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    Pétrole et gaz en mer du Nord : Andy Burnham face à son premier vrai test climatique

    IntelliNewsBy IntelliNewsseptembre 13, 2026Aucun commentaire5 Mins Read
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    Attention, sujet hautement inflammable ! Andy Burnham, locataire du 10 Downing Street depuis le milieu de l’été, affronte son premier vrai test climatique. En jeu ? L’avenir de Jackdaw et Rosebank. Ces deux champs pétrogaziers en mer du Nord sont devenus le symbole des dissensions du milieu politique sur la feuille de route énergétique du pays. Ils reflètent plus largement les tiraillements que connaissent beaucoup de nations entre sécurité et décarbonation. Faut-il ou non approuver l’exploitation des réserves restantes ? Le débat fait rage. Et le Premier ministre va bientôt le trancher. Selon la presse britannique, le gouvernement s’apprêterait à approuver le nouveau gisement de gaz de Jackdaw. Celui de Rosebank (pétrole) pourrait aussi recevoir un feu vert dans un second temps.

    Après avoir longtemps profité des ressources de la mer du Nord, le Royaume-Uni et la Norvège ont pris des trajectoires opposées sur l’extraction d’hydrocarbures. Pour des raisons historiques et géologiques déjà détaillées par L’Express, les premiers ont choisi de s’éloigner des énergies fossiles dans le cadre de leur stratégie zéro émission nette en 2050. Les seconds ont, eux, fait le choix de poursuivre l’extraction, pour des considérations géopolitiques et financières. Un virage encore accentué récemment.

    Dans son programme électoral de 2024, le Labour s’engageait à ne pas délivrer de nouvelles licences pour l’exploration de gisements en mer du Nord. Une position fermement défendue par Ed Miliband, secrétaire d’Etat à l’énergie sous Keir Starmer. Or, cet architecte de la stratégie Net Zero a changé de maroquin après l’arrivée d’Andy Burnham, récupérant celui des Affaires étrangères. De quoi dégager un espace pour une légère inflexion. Tout en s’engageant à respecter le programme de son parti, l’ex-maire de Manchester a également promis une approche « pragmatique » sur le pétrole et le gaz de la mer du Nord.

    Un impact largement surestimé

    « Approuver ces projets n’indiquerait pas nécessairement une rupture, puisque les licences initiales ont été délivrées sous le précédent gouvernement conservateur, indique Chris Aylett, chercheur au Centre pour l’environnement et la société de Chatham House, un institut de réflexion basé à Londres. Mais les décisions finales prises par Andy Burnham et la manière dont elles seront justifiées auprès du public constitueront un indicateur important de son engagement dans la lutte contre le changement climatique. »

    Chacun affûte ses arguments. Les conservateurs poussent pour abandonner les objectifs de neutralité carbone. Ils avancent des préoccupations de souveraineté, de sécurité et de prix élevés de l’énergie. Dépendant des importations, le Royaume-Uni reste en effet très exposé aux fortes turbulences des marchés mondiaux de l’énergie. Pour atténuer cette vulnérabilité, le Tony Blair Institute for Global Change (TBI), fondé par l’ancien Premier ministre, réclamait dès février une réduction des obstacles politiques aux nouveaux investissements pétrolier et gazier. « La réalité est qu’ils continueront de faire partie de notre mix énergétique pendant encore de nombreuses années, pointait-il dans une analyse. Il ne s’agit pas de ralentir la transition ni de nier la direction prise, mais de la rendre gérable. »

    Pour les opposants, renier les objectifs climatiques fixés enverrait un signal négatif à tous ceux qui construisent déjà une économie bas-carbone. Les bénéfices tirés de ces projets seraient, selon eux, trop modestes pour compenser cette crédibilité entamée. En premier lieu car les réserves en mer du Nord se raréfient. « Beaucoup de gens ont l’impression erronée qu’extraire un peu plus d’un bassin mature et en déclin résoudrait tous nos problèmes énergétiques, déplore Chris Aylett. L’importance de ces ressources pour l’avenir du pays a été considérablement surestimée dans l’opinion publique. » D’autant que la majeure partie des hydrocarbures actuellement extraits en mer du Nord est vendue à l’étranger. Un élément qui fragilise le discours sur la souveraineté et sur une baisse de la facture énergétique des citoyens.

    L’heure est sans doute au compromis. Dans une tribune publiée dans le Financial Times, Michael Grubb plaide pour dissocier les deux projets. Selon ce professeur d’énergie et de changement climatique à l’University College London, Andy Burnham devrait accepter Jackdaw – le gaz – et retoquer Rosebank – le pétrole. Situé à 250 kilomètres à l’est d’Aberdeen (Ecosse), le gisement de Jackdaw contiendrait, selon ses promoteurs, l’équivalent de 6 % de la production gazière britannique. Le projet, qui durerait une décennie, aurait l’avantage d’entrer en fonctionnement dès cet automne et d’accompagner la transition. Il permettrait ainsi de réduire la part de GNL importé, essentiellement américain et in fine plus polluant. On ne peut pas en dire autant des 69 000 barils de pétrole que pourrait produire Rosebank chaque jour. « La majeure partie devrait être exportée pour être raffinée, sans bénéfice évident ni pour les prix au Royaume-Uni ni pour la sécurité énergétique nationale », écrit-il.

    Finalement, l’enjeu autour de Jackdaw et Rosebank est symptomatique des interrogations qui traversent toutes les sociétés cherchant à se décarboner. Quels sont les projets fossiles encore acceptables ? Et pourquoi ? Dans une note, Stuart Jenkins, chercheur et climatologue à l’Université d’Oxford, suggère de faire évoluer la méthode d’évaluation des permis d’exploitation pétrolier et gazier : « Le gouvernement pourrait demander aux candidats de justifier la viabilité de leur projet compte tenu du déclin du secteur, d’expliquer dans quelle mesure l’exposition du Royaume-Uni aux importations d’énergie diminuerait, et de montrer en quoi cela s’inscrit dans l’objectif de neutralité carbone. S’ils peuvent le démontrer, alors jouons le jeu. »



    Source link : https://www.lexpress.fr/environnement/petrole-et-gaz-en-mer-du-nord-andy-burnham-face-a-son-premier-vrai-test-climatique-CAZAPFKUGJEG3JN7UG2QD5OQAU/

    Author : Baptiste Langlois

    Publish date : 2026-09-12 10:00:00

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