repérer de loin les nuages qui s’amoncellent sur une démocratie. Et les premiers signes de délitement. Et pour cause : il en a fait son domaine d’expertise. Depuis plusieurs années, ce très respecté politologue américain, dont les travaux trouvent un écho aussi bien chez les démocrates que chez les républicains, se penche sur les menaces qui pèsent sur la démocratie libérale aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde. Il en a même fait le sujet central de son dernier ouvrage (Ill Winds : Saving Democracy from Russian Rage, Chinese Ambition, and American Complacency, non traduit) publié en 2019. Spécialiste des régimes autoritaires, professeur à Stanford et chercheur à la Hoover Institution, l’un des think tanks les plus influents outre-Atlantique, Larry Diamond en est convaincu : non seulement ce second mandat de Donald Trump renforcera la montée des régimes autocratiques observée dans le monde depuis une quinzaine d’années – phénomène qu’il attribue en partie à l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis en 2003 –, mais il pourrait aussi faire basculer la première puissance mondiale dans une nouvelle ère : « Les Etats-Unis resteront-ils une démocratie libérale, ou leurs institutions s’éroderont-elles au point de devenir méconnaissables, voire irréparables ? » s’interrogeait-il récemment dans les colonnes du prestigieux Foreign Affairs.Pour L’Express, Larry Diamond livre son point de vue d’expert sur les débuts « explosifs » qui marqueront la nouvelle présidence Trump. Et les mois « chaotiques » à venir, qui risquent de mettre un coup d’arrêt brutal à l’idylle entre le milliardaire imprévisible et un autre tout aussi imprévisible : Elon Musk.L’Express : « Depuis 2006, selon les mesures annuelles de Freedom House [NDLR : organisation américaine de promotion de la démocratie], la liberté et la démocratie sont en déclin. Les populistes autoritaires ont gagné dans les urnes et ont ensuite utilisé leurs armes pour éliminer les contre-pouvoirs et décimer leurs opposants », écrivez-vous. Vous semblez situer cette montée en puissance des régimes autoritaires à l’époque de l’invasion en Irak lors du second mandat de George W. Bush…Larry Diamond : En partie seulement. Je pense que cela a été l’un des nombreux facteurs qui se sont conjugués au cours de la première décennie du XXIe siècle pour créer un cadre moins favorable à la promotion de la démocratie. L’invasion de l’Irak a été très mal conçue et extrêmement chaotique. Je peux en témoigner car j’y étais [NDLR : Larry Diamond a passé plusieurs mois à Bagdad en 2004 en tant que conseiller des autorités américaines sur place]. Cette invasion a gravement entaché la légitimité et le dynamisme de la mission de promotion de la démocratie car elle s’est retrouvée assimilée à l’usage de la force militaire et accusée de servir des ambitions impérialistes. Cela a provoqué une réaction négative, en Europe, aux Etats-Unis et dans une grande partie du monde. La légitimité des efforts internationaux en faveur de la promotion de la démocratie a été remise en question ou a suscité davantage de doutes. Les Etats-Unis ont également perdu une part importante de leur influence et de leurs ressources. Et puis Barack Obama est arrivé à la Maison-Blanche. Il était un peu réticent à utiliser la force et l’influence américaine à cause de cela. Certes, il a contribué à pousser Hosni Moubarak vers la sortie en Egypte mais en Libye, par exemple, il ne s’est pas suffisamment investi pour stabiliser le pays après la chute de Kadhafi. Et dans le dossier syrien, Bachar el-Assad a bénéficié d’un sursis de plus de dix ans !La présidence Trump commencera de manière explosive dès les premiers joursEnfin, à partir de 2006, nous avons cessé d’assister à de grands mouvements réussis de promotion de la démocratie à l’échelle mondiale, le dernier exemple marquant ayant été la Révolution orange en Ukraine en 2004-2005. Je mets volontairement de côté les soulèvements du Printemps arabe au début des années 2010 qui ont fini tôt ou tard par être réprimés. Depuis lors, les transitions vers la démocratie et les restaurations démocratiques par les urnes ont pratiquement disparu. Cela s’est vérifié dans des pays comme l’Iran, le Venezuela ou le Zimbabwe. Mais l’invasion en Irak ne représente qu’une partie de l’explication…Comment cela ?Je vois en effet quatre autres facteurs. D’abord, le jeu des ressources et des pouvoirs a vraiment changé depuis le début des années 2000. Nous vivons aujourd’hui dans un monde très différent de celui des années 1980 et 1990, lorsque les alliés européens des Etats-Unis formaient une alliance beaucoup plus puissante, en mesure de pouvoir exercer davantage de pression sur les dictateurs et de soutenir plus efficacement les forces démocratiques sur le terrain. Elles disposaient des ressources nécessaires : pression économique, influence militaire, comme dans l’ex-Yougoslavie, pour contenir les acteurs autoritaires et maintenir un équilibre propice au changement démocratique.Au cours des vingt dernières années, le monde est devenu à la fois bipolaire et multipolaire. Multipolaire, dans le sens où de nombreux pays ont désormais une influence et des ressources considérables, et refusent de s’inscrire dans une nouvelle guerre froide. Bipolaire, dans le sens où il existe encore une alliance des démocraties – une alliance trilatérale ancrée dans l’Alliance atlantique, incluant des pays comme le Japon et la Corée du Sud – opposée à un « axe de l’autoritarisme » regroupant la Chine, la Russie et d’autres régimes autocratiques, selon les conflits, notamment l’Iran, parfois la Turquie ainsi que le Venezuela, Cuba, etc. Ce changement dans l’équilibre global des forces a profondément affaibli la capacité des démocraties à faire pencher la balance des luttes nationales en faveur des figures démocratiques. Nous sommes devenus moins confiants et exerçons moins d’influence, tandis que les autocraties dans le monde sont plus confiantes, plus puissantes, et utilisent des moyens de pouvoir asymétriques – comme des technologies spécifiques –, pour contrer nos efforts et soutenir leurs alliés locaux.Le troisième facteur est économique. En raison des excès de la mondialisation, de l’évolution technologique, et peut-être d’autres facteurs comme la déréglementation financière, nous avons assisté à une augmentation stupéfiante des inégalités de richesse et de revenus au sein des pays. Aux Etats-Unis, nous avons une concentration de richesse et de revenus qui atteint un niveau inédit depuis près d’un siècle. Ces disparités exacerbées alimentent le ressentiment des laissés-pour-compte. Elles ont favorisé la montée du populisme, de gauche ou de droite, avec des caractéristiques souvent illibérales et autoritaires. Par ailleurs, nous avons connu d’autres formes de détresse et d’instabilité économiques, notamment la crise financière de 2008, qui a laissé des séquelles durables dans de nombreux pays. Elle a en quelque sorte déstabilisé les systèmes en les rendant plus vulnérables aux excès de la mondialisation, laquelle, bien qu’ayant eu des effets positifs a aussi entraîné une perte massive d’emplois manufacturiers aux Etats-Unis, en Allemagne, et probablement en France également. Cela a contribué à l’insécurité économique et aux tensions sociales et psychologiques chez de nombreux travailleurs industriels. Ces derniers sont devenus des recrues potentielles pour des partis antisystème.Quels sont les deux derniers facteurs ayant contribué, selon vous, à la montée des autoritarismes ?D’abord, les crises migratoires, liées à la mondialisation et à l’instabilité au Moyen-Orient, en Afrique, en Amérique latine et ailleurs, ont conduit à des niveaux d’immigration sans précédent en Europe, aux Etats-Unis et dans d’autres pays industrialisés. A travers l’histoire américaine, nous avons toujours observé des poussées de mouvements d’extrême droite, illibéraux et autoritaires lorsque le pourcentage de personnes nées à l’étranger dépassait 11 ou 12 %. Aujourd’hui, ce chiffre est proche de 14 %, et dans certains pays industrialisés, comme le Canada, il est significativement plus élevé, proche des 20 %. Ces changements touchent principalement l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Australie – des régions historiquement démocratiques et tolérantes. Cependant, les gens ont besoin de temps pour s’adapter à ces évolutions sociales et culturelles rapides, qui n’ont pas été suffisamment encadrées. Beaucoup estiment, à juste titre, que les Etats doivent pouvoir contrôler leurs frontières pour diverses raisons. Cela a donc été un facteur déstabilisant.En parallèle, la montée des réseaux sociaux a ajouté une couche explosive à cette situation. Certes, dans les premières années, leur essor a été un facteur très positif pour la démocratie. J’ai même écrit un livre en 2012 (Liberation Technology, non traduit) pour expliquer comment les outils numériques et les réseaux sociaux pouvaient être des moteurs de changement démocratique en facilitant la mobilisation et la coordination des citoyens. Mais ces outils sont devenus des armes de surveillance, de contrôle et de propagande pour les Etats autoritaires, dopées de manière terrifiante désormais par l’arrivée de l’intelligence artificielle. Ces technologies ont également affaibli les fonctions régulatrices et éditoriales qui limitaient la désinformation et les rumeurs, créant autrefois un espace commun d’information. Celui-ci est aujourd’hui quasi inexistant, ayant laissé place à des acteurs malveillants ou autoritaires. Nous savons que les informations choquantes, polarisantes ou outrageantes ont beaucoup plus de viralité et d’impact que les vérités simples et ennuyeuses. Cela a conduit à une polarisation excessive qui déchire actuellement les démocraties, notamment en Corée du Sud.Vous dressez un tableau extrêmement noir de l’état du monde…Oui, car tous ces facteurs se combinent pour créer une situation extrêmement dangereuse et déstabilisante. Les partis politiques perdent en soutien et en légitimité, les gens sont de plus en plus cyniques, leur attention diminue, et gouverner devient une tâche de plus en plus complexe. Les démocraties industrialisées avancées deviennent plus instables et vulnérables à l’extrémisme. Regardez ce qui se passe en Autriche avec le parti de la Liberté (un parti populiste d’extrême droite), qui a été invité à former un gouvernement, ou encore l’AfD qui pourrait réaliser une nouvelle percée lors des élections législatives allemandes prévues fin février.Il est donc devenu plus difficile de faire avancer les transitions démocratiques à cause des changements dans l’équilibre des pouvoirs internationaux. Et pendant que les démocraties libérales font face à des problèmes internes de plus en plus graves, la Chine, la Russie et d’autres régimes autoritaires travaillent activement pour réprimer toute aide étrangère en faveur de la démocratie.Donald Trump fait officiellement son retour à la Maison-Blanche le 20 janvier. Son élection à la présidence des Etats-Unis pourrait, selon vous, impacter les démocraties du monde entier. Pourquoi ?L’une des principales raisons est que les modèles politiques et les styles de leadership ont un effet de diffusion d’un dirigeant à un autre. Ainsi, on a pu observer que l’élection de Viktor Orban en Hongrie en 2010, et son empressement à promouvoir son style de gouvernance a eu un effet d’entraînement auprès d’autres leaders. Les dirigeants illibéraux de droite ont en effet souvent tendance à se soutenir et à s’encourager mutuellement. Récemment par exemple, Elon Musk a explicitement soutenu l’AfD. Donald Trump, quant à lui, montre clairement qu’il apprécie les autocrates et méprise les modèles de démocraties libérales.Un autre motif d’inquiétude est que Donald Trump n’a, semble-t-il, aucun désir de promouvoir la démocratie et la liberté à travers le monde. Bien que certains membres de son gouvernement, comme Marco Rubio (futur chef de la diplomatie américaine), y soient attachés depuis longtemps, je pense que nous allons assister à un nouveau recul des efforts de promotion de la démocratie par les Etats-Unis. La politique étrangère américaine risque à nouveau d’affaiblir l’alliance occidentale et de se rapprocher des dictateurs à travers le monde.Troisièmement, je suis convaincu que la situation mondiale actuelle ne pourra s’améliorer de manière significative à moins d’un rééquilibrage des forces entre les démocraties et les autocraties. Ce n’est pas seulement une question de ressources économiques ou militaires, mais aussi de croyance en la justesse morale de nos systèmes et de notre détermination à les défendre dans des contextes comme la guerre en Ukraine ou face à une éventuelle attaque de Taïwan par la Chine. Or, même si la puissance militaire américaine venait à se renforcer, je crains que la coordination et la solidarité entre les démocraties ne fassent défaut à l’avenir face aux régimes autoritaires.Enfin, Donald Trump s’attaquera aux valeurs et aux institutions démocratiques des Etats-Unis de manière beaucoup plus vigoureuse et implacable que lors de son premier mandat. Je crois que cela commencera dès les premiers jours. Son objectif semble être la vengeance et la rétribution, ce qu’il n’a jamais caché. Je pense qu’il va gracier la plupart des personnes condamnées dans l’assaut du Capitole il y a quatre ans. De plus, il tentera probablement d’utiliser le pouvoir juridique, d’investigation et réglementaire des Etats-Unis contre ses détracteurs, mais aussi contre les médias, les universités et contre quiconque perçu comme un ennemi.Ce type de modèle basé sur une rhétorique autoritaire et un réel recul démocratique ne sera évidemment pas favorable à la cause de la liberté dans le monde.Donald Trump a reçu un peu moins de 50 % du vote populaire. Durant la campagne, il a multiplié les menaces à l’encontre des opposants politiques. Dans ce contexte tendu, comment cette autre moitié du pays qui n’a pas voté pour lui risque-t-elle de traverser les quatre prochaines années ?A mon avis, cela commencera de manière explosive dès les premières semaines. Il y aura beaucoup de résistance et de contre-attaques dès le départ. Le défi pour les démocrates, mais aussi pour les indépendants et les républicains qui s’opposent aux initiatives autoritaires de Trump, sera de faire la part entre leur opposition à ses dérives et leurs réactions à certaines mesures qui pourraient avoir des effets positifs. Cela impliquera une forme de coopération, ou du moins des négociations, afin d’orienter ces initiatives vers un compromis et une direction plus acceptable.Elon Musk surestime grandement son influence au royaume de TrumpEn revanche, l’instrumentalisation du FBI – raison pour laquelle il souhaite placer Kash Patel à sa tête – de l’Internal Revenue Service [NDLR : l’agence qui perçoit les impôts], et potentiellement de l’ensemble des forces armées américaines, du département de la Défense, de nos agences de renseignement, et ainsi de suite, est extrêmement inquiétante et typique des dirigeants autoritaires. Les tentatives de pression et d’intimidation à l’égard des médias sont déjà visibles. Prenez le Washington Post, qui perd des abonnés à un rythme alarmant et semble littéralement s’effondrer tandis que ses journalistes quittent massivement le navire pour rejoindre d’autres rédactions. Dans le même temps, une partie du monde des affaires et des entrepreneurs milliardaires n’hésite pas à compromettre ses principes et à se soumettre par peur ou par opportunisme. Il est donc peu probable que la résistance vienne de leur côté. Cependant, il ne faut pas céder à la panique. Il existe aux Etats-Unis une société civile solide, de nombreux freins et contrepoids au niveau national, ainsi qu’un système fédéral qui répartit beaucoup de pouvoir aux Etats. Ainsi qu’un système judiciaire qui, bien que très politisé dans certains cas, reste en grande partie attaché aux principes de l’Etat de droit. En 2020, par exemple, lorsque Trump a contesté les résultats électoraux devant les tribunaux dans plus de 80 juridictions, il a perdu pratiquement tous ses procès, y compris devant des juges qu’il avait lui-même nommés.Pour toutes ces raisons, il est fort probable que si Trump agissait de manière autoritaire, il ferait face à une opposition ferme et à une résistance significative.Et du côté du Congrès ?Bien que Donald Trump contrôle les deux chambres, sa majorité est fragile. La marge des républicains à la Chambre des représentants est la plus serrée depuis près d’un siècle ! Au Sénat, la majorité est un peu plus large avec 53 sièges contre 47, mais sans suppression du filibuster (une technique parlementaire d’obstruction), il faudra 60 voix pour adopter la plupart des textes de lois. Or, le nouveau chef des républicains au Sénat, John Thune – qui n’était pas le candidat favori de Trump – a déjà annoncé qu’il ne soutiendrait pas l’abolition de l’obstruction parlementaire. Ainsi, Trump pourrait se heurter à des résistances au sein du Congrès.Et puis des tests cruciaux approchent, notamment lors des votes du Sénat pour confirmer des nominations controversées au sein du cabinet, telles que Kash Patel au FBI, Tulsi Gabbard comme directrice du renseignement national, et Robert Kennedy Jr., opposant aux vaccins, comme secrétaire à la Santé. Ces scrutins donneront un premier aperçu des obstacles que pourrait rencontrer l’administration. Cependant ne nous faisons pas d’illusions : cette nouvelle administration exercera une pression écrasante sur l’opposition et cherchera à intimider et à menacer ses adversaires au Capitole ou ceux qui refuseront de se soumettre. Je prédis que cela va devenir extrêmement brutal. Ils menaceront probablement les universités de leur retirer des financements fédéraux si elles ne se conforment pas aux exigences de Trump. Nous allons assister à des événements que nous n’avons presque jamais vus auparavant ou que nous avions brièvement observés durant les derniers mois de l’administration Nixon.Reste que Donald Trump a été démocratiquement élu…Les Américains n’ont pas voté pour cela. Ils ont glissé un bulletin Trump principalement pour trois raisons. Premièrement, l’économie : maîtriser l’inflation et améliorer les perspectives économiques. Deuxièmement, l’immigration : Trump devrait obtenir des avancées significatives, notamment sur un renforcement des frontières et la réforme du système d’asile. Et troisièmement, un changement de cap : tourner la page d’une politique identitaire jugée excessive que certains qualifient de « wokeness ». Nous verrons probablement des changements dans ces deux derniers domaines.Pour autant, les défis sont nombreux pour Donald Trump. Ce qu’il envisage, notamment en matière de fiscalité et de transfert de richesse de la classe moyenne vers les plus riches, ainsi que ses dépenses excessives pour financer ses priorités, explique son empressement à se débarrasser dès le départ du plafond de la dette. Mais il est peu probable qu’il y parvienne. L’électorat américain, qui a des attentes politiques claires est généralement pragmatique. Si celles-ci ne sont pas satisfaites, il n’hésitera pas à sanctionner le pouvoir en place. D’autant que nous vivons une époque où les électeurs punissent rapidement les gouvernements en place.Je pense aussi que les républicains perdront probablement le contrôle de la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat de 2026. Par conséquent, la majeure partie de leur agenda législatif devra se faire durant ces deux premières années. Et s’ils persistent à gouverner de manière aussi autoritaire, ils auront beaucoup de mal à se faire réélire en 2028 – si toutefois nous avons encore des élections libres et équitables à ce moment-là.Ces derniers temps, plus encore que Donald Trump, c’est Elon Musk qui inquiète la plupart des dirigeants européens, qui l’accusent d’ingérence dans les affaires internes de leur pays…Elon Musk représente une menace majeure. En contrôlant l’une des plateformes de réseaux sociaux les plus influentes au monde, X (anciennement Twitter), Elon Musk dispose d’un puissant levier de communication et d’influence. Sa voix, l’ampleur de ses soutiens et la légitimité qui découle du fait qu’il est l’homme le plus riche du monde lui confèrent un poids majeur à chaque fois qu’il prend position, notamment sur les affaires intérieures d’un Etat. Si les lois sur le financement des campagnes dans les démocraties européennes ne sont pas suffisamment strictes ou ne sont pas appliquées de manière adéquate, il existe un réel risque. D’autant que je ne pense pas que, dans tous les pays, les interdictions existant sur les contributions étrangères soient systématiquement respectées. Et la possibilité qu’il injecte une partie de sa propre fortune dans ces campagnes est inquiétante. Mais nous pouvons aussi imaginer un retour de bâton. Les citoyens voudront-ils vraiment accepter ce contrôle autoritaire et profondément illibéral, dictant leurs destins politiques ? Cela pourrait aller dans les deux sens.A quel point Elon Musk, guère apprécié dans les rangs conservateurs du mouvement Maga (Make America Great Again), pourra-t-il peser dans les choix du président Trump ?A mon avis, Elon Musk surestime largement son influence au royaume de Trump ainsi que son poids politique aux Etats-Unis. Beaucoup jugent – et peut-être est-ce une prévision trop évidente – qu’une rupture entre les deux hommes est inévitable, lorsque ce dernier se lassera que les gens fassent référence à Musk comme un « président de l’ombre ». Au-delà de la relation entre les deux hommes, de profondes divisions traversent déjà les trumpistes, en particulier entre les libertariens ultrariches, dont beaucoup sont des entrepreneurs de la Silicon Valley ou des magnats financiers de Wall Street, et l’aile des « révolutionnaires sociaux » façon Steve Bannon. Tout cela annonce une période extrêmement chaotique.Après la défaite de Kamala Harris, vous avez écrit : « Face aux populistes, la victoire (des libéraux) exige des propositions programmatiques répondant aux préoccupations matérielles, au-delà de la simple défense de la démocratie. »C’est une condition nécessaire, mais pas suffisante. J’ai exposé un certain nombre de points que les libéraux ou les démocrates (au sens large) aux Etats-Unis doivent prendre en compte pour relever les défis posés par les politiques de Trump. Il est impératif de bâtir un programme fondé sur une analyse intellectuelle rigoureuse afin d’affronter cette nouvelle ère, particulièrement périlleuse, marquée par la marginalisation économique, l’aggravation des inégalités et un désenchantement social.De plus, nous entrons dans une période de bouleversements liés à la révolution de l’intelligence artificielle (IA), qui, je le crains, entraînera une réduction massive et sans précédent des emplois dans les secteurs ouvriers. Nous sommes à l’aube d’un précipice terrifiant. Ainsi les démocrates, qu’ils soient des acteurs politiques ou intellectuels, ont un immense travail à effectuer pour définir des stratégies économiques et sociales permettant de concilier la croissance économique et les incitations à la création de richesse avec la nécessité d’une répartition équitable, d’une égalité des chances et de l’assurance d’une vie digne pour chaque citoyen. Si cela ne doit pas nous empêcher de parler des valeurs démocratiques, ce sujet ne peut pas être la seule priorité, ni même l’axe principal d’une campagne électorale, car nous savons d’expérience que ce n’est pas ce qui mobilise majoritairement les électeurs. Face aux manœuvres des autocrates et des populistes, les partis et les leaders démocratiques doivent être suffisamment intelligents pour dissiper ces écrans de fumée et ramener le débat sur des enjeux concrets qui touchent réellement les citoyens.
Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/larry-diamond-stanford-elon-musk-surestime-grandement-son-influence-au-royaume-de-trump-2RNNAV4OCFEEFDTOVQJAC5I7JE/
Author : Laurent Berbon
Publish date : 2025-01-19 16:01:00
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Macron-Bayrou, les tourments cachés : la rancune du président, le vrai-faux départ de Kohler, l’appel à Le Pen

