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  • Taïwan face à la Chine : le scénario noir du chaos énergétique

    Rarement les manœuvres militaires chinoises n’ont semblé aussi proches de Taïwan qu’en ce 29 décembre 2025. Ce jour-là, l’île a été encerclée par 89 avions de guerre et 28 navires. Certains, qui s’étaient aventurés à une trentaine de kilomètres seulement des côtes, étaient visibles depuis la pointe la plus méridionale. Pour la seconde fois de l’année, la Chine s’entraînait à un blocus de ce territoire qu’elle considère comme l’une de ses provinces. Si elle était mise en place, une telle opération permettrait à Pékin, en étouffant la chaîne d’approvisionnement énergétique taïwanaise, de soumettre l’île « sans tirer un seul coup de feu », selon le think tank américain Foundation for Defense of Democraties (FDD).

    L’été dernier, ce centre de réflexion basé à Washington a imaginé plusieurs scénarios de blocus. La conclusion est sans appel : sa dépendance énergétique est le talon d’Achille de Taïwan. Et pour cause, territoire exigu, sismique, et privé de ressources naturelles, l’île importe 96 % de son énergie : en majorité du gaz naturel liquéfié (GNL), source d’environ la moitié de sa production d’électricité. Cette vulnérabilité énergétique inquiète la communauté internationale : l’île produit en effet plus de la moitié des semi-conducteurs de la planète et détient un quasi-monopole sur les puces les plus avancées. Une activité de plus en plus énergivore, tant la demande mondiale explose.

    Or, les menaces chinoises sur les infrastructures énergétiques taïwanaises se font de plus en plus précises. « L’année dernière, lors d’exercices militaires, la Chine a simulé des tirs de missiles longue portée sur des terminaux de réception de GNL », observe Shen Ming-shih, spécialiste des questions de défense à l’INDSR (Institute for National Defense and Security Research) à Taipei.

    Si Pékin parvenait à bloquer tout accès naval à l’île pendant plusieurs jours, les conséquences seraient désastreuses. En tenant compte de sa consommation énergétique actuelle, Taïwan pourrait être à court de GNL entre 7 à 10 jours, selon la Foundation for Defense of Democraties. A Taïpei, Elizabeth Frost, spécialiste des questions énergétiques de la DSET, un institut de recherche, se dit toutefois un peu plus optimiste : « Avec un scénario de faible consommation, Taïwan pourrait tenir plus d’un mois », estime-t-elle.

    Le risque lié au Qatar

    Comme elle, le chercheur Shen Ming-shih, s’interroge sur la capacité de la Chine à imposer un blocus total comme les États-Unis l’ont fait en début d’année à l’encontre du Venezuela. Il veut croire qu’en cas d’offensive de ce type, « les États-Unis interviendront probablement pour aider Taïwan à préserver ses approvisionnements ».

    Mais, en cas de crise, certains fournisseurs pourraient se montrer sensibles aux pressions chinoises. C’est le cas en particulier du Qatar, qui représente environ un tiers des importations de GNL de Taïwan. La raison est simple : la Chine est le premier partenaire commercial du petit état gazier du Golfe. Ses signes d’allégeance à Pékin sont clairs : le Qatar ne dispose par exemple d’aucun bureau de représentation sur l’île, contrairement à des dizaines de pays qui, comme lui, ne reconnaissent pas officiellement Taïwan.

    Avant même tout scénario de blocus, la guerre au Moyen-Orient précipite déjà Taïwan dans une dangereuse situation de fragilité, privée de son gaz du Qatar, où des sites de production ont été endommagés par des tirs. Selon l’agence de conseil Wood Mackenzie, Taïwan pourrait être l’un des importateurs de GNL les plus exposés au monde par la crise. A l’affût de la moindre opportunité, la Chine s’est empressée de faire miroiter une « unification pacifique » pour assurer la sécurité énergétique de Taïwan : une solution aussitôt rejetée.

    L’île se tourne de plus en plus vers les Etats-Unis

    Face aux craintes de pénuries, le ministre des Affaires économiques a toutefois assuré que les livraisons en GNL étaient sécurisées jusqu’en avril. Mais si le conflit devait s’enliser, alors il n’y aura d’autres choix que d’acheter du gaz sur le marché spot (achat immédiat au prix du marché) ou remettre en marche les centrales à charbon, deux solutions impliquant une augmentation des coûts. Sur le long terme, Taïwan pourrait se tourner vers d’autres partenaires, mais la liste est mince. Et comporte elle aussi des risques.

    Ainsi, l’île importe un autre tiers de son GNL d’Australie, mais ce pays cherche à privilégier son approvisionnement domestique face au risque de pénuries. A partir de 2027, les exportateurs de GNL australiens doivent réserver jusqu’à un quart de leur production à la consommation intérieure. En 2025, les exportations de gaz australien vers Taïwan ont chuté de 13 %.

    Dans ce contexte, Taïwan se tourne de plus en plus vers son principal protecteur, les Etats-Unis. En mars 2025, la société énergétique taïwanaise CPC a signé une lettre d’intention pour l’achat de gaz et l’investissement dans les infrastructures de l’ »Alaska LNG project », un chantier titanesque de pipeline de 1 300 kilomètres qui permettrait de réduire le trajet de livraison vers l’Asie de l’est. Taïwan pourrait y investir au moins 2,3 milliards de dollars, selon les estimations de la chercheuse Elizabeth Frost. Les premières exportations sont censées commencer en 2030 mais « un changement d’administration pourrait en théorie freiner le projet » note-t-elle.

    Pour Taïwan, le gaz d’Alaska est de loin le moins compétitif de ses partenaires : il est trois fois plus cher que la moyenne du marché. Or, les industriels doivent déjà faire face à une flambée des prix de l’énergie : TSMC, le plus gros consommateur d’électricité du pays, a vu ses tarifs augmenter de 25 % en 2024. Toutefois son chiffre d’affaires est tel que l’entreprise est largement en mesure d’absorber les coûts : « L’impact négatif serait plutôt pour les industries traditionnelles taïwanaises », note Tsai Jia-Shen, chercheur au Niskanen Center, un think tank basé à Washington.

    La dernière centrale nucléaire a fermé en 2025

    En réalité, acheter du GNL aux Etats-Unis répond plus à des motivations politiques qu’économiques. En essayant de réduire son déficit commercial à l’égard de l’Amérique, Taïwan cherche à s’attirer les faveurs de l’administration Trump (qui porte très à cœur son projet de pipeline géant en Alaska), afin de compter sur son soutien en cas d’attaque.

    Pour réduire la dépendance énergétique de Taïwan, plusieurs think tanks américains et industriels étrangers préconisent toutefois un retour au nucléaire. « Taïwan devrait absolument investir » dans cette énergie, a ainsi martelé Jensen Huang, le directeur de l’américain Nvidia, très dépendant des puces de l’île, lors de son passage à Taïpei en mai 2025. Après la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011, la présidente Tsai Ing-wen, élue en 2016, avait décidé d’abandonner l’atome : la dernière centrale nucléaire a ainsi fermé en 2025. En substitution, le gouvernement mise sur le développement des énergies renouvelables, mais celles-ci dépassant à peine des 10 % du mix énergétique. Résultat, avec l’abandon du nucléaire, la dépendance aux importations de GNL s’est donc encore accrue : elles ont augmenté de 35 % entre 2019 et 2024.

    Bon nombre de Taïwanais n’éprouvent par pour autant de nostalgie pour le nucléaire. « Le système électrique centralisé est vulnérable, comme l’a montré l’exemple de l’Ukraine, et les centrales nucléaires taïwanaises sont situées dans des zones isolées avec peu de lignes de transmission, ce qui les expose aux attaques », juge Lu Tsai-ing, directrice du programme de sécurité énergétique à l’institut DSET, à Taipei.

    En réalité, cette question est très politique : l’arrêt du nucléaire a constitué l’une décision phares Parti démocrate progressiste, la formation au pouvoir depuis 2016, contre l’avis du Kuomintang, le parti nationaliste d’opposition. En dépit de l’ampleur des enjeux, la question du nucléaire reste quasiment tabou au sein du gouvernement. Le président Lai Ching-te a suggéré timidement l’an dernier un retour au nucléaire en 2025 : « Si, à l’avenir, la technologie devient plus sûre, que le problème des déchets nucléaires est résolu et que l’acceptation sociale augmente, nous n’excluons pas les nouvelles technologies nucléaires », a-t-il annoncé. Mais Taïwan peut-il s’offrir le luxe d’attendre ?



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/asie/taiwan-face-a-la-chine-le-scenario-noir-du-chaos-energetique-OHWI5XPBKVEVTL337SNLTGTY2E/

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    Publish date : 2026-03-20 15:00:00

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  • Michel Cymes et Frédéric Saldmann vendent-ils toujours autant de livres ?


    Les médecins stars seraient-ils en train de passer de mode ? Il y a dix ans, ils trônaient en tête des meilleures ventes d’essais. En 2016, alors présentateur vedette du Magazine de la santé sur France 5 (et également entendu sur les ondes d’Europe 1 et RTL), Michel Cymes écoulait 300 000 exemplaires de son livre Vivez mieux et plus longtemps (succès qui avait fait l’année de son éditeur, Stock). Hélas le chirurgien le plus populaire du PAF a ensuite vendu de moins en moins : 130 000 exemplaires pour Votre cerveau en 2017, 35 000 exemplaires pour Chers hypocondriaques… en 2018, 10 000 exemplaires pour Sur l’amour en 2020. Il est vrai que, à partir de l’automne 2017, ayant lancé son bimestriel Dr. Good !, il concurrençait lui-même ses propres livres… Son nouveau titre qui vient de paraître chez Albin Michel, Heureux comme des TDAH !, coécrit avec le pédopsychiatre Oliver Révol, marque-t-il son retour en forme ? En 3e position des essais, il vient de dépasser les 15 000 exemplaires.

    Son principal rival d’antan, le cardiologue Frédéric Saldmann, est en revanche absent de notre classement, ce qui paraît incroyable quand on se souvient de ses scores passés. Par ailleurs nutritionniste, Saldmann a mangé son pain blanc entre 2013 et 2015 : Le Meilleur médicament, c’est vous ! et Prenez votre santé en main ! avaient atteint les 300 000 exemplaires. Les titres injonctifs avec points d’exclamation en prime ne font pas tout, et le thuriféraire du tantrisme, qui a souvent expliqué que douze orgasmes par mois allongeraient de dix ans l’espérance de vie, a ensuite de plus en plus peiné à booster la libido de ses lecteurs. Votre santé sans risque s’était vendu à 200 000 exemplaires en 2017, Vital ! à 150 00 exemplaires en 2019, On n’est jamais mieux soigné que par soi-même à 100 000 exemplaires en 2020, La santé devant soi à 90 000 exemplaires en 2022 et Votre avenir sur ordonnance à 35 000 exemplaires en 2024. Avec Votre santé à petit prix (Fayard), paru fin janvier, Saldmann n’en est qu’à 7 000 exemplaires. Réputé pour ses avances mirobolantes (non prises en charge par la sécurité sociale), il va sans doute devoir songer à se réinventer…

    Réalisé par Edistat, du 9 au 15 mars 2026, à partir de 800 points de vente, librairies, grandes surfaces spécialisées et sites Internet.

    A quoi imputer le recul de Cymes et Saldmann ? On peut imaginer que leur public a fini par se lasser de lire les mêmes choses tous les deux ans. Internet et les gourous du développement personnel leur ont sans doute piqué des fans. Enfin une nouvelle génération a émergé. Le plus médiatique est le médecin généraliste Jimmy Mohamed, âgé de 38 ans (là où Saldmann en a 72 ans), qui a remplacé Cymes à la présentation du Magazine de la santé (rebaptisé Le Mag de la santé, pour faire jeune). La révélation de cette année 2026 est le psychiatre Pierre Alexis Geoffroy, 41 ans. Avec La Nuit vous appartient (Robert Laffont), où il nous invite à « dormir mieux pour vivre plus », il est cette semaine 5e des essais.

    Du côté des romans, inutile de faire des analyses complémentaires : le bilan médical est conforme à ce que nous avions diagnostiqué il y a deux semaines. On a droit à un duel au sommet entre Guillaume Musso et Morgane Moncomble, auteurs du Crime du paradis (Calmann-Lévy) et de La Révolte de la reine (Hugo Publishing). 4e et 6e avec Tu m’avais promis (Eyrolles) et Nous qui avons connu Solange (Flammarion), Maud Ankaoua et Marie Vareille sont en embuscade. C’est plus dur pour Aurélie Valognes, seulement 15e avec L’Emerveillement (JC Lattès). Une surprise de taille : Tatiana de Rosnay n’apparaît pas encore dans notre classement avec Les Cœurs sont faits pour être brisés (Albin Michel). Le livre venant tout juste de sortir, on va lui laisser le temps de se rétablir dans les ventes avant d’affirmer que Tatiana de Rosnay souffrirait du syndrome de Saldmann.



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/livre/michel-cymes-et-frederic-saldmann-vendent-ils-toujours-autant-de-livres-Y7YO7WWYVRGKBM22F6JO2N6EG4/

    Author : Louis-Henri de La Rochefoucauld

    Publish date : 2026-03-20 15:28:00

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  • Municipales à Marseille : Sébastien Delogu, l’insoumis au centre du duel

    A Marseille, la bataille du second tour des élections municipales a pris un tour plus frontal encore jeudi 19 mars. Sur le plateau de France 2, le maire sortant Benoît Payan et son rival du Rassemblement national Franck Allisio se sont affrontés sur une accusation centrale dans l’entre-deux tours : celle d’une prise de contrôle de la mairie par La France insoumise (LFI) en cas de victoire du Printemps marseillais. « Derrière vous il y a Jean-Luc Mélenchon », a lancé le candidat RN. « Il n’y aura pas une seule personne issue de ses rangs », a répliqué Benoît Payan, cherchant à couper court à une polémique nourrie depuis le retrait des insoumis.

    Car tout s’est joué mardi 17 mars. Après plus de vingt-quatre heures de suspense, Sébastien Delogu a finalement convoqué la presse dans un théâtre associatif du quartier de Belsunce. Dans une atmosphère lourde, le candidat de La France insoumise a annoncé son retrait de la course à l’Hôtel de Ville marseillais. Une décision dictée par la crainte de voir le Rassemblement national l’emporter, alors que Franck Allisio est arrivé en deuxième position au premier tour avec 35,02 % des suffrages. Arrivé quatrième, Sébastien Delogu renonce donc à se maintenir au second tour, mettant fin à l’hypothèse d’une quadrangulaire incertaine. « Face à l’irresponsabilité d’un homme, nous serons responsables pour un million », a-t-il lancé, visant directement le maire sortant, Benoît Payan, qui a refusé toute fusion avec les listes insoumises.

    « Accord secret »

    Ce retrait, immédiatement instrumentalisé par le candidat RN lors du débat, est devenu l’un des axes majeurs de la campagne du second tour. Alors qu’elle était silencieuse depuis son échec du premier tour, Martine Vassal, présidente de la Métropole et candidate de centre-droit pour la mairie de Marseille, a publié un tweet accusant le maire de « s’aligner sur les plus radicaux pour sauver sa place », et évoquant l’existence d’un « accord secret » entre les deux forces de gauche. Une ligne d’attaque que Benoît Payan s’efforce de désamorcer, en revendiquant au contraire une stratégie d’indépendance totale vis-à-vis de LFI.

    Car en réalité, la rancœur est profonde entre les deux leaders de gauche. Dès 2020, Jean-Luc Mélenchon s’était opposé à la candidature de Benoît Payan à la tête du Printemps marseillais, le contraignant à se mettre en retrait au profit de Michèle Rubirola – avant de prendre son siège quelques mois plus tard. En 2024, Payan avait menacé de l’affronter aux législatives, provoquant la défiance réciproque actuelle.

    Ces derniers jours, les cadres locaux de La France insoumise plaidaient pour un rapprochement avec le Printemps marseillais – coalition de gauche non-mélenchoniste menée par Benoît Payan. Mais le dépôt express, dès lundi matin en préfecture, de la liste conduite par Benoît Payan a fermé la porte à toute négociation. « Cette main, qui serait tendue, m’a donné des coups de poing pendant des mois et des mois, a répondu Benoît Payan à Sébastien Delogu. Face au RN, je n’ai jamais quémandé une place à mes adversaires politiques. Chacun prend sa responsabilité. » De quoi provoquer la fureur de Jean-Luc Mélenchon qui a dénoncé sur X « l’irresponsabilité arrogante du maire par surprise de Marseille », l’accusant de « préférer le risque de l’extrême droite à la fusion technique avec LFI ».

    Néanmoins, acculée, la formation mélenchoniste a été contrainte de choisir le retrait pour préserver son image de rempart contre l’extrême droite. Et le changement de ton dénote. Alors qu’il qualifiait depuis des mois l’équipe municipale de « système clientéliste et corrompu », Sébastien Delogu a changé de cible mardi : « Les premiers corrompus, ce sont les gens de l’extrême droite », a-t-il affirmé, citant les démêlés judiciaires de Franck Allisio et de Sandrine D’Angio, candidate RN dans les quartiers nord. « Marseille ne doit jamais tomber dans les mains de ces gens-là », a-t-il martelé, sans mentionner le procès qui l’attend en juin pour recel et diffusion de documents privés volés.

    Du côté du maire sortant, la réaction n’a pas tardé. Depuis sa permanence, Benoît Payan a salué « la seule solution » et appelé à voter massivement dimanche 22 mars pour faire barrage au RN. Dans cette configuration, la triangulaire avec Martine Vassal apparaît comme le scénario le plus favorable au maire sortant : l’éparpillement des voix à droite diminue les risques pour Payan, tandis qu’une alliance avec LFI aurait pu coûter plus de voix au centre qu’en rapporter à gauche.

    La séquence révèle surtout une stratégie politique minutieusement construite depuis des semaines. Lors d’un débat avant le premier tour sur BFMTV, Benoît Payan avait pris soin d’annoncer qu’il se retirerait s’il arrivait derrière Sébastien Delogu. Le scénario était certes très improbable mais la déclaration a eu pour effet – escompté – de mettre la pression sur le parti mélenchoniste si son candidat devait parvenir au second tour. Le dépôt anticipé de sa liste, inchangée et sans alliance avec LFI, a ensuite verrouillé toute négociation, lui permettant de capter les voix insoumises sans intégrer leurs représentants. Et de se débarrasser d’une opposition mélenchoniste dans l’hémicycle pour les sept prochaines années avec, pour seule force de gauche, ses propres troupes.

