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    Après leur victoire aux midterms, les démocrates face au dilemme de la destitution de Donald Trump

    IntelliNewsBy IntelliNewsnovembre 6, 2026Aucun commentaire5 Mins Read
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    L’heure de Donald Trump a-t-elle sonné ? Le président américain a subi une lourde défaite aux élections de mi-mandat du 3 novembre, les démocrates ayant remporté une victoire nette qualifiée de « blue wave », en reprenant le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat, et faisant basculer plusieurs Etats traditionnellement républicains. Ils disposent pour l’heure d’au moins 54 sièges au Sénat contre 44 pour le parti de Donald Trump. A la Chambre, les démocrates ont également obtenu une large majorité, avec au moins 30 sièges gagnés sur leurs adversaires républicains.

    Le scrutin apparaît ainsi comme un vote de sanction contre le président et son parti (qui contrôlait jusqu’ici les deux chambres), et ce, après deux années marquées par les scandales, les interventions étrangères, et l’inflation. L’occasion pour les démocrates de destituer Donald Trump ?

    La tentation de l’impeachment

    L’idée semble faire son chemin au sein de l’opinion publique américaine. Selon un sondage Politico réalisé au début du mois d’octobre, 50 % des Américains estimaient que les démocrates devraient lancer une procédure de destitution s’ils reprenaient le contrôle du Congrès, contre 32 % qui s’y opposaient et 18 % d’indécis. Plus encore, 54 % considéraient que Donald Trump avait commis des actes susceptibles de justifier une destitution.

    Plusieurs élus démocrates poussent déjà dans cette direction. En septembre, le représentant Steve Cohen, du Tennessee, a présenté 26 articles de mise en accusation contre Donald Trump, l’accusant notamment d’abus de pouvoir, de violations de son serment et de conflits d’intérêts.

    Alexandra Ocasio-Cortez, figure des démocrates socialistes d’Amérique, frange de la gauche du Parti démocrate, s’est également déjà prononcée en faveur de cette procédure plus tôt cette année. « J’ai soutenu par le passé les articles de mise en accusation du président, car je pense qu’il existe de nombreuses preuves des crimes commis… Si vous me demandez si je soutiens la destitution, la réponse est oui », a-t-elle déclaré, citée par le magazine Forbes.

    Une procédure probablement vouée à l’échec

    L’idée d’une nouvelle procédure de destitution est cependant loin de faire consensus chez les démocrates, après déjà deux tentatives de destitution avortées. Aux Etats-Unis, si la Chambre des représentants peut mettre le président en accusation (à la majorité simple), pour que la destitution soit approuvée, il est nécessaire que les deux tiers du Sénat se prononcent en faveur.

    Or, avec 54 sièges démocrates contre 44 républicains, le compte n’y est pas, même avec les deux sièges toujours en ballottage. Il faudrait qu’une partie importante des sénateurs républicains se retourne contre Donald Trump, sans quoi le président serait acquitté par le Sénat, comme cela a déjà été le cas en 2019 puis en 2021.

    Et un troisième revers pourrait s’avérer coûteux politiquement, voir renforcer Donald Trump. « Les démocrates savent que toute action à connotation politique pourrait remonter la popularité du président en faisant de lui un martyr aux yeux de ses partisans », analyse le New York Times. Le républicain avait en effet fait campagne pour le second mandat et mobilisé sa base MAGA à la suite de ses troubles judiciaires, se positionnant comme un homme politique persécuté.

    Enquêter plutôt que destituer

    Une partie de la base démocrate réclame néanmoins une réponse plus offensive. « Les démocrates ont passé toute la campagne des midterms à parler corruption et d’à quel point Donald Trump est une menace pour la démocratie, et vous allez me dire qu’ils ne vont absolument rien faire une fois qu’ils auront la majorité ? », dénonce Emilia, militante des démocrates socialistes d’Amérique, citée par L’Opinion.

    Mais cette prudence est assumée par les ténors de l’organisation. « Je pense que s’engager dans la voie de la destitution n’est pas une bonne idée », a déclaré l’ancienne vice-présidente Kamala Harris. « Je pense que l’énergie et les ressources doivent être consacrées à la responsabilisation et aux enquêtes », a-t-elle déclaré dans MeidasTouch.

    C’est cette seconde option qui semble pour l’instant être privilégiée. Les démocrates ont fait de la lutte contre la corruption un élément central de leur campagne et disposent désormais des outils parlementaires pour enquêter sur l’administration. Les sujets potentiels sont nombreux : attribution de marchés publics, contrats accordés sans appel d’offres, cryptomonnaies bénéficiant à l’entourage de Donald Trump.

    Certains responsables politiques pourraient également devenir des cibles plus faciles que le président lui-même, comme le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, critiqué pour sa gestion de la guerre en Iran, ou encore Jared Kushner, visé par des accusations de conflits d’intérêts liées à ses activités en Arabie saoudite.

    La victoire des midterms ne signifie donc probablement pas le début d’une troisième procédure d’impeachment. Mais plutôt une nouvelle période de confrontations institutionnelles, les démocrates disposant désormais de la Chambre et du Sénat pour entraver l’action de l’administration. « Le président et ses conseillers sont néanmoins peu susceptibles de se soumettre au contrôle du Congrès, ayant déjà fait obstruction aux tentatives précédentes des parlementaires d’enquêter sur leurs agissements », rappelle le New York Times.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/apres-leur-victoire-aux-midterms-les-democrates-face-au-dilemme-de-la-destitution-de-donald-trump-T7NJISCH6ZDRNKFYL75M7465TU/

    Author : Kenza Soares El Sayed

    Publish date : 2026-11-06 13:40:00

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