D’un côté, un vieux briscard de 72 ans qui tente un come-back. De l’autre, une jeune ambitieuse de 33 ans qui entend bien crever l’écran pour de bon. François Hollande, vu en Une du Point, publie Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche (Robert Laffont) pendant que Sarah Knafo, aperçue en couverture du JDD, fait paraître Le Casse du siècle (Fayard), qui rappelle les livres vintage de Jean Montaldo – auteur dans les années 90, chez Albin Michel, de titres tels Mitterrand et les 40 voleurs…, Rendez l’argent ! ou Main basse sur l’or de la France. Lequel des deux sortira vainqueur de leur affrontement en librairie ? A première vue, François Hollande devrait faire figure de favori. Il a un bon historique de ventes, avec un pic à plus de 130 000 exemplaires en 2018 grâce aux Leçons du pouvoir (Stock). Mais son dernier livre en date, certes plus pointu, Le Défi de gouverner. La Gauche et le pouvoir de l’affaire Dreyfus jusqu’à nos jours (Perrin), s’était vendu dix fois moins en 2024… De son côté, Sarah Knafo annonce une première impression de 100 000 exemplaires pour Le Casse du siècle. On espère pour son éditeur que, avec un tel tirage, elle fera mieux que Marion Maréchal – 20 000 exemplaires pour Si tu te sens Le Pen sorti en janvier, également chez Fayard.
En attendant leurs chiffres, notons que Clémence Guetté a réussi le lancement de Pour une politique de l’amitié (La Découverte), un essai visiblement très inspiré de ce qu’écrivait Geoffroy de Lagasnerie il y a trois ans. Pendant ce temps-là, Benoît Hamon propose Accueillir toute la richesse du monde. En finir avec les mensonges sur l’immigration (First). Mi-septembre se joindra à la bataille Olivier Faure avec La Loi du plus juste (Robert Laffont). Fera-t-il mieux que Je reviens te chercher – un peu plus de 1 000 exemplaires en 2025 ? Au centre aussi, on publie des livres. Au printemps, Gabriel Attal a atteint les 15 000 exemplaires avec En homme libre (L’Observatoire), soit exactement le même score qu’Edouard Philippe l’an dernier avec Le Prix de nos mensonges (JC Lattès). Raphaël Glucksmann avait fait deux fois moins avec Nous avons encore envie (Allary). Cette année, la palme du flop revient toujours à Elisabeth Borne, qui avait intéressé moins de 1 000 (é)lecteurs avec Réveillons-nous ! Appel à un rassemblement républicain et démocrate (Robert Laffont).
Dieu merci, il n’y a pas que la politique dans la vie. Du côté de la fiction, la rentrée littéraire bat son plein et quelques succès se dessinent déjà : ceux d’Amélie Nothomb (L’Adolescence du perroquet, Albin Michel), Philippe Jaenada (L’Inconnue du quai de Javel, Flammarion), Thélyson Orélien (C’était ça ou mourir, Grasset) et François-Henri Désérable (Le Palais, Gallimard). Dans la suite du classement, il faudra suivre ces prochaines semaines ceux qui vont monter progressivement, portés par un bon bouche à oreille ; et ceux qui vont s’effriter peu à peu, minés par une rumeur moins favorable. Un conseil personnel pour finir : Minotaure de Boris Bergmann chez Albin Michel, présent à la fois sur la liste du prix Goncourt et sur celle du Renaudot, et qui mériterait vraiment de décoller en ce mois de septembre.
Source link : https://www.lexpress.fr/culture/livre/ventes-de-livres-sarah-knafo-ou-francois-hollande-qui-va-le-mieux-demarrer-KXOFJXL3OFHONK352AW4F6YGQA/
Author : Louis-Henri de La Rochefoucauld
Publish date : 2026-09-04 15:02:00
Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.