À 22 heures heure de Paris mardi 14 juillet, les États-Unis ont officiellement rétabli le blocus des ports iraniens. Cette décision, annoncée la veille par Donald Trump, a été mise en œuvre par le Commandement central américain (CentCom), qui a indiqué que ses forces « feront respecter le blocus visant les navires à destination ou en provenance des ports et des zones côtières iraniens ». Quelques heures plus tard, le CentCom a lancé un avertissement sur X, indiquant que « plus de 20 navires de guerre de la marine américaine et des centaines d’avions militaires » étaient actuellement déployés au Moyen-Orient, et assurant que les forces américaines restaient « vigilantes, létales et prêtes ».
Les États-Unis avaient déjà instauré ce blocus à la mi-avril avant de le lever à la mi-juin, au lendemain de la signature d’un accord intérimaire prévoyant 60 jours de négociations sur le programme nucléaire iranien. Mais les discussions sont désormais dans l’impasse et les combats autour du détroit d’Ormuz ont repris, faisant voler en éclat le cessez-le-feu conclu le 17 juin.
Répétition du cycle de tensions
C’est la répétition d’un cycle d’hostilités dont on connaît désormais les étapes. Quarante-huit heures auparavant, Téhéran avait annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz après la reprise des hostilités, déclenchée la semaine dernière par l’attaque d’un navire dans cette voie maritime stratégique. Ce mercredi matin, les Gardiens de la révolution ont affirmé que le détroit resterait fermé jusqu’à la fin des « actes d’agression » américains. Ils ont également menacé de bloquer l’ensemble des exportations d’énergie du Moyen-Orient en verrouillant d’autres routes stratégiques. « Les exportations de pétrole et de gaz de la région seront possibles pour tout le monde ou pour personne », ont-ils déclaré dans un communiqué diffusé par la télévision d’État iranienne.
Le vice-ministre des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a aussi averti que l’avenir des négociations diplomatiques était compromis. « Si les États-Unis s’imaginent qu’en durcissant leurs mesures contre nous, leurs actions militaires et leur blocus économique, nous reviendrons à la table des négociations, ils se trompent », a-t-il déclaré.
Nouvelle vague de bombardements américains
Car le rétablissement du blocus s’est accompagné d’une nouvelle campagne de frappes américaines d’une grande violence. Le CentCom affirme avoir visé des dizaines de cibles pendant sept heures afin de « continuer à dégrader les capacités de l’Iran à attaquer le trafic maritime commercial dans le détroit d’Ormuz ». Et Donald Trump a assuré que la campagne allait se poursuivre. Les frappes « continueront jusqu’à ce que je dise que ça suffit », a-t-il affirmé. « Je réserve les cibles énergétiques pour la fin, mais nous finirons par les frapper », a-t-il aussi déclaré sur Fox News. « La semaine prochaine, ce sera les centrales électriques, les ponts, à moins qu’ils ne reviennent à la table des négociations. »
Dans la nuit, les médias iraniens ont rapporté des explosions à Bandar Abbas, dans des zones côtières et sur plusieurs îles du Golfe. Selon Hossein Kermanpour, porte-parole du ministère iranien de la Santé, 260 personnes ont été blessées, sans qu’un bilan des morts ne soit communiqué. L’agence Associated Press souligne qu’il s’agit du nombre de blessés le plus élevé enregistré lors d’une seule vague de frappes depuis le début des affrontements entre les États-Unis et l’Iran.
En représailles, l’Iran a lancé de nouvelles attaques contre des pays accueillant des forces américaines. Des alertes aux missiles ont été déclenchées mercredi matin à Bahreïn, où est basée la 5e flotte américaine, ainsi qu’au Koweït. La Jordanie a également annoncé avoir intercepté trois missiles iraniens. Téhéran a revendiqué ces attaques.
Donald Trump abandonne sa taxe sur les navires
Un rétropédalage est à noter : Donald Trump a finalement renoncé à son projet de taxe de 20 % sur les navires transitant par le détroit d’Ormuz, annoncé la veille. Selon CNN, cette proposition, élaborée dans l’urgence, a provoqué une véritable mobilisation diplomatique des monarchies du Golfe, dont les dirigeants ont multiplié les appels à la Maison-Blanche pour convaincre le président américain d’y renoncer.
Donald Trump affirme avoir changé d’avis après que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït et d’autres États du Golfe lui ont proposé d’investir « des milliards et des milliards de dollars » supplémentaires aux États-Unis en échange de l’abandon de cette mesure. Aucun engagement précis ni montant n’ont toutefois été détaillés par la Washington.
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Author : Enola Richet
Publish date : 2026-07-15 08:06:00
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