Le président est intranquille. La veille de la déclaration de politique générale (DPG), François Bayrou lui rend visite, à l’heure du dîner. Voici Emmanuel Macron qui dict… distille ses « conseils », c’est le mot choisi par l’Elysée. L’enjeu n’a rien de mince, il s’agit de ne pas défaire pour les beaux yeux de la gauche ce qu’il reste du macronisme. « Tu te rends compte, il n’a même pas pris de note ! » rapporte, encore déconcerté, le chef de l’Etat à un ami au cœur de la nuit. Se peut-il qu’il se soit trompé à ce point ? Percer à jour les hommes n’est certes pas le plus grand talent du président. Mais faut-il relire toute l’œuvre de Lacan pour déceler chez François Bayrou un féroce désir d’indépendance ?Ce Premier ministre est indocile. Seuls les collaborateurs prennent des notes, il n’en est pas un. Le jour de la DPG, Emmanuel Macron attend. Et ne voit rien venir. Le soleil poudroie, il appelle un complice : pas de discours à l’horizon. L’herbe verdoie, le président s’inquiète. En décembre, Emmanuel Macron ne peut plus souffrir le trop autonome Michel Barnier. En janvier, Emmanuel Macron ne peut pas lire le déjà trop affranchi François Bayrou. Est-ce donc cela le résultat de cette « clarification » que devait apporter la dissolution ? A l’Elysée, lundi 13 janvier, on ironise : « Il enverra son texte à 14 h 45. » Derrière l’humour, la peur. « Avec moi, la cohabitation serait plus dure ! » prévenait, bravache, le Béarnais avant que ce fût son tour.Enfin, le texte surgit. Quelle heure est-il, ce mardi ? C’est le « petit matin », dit un conseiller du président. « Il l’a reçu à midi », assure l’un de ses proches. A chacun sa définition de l’aurore. Et du crépuscule… Après tout, le chef de l’Etat n’est pas si mal loti : l’ancienne Première ministre Elisabeth Borne, qui doit lire simultanément la déclaration de politique générale au Sénat, la découvrira… en même temps que ceux auxquels elle s’adresse. Quant aux ministres d’Etat ou de premier plan, ils peinent encore à croire qu’on ne leur a rien réclamé. Ni contribution, ni avis, ni regard, rien. Durant les semaines précédentes, Catherine Vautrin n’a pas attendu qu’on l’interroge, elle a posé elle-même les questions. La ministre du Travail et de la Santé a demandé au Premier ministre quelle était sa position sur la fin de vie. Elle attend toujours la réponse. »François est en autoproduction »N’en faire qu’à sa tête, le plus tard possible, en slalomant autant que nécessaire : ceci ne facilite pas chez François Bayrou la collégialité. « François est en autoproduction », résume un membre du gouvernement. Son trait de caractère est devenu une stratégie. « Il a beaucoup regardé l’archéologie du crash de décembre, résume l’un de ses ministres au cœur des négociations. Michel Barnier était hyper précis, lui se ménage un cadrage clair mais avec beaucoup de deals possibles à l’intérieur, pour se redonner de la souplesse. Marine Le Pen a fait tomber le gouvernement pour seulement 600 millions ! »Si l’Elysée ne saurait être considéré comme le palais de la vertu, les zigzags de Matignon intriguent, voire inquiètent. Il y a belle lurette qu’Emmanuel Macron ne peut plus jouer les Dom Juan, le voici qui tente au moins d’être la statue du Commandeur. Le 10 janvier au matin, il a convoqué son chef du gouvernement et les principaux ministres concernés par la situation économique. La réunion aurait dû avoir lieu la veille, François Bayrou a obtenu un délai de grâce de vingt-quatre heures, le temps de réunir les mêmes à Matignon avant d’aller voir le grand chef. Attractivité, emploi, budget – « Il doit être sincère, c’est dans la Constitution et Macron en est le garant », ose un participant –, conférence sociale : bien sûr, « le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation » (article 8), surtout le président n’est pas du genre à regarder passer les trains. « C’est un moyen pour lui de montrer qu’il est là, et comme acteur incontournable, pas comme spectateur », relève un présent. Les retraites sont évoquées. « Il faut que les gens hors de nos frontières comprennent », avance le président, à qui sont rapportés aussi les échanges avec la gauche. « Les décisions se prennent à Matignon », souligne un proche de François Bayrou, qui rappelle que depuis le premier jour, le premier jour de cette présidence pour ainsi dire, le centriste répète au chef de l’Etat que tenir à l’écart les partenaires sociaux est « un poison mortel ».Au fond, Emmanuel Macron tire une leçon qui tient peu du mea culpa : il aurait dû… s’écouter davantage. A un intime qui le presse début décembre de nommer François Bayrou en égrenant ces arguments : « Il en a très envie et c’est un peu son heure ; de plus, si on recense toutes les paroles gracieuses que Bayrou a eues sur toi, on ne peut pas dire que c’est un affidé », le président rétorque : « Je ne le nommerai pas, il ne fait rien ! » Il se souvient peut-être d’avoir entendu des visiteurs politiques du Béarnais au ministère de la Justice qu’il occupa brièvement en 2017 sortir stupéfaits de leur contemplation de la table de travail de celui qui est alors garde des Sceaux. Impeccable, dépourvue de tout parapheur. »Il est dans la haine »Après la DPG, l’heure était à la rigolade chez cet ami du président. Le Premier ministre avait cité le député Marc Sangnier (1873-1950), lui appelait Jean Yanne à la rescousse : « Nous ne pouvons rien faire pour le moment, mais dès que nous le pourrons, nous ferons le double. » Deux têtes de l’exécutif, deux ambiances, deux méthodes. Prenons l’éducation. Un temps proclamé « domaine réservé du président » – c’était il y a deux ans et demi mais c’est tombé dans les oubliettes de l’Histoire – le sujet tient à cœur à François Bayrou. Entre les deux hommes, une ancienne Première ministre, Elisabeth Borne. A défaut d’en perdre son latin, il y a de quoi être troublé tant on est à fronts renversés : François Bayrou préfère discourir sur les principes et se garder des marges de négociation – au soir de sa déclaration de politique générale, il n’avait toujours pas rendu un arbitrage clair sur les fameux 4 000 postes – quand Emmanuel Macron aime se pencher sur le micro-détail. Dit autrement : le Premier ministre a une approche de président et le président une approche de Premier ministre…C’est d’ailleurs comme cela que débute leur histoire de couple au sommet de l’Etat. Vendredi 13 décembre 2024, François Bayrou se prend pour le président. Il se nomme à Matignon et Emmanuel Macron, un mois plus tard, n’en revient toujours pas. Un président, c’est d’abord fait pour appuyer sur le bouton nucléaire (en théorie plutôt qu’en pratique, si possible), pour dissoudre l’Assemblée nationale (sans le regretter ensuite, si possible) et pour nommer le Premier ministre, sans avoir de compte à rendre à personne. Pas cette fois. A écouter ceux qui recueillent ses rares états d’âme, sa rancune ne faiblit pas. « Il est dans la haine, assure un confident. Sidéré par la violence dont Bayrou a fait preuve. » Désormais, il lui faut enfiler le masque du président aidant, soutenant, conciliant car « il se fait piquer son pouvoir beaucoup plus qu’avec Barnier, mais sans la protection qu’il avait avec Barnier : si c’est Bayrou qui rate, c’est Macron qui rate ». Cette théorie énoncée par l’un de ses stratèges, Emmanuel Macron l’a intégrée. Le soir de la déclaration de politique générale, c’est fête à l’Elysée. On ne célèbre pas le succès du Premier ministre mais Jean-François Rial, patron de Voyageurs du monde, qui reçoit les insignes de chevalier de la Légion d’honneur. Le chef de l’Etat sautille d’un groupe à l’autre et croise un comparse, ancien conseiller à l’Elysée, qui lui lance : « Il faut aider Bayrou ! ». « Tu as totalement raison », réplique le président. Dire tout haut ce qu’on ne pense pas tout bas. Tempête sous un masque.Mais le ciel doit rester bleu sous le soleil de la Ve République. Le bulletin météorologique a été passé dans les deux maisons, Elysée et Matignon : que personne ne s’inquiète, ça va bien se passer ! Respect des formes institutionnelles : François Bayrou a toujours théorisé qu’un Premier ministre ne piétine pas un président. Il le cite plusieurs fois lors de la DPG, le compte rendu du conseil des ministres se déroule de nouveau au Château – « un symbole visible de tous », note un fidèle du chef de gouvernement – alors que Michel Barnier l’avait délocalisé Rue de Varenne. Une expression, le 14 janvier, a néanmoins fait sursauter un autre expert de la Ve, un certain Edouard Philippe, lorsqu’il a entendu François Bayrou évoquer « la précarité au sommet de l’Etat ». De tels mots dans sa bouche et la guerre aurait été déclarée par l’Elysée. Mais les temps changent… »Tout cela m’attriste »Plus que l’avenir de François Bayrou, Emmanuel Macron a un sérieux motif de préoccupation. La lumière le fuit. Il l’a remarqué dès l’automne, quand il s’est mis à multiplier les déplacements à l’étranger et qu’il a constaté, effaré, que la presse ne semblait que mollement s’y intéresser. Voici venu le temps des ombres qui prennent un jour la forme d’un sondage, un autre la forme d’un reproche. 58 % des Français souhaitent sa démission (sondage CSA pour Europe 1 et CNews) ? Foutaises ! Il suffit de regarder le top 50 des personnalités préférées des Français publié par l’Ifop en début d’année pour trouver la preuve que ces études d’opinion manquent de fiabilité, veut croire le mal-aimé. Jordan Bardella, Marine Le Pen, Philippe de Villiers et Bruno Retailleau sont les quatre figures politiques à émerger dans ce classement annuel… tout cela paraît peu crédible. Alors songer qu’une majorité de Français voudrait son départ…Le reproche, lui, ne peut être ignoré. Il émane de la bouche de Stéphane Bern qui après Noël éructe dans les médias contre « le fait du prince » consistant à vouloir remplacer les vitraux anciens de Notre-Dame par des vitraux contemporains. Le spécialiste des têtes couronnées est un proche du couple Macron et sa colère entache un peu la belle réussite de la cérémonie de réouverture de la cathédrale. Au téléphone, un proche entend le président soupirer : « Tout cela m’attriste. »Sur qui compter ? L’Elysée fuit de toute part, même les différends entre le président et son conseiller diplomatique Emmanuel Bonne se répandent dans la presse. Menaces de démission, puis rétractation ? Ceux qui entourent le chef savent que la moindre faille dans leur fidélité sera perçue comme un signe du déclin de son autorité. Alexis Kohler, lui-même, ne s’est-il pas évertué, durant l’automne, à nier tout départ imminent ou lointain, y compris quand ses collègues élyséens osaient le questionner ? Pourtant, au même moment, des visiteurs d’Emmanuel Macron, parmi les plus familiers, sont convaincus d’avoir entendu ce dernier leur annoncer : « Alexis part fin janvier. »Alexis Kohler et la HATVPSelon nos informations – confirmées par la présidence de la République –, le secrétaire général a bel et bien consulté la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) pour connaître le champ des possibles qui s’ouvrirait à lui en cas de départ. Dès la fin novembre, le directeur de cabinet du président, lui, n’a plus de raison de douter des envies d’ailleurs d’Alexis Kohler. Il reçoit un étrange coup de fil de la HATVP avec laquelle il échange régulièrement quand il s’agit de demander des avis pour des nominations, notamment. Ce jour-là, son interlocuteur l’informe des derniers échanges autour du cas Kohler. Avant de s’apercevoir qu’il rend compte à la mauvaise personne. Erreur de destinataire. C’est Alexis Kohler que cette information concerne, et Patrice Faure n’aurait pas dû en avoir connaissance.Le secrétaire général a effleuré la grille de l’Elysée, puis paraît avoir reculé. On ne quitte pas son capitaine quand la mer se révèle aussi agitée. Peu de temps après la nomination de Michel Barnier, il confie à un compagnon de route « s’inquiéter » pour le chef de l’Etat. Désormais, c’est aussi – un peu – pour lui qu’il se tracasse, projeté dans une situation inédite : à Matignon, pour la première fois depuis 2017, son homologue, le directeur de cabinet Nicolas Pernot, est à ses yeux un inconnu.Eux ont appris à se connaître. Deux débats de second tour, ça crée des liens. Quand Jean-Marie Le Pen est décédé, Emmanuel Macron n’a pas voulu d’un froid message écrit à sa fille Marine. Il lui a téléphoné pour lui présenter ses condoléances. Quand votre monde s’écroule, quoi de plus pérenne que vos adversaires…
Source link : https://www.lexpress.fr/politique/emmanuel-macron-francois-bayrou-les-tourments-caches-rancune-solitude-et-vrai-faux-depart-dalexis-7L45K547JZF75IBVY4NVFINWHI/
Author : Laureline Dupont, Eric Mandonnet
Publish date : 2025-01-19 17:13:00
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Grâce à Donald Trump, TikTok va rétablir l’accès à son application aux Etats-Unis