    La déception insoumise

    Le retrait de Sébastien Delogu intervient dans un contexte électoral décevant pour La France insoumise. Malgré la dynamique observée lors des dernières législatives, la mobilisation de son électorat, concentré dans les quartiers populaires, n’a pas été aussi élevée qu’annoncée. Dans le 8e secteur, où Sébastien Delogu espérait s’imposer, sa liste n’a recueilli que 23,80 % des voix, loin derrière celle du Printemps marseillais conduite par Samia Ghali (36,96 %). Dans le 7e secteur, son candidat Mohamed Bensaada – celui qui avait promis d’ »avaler trois casquettes » si Benoît Payan dépassait les 34 % – s’est lui aussi retiré « pour ne pas abandonner ce secteur au RN ». La formation insoumise, qui renonce à la mairie centrale, se maintient toutefois dans quatre secteurs où elle a franchi la barre des 10 % et où le RN ne risque pas de l’emporter : les 1/7, 2/3, 4/5 et 15/16.

    L’abstention a pesé sur ces résultats. Plus élevée à Marseille que dans les autres grandes villes, elle interroge sur la capacité de mobilisation en vue du second tour. « Le retrait de Delogu pourrait décourager beaucoup d’entre nous », remarque une militante LFI, pancarte « Marseille au peuple » encore en main, lors de la conférence de presse de mardi. La menace du RN pourrait toutefois suffire à ramener aux urnes les électeurs réticents malgré les tensions entre les deux camps.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/municipales-a-marseille-sebastien-delogu-linsoumis-au-centre-du-duel-7CEMVBWJMZFINC2TNUCOGQ4XCQ/

    Author : Héloïse Uberti

    Publish date : 2026-03-20 16:54:00

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  • Dérives de l’Ordre des médecins : le gardien de la déontologie est-il encore légitime ?


    La nouvelle ne risque pas d’améliorer l’image de l’Ordre des médecins, déjà écornée par de multiples scandales. Le 18 mars, le Canard enchaîné a révélé un pré-rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) sur le Conseil national de l’Ordre des médecins, de son antenne parisienne, ainsi que celles du Rhône et des Bouches-du-Rhône. Pour l’institution censée incarner la rigueur déontologique de la profession médicale, le réquisitoire est sévère. Mais pour quiconque suit les tribulations de l’Ordre, il n’a rien de surprenant.

    Le rapport de l’IGF, de 44 pages, décrit d’abord une gestion « émaillée d’irrégularités », des indemnités et défraiements « insuffisamment justifiés, voire irréguliers » et des achats « non conformes aux règles de la commande publique ». Une conseillère ordinale a par exemple dépensé 15 000 euros en courses de taxi sur la seule année 2024. Le conseil départemental des Alpes-Maritimes, lui, a acquis une villa de 1 200 m² avec piscine pour 3,9 millions d’euros. L’Ordre a également organisé vingt événements entre 2022 et 2025 pour un budget de 3,1 millions d’euros. Le tout financé par les cotisations obligatoires – récemment augmentées à 365 euros par an – de 341 000 médecins. Ce qui permet à l’Ordre de jouir d’un budget annuel de 111 millions d’euros.

    Les patients, grands oubliés

    Mais c’est sans doute sur la protection des patients, le cœur de sa mission, que l’Ordre faillit le plus gravement. « Le traitement des signalements et des plaintes ne permet pas de garantir que les manquements déontologiques soient effectivement poursuivis », dénonce ainsi l’IGF. L’affaire Joël Le Scouarnec, chirurgien condamné en 2025 à vingt ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur 299 victimes, illustre cette « défaillance majeure de l’action disciplinaire ». Bien que l’Ordre ait été saisi de cette affaire il y a vingt ans, aucune poursuite disciplinaire n’a jamais été engagée.

    Manifestation de soutien aux victimes du chirurgien à la retraite Joël Le Scouarnec au palais de justice de Vannes, le 28 mai 2025 dans le Morbihan

    Plus inquiétant, les inspecteurs estiment que « les conditions ne sont pas réunies pour prévenir la reproduction de situations similaires ». Le collectif de victimes de Joël Le Scouarnec s’en émeut également. « L’Ordre dysfonctionne profondément, y compris dans sa mission première : protéger les patients », ont dénoncé ses représentants à Radio France, vendredi 20 mars.

    À Paris, le chaos électoral

    La crise électorale qui secoue le Conseil départemental de Paris depuis 2024, elle, illustre la « gouvernance opaque et les dysfonctionnements structurels » dont souffre l’Ordre, estime l’IGF. Le tribunal administratif a en effet dû annuler par deux fois ses élections ordinales. Une première fois pour avoir écarté à tort la candidature d’un médecin. Une seconde pour des motifs plus graves encore : des bulletins préremplis et cachetés avaient été distribués aux électeurs.

    Cette annulation des mandats a entraîné une dégradation du service rendu aux médecins comme aux patients. Près de 500 demandes de transfert se sont accumulées sans être traitées ; la formation continue n’était plus prise en charge ; les commissions d’examen des condamnations pénales n’ont pas été constituées et le délai moyen entre une plainte et l’organisation d’une conciliation a augmenté de 44 % entre 2021 et 2025.

    Des rapports similaires en 2019 et 2012

    Ce constat fait écho à un autre rapport, cette fois de la Cour des comptes, qui remonte à… 2019. Les mêmes failles étaient déjà pointées : signalements d’abus sexuels non traités ou sanctionnés « bien après des sanctions pénales », conflits d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique non sanctionnés, comptes poliment qualifiés d’ »insincères « , gestion dispendieuse, etc. Selon la Cour, l’Ordre n’avait que « marginalement tenu compte « de ses recommandations issues d’un autre rapport de… 2012. Visiblement, celles de 2019 n’ont pas davantage porté leurs fruits, puisque sept ans plus tard, les mêmes mots reviennent sous la plume de l’IGF.

    Ce manque de réactivité pourrait parfois prendre les traits d’une marque de fabrique. Ainsi, Didier Raoult n’a été sanctionné par l’Ordre des médecins qu’en octobre 2024, plus de quatre ans après avoir commis pas moins de onze infractions au Code de la santé publique. Quatre ans pendant lesquels l’absence de sanction a servi d’argument à ceux qui relativisaient la gravité des faits. Sans compter que lorsque la sanction est finalement tombée, l’ex-directeur de l’IHU Méditerranée ne pratiquait plus la médecine depuis trois ans déjà.

    Si l’Ordre tarde à sanctionner les comportements dangereux, il fait en revanche preuve d’une célérité déconcertante lorsqu’il s’agit de réprimer des médecins coupables d’avoir… défendu la science. En 2018, 124 professionnels de santé avaient signé une tribune dénonçant les pseudo-médecines, dont l’homéopathie. Une soixantaine d’entre eux a été poursuivie pour « non-confraternité » par des syndicats de médecins homéopathes. Plusieurs ont été condamnés, parfois jusqu’à la suspension d’exercice avec sursis.

    Huit ans plus tard, le feuilleton judiciaire n’est toujours pas terminé, bien qu’il semble enfin tourner en faveur des défenseurs de la science. Le 20 février, le Conseil d’Etat a suspendu l’une de ces sanctions, estimant les moyens de contestation « sérieux ». Un signal fort, qui doit faire comprendre à l’Ordre que la confraternité ne saurait l’emporter sur la dénonciation de pratiques pseudo-scientifiques.

    Dissolution et mise sous tutelle

    Ces problèmes systémiques ont poussé l’IGF à sortir l’artillerie lourde, puisque l’instance recommande de placer sous tutelle et de dissoudre le conseil départemental parisien, de regrouper les conseils au sein d’une entité juridique unique, d’instaurer un contrôle externe, d’élargir la gouvernance aux représentants des patients et d’élaborer une trajectoire de maîtrise des dépenses.

    L’IGF s’interroge aussi sur la capacité de l’Ordre à continuer d’être à la fois le gendarme de la déontologie et le défenseur des intérêts de la profession, puisqu’il rappelle que l’Ordre « formule régulièrement des positions et avis qui relèvent de prises de position corporatistes, au-delà de sa compétence déontologique ». Après 15 années de dérives épinglées dans trois rapports, ce n’est plus seulement la gestion de l’Ordre qui est en cause, mais aussi sa légitimité.



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/derives-de-lordre-des-medecins-le-gardien-de-la-deontologie-est-il-encore-legitime-F4AFZZQHPBAAXGV62ZEGAICKEA/

    Author : Victor Garcia

    Publish date : 2026-03-20 17:00:00

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  • « La ville est morte » : Vierzon, ce fief communiste qui pourrait basculer à l’extrême droite

    Il ne faut pas parler à Bruno de politique. Attablé au soleil sur la terrasse d’un bar du centre-ville de Vierzon, dans le Cher, ce retraité ne suit que « de loin » les élections municipales dans sa ville, sans se soucier « plus que ça » des résultats du scrutin et de leurs conséquences sur son quotidien. En revanche, l’homme connaît par cœur le prix du kilo de tomates, qui peut augmenter de « près d’un euro » en fonction des mois, et a bien conscience que la taille de son rôti chez le boucher a largement diminué « pour le même prix » sur les trois dernières années. La fermeture de nombreux commerces de la rue piétonne du Maréchal Joffre, au cœur de la ville, le désole tout autant – au même titre que le prix d’un repas au restaurant, « petit plaisir » qu’il ne s’offre plus depuis longtemps.

    Malgré ces frustrations, Bruno rejette d’un revers de main l’idée de se rendre aux urnes ce dimanche 22 mars pour tenter de changer les choses. Comme plus de 47 % des Vierzonnais, il n’est pas allé voter lors du premier tour des élections, le 15 mars, et ne compte pas se déplacer davantage une semaine plus tard. « La politique, ça ne m’intéresse pas. Quoi qu’on vote, rien ne change », souffle-t-il, méfiant. Pourtant, dans cette commune de 25 000 habitants située en plein cœur du Centre-Val de Loire, le résultat du second tour pourrait être une déflagration.

    Ancrée à gauche et majoritairement dirigée par des élus communistes depuis plus d’un demi-siècle, Vierzon pourrait bien basculer à l’extrême droite. Au premier tour, la liste de Yannick Le Roux, dite « d’union des droites » – notamment composée de huit candidats RN et soutenue par les partis d’Eric Zemmour, de Marion Maréchal Le Pen et de Nicolas Dupont-Aignan – est arrivée en tête, avec un score de 41 %. Celle de Maryvonne Roux, jusqu’alors adjointe à la Santé de la maire sortante et dont la liste rassemble plusieurs partis de gauche (hors LFI), a de son côté récolté 30 % des voix.

    Un dernier candidat adhérant du MoDem, Ahmed Taoussi, est arrivé en troisième position avec 17,5 % des suffrages pour sa liste dite « centriste » et « sans étiquette ». Au lendemain du premier tour, ce pharmacien, qui s’est engagé avec La République en marche (LREM) dès 2014, a décidé de maintenir sa candidature, afin de se positionner « comme une alternative crédible » pour les habitants. La ville connaîtra donc ce dimanche une triangulaire, dont l’issue est plus qu’incertaine.

    « La ville est morte »

    Dans les commerces et les bars du centre-ville, cette situation inédite est sur toutes les lèvres. Devant sa boutique du bas de la rue du Maréchal-Joffre, l’une des dernières encore ouvertes, Laëtitia ne se dit pas vraiment surprise de cette percée de l’extrême droite, qu’elle a sentie venir depuis longtemps. « La ville est morte, les gens sont fatigués de l’augmentation de tout, ne trouvent pas de boulot, n’ont plus d’argent à dépenser », regrette-t-elle. Dans une commune traumatisée par la fermeture de plusieurs grandes industries dans les années 1990 – dont celle de la fameuse usine Case, emblème de la ville -, où le taux de chômage atteignait en 2022 les 21 % et le taux de pauvreté les 24 %, la commerçante entend souvent parler de ce sentiment de déclassement.

    « Le mot qui revient tout le temps, c’est le ras-le-bol. Les habitants ont le sentiment que rien ne bouge, alors ils se désintéressent de la politique ou tentent de changer leur fusil d’épaule. La moitié des personnes que je connais qui votaient à gauche votent désormais à l’extrême droite », raconte-t-elle. Un retour d’expérience qui se traduit depuis plusieurs années dans les urnes : aux élections législatives anticipées de 2024, la ville de Vierzon a voté à plus de 43 % pour le candidat RN Bastien Duenas. Deux ans plus tôt, lors de l’élection présidentielle de 2022, Marine Le Pen récoltait 48 % des voix.

    Au-delà de la précarité économique des habitants et de ce fort désir de changement, Laëtita a observé l’évolution d’un discours de plus en plus extrême de la part d’amis ou de clients, envenimé par un fort sentiment d’insécurité de certains habitants – notamment face à la montée du trafic de stupéfiants dans la ville. « Honnêtement, les gens se lâchent, j’ai entendu des discours très choquants. Il y a aussi du racisme dans le vote RN, les gens confondent tout, il ne faut pas se mentir », déplore-t-elle. Certains passants interrogés par L’Express n’hésitent pas à faire savoir le fond de leur pensée, l’une expliquant par exemple vouloir « dégager certaines personnes et mettre un bon coup de pied dans la fourmilière », un autre assumant « voter FN depuis l’époque de Jean-Marie Le Pen ». Lassée, Laëtita a de son côté décidé de ne pas voter pour ces élections municipales – une première depuis l’âge de ses 18 ans.

    Sécurité et répression

    Yannick Le Roux, policier qui s’est engagé auprès de Nicolas Dupont-Aignan pour la campagne présidentielle de 2017, puis a milité pour Eric Zemmour pour celle de 2022, souffle sur ces braises. Le candidat a choisi de placer les thématiques de l’insécurité et de l’emploi au cœur de son discours politique. Il indique ainsi vouloir « rétablir l’ordre dans la ville », en appliquant notamment « des mesures fortes contre la criminalité », via une augmentation des caméras de vidéosurveillance et des effectifs de la police municipale, ainsi qu’en armant cette dernière. Tout en promettant de « libérer Vierzon du carcan communiste » afin d’y attirer entreprises et investisseurs.

    En ville, ce discours imprime. « La semaine dernière, je me suis fait menacer de mort par des dealers. J’attends donc de la sécurité et de la répression, ainsi qu’une vraie redynamisation de nos commerces », estime par exemple Carine, électrice de Yannick Le Roux et directrice d’une entreprise d’informatique sur l’avenue principale. Pour d’autres, le brouillage des frontières entre droite et extrême droite fonctionne à plein. Alors que Yannick Le Roux réfute l’étiquette de candidat d’extrême droite, lui préférant celle de leader « d’union des droites », certains électeurs de partis plus traditionnels s’engouffrent dans la brèche. « J’ai toujours voté à droite, pour Les Républicains ou l’UMP. Je continue en votant pour cette liste, parce que je veux que les choses changent. Les communistes sont restés au pouvoir trop longtemps », justifie ainsi le client d’un tabac, qui préfère néanmoins rester anonyme.

    « Ça me fait peur »

    D’autres ne sont pas dupes. Dans le bar PMU situé à quelques pas de la mairie, un client s’alarme du succès de Yannick Le Roux dans sa commune. « Moi, ça me fait peur. Je ne pense pas qu’il y ait plus d’insécurité ici qu’ailleurs, les gens se font avoir par les discours malhonnêtes de l’extrême droite », estime-t-il. « Vous vous rendez compte de ce que c’est que ces idées ? Voter pour eux, c’est tuer l’histoire de Vierzon ! » s’indigne encore ce musicien, qui rappelle la tradition de résistance de la commune lors de la Seconde Guerre mondiale. « Voter à l’extrême droite, ça ne fait pas partie de mes valeurs. Mais je comprends que les gens aient envie de voir un autre parti à la mairie », le coupe Sophie, de l’autre côté du bar. Pour la première fois depuis des années, cette Vierzonnaise s’est remise à voter pour ces élections, et a choisi la liste d’Ahmed Taoussi, en espérant « un vrai changement ».

    Comme d’autres habitants, elle précise que le contexte de l’élection ne l’a pas vraiment incitée à voter pour Maryvonne Roux – qui a dû reprendre en catastrophe, en janvier, la place de la maire sortante Corinne Ollivier, écartée pour des raisons de santé. Le même mois, le député communiste du Cher Nicolas Sansu était suspendu après un dépôt de plainte de l’une de ses anciennes compagnes pour harcèlement. « Les gens ont beaucoup parlé de ça, ces histoires jouent sur le vote », souffle Sophie. Tout comme certaines décisions très concrètes de la mairie, qui ont marqué les esprits. « C’est normal que les éclairages publics se coupent à 23h30 ? On n’ose plus sortir la nuit ! », déplore-t-elle.

    Sophie assure malgré tout qu’elle donnera sa voix à la candidate de gauche pour le second tour des élections, afin de faire barrage à l’extrême droite. Interrogée par L’Express, la maire sortante Corinne Ollivier indique justement compter sur ces revirements de vote, ainsi que sur la mobilisation des abstentionnistes du premier tour, pour faire élire Maryvonne Roux. Alors que le candidat LFI, Thibault Lhonneur (qui a récolté 7,8 % des votes au premier tour) a appelé à ce que « pas une voix n’aille à l’extrême droite », le résultat du 22 mars s’annonce plus que serré. Selon la mairie, près de 300 procurations avaient déjà été déposées jeudi 19 mars – soit une cinquantaine de plus que la semaine dernière.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/la-ville-est-morte-vierzon-ce-fief-communiste-qui-pourrait-basculer-a-lextreme-droite-MOJ4SPBDR5HNPCDWHJWLKLSRAI/

    Author : Céline Delbecque

    Publish date : 2026-03-20 15:54:00

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  • Flotte fantôme russe : un nouveau pétrolier arraisonné en Méditerranée par la France

    La Marine française a arraisonné vendredi 20 mars en Méditerranée occidentale un pétrolier qui, selon le président Emmanuel Macron, appartenait à la flotte fantôme russe, un réseau de navires qui permet à Moscou d’exporter du pétrole malgré les sanctions occidentales.

    Le cargo transportant du pétrole, nommé « Deyna », arborant un pavillon mozambicain, était soupçonné d’arborer un faux pavillon. Le navire avait quitté le port russe de Mourmansk. Des soupçons qui se sont confirmés une fois à bord : « l’examen des documents a confirmé les doutes quant à la régularité du pavillon arboré », a indiqué la préfecture maritime de la Méditerranée dans un communiqué, précisant qu’un signalement au procureur de la République de Marseille, compétent au titre du tribunal maritime, a été fait.

    L’opération a été menée avec les alliés de la France dont le Royaume-Uni qui a participé au suivi du bâtiment, a ajouté la préfecture.

    « Ces navires sont des profiteurs de guerre »

    La Russie, qui fait l’objet de sanctions internationales croissantes à la suite de son invasion en Ukraine en 2022, n’a pas immédiatement commenté la saisie du pétrolier. Elle a par le passé qualifié d’acte de piraterie toute saisie de ses pétroliers ou de navires transportant sa cargaison.

    Conformément au droit international et à la demande du procureur, le navire a été escorté jusqu’à un point d’ancrage pour une inspection plus approfondie, a indiqué la préfecture. « Ces navires, qui contournent les sanctions internationales et violent le droit de la mer, sont des profiteurs de guerre », a écrit Emmanuel Macron dans un message publié sur X. « Ils cherchent à engranger des profits et à financer l’effort de guerre russe. »

    Nous gardons le cap.