Un vrai-faux départ. Le réseau social TikTok a annoncé, ce dimanche 19 janvier, qu’il travaillait à rétablir l’accès à son application aux Etats-Unis, quelques heures seulement après l’avoir suspendu pour se conformer à une loi votée au Congrès. Dans un message posté sur X (ex-Twitter), le groupe a remercié le président élu Donald Trump pour avoir assuré aux fournisseurs d’accès à Internet et boutiques d’applications qu’ils échapperaient aux lourdes pénalités prévues par la loi.Un peu plus tôt dans la journée, le président élu avait déclaré son intention de prendre un décret une fois investi, lundi, pour suspendre la loi interdisant TikTok aux Etats-Unis. Celle-ci, votée au Congrès au printemps 2024, est entrée en vigueur ce dimanche, rendant inaccessible dans le pays la plateforme de courtes vidéos aux plus de 170 millions d’utilisateurs américains.Le texte prévoit la possibilité pour le chef de l’Etat de repousser la mise en œuvre de 90 jours le temps de trouver un acheteur, alternative offerte à la maison mère de TikTok, la Chinoise ByteDance, en lieu et place de l’interdiction. ByteDance s’est jusqu’ici refusé à céder cette plateforme lancée il y a à peine dix ans et qui est devenue incontournable pour une large majorité de jeunes internautes. »Ne pas laisser TikTok dans le noir ! »Donald Trump avait également encouragé fournisseurs d’internet et boutiques d’application à rétablir immédiatement l’accès à TikTok, promettant que son décret les protégerait rétroactivement contre d’éventuelles sanctions. La loi prévoit en effet de très lourdes amendes pour ces prestataires techniques, jusqu’à 5 000 dollars par utilisateurs pour les boutiques d’application. « Je demande aux entreprises de ne pas laisser TikTok dans le noir ! », a exhorté le républicain sur son réseau Truth Social.Donald Trump a aussi dévoilé les contours de ce qui lui apparaît comme une solution à la question sensible du contrôle de la filiale de TikTok aux Etats-Unis par des intérêts chinois. « Je voudrais voir une société commune contrôlée à 50 % par des Américains », a écrit le président élu. « Sans accord américain, il n’y a pas de TikTok. Avec notre validation, cela vaut plusieurs centaines de milliards, voire milliers de milliards. »En l’état, TikTok a disparu des boutiques d’applications et les internautes qui l’avaient déjà téléchargé ne peuvent plus l’ouvrir. Depuis vendredi, le groupe avait demandé au gouvernement Biden d’envoyer un signal clair aux fournisseurs d’internet et gestionnaires de boutiques d’applications pour les dissuader de suspendre téléchargements et mises à jour. Mais la porte-parole de la Maison-Blanche, Karine Jean-Pierre, a qualifié ces appels de TikTok de « manœuvre ». « Nous ne voyons pas de raison pour TikTok ou d’autres sociétés d’agir avant la prise de fonction du gouvernement Trump, lundi ».
Source link : https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/grace-a-donald-trump-tiktok-va-retablir-lacces-a-son-application-aux-etats-unis-3AQTNXWWQVCZREPYERXS2IKSUM/
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Publish date : 2025-01-19 18:17:00
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Loyers impayés : comment profiter de la garantie Visale si vous êtes bailleur

Vous êtes propriétaire d’un bien locatif et cherchez à sécuriser vos revenus futurs ? La solution : souscrire une assurance loyers impayés qui vous couvrira si votre locataire arrête de régler ses mensualités. « En passant par une agence immobilière, elle coûte entre 2,5 et 3 % des loyers avec charges, et jusqu’à 4 % pour une souscription individuelle », confie Pierre Brunet, fondateur du cabinet en gestion de patrimoine Alter-Invest.Un budget important, alors qu’il existe une autre solution, gratuite et peu connue : la garantie Visale, accordée par Action logement. Elle concerne les locataires qui ne sont pas de la famille du bailleur et uniquement les résidences principales louées vides ou meublées, ou les biens proposés avec un bail mobilité. Privilégiant les jeunes locataires et les salariés modestes, elle prévoit néanmoins quelques contraintes.Pour demander cette garantie, votre locataire doit être majeur et son loyer mensuel, charges comprises, ne peut pas dépasser 1 500 euros par mois. S’il a moins de 30 ans et qu’il est étudiant ou alternant, Visale est accordé sans condition pour un loyer mensuel inférieur à 800 euros. Entre 801 et 1 500 euros, ses ressources doivent être inférieures à 1 600 euros par mois. Les locataires de moins de 30 ans qui ne sont plus en phase d’études peuvent aussi bénéficier de Visale, mais seulement si leur loyer ne dépasse pas 1 500 euros par mois et la moitié de leurs ressources.Les locataires de plus de 30 ans, s’ils sont salariés du secteur privé ou agricole, sont également éligibles, sous condition. Trois cas de figure sont alors envisageables : soit ils présentent à Action logement une promesse d’embauche dans les trois mois, soit ils ont un contrat de travail et demandent leur Visale dans les six mois qui suivent leur embauche ou leur mutation, soit ils touchent au maximum 1 500 euros net par mois.C’est donc au locataire d’obtenir en amont un accord Visale. Puis, en tant que propriétaire, vous devrez actionner le cautionnement au plus tard au jour de la signature du bail. En cas d’impayés, vous devrez effectuer une demande de Visale sur votre espace personnel (Visale.fr). Il faut respecter une procédure précise – relance simple du locataire, mise en demeure…- dans des délais stricts. Si, malgré ces démarches, votre locataire ne règle toujours pas, Action logement prendra le relais et vous versera les sommes dues, voire les suivantes, puis se retournera contre le mauvais payeur pour se faire rembourser. Visale couvre jusqu’à trente-six mois d’impayés de loyers avec charges ainsi que les éventuels frais de remise en état du logement en cas de dégradation, dans la limite de deux mois.
Source link : https://www.lexpress.fr/argent/immobilier/loyers-impayes-comment-profiter-de-la-garantie-visale-si-vous-etes-bailleur-ORRO5XEVCFB45FMQM6W4GPUMHM/
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Publish date : 2025-01-19 09:00:00
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Du bleu de méthylène contre le cancer ? Les étranges recommandations du Dr Schwartz

Un jour, il y a dix ans, ou vingt peut-être, le cancérologue Laurent Schwartz s’est mis tête de trouver la « formule du cancer ». Une équation qui, si elle venait à être mise au jour, résumerait en quelques lignes tout ce qu’il faut savoir sur ces horribles grosseurs, de la cause de leur développement aux moyens d’en venir à bout. De quoi, en un instant, « comprendre » ces maladies – et surtout les « résoudre ».Si Laurent Schwartz ne sait plus très bien quand sa quête a commencé, elle est, selon lui, terminée. A 67 ans, cet oncologue parisien, formé au Massachusetts General Hospital rattaché à l’université Harvard (Etats-Unis), et longtemps détaché à l’Ecole polytechnique, assure avoir réussi à « déchiffrer » les cancers. Une simple suite de chiffres et de lettres de son cru aurait ainsi suffi à les dompter. De ces phrases mathématiques, que le spécialiste énonce à qui veut bien l’entendre, découleraient les mécanismes communs à toutes les tumeurs, peu importe la nature des cellules impactées. Mieux encore : ses « résultats », fruits d’une « vingtaine d’années de recherche en dehors du consensus », l’auraient mis sur la piste d’un « probable remède universel », une substance courante et facile à produire : le bleu de méthylène.Aucune étude clinique n’a jamais démontré l’efficacité de ce colorant, connu depuis 1877 et très souvent utilisé dans la recherche pour ses propriétés révélatrices. Ce qui n’a pas empêché le Dr Schwartz de faire étalage de ses « résultats » dans son dernier ouvrage, Bleu de méthylène, un remède oublié, un nouvel espoir contre le cancer […]. Depuis sa sortie, en octobre 2024, il écume les conférences et les médias alternatifs pour faire connaître sa « découverte ». Malgré ses prétentions, le médecin n’a jamais réussi à se frayer un chemin en Une des revues scientifiques. Mais grâce à cette activité promotionnelle, les moteurs de recherche et l’IA regorgent de liens renvoyant à ses thèses. Si bien qu’en ligne, il est désormais facile de se laisser convaincre que quelques gouttes de bleu peuvent vaincre les cellules malignes. Rien ou presque n’indique que le « traitement » est, en réalité, inefficace.Persuadés qu’il s’agissait d’un remède sérieux, certains patients du Dr Schwartz se sont même mis à en demander à l’hôpital où ils recevaient leur chimiothérapie. Ce fût le cas dans le service d’oncologie du Dr Jérôme Barrière, à Cagnes-sur-Mer. « Le patient s’étonnait de ne pas pouvoir recevoir ce traitement au sein de l’établissement », relate le médecin, fervent pourfendeur des fausses informations médicales sur les réseaux sociaux. En voyant, quelques jours plus tard, que l’acteur américain Mel Gibson en faisait lui aussi la promotion, le spécialiste a prévenu plusieurs sociétés savantes. « L’émergence de cette croyance doit être prise au sérieux, car les patients, en plus de subir des effets indésirables liés au bleu de méthylène, risquent de perdre du temps et de se détourner des soins efficaces », dit-il.Mel Gibson, Nexus et charlatanismeL’une de ces instances, la Société française de pharmacologie et de thérapeutique (SFPT), a décidé de publier un communiqué, dont L’Express a eu la primeur, pour alerter le grand public et dissuader formellement d’utiliser le bleu de méthylène. « Aucune étude clinique n’a montré de bénéfice lié à ce produit dans les cancers », est-il ainsi écrit. Comprendre : non, les colorants, aussi bleus fussent-ils, ne guérissent pas le cancer. Le texte témoigne de l’inquiétude de la communauté scientifique vis-à-vis de ces fausses promesses. D’autant que le Dr Schwartz n’y va pas de main morte : en novembre 2024, il affirmait à la revue complotiste Nexus que la substance devait « probablement » avoir « la même efficacité que les traitements éprouvés, pour une toxicité moindre ». « Un soignant n’a pas le droit de tenir des discours aussi trompeurs », regrette le Dr Barrière.Selon nos informations, l’employeur de Laurent Schwartz, l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) ainsi que l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France (ARS) ont saisi l’Ordre des médecins, pour motif d’ »insuffisance professionnelle ». Contactée, l’instance n’a pas souhaité commenter la procédure en cours.Au téléphone, le Dr Schwartz maintient ses affirmations, tout en nuançant : « J’espère que le bleu est aussi efficace que les traitements conventionnels « , déclare-t-il désormais. Son livre est bourré de précautions de ce type. « Nous nageons en plein inconnu », reconnaît-il page 146. Quelques lignes plus loin, il donne une marche à suivre pour s’administrer du bleu. Page 148, il concède : « Il est très difficile de donner des conseils définitifs ». Il se dédit page 152 : « A mon sens, un petit nombre de cas cliniques est suffisamment riche d’enseignements pour constituer une preuve ».Un discours maîtriséUn double discours qu’il assume en entretien : « Ma peur, c’est qu’à cause de mes travaux, on laisse tomber les chimiothérapies efficaces. Ce serait une vraie erreur car il y a des choses qui marchent dans l’oncologie conventionnelle », nous dit-il, enjoignant à la plus grande prudence. Puis il ajoute, dans un phrasé lent et travaillé, qui donne à ses mots l’air plus gros qu’ils ne sont : « On a l’impression que les planètes s’alignent. Ce qu’on a découvert, c’est potentiellement du très lourd ».Vu de près, ces « planètes » ressemblent plus à des débris en orbite. Des fragments de recherche, piochés pour servir sa thèse. Il mélange de vieux comptes rendus médicaux datant du début du siècle, et des expériences de son cru, menées sur des cellules en laboratoire. Rien d’exploitable. « Dans une boîte de pétri, le bleu de méthylène a un effet sur les cellules cancéreuses. Mais à des doses dix fois supérieures à ce qu’il serait possible d’administrer en conditions réelles à des patients », résume Mathieu Molimard, membre du conseil d’administration de la SFPT et chef du service de pharmacologie médicale du CHU de Bordeaux.Laurent Schwarz avoue de lui-même avoir prescrit ce protocole de son invention à ses patients. « Seulement aux condamnés, sans arrêter les traitements », nous précise-t-il. Qu’importent les risques de spasmes, de délires, de comas, d’atteintes du cerveau et des reins, potentiellement mortels. Ces effets secondaires sont rares, mais bien réels : « 9 décès, 14 cas avec un pronostic vital engagé et 35 cas avec hospitalisation ou prolongation d’hospitalisation ont été rapportés dans le monde à cause de cette substance », rappelle la note de la SFPT.Des thèses conspuéesL’oncologue n’en est pas à son coup d’essai. En 2016, déjà, il publiait Cancer : un traitement simple et non toxique, préfacé par Luc Montagnier, prix Nobel discrédité pour ses thèses complotistes. 38 000 exemplaires. Un carton, pour ce genre d’ouvrage. A l’époque, sa thèse ne fait pas réagir. Elle trouve désormais un nouvel écho. « La médecine voit des causes moléculaires, génétiques, au cancer et cherche à les éradiquer. Moi, je pense qu’il s’agit avant tout d’une affaire de fermentation et d’électrons, qu’il faut rééquilibrer », résume-t-il aujourd’hui.S’il dit « entendre les critiques » à son égard, Laurent Schwartz se voit avant tout comme un explorateur incompris. Il rêverait de mener des essais. L’Institut national du cancer (INCa) l’a reçu, il y a une dizaine d’années, sans donner suite. « Peut-être que les données n’étaient pas aussi satisfaisantes qu’aujourd’hui. Mais je crois surtout que les décideurs ont eu peur de changer de modèle. On arrivait avec une compréhension totalement différente, difficile à admettre. J’ai compris que je gênais », dit-il.Il n’a depuis pas retenté sa chance. De temps en temps, il contacte les pontes du domaine sur LinkedIn dans l’espoir de les convaincre. Là où l’absence d’éléments lui est systématiquement rétorquée, lui préfère y voir du « dogmatisme », ou le produit du « système pharmaceutique ». « Quel industriel serait assez fou pour lancer des molécules qui ne coûtent rien ? », rétorque-t-il, lorsqu’on lui en parle. Ce qu’il dit va à l’encontre des faits : chaque année des dizaines de molécules déjà développées et pas chères à produire sont testées. Et de nombreux changements de paradigmes surviennent en science.Autant de positions éloignées du consensus scientifique n’ont pas empêché le Sénat de l’inviter, en mars 2024. Il a ainsi pu bénéficier d’une tribune devant les représentants de la deuxième chambre, sans aucun contradictoire. A ses côtés figurait notamment le Pr Marc Henry, convaincu lui des propriétés « quantiques » médicinales de l’eau, en dépit de tout fondement. Depuis notre enquête, l’AP-HP, elle, a discrètement effacé toute mention au docteur Schwartz de son site Internet.
Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/du-bleu-de-methylene-contre-le-cancer-les-etranges-recommandations-du-dr-schwartz-FGA2MVYUURCWJAVT2TCXZ3463U/
Author : Antoine Beau
Publish date : 2025-01-19 15:00:00
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TikTok est désormais inaccessible aux États-Unis… mais s’en remet à Donald Trump

C’était l’échéance crainte par près de 170 millions de jeunes créateurs de contenus américains. La plateforme mondialement utilisée TikTok a rendu inaccessible son application en ligne ce samedi 18 janvier aux Etats-Unis. Mais l’entreprise a indiqué que Donald Trump « allait travailler à une solution » pour la « rétablir ».Un message s’affiche désormais sur les écrans des utilisateurs en cas de tentative de connexion. « Une loi interdisant TikTok a été mise en application aux Etats-Unis, dit-il. Cela signifie que vous ne pouvez plus utiliser TikTok pour l’instant ». Mais il ne s’arrête pas là. « Nous avons la chance que le président Trump ait indiqué qu’il allait travailler avec nous à une solution pour rétablir TikTok une fois entré en fonction », poursuit le texte. « Restez branchés ! » Le message renvoyait vers un site qui proposait aux TikTokeurs de télécharger l’ensemble de leurs données et contenus postés jusqu’à présent.Application devenue phénomène de société en moins de 10 ans, extrêmement prisée des jeunes, voire très jeunes internautes, TikTok n’est plus visible sur les boutiques numériques d’Apple et Google aux Etats-Unis. Depuis vendredi, TikTok avait demandé au gouvernement Biden d’envoyer un signal clair aux fournisseurs d’Internet et gestionnaires de boutiques d’applications, pour les convaincre de ne pas suspendre les téléchargements et mises à jour de l’application. Mais la Maison-Blanche a estimé vendredi que « l’application de la loi doit revenir au prochain gouvernement, qui prendra ses fonctions lundi ».La « solution Trump »Un texte voté par le Congrès à une large majorité en avril 2024 contraint la maison mère chinoise ByteDance à vendre TikTok sous peine d’interdiction dans le pays. Samedi, Donald Trump a déclaré qu’il étudierait de près le dossier une fois investi, lundi, et qu’un « report de 90 jours serait probablement décrété », a précisé le promoteur immobilier lors d’un entretien à la chaîne NBC. Celui-ci avait pourtant tenté, lors de son premier mandat, de faire interdire TikTok – en vain.Pour le porte-parole de la Maison-Blanche – pour l’heure encore démocrate – Karine Jean-Pierre, les dernières déclarations de TikTok sont une « manœuvre ». « Nous ne voyons pas de raison pour TikTok ou d’autres sociétés d’agir avant la prise de fonction du gouvernement Trump, lundi ».Saisie par TikTok en dernier recours, la Cour suprême américaine a refusé vendredi, à l’unanimité, de suspendre la loi. Les neuf hauts magistrats ont estimé que les inquiétudes du Congrès « en matière de sécurité nationale » étaient « bien fondées ». Les élus américains avaient justifié le vote de la loi par la nécessité d’empêcher les autorités chinoises d’accéder aux données d’utilisateurs américains ou de manipuler l’opinion aux Etats-Unis.Mais si la plateforme faisait l’objet d’une franche hostilité de la part de beaucoup d’élus américains il y a un an, le vent a tourné. Un consensus politique s’est dégagé ces derniers jours, favorable à la préservation de TikTok et au rachat par des investisseurs américains. Mais jusqu’ici, la maison mère de TikTok, ByteDance, a toujours officiellement refusé de céder son joyau, même si plusieurs investisseurs se sont manifestés.Pas de vente actée pour l’instantL’homme d’affaires Frank McCourt est ainsi prêt à mettre 20 milliards de dollars sur la table avec d’autres partenaires, pour les activités américaines de l’application, sans son puissant algorithme. Samedi, la start-up d’intelligence artificielle (IA) Perplexity AI a soumis à ByteDance une proposition de fusion avec la filiale américaine de TikTok, a fait savoir à l’AFP une source proche du dossier, qui valoriserait le réseau social au moins 50 milliards de dollars.Donald Trump a évoqué TikTok lors d’une conversation téléphonique vendredi avec le président chinois, Xi Jinping. Le patron du réseau social, Shou Chew, fait d’ailleurs partie des invités d’honneur pour sa cérémonie d’investiture lundi. Outre TikTok, ont été mises hors ligne toutes les applications de ByteDance aux Etats-Unis, notamment un autre réseau social, Lemon8, sur lequel avaient migré des TikTokeurs aux abois.Quelques minutes seulement après la suspension de la célèbre plateforme, plusieurs créateurs de contenu ont mis en ligne des vidéos sur YouTube pour souhaiter la bienvenue aux « réfugiés » de TikTok. « Je vous remercie de m’avoir suivi sur YouTube », a lancé la vedette de la presse à sensation Perez Hilton, qui compte près de 470 000 abonnés sur le site de vidéos, filiale de Google. D’autres faisaient part de leur stupéfaction et de leur tristesse de voir leur application favorite disparaître d’internet, temporairement peut-être.
Source link : https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/tiktok-est-desormais-inaccessible-aux-etats-unis-mais-sen-remet-a-donald-trump-SK6C2AMGXBFDTJ5XHFKJDMYQCM/
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Publish date : 2025-01-19 09:32:00
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France-Algérie : Bruno Retailleau veut « remettre sur la table » l’accord de 1968

Un épisode de plus dans les tensions entre Paris et Alger. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, souhaite la fin de l’accord franco-algérien de 1968 relatif aux conditions d’entrée en France des ressortissants algériens. Invité de BFMTV ce dimanche 19 janvier, le locataire de Beauvau a répété que la France avait été « humiliée » par l’Algérie, lorsque ce pays a refusé l’entrée sur son territoire d’un influenceur algérien expulsé de l’Hexagone. « L’Algérie, a-t-il dit, n’a pas respecté le droit international » en refusant l’accès sur son territoire à cet influenceur qui avait « un passeport biométrique » certifiant sa nationalité.Le ministre a également évoqué le sort de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, emprisonné en Algérie. « La France, a poursuivi Bruno Retailleau, doit choisir des moyens de répondre à l’Algérie […]. On est allé au bout du bout […] je suis favorable à des mesures fortes car sans rapport de force, on n’y arrivera pas. » »Il n’a pas lieu d’être »Il a souhaité, à cet égard, que l’accord de 1968 soit remis en cause. « Cet accord est daté et a déformé l’immigration algérienne. Il n’a pas lieu d’être. Il faut le remettre sur la table », a-t-il jugé. Il s’agit d’un accord bilatéral signé le 27 décembre 1968 qui crée un statut unique pour les ressortissants algériens en matière de circulation, de séjour et d’emploi. Le texte, qui relève du droit international et prime donc sur le droit français, écarte les Algériens du droit commun en matière d’immigration.Leur entrée est facilitée, sans qu’ils n’aient besoin de visa de long séjour. Ils peuvent s’établir librement pour exercer une activité de commerçant ou une profession indépendante et accèdent plus rapidement que les ressortissants d’autres pays à la délivrance d’un titre de séjour de 10 ans.Dénonçant « l’agressivité » d’Alger vis-à-vis de Paris, le ministre de l’Intérieur a fait valoir que « la France a fait tout ce qu’elle pouvait sur le chemin de la réconciliation et en retour, on a eu que des gestes d’agression ». « La fierté française a été blessée par l’offense que l’Algérie a faite à la France », a-t-il dit encore.
Source link : https://www.lexpress.fr/politique/france-algerie-bruno-retailleau-veut-remettre-sur-la-table-laccord-de-1968-ZIFI74PQO5FYVKG3QPYSOSTJOM/
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Publish date : 2025-01-19 13:23:00
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Trêve à Gaza : ce que l’on sait des échanges d’otages et des différentes phases du cessez-le-feu

Les six semaines à venir seront cruciales puisqu’elles confirmeront, ou tueront dans l’œuf, l’espoir d’une paix de long terme dans le territoire palestinien. Après 15 mois de guerre dans la bande de Gaza, l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, qui prévoit une libération d’otages israéliens, est finalement entré en vigueur avec trois heures de retard, ce dimanche 19 janvier.Les hostilités doivent cesser et 33 otages israéliens doivent être libérés lors d’une première phase étalée sur six semaines.Une trêve partie du mauvais piedLes premières otages, trois femmes, devraient être libérées dès ce dimanche. Le processus était pourtant parti du mauvais pied ce matin, le Hamas ayant pris du retard dans l’annonce des noms des trois otages, le justifiant par « des complications sur le terrain et la poursuite des bombardements ».Alors que les armes devaient se taire à 7h30 (heure de Paris), Israël a retardé l’application du cessez-le-feu, invoquant le retard du Hamas, et mené de nouvelles frappes à Gaza. Le bureau de Benyamin Netanyahou a fini par annoncer l’entrée en vigueur du cessez-le-feu à 10h15 (heure de Paris), une information confirmée par le médiateur qatari.Un premier échange ce dimancheSelon Doha, la liste des trois otages libérables dès ce dimanche comprend donc ceux « de trois citoyennes israéliennes, dont l’une est aussi de nationalité roumaine et l’autre de nationalité britannique ». En échange des 33 otages israéliens qui retrouveront leurs familles, Israël a dit qu’il relâcherait 737 prisonniers palestiniens. 95 détenus palestiniens devraient être libérés dès aujourd’hui, des femmes et mineurs en majorité, la plupart arrêtés après le 7-Octobre. Leur libération doit intervenir après 13h (heure de Paris).De son côté, l’Egypte, qui a participé aux négociations de l’accord, évoque « plus de 1 890 » prisonniers palestiniens devant être libérés durant cette première phase.Trois points d’accueil à la frontièreLes libérations devraient ensuite se poursuivre par cohortes. Trois points d’accueil des otages israéliens ont été installés à la frontière sud d’Israël avec Gaza, a précisé un responsable militaire. Les captifs seront pris en charge par des médecins. L’organisation islamiste s’est engagée à remettre principalement des vivants pendant la phase initiale de l’accord, mais il n’est pas certain que les captifs seront tous en vie lorsqu’ils rentreront, les morts devant faire partie de la dernière étape du processus, l’explique Le Monde.Deux Franco-israéliens, Ofer Kalderon, 54 ans, et Ohad Yahalomi, 50 ans, font partie des 33 otages libérables, selon Paris. Ils ont été enlevés au kibboutz Nir Oz avec plusieurs de leurs enfants, relâchés lors d’une première trêve d’une semaine en novembre 2023. Parmi les prisonniers palestiniens appelés à être libérés figure Zakaria al-Zoubeidi, responsable d’attentats anti-israéliens et ex-leader local de la branche armée du Fatah, arrêté, écroué en 2019.Le retrait israélien des zones peuplées ?D’après le président américain Joe Biden, qui cédera officiellement sa place ce lundi 20 janvier à Donald Trump, la première phase de l’accord comprend aussi un retrait israélien des zones densément peuplées à Gaza et une augmentation de l’aide humanitaire dans le territoire menacé par la famine selon l’ONU. Les autorités égyptiennes ont précisé que l’accord prévoyait « l’entrée de 600 camions d’aide par jour », incluant 50 camions de carburant.Une phase en entraîne une autreC’est pendant la première phase que seront négociées les modalités de la deuxième, qui doit permettre la libération des derniers otages, avant la troisième et dernière étape consacrée à la reconstruction de Gaza et à la restitution des corps des otages morts en captivité.L’accord prévoit ainsi le lancement d’ »un grand plan de reconstruction de Gaza », a affirmé le président américain, sans en préciser les modalités. « Un mécanisme de suivi pour surveiller l’application de l’accord sera mis en place au Caire et sera géré par l’Egypte, le Qatar et les Etats-Unis », a par ailleurs précisé le Premier ministre du Qatar.Des milliers de Palestiniens déjà sur le retourAvant même l’entrée en vigueur effective de la trêve, des milliers de déplacés palestiniens chargés de leurs affaires ont pris la route, au milieu des destructions, pour retourner chez eux, dans le nord ou le sud de la bande de Gaza dévastée, selon des images de l’AFP.A la mi-journée, des milliers de personnes arrivaient déjà à Jabaliya depuis la ville de Gaza, où les habitants découvrent un paysage apocalyptique de décombres. D’autres mouvements de retour de la population ont été observés dans les secteurs de Rafah et de Khan Younès, dans le Sud. A bord de camionnettes ou à pied, certains tout souriant font le V de la victoire, d’autres partagent des friandises ou brandissent le drapeau palestinien.Après six semaines, la fin définitive de la guerre ?Arraché mercredi par les médiateurs – Qatar, Etats-Unis, Egypte -, l’accord ambitionne, selon Doha, de déboucher sur la « fin définitive » de la guerre. Mais Benyamin Netanyahou a prévenu samedi qu’il s’agissait « d’un cessez-le-feu provisoire » et que son pays se gardait « le droit de reprendre la guerre si besoin, et avec le soutien des Etats-Unis ».Hostile à la trêve, le parti du ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir (extrême droite) a annoncé ce dimanche qu’il quittait la coalition de Benyamin Netanyahou, qui jouit toutefois toujours d’une majorité au Parlement.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/treve-a-gaza-ce-que-lon-sait-des-echanges-dotages-et-des-differentes-phases-du-cessez-le-feu-33QVCCIXSFCFJGEC3SC5UD7MEA/
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Publish date : 2025-01-19 11:52:00
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Ils sont fous, ces Français : Gilles Martin-Chauffier réinvente les « Lettres persanes »

On s’amusait bien à Paris sous la Régence, et ce n’est pas Mehmed Efendi qui nous contredira. En 1721, après avoir passé deux ans dans notre capitale comme ambassadeur, le janissaire retourne dans l’Empire ottoman et y publie un récit de ce qu’il a vu – un livre qui sera plus tard traduit chez nous sous le titre Le Paradis des infidèles. En cette même année 1721, le jeune Montesquieu, 32 ans, lui renvoie la balle avec ses célèbres Lettres persanes. On en connaît la trame : deux Perses voyageant à travers l’Europe jusqu’à Paris, Usbek et Rica, racontent par écrit leurs aventures à leurs amis restés là-bas. Cette « espèce de roman » (comme disait Montesquieu) reprend l’esprit caustique des Caractères de La Bruyère (parus en 1688) tout en inventant une nouvelle forme. Il faut croire que tout le monde n’avait pas perçu l’esprit polémique du livre puisque dès 1728 le taquin Montesquieu sera élu à l’Académie française…Trois siècles après, ce classique reste lu. Il vient d’être réédité dans la collection Bouquins. De façon plus originale, avec son habituel esprit, Gilles Martin-Chauffier en publie une variation moderne, Les Lettres qataries. Le narrateur en est Hassan, un jeune et ambitieux conseiller d’ambassade, sorte de Paul Morand de Doha, qui raconte sa mission parisienne à son frère Driss. L’action couvre la période 2023-2024. Notre pays est-il toujours paradisiaque pour les infidèles ? Si un certain puritanisme y a étendu son empire, quelques élucubrations perdurent – il faut voir Hassan découvrant la fashion week (chapitre tordant au cours duquel Martin-Chauffier égale Loïc Prigent). Entre une corrida à Dax et un match de foot au Parc de Princes, le diplomate séduit une aristocrate snobissime, Caroline, qui travaille dans une agence de relations publiques. Elle le met au parfum, lui fait rencontrer du monde et voir du pays. Hassan a parfois l’impression d’être dans un de nos « fameux salons du XVIIIe (le siècle, pas l’arrondissement) ». Dans l’un des chapitres les plus réussis, sa compagne l’invite à passer les fêtes de fin d’année dans le chalet savoyard de ses parents. Le 31 décembre, déjà obligé de boire du champagne, le malheureux est en plus forcé de regarder les vœux de « Sa Majesté Macron Ier » – « encore une fantaisie locale ». S’il ne raffole pas de Macron (qualifié tour à tour de « pipelette » et de « roi asexué »), l’acide Hassan est encore plus dur avec Sandrine Rousseau (une « bouffonne »). Il n’a pas encore vu Jean-Luc Mélenchon : « Partout ailleurs dans le monde, il y a longtemps qu’on l’aurait remisé au magasin des accessoires. » Notre Danton de pacotille lui inspire ce juste constat : « La France reste la France : une grande dame qui a ses œuvres et ses pauvres. Rien de plus. Quand elle finit par élire un homme de gauche, un Blum ou un Mitterrand, c’est toujours un grand bourgeois qui s’enroule dans ses écharpes de cachemire pour aller s’offrir des premières éditions. Tout valse et rien ne change. Le grand soir n’arrive jamais. » Une seule personnalité politique échappe à ses piques : Rachida Dati, « la Wonder Woman musulmane »… »Déesse Laïcité »On peut lire Les Lettres qataries comme un livre de divertissement, à la manière des Carnets du major Thompson qu’écrivait jadis Pierre Daninos. Mais le ton vachard en est plus cruel – dans ses meilleurs moments, Martin-Chauffier ferait passer Patrick Besson pour Baptiste Beaulieu. Surtout, il met son grain de sel sur des sujets brûlants comme l’immigration, les caricatures ou la « déesse Laïcité ». Sur un mode plus léger, nos finances publiques sont pour Hassan un mystère insondable. Nous avons « la dette dans les nuages ». Et l’érudit Hassan de citer Oscar Wilde : « C’est bien ennuyeux de n’avoir pas d’argent, s’il fallait en plus s’en passer ! » Puis d’enchaîner : « Cela dit, ici, s’abstraire du principe de réalité ne choque personne. C’est même l’inverse. Les Gaulois irréductibles doivent leur survie pure et simple à l’Europe mais ils ne cessent de l’agresser. » Même sur un sujet aussi rebattu que la cérémonie d’ouverture des derniers Jeux olympiques, Martin-Chauffier parvient à trouver le bon ton. Pour éviter les rabâchages des plateaux de télévision, faut-il en revenir à la littérature, au style et au décalage que permet la fiction ? On souhaite à cette brillante sotie d’avoir un succès comparable à celui que Patrick Rambaud avait connu avec ses Chroniques du règne de Nicolas Ier. Rions encore un peu avant que le ciel ne nous tombe définitivement sur la tête.Les Lettres qataries. Par Gilles Martin-Chauffier. Albin Michel, 220 p., 19,90 €.
Source link : https://www.lexpress.fr/culture/livre/ils-sont-fous-ces-francais-gilles-martin-chauffier-reinvente-les-lettres-persanes-T75OL4MLOFBHJEPS46IWKTGXPQ/
Author : Louis-Henri de La Rochefoucauld
Publish date : 2025-01-19 12:00:00
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Christophe Castaner chez Shein : les dessous d’une nomination controversée

Yann Rivoallan ressent comme une désagréable impression de déjà-vu. Le 6 septembre 2024, le président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin (FFPPF) rencontre pour la première fois Donald Tang, le patron de Shein, venu lui présenter la controversée plateforme de vente de vêtements d’ultra fast-fashion. En introduction, l’homme d’affaires américain, né à Shanghai, multiplie les affirmations, dont certaines pour le moins contestables : « Nous démocratisons la mode et nous le faisons de façon écologique. Or, ce secteur a aujourd’hui une mauvaise image. Nous avons besoin de vous pour changer cela et on peut le faire avec Shein ». L’entreprise d’origine chinoise – elle a déménagé son siège à Singapour en 2022 – a pour projet d’embarquer les marques françaises avec elle, afin que ces dernières mettent en vente leurs produits sur son site.Quatre mois plus tard, Christophe Castaner, nommé à la surprise générale conseiller de Shein au sein d’un comité Responsabilité sociale et environnementale (RSE), répond à ses détracteurs, dont les acteurs du textile, les plus furibonds. Dans une interview à La Tribune Dimanche, l’ancien ministre de l’Intérieur dénonce « un effet moralisateur » et défend une entreprise qui « démocratise la mode pour tous ». « Les arguments qu’il utilise sont les mêmes que ceux mis en avant par Donald Tang », constate, dépité, Yann Rivoallan.Une nouvelle vie dans le conseilDepuis sa défaite aux législatives de 2022, dans la deuxième circonscription des Alpes-de-Haute-Provence, l’ex-figure de la Macronie a fait son retour dans le privé. Avant de rentrer à l’Assemblée nationale en 2017, Christophe Castaner avait déjà occupé des fonctions au sein du service des affaires juridiques de BNP Paribas. Désormais reconverti dans le conseil, il a fondé en mars 2023 la société Villanelle Conseil. Un mouvement validé par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).Outre Shein, Christophe Castaner accompagne la CCI Lyon Métropole dans la reconversion de l’ancien site de l’EM Lyon en pôle dédié à la sécurité globale. « Il s’agit de mobiliser les acteurs de ce secteur, qui vont de la police technique et scientifique à l’industrie pour les textiles de sécurité », détaille-t-il auprès de L’Express. Au total, il dit travailler avec une douzaine de clients dans les domaines du spatial, de la gestion de crise, du catering international – la restauration – ou encore du média training – la prise de parole en public.En parallèle, l’ancien élu préside depuis 2022 le conseil de surveillance du port de Marseille Fos. L’année dernière, son mandat a été renouvelé pour une durée de cinq ans. Une activité bénévole, à laquelle il consacre beaucoup de temps. « Christophe s’est véritablement investi et a pris ce rôle à cœur. Il n’est pas seulement là pour présider les conseils, qui ont lieu cinq fois par an. Il va à la rencontre des acteurs du port et s’implique dans la vie locale, en participant aux événements institutionnels et en entretenant des relations avec le maire », raconte l’ancien PDG d’Orange, Stéphane Richard, membre de l’instance et qui fut un temps le choix numéro 1 d’Emmanuel Macron pour prendre le poste après son départ de l’opérateur télécom. Enfin, Christophe Castaner est également président du conseil d’administration d’Autoroutes et Tunnel du Mont Blanc. Fonction pour laquelle il indiquait, en 2023, toucher 3 600 euros par mois. »Le pire modèle économique possible »Si, jusqu’à présent, ses nouvelles activités dans le privé n’avaient pas fait grand bruit, son atterrissage chez Shein entraîne son lot de questions. Le géant de l’ultra fast-fashion est accusé de concurrence déloyale en proposant à la vente des vêtements à des prix extrêmement bas et en contrevenant à toute réglementation environnementale. « Cette nomination est une véritable surprise, et pas dans le bon sens, tacle l’ancien ministre Yves Jégo, créateur de la certification Origine France garantie (OFG). Shein représente le pire modèle économique possible, et son expansion équivaut à une mort programmée pour ce qu’il reste du textile français. Dans ses explications, Christophe Castaner s’abrite derrière une logique douteuse de cheval de Troie : il affirme qu’il vaut mieux être à l’intérieur, pour influencer, plutôt que de chercher à changer ce modèle destructeur. » Julia Faure, la cofondatrice de la marque de vêtements éthiques Loom, et coprésidente du Mouvement Impact France, abonde : « Personne n’est dupe. Dans une période où il y a une crise de confiance vis-à-vis des politiques, la symbolique est catastrophique. »Quelles seront les marges de manœuvre du nouveau conseiller ? « Pour faire évoluer une filière, la puissance publique ne peut pas tout », assume Christophe Castaner. « Je ne veux stigmatiser personne, mais si l’idée est de transformer l’entreprise de l’intérieur, cela implique de modifier son modèle économique en profondeur, à savoir réduire drastiquement la taille des collections et ralentir le rythme effréné de production, ce qui paraît peu probable », juge Pierre-François Le Louët, coprésident de l’Union française des industries de la mode et d’habillement.Shein attend de Christophe Castaner qu’il donne un avis tranché sur ses futures orientations. Elle entend aussi profiter de son expérience passée et de sa capacité à sentir les bonnes idées pour la France, dont il aura la charge. Reste qu’en matière de RSE, le CV de l’ex-locataire de Beauvau ne coche aucune case. « Il ne possède pas d’expertise technique particulière. Ce qu’il apporte, ce sont ses réseaux, son influence et sa capacité à naviguer dans les circuits décisionnels pour promouvoir les intérêts de son nouveau client », pointe le professeur de droit public Jean-François Kerléo, auteur de La Déontologie politique (Lgdj). Christophe Castaner n’est pas le seul à céder aux sirènes chinoises. L’avocate Nicole Guedj, ancienne secrétaire d’Etat sous Jacques Chirac, et Bernard Spitz, qui fut notamment président du pôle international et Europe du Medef, complètent le comité.Coup dur pour le made in FranceLe message envoyé au textile français se révèle dévastateur. « Nous nous battons chaque jour pour mobiliser les bonnes volontés, parce que nous sommes tombés très bas sur le plan industriel. Et aujourd’hui, on se retrouve avec des responsables politiques capables de soutenir des entreprises qui infligent des dégâts immenses à notre économie », regrette Gilles Attaf, président de la certification OFG. Le secteur traverse actuellement une phase critique. « Il n’y a plus que 10 000 entreprises environ, dont la plupart sont de simples ateliers de confection, à fabriquer des vêtements en France. On ne se sent pas tellement soutenu par l’Etat », déplore Karine Renouil-Tiberghien, dirigeante du groupe Les Manufactures de layette et tricots, dans la Loire.Nombre de nos interlocuteurs vont jusqu’à utiliser le mot « trahison ». Parce que Christophe Castaner a fait partie d’un gouvernement qui a promu, avec tambour et trompette, une politique volontariste de réindustrialisation. « On ne peut pas, une fois sorti de l’exécutif, agir à l’opposé de ce qu’on a prôné pendant son mandat. C’est d’un cynisme effarant », peste Fabienne Delahaye, la fondatrice et présidente du Salon du Made in France. En novembre 2021, sur le plateau de BFMTV, l’ex-patron du groupe LREM à l’Assemblée nationale faisait la promotion du fabriqué en France, qu’il présentait comme une « priorité ». « Dans ce combat que nous menons pour notre souveraineté, nous devons tous être acteurs : pouvoirs publics comme consommateurs ! », lançait-il alors. »Cette affaire semble relever d’une logique purement économique, dénuée d’engagement sincère ou de conscience morale. Ces personnalités ont beau tenir de beaux discours, leurs actes témoignent parfois d’une absence de discernement lorsqu’il s’agit de choisir entre des intérêts privés et l’intérêt général », analyse Jean-François Kerléo. S’il comprend les critiques sur Shein, l’ancien patron d’Orange a plus de mal avec celles ciblant Christophe Castaner : « Quand vous avez été ministre et que vous n’avez pas une grande fortune personnelle, c’est bien de pouvoir enchaîner des missions pro bono d’intérêt général, mais il faut aussi, comme tout le monde, gagner sa vie en travaillant ! », affirme Stéphane Richard.Conseil ou lobbying ?La constitution de ce comité RSE intervient au moment où Shein vise une introduction en Bourse sur la place de Londres, au premier semestre. Et qui dit cotation, dit transparence. « Une fenêtre de tir stratégique pour l’entreprise car elle cherche à lever des fonds », note Pierre-François Le Louët. L’opération devrait lui permettre de financer sa croissance fulgurante, qui paraît totalement incompatible avec des pratiques vertueuses. « Leur unique projet est de miser sur des volumes énormes. La pollution générée par le transport et la fabrication est inévitable », assure Yann Rivoallan, de la FFPPF.En France, le groupe fait des pieds et des mains pour retarder l’adoption de la loi encadrant les pratiques de la fast fashion. Votée à l’unanimité en mars 2024 par l’Assemblée nationale, elle devait passer au Sénat en procédure accélérée. Mais la dissolution, puis la censure du gouvernement Barnier, a retardé l’échéance. Prise de court après le vote des députés, la plateforme avait dépêché une société de lobbying pour contacter un à un les sénateurs appelés à se prononcer. « Je pense qu’ils ont sous-estimé l’impact de ce texte », confie la députée Anne-Cécile Violland (Horizons), à l’origine de la proposition de loi qui prévoit le renforcement du système de « bonus-malus » sur les articles textile lié à leur éco-score et l’interdiction de la publicité pour les produits de fast fashion. Un texte que Christophe Castaner juge dans La Tribune Dimanche inadapté car il va « créer une TVA sur des produits jugés trop populaires ». »Logiquement, cette loi devrait être soutenue par quelqu’un en charge d’améliorer la politique RSE de l’entreprise, observe le député Antoine Vermorel-Marques (Droite républicaine). S’il est là pour accompagner une évolution sincère en la matière, son arrivée pourrait être positive. Mais s’il agit dans une logique contraire – ce dont il se défend –, cela posera problème. » D’après l’élu, Shein et ses consœurs ne pourront pas faire évoluer leurs pratiques tant que le cadre réglementaire ne sera pas modifié. Anne-Cécile Violland a fait part à Christophe Castaner de toute sa confiance pour agir auprès de Shein. Mais la députée de Haute-Savoie n’épargne pas le géant asiatique. « Lors de leur audition à l’Assemblée, leur discours m’avait semblé superficiel, plaqué et dénué d’authenticité. Je ne crois pas en leur sincérité et je doute qu’ils souhaitent s’engager sérieusement », confie-t-elle.Bien que « retraité » de la vie politique, Christophe Castaner cherchera-t-il à passer quelques messages à ses anciens collègues, à mesure que le vote au Sénat approchera ? « Shein s’évertue à anticiper les évolutions de l’agenda législatif français. Dans des situations de crise, les entreprises ont besoin de personnes capables de leur apporter des éclairages sur les dynamiques politiques en cours, même de manière informelle. S’il devait intervenir de façon proactive auprès des parlementaires, il serait tenu de s’enregistrer sur la liste des représentants d’intérêts de Shein auprès de la HATVP », rappelle Guillaume Courty, professeur de science politique à l’Université de Picardie Jules Verne et spécialiste des lobbys. Pour l’heure, il n’y figure pas. Mais une chose est sûre, ses moindres faits et gestes seront scrutés de près dans les prochains mois.
Source link : https://www.lexpress.fr/economie/entreprises/christophe-castaner-chez-shein-les-dessous-dune-nomination-controversee-U6HLRL72D5DDBL327UCR4LX2AU/
Author : Thibault Marotte
Publish date : 2025-01-19 11:00:00
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Trêve à Gaza : le cessez-le-feu est entré en vigueur, trois otages doivent être libérées ce dimanche

A Gaza, la trêve entre Israël et le Hamas n’est pas entrée en vigueur à l’heure prévue, à 8h30 (heure locale, soit 7h30 heure de Paris). La raison ? La non-réception, par Israël, de la liste des otages israéliens devant être libérés ce dimanche. Benyamin Netanyahou a prévenu que le cessez-le-feu ne débutera pas sans celle-ci. Le Hamas a affirmé de son côté qu’il avait bien l’intention de respecter l’accord, mais a reconnu un retard « pour des raisons techniques sur le terrain ». Plus de deux heures plus tard, le mouvement islamiste palestinien a transmis à l’Etat hébreu les noms des trois Israéliennes qui doivent être libérées.Les infos à retenir⇒ Israël annonce que le cessez-le-feu avec le Hamas entre en vigueur à 10h15 (heure de Paris)⇒ La trêve a été retardée de plusieurs heures car le Hamas n’avait pas transmis la « liste des otages » devant être libérés ce dimanche⇒ Israël : le parti d’extrême droite du ministre Ben Gvir quitte la coalition11h20La mise en garde d’Israël si le Hamas reste au pouvoir »Si le Hamas reste au pouvoir, l’instabilité régionale qu’il provoque risque de perdurer. Il n’y a pas d’avenir de paix, de stabilité et de sécurité pour les deux parties si le Hamas reste au pouvoir dans la bande de Gaza », a mis en garde le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, lors d’une conférence de presse à Jérusalem ce dimanche.11h10Trêve à Gaza : des milliers de déplacés sur le chemin du retourDes milliers de Palestiniens, déplacés par la guerre, ont pris la route pour rentrer chez eux, ce dimanche, dans la bande de Gaza, après l’entrée en vigueur d’une trêve entre Israël et le Hamas, ont constaté des journalistes de l’AFP. A la mi-journée, des milliers de personnes arrivaient à Jabalia à partir de Gaza-ville, dans le nord du territoire palestinien. D’autres mouvements de retour de la population ont été observés dans les secteurs de Rafah et Khan Younès (sud), selon des témoignages recueillis par téléphone.10h20Israël annonce que le cessez-le-feu avec le Hamas entre en vigueur à 10h15 (heure de Paris)Le bureau du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a annoncé l’entrée en vigueur ce dimanche à 10h15 (heure de Paris) du cessez-le-feu avec le Hamas à Gaza, avec près de trois heures de retard par rapport à ce qui était prévu initialement. Ses services avaient confirmé quelques minutes plus tôt avoir reçu la « liste des otages » devant être libérés par le mouvement islamiste palestinien dimanche en vertu de l’accord de trêve. Le Qatar, pays médiateur, a également confirmé l’entrée en vigueur de la trêve à Gaza.9h45Le Hamas publie les noms de trois otages israéliennes devant être libérées aujourd’huiPlus de deux heures après le début supposé de la trêve à Gaza, qui a été retardée, le Hamas a publié les noms des trois otages devant être libérées ce dimanche, selon la chaîne israélienne Channel 12. Il s’agit, indique le Guardian, de Romi Gonen, 24 ans ; Emily Damari, 28 ans ; et Doron Shtanbar Khair, 31 ans. Il n’est toujours pas clair à quelle heure le cessez-le-feu entrera en vigueur. L’Etat hébreu confirme avoir reçu la liste.9h30Israël : le parti d’extrême droite du ministre Ben Gvir quitte la coalitionLe parti d’extrême droite du ministre de la Sécurité nationale israélien, Itamar Ben Gvir, a annoncé ce dimanche qu’il quittait la coalition au pouvoir, en opposition à l’accord de cessez-le-feu. « À la suite de l’approbation de l’accord scandaleux avec le groupe terroriste Hamas […] les [trois] ministres du parti Force juive ont récemment présenté leurs lettres de démission » et « le parti Force juive n’est plus membre de la coalition », indique un communiqué de la formation d’Itamar Ben Gvir, qui était ministre de la Sécurité nationale. Cette annonce ne fait pas chuter le gouvernement, qui bénéficie toujours d’une courte majorité au Parlement.9h05Israël va recevoir « incessamment » la liste des otages libérablesUn haut responsable du Hamas a déclaré à l’AFP qu’Israël allait recevoir « incessamment » la liste des trois otages libérables ce dimanche, réclamée par les autorités israéliennes pour mettre en application le cessez-le-feu. « Les noms des trois personnes qui seront libérées, peut-être des soldates ou des civiles, vont être transmis incessamment », a-t-il déclaré sous le couvert de l’anonymat, faisant état de « complications sur le terrain ». Selon lui, le mouvement islamiste palestinien a dit que « l’échange (otages/prisonniers) se déroulera comme prévu ».9h00Raids israéliens sur Gaza : la Défense civile annonce huit mortsLa Défense civile de la bande de Gaza a annoncé, ce dimanche, la mort de huit personnes tuées par des bombardements israéliens sur la bande de Gaza depuis l’heure à laquelle le cessez-le-feu aurait dû commencer. « Cinq martyrs sont tombés dans la ville de Gaza et trois autres (ailleurs) dans le Nord » du territoire palestinien, a dit le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, dans un communiqué, en faisant aussi état de 25 blessés.8h35Frappes israéliennes sur le nord de la bande de GazaL’armée israélienne a mené des frappes ce dimanche matin sur le nord de la bande de Gaza, après l’heure à laquelle devait entrer en vigueur un cessez-le-feu avec le Hamas, a constaté un journaliste de l’AFP. Présent à Sdérot, ville israélienne à la lisière nord du territoire palestinien, le journaliste a vu plusieurs explosions et des panaches de fumée noire s’élever dans le secteur de Beit Hanoun, après 9h, heure locale. Israël a annoncé que la trêve n’entrerait pas en vigueur tant qu’il n’aurait pas reçu du Hamas la liste des premiers otages devant être libérés en vertu de l’accord de cessez-le-feu.8h00L’armée israélienne « continue de mener des attaques dans la bande de Gaza »L’armée israélienne a annoncé ce dimanche qu’elle continuait de « mener des attaques dans la bande de Gaza », après 6h30 GMT, heure à laquelle devait entrer en vigueur un cessez-le-feu avec le Hamas. L’armée « continue de mener des attaques en ce moment même dans la bande de Gaza », a déclaré à la télévision le contre-amiral Daniel Hagari, son porte-parole. « Le Hamas ne tient pas ses engagements, et contrairement à l’accord, les noms des [premiers] otages [devant être libérés dimanche] n’ont pas été transmis à Israël à cette heure-ci », et « selon les directives du Premier ministre, le cessez-le-feu n’entrera pas en vigueur tant que le Hamas ne tient pas ses engagements », a-t-il ajouté.7h25Israël annonce avoir récupéré le corps d’un soldat détenu à Gaza depuis 2014L’armée israélienne a annoncé ce dimanche avoir récupéré lors d’une « opération spéciale » à Gaza la dépouille d’un soldat israélien tué au combat en 2014 et détenue par le Hamas palestinien. La famille du sergent Oron Shaul a été informée du retour de sa dépouille après que celle-ci a pu être formellement identifiée, a indiqué l’armée. Selon le Bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahou, l’opération spéciale menée conjointement avec le Shin Bet, l’agence de la sécurité intérieure israélienne, a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche.7h15L’armée israélienne somme les habitants de Gaza de ne pas s’approcher de ses soldats et de la zone tamponL’armée israélienne a sommé, ce dimanche, les habitants de la bande de Gaza de ne pas s’approcher de ses forces ou de se diriger vers la zone tampon, avant l’entrée en vigueur prévue de la trêve avec le Hamas. « Nous vous exhortons à ne pas vous diriger vers la zone tampon ou les forces de (l’armée israélienne) », a déclaré le porte-parole de l’armée en langue arabe, Avichay Adraee, sur Telegram. « A ce stade, se diriger vers la zone tampon ou se déplacer du sud vers le nord par la vallée de Gaza vous met en danger. Quiconque se dirige vers ces zones se met en péril lui-même. »7h00Les Houthis mettent en garde contre les « conséquences » de toute attaque au Yémen lors de la trêve à GazaLes rebelles houthis du Yémen ont mis en garde ce dimanche les forces opposées à eux en mer Rouge contre les « conséquences » qu’aurait toute attaque dans leur pays lors de la trêve dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas. Ces rebelles soutenus par l’Iran, qui contrôlent de grands pans du Yémen et la capitale Sanaa, ont aussi revendiqué une attaque contre plusieurs navires de guerre, dont le porte-avions américain USS Harry S. Truman.Les Houthis « avertissent les forces ennemies en mer Rouge des conséquences de toute agression contre notre pays pendant la période de cessez-le-feu à Gaza », ont déclaré les rebelles dans un communiqué et une vidéo sur X. Ils « feront face à toute agression par des opérations militaires précises contre ces forces sans […] lignes rouges », ont-ils ajouté. Le chef des rebelles, Abdel Malek al-Houthi, a déjà menacé jeudi de poursuivre ses attaques contre Israël si ce dernier ne respectait pas l’accord de trêve.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/la-treve-a-gaza-retardee-israel-attend-toujours-la-liste-des-otages-devant-etre-liberes-WM33RXLZFFCT5MEUMDDKODYURI/
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Publish date : 2025-01-19 10:28:00
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Tensions en mer Baltique : quand la Russie cible un avion français de l’Otan

Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, a dénoncé ce vendredi 17 janvier une mesure « d’intimidation » qui n’est « pas acceptable » : un avion de la marine française engagé pour l’Otan, à bord duquel se trouvait un journaliste de l’AFP, a été ciblé mercredi par l’armée russe alors qu’il survolait la mer Baltique. L’aéronef, qui effectuait un vol de surveillance dans le cadre d’un déploiement de l’Alliance en réaction aux dégradations de câbles sous-marins, dont est soupçonnée la Russie, a été victime d’une « tentative de brouillage » ainsi que d’une « désignation par un radar de conduite de tir », selon une communication jeudi de l’armée française.L’appareil a été « la cible de mesures d’intimidation russes », estime sur X le ministre. « Il patrouillait en espace aérien international au-dessus de la mer Baltique (…), et a été illuminé par le radar de conduite de tir d’un système de défense sol-air S400. » Cette action agressive russe n’est pas acceptable », déclare-t-il. « Nos armées continueront d’agir pour défendre la liberté de navigation dans les espaces aériens et maritimes internationaux », ajoute-t-il.Dans la nuit de mercredi à jeudi, un avion de patrouille maritime Atlantique 2 français a été la cible de mesures d’intimidation russes.Il patrouillait en espace aérien international au-dessus de la mer baltique, dans le cadre d’une opération de l’OTAN, et a été illuminé par le…— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) January 17, 2025″Le fait d’’illuminer’ par un radar notre avion évoluant dans les eaux internationales traduit une action agressive », a expliqué à l’AFP le colonel Guillaume Vernet, porte-parole de l’état major des armées, l’illumination qualifiant en langage militaire le fait de cibler un objectif par radar. Une telle initiative « n’est pas exceptionnelle dans cette zone » et « signifie que la Russie ne reste pas passive », a-t-il traduit.La Russie a ainsi « fait savoir, de manière contenue, son hostilité », mais « le comportement professionnel de l’équipage (français) a permis d’éviter toute escalade » tout en poursuivant sa mission, a encore déclaré le colonel Vernet. L’armée russe n’avait en outre que peu d’intérêt à exécuter sa menace car « une attaque sur un avion de l’Otan peut provoquer une brusque et grave escalade avec l’Otan », a-t-il encore jugé.Des incidents « assez répandus »Le type d’incident subi par l’avion français, « assez grave », est « assez répandu » et « dépasse largement les frontières de l’Europe », a estimé le général américain Christopher Cavoli, commandant des forces de l’Otan en Europe, lors d’un point presse jeudi à Bruxelles.L’avion français Atlantique-2 avait décollé mercredi de Bretagne (Ouest), avec un journaliste de l’AFP à son bord. Il a passé près de cinq heures au large de la Suède et des pays baltes, contrôlant environ 200 navires, essentiellement civils. Mais aucun bâtiment suspect n’a été repéré.Plusieurs câbles sous-marins de télécommunications et d’alimentation électrique ont été endommagés ces derniers mois dans la mer Baltique. Dirigeants européens et experts soupçonnent des actes de « guerre hybride » orchestrés par la Russie.Le 25 décembre, le câble électrique EstLink 2, reliant la Finlande à l’Estonie, et quatre autres câbles de télécommunications ont été endommagés, quelques semaines seulement après des dommages similaires sur deux câbles de télécommunications dans les eaux suédoises. L’Eagle S, un pétrolier battant pavillon des îles Cook qui ferait partie de la « flotte fantôme » russe, est soupçonné du sabotage de ces câbles par la police finlandaise, qui a investi le navire puis l’a saisi pour les besoins de l’enquête.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/tensions-en-mer-baltique-quand-la-russie-cible-un-avion-francais-de-lotan-HKTTM2633FGNLMB4S5MKKGDSIE/
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Publish date : 2025-01-17 11:19:00
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Réforme des retraites : la démocratie sociale, le pari (fou) de François Bayrou

La voie est sinueuse, périlleuse, tapissée de chausse-trappes et de peaux de banane. Surtout, l’issue est incertaine. Et pourtant, ils l’emprunteront… Ce vendredi 17 janvier à 11 heures, syndicats de salariés et représentants patronaux ont répondu à l’appel du chef du gouvernement. Même la CGT qui, jusqu’au dernier moment, a entretenu le flou sur sa participation. Lors de son discours de politique générale, mardi 14 janvier, François Bayrou avait appelé les partenaires sociaux à plancher ensemble sur le dossier des retraites afin de trouver des « voies de progrès » pour « une réforme plus juste ». Trois mois de discussions sans tabou pour trouver un accord sur un sujet qui hystérise les débats politiques et divise l’opinion publique. Ultime concession aux syndicats les plus dubitatifs, le Premier ministre a précisé, au lendemain de son grand oral à l’Assemblée nationale, que même sans accord général, un nouveau projet de loi pourrait être soumis au vote des députés. Si François Bayrou a présidé cette première rencontre, c’est un spécialiste du sujet, neutre politiquement, qui devrait animer les suivantes. »Évidemment, notre responsabilité est énorme, mais trouver des compromis, on sait faire », veut croire Cyril Chabanier, le patron de la CFTC. « Face à la cacophonie politique, François Bayrou n’avait pas d’autres solutions que de remettre les partenaires sociaux au cœur des débats », ajoute Pierre Ferracci, fin connaisseur des relations sociales et directeur du groupe Alpha.Le « conclave » de Bayrou est aussi une pierre jetée dans le jardin d’Emmanuel Macron. Comme si le locataire de Matignon voulait ressusciter aujourd’hui ceux que le président avait tenté d’éliminer hier. Au début de son premier quinquennat, Emmanuel Macron avait presque théorisé la rupture avec ces corps intermédiaires rétifs à la réforme et poussant à l’immobilisme. Reprenant ainsi les critiques formulées par un autre chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, qui en 2012 fustigeait lui aussi ces instances qui « font écran entre le peuple et le gouvernement ». Les tête-à-queue et autres renoncements de Macron sur la réforme systémique de la retraite à points, pourtant initialement soutenue par la CFDT et Laurent Berger, avaient acté le divorce entre l’Élysée et les syndicats de salariés.Les syndicats peuvent-ils réussir là où les politiques ont échoué ? »Aujourd’hui, l’idée de décentrer les débats pour jouer la carte de l’apaisement est de bon aloi », abonde Bruno Mettling, ancien DRH d’Orange et président du cabinet Topics. Une manière habile aussi de saisir la perche tendue par tous les partenaires sociaux – à l’exception de la CGT – juste avant Noël. Dans une lettre adressée au successeur de Michel Barnier, les signataires s’inquiétaient des conséquences catastrophiques de l’instabilité politique sur l’activité économique et l’emploi du pays. Un appel à la responsabilité, face à une conjoncture économique de plus en plus sombre marquée par une explosion des défaillances d’entreprises et son cortège de plan sociaux. « Personne n’a pris la mesure de l’importance de cet appel conjoint. Pourtant, ils ont su mettre leurs divergences de côté », poursuit Bruno Mettling.Mais s’entendre sur une nouvelle mouture de la réforme des retraites est une autre affaire que de lancer un cri d’alarme, aussi justifié soit-il. Les syndicats peuvent-ils réussir là où les politiques ont échoué ? Au Medef, Patrick Martin, ne cesse de répéter qu’il n’a aucune ligne rouge… Ni aucun tabou. « Laissez-nous faire », a-t-il lancé en début d’année dans nos colonnes, rappelant que les partenaires sociaux, aux manettes du régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco, ont su par le passé trouver des voies de passage délicates. Comme en 2014 quand ils sauvèrent le système de la quasi-faillite.Les cotisations sociales, nerf de la guerreAujourd’hui, le patronat veut surtout remettre sur la table le chantier pharaonique du financement de la protection sociale. Avec cette question presque existentielle : comment continuer de financer le système par répartition alors que le rapport entre le nombre de cotisants et de bénéficiaires n’a cessé de chuter, passant de 4,2 en 1965 – le pic – à 1,3 aujourd’hui, d’après les chiffres de la Caisse nationale d’assurance vieillesse ? Pour le Medef, il s’agit de trouver de nouvelles sources de financement, plus pérennes, et d’en profiter au passage pour gagner en compétitivité et accroître le salaire net. Avec un tour de passe-passe qui viserait à réduire les cotisations sociales patronales et salariales en échange d’une augmentation de TVA. Un rapide calcul montre qu’une baisse de deux points des cotisations sociales pourrait être financièrement comblée par un relèvement d’un point du taux normal de TVA. Difficile d’imaginer les syndicats les plus radicaux accepter une telle bascule, alors que l’augmentation des cotisations – ou la suppression de certains allègements – est au cœur de leurs propositions. « Si la CFDT acceptait un tel deal, ce serait évidemment en échange de concessions sur l’âge de départ à la retraite, la pénibilité et la retraite des femmes », souffle l’un des négociateurs.La main du politiqueLa démocratie sociale sortira-t-elle de sa phase « zombie » ? « Si les syndicats parviennent à un accord, même bancal, ils retrouveront la place qu’ils ont perdue depuis longtemps. Ils savent qu’ils ont un pistolet sur la tempe et certains seraient prêts à quelques compromis », veut croire Pierre Ferracci. Reste à savoir ce que le Parlement ferait ensuite d’un tel texte. « Imaginer que les députés voteront cet accord sans chercher à laisser leur empreinte par de multiples amendements est totalement illusoire », observe Antoine Foucher, l’ancien directeur de cabinet de Muriel Pénicaud et président du cabinet Quintet. Or, si ces amendements aboutissaient finalement à un creusement des déficits, l’exécutif pourrait toujours brandir l’article 40 de la Constitution qui stipule que les propositions formulées par les membres du Parlement ne sont pas recevables lorsque leur adoption a pour effet une aggravation de la charge publique. « Les syndicats sont aujourd’hui des acteurs instrumentalisés par les politiques, ils ont succombé à leur désir d’exister. Le costume est trop grand pour eux », tacle Antoine Foucher. Tout ça pour ça ?
Source link : https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/reforme-des-retraites-la-democratie-sociale-le-pari-fou-de-francois-bayrou-AIZWKGSAV5HNDJFTWIO2IHBGAI/
Author : Béatrice Mathieu
Publish date : 2025-01-17 12:46:00
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Retraites : François Bayrou se fixe comme objectif un accord « fin mai »

François Bayrou a fixé, ce vendredi 17 janvier, à « fin mai » l’objectif d’un accord entre les partenaires sociaux sur les retraites, estimant « inimaginable que ce problème si important pour la société française se résolve uniquement par l’épreuve de force », à la sortie de la première réunion sur le sujet au ministère du Travail. »Cette idée qu’ils vont partager des mois et des mois de travail, pour moi, c’est une idée fructueuse », s’est-il réjoui, déplorant l’état de « blocage général » dans lequel se trouve la France. « On est un pays qui n’a pas de budget, on est un pays qui n’a pas de majorité, on est un pays dans lequel les uns ne cessent de s’affronter aux autres […] et on ne peut pas en rester là parce que pendant ce temps, le monde nous assiège », a-t-il déclaré.La Cour des comptes rendra ses conclusions le 19 févrierLa négociation promise, que François Bayrou a décrite comme un « conclave » de trois mois, ne démarrera vraiment qu’à l’issue d’une délicate mission de chiffrage sur le financement du système, confiée à la Cour des comptes, qui doit rendre ses conclusions le 19 février. »Cela permettra d’avoir une vision de l’avenir, a expliqué le Premier ministre aux partenaires sociaux réunis au ministère du Travail, pour lancer une difficile concertation sur la très décriée réforme des retraites, adoptée au forceps en 2023. Le Premier ministre a estimé devant les partenaires sociaux réunis ce matin que cette concertation était une « déclaration de confiance, un choix stratégique de faire confiance au dialogue social ». « L’idée que les entreprises, les salariés et les travailleurs prennent en main une partie de leur destin », a-t-il poursuivi.Sur la mission confiée à la Cour des comptes, François Bayrou a redit qu’il souhaitait « établir les bilans chiffrés les plus indiscutables possibles » sur la question du financement des retraites. Pierre Moscovici viendra présenter les conclusions devant les partenaires sociaux. Pour le chef du gouvernement, la période entre le lancement de la concertation et la remise du travail des magistrats financiers, doit être mise « à profit ». »64 ans, c’est non »A l’issue de la réunion de ce vendredi matin, la CFDT a réaffirmé qu’il fallait « un bougé sur l’âge légal » de départ à la retraite. « On a toujours été extrêmement clair. 64 ans, c’est non. Donc il y a là un sujet », a déclaré la numéro 1 du syndicat Marylise Léon, qui a également mis en avant la question de la pénibilité du travail et de l’égalité hommes/femmes. « On a posé le cadre, beaucoup d’éléments de méthode et de sujet qui peuvent être invoqué par les uns et les autres. Moi, je suis optimiste », a ajouté la secrétaire générale du premier syndicat français.La réunion entre gouvernement et partenaires sociaux a été « l’occasion de constater l’ampleur des désaccords », a affirmé de son côté la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. « Les organisations syndicales se sont toutes exprimées pour dénoncer les 64 ans » et demander l’abrogation de la réforme, a poursuivi Sophie Binet pour qui, « la réunion d’aujourd’hui a confirmé que la page de la mobilisation n’est pas tournée et que la réforme des retraites ne peut pas rester en l’état ».
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Publish date : 2025-01-17 12:57:00
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Trêve à Gaza : ce que l’on sait des deux otages franco-israéliens libérables grâce à l’accord

L’annonce a été faite ce vendredi matin par Emmanuel Macron. « Nos concitoyens Ofer Kalderon et Ohad Yahalomi figurent dans la liste des 33 otages qui doivent être libérés dans la première phase de l’accord de Gaza », a indiqué le président français ce 17 janvier sur le réseau social X. « Nous restons mobilisés sans relâche pour que leurs familles puissent les retrouver », a-t-il ajouté.Nos concitoyens Ofer Kalderon et Ohad Yahalomi figurent dans la liste des 33 otages qui doivent être libérés dans la première phase de l’accord de Gaza.Nous restons mobilisés sans relâche pour que leurs familles puissent les retrouver.— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) January 17, 2025La veille, sur RTL, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot avait indiqué qu’il n’y avait « pas de certitude » sur le sort de ces deux otages franco-israéliens encore détenus dans la bande de Gaza. « Depuis de trop nombreux mois, nous n’avons pas de leurs nouvelles […] Nous espérons vivement qu’ils puissent nous revenir en vie et en bonne santé », a déclaré Jean-Noël Barrot, alors qu’une trêve prévoyant la libération d’otages doit entrer en vigueur dimanche 19 janvier entre Israël et le Hamas palestinien.Lors de l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, « c’est 48 de nos compatriotes qui ont perdu la vie, c’est huit qui ont été pris en otages, deux d’entre eux sont décédés malheureusement, quatre nous sont revenus, dont les enfants d’Ofer et de Ohad, et c’est désormais ces deux otages dont nous attendons le retour », a rappelé Jean-Noël Barrot. « Nous n’avons pas de certitudes, pas de nouvelles » sur leur sort, « sauf les témoignages de ceux qui sont revenus de l’enfer de Gaza », a ajouté le ministre.Au total, 251 personnes avaient été enlevées le 7 octobre 2023, et 94 sont toujours retenues à Gaza, dont 34 sont mortes selon l’armée israélienne. L’accord conclu entre Israël et le Hamas prévoit une entrée en vigueur dimanche pour une première phase de six semaines comprenant un cessez-le-feu, la libération de 33 otages, en commençant par les femmes et les enfants, en échange d’un millier de Palestiniens détenus par Israël et un retrait israélien des zones densément peuplées.Ofer Kalderon, « un bon père »Menuisier et père de quatre enfants, dont les deux plus jeunes, Erez et Sahar, 12 et 16 ans à l’époque, avaient été enlevés avant d’être libérés le 27 novembre 2023 lors de l’accord de trêve temporaire, Ofer Kalderon, qui a désormais 54 ans, est toujours détenu par le Hamas. Enlevé au kibboutz Nir Oz, il est décrit comme « un bon père, aimant et proche de ses enfants ». « Ne me demandez pas si Ofer est vivant, je n’en sais rien », déclarait à TF1, à la veille des premières commémorations du 7 octobre, son ex-femme, Hadas Jaoui-Kalderon, qui a réussi à échapper au Hamas en se cachant dans un abri. »On est cachés dans un buisson, on a sauté par la fenêtre », lui a-t-il écrit, le jour de l’attaque, dans un dernier message, comme elle le racontait en décembre 2023 auprès du journal Le Monde. Pour Ifat Kalderon, cousine de Ofer Kalderon interrogée par l’AFP mercredi après l’annonce d’une trêve, « il y a des sentiments mitigés, d’un côté de la joie, mêlée à un stress horrible avant de savoir que ça va vraiment se passer ». « Je crois qu’Ofer est en vie et j’espère qu’il va revenir », a-t-elle ajouté.Ohad Yahalomi, un amoureux de la natureComme Ofer Kalderon, Ohad Yahalomi se trouvait dans le kibboutz de Nir Oz lors de l’attaque du Hamas. Ce père de trois enfants désormais âgé de 50 ans a été enlevé avec son fils Eitan, 12 ans au moment de son enlèvement, libéré le 27 novembre 2023 après avoir passé 52 jours otage à Gaza. Avant son enlèvement, Ohad Yahalomi était employé de l’Autorité des parcs et de la nature. Il « aime la famille et la nature », selon son épouse Bat-Sheva.Le 7 octobre 2023, racontait-elle sur France 2, « on était à la maison, dans la chambre de sécurité. Après deux heures de cris en arabe et des coups de feu, mon mari a décidé de sortir de la chambre pour fermer la porte. Les terroristes sont entrés dans la maison et ont tiré sur mon mari ». « Mon mari était blessé. C’était le dernier moment où je l’ai vu », ajoutait-elle.Ses proches n’ont reçu aucune preuve de vie en 15 mois. « Ce qui me brise, c’est le désespoir, l’idée que (les otages) perdent espoir et ne croient pas qu’ils seront un jour sauvés », déclarait Bat-Sheva Yahalomi en octobre 2024 à l’AFP. « Je pense aussi que la dernière chose qu’il a vue, c’est notre enlèvement, et il ne sait probablement pas ce qui nous est arrivé », disait-elle en évoquant ce moment où des hommes armés les ont pris, elle et ses trois enfants, alors que son époux gisait blessé mais conscient à l’entrée de leur maison. Bat-Sheva Yahalomi a réussi à s’enfuir avant d’être emmenée dans la bande de Gaza et est revenue vers Nir Oz avec ses deux filles, de 10 ans et un an et demi. Elle a vu au loin son fils Eitan partir vers l’inconnu sur la moto de ses ravisseurs. Quand elle imagine le retour de son mari, elle dit espérer qu’il « ne soit pas l’ombre de lui-même. Mais si parfois je crois à son retour, je ne suis pas certaine qu’il soit encore vivant. »
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/treve-a-gaza-ce-que-lon-sait-des-deux-otages-franco-israeliens-liberables-grace-a-laccord-I53J7TSNIFAFBAIHXSU2XKX66I/
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Publish date : 2025-01-17 12:11:00
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Montage antisémite de Benyamin Netanyahou : enquête sur ce dérapage qui embarrasse l’Unef

« L’auteur de ce visuel n’avait pas conscience de son caractère antisémite. Dès que le bureau national et la section locale ont été avertis, le message a directement été retiré de tous les réseaux sociaux », insiste Hania Hamidi, secrétaire générale de l’Union nationale des étudiants de France, qui plaide l’ »erreur » et nie tout dérapage idéologique. L’ »erreur » en question ? Un montage antisémite de Benyamin Netanyahou.En ce début janvier, l’Unef Lorraine publie sur le réseau X un message appelant à une « mobilisation contre le génocide palestinien » prévue le 10 janvier 2025, place Maginot à Nancy. L’image qui accompagne le texte représente le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avec des oreilles pointues et la tête ornée de cornes. La référence historique saute aux yeux de plusieurs internautes qui accusent l’Unef de véhiculer des stéréotypes antisémites. Les réactions sont d’autant plus vives que, depuis les événements du 7 octobre 2023, les intimidations ou les menaces à l’égard de la communauté juive se sont multipliés dans les facultés. En avril dernier, France Universités, invité par le Sénat à témoigner dans le cadre d’une mission sur le sujet, dénombrait 67 actes antisémites dans les établissements du supérieur entre octobre 2023 et mars 2024, contre 33 sur toute l’année universitaire 2022-2023. »Ce visuel de l’Unef, dernier exemple en date, montre bien à quel point ces idées infusent dans les universités et dans la société en général. Comment expliquer que personne n’ait été choqué et n’ait œuvré en amont pour empêcher sa diffusion ? », interroge Yossef Murciano, le président de l’Union des étudiants juifs de France. Contacté par L’Express, Gautier Dardenne, secrétaire général de l’Unef Lorraine, affirme qu’il s’agirait d’une initiative individuelle prise par leur nouveau responsable communication. « Ce camarade a eu recours à l’intelligence artificielle pour élaborer cette caricature qui avait pour but de dénoncer les actions du gouvernement de Netanyahou en Palestine. Nouvellement formé, ce dernier n’a pas jugé bon de nous l’envoyer pour validation comme cela se fait généralement », explique le militant, affirmant que les formations internes destinées à mieux lutter contre toutes les formes de racisme et d’antisémitisme seront renforcées. Pour leur défense, les membres de l’Unef Lorraine affirment aussi avoir déjà, par le passé, affublé de cornes d’autres personnalités comme l’ancien Premier ministre Michel Barnier ou encre la présidente de l’Université de Lorraine, Hélène Boulanger, sans que personne n’y trouve rien à redire. »Des symboles ancestraux condamnables » »Le dessin de presse a pour vocation de faire référence à une actualité que l’on comprend en un coup d’oeil. Ce qui n’est pas le cas de cette caricature de Netanyahou qui se base uniquement sur des symboles ancestraux condamnables », insiste Yossef Murciano. Noëlle Lenoir, avocate et ancien membre du Conseil constitutionnel, affirme « ne pas être la seule à avoir été choquée par cette image immonde ». « La démonologie, démarche qui consiste à représenter les juifs avec des cornes ou des barbes de boucs remonte au Moyen-Age. Ces derniers étaient diabolisés et considérés comme étant responsables des épidémies de peste », rappelle la juriste. Ces caricatures antisémites resurgiront durant la période de l’entre-deux-guerres. Les responsables en question de l’Unef pouvaient-ils ignorer ces épisodes sombres de l’Histoire ? « Je ne crois ni à leur naïveté ni à leurs explications a posteriori. Ils savent très bien ce qu’ils font. Nous avons tout de même affaire à des étudiants et non pas à des élèves de maternelle ! », s’insurge Noëlle Lenoir pour qui cette affaire est symptomatique d’une dérive de l’Unef « devenue l’antichambre d’une extrême-gauche antisémite » : « Je comprends que les politiques cherchent à séduire leur électorat mais là, franchement, cela va trop loin ».Apprenant que certains de ses élèves de terminale avaient participé à cette manifestation propalestinienne, Pascal Zachary, professeur agrégé d’histoire et de géographie dans un lycée réputé du centre-ville de Nancy, a jugé utile d’évoquer cette polémique en classe quelques jours plus tard, le 15 janvier dernier. « J’ai mis en parallèle une affiche hollandaise antisémite datée de 1940, faisant la promotion du film nazi ‘le juif éternel’, et ce fameux visuel de l’Unef qui semble étrangement s’en inspirer afin de déconstruire ces stéréotypes », explique l’enseignant. « J’aurais pu remonter à la période médiévale mais l’évocation du nazisme, qui représente l’incarnation du mal absolu pour mes élèves, m’a paru beaucoup plus efficace. Nous avons eu des échanges très intéressants, le message est bien passé », raconte Pascal Zachary.Diapositive utilisée par Pascal Zachary, professeur d’histoire-géographie dans un lycée de Nancy, dans le cadre d’un cours dispensé le 15 janvier dernier.Au début du cours, ce dernier avait pris soin de sonder ses élèves pour beaucoup dotés d’une culture politique : Aucun d’entre eux n’avait relevé le caractère antisémite de l’image de l’Unef au premier abord. « Ce qui montre bien que le sujet de l’antisémitisme n’est pas assez traité en tant que tel dans les programmes scolaires. Et que, d’autre part, nous gagnerions à privilégier une pédagogie active pour mieux armer nos élèves face aux dangers de la désinformation sur les réseaux sociaux. Or, on ne le fait souvent qu’en réaction à une actualité faute de temps », explique l’enseignant pour qui la véracité de la stratégie de défense de l’Unef, plaidant l’ignorance, n’est pas à exclure.D’après la préfecture de Meurthe-et-Moselle, la manifestation propalestinienne du 10 janvier dernier à Nancy aurait attiré quelques 150 participants. « Nous sommes loin des chiffres enregistrés en mars dernier. Sans doute parce que nous commençons à entrevoir un cessez-le-feu, la possibilité d’une trêve et de la paix au Proche-Orient », explique Yossef Murciano. Pour autant, selon lui, « l’Histoire montre que lorsqu’un mouvement s’essouffle, une certaine course à la radicalité s’exprime chez certains militants ». « Ce qui pourrait expliquer ce nouveau dérapage antisémite », poursuit le président de l’UEJF qui déplore l’absence de toute communication publique et officielle de l’Unef sur cette affaire. « Pour nous la meilleure réponse était de supprimer le message », répond pour sa part Hania Hamidi. A voir si cela sera suffisant pour éteindre la polémique.
Source link : https://www.lexpress.fr/societe/education/montage-antisemite-de-benyamin-netanyahou-enquete-sur-ce-derapage-qui-embarrasse-lunef-WSBTTK4AAJGLFOBUXPYRG3VEKU/
Author : Amandine Hirou
Publish date : 2025-01-17 11:30:00
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Pierre Vermeren : « L’Algérie a sans doute sous-estimé Emmanuel Macron… »

Jusqu’à quel point les relations entre la France et l’Algérie peuvent-elles se dégrader ? Pierre Vermeren est historien et professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il a notamment publié une Histoire de l’Algérie contemporaine, de la régence d’Alger au Hirak (XIX-XXIe siècles) (Poche Nouveau Monde Éditions). Dans un grand entretien accordé à L’Express, il explique que l’escalade inédite franco-algérienne illustre surtout la nervosité d’un régime algérien esseulé en Afrique et au Moyen-Orient, et qui tente de remobiliser sa population tout comme la diaspora en France à travers une surenchère nationaliste, avec des résultats très incertains. Pour le spécialiste du Maghreb, Alger fait ainsi un pari géopolitique périlleux. Mais Pierre Vermeren estime également que la France comme l’Algérie n’ont aucun intérêt à ce que cette crise aille au bout pour des raisons sécuritaires.L’Express : L’actuelle dégradation des relations entre la France et l’Algérie est-elle historique ?Pierre Vermeren : Cette dégradation paraît incroyable. Mais il faut se souvenir que les relations franco-algériennes ont toujours été faites de tensions et de réconciliations. Là, il s’agit d’une tension maximale, en continu depuis la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, il y a six mois. Cela rappelle d’ailleurs la crise diplomatique d’il y a un an et demi avec le Maroc, marquée par des coups bas et des attaques par médias interposés. On peut aussi se remémorer les années 1970, avec la guerre du Sahara occidental. A ce moment-là, la France avait immédiatement pris le parti du Maroc, mais en compensation, elle avait aussi négocié des accords pétroliers et gaziers avec l’Algérie. Aujourd’hui, la France n’a plus à offrir que des sanctions et des punitions. Elle ne va en tout cas pas reculer sur le dossier marocain, c’est certain.Derrière ce conflit franco-algérien, on peut surtout voir un régime esseulé. La rhétorique anti-française d’Alger s’adresse en premier lieu au peuple algérien, en second lieu à l’immigration algérienne en France, et seulement en troisième lieu aux autorités françaises. C’est ça la réelle nouveauté de cette crise diplomatique.Comment voyez-vous l’évolution du régime algérien depuis le Hirak [les manifestations de protestation contre le pouvoir] et la fin du règne d’Abdelaziz Bouteflika en 2019 ? Est-il de plus en plus paranoïaque ?Est-ce de la paranoïa ou une lutte des clans ? Au sein du régime algérien, il y a les « Russes » et les « Arabes » contre les « Français ». On peut imaginer une poussée de Moscou qui doit vouloir profiter de cette situation. Par ailleurs, la chute du régime de Bachar el-Assad rend le pouvoir algérien plus nerveux, car la Syrie était son dernier grand allié dans le monde arabe, un ami historique du temps de la guerre froide. Aujourd’hui, exceptée l’Algérie, toutes les grandes républiques socialistes arabes (Égypte, Syrie, Libye ou Irak) sont tombées. L’Algérie se retrouve donc esseulée dans le monde arabe, et a pour alliés des pays comme l’Iran ou la Russie qui n’ont pas très bonne presse. Le régime algérien est peu soutenu par sa population, avec un taux de participation à la dernière élection présidentielle sans doute sous les 10 %. Et au sein de la diaspora en France, ce chiffre serait tombé à 3 ou 4 %. L’hyper-nationalisme actuel du régime doit ainsi être vu comme une tentative de remobiliser sa population, en jouant sur un effet drapeau.Il y a aussi une surenchère avec les islamistes, qui insultent la France depuis longtemps. Tebboune a repris l’argumentaire d’Erdogan qui avait accusé la France de « génocide » en Algérie durant la colonisation. Jamais un président algérien n’avait employé ce terme. Bouteflika avait certes parlé de « crimes de masse » ou de « génocide culturel », mais n’était pas allé aussi loin. Tebboune s’est ainsi aligné sur les positions d’Erdogan, qu’on peut considérer comme le chef des Frères musulmans. Cela veut dire qu’il y a une forme de compétition pour savoir qui sera le plus anti-français et le plus nationaliste, d’où cette fuite en avant idéologique du régime algérien.Mais cette rhétorique anti-française fonctionne-t-elle ?Au sein de la diaspora algérienne en France, manifestement non. Je ne vois pas d’adhésion massive chez les personnes d’origine algérienne présentes sur notre sol. Cela concerne plusieurs millions de personnes, et il y a bien sûr des cas très différents. Mais parmi ceux qui sont intégrés depuis des générations et même parmi les Franco-Algériens, on voit surtout de la gêne. Ils redoutent que cette crise diplomatique ait des conséquences directes pour eux. D’autant plus qu’en riposte, les droites françaises s’en prennent de plus en plus aux filières d’immigration algérienne.Le pouvoir algérien ne bénéficie pas du soutien des libéraux et des démocrates. Le régime traite très durement les Kabyles, les accusant même d’avoir fomenté le Hirak depuis la France. Mais il n’a pas non plus le soutien des islamistes. Le bloc FNL en Algérie repose sur l’appareil d’État, l’armée, la police. Mais en France, il manque de relais. Ces dernières années, il a organisé des réunions dans les consulats algériens pour mobiliser les cadres. Même chose avec le réseau des mosquées ou les sportifs. Le régime essaie de ne pas perdre le contact avec la population d’origine algérienne en France. Mais je ne pense pas que cette surenchère actuelle soit le meilleur moyen pour y parvenir, car celle-ci risque en premier lieu d’en pâtir.Et en Algérie même ?C’est difficile à dire pour l’instant, car n’y a pas de sondages, pas de liberté d’opinion. Le pays est verrouillé. Mais cette rhétorique anti-française a ses limites. Les Algériens y sont biberonnés depuis l’école, à travers les cours d’histoire ou de religion. Ils n’en peuvent plus. Le problème des jeunes de 20 ans, ce n’est pas la guerre d’Algérie. Ils voient bien qu’ils sont dirigés par un régime très anti-français depuis leur naissance. Les Algériens n’imputent donc pas la responsabilité de la situation à la France.L’Algérie est prise dans un piège géopolitiqueLa dernière élection présidentielle a pris des airs de farce, même le président sortant Tebboune s’étant senti obligé de dénoncer des irrégularités… A quel point le régime est-il affaibli ?La stabilité du régime est indexée sur le prix du pétrole. Dans les années 1970-1980, l’Algérie se portait bien. Mais le « contre-choc pétrolier » de 1986 a débouché sur les manifestations d’octobre 1988, puis sur la guerre civile des années 1990. Sous Bouteflika, le pays s’est de nouveau stabilisé. Le cours du pétrole a commencé à vriller au milieu des années 2010, et quatre ans plus tard, il y a eu le Hirak. Pour l’instant, le pétrole est à nouveau remonté. Mais les généraux et ceux qui dirigent l’Algérie ont parfaitement conscience de la situation. Ils ont une gestion des subventions et des financements totalement indexée sur la rente pétrolière. Sauf que Bouteflika avait beaucoup investi dans le social, les infrastructures, les transports, les villes nouvelles… Mais là, le régime a utilisé la rente pour acheter des armements à Moscou pour des milliards de dollars. L’Algérie est la première armée d’Afrique, elle est suréquipée. Le budget de la défense représenterait 20 % du budget de l’État, et il vient de doubler. Les Marocains y voient un grand danger. C’est une situation qui peut être inquiétante…Un conflit ouvert avec le Maroc serait-il possible ?Pourvu que non. Mais ces dernières années ont montré que quand il y a de gros appareils militaires, le risque est de s’en servir, comme on l’a vu avec la Russie ou la Turquie. Mais l’Algérie a un territoire immense, et il y a la guerre au Sahel comme en Libye. Si elle a des raisons objectives d’être armée pour se protéger… pourquoi se surarmer ?A quel point l’Algérie est-elle aujourd’hui isolée sur le plan diplomatique ?La Tunisie vit sous protection algérienne. Le régime algérien a aussi des liens forts avec la Turquie, la Russie et l’Iran. Les Russes ont obtenu une victoire en réussissant à chasser les Français du Sahel avec des moyens dérisoires. Le pourrissement de la relation diplomatique entre l’Algérie et la France peut apparaître comme la continuité de ce processus. Mais je pense que le régime algérien fait une erreur. Les Français menaient une politique qui rendait objectivement service aux Algériens en écrasant les salafistes au Sahara. Comme l’armée française a dû quitter la région, les islamistes regagnent du terrain, car Wagner n’a pas les moyens de les contrôler. Aujourd’hui, les Russes profitent de la situation et fournissent des armes. Mais l’Algérie se retrouve à devoir à nouveau contrôler sa frontière sud, alors que l’écran français a disparu. L’Azawad, territoire désertique dans le nord du Mali, est un bon exemple de ces intérêts contradictoires avec la Russie. Les indépendantistes maliens ont tous des passeports algériens, et c’est une question nationale aux yeux d’Alger. Or, le gouvernement de Bamako, allié à Moscou, fait la guerre à ces indépendantistes, et le conflit s’est derechef intensifié une fois l’armée française partie…Cela n’empêche pas le lien entre l’Algérie et la Russie. Tebboune est allé jusqu’à qualifier Poutine d’ »ami de l’humanité » et le chef d’état-major Saïd Chengriha se rend régulièrement en Russie…Beaucoup d’officiers algériens ont été formés à Moscou, et connaissent le russe pour des raisons techniques. Cela a débuté dès la guerre d’Algérie. Au sein du régime, il y a un conflit entre les francophones, qui ont de la famille, des biens ou des habitudes en France, et ceux qui ont été formés en Russie. Ils n’ont pas la même vision du monde. Mais, de manière générale, les moins de 40 ans en Algérie, bien loin de la francophonie, ne parlent plus français…Vous semblez penser que les choix géopolitiques faits par l’Algérie sont très périlleux pour elle…Pendant la guerre froide, l’Algérie avait réussi à avoir plusieurs fers au feu, entre la France, les Etats-Unis, l’Union soviétique, la Yougoslavie… Dans les années 1970, elle était un leader du « tiers-monde », et dominait l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Mais aujourd’hui, l’Algérie a reculé en Afrique, d’autant plus que le Maroc y mène une diplomatie très agressive. En plus, elle a perdu ses alliés traditionnels dans le monde arabe. Et de surcroît, depuis la guerre en Ukraine, il y a un choc frontal entre l’Europe et la Russie. En dehors de l’Europe et hormis la Syrie, l’Algérie est sans doute le pays le plus touché par ce conflit. Au temps de la guerre froide, Alger pouvait à la fois jouer la France et la Russie. Mais aujourd’hui, ce n’est plus possible, car la guerre est ouverte entre ces deux pays. L’Algérie est ainsi prise dans un piège géopolitique.Sur le plan personnel, la relation entre Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune était pourtant bien partie…Depuis sa première élection, Tebboune a joué la carte de la sympathie avec la France et Macron. Il y a eu une relation personnelle entre les deux présidents. Macron a fait des voyages en Algérie, des grands discours, et a initié la commission des historiens. Les Français se sont bercés d’illusions. Mais les masques sont tombés : côté algérien, plus personne ne répond au téléphone. Il y a des discours violemment anti-français, et les chiens sont lâchés dans les médias algériens.Emmanuel Macron a-t-il fait fausse route en mettant l’accent sur la politique mémorielle ?Les Algériens nous ont enfermés dans deux sujets : les visas et la mémoire. Pendant ce temps-là, le pays menait des échanges industriels avec l’Italie ou l’Allemagne, signait des grands contrats avec la Chine, achetait des armes à la Russie et discutait géopolitique avec les Américains. Achevée en 2019, la Grande mosquée d’Alger a par exemple été conçue par des ingénieurs allemands et le gros œuvre réalisé par les Chinois. Le rapport Stora et les discours de Macron n’ont pas ouvert de nouveaux marchés. La viande, le blé, le gaz importés d’Algérie sont certes des héritages, mais il n’y a pas eu de nouveaux contrats. En dépit des auto-accusations de la France, nous n’avons rien obtenu sur le plan économique.L’Algérie a sans doute sous-estimé Emmanuel MacronEn réalité, le régime algérien ne voulait qu’une chose : que la France demande « pardon », tout en sachant parfaitement que c’était une ligne rouge pour Emmanuel Macron. Tout ça s’est fait sur fond de chasse à la langue française, avec le passage à l’anglais en primaire et la destruction d’écoles francophones dans le pays. En vingt ans, l’Algérie a cessé d’être francophone.Le revirement de Macron en faveur du Maroc était-il donc inévitable ?C’est un retour à la position normale, qui avait été mise entre parenthèses après l’élection de François Hollande. Juste avant, Nicolas Sarkozy avait négocié un plan de large autonomie au Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine. Mais Hollande et son élève Macron ont cessé de parler au Maroc, et une succession de crises a mis à mal cette relation. Les Marocains ont aussi très mal pris le fait que Benjamin Stora devienne l’historien officiel de Hollande puis de Macron, avec un rôle essentiel pour eux de conseiller pour le Maghreb. Et quand ils ont vu que le chef de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), Abdellatif Hammouchi, était menacé d’être arrêté à Paris, ils ont pensé qu’il s’agissait d’un coup du gouvernement français. Mais aujourd’hui, nous sommes revenus à la normale dans les relations franco-marocaines.En revanche, Emmanuel Macron n’a peut-être pas mesuré que son soutien au Maroc au sujet du Sahara occidental allait provoquer un tel tsunami. D’autant plus que c’était avant l’élection présidentielle algérienne, qui a souligné à quel point le pouvoir algérien était isolé par rapport à sa population. Il faut ajouter que le Maroc manœuvre bien, et joue à fond sur cette division entre la France et l’Algérie.Sur le plan stratégique, la France a plus à gagner avec Rabat. En se réconciliant avec le Maroc, elle se rapproche encore plus des Saoudiens, des Émiratis et d’Israël. Elle reprend aussi pied en Afrique de l’Ouest, car le Tchad, le Gabon, le Niger ou le Mali ont de bonnes relations avec le Royaume. Alors que l’Algérie avait, elle, tout d’un boulet diplomatique, en étant l’amie de la Russie, de l’Iran ou de Bachar el-Assad avant sa chute.La droite française, jusqu’à Gabriel Attal, veut aujourd’hui remettre en question l’accord de 1968. Est-ce toujours un sujet important aux yeux de l’Algérie ?C’est un totem très important pour Alger, car cet accord place l’Algérie dans une position unique. Le régime peut laisser les Algériens rêver à la possibilité d’émigrer. 99 % des étudiants algériens qui viennent en France y restent. Sans ces accords, cela ne serait pas possible. Il y a un vrai privilège migratoire qui a échappé aux différentes réformes en France de l’immigration. Pour le président français, cela reste donc un vrai outil de rétorsion. Le gouvernement peut aussi mettre fin à la disposition permettant à la nomenkatura algérienne, qui dispose d’un passeport diplomatique, de circuler librement en France sans visa. La remise en question de ces deux accords serait une défaite importante pour le régime algérien vis-à-vis de sa population.A quel point la relation entre la France et l’Algérie peut-elle encore se détériorer ?Les enjeux économiques ne sont plus essentiels. Les 8 % de gaz algérien en France peuvent être facilement achetés ailleurs, y compris aux Etats-Unis, et l’Algérie a cessé d’acheter du blé à la France. En revanche, il reste le sécuritaire. Les deux États sont inquiets par rapport aux djihadistes franco-algériens en Syrie, qui ont prouvé leur capacité de nuisance. Et puis il y a les 5 millions de personnes d’origine algérienne qui vivent en France. L’Algérie veut garder le contrôle sur cette population, pour des raisons de sécurité intérieure, tandis que la France ne veut pas braquer ces millions de résidents et concitoyens.L’Algérie a sans doute sous-estimé Emmanuel Macron, ne pensant pas que le président serait capable de changer brutalement de position. Et aujourd’hui, elle prend un risque en instrumentalisant des influenceurs qui tiennent des discours haineux contre la France. C’est une ingérence manifeste. Mais il y a quand même de vraies lignes rouges. Les services de sécurité français sont très inquiets d’une potentielle déstabilisation de l’Algérie. Ils ne souhaitent pas que le régime perde le contrôle et redoutent plus que tout que le pays bascule dans un chaos sécuritaire et migratoire. Et du côté des services de sécurité algériens, on ne veut pas non plus perdre le contrôle sur la population algérienne qui vit en France. Au passage, nous avons mal perçu les conséquences de la fin des imams détachés voulue par Macron. 160 fonctionnaires algériens étaient présents dans les banlieues françaises. En mettant fin à cette pratique à cause des Turcs par une interdiction générale, la France a touché les imams algériens et marocains. Or, pour les autorités algériennes, c’était un moyen de contrôler non seulement l’islam, mais aussi de garder un lien avec leurs émigrés. Cela a donc été perçu comme un acte agressif de la part de Paris.Mais ni la France ni l’Algérie n’ont intérêt à aller jusqu’au bout de cette querelle, car il y a des enjeux qui menacent la sécurité des deux États.Boualem Sansal est une victime collatérale de cette crise. Êtes-vous pessimiste sur son sort ?C’est un homme de 80 ans, manifestement malade, qui est aujourd’hui emprisonné à l’hôpital. Les autorités algériennes disposent d’un moyen très simple de calmer la situation en le libérant. Un scénario plausible est celui d’un rapide procès, d’une condamnation à vie, suivie d’une grâce. Car je ne pense pas que le régime puisse se payer le luxe de le laisser mourir alors qu’il est détenu. Vu son âge et sa condition, il y a des raisons légitimes d’être inquiet. Mais on peut espérer que malgré tout, la raison l’emporte.
Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/pierre-vermeren-lalgerie-a-sans-doute-sous-estime-emmanuel-macron-25JC4L2WHRCWHDE72I2SAGWYAY/
Author : Charlotte Lalanne, Thomas Mahler
Publish date : 2025-01-17 10:30:00
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Trêve à Gaza : le cabinet de sécurité israélien réuni pour un vote sur l’accord

Le cabinet de sécurité israélien se réunit ce vendredi 17 janvier après la finalisation des derniers détails d’un accord pour une trêve à Gaza et la libération des otages, a indiqué le bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahou. La trêve, annoncée mercredi par le Qatar et les Etats-Unis, doit prendre effet dimanche 19 janvier si elle est votée par le gouvernement israélien. Elle prévoit dans une première phase de six semaines la libération de 33 otages retenus dans le territoire palestinien, en échange de centaines de prisonniers palestiniens détenus par Israël. La fin définitive de la guerre sera négociée durant cette première phase.Les infos à retenir⇒ Le cabinet de sécurité israélien est réuni pour un vote sur l’accord⇒ Une première libération d’otages attendue pour dimanche⇒ Pour Donald Trump, la trêve à Gaza « n’aurait jamais eu lieu » sans son équipeLe cabinet de sécurité israélien réuni pour un vote sur l’accordLe cabinet de sécurité israélien est réuni ce vendredi matin pour un vote sur l’accord de trêve et d’échange d’otages à Gaza devant permettre de mettre un terme à plus de 15 mois de guerre entre Israël et le Hamas, a-t-on appris de source officielle. « La réunion du cabinet de sécurité pour une discussion et un vote sur l’accord a commencé », a indiqué à l’AFP un responsable gouvernemental sous couvert d’anonymat, sans préciser le lieu de la rencontre. »Sous réserve de l’approbation [de l’accord] par le cabinet de sécurité et le gouvernement, et de la mise en oeuvre de l’accord, la libération des otages pourra avoir lieu selon le plan prévu, les [premiers] otages devant être libérés dès dimanche », a par ailleurs indiqué un communiqué du bureau de Benyamin Netanyahou.Celui-ci avait annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi « être parvenu à un accord sur la libération des otages » détenus dans la bande de Gaza. « Benyamin Netanyahou a été informé par l’équipe de négociation que des accords ont été conclus pour la libération des otages », a indiqué son bureau dans un communiqué.Le bureau du Premier ministre avait accusé jeudi le Hamas de revenir sur des points essentiels de l’accord pour extorquer des concessions de dernière minute, ce que le Hamas a démenti. « Le Premier ministre a ordonné au cabinet politique et de sécurité de se réunir demain (ce vendredi matin). Le gouvernement se réunira ensuite pour approuver l’accord », a déclaré le bureau de Benyamin Netanyahou. Il a ajouté que les familles des otages avaient été informées et que des préparatifs étaient en cours pour les accueillir.La trêve à Gaza « n’aurait jamais eu lieu » sans son équipe, affirme Donald TrumpLe président élu américain, Donald Trump, a déclaré jeudi que l’accord pour une trêve à Gaza et la libération des otages n’aurait jamais été conclu sans la pression exercée par lui et sa future administration. A quatre jours de son investiture pour un second mandat, Donald Trump a déclaré au Dan Bongino Show, un podcast conservateur, que les négociations n’auraient jamais abouti sans la pression de son équipe, notamment celle du futur émissaire pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff. « Si nous n’avions pas été impliqués dans cet accord, celui-ci n’aurait jamais eu lieu », a assuré Donald Trump. « Nous avons changé le cours des choses, et nous l’avons changé rapidement, et franchement, il vaudrait mieux que ce soit fait avant que je ne prête serment », a-t-il ajouté.Antony Blinken « confiant » que le cessez-le-feu à Gaza sera mis en œuvre dimancheLe chef de la diplomatie américaine Antony Blinken s’est dit jeudi « confiant » quant à la mise en œuvre du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, défendant la politique des Etats-Unis vis-à-vis d’Israël lors d’une conférence de presse chahutée. « Je suis confiant et je m’attends à ce que la mise en œuvre commence, comme nous l’avons dit, dimanche », a déclaré le secrétaire d’Etat lors de cette conférence de presse d’adieu, interrompue à plusieurs occasions par des journalistes activistes critiques de la politique des Etats-Unis.Antony Blinken a indiqué que lui-même et d’autres responsables de l’administration du président Joe Biden, qui prend fin lundi, étaient au téléphone pour tenter de résoudre les problèmes liés au cessez-le-feu annoncé mercredi par le médiateur qatari. « Il n’est pas vraiment surprenant que dans un processus, dans une négociation, qui a été aussi difficile, il y ait des problèmes. Nous sommes en train de régler ce problème en ce moment même », a déclaré Antony Blinken, sans livrer de détails.Israël : Ben Gvir dit qu’il quittera le gouvernement si la trêve « irresponsable » avec le Hamas est adoptéeLe ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir d’extrême droite a déclaré jeudi soir qu’il démissionnerait du gouvernement si celui-ci adoptait l’accord de trêve « irresponsable » avec le Hamas, sans pour autant quitter la coalition autour de Benyamin Netanyahou. »Si cet accord irresponsable est approuvé et mis en œuvre, le parti Force juive ne fera plus partie du gouvernement », a déclaré Itamar Ben Gvir lors d’une conférence de presse à Jérusalem. Néanmoins, « Force juive sous ma direction, ne renversera pas Benyamin Netanyahou et n’agira pas avec la gauche […] contre le gouvernement », a-t-il ajouté. « Pour la libération des otages, il faut arrêter complètement l’aide humanitaire envoyée à Gaza », a-t-il affirmé. « A cette condition seulement, le Hamas libérera nos otages sans mettre en péril la sécurité d’Israël. »
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/treve-a-gaza-le-bureau-de-benyamin-netanyahou-confirme-un-accord-sur-la-liberation-des-otages-CG2XHOQ2V5G5PFXEO25ME4KSJY/
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Publish date : 2025-01-17 09:58:00
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Retraites, santé, budget… Ces concessions que le PS a obtenues de François Bayrou

Un peu de répit, mais toujours en sursis. François Bayrou a échappé jeudi à la première motion de censure déposée contre son gouvernement. Les socialistes ont en effet décidé dans leur grande majorité de se désolidariser du reste de la gauche face à une situation politique « inédite ». Après moult hésitations au sein du groupe des députés socialistes, au terme d’un long bureau national, l’instance stratégique du Parti socialiste, le PS a décidé de ne pas voter cette première motion de censure déposée par la France insoumise (LFI) et soutenue par des écologistes et des communistes.La motion a été approuvée par 131 députés – dont huit socialistes -, loin des 288 nécessaires pour faire chuter François Bayrou. Le suspense ne résidait pas dans l’issue du scrutin, le RN ayant annoncé qu’il ne voterait pas cette fois-ci avec le Nouveau Front populaire, mais dans la position du PS, qui depuis 2022 avait quasiment toujours joint ses voix au reste de l’alliance de gauche sur de telles motions.Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a défendu devant un hémicycle clairsemé le choix de son parti d’incarner « une gauche qui propose et qui avance ». Le député socialiste de Seine-et-Marne s’est félicité des concessions « arrachées » à François Bayrou ou d’une remise en chantier de la réforme des retraites, « clef de voûte » de la négociation.Le courrier de François BayrouJeudi, François Bayrou a listé par écrit ses multiples gages budgétaires aux députés socialistes. « Je souhaite vous confirmer et vous préciser certains points sur lesquels votre attention s’est portée », a écrit le Premier ministre après dix jours d’intenses tractations dans un courrier adressé aux présidents des groupes PS à l’Assemblée et au Sénat, Boris Vallaud et Patrick Kanner, une heure tout juste avant l’examen d’une motion de censure à l’Assemblée. Tout ce qui ne figurait pas dans la déclaration de politique générale du Premier ministre s’y trouve, ou presque.Dans ce document de trois pages, le chef du gouvernement évoque la réforme des retraites, où il assure que même « si les partenaires sociaux ne parviennent pas à un accord global », son gouvernement présentera un « nouveau projet de loi », « sous réserve d’un accord politique et d’un équilibre financier global maintenu ». « Un bougé très considérable » accordé par le gouvernement, a estimé ce vendredi sur BFMTV le ministre des Economies et des Finances Eric Lombard.Cette lettre de François Bayrou en forme d’inventaire des multiples mesures déjà dévoilées par le gouvernement évoque également l’abandon des deux nouveaux jours de carence pour les fonctionnaires et le renoncement aux 4 000 suppressions de postes dans l’éducation. Le Premier ministre parle en outre de « l’annulation (du) déremboursement » partiel des médicaments et des consultations médicales, et de la rallonge « d’un milliard d’euros » des dépenses de santé, que François Bayrou avait annoncées dès mardi. Le chef du gouvernement renonce également aux coupes prévues pour l’Outre-mer, dont le budget sera au contraire « supérieur à celui (de) 2024 », et pour France Travail qui ne sera donc pas amputé de 500 postes.Côté fiscalité, François Bayrou acte le « maintien » de la nouvelle « contribution différentielle sur les hauts revenus » (qui devrait rapporter 2 milliards d’euros) en attendant de la remplacer « au plus tard » en 2026 par un « dispositif pérenne de lutte contre une injuste optimisation fiscale ». De même, la « surtaxe provisoire » sur les grandes entreprises sera conservée, « pour un montant attendu de 8 milliards d’euros ». S’y ajouteront 400 millions de plus sur la « taxation des rachats d’actions », un rabot du même montant sur le Crédit impôt recherche, ainsi qu’une hausse minime (0,1 point) de la taxe sur les transactions financières.Les Insoumis en colèreEn dépit de ces concessions obtenues, Olivier Faure, qui doit faire face en interne à un congrès du PS prévu courant 2025, a cependant prévenu : le PS restera « dans l’opposition », se réservant à tout moment la possibilité de censurer le gouvernement. Olivier Faure a réaffirmé son souhait que le Parlement « ait le dernier mot » sur les retraites, et juré que si le débat était « verrouillé », le PS « déposer (ait) une motion ».Pas suffisant pour les Insoumis, qui ont attaqué les socialistes jeudi, comme les jours précédents. Le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon a accusé sur X le PS d’avoir « capitulé » et « fracturé le Nouveau Front populaire ». Mardi, le triple candidat à la présidentielle avait jugé que les socialistes avaient « un choix » à faire : « Voter la censure ou soutenir le gouvernement ». « Tous ceux qui ne votent pas la censure sortent de l’accord du NFP donc on met des options sur leur circonscription », à savoir présenter des candidats insoumis face à eux, avait prévenu le leader de la gauche radicale.Le PS fracture le NFP. Mais il capitule seul. Les trois autres groupes votent la censure. Nous continuons le combat.— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) January 16, 2025Au sein du groupe LFI, le député Aurélien Taché affirme déjà que « c’est plus la peine que les socialistes remettent un pied en manif », au risque de se faire invectiver. Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a indiqué sur BFMTV que son parti réunirait ses instances prochainement pour « tirer les conséquences » de la décision des socialistes.
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Publish date : 2025-01-17 08:50:00
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Pour LFI, le PS n’est « à ce stade » plus un partenaire du NFP

François Bayrou a survécu jeudi 16 janvier à sa première motion de censure. Si l’issue du vote ne faisait guère de doute, le Rassemblement national ayant fait savoir qu’il ne soutiendrait pas le texte déposé par des députés insoumis, écologistes et communistes, la décision du Parti socialiste était plus incertaine : finalement, seulement huit députés PS ont voté pour renverser le gouvernement, la grande majorité du parti choisissant de se désolidariser du reste de la gauche. Depuis 2022, le PS avait quasiment toujours joint ses voix au reste de l’alliance de gauche sur de telles motions. Le NFP apparaît de fait plus fragilisé que jamais ce vendredi, alors que s’ouvre le « conclave » sur les retraites annoncé par le Premier ministre.Les infos à retenir⇒ Le PS n’est « à ce stade » plus un partenaire du NFP, selon Eric Coquerel⇒ EELV et les communistes veulent poursuivre les discussions avec le gouvernement⇒ François Bayrou lance la concertation sur les retraitesLe PS n’est « à ce stade » plus un partenaire du NFP, selon Eric Coquerel »Le fait que le PS ne vote pas cette motion de censure est problématique », a estimé ce vendredi sur LCI le président de la commission des Finances à l’Assemblée nationale. « Je ne trouve pas qu’il y ait suffisamment de concessions qui justifiaient de ne pas censurer », a ajouté le député LFI, pour qui « à ce stade », le PS n’est plus considéré comme un partenaire du NFP.🔴 Censure rejetée🗣️ « À ce stade, le Parti socialiste n’est plus notre partenaire. »
👉 Eric Coquerel (@ericcoquerel), député LFI-NFP de Seine-Saint-Denis, invité de Jean-Baptiste Boursier pic.twitter.com/Ly7toFb40G— LCI (@LCI) January 17, 2025Hier soir, le porte-parole du groupe écologiste et social, Benjamin Lucas, avait de son côté tempéré auprès de la presse la portée d’un « désaccord stratégique » qui « n’efface pas une alliance ».François Bayrou lance la concertation sur les retraitesFrançois Bayrou lance ce vendredi la concertation promise sur la réforme des retraites, dont les modalités sont déjà disputées, et qui ne démarrera qu’à l’issue d’une mission de chiffrage délicat sur leur financement. Les organisations syndicales et patronales ont été conviées à 11h00 au ministère du Travail, en présence du Premier ministre. La réunion a pourtant failli ne pas se tenir le jour prévu. Plusieurs syndicats, deux ministres et Matignon avaient évoqué mercredi matin des problèmes de calendrier et son annulation, avant que les services de François Bayrou ne maintiennent finalement le rendez-vous. »On a enfin la parole », a salué ce matin sur TF1 la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon, rappelant que l’âge fixé de départ à la retraite, « 64 ans, c’est non ».Les Écologistes et les communistes entendent poursuivre les discussions avec le gouvernementBien qu’ils aient voté jeudi la censure à l’Assemblée nationale, le Parti communiste et les Écologistes ont fait savoir dans la soirée qu’ils entendaient poursuivre les discussions avec le gouvernement de François Bayrou dans les prochaines semaines. « On va reprendre les discussions avec le gouvernement, sur l’environnement notamment. Quand on n’est pas là, personne ne le défend à notre place », a déclaré à quelques journalistes la cheffe des Écologistes Marine Tondelier.Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel a affirmé de son côté dans un communiqué, sa volonté de poursuivre le dialogue « avec le gouvernement dans le cadre du budget de la nation comme celui de la Sécurité sociale » afin d’ »arracher des victoires sociales, écologiques et démocratiques ».
Source link : https://www.lexpress.fr/politique/pour-lfi-le-ps-nest-a-ce-stade-plus-un-partenaire-du-nfp-F37AKVNI7FDBDH6LSKZBZYKKTY/
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Publish date : 2025-01-17 08:21:00
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