    La Marine française a arraisonné ce matin en Méditerranée un nouveau bateau de la flotte fantôme, le Deyna.

    La guerre en Iran ne détournera pas la France du soutien à l’Ukraine où la guerre d’agression de la Russie se poursuit.… pic.twitter.com/ZylRHZ8zHw

    — Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) March 20, 2026

    Il s’agit de la troisième interception de ce type par la France ces derniers mois. En janvier, la France avait arraisonné le pétrolier Grinch entre les côtes sud de l’Espagne et nord du Maroc, le soupçonnant d’appartenir à la flotte fantôme russe. Et en octobre, la Marine française avait arraisonné au large des côtes bretonnes un pétrolier sous sanctions européennes pour son appartenance à la flotte fantôme russe.

    La marine française a aussi prêté main-forte à la Belgique lors d’une autre opération au début du mois de mars.





    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/flotte-fantome-russe-un-nouveau-petrolier-arraisonne-en-mediterranee-par-la-france-M3MDDWAQLVGQBELHMUEYHWDHPU/

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    Publish date : 2026-03-20 13:28:00

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  • Cyberattaques, climat, science… Les maires sont-ils suffisamment armés pour faire les bons choix ?

    Aucun journaliste n’a – à notre connaissance – eu l’idée saugrenue, pendant cette campagne municipale, de demander aux candidats ce qu’ils feraient en cas de rupture d’approvisionnement en masques, comment ils s’y prendraient pour évacuer un périmètre autour d’un site Seveso, ou encore, s’ils sont capables d’interpréter des données épidémiologiques. Et pourtant, les quelque 35 000 maires qui enfileront l’écharpe au soir du 22 mars prochain pourraient bien être confrontés dans leur mandat, à ce type d’exercice qui commande des décisions parfois lourdes de conséquences.

    Feux de forêts, inondations, canicules, sécheresses, pandémie, pénuries sanitaires, émeutes urbaines, cyberattaques… Les Français bien avertis l’auront remarqué ; depuis les dernières élections, en 2020, nos édiles ont eu à gérer tout un cortège de crises. « Beaucoup de nouveaux maires imaginent que l’État prendra les commandes en cas de problèmes. Mais force est de constater que l’État se montre chaque année plus défaillant, laissant la charge aux élus de terrain de gérer les opérations d’urgence — et parfois agir avant même les instructions du préfet », explique Sébastien Leroy, maire LR de Mandelieu-la-Napoule depuis 2017.

    Le maire, nouvel expert malgré lui

    Si les violences et catastrophes naturelles ont toujours fait partie des aléas auxquels les élus peuvent être confrontés, leur intensité et leur diversité ces dernières années ont eu pour conséquence de remodeler, parfois de façon considérable, la fonction de premier magistrat. Or, les réponses à ce type de situations demandent des compétences juridiques, scientifiques, éthiques dans certains cas, qui dépassent largement les frontières traditionnelles de l’action politique locale.

    Une évolution aux conséquences très concrètes. « Quand le préfet parle par exemple de vigilance jaune, il faut que le maire ait le réflexe d’anticiper l’hypothèse d’un passage au rouge ; ce qui est loin d’être aussi automatique qu’on ne le pense », illustre Sébastien Leroy, également coprésident du groupe de travail risques et crises de l’Association des maires de France (AMF).

    Alors qu’il lui suffisait autrefois « d’un ruban tricolore et du bon sens rural », le maire doit aujourd’hui « scruter les particules fines, interpréter les caprices des crues (…) prendre des décisions sur l’adaptation aux risques naturels, l’aménagement urbain durable, la gestion de l’eau et des sols, les effets du changement climatique, les pollutions chroniques », égrène David Smadja, auteur d’une note intitulée Le maire, acteur oublié de la santé publique, publiée mi-février par Le Laboratoire de la République.

    À la gestion de crise, s’ajoute la multiplication des réglementations « qui a elle aussi considérablement complexifié l’exercice de nos fonctions », abonde Sébastien Leroy. Entre 2005 et 2025, le volume du Code de la construction et de l’habitation a augmenté de 108 %, celui du Code de l’urbanisme de 55 %, celui du Code de l’environnement de 343 %, celui du Code du patrimoine de 476 %, et celui du Code général des collectivités territoriales de 122 %, documente un rapport sénatorial publié en 2025.

    Au-delà de limiter la marge de manœuvre des collectivités, cette « obésité normative », selon la formule des sénateurs, exige des élus locaux une maîtrise toujours plus fine des aspects techniques alors même que moins de 10 % d’entre eux disposent d’une formation scientifique ou technique, souligne David Smadja. Le professeur en hématologie à l’Université Paris-Cité s’inquiète notamment « de la fausse tranquillité dans laquelle s’enferment certains élus, pensant qu’il suffit de lire des articles en ligne ou de suivre les débats sur les réseaux sociaux pour comprendre des sujets hautement techniques ».

    Former les maires… ou mieux les entourer ?

    Face aux risques de désinformation, le coprésident du groupe de travail « risques et crises » plaide pour l’instauration d’une formation obligatoire en début de mandat dispensée par les services de l’Etat – préfectures et Direction départementales des territoires et de la mer (DDTM) par exemple. « Ils disposent des cartes de risques et connaissent les menaces auxquelles chaque territoire est exposé, ce qui assurerait une approche adaptée à chaque commune, plutôt qu’une gestion centralisée depuis Paris », défend le maire des Alpes-Maritimes.

    Proposées dans certains départements, les formations des élus locaux demeurent facultatives en France. Les maires auraient pourtant tout intérêt à y participer, assurent ceux qui plaident pour la mise en place d’un caractère obligatoire : « Il ne s’agit pas de transformer nos maires en prix Nobel de physique mais, a minima, de leur expliquer où et auprès de quels acteurs aller chercher les bonnes informations, et surtout, les alerter, dès leur entrée en fonction, l’étendue de leur responsabilité », estime David Smadja.

    Le suivi d’une formation donnerait l’opportunité aux maires de démarrer leur mandat en étant beaucoup mieux armés

    Sébastien Leroy, maire de Mandelieu-la-Napoule

    D’autant que celle-ci peut être mise en cause en cas d’une mauvaise gestion de crise. À Biot, dans les Alpes-Maritimes, l’ancienne maire Guilaine Debras a par exemple été condamnée en 2024 à un an de prison avec sursis pour homicide involontaire après les inondations meurtrières de 2015. La justice lui a reproché une défaillance dans l’activation du plan communal de sauvegarde rédigé par son prédécesseur.

    Du carburant pour la crise des vocations qu’un récent chiffre paru à l’occasion des municipales a mis en lumière : dans deux tiers des communes, la bataille municipale se jouerait à une seule liste. C’est le cas notamment, à Mandelieu-la-Napoule. « Le suivi d’une formation donnerait l’opportunité aux maires de démarrer leur mandat en étant beaucoup mieux armés », défend Sébastien Leroy.

    À L’Express, un primo candidat aux élections municipales, pourtant diplômé d’un bac + 5, confie le vertige que lui provoque la perspective d’une élection dans une ville de près de 50 000 habitants : « Il y a tant d’informations à engloutir, de sujets parfois très techniques à comprendre, qu’on se demande parfois si l’on sera à la hauteur des enjeux ».

    Rapprocher élus et scientifiques

    Mais pour Yves Charpak, médecin et directeur de la Fondation Charpak, une telle entreprise aurait beaucoup de mal à être mise en œuvre ; surtout, celle-ci pourrait charrier en elles les conséquences de ce contre quoi elle prétend lutter. « Les maires croulent déjà sous la lourdeur administrative et réglementaire ; multiplier les obligations, y compris de formation, risque de décourager davantage encore l’engagement local », fait valoir le petit-fils du prix Nobel de physique, Georges Charpak.

    Plutôt que d’imposer un dispositif centralisé, mieux vaudrait donc, suggère-t-il, faciliter l’accès des élus à l’expertise scientifique et multiplier les espaces d’échange entre scientifiques et collectivités. La Fondation Charpak expérimente ainsi différents formats de dialogue, à l’instar de « cafés des sciences » qui réunissent chercheurs et élus autour de questions concrètes, ou des ateliers territoriaux organisés avec Universcience pour favoriser les échanges entre scientifiques, citoyens et élus locaux.

    Sous l’impulsion des pouvoirs publics, des dispositifs locaux sont également sortis de terres ces dernières années, parmi lesquels les contrats locaux de santé, les conseils locaux de santé mentale, ou encore les réseaux territoriaux animés par les Agences régionales de santé (ARS). Si ces structures ont ouvert aux collectivités des espaces d’échange avec les acteurs de la santé publique, l’Association des maires de France plaide pour une diffusion plus large de ces dispositifs et un appui plus systématique de l’État et des ARS, afin qu’ils ne dépendent pas seulement de la volonté des collectivités.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/climat-science-cyberattaques-les-maires-sont-ils-suffisamment-armes-pour-faire-les-bons-choix-C32RDAHGRNC4XL3N5KZKGVRAMY/

    Author : Ambre Xerri

    Publish date : 2026-03-20 11:00:00

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  • EN DIRECT. Guerre en Iran : le porte-parole des Gardiens de la révolution tué dans une frappe

    Les bombardements se poursuivent ce vendredi 20 mars sur des infrastructures énergétiques au Moyen-Orient, faisant craindre une envolée du prix du baril au-dessus des 180 dollars. De nouvelles frappes iraniennes ont visé une raffinerie de pétrole au Koweït cette nuit, provoquant un incendie. Egalement dans le Golfe, un incendie s’est déclenché dans un entrepôt au Bahreïn, a rapporté le ministère de l’intérieur du pays.

    Face aux menaces sur l’approvisionnement en pétrole, l’Agence internationale de l’énergie a formulé ce vendredi matin plusieurs recommandations. La France a quant à elle fait savoir, à l’issue d’un sommet européen, qu’elle entendait « tester les principaux partenaires, et en particulier les membres permanents du Conseil de sécurité » des Nations unies, « sur l’opportunité d’avoir un cadre onusien sur ce que nous voulons faire sur Ormuz ».

    Les infos à retenir

    ⇒ Le porte-parole des Gardiens de la révolution tué dans une frappe

    ⇒ De nouvelles attaques iraniennes contre plusieurs pays du Golfe

    ⇒ Emmanuel Macron évoque un possible « cadre onusien » pour sécuriser le détroit d’Ormuz après la guerre

    09h33

    La BCE a la capacité d’agir « autant que nécessaire » face au conflit au Moyen-Orient, dit le gouverneur de la Banque de France

    La Banque centrale européenne (BCE) a la capacité d’agir « quand ce sera nécessaire et autant que nécessaire » face aux pressions inflationnistes en zone euro induites par la hausse des prix de l’énergie liée au conflit en Moyen-Orient, a déclaré ce vendredi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

    L’institut de Francfort a maintenu jeudi ses trois taux directeurs à leur niveau actuel et a averti que la guerre dans la région assombrissait les perspectives en termes de croissance et d’inflation dans la zone euro.

    « Les dernières nouvelles allaient vers un conflit plus long, plus intense, ce sont donc des effets économiques plus forts », a souligné François Villeroy de Galhau dans l’émission Ecorama, évoquant les frappes de Téhéran menées sur les sites énergétiques des pays du Golfe en représailles à une attaque israélienne contre un important gisement de gaz iranien. « Mais nous avons la capacité d’agir autant que nécessaire et quand ce sera nécessaire », ajoute-t-il. « Nous sommes pleinement déterminés à stabiliser l’inflation à notre cible à moyen terme de 2 %. »

    « Nous disions jusqu’à présent que nous étions dans une ‘bonne position’. Maintenant nous disons que nous sommes ‘bien positionnés’ pour faire face à l’incertitude », indique encore François Villeroy de Galhau, soulignant une formulation « davantage orientée vers l’action ». « Ni inaction, ni surréaction », la BCE a « les yeux sur le ballon et les mains prêtes à agir », assure-t-il.

    09h10

    La reprise en Allemagne menacée par la hausse des prix de l’énergie

    La hausse des prix de l’énergie provoquée par l’escalade de la guerre au Moyen-Orient pourrait mettre en péril la reprise économique en Allemagne et faire remonter l’inflation, selon une analyse de l’institut d’études économiques ZEW consultée par Reuters.

    Selon ZEW, la durée du conflit sera déterminante. Dans le scénario jugé le plus probable par les experts interrogés par l’institut, la guerre durerait jusqu’à trois mois et se traduirait par un maintien des prix de l’énergie à un niveau élevé et par une incertitude forte.

    09h01

    L’Espagne va réduire la TVA sur les carburants à 10 %

    L’Espagne va réduire la TVA sur les carburants à 10 %, contre 21 % actuellement, afin d’atténuer l’impact de la guerre en Iran, rapporte ce matin la radio Ser. Madrid va également supprimer une taxe spéciale sur les hydrocarbures et ainsi réduire les prix du carburant de 0,30 à 0,40 euro par litre, ajoute Ser.

    Plus tôt ce vendredi, le gouverneur de la Banque d’Espagne, Jose Luis Escriva, a estimé auprès de l’agence de presse EFE que toute mesure prise par le gouvernement espagnol pour faire face à l’impact de la guerre contre l’Iran devait être « soigneusement calibrée » pour cibler les secteurs et les groupes les plus durement touchés, tout en restant en vigueur « aussi longtemps que nécessaire » mais pas davantage.

    08h56

    Le porte-parole des Gardiens de la révolution tué dans une frappe

    Le porte-parole des Gardiens de la révolution iraniens, Ali-Mohammad Naïni, a été tué lors de frappes lancées par les États-Unis et Israël, rapporte ce vendredi la télévision d’État iranienne.

    Dans un message sur Telegram, les Gardiens de la révolution condamnent une « attaque terroriste lâche (…) à l’aube du dernier jour du mois sacré du ramadan ».

    08h00

    L’Iran assure qu’il poursuit sa production de missiles

    Les Gardiens de la révolution affirment ce vendredi que la production de missiles se poursuit pendant le conflit et qu’ils ne font face à aucune pénurie, alors que Benyamin Netanyahou a affirmé hier que la guerre avait détruit les capacités balistiques de l’Iran. « Notre industrie balistique mérite une note parfaite(…). Il n’y a aucune inquiétude à ce sujet, car même en temps de guerre, nous continuons à fabriquer des missiles » a déclaré le porte-parole des Gardiens, Ali-Mohammad Naïni, cité par l’agence de presse Fars.

    07h47

    De nouvelles frappes israéliennes au sud du Liban

    Plusieurs localités du sud du Liban ont été touchées ce vendredi matin par des frappes israéliennes, rapporte l’Agence nationale de l’information libanaise (NNA), selon qui « des avions de guerre ennemis israéliens ont frappé à l’aube » des villes des districts de Tyr et de Bint Jbeil. Les forces israéliennes ont aussi frappé cinq autres villes du sud du pays, précise-t-elle.

    07h24

    L’AIE appelle à utiliser les transports publics, en réponse à la flambée des prix de l’énergie

    L’Agence internationale de l’énergie a présenté ce vendredi plusieurs mesures de crise pour faire face à la flambée des prix de l’énergie. Parmi les principales préconisations formulées : privilégier le télétravail, réduire les limitations de vitesse sur les autoroutes d’au moins 10 kilomètres par heure, privilégier les transports publics et éviter les déplacements en avion lorsque d’autres moyens de transport sont disponibles.

    07h08

    Les prix du pétrole pourraient dépasser les 180 dollars le baril, selon le Wall Street Journal

    Les responsables du secteur pétrolier en Arabie saoudite prévoient que les prix du pétrole pourraient dépasser les 180 dollars le baril si les perturbations liées à la guerre en Iran devaient se prolonger jusqu’à la fin du mois d’avril, selon le Wall Street Journal.

    07h00

    De nouvelles attaques contre plusieurs pays du Golfe, un incendie se déclare dans une raffinerie au Koweït

    La compagnie pétrolière d’État du Koweït, KPC, a déclaré que sa raffinerie de Mina Al-Ahmadi avait été touchée par plusieurs attaques de drones tôt ce vendredi, provoquant un incendie dans certaines unités, sans qu’aucune victime ne soit signalée dans un premier temps, a indiqué l’agence de presse officielle koweitienne. Les pompiers sont intervenus immédiatement, et plusieurs unités ont été mises à l’arrêt par précaution afin d’assurer la sécurité des travailleurs.

    Egalement dans le Golfe, des éclats provenant d’une « agression iranienne » ont provoqué un incendie dans un entrepôt au Bahreïn, a rapporté le ministère de l’intérieur du pays, où les sirènes d’alerte anti-aériennes avaient été activées. Le feu a été maîtrisé et n’a pas causé de victime.

    En Arabie saoudite, six drones ont par ailleurs été « interceptés et détruits » dans l’est du pays et un autre dans le Nord, selon le ministère de la défense.

    06h45

    Emmanuel Macron suggère un cadre onusien pour l’avenir du détroit d’Ormuz

    Emmanuel Macron a de nouveau appelé jeudi soir à la désescalade au Moyen-Orient, alors que la guerre en Iran a provoqué une flambée des prix de l’énergie. « La position de la France est strictement défensive. Elle vise à protéger nos ressortissants et nos intérêts, à soutenir nos alliés régionaux et à préserver la liberté de navigation et la souveraineté maritime et tout faire pour aider à la désescalade », a-t-il rappelé lors d’une conférence de presse organisée à l’issue du sommet.

    Le président français a également déclaré vouloir « tester les principaux partenaires, et en particulier les membres permanents du Conseil de sécurité » des Nations unies, « sur l’opportunité d’avoir un cadre onusien sur ce que nous voulons faire sur Ormuz », a déclaré Emmanuel Macron. « Nous ne participerons à aucune ouverture de force du détroit dans le contexte des opérations de guerre et des bombardements en cours », a-t-il insisté.

    06h40

    L’Iran ne peut plus enrichir de l’uranium ni fabriquer des missiles balistiques, selon Benyamin Netanyahou

    Un jour après qu’Israël a attaqué le principal champ gazier iranien dans une forte escalade de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, Benyamin Netanyahou a affirmé lors d’une conférence de presse jeudi soir que Téhéran n’avait plus la capacité d’enrichir de l’uranium, une affirmation contestée par l’organisme de surveillance nucléaire de l’ONU.

    Le Premier ministre israélien a aussi déclaré jeudi que des pipelines devraient être construits afin de transporter le pétrole et le gaz du Moyen-Orient à travers la péninsule Arabique jusqu’aux ports israéliens, afin d’éviter les menaces de l’Iran dans le détroit d’Ormuz et dans d’autres eaux du Golfe. Il a par ailleurs assuré voir des « fissures » au sein du pouvoir iranien comme « sur le terrain ».



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-moyen-orient-nouvelles-attaques-contre-plusieurs-pays-du-golfe-un-incendie-dans-une-N5YCBQRIYFBTRLSBTZI55YUMB4/

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    Publish date : 2026-03-20 08:45:00

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  • Mujtaba Rahman : « De l’Ukraine à l’Iran, les Français sont au cœur de la réponse européenne »


    Groenland, Chypre, Ukraine, Liban, Iran, dissuasion nucléaire… Depuis le début de l’année, la diplomatie française est sur tous les fronts et Emmanuel Macron s’attire les éloges de la presse internationale. En Allemagne, la Süddeutsche Zeitung titrait récemment sur le « sans-faute » réalisé par le président français face à la guerre en Iran, qui place pourtant les Européens dans une situation extrêmement délicate, victimes collatérales d’une guerre décidée par leurs alliés historiques de Washington et d’Israël.

    Basé à Londres, Mujtaba Rahman, directeur de la branche Europe de l’Eurasia Group, un cabinet spécialisé dans l’analyse des risques géopolitiques, suit au plus près les coulisses du pouvoir sur notre continent. Pour L’Express, il décrypte la place centrale prise par la diplomatie française en Europe, notamment grâce à sa puissance militaire et à l’omniprésence internationale de son président.

    L’Express : Depuis le début de la guerre en Iran, la diplomatie menée par Emmanuel Macron a été saluée à l’étranger et fait plutôt consensus en interne, ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Comment jugez-vous le rôle joué par la France dans ce moment délicat pour l’Europe ?

    Mujtaba Rahman : Emmanuel Macron est le premier parmi ses pairs. A la fois sur le plan conceptuel et dans le concret, il reste probablement l’un des leaders les plus influents du Conseil européen. La France a un gouvernement doté d’une culture stratégique qui repose sur ses capacités nucléaires et sa dissuasion. Sur tous les grands théâtres actuels de conflit dans le monde, qu’il s’agisse de la Russie, de l’Ukraine, de l’Iran ou du Liban, les Français se trouvent au cœur de la réponse européenne.

    La diplomatie française demeure importante et influente, mais elle se révèle aussi la plus innovante : je pense en particulier au compte « French Response », mis en place sur les réseaux sociaux par le ministère des Affaires étrangères et qui s’attaque à la désinformation de manière stimulante, directe, amusante… C’est un changement dans la conception de la diplomatie qui s’avère très efficace.

    La France s’est aussi démarquée en envoyant des frégates à Chypre et le porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée. A quel point l’armée française compte-t-elle pour l’Europe aujourd’hui ?

    Énormément ! La France est LA puissance militaire de l’Union européenne. Cette situation pourrait changer à moyen terme, car l’Allemagne possède quelque chose que la France n’a pas, à savoir une puissance de feu budgétaire, une puissance de feu fiscale et une marge de manœuvre fiscale. D’ici la fin de la décennie, l’Allemagne dépensera probablement un à deux fois plus d’argent que la France dans son complexe industriel de défense et son armée. Dans dix ans ou plus, la question se posera donc de savoir si la France conservera ce rôle de leader militaire en Europe ou si ce sera l’Allemagne. Aujourd’hui, c’est la France sans hésitation avec, en dehors de l’UE, le Royaume-Uni. C’est pourquoi la France et le Royaume-Uni forment la colonne vertébrale de la Coalition des volontaires.

    Bien entendu, le problème de la France reste le désordre dans ses finances publiques et le gouvernement minoritaire de Sébastien Lecornu n’a pas été en mesure de poser des bases durables pour les assainir.

    La France est aussi montée en première ligne de la crise du Groenland début janvier, en envoyant des soldats sur place. Quels bénéfices concrets Paris tire-t-il de cette diplomatie très active ?

    Dans ce cas précis, cela a découragé Donald Trump d’envahir le territoire d’un allié de l’Otan. Macron et les autres dirigeants européens ont montré très clairement aux Américains les conséquences qu’il y aurait à s’attaquer à la souveraineté d’un Etat membre de l’Alliance : représailles commerciales, utilisation de l’instrument anti-coercition, disparition effective de l’Otan en tant qu’institution. Et je pense que la France et d’autres pays ont fait preuve d’une grande capacité à communiquer les implications militaires, politiques et économiques d’une rupture de ce type, à la fois pour l’administration Trump mais aussi pour l’alliance transatlantique. Pour cette seule raison, l’opinion publique américaine et le Congrès se sont alors mobilisés. La combinaison de cette alerte européenne et du désaveu public aux Etats-Unis a déclenché une réaction du marché qui a contraint Trump à se retirer. S’il y a bien une chose que Trump comprend, c’est la Bourse : rouge, mauvais ; vert, bon.

    Des soldats européens, notamment danois et français, au Groenland, le 17 septembre 2025.

    Les Européens agissent de manière similaire sur le dossier iranien aujourd’hui : l’affaire du Groenland leur a appris que Trump comprend la force et l’unité. Les Européens ne vont pas rouvrir le détroit d’Ormuz, ils ne vont pas se laisser entraîner dans une guerre qu’ils jugent illégale. Ils vont protéger leurs alliés dans le Golfe et n’organiseront des missions pour escorter les navires qu’une fois que la guerre sera terminée, que les tirs auront cessé. C’est un message très fort envoyé par les Français et les Allemands, à la fois articulé et coordonné, qui empêche l’administration américaine de bousculer les Européens malgré ses menaces incessantes.

    Depuis le début de cette crise au Moyen-Orient, le chancelier Merz a été critiqué en interne pour ses hésitations diplomatiques et par les Espagnols pour son silence dans le bureau Ovale pendant que Donald Trump s’en prenait à Pedro Sanchez. Percevez-vous un changement de dynamique pour le dirigeant allemand ?

    Non, je suis en désaccord avec ces critiques. Je pense que Merz est bien meilleur que son prédécesseur, Olaf Scholz, qui était zéro sur les questions géopolitiques, sur la diplomatie européenne, et qui n’avait pas de vision du monde. Merz est bien meilleur, il comprend la géopolitique, il comprend l’importance d’une relation franco-allemande solide, il comprend l’importance d’une UE plus forte. Il s’y connaît en géopolitique et, plus important, il aime ça.

    Merz a très bien maîtrisé sa visite dans le bureau Ovale avec Donald Trump pour à la fois établir une relation bénéfique et en même temps se montrer ferme. Maintenant, il peut être impulsif, émotif, il peut parfois s’engager sur des questions qui ne sont pas complètement réfléchies ou préparées, comme l’utilisation d’actifs russes gelés où il a manifesté son soutien à un accord alors que celui-ci n’était pas en place et qu’il n’était, en fin de compte, pas réalisable. Un dirigeant politique plus prudent, comme Angela Merkel, se serait montré plus stratège. Mais c’est une nette amélioration par rapport à Scholz et il gère très bien son rapport avec Macron : la relation entre les deux hommes est bonne, ils parlent fréquemment, ils s’aiment bien, et leurs entourages s’apprécient. Leur problème commun est qu’ils sont tous deux assez faibles sur leurs scènes domestiques et cela risque de miner leurs ambitions communes.

    A quel point cette faiblesse d’Emmanuel Macron sur la scène intérieure, couplée à la présidentielle de l’année prochaine, joue-t-elle sur son influence internationale ?

    Cela a un impact, clairement. La France n’a pas réussi à obtenir l’utilisation des actifs gelés de la Russie pour armer l’Ukraine, ce qui aurait permis à Kiev de disposer d’une réserve de financements pour les deux prochaines années et aurait envoyé un signal très fort à Vladimir Poutine, à savoir que la détermination européenne en faveur de l’Ukraine reste entière et intacte. Macron n’a pas non plus réussi à influencer les débats sur le Mercosur parce que l’Assemblée nationale aurait de toute façon rejeté l’accord européen.

    Le paradoxe est que Macron s’est imposé comme le champion de l’autonomie stratégique or ces deux dossiers, l’utilisation des avoirs russes gelés et le Mercosur, auraient été de très bons exemples d’autonomie stratégique européenne et pourtant la France était l’une des raisons pour lesquelles ces questions n’ont pas pu avancer. Sa faiblesse sur la scène intérieure a nui au rôle de l’Europe dans le monde.

    De nombreuses spéculations circulent sur un rôle international pour Emmanuel Macron après la fin de sa présidence. Quel poste le voyez-vous endosser ?

    Il voudra peut-être revenir à l’Elysée en 2032. A Bruxelles, certains évoquent un super président de l’UE, qui combinerait les postes de président de la Commission européenne et du Conseil européen, une fusion d’Antonio Costa, Ursula Von der Leyen mais aussi du rôle de Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères tenu par Kaja Kallas.

    C’est une possibilité, car je ne vois aucun poste européen actuel suffisamment important pour Macron, à part éventuellement président de la Commission. Il est jeune, avec encore une brillante carrière devant lui : je ne pense pas que nous assisterons à la fin d’Emmanuel Macron l’année prochaine. Il aura à coup sûr un rôle à jouer en politique européenne, d’une manière ou d’une autre.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/mujtaba-rahman-de-lukraine-a-liran-les-francais-sont-au-coeur-de-la-reponse-europeenne-RFWGWROP3BE5XMJOW27YLHTEF4/

    Author : Corentin Pennarguear

    Publish date : 2026-03-20 06:00:00

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  • Le RN et la droite : Jordan Bardella a pris ses distances avec la ligne de Marine Le Pen

    Love me, please love me… Les élections municipales lèvent le voile sur certains attachements. Voici soudain Jordan Bardella mué en avocat de la droite. « M. Zemmour et Mme Knafo ont fait un mal considérable à la droite (NDLR : en éparpillant les voix) », a déploré le président du Rassemblement national, ce mardi, invité du 20h de TF1. « Moi je suis dans une démarche d’ouverture : est-ce que le rôle de la droite, c’est de s’unir ou d’exclure en l’occurrence ceux qui ambitionnent de battre la gauche ? », interroge-t-il, évoquant le cas des élections municipales parisiennes, avant d’assurer qu’il aurait voté, à titre personnel, pour Rachida Dati. Jusqu’aux dernières nouvelles, Jordan Bardella pourtant n’est pas électeur à Paris, et encore moins un représentant de « la droite ». Marine Le Pen, quant à elle, s’est contentée d’appeler à faire barrage à la gauche. Un cadre frontiste note la différence d’approche. « Ce n’est pas la même chose, l’un vote pour, l’autre appelle à voter contre. »

    « Je suis poursuivie par cette arlésienne depuis 25 ans, c’est horrible, se désespérait encore Marine Le Pen en novembre 2025 devant les journalistes parlementaires. (…) Donc je vais répéter pour la énième fois, je ne suis pas pour l’union des droites, je ne suis pas pour sauver la droite. Venir s’adresser exclusivement à une droite qui par ailleurs est de plus en plus faible ne m’apparaît ni être une bonne chose pour le pays, ni susceptible de créer les conditions d’une union nationale. » Deux têtes d’affiche, deux lignes, au sein du parti d’extrême droite. Dans sa campagne d’entre deux tours, Marine Le Pen, mobilisée sur le terrain, n’a pas eu un mot pour « la droite » ou pour les Républicains, préférant se revendiquer du « populisme ». « Si être populiste c’est être au service des Français, alors nous sommes fiers d’être populistes », a-t-elle assuré depuis Châlons-en-Champagne, où les dirigeants du RN tenaient un meeting, ce mercredi.

    Deux lignes au Rassemblement national

    C’est que depuis de longues années Marine Le Pen a toujours méprisé « la droite » qui le lui rendait bien. Interrogée sur LCI, en janvier 2025, concernant la nécessité de réduire le nombre de fonctionnaires, elle tacle encore : « Mais non, ça c’est des trucs de droite ! ». Pendant ce temps, Jordan Bardella renouvelle son ambition de parler aux patrons et son amour de la croissance, il répète qu’il a ce qu’il appelle un « ethos de droite ». Quand son mentor rejette encore et toujours tout ce qui a trait à « la droite » ou aux Républicains, le jeune président du RN en convoque les figures, tend la main aux appareils et supplie ses représentants de l’intégrer au sein de la grande famille. Pour mieux se rendre acceptable, il prend soin de se dissocier publiquement des groupuscules radicaux – pourtant consubstantiels du parti qu’il dirige. Il tente, quitte à se positionner en faveur de l’ex-ministre macroniste Rachida Dati, de prendre ses distances par rapport aux autres partis d’extrême droite, comme Reconquête !, qu’il accuse désormais de porter atteinte à la grande famille. Ou l’art de se revendiquer d’un camp qui ne veut pas de soi.

    Bruno Retailleau a réaffirmé sa stratégie, dans cet entre-deux tours : ni LFI, ni Rassemblement national. Parce qu’il sait, aussi, qu’intégrer le RN dans sa famille politique au sens large signerait l’arrêt de mort des Républicains. Que Nicolas Sarkozy considère Jordan Bardella comme un « petit gars du RPR » n’y change rien. Le patron du RN ne sera jamais l’un des siens. En interne, d’ailleurs, la ligne mariniste a la vie dure, et beaucoup restent convaincus que cette approche est la bonne pour conquérir le pouvoir. « Jordan Bardella a le droit d’être de droite, concède un cadre. Mais la ligne de Marine Le Pen, c’est de dire que ce n’est pas le canevas qu’on pose sur la vie politique. » Au sein du parti, plusieurs s’interrogent : si Jordan Bardella était candidat à la présidentielle, enterrerait-il pour de bon la doctrine du « ni-droite ni-gauche » pour devenir le nouveau héraut de la droite ? Un proche de Marine Le Pen tranche : « Il peut le faire, mais je pense que s’il transforme ce que Marine a fait du RN, il se cassera la gueule. »



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/rn/le-rn-et-la-droite-comment-jordan-bardella-a-pris-ses-distances-avec-la-ligne-de-marine-le-pen-NIVO5QSS3NCMLAAY7GFWAF5ZKE/

    Author : Marylou Magal

    Publish date : 2026-03-19 15:54:00

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  • La Hongrie de Viktor Orban

    Chasse aux migrants, attaques contre les ONG. la Hongrie de Viktor Orban multiplie les lois controversées et embarrasse l’Union européenne. Notre dossier.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/la-hongrie-de-viktor-orban_1899162.html

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    Publish date : 2026-03-19 16:58:00

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  • Prix du pétrole, inflation… L’économie américaine est-elle assez solide face à la guerre au Moyen-Orient ?

    Pour le moment, elle assure ne pas s’en préoccuper. Alors que les objectifs de la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran demeurent nébuleux, l’administration républicaine à Washington balaie d’un revers de main les possibles conséquences sur l’économie américaine. Y compris la récente flambée du pétrole, dont Donald Trump ne semble pas inquiet. « Les États-Unis sont de loin le plus grand producteur de pétrole au monde, donc lorsque les prix du pétrole augmentent, nous gagnons beaucoup d’argent », a développé le dirigeant américain le 12 mars, sur sa plateforme Truth Social. « MAIS, en tant que président, ce qui est beaucoup plus important pour moi, c’est d’empêcher un empire du mal, l’Iran, de se doter d’armes nucléaires et de détruire le Moyen-Orient, voire le monde entier. » Pour lui, l’intérêt stratégique de l’intervention israélo-américaine contre la République islamique serait donc bien supérieur aux répercussions dans le portefeuille des Américains.

    Flambée des prix du pétrole… et de l’énergie ?

    Pourtant, la perspective d’une guerre qui se prolonge au Moyen-Orient suscite nombre d’inquiétudes de l’autre côté de l’Atlantique. Comme pour beaucoup de puissances occidentales ou émergentes, le blocage partiel du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, n’est pas sans effet sur les tarifs du carburant au sein des frontières américaines. Les cours des hydrocarbures explosent : ce mercredi, le prix du baril de Brent a dépassé les 107 dollars, tandis que son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), est monté au-dessus de 97 dollars. Des chiffres très élevés, qui témoignent de marchés sous extrême tension face à l’arrêt d’une partie de la production dans la péninsule arabique et des bombardements sur certaines infrastructures.

    Certes, Washington peut compter sur ses propres gisements de pétrole pour limiter la casse, voire profiter de la hausse des cours au moment d’exporter l’or noir issu de sa production. Mais, au-delà de cet aspect commercial, l’impact d’une telle hausse sur les prix à la consommation pourrait, lui, être très douloureux pour les entreprises et les ménages américains. « Je ne pense pas que notre économie soit en mesure de supporter un prix du pétrole de 100 dollars le baril, c’est tout simplement impossible », a réagi l’économiste américain E.J. Antoni, auprès du Financial Times. L’été dernier, Donald Trump avait songé à nommer ce spécialiste à la tête du Bureau des statistiques du travail, avant de se raviser.

    Bien que compatible avec la vision économique du républicain, il pointe aujourd’hui les risques d’une inflation plus forte. « La baisse des prix de l’énergie observée en 2025 a contribué à exercer une pression à la baisse sur les prix dans l’ensemble de l’économie », poursuit E.J. Antoni, toujours cité par le quotidien britannique. « Or, la hausse des prix de l’énergie va avoir l’effet inverse et exercer une pression à la hausse sur les prix dans l’ensemble de l’économie. » Mercredi 18 mars, face à cette perspective inflationniste, la Fed a d’ailleurs maintenu ses taux directeurs au même niveau. Au grand dam de Donald Trump, qui réclame depuis des mois le départ de Jerome Powell, à la tête de l’institution. « Le choc pétrolier exercera toujours une pression à la baisse sur les dépenses et l’emploi, et une pression à la hausse sur l’inflation », a précisé le responsable, après l’annonce de cette décision.

    Incertitude exacerbée

    Mais, lors de son intervention, Jerome Powell a insisté sur un point : l’incertitude engendrée par la guerre au Moyen-Orient. « Nous ignorons tout simplement quelles seront les conséquences de cela, et en réalité, personne ne le sait », a-t-il exposé. « Les répercussions économiques pourraient être plus importantes, moins importantes, beaucoup moins importantes ou beaucoup plus importantes. Nous n’en savons rien. » Pandémie de Covid-19, conséquences de la guerre en Ukraine, bataille douanière initiée par Donald Trump… Ces dernières années, le manque de visibilité s’est prolongé au fil des crises touchant la planète. Dans ce contexte, « l’économie mondiale a montré sa robustesse l’an dernier, malgré les incertitudes liées aux droits de douane », explique Diane Swonk, économiste en cheffe de KPMG, interrogée dans un article des Échos. Toutefois, ajoute l’experte, « l’incertitude est devenue systémique et persistante : elle agit comme une taxe sur l’économie ».

    Or, le pouvoir républicain se montre à l’heure actuelle particulièrement flou sur toute éventuelle date de sortie de guerre. Après avoir ordonné les premiers bombardements sur l’Iran, Donald Trump avait évoqué une durée de « quatre à cinq semaines » de conflit. Si celui-ci venait à se prolonger au-delà, les conséquences sur l’économie se feraient de plus en plus fortes au fur et à mesure des semaines. Surtout, un enlisement de la crise s’ajouterait aux « fragilités intrinsèques » déjà connues ces derniers mois par les États-Unis, explique à Politico Gregory Daco, économiste en chef du cabinet EY-Parthenon. « Les mécanismes de protection habituels qui empêcheraient tout type de choc externe – comme un choc pétrolier – d’affecter l’économie de manière disproportionnée sont plus faibles que d’habitude », précise ce dernier.

    Spectre d’une « stagflation »

    Des vulnérabilités déjà apparues avant même le début de la guerre au Moyen-Orient. Si 130 000 emplois ont été créés aux États-Unis en janvier, 92 000 ont ensuite été perdus le mois suivant. L’estimation de la croissance au dernier trimestre 2025 a été revue à la baisse, passant de 1,4 % à 0,7 %. Comme certains autres experts, Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie en 2001, juge même crédible le risque d’une « stagflation » aux États-Unis. Cette combinaison rare d’un fort taux de chômage, d’une importante inflation et d’une activité économique tournant au ralenti aurait des effets délétères sur la consommation des ménages, mais aussi sur la capacité d’investissement des entreprises. Tant de facteurs, qui, finalement, influent aussi sur la création de richesse du pays. Un scénario désastreux, en somme, que les États-Unis souhaiteront éviter à tout prix.

    Mais, à ce stade, l’heure n’est pas au catastrophisme à Washington. Invité de CNBC mardi, Kevin Hassett, a admis qu’une guerre prolongée au Moyen-Orient « pénaliserait les consommateurs ». « Nous devrions réfléchir aux mesures à prendre si cela continuait », a-t-il ajouté. Tout en précisant que cette question constituait pour l’instant le « dernier problème » de l’administration Trump. Mercredi, le vice-président J.D. Vance a tenté d’apparaître plus compréhensif face aux difficultés rencontrées par les Américains en raison de la hausse du tarif des carburants. « On sait que les gens en souffrent et on fait tout ce qu’on peut pour assurer que les prix restent bas », a lancé le responsable. Celui-ci a assuré que Donald Trump annoncerait dans les prochains jours des mesures sur ce sujet.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/prix-du-petrole-inflation-leconomie-americaine-est-elle-assez-solide-face-a-la-guerre-au-moyen-X2ZVQIAE4JH2FMAWKMHHVT4PEU/

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    Publish date : 2026-03-19 18:34:00

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  • « Une filière prometteuse à l’ère de l’IA ? La programmation ! » : l’analyse pleine d’optimisme d’Andrew McAfee (MIT)

    Il est un des meilleurs spécialistes du progrès technologique au monde. Auteur de plusieurs best-sellers, dont Le Deuxième Age de la machine (Odile Jacob), coécrit avec l’économiste Erik Brynjolfsson, professeur à Stanford, Andrew McAfee détonne par son optimisme à l’heure où l’intelligence artificielle est attaquée de toutes parts, pour ses effets sur la planète comme pour son impact supposé sur les emplois. Le chercheur au Massachusetts Institute of Technology (MIT) se « réjouit que ces technologies extrêmement puissantes émergent aujourd’hui ». Car, explique-t-il, « nous avons besoin d’elles pour maintenir et accroître notre niveau de vie, dans un contexte de mutation de nos systèmes économiques et de vieillissement démographique. »

    L’économiste place beaucoup d’espoir dans l’IA générative, dont il juge les progrès de ces dernières années impressionnants. Surtout, il ne croit pas au scénario d’un chômage technologique de masse : « dans les phases de destruction créatrice, il est toujours plus facile d’anticiper les destructions que les créations ». Entretien.

    L’Express : Dans Le deuxième Age de la machine, vous expliquiez que la révolution technologique digitale est aussi importante que la révolution industrielle. Vous écriviez cela avant même le boom de l’intelligence artificielle générative…

    Andrew McAfee : La révolution industrielle et la machine à vapeur ont permis à l’humanité de dépasser les limites de notre force musculaire en démultipliant notre force physique, dans des proportions inimaginables. Dans ce livre, publié il y a douze ans maintenant, nous soutenions que cette nouvelle révolution technologique est en train d’amplifier non pas nos muscles, mais nos capacités cognitives. Il faut réaliser à quel point cela représente un bouleversement majeur dans l’histoire de l’humanité, aussi important que celui provoqué par la révolution industrielle. Depuis, nous assistons à l’essor fulgurant du « machine learning » et de l’IA générative, qui est devenue, en trois ans seulement, d’une puissance et d’une importance phénoménales. Je pense pouvoir dire, sans trop prendre de risque, que notre prévision était plutôt correcte.

    Les discussions sur la technologie et l’IA sont souvent anxiogènes. Au contraire, vous semblez faire preuve d’un optimisme à toute épreuve. Pourquoi ?

    Les êtres humains ont un bilan plutôt solide face aux technologies puissantes et transformatrices. Si on regarde les deux cent cinquante dernières années, selon presque tous les indicateurs auxquels on peut penser, la condition humaine s’est nettement améliorée sur cette période. Par exemple, il y a aujourd’hui moins de personnes vivant dans l’extrême pauvreté qu’en 1800, en valeur absolue, alors même que la population mondiale a été multipliée par huit.

    Bien sûr, la révolution industrielle a eu son lot de pages sombres, mais globalement, la tendance générale est indiscutable : nous sommes plus nombreux, nous vivons plus longtemps, nous n’avons jamais aussi bien combattu les maladies, les êtres humains n’ont jamais eu autant de choix et de libertés, etc. Où que vous soyez dans le monde, il y a de très grandes chances que vous bénéficiiez d’un niveau de vie matériel largement supérieur à celui des plus riches il y a deux cent cinquante ans. Pour toutes ces raisons, même si je comprends le scepticisme actuel à l’égard du progrès technologique, quiconque s’adonne à un examen minutieux des faits devrait arriver à une conclusion optimiste.

    Certains rétorqueront que certes, l’être humain vit mieux, mais cela se fait au détriment de l’environnement…

    C’est vrai. Nous avons lourdement pesé sur la planète. Les niveaux de pollution n’ont jamais été aussi élevés, certaines espèces ont disparu, et la majorité de la surface de la terre a été convertie en terres cultivables. C’est comme si pendant deux siècles, l’humanité n’avait pensé qu’à servir ses intérêts en faisant tout pour améliorer son bien-être. Cela donne le sentiment qu’il doit nécessairement y avoir un arbitrage entre l’amélioration de la condition humaine, et la préservation de la nature.

    Grâce au progrès technologique, nous pouvons améliorer la condition humaine tout en préservant la nature.

    Or, dans mon livre More from Less (Scribner), je montre qu’au cours des cinquante dernières années, nous avons appris à alléger notre impact sur l’environnement : les niveaux de pollution ont baissé, certaines espèces autrefois en danger d’extinction ne le sont plus, les surfaces terrestres et marines placées sous protection ont augmenté, la reforestation progresse. De nombreux pays, les plus riches en particulier, deviennent de plus en plus verts. Bref, les bonnes nouvelles écologiques ne manquent pas. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problème ou que tout est parfait. Le réchauffement climatique est réel, grave, et nous ne faisons toujours pas assez pour lutter contre.

    Mais grâce aux progrès technologiques faramineux des dernières années, nous disposons des outils pour poursuivre simultanément ces deux objectifs : améliorer la condition humaine et préserver la nature. Surtout avec le développement de l’intelligence artificielle, que j’utilise tous les jours et qui continue à me stupéfaire. Je suis convaincu qu’elle va prolonger et accélérer cette dynamique d’amélioration de la qualité de vie des humains et de protection de l’environnement. Cela me rend profondément optimiste.

    Erik Brynjolfsson, dans un article publié dans le Financial Times, a montré, en s’appuyant sur de nouvelles données émanant du bureau des statistiques du travail des Etats-Unis, que pour la première fois, l’effet de l’IA sur la productivité aurait été détecté. Est-ce que cela vous étonne ?

    Il faut d’abord revenir sur l’historique de ce débat. Dans les années 1980, l’économiste Robert Solow a lancé cette formule devenue célèbre : »on voit l’ère informatique partout, sauf dans les statistiques de la productivité ». Et effectivement, le progrès technologique avait beau être impressionnant, on ne voyait pas ses effets dans la croissance de la productivité américaine. C’est ce qu’on appelle le paradoxe de Solow, selon lequel des inventions technologiques importantes peuvent ne pas avoir d’effet sur la productivité d’un pays.

    Dans le milieu des années 1990, la plupart des chercheurs qui s’intéressaient à cette question s’accordaient pour dire que la situation avait changé, car la productivité avait nettement accéléré et s’était maintenue à un niveau élevé. Les optimistes de la technologie, dont je suis, y ont vu la confirmation que l’âge d’or de la productivité, portée par la numérisation, était enfin là. Mais vers 2004, la croissance de la productivité a de nouveau ralenti, sans que personne ne l’ait anticipée.

    Ce que montre l’article d’Erik Brynjolfsson,c’est que les chiffres semblent à nouveau se réorienter à la hausse. Pour l’instant, il est trop tôt pour dire si ce rebond est temporaire ou durable. Avec Erik, nous parions sur la seconde hypothèse. Depuis une douzaine d’années, les entreprises du monde entier déploient le « machine learning » et les formes antérieures d’intelligence artificielle, en apprenant progressivement à les intégrer dans leurs processus. Ce travail a été lent, complexe, et exigeant. Mais nous commençons tout juste à voir les effets, et ça n’est que le début. Et il faut prendre en compte l’arrivée, très récente, de l’IA générative ! Là encore, je suis très optimiste quant à la trajectoire future de la productivité.

    Que sait-on, à ce stade, des effets de l’IA sur les emplois ? Ne craignez-vous pas, comme d’autres, que nous ne nous dirigions vers un monde avec beaucoup moins de travail ?

    Pour le moment, rien ne laisse présager un chômage technologique massif.

    Cette peur revient à chaque fois qu’une nouvelle technologie particulièrement puissante émerge. Ce fut le cas avec la machine à vapeur, les ordinateurs centraux, le moteur à combustion interne, etc. Mais jusqu’à présent, aucune de ces innovations n’a eu pour conséquence un chômage technologique de masse. La question que tout le monde se pose aujourd’hui, c’est de savoir si avec l’IA, les choses vont changer ou non. L’intelligence artificielle générative peut accomplir de nombreuses tâches pour lesquelles on recruterait un être humain. Et ces modèles progressent très vite. Rien que dans les derniers mois, leurs performances se sont nettement améliorées, et de plus en plus d’experts estiment que des emplois qualifiés seront menacés. On observe bien quelques signes préliminaires, encore très limités, qui suggèrent que dans certains métiers particulièrement exposés à l’IA, la demande de nouvelles embauches ralentit. Mais pour le moment, rien ne laisse présager un chômage technologique massif.

    D’ailleurs, le chômage se situe à des niveaux historiquement bas aux Etats-Unis, en France et dans la plupart des économies développées, et les entreprises peinent plutôt à recruter. Le vieillissement de la société pourrait même accentuer cette tension sur le marché du travail. Pour toutes ces raisons, je me réjouis que ces technologies extrêmement puissantes émergent aujourd’hui, car nous avons besoin d’elles pour maintenir et accroître notre niveau de vie, dans un contexte de mutation de nos systèmes économiques et de vieillissement démographique.

    Quelle filière conseilleriez-vous à un jeune étudiant aujourd’hui ?

    Cela pourrait vous sembler paradoxal, mais je pense à un domaine profondément impacté par l’IA : la programmation. Jusqu’à l’arrivée de l’IA générative, les machines étaient globalement très médiocres pour coder. Mais ces dernières années, elles sont passées de très mauvaises à très performantes. La transformation a été fulgurante. On pourrait donc en conclure qu’il ne faut surtout pas s’engager dans des études d’informatique. Je crois l’exact inverse. Car nous avons besoin de personnes capables de dialoguer avec les machines pour obtenir d’elles ce que nous attendons. Il se pourrait que la maîtrise d’un langage de programmation particulier devienne de moins en moins utile sur le marché du travail, compte tenu de la puissance des outils actuels – même si je ne peux pas l’affirmer avec certitude. En revanche, je reste convaincu que les capacités d’analyser un problème, de l’exprimer clairement et d’élaborer une solution ne perdront pas de leur valeur de sitôt.

    Ne pensez-vous pas que cela risque de créer de grandes inégalités, entre ceux qui vont réussir à maîtriser ces outils, et les autres ?

    A nouveau, chaque fois qu’une technologie révolutionnaire débarque, tout le monde y va de sa spéculation. Certaines sont pertinentes et bien informées, d’autres moins. Je préfère m’en tenir aux faits. Ce que l’on sait, c’est que les vagues technologiques précédentes ont permis d’élever le niveau de vie de personnes aux profils très divers, quel que soit leur niveau d’éducation et de qualification. Jusqu’à présent, du moins dans les économies les plus avancées technologiquement, nous n’avons pas observé de masses d’individus laissées durablement sur le bord du chemin car incapables de gagner leur vie. Dans les phases de destruction créatrice, il est toujours plus facile d’anticiper les destructions que les créations. C’est une erreur que je commets moi-même parfois. Mais quand je me tourne vers le passé, je vois des innovateurs et des entrepreneurs adopter les nouvelles technologies, comprendre les possibilités qu’elles offrent, et avec, innover et commencer de nouvelles aventures, pour lesquelles il y a des besoins de main-d’œuvre. Je ne vois pas pourquoi cette dynamique ne s’appliquerait pas à l’IA.

    En 1930, John Maynard Keynes déclarait lors d’une célèbre conférence donnée à Madrid : « il n’est point de pays ni de nation qui puisse voir venir l’âge de l’abondance et de l’oisiveté ». Certains économistes et philosophes considèrent que nous sommes en train d’entrer dans ce monde sans travail. Que leur répondez-vous ?

    C’est un discours remarquable, prononcé au cœur de la Grande Dépression, dans lequel Keynes disait, en substance : si l’on prolonge sur le long terme le rythme de croissance observé, alors dans cent ans nous serons extraordinairement riches. A l’époque, en pleine crise des années trente, cela paraissait forcément délirant. Il pensait que d’ici à 2030, notre niveau de richesse et de productivité serait tel que nous pourrions nous permettre de ne travailler que quinze heures par semaine, ce qui nous permettrait de consacrer du temps à d’autres formes d’épanouissement et de vie collective. Je pense que là-dessus, il s’est trompé. Pour ma part, je travaille bien davantage, car mon travail me donne un cadre, un sentiment d’utilité, une communauté, une raison d’agir. Le sens de la phrase que vous venez de me citer, c’est de dire que l’abondance matérielle ne suffit pas, et que les êtres humains ont besoin de sens, de communauté, de dignité. Je n’aime pas l’idée que l’IA puisse forcément faire disparaître cela.

    Au global, le bilan de l’IA sera positif.

    Mais si un tel scénario devait advenir, il est probable qu’il soit possible d’inventer de nouvelles façons de nous rassembler, de former des communautés, de nous reconnaître mutuellement une valeur. Prise ainsi, l’hypothèse d’un monde « post-travail » est très intéressante. J’aime y réfléchir en regardant du côté de la science-fiction. J’apprécie particulièrement la série de romans La Culture, de Iaian Banks, qui propose une vision optimiste de l’avenir. L’action se situe dans un futur lointain où l’humanité vit dans l’abondance, entourée d’une intelligence artificielle beaucoup plus intelligente que nous, au point que le besoin de travail humain a presque entièrement disparu. En partant de là, les romans interrogent ce qui compte vraiment dans un monde libéré de la contrainte matérielle. Ce sont, pour moi, les plus belles évocations d’une utopie technologique.

    Je pense que l’on peut raconter une histoire heureuse de cet avenir, car le progrès technologique élargit le champ des possibles pour un plus grand nombre d’individus. Il y aura évidemment des contrecoups, des personnes malveillantes qui utiliseront ces outils pour nuire. Malgré cela, je signe les yeux fermés. Au global, le bilan de l’IA sera largement positif. Elle améliorera la vie de la grande majorité des individus à travers le monde et leur offrira davantage de choix.



    Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/une-filiere-prometteuse-a-lere-de-lia-la-programmation-lanalyse-pleine-doptimisme-dandrew-mcafee-mit-Z5BWGEJ7BJCSJHQQIOGOHM6CTA/

    Author : Baptiste Gauthey

    Publish date : 2026-03-19 19:00:00

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  • « Transformer une entreprise, ça prend du temps » : les conseils d’Henri Giscard d’Estaing, l’homme qui a sauvé le Club Med

    Arrivé au Club Med en 1997, devenu PDG en 2002, Henri Giscard d’Estaing a imposé sa stratégie de montée en gamme à un mythe national qui perdait beaucoup d’argent. En 2024, l’entreprise a réalisé 2 milliards de chiffre d’affaires et dégagé une marge opérationnelle de 10 %, des résultats historiques.

    Après avoir quitté le Club Med l’année dernière à la suite de dissensions avec son actionnaire chinois Fosun, Henri Giscard d’Estaing préside aujourd’hui l’Ecole du Leadership de Paris (ELP) qui organise le 8 avril son deuxième forum du leadership, consacré à la transformation, en partenariat avec L’Express. En amont de l’événement, il nous donne ses conseils pour une transformation réussie, du diagnostic à la mise en œuvre sur la durée.

    L’Express : Quelle était la situation du Club Med à votre arrivée à la fin des années 1990 ?

    Henri Giscard d’Estaing : Face aux difficultés rencontrées depuis la guerre du Golfe et à des pertes massives, le Club Med avait déployé une stratégie de volume que Philippe Bourguignon, aux commandes depuis 1997, avait mise en œuvre avec succès à Euro Disney. L’objectif était d’avoir un remplissage maximal avec des prix accessibles. Cette stratégie s’est fracassée sur les Twin Towers le 11 septembre 2001 et la vague terroriste qui a suivi (en Tunisie et à Bali notamment). Venant s’ajouter aux conséquences de l’éclatement de la bulle Internet, ceci a entraîné une grave crise pour le tourisme avec une très forte contraction de la demande.

    J’ai été nommé directeur général puis président dans ce contexte pour fermer des villages et adapter les capacités. Mais je me suis très rapidement rendu compte que cela ne suffisait pas. Le Club Med souffrait d’un positionnement devenu en fait le plus cher du moyen de gamme. Dans cette situation, nous étions copiés pour moins cher par nos concurrents Coralia, Nouvelles Frontières ou Eldorador. Quand on est positionnés sur le moyen de gamme, et que la demande se contracte, les clients privilégient le moins cher, tandis que les clients du haut de gamme sont perdus parce qu’ils ne s’y retrouvent pas.

    Comment fait-on un bon diagnostic, premier élément clé d’une stratégie de transformation ?

    Le diagnostic est en effet à la genèse d’une stratégie de transformation. Il y a d’abord le besoin de disposer d’outils financiers et de chiffres précis pour comprendre le business model, notamment l’analyse de la part des coûts, de l’effet volume et de l’effet prix. Mais quand on a une marque connue et une forte notoriété, il faut aller au-delà. Nous avons mené une étude de « fond de marque » pour étudier et analyser les motivations rationnelles et émotionnelles à l’achat des clients existants et potentiels du Club Med, ainsi que leurs nouvelles attentes. La conclusion a été que nous avions une marque très forte dont l’image avait été brouillée par les Bronzés. Il y avait un côté un peu folklorique pour ne pas dire ringard qui nous tirait vers le bas mais, et cela a été essentiel, ces études ont confirmé une pertinence du concept et une dimension aspirationnelle venant de la beauté des sites, de l’abondance des buffets et de la convivialité incarnée par le rôle central des équipes GO. Le potentiel était donc là pour permettre une montée en gamme et redonner au Club Med son caractère unique.

    En parallèle, les analyses du niveau de marge par catégorie d’hébergement, les fameux « tridents », montraient que nous perdions de l’argent sur le bas et moyen de gamme, et qu’on en gagnait un peu sur le haut. L’explication est simple : dans un village, les coûts fixes représentent un socle important, avec une masse salariale bien plus élevée que dans un hôtel classique du fait de l’équipe de GO et de la diversité des activités proposées. Cette base élevée de coûts fixes est presque la même qu’on soit en deux ou cinq tridents.

    Pour établir un bon diagnostic, il faut aussi s’intéresser à ce qui se passe autour de vous. A l’époque, Internet se développait fortement et nous avions conscience que cette technologie allait changer la structure même de l’industrie touristique. Auparavant, les tour-opérateurs organisaient les vacances des clients. Ceux-ci se rendaient dans une agence de voyages physique pour retirer un catalogue imprimé, et choisissaient un package avec un charter et un hôtel assemblé par le tour-opérateur. Les vols low cost avec Easyjet et Ryanair ont connu un grand essor, en priorité pour les destinations touristiques, se substituant aux charters. Tout cela a profondément modifié et remis en cause le rôle du tour-opérateur. Ainsi, au-delà de la transformation par la montée en gamme, il fallait donc que nous transformions tout notre mode de distribution et notre façon de travailler.

    Enfin, nous avions un autre problème à régler : nous perdions de l’argent. Au-delà de la crise du tourisme, nous avions mené une diversification des activités, avec Club Med Gym, Oyyo ou Club Med World à Bercy Village qui étaient devenus très rapidement des foyers de pertes. Nous n’étions à l’époque pas prêts pour ce mouvement. En fait, vous ne pouvez diversifier une marque que si le client est prêt à payer plus cher pour un produit donné. Mais pour cela, il faut que la marque soit haut de gamme, et ce n’était pas notre cas à l’époque.

    Que faut-il faire après un diagnostic ?

    Partager en interne ce besoin de transformation et embarquer les équipes, surtout quand on est une entreprise de géographie mondiale. Pourquoi un GO australien de 22 ans se dirait-il qu’il faut désormais qu’il fasse attention à sa tenue et qu’il arrête de tutoyer systématiquement les clients si vous ne lui donnez pas le sens de ce changement ? Avec le DRH de l’époque, nous nous sommes dit qu’il valait mieux perdre six mois à expliquer et à écouter, pour avoir un corps social qui comprenne ce que nous voulions faire, plutôt que de se précipiter et l’imposer de façon unilatérale ; ce qui n’aurait pas marché. On a demandé à tous les membres du comité de direction d’aller dans les différents villages pour présenter ce diagnostic. Cela se terminait par une question : « pensez-vous que nous devons devenir les plus gros ou les meilleurs ? ». De même, quand on initie un changement aussi important, il faut aussi savoir ce qu’on veut (et ce qu’on doit) garder. C’est particulièrement vrai pour les valeurs essentielles de l’entreprise.

    Nous avons ainsi interrogé les équipes pour savoir quelles étaient selon eux les cinq valeurs clés de l’entreprise. La première qui est sortie, c’était la liberté. Or il s’agissait justement de la valeur fondatrice. En 1950, le créateur du Club Med, Gérard Blitz, avait expliqué que la raison d’être du Club était « la libération intérieure de l’homme ». Que plus de cinquante ans après, des jeunes qui n’avaient peut-être jamais entendu parler de lui mettent en avant la liberté, c’était impressionnant. La deuxième valeur : la gentillesse, ce qui correspond à l’ADN même du Club (les « gentils » membres et organisateurs). La troisième : la multiculturalité en considérant que la diversité des origines est une richesse, et non un handicap. La quatrième : l’esprit pionnier, avec cette idée de créer de nouvelles destinations, d’avoir inventé le tout compris, l’accueil des enfants et le concept du buffet. Enfin, la cinquième, c’était la responsabilité.

    A partir de ces acquis, nous avons lancé le projet de transformation en 2004 à Marrakech, premier symbole de la montée en gamme. Une stratégie, c’est un projet, une vision, mais aussi un actionnariat qui puisse s’adapter pour appuyer sa mise en œuvre dans la durée. Le groupe Agnelli, actionnaire de référence du Club, ne souhaitait pas rester de manière durable, car Fiat avait des difficultés. Il fallait donc trouver un nouvel actionnaire connaissant bien le secteur hôtelier, qui était notre faiblesse, ce qui nous a amenés à revoir la gouvernance avec l’entrée au capital du groupe Accor.

    Il est important d’avoir des priorités stratégiques extrêmement claires pour se mettre en ordre de marche

    Comment passe-t-on à l’action ? Vous avez notamment dû fermer de nombreux villages… Quelles ont été vos priorités ?

    Nous étions dans la situation où l’on se prétendait haut de gamme, alors que seulement un quart de nos villages l’étaient vraiment. Il fallait gérer ce paradoxe. Nous avons dû baisser la voilure et accélérer la fermeture des villages tout en en ouvrant de nouveaux, correspondant aux critères de la montée en gamme. Nous avions un niveau d’endettement élevé mais nous avions un portefeuille d’actifs de grande qualité. Nous avons donc mis en place parallèlement une stratégie immobilière « d’assets right » : vendre au fur et à mesure des terrains, et réinvestir dans la montée en gamme de villages existants ou dans de nouveaux villages.

    Quand on sait, grâce au diagnostic, où on veut aller, il est important d’avoir des priorités stratégiques extrêmement claires pour se mettre en ordre de marche. Mais celles-ci ne doivent pas être trop dispersées. Nous avons ainsi défini trois priorités stratégiques : notre positionnement haut de gamme, notre présence globale et le développement du digital. Dans notre repositionnement, il y avait aussi une évolution de clientèle. Mon obsession était qu’on redevienne cohérent. Le Club Med s’adressait alors aux célibataires, aux couples et familles et avait visé les jeunes avec un slogan resté célèbre, « si tu dors, t’es mort ». Mais les jeunes sont volatils. D’où notre idée de se repositionner sur les familles et les couples actifs. Nous nous sommes aussi dit qu’on ne pouvait pas rester monomarché, car si on s’adresse aux familles, on dépend des vacances scolaires. La seule solution, c’était donc de pouvoir bénéficier de périodes de vacances scolaires différentes. Aujourd’hui, 80% des Brésiliens qui vont skier en France vont au Club Med.

    D’autre part, le monde étant devenu instable, nous avons réalisé que si nous dépendions d’un nombre limité de destinations, nous étions vulnérables aux soubresauts géopolitiques. Le printemps arabe en 2010 a notamment été terrible pour l’entreprise. Il fallait donc répartir les opportunités et les risques à l’échelle globale, ce qui allait de pair avec notre valeur du multiculturalité. Enfin, nous devions bien sûr passer au digital. L’idée n’était pas de remplacer les activités sportives par des écrans ou des robots, mais que le numérique permette de faire baisser les coûts de distribution qui représentaient 25% du chiffre d’affaires.

    Il vous a fallu quinze ans pour récolter les fruits de cette transformation. Comment tient-on ? Quelles recettes ?

    Si j’avais su quand on a lancé cette transformation que cela allait prendre autant de temps, je ne sais pas si je l’aurais lancée et surtout si nos différents actionnaires m’auraient laissé le faire ! [rires].

    Le grand conseil que je peux donner, c’est de ne pas oublier qu’une vraie transformation prend du temps, car il faut tout changer. C’est un changement physique et de savoir-faire, mais le plus compliqué pour nous, c’était de changer nos clients. Ceux du moyen de gamme que nous perdions devaient être remplacés. On vidait un tonneau pour en remplir un autre, tout ça sous la pression des marchés, puisque nous étions alors cotés en Bourse.

    Dans les recettes pour tenir, il y a l’adaptation permanente et l’agilité. Pour nous, cela se jouait surtout au niveau des actionnaires. Nous en avons changé quatre fois. On est allé chercher des investisseurs, et on en a subi d’autres, comme l’irruption de Bernard Tapie en 2009 ou une contre-OPA en 2014. J’ai fait entrer le groupe chinois Fosun dans une logique de globalisation. Les marchés avaient perdu confiance, mais nous, nous savions que nous allions réussir, car on voyait qu’on gagnait de l’argent sur les villages haut de gamme. Le plus terrible aurait été de faire ces efforts incroyables pour rien. Il fallait donc s’assurer de la stabilité actionnariale dans la dernière phase.

    Quand vous êtes-vous dit que c’était gagné ?

    Au début 2020, quand on a connu une croissance et des résultats records en janvier et février.

    En mars débutait la pandémie du Covid-19…

    Là, on est repartis en mode survie [rires]. En avril, nous avons dû fermer tous les villages et mettre l’entreprise en coma artificiel. Nous nous sommes dit que ça ne servait à rien de survivre si ce n’était pas pour rebondir après. Nous n’avions que des coûts et aucune recette, mais il fallait garder des équipes dont nous avions besoin pour repartir. Plutôt que de procéder à des licenciements massifs, nous avons recouru au chômage partiel là où c’était possible mais en conservant à notre charge 10 % du salaire pour maintenir le lien avec les équipes.

    Dans notre stratégie, il fallait être les meilleurs dans ce qu’on faisait.

    Comment avez-vous également décidé de mettre l’accent sur la montagne, à une époque où les discours devenaient de plus en plus pessimistes sur le ski et la neige ?

    Dans notre stratégie, il fallait être les meilleurs dans ce qu’on faisait. D’où le choix des familles, pour lesquelles l’offre du Club était la plus pertinente. De la même façon, il n’y avait pas de concurrence mondiale pour la montagne. Le Club vous permet, dès votre arrivée, d’avoir vos chaussures dans le placard, des skis qui vous attendent, un forfait sur la table, des moniteurs et un goûter au retour. On s’est dit qu’on était unique. Le Club avait en plus été pionnier dans ce domaine, avec un premier village en montagne ouvert dès 1956, à Leysin en Suisse. Comme pour le reste, il fallait transformer le portefeuille de villages en altitude, et monter dans le nombre de tridents. Mais nous ne pouvions pas investir 120 millions d’euros pour un nouveau club s’il n’ouvrait que cinq à six mois par an ! Il fallait donc que les endroits soient en haute montagne, avec des équipements pour produire de la neige de culture, mais il fallait aussi ouvrir durant l’été et allonger la saison d’hiver. Cela nous a par exemple amenés à lancer une action collective notamment avec l’ESF pour réhabiliter le ski de printemps. Le premier club de montagne « nouvelle génération », ouvert à Valmorel en 2011, a été conçu pour les quatre saisons. J’ai demandé aux architectes de nous montrer le plan pour l’hiver comme pour l’été. Il fallait des piscines intérieures et extérieures et de grandes terrasses.

    D’un mal peut sortir un bien, car le Covid a accéléré la fréquentation de la montagne en été, avec les fameuses « vacances blanc rouge rouge » de l’été 2020 et ce que l’on a appelé le »revenge travel« . Les gens avaient besoin de grand air. Et le Club Med était prêt pour les accueillir.

    La conclusion ?

    Une transformation, c’est d’abord un diagnostic, qui doit être partagé. Ensuite, il faut donner du sens qui aille au-delà de la seule rentabilité, à travers des valeurs, et fixer des priorités stratégiques essentielles et clairement comprises et partagées par les équipes. Il faut aussi s’adapter en permanence.

    Au fil du temps, nous avons rajouté d’autres priorités. Par exemple, après le Covid, nous avons réalisé que même une dimension globale ne nous protégeait pas d’un bouleversement mondial comme cette pandémie. Il faut aussi avoir un marché local important pouvant servir d’amortisseur face à des méga crises. En Malaisie par exemple, nous avions 30% de clients chinois, mais qu’on a réussi à remplacer par des familles malaises aisées, grâce à un développement du marché local. Nous sommes donc passés d’une stratégie globale à une stratégie « glocale » avec un périmètre mondial mais un ancrage local. Par exemple, quand nous avons lancé le projet du village qui va ouvrir cet été en Afrique du Sud, nous nous sommes donnés pour objectif d’avoir 40% de clientèle sud-africaine.

    Enfin, au-delà de la méthode, je considère que le leadership de transformation c’est aussi le courage de décider, la curiosité d’apprendre et la volonté de faire grandir les talents au service d’une ambition collective.

    Deuxième forum du leadership, mercredi 8 avril, sur le thème « business et transformation ». Par l’Ecole du Leadership de Paris . De 14h30 – 18h30, suivi d’un cocktail, à ESCP Business School – site de Champerret.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/emploi/management/transformer-une-entreprise-ca-prend-du-temps-les-conseils-dhenri-giscard-destaing-lhomme-qui-a-sauve-4NITCGXHK5HBVF65KFVUMH32J4/

    Author : Thomas Mahler

    Publish date : 2026-03-19 17:00:00

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  • Ces villes où les municipales rendent dingues, les secrets de la panthéonisation de Marc Bloch

    Nous sommes en 2026 et… Sébastien Lecornu est toujours à Matignon ! Il n’est là que depuis septembre dernier mais chaque jour est un combat. En attendant la fin des municipales de mars, dernier scrutin avant le grand rendez-vous de la présidentielle.

    Bloch au Panthéon : attention aux yeux !

    L’entrée de l’historien Marc Bloch au Panthéon, le 23 juin, donnera lieu à plusieurs innovations pour une cérémonie de ce genre. D’abord, la remontée de la rue Soufflot sera originale ; puis la scénographie de la cérémonie reposera sur des techniques totalement nouvelles. Ce devrait être la dernière panthéonisation de la présidence Macron.

    Un ancien ministre renvoyé dans ses cordes

    Lundi matin, alors qu’il tentait de se remettre de sa courte nuit, un proche d’Olivier Faure a reçu de nombreux messages d’amis macronistes quand l’annonce de la fusion entre les listes du PS et de LFI à Toulouse est tombée. « Vous ne pouvez pas faire ça ! », lui écrit un ancien ministre, avant de l’exhorter à « virer François Briançon ». Réponse franche de l’intéressé : « Ta gueule ! C’est quand la dernière fois que t’as voté socialiste ? » Au PS, on se soucie peu de ses anciens électeurs…

    Retailleau, l’énigme qui intrigue Renaissance

    Quelle mouche a piqué Bruno Retailleau ? La prise de position du patron des LR concernant le second tour à Nice, consistant en un curieux « ni-Ciotti, ni-Estrosi », a laissé coi une partie des chefs à plumes de Renaissance. Un cadre du parti présidentiel, qui a ferraillé ou négocié à maintes reprises avec le Vendéen, reconnaît être perdu : « Autant parfois je trouve des explications, je sais qu’il peut rapidement monter sur ses grands chevaux, avoir des poussées d’adrénaline, autant cette fois je suis complètement sec. Comment peut-il se prendre à ce point les pieds dans le tapis ? D’autant que la victoire de Ciotti est gravissime pour LR… » Bruno Retailleau, un puits de flou.

    Retailleau et le RN, adversaire méprisé, ministre envisagé

    Prononcez le nom du président des Républicains devant un cadre du Rassemblement national. Pas un d’eux ne vous dira qu’il pourrait être un adversaire sérieux pour l’élection présidentielle à venir. Mais au RN, on ne crache pas sur un renfort de ressources humaines, et un Bruno Retailleau ministre dans un gouvernement frontiste est une idée qui plaît. « Il a bien été ministre macroniste, il pourrait être ministre RN, ça lui demandera moins d’exercice de torsion de ses idées, qui sont plus proches des nôtres ! », sourit un proche de Marine Le Pen.

    Antifascisme ou salade niçoise ?

    L’antifascisme manque-t-il parfois sa cible, à gauche ? Arrivée en troisième position à Nice, la candidate écologiste, Juliette Chesnel-Le Roux, assume de se maintenir plutôt que de soutenir Christian Estrosi face à Eric Ciotti, soutien de Marine Le Pen. Au fond, quelle différence entre les deux, songe-t-on du côté de la direction écolo… « Depuis les débuts de sa carrière politique, que Juliette peut observer de très près à Nice, Estrosi est engagé dans une course-poursuite sinistre avec l’extrême droite », assure-t-on dans la maison Verte. La liste « Unis pour Nice » ne perdra pas pour autant le soutien des socialistes. « À Nice, le choix fait par la candidate écologiste, c’est que la fusion avec Estrosi ne permet pas la victoire », affirme-t-on dans la direction du PS, qui affirme que le maintien permettrait d’organiser la « résistance politique » au conseil municipal : « Nous soutiendrons sa liste jusqu’au bout. »

    Borloo, toujours présent!

    Jean-Louis Borloo, dont les propositions sur la mise en œuvre d’une « République fédérale à la française » ont été remarquées à l’automne dernier, n’entend pas en rester là. « Ils vont entendre ma musique », a confié à un ami l’ancien ministre.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/ces-villes-ou-les-municipales-rendent-dingues-les-secrets-de-la-pantheonisation-de-marc-bloch-V6GGBOJY6ZEOJLTYK772GZPLQY/

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    Publish date : 2026-03-19 15:01:00

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  • Pseudo-médecines : quand l’université de Clermont-Ferrand accueille un étonnant congrès

    Au bingo des pseudo-médecines, le Congrès de santé intégrative, qui se déroulera vendredi 20 et samedi 21 mars à l’Université de Clermont-Ferrand, coche toutes les cases. Au programme : naturopathie, sophrologie, gestalt-thérapie, fasciathérapie, réflexologie… Les participants pourront prendre part à un « atelier vibrant » organisé par une spécialiste de la « danse thérapie selon une expression primitive ». Ils pourront écouter une conférence baptisée « danse et conscience  », présentée par une professionnelle de « la mise en mouvement de l’énergie afin de conduire à la rencontre de la danse cosmique au travers de pratiques énergétiques ». Ou assister à la présentation d’une médecin-coach, qui propose notamment de « l’aromathérapie dans l’accompagnement du deuil ». L’homéopathie aura bien sûr une place d’honneur puisque le roi des pilules de sucre, le laboratoire Boiron, est partenaire de l’événement.

    En guise de « parrain exceptionnel », les organisateurs ont enrôlé Yannick Noah, dont la conférence-débat clôturera l’après-midi du samedi. Une présence justifiée par « son approche globale de la performance mêlant yoga, diététique, préparation physique et un véritable écosystème humain lui permettant de mieux co-réguler ses émotions ». Quant à la soirée du samedi, elle sera agrémentée d’un défilé animé par Miss Auvergne, Alice De Lima Guimaraes. La programmation a de quoi faire pâlir n’importe quel festival new-age. Sauf que tout cela se déroulera au sein d’une faculté de médecine.

    Rétropédalage ou instrumentalisation ?

    Plus étonnant encore, la plaquette promotionnelle indique que la faculté est partenaire de l’événement et qu’elle en « garantit la rigueur scientifique ». Le programme annonce aussi que le doyen de la faculté, le Professeur Pierre Clavelou, doit « lancer officiellement cette nouvelle édition » en posant « le cadre scientifique et éthique de nos échanges pour les deux jours à venir ». De quoi faire bondir Mathieu Molimard, professeur de pharmacologie au CHU de Bordeaux. Début janvier, il remettait un rapport sur les dangers des fausses informations médicales à la ministre de la Santé Stéphanie Rist. « L’une des menaces que nous avions identifiées est justement la validation de pratiques non scientifiques par les universités, dénonce-t-il. Que la faculté de Clermont-Ferrand apporte sa caution scientifique à un tel événement est incompréhensible ». Selon nos informations, le ministère de l’Enseignement supérieur, alerté depuis plusieurs jours, ne voit pas non plus l’événement d’un bon œil…

    Interrogé par L’Express, le doyen de l’université assure qu’il « ne fera pas l’ouverture de ce congrès ». Quant au président de l’université, le professeur Mathias Bernard, il « dément l’affirmation selon laquelle l’université garantit la rigueur scientifique de l’événement ». Selon lui, l’Université Clermont-Auvergne ne serait ni impliquée dans l’organisation du congrès, ni dans son contenu. « Nous avons simplement mis à disposition – moyennant redevance – l’un de nos amphithéâtres », poursuit-il. Rétropédalage de l’université ou instrumentalisation des organisateurs ? Entre-temps, le site du congrès a mis en ligne un nouveau programme. Le discours d’introduction n’est effectivement plus prononcé par le doyen de l’université… Mais par le président ! Qui assure à son tour qu’il n’interviendra pourtant pas.

    Egalement interrogée, la coorganisatrice du congrès, Virginie Vandermersch – sophrologue et directrice de Sophrocap – assure de son côté que « le CHU de Clermont-Ferrand et l’université sont partenaires de l’événement ». Le nouveau programme précise d’ailleurs que la participation de l’hôpital « renforce la crédibilité des échanges autour des enjeux actuels de la santé intégrative ». Ce que le CHU dément ! « Dans la mesure où aucun de nos médecins ne participe au congrès, nous ne sommes pas partenaires de cet événement », nous assure-t-il. D’abord annoncée comme conférencière, Virginie Guastella, professeure associé de médecine palliative et chef du service de soins palliatifs du CHU, confie avoir annulé sa participation « il y a déjà trois semaines », sans en préciser la raison. L’imbroglio est total.

    Opération légitimation

    Reste que la tenue du congrès dans les murs universitaires est maintenue. L’intérêt pour les organisateurs et les intervenants est évident. Car pour justifier les tarifs de leurs pratiques, les promoteurs des pseudo-médecines revendiquent de nombreux bienfaits pour la santé. Le problème, c’est qu’ils échouent systématiquement à en produire des preuves scientifiques, hormis un effet placebo. Ils tentent donc d’obtenir une forme de crédibilité scientifique par d’autres moyens. Par exemple en s’associant à des médecins, en publiant des études scientifiques biaisées, voire, comme c’est le cas ici, en s’adossant à des universités. Ces dernières sont d’ailleurs de plus en plus nombreuses à proposer des enseignements de ces pratiques et à délivrer des diplômes, vernis scientifiques dont se parent leurs détenteurs.

    « La tenue de ce type de colloque, avec la complicité inexcusable d’une université, correspond à une campagne de promotion à but mercantile de produits dits de santé pour lesquels aucune preuve de leur utilité n’a jamais été apportée », tempête Alain Fischer, professeur émérite au Collège de France et cofondateur de l’Institut des maladies génétiques, par ailleurs chroniqueur à L’Express. Surtout, les « médecines douces », comme elles se qualifient par opposition à ce qui serait « une médecine dure », ne sont pas toujours sans effet. Elles peuvent poser de sérieux problèmes quand elles se substituent aux soins conventionnels et qu’elles entraînent des pertes de chance de guérison pour les patients. Ou lorsqu’elles s’associent au refus de la vaccination. Voire quand elles mènent à des dérives sectaires, un phénomène particulièrement bien documenté par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

    Qui se cache derrière l’événement ?

    Soutien ou pas, le simple fait d’organiser le congrès au sein de la faculté constitue un joli coup pour ses deux organisateurs, qui s’en félicitent dans le journal La Montagne. La première, Virginie Vandermersch, y déclare notamment que « notre corps est composé à 80 % d’eau » – 60% en réalité -, et qu’ »à l’écoute de la musique, ses cellules vibrent et créent un équilibre, des données prouvées par les neurosciences ». Une affirmation trompeuse qui évoque directement les expériences de Masaru Emoto, qui prétendait que la musique ou les émotions modifiaient la structure des cristaux d’eau – des travaux jamais reproduits, jamais publiés dans des revues à comité de lecture, et largement considérés comme de la pseudoscience.

    Le second, Joël Fleury, est oncologue au Pôle santé République de Clermont et président de l’association Oasis des Dômes – également partenaire du congrès. Il intervient régulièrement au Collège universitaire des médecines intégratives et complémentaires (Cumic), un groupe de pression qui exerce un intense lobbying à l’échelle nationale en faveur des soins non-conventionnels.

    Il ne sera d’ailleurs pas le seul proche du Cumic présent au Congrès. La pharmacienne Sylvie Casabianca animera un atelier où les participants découvriront « comment notre système nerveux s’harmonise au contact des autres et comment utiliser cette corégulation pour retrouver un sentiment de sécurité intérieure ». Tout comme le Dr Christelle Besnard-Charvet, qui organise une conférence sur « la place de l’homéopathie dans la santé intégrative ». Cette gynécologue homéopathe, qui intervient également au Cumic, dispose d’une page auteur officielle sur le site des laboratoires Boiron.

    Les autres participants ne sont pas moins hauts en couleur. Ainsi de Nathalie Geetha Babouraj, alias « Doc la luna » sur Instagram, qui organisera une conférence sur la santé du futur « à la croisée des technologies de pointe et des sagesses ancestrales ». Ex-médecin militaire reconvertie en « coach écoféministe », créatrice de la « Tribe Empowering School » – un programme payant où elle propose aux femmes de « se libérer des chaînes du patriarcat » via des « bulles de régénération » et des vidéos « YoniPower » -, elle est également promotrice du féminin sacré, une croyance souvent très onéreuse, aux prétentions de soins abusives – des remèdes miracles contre l’endométriose ou la dépression – qui a été épinglée par la Miviludes en raison de plusieurs cas d’emprise. Quant à Léonardo Pegalotti, « instructeur pionnier » de Wim Hof – une méthode décriée et accusée d’avoir entraîné des décès -, il proposera une conférence sur « la méthode Chaud Froid » et les vertus de l’hormèse, une autre méthode dont les bénéfices revendiqués dépassent largement ce que la littérature scientifique a établi.

    La sénatrice LR Laurence Muller Bronn sera également de la partie. Elle participera, vendredi 20 mars, à la table ronde « Réglementer la santé intégrative, comment et pourquoi ? ». Bien connue pour ses prises de position anti-vaccins, cette dernière soutient la biodynamie, une pratique agricole fondée sur l’anthroposophie, un mouvement dont certaines émanations ont été signalées pour dérives sectaires par la Miviludes. Surtout, elle partage régulièrement des contenus du blog France-Soir qui relaie depuis des années des fausses informations et contenus complotistes, ce qui lui a valu de perdre son statut de site de presse en ligne.

    Le clou du spectacle sera assuré par la dernière table ronde du congrès, samedi 21, pendant laquelle les intervenants – dont la députée MoDem Delphine Lingemann, élue de la 4e circonscription du Puy-de-Dôme – évoqueront « les leviers d’action institutionnels et territoriaux pour (…) ancrer durablement la santé intégrative dans les politiques publiques ». L’objectif est clair.



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/pseudo-medecines-quand-luniversite-de-clermont-ferrand-accueille-un-etonnant-congres-DO5BJHKNXRGJXBI6DS6AXBJDKQ/

    Author : Victor Garcia

    Publish date : 2026-03-19 11:00:00

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  • Les maires n’ont plus intérêt à développer l’attractivité de leurs communes : c’est absurde, par Nicolas Bouzou

    Tous les maires me l’ont fait remarquer ces dernières années : ils ne sont plus beaucoup incités à mener des politiques d’attractivité économique et démographique dans leurs communes. Autrefois, leurs recettes fiscales étaient en grande partie liées à leur capacité à attirer sur leur territoire des entreprises et des ménages. Une entreprise en plus, c’était un montant conséquent de taxe professionnelle qui rentrait dans les caisses de la ville, ce qui permettait d’améliorer les services municipaux et d’augmenter les investissements locaux. Un ménage en plus, c’était autant de taxe d’habitation. CQFD.

    Réforme de la taxe professionnelle

    En 2010, la taxe professionnelle a été supprimée. Elle a été remplacée par la contribution économique territoriale (CTE), elle-même composée d’une cotisation foncière des entreprises (CFE) et d’une cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Des mécanismes de compensation ont également été mis en place, notamment la dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle (DCRTP). On reconnaît là la passion française pour la complexité administrative et les acronymes incompréhensibles. Misère.

    Le bilan de cette réforme est aujourd’hui assez clair. La CVAE a été progressivement réduite et doit être supprimée à terme, tandis que la DCRTP n’est pas indexée sur l’inflation, ce qui a mécaniquement érodé sa valeur réelle au fil du temps. Par ailleurs, la réforme a profondément modifié la structure des recettes locales. La taxe professionnelle frappait notamment les investissements productifs, ce qui pénalisait l’industrie, mais elle avait pour effet de créer un lien direct entre développement économique et ressources fiscales locales. Ce trait d’union s’est considérablement estompé.

    Suppression de la taxe d’habitation

    Un scénario similaire s’est reproduit avec la disparition progressive de la taxe d’habitation sur les résidences principales, promesse du candidat Emmanuel Macron en 2017. Officiellement, l’objectif était de redonner du pouvoir d’achat aux ménages. Dans la pratique, cet abandon, étalé sur cinq ans, a surtout dégradé les finances publiques. Pour compenser la perte de cette recette qui représentait une quinzaine de milliards d’euros par an pour les communes, l’État leur a transféré la part départementale de la taxe foncière et a mis en place des mécanismes correcteurs. Je passe volontairement sur ces dispositifs baroques pour épargner le lecteur. L’idée à retenir est simple : aujourd’hui, le produit fiscal des communes repose essentiellement sur la taxe foncière, donc sur la valeur du patrimoine immobilier. Or le marché immobilier traverse actuellement une phase de ralentissement, avec des prix en baisse dans de nombreuses zones du territoire. Là encore, le lien entre dynamisme économique local et recettes fiscales s’est affaibli.

    Effets pervers considérables

    Faut-il en conclure que les anciens impôts locaux étaient idéaux pour la croissance ? Certainement pas. La taxe professionnelle, en frappant l’investissement productif, constituait une aberration économique bien identifiée depuis longtemps. C’est aussi le cas de la CVAE. Mais la méthode de suppression de ces impôts et les instruments de compensation adoptés ont produit des effets pervers considérables. En ôtant progressivement aux communes leur responsabilité fiscale, ces réformes ont placé les collectivités dans une forme de dépendance financière vis-à-vis d’un État qui, lui-même, est incapable de maîtriser ses finances publiques. Elles ont affaibli les incitations locales à mener des politiques ambitieuses en matière de soutien à l’économie. Pour une commune, aujourd’hui, l’arrivée d’une entreprise ou d’une famille se traduit souvent davantage par des coûts supplémentaires (écoles, équipements, infrastructures…) que par des recettes fiscales nouvelles. C’est absurde.

    On a ainsi progressivement construit un système dans lequel la croissance ne bénéficie plus aux territoires qui l’encouragent. Si les partis politiques étaient sérieux, ils proposeraient un nouvel acte de décentralisation accompagné d’une fiscalité locale réellement responsabilisante, qui redonnerait aux élus un intérêt direct au développement économique de leurs communes. Rêvons un peu.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/les-maires-nont-plus-interet-a-developper-lattractivite-de-leurs-communes-cest-absurde-par-nicolas-VMOVGRJX3ZAVRF6LESC6RYNHSA/

    Author : Nicolas Bouzou

    Publish date : 2026-03-19 10:00:00

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  • EN DIRECT. Donald Trump menace de détruire un champ gazier iranien après des attaques au Qatar

    Des frappes israéliennes ont visé mercredi 18 mars des installations énergétiques à South Pars, partie iranienne du plus grand gisement de gaz naturel du monde, sur les bords du Golfe persique. En représailles, Téhéran a lancé des frappes contre des gisements gaziers et pétroliers dans la région, tirant des missiles contre le Qatar et l’Arabie saoudite. La République islamique menace d’intensifier ses tirs si ses infrastructures énergétiques sont de nouveau visées par Israël ou les Etats-Unis. Donald Trump a de son côté menacé de « faire exploser l’intégralité du gisement de South Pars avec une force et une puissance que l’Iran n’a jamais connues ni observées auparavant » en cas de nouvelle attaque.

    Les infos à retenir

    ⇒ En représailles à une attaque israélienne, l’Iran a ciblé des installations énergétiques dans plusieurs pays du Golfe

    ⇒ Donald Trump menace de détruire un champ gazier iranien

    ⇒ Emmanuel Macron appelle à un moratoire sur les frappes ciblant les infrastructures civiles au Moyen-Orient

    08h28

    Les dirigeants de l’UE se réunissent pour tenter de parer à la flambée des prix de l’énergie

    Les dirigeants de l’Union européenne (UE) tenteront de trouver des solutions rapides pour endiguer la flambée des prix de l’énergie provoquée par la guerre en Iran lors d’un sommet de deux jours qui s’ouvrira ce jeudi à Bruxelles.

    La dépendance de l’UE aux importations énergétiques fait que le bloc est très exposé à la hausse des prix entraînée par la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite en temps normal 20 % du pétrole mondial.

    Les prix du gaz ont augmenté de plus de 60 % en Europe depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains. Un projet de conclusions que Reuters a pu consulter indique que les dirigeants de l’UE chargeraient la Commission européenne de « présenter sans délai une série de mesures temporaires ciblées visant à faire face aux récentes flambées des prix des combustibles fossiles importés ».

    08h03

    L’Iran réclame des compensations aux Émirats arabes unis suite aux frappes américaines sur son territoire

    Dans une lettre de l’ambassadeur iranien à l’ONU adressée au secrétaire général de l’Organisation, Téhéran réclame des compensations aux Émirats arabes unis, les accusant d’avoir permis des attaques américaines contre le territoire iranien, rapporte Nournews ce jeudi.

    Dans sa lettre, Amir Saeid Iravani déclare que la décision des Émirats arabes unis d’autoriser l’utilisation de leur territoire pour les frappes constitue « un acte internationalement illicite qui engage la responsabilité de l’État ». L’Iran estime que les Émirats arabes unis lui doivent donc une indemnisation pour tous les dommages matériels et moraux subis.

    07h50

    L’Iran fustige l’appel d’Emmanuel Macron à un moratoire

    Alors qu’Emmanuel Macron a appelé cette nuit à un moratoire sur les frappes ciblant les infrastructures civiles au Moyen-Orient, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé ce jeudi matin sur X le président français de n’avoir « pas prononcé un seul mot pour condamner la guerre menée par Israël et les Etats-Unis contre l’Iran », lui reprochant aussi de n’avoir « pas condamné Israël lorsque ce pays a fait sauter un dépôt de carburant à Téhéran, exposant des millions de personnes à des substances toxiques ». Et de cingler : « Sa ‘préoccupation’ actuelle ne fait pas suite à l’attaque israélienne contre nos installations gazières, mais à notre riposte. C’est désolant ! »

    Macron has not uttered one word of condemnation of the Israel-US war on Iran. He did not condemn Israel when it blew up fuel storage in Tehran, exposing millions to toxins. His current « concern » didn’t follow Israel’s attack on our gas facilities. It follows our retaliation. Sad! https://t.co/lyfGbRm9NB

    — Seyed Abbas Araghchi (@araghchi) March 19, 2026

    07h31

    L’Arabie saoudite n’exclut pas de répondre aux attaques iraniennes

    L’Arabie saoudite se réserve le droit de mener des actions militaires « si elle le juge nécessaire », après les attaques de l’Iran contre des pays du Golfe, a prévenu ce jeudi le ministre saoudien des Affaires étrangères, Faisal ben Farhan al Saoud.

    07h22

    L’Iran exécute trois hommes arrêtés lors des manifestations de janvier

    Trois hommes condamnés pour avoir tué deux policiers lors du mouvement de contestation qui s’est déroulé en début d’année en Iran ont été exécutés ce jeudi, ont rapporté les médias officiels iraniens.

    Selon la justice, les hommes ont été reconnus coupable de meurtre et de « moharebeh » (hostilité envers Dieu), et notamment d’avoir commis des actes en faveur d’Israël et des Etats-Unis. Les exécutions ont eu lieu dans la ville de Qom. Les autorités ont déclaré que les trois hommes avaient pris part dans des attaques, faisant usage de couteaux et d’autres armes durant des manifestations le 8 janvier, tuant deux policiers.

    07h09

    Jean-Noël Barrot, le chef de la diplomatie française, en visite au Liban

    Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, se rendra ce jeudi au Liban, où l’armée israélienne mène des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien qui ont provoqué des déplacements massifs de population, a annoncé mercredi le ministère des Affaires étrangères. « Cette visite témoigne du soutien et de la solidarité de la France avec le peuple libanais, entraîné dans une guerre qu’il n’a pas choisie », affirme le ministère, en indiquant que « le ministre consultera les principales autorités du pays sur la situation au Liban et les voies d’une désescalade, dans le prolongement de leurs échanges avec le président de la République ».

    06h55

    Emmanuel Macron appelle à un moratoire sur les frappes ciblant les infrastructures civiles au Moyen-Orient

    Emmanuel Macron a indiqué s’être entretenu avec l’émir du Qatar et le président américain après les frappes qui ont touché des sites de production gazière en Iran et au Qatar. « Il est d’intérêt commun de mettre en œuvre sans délai un moratoire sur les frappes ciblant les infrastructures civiles, en particulier les infrastructures énergétiques et hydrauliques », a dit le chef de l’État sur le réseau social X.

    Je viens d’échanger avec l’Émir du Qatar et le Président Trump suite aux frappes qui ont touché ce jour des sites de production gazière en Iran et au Qatar.

    Il est d’intérêt commun de mettre en œuvre sans délai un moratoire sur les frappes ciblant les infrastructures civiles,…

    — Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) March 18, 2026

    06h45

    Donald Trump menace de détruire un champ gazier iranien après des attaques au Qatar

    En représailles à des frappes attribuées à Israël sur deux de ses sites énergétiques, Téhéran a lancé une salve de missiles sur des installations au Qatar et en Arabie saoudite. Tôt ce jeudi 19 mars, QatarEnergy, la compagnie énergétique publique du Qatar, a notamment fait état d’incendies et de nouveaux « dommages considérables » sur le complexe gazier de Ras Laffan, un site majeur de production de gaz naturel liquéfié (GNL).

    La raffinerie de Saoudi Aramco, en Arabie saoudite, aurait également été ciblée dans une attaque aérienne selon les autorités saoudiennes. Téhéran a menacé d’intensifier ses tirs si son secteur énergétique était de nouveau visé par Israël ou les Etats-Unis, accusant l’Etat hébreu d’avoir frappé mercredi ses installations énergétiques à South Pars, sur les bords du Golfe persique.

    Israël n’a pas revendiqué les frappes, mais le président américain Donald Trump a confirmé qu’il s’agissait bien d’une action israélienne, assurant que les Etats-Unis « ne savaient rien » de ces frappes, et affirmant qu’Israël ne mènerait pas d’autre attaque de ce type à moins de représailles de la part de Téhéran.

    Le cas échéant, le président américain a par ailleurs menacé de « faire exploser l’intégralité du gisement de South Pars avec une force et une puissance que l’Iran n’a jamais connues ni observées auparavant ».



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-donald-trump-menace-de-detruire-un-champ-gazier-iranien-apres-des-attaques-au-qatar-ZG56FF63Z5HA3M67BOOUUNDI5A/

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    Publish date : 2026-03-19 07:30:00

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  • IA : des CD-ROM à ChatGPT, comment la technologie a révolutionné l’apprentissage

    Le passé permet souvent d’éclairer l’actualité. Chaque jeudi, dans notre nouveau podcast Hier à la Une, on se plonge dans les archives de L’Express, pour comprendre autrement la couverture du magazine de la semaine.

    Si vous tapez « intelligence artificielle » dans votre barre de recherche, voilà ce que vous trouverez en ce moment : Clash entre Anthropic et le Pentagone / Maladie de Charcot : l’intelligence artificielle identifie 18 médicaments courants en lien avec une meilleure survie / Meta pourrait licencier 20 % de ses effectifs pour compenser ses dépenses en IA / Guerre en Iran : l’usage militaire de l’IA pose des questions morales inédites… En 2026, l’intelligence artificielle a gagné du terrain et se trouve désormais sur tous les fronts, autant dans le domaine médical que dans la défense. Mais c’est dans le secteur de l’apprentissage que sa place de plus en plus grande inquiète, que ce soit à l’école ou au travail. Et c’est à ce sujet que L’Express consacre sa Une cette semaine.

    Avec l’irruption de ChatGPT et un peu de recul, les experts de l’éducation voient l’IA comme un atout pour l’école, capable de personnaliser l’apprentissage. En générant des exemples à l’infini, elle décrypte tout, même les concepts les plus techniques. Son grand avantage : sa disponibilité 24h/24. Mais derrière cette aide précieuse, le bilan est contrasté. L’IA crée une illusion d’assimilation en poussant les élèves à la passivité intellectuelle. Pour y remédier, parents et enseignants doivent apprendre aux jeunes à utiliser l’outil comme un guide, et non pas comme un remplaçant. Parallèlement, l’école doit renforcer la maîtrise des fondamentaux comme l’écriture autonome.

    Et si l’intelligence artificielle bouleverse les codes de l’école, elle redéfinit aussi le monde du travail, mais pas de la façon que l’on imagine. Une étude d’août 2025, de Stanford, démontre une baisse de près de 13 % de l’emploi aux États-Unis chez les 22-25 ans, dans les métiers les plus exposés à l’IA. On redoute alors un chômage massif causé par les robots, mais cette peur est un vieux refrain.

    Dans cet épisode d’Hier à la Une, on vous propose de revenir sur ce qu’en disait L’Express il y a quelques années. En 1995, les CD-ROM révolutionnent le système éducatif, et on commence déjà à parler d’ »intelligence artificielle ». Une décennie plus tard, en 2016, l’IA conquit le domaine de la médecine, de l’automobile, du cinéma, de la défense… Et déjà à cette période on s’interroge sur l’éthique de cet outil.

    RETROUVEZ TOUS LES CONTENUS DE L’EXPRESS PODCASTS

    Écoutez cet épisode et abonnez-vous à L’Express Podcasts sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Podcast Addict et CastBox.

    Cet épisode a été écrit par Charlotte Baris et Mélanie Pierre, présenté par Charlotte Baris, monté et réalisé par Jules Krot.

    Crédits : Radio Canada

    Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent

    Visuel : Alice Lagarde

    Comment écouter un podcast ? Suivez le guide.

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    Source link : https://www.lexpress.fr/podcasts/hier-a-la-une/ia-des-cd-rom-a-chatgpt-comment-la-technologie-a-revolutionne-lapprentissage-JO7UEM2L6RGHHDYWXYIADQAL6Y/

    Author : Charlotte Baris

    Publish date : 2026-03-19 05:00:00

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  • Marc Schwartz, patron de la Monnaie de Paris : « Je ne crois pas du tout en la disparition du cash en Europe »

    En 1976, l’ancien ministre du général de Gaulle, Gaston Palewski, écrivait dans les colonnes du journal Le Monde que la construction de l’Europe n’était possible sans « une armée et une monnaie ». Pour ce qui est de la première nécessité prescrite, le compte n’y est pas (encore). La seconde, en revanche, a été largement honorée. Depuis le 1er janvier 2002, c’est bien des euros qui sortent chaque jour, par millions de pièces, des ateliers de la Monnaie de Paris.

    Sur la face de chacune, un emblème commun à l’ensemble des pays de la zone euro. Au revers, un autre, national, propre à l’identité de l’un de ses membres. « C’est un symbole très fort qui signifie que tout en participant à un ensemble plus large, chaque pays conserve son identité », lit Marc Schwarz, président de la Monnaie de Paris dont le sens aigu des affaires n’a jamais englouti l’attachement aux symboles et à leur histoire.

    Installée quai Conti depuis 1775, l’institution fondée en 864 sous le règne de Charles II affiche, cette année encore, d’excellents résultats en dépit du net recul des espèces au profit des paiements dématérialisés. Son chiffre d’affaires a atteint en 2025 un niveau historique (197,2 millions d’euros) et sa rentabilité a progressé de 45 % par rapport à l’année précédente. De jolies performances qui seraient le fruit, nous dit-on, d’une habile stratégie de diversification emmanchée voilà plusieurs années déjà. Entretien avec le visage d’une des plus vieilles entreprises au monde.

    L’Express : Après une très bonne année 2024 portée par les JO, d’aucuns s’attendaient à un atterrissage en 2025. Et pourtant, vous signez un nouveau record en 2025… Comment expliquez-vous cette nouvelle progression ?

    Marc Schwartz : Depuis 2020, nous avons enregistré une croissance de plus de 70 % de notre chiffre d’affaires, soit une augmentation de 11 % par an. Dans un contexte marqué par plusieurs crises, et alors que la croissance du PIB tourne autour de 1 % par an, c’est une performance très satisfaisante. Ces excellents résultats sont le fruit de la stratégie de diversification engagée voilà plusieurs années déjà pour compenser la baisse structurelle de la commande de l’État. Historiquement, notre métier consiste à fabriquer – ou « frapper » – des pièces pour le marché domestique. Or cette activité recule car les Français utilisent moins les espèces dans les paiements du quotidien. Cette tendance s’est accélérée depuis le Covid, avec l’essor du paiement sans contact, puis des solutions dématérialisées. Le paiement en espèces, qui est passé en deuxième position derrière la carte bancaire, ne représente aujourd’hui plus que 43 % des transactions en France. Nous n’avions donc pas d’autre choix que d’accélérer notre diversification.

    Comment se matérialise-t-elle ?

    Elle repose sur deux grands moteurs. D’abord, l’exportation de monnaies courantes, les pièces destinées à la circulation. Ensuite, les monnaies de collection, dont le chiffre d’affaires a quasiment doublé ces dernières années. Nous avons aussi des activités comme les produits d’art — les médailles, les mini-médailles — qui progressent bien, mais les deux piliers restent l’export de monnaies courantes et les monnaies de collection. Sur les monnaies de collection, nous avons transformé notre approche. L’offre a été élargie, avec un doublement du nombre de références et l’ouverture de nouveaux univers. Nous avons été vers la pop culture — Harry Potter, Naruto, DC Comics —, le sport – 80 ans du journal l’équipe, Roland Garros, Lacoste- mais aussi vers des thèmes plus grand public, comme l’astrologie ou les cadeaux de naissance. L’idée, c’est d’aller chercher des clients qui ne sont pas des collectionneurs à l’origine.

    Nous avons aussi profondément transformé notre modèle de distribution. Aujourd’hui, la vente directe aux particuliers est devenue majoritaire, notamment via le e-commerce. Et nous avons ouvert en parallèle de nouveaux canaux de vente. Cette diversification passe aussi par l’innovation. Nous explorons de nouveaux marchés, comme l’horlogerie avec la fabrication de cadrans de montres, ou encore l’investissement en or, avec des pièces conçues non plus comme des objets de collection mais comme des produits d’investissement. Nous proposons déjà des monnaies en or fin à valeur faciale garantie, de 100 euros à 10 000 euros et nous lancerons d’ici la fin juin une offre « Bullion or » qui permettra aux particuliers d’acheter ce métal précieux en fonction de son cours. Le Bullion est un levier de croissance très prometteur pour 2026 et au-delà.

    Vous évoquiez vos activités à l’export ; vous travaillez notamment avec certains pays européens comme Malte, Chypre, Monaco ou Andorre…

    Nous exportons aujourd’hui 70 % de notre production de monnaies courantes. Avec les monnaies de collection, qui se vendent dans le monde entier, l’export représente 40 % de notre chiffre d’affaires, ce qui signifie que près de la moitié de notre activité est désormais tournée vers l’international. Nous exportons notamment en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique latine. Dans ces régions — hors zone OCDE — le taux de bancarisation reste relativement faible. Les paiements en espèces y demeurent donc largement dominants dans la vie quotidienne, même si les solutions numériques progressent rapidement. En Europe, nous travaillons essentiellement avec de petits États, car les grandes économies disposent toutes de leur propre capacité de frappe monétaire.

    Mais le marché international est aujourd’hui très concurrentiel. D’ailleurs, la Royal Mint britannique a récemment cessé ses activités à l’export, après avoir subi des pertes importantes sur ces marchés, ce qui montre à quel point la compétition est intense. Et pour cause, tous les grands producteurs de monnaie sont confrontés à la même réalité que nous : leur marché domestique recule, ce qui libère des capacités industrielles. Ils cherchent donc, eux aussi, à se développer à l’international. Résultat, plusieurs acteurs historiques se retrouvent en concurrence directe pour remporter des contrats à l’export.

    La Monnaie de Paris fait plus que tirer son épingle du jeu ! Notre usine de Pessac, près de Bordeaux, a fortement développé son activité. Nous sommes désormais en tension sur nos capacités de production. Depuis peu, l’usine fonctionne en régime de « 3×8 » pour répondre à la demande. Et les contrats que nous signons aujourd’hui concernent déjà des livraisons prévues pour 2027 – l’année 2026 est quasiment pleine.

    Quels sont les avantages compétitifs de la Monnaie de Paris face à ses homologues européens ?

    Dans l’industrie, la clé du succès repose sur trois critères fondamentaux, que connaissent bien tous les chefs d’entreprise : les coûts, la qualité et les délais. C’est ce que j’appelle le « triangle magique ». Nous travaillons en permanence sur ces trois leviers. Sur les coûts, en optimisant à la fois nos achats et nos processus de production. Sur la qualité, ce qui est particulièrement exigeant : nous produisons chaque année des monnaies pour 20 à 25 pays différents, avec autant de designs, de spécifications techniques (métaux, diamètres, épaisseurs, formes) et de conditionnements. Et enfin sur les délais, ce qui est un défi constant, notamment dans un contexte où les chaînes d’approvisionnement peuvent être perturbées — par exemple avec les tensions géopolitiques actuelles qui allongent les temps de transport des matières premières.

    Finalement, vous faites face aux mêmes contraintes qu’une entreprise classique ?

    Nous sommes un établissement public, avec une histoire prestigieuse, mais dans les faits, je me considère avant tout comme le dirigeant d’une entreprise industrielle. Mon rôle est de développer l’activité, de compenser la baisse structurelle de la commande publique par la diversification, et de maintenir un niveau de rentabilité satisfaisant. Les résultats financiers témoignent de cette dynamique.

    Vous avez été confrontés à une polémique autour des médailles olympiques et paralympiques. Comment avez-vous géré cet épisode ?

    Nous sommes une entreprise industrielle, et comme dans toute activité industrielle, nous connaissons des risques et des aléas. Les médailles des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 étaient des objets d’une très grande complexité technique, avec notamment l’intégration d’un insert en métal issu de la tour Eiffel d’origine. Nous avons effectivement rencontré des difficultés avec un certain nombre de médailles endommagées, qui ont été largement médiatisées. Cela a concerné environ 4 % des médailles sur les plus de 5 000 frappées dans nos ateliers historiques du quai de Conti.

    Mais cet incident est aujourd’hui derrière nous : toutes les médailles endommagées que l’on nous a demandé de remplacer l’ont été, dans des conditions jugées très satisfaisantes par les autorités olympiques et par les athlètes avec qui nous sommes en contact permanent. Cela a été un moment difficile pour les équipes, car il s’agissait d’un produit extrêmement prestigieux. Mais la mobilisation a été totale : en plein mois d’août, au cœur des Jeux, les équipes se sont immédiatement organisées, les vacances ont été interrompues, et tout le monde était sur le pont pour traiter les problèmes.

    Le cash est un facilitateur de l’économie informelle, et les autorités européennes promeuvent plutôt les moyens de paiement numériques. N’êtes-vous tout de même pas inquiet pour l’avenir de l’institution ?

    La Commission européenne ne cherche pas à faire disparaitre le cash, au contraire ! Elle a récemment proposé deux projets de règlements : l’un sur le cours légal des espèces, l’autre sur l’euro numérique. Le premier vise justement à renforcer le statut des espèces dans la zone euro. C’est un point essentiel : aujourd’hui, les billets et les pièces sont les seuls moyens de paiement ayant cours légal. Un commerçant peut refuser une carte bancaire ou un chèque, mais pas un paiement en espèces.

    À titre personnel, je ne crois pas du tout à la disparition du cash ! C’est une idée qui a été assez répandue il y a quelques années — notamment lorsque certains pays, comme la Suède, envisageaient une société sans espèces — mais on observe aujourd’hui un net retour en arrière. D’abord, parce qu’il existe un attachement profond des citoyens à l’argent liquide. Nous menons chaque année une enquête avec l’Ifop, et les résultats sont très stables : environ 83 % des Français y sont attachés. Le cash rassure. Ce sont des monnaies publiques, officielles, et elles jouent un rôle important en période de crise.

    Toutes les études le montrent : dans les moments d’incertitude, les citoyens se tournent vers les espèces. Lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les retraits aux distributeurs ont été multipliés par 17 en Pologne. De même, lors de la grande panne d’électricité en Espagne en avril 2025, le cash était le seul moyen de paiement encore utilisable. Les espèces sont à la fois résilientes, universelles et gratuites. Elles fonctionnent sans technologie, sans réseau, sans intermédiaire — et c’est précisément ce qui rassure.

    Les espèces garantissent enfin une forme de liberté de paiement et constituent un outil de sécurité en cas de crise. Les pouvoirs publics eux-mêmes le reconnaissent. En France, des recommandations officielles invitent les citoyens à conserver des espèces chez eux pour faire face à d’éventuelles situations d’urgence, comme une panne de courant ou une crise majeure. La Suède, souvent citée comme pionnière du « zéro cash », a changé de position. Elle recommande désormais à ses citoyens de garder l’équivalent de 200 à 300 euros en liquide, notamment pour faire face au risque de cyberattaques. La monnaie n’a pas qu’une seule fonction. Elle sert bien sûr à payer, mais aussi à stocker de la valeur. Et cette fonction de thésaurisation est essentielle.

    Concernant la question de l’économie parallèle, il faut relativiser. L’immense majorité des citoyens utilise les espèces pour des usages parfaitement légaux. Aujourd’hui, les circuits de fraude passent bien davantage par le numérique — le web, le dark web ou encore les cryptoactifs — que par les espèces. L’image des valises de billets qui traversent les frontières relève davantage du cinéma des années 1960 ou 1970 que de la réalité actuelle.

    La Monnaie de Paris s’est imposée comme un acteur de lutte contre les contre-façons de monnaies en Europe en collaboration étroite avec Bruxelles. Expliquez-nous.

    Nous disposons en effet d’un centre dédié, le Centre national d’analyse des pièces (CNAP), qui est spécialisé dans l’expertise des pièces contrefaites. Heureusement, la contrefaçon des pièces reste limitée, notamment en raison de leur faible valeur faciale — bien moins attractive que celle des billets. Mais cela reste un enjeu, et nous travaillons étroitement avec les institutions européennes sur ces sujets.

    Au-delà de la lutte contre la fraude, nous intervenons aussi dans les discussions autour du cadre réglementaire : le cours légal des espèces, leur acceptation par les commerçants, mais aussi l’accès au cash — par exemple à travers le réseau de distributeurs. Ces éléments sont essentiels pour garantir le rôle des espèces en tant que bien public. Car comprenez bien une chose : l’argent que vous détenez sur votre compte bancaire est une monnaie privée, émise par les banques commerciales. À l’inverse, les pièces et les billets sont de la monnaie publique, émise par les autorités monétaires.

    Par delà de leur fonction économique, les pièces ont aussi une dimension symbolique…

    La monnaie métallique existe depuis plus de 2 700 ans. De tout temps, elle a été un support symbolique extrêmement puissant. J’aime dire que la monnaie est le premier média de l’histoire. Les souverains y apposaient leur visage, leur marque, pour affirmer leur autorité et garantir la valeur de la monnaie. C’était à la fois un outil économique et un vecteur de message politique.

    Aujourd’hui encore, les symboles qui figurent sur les pièces ou les billets sont essentiels. Nous avons souhaité moderniser les figures représentées sur les pièces françaises. Par exemple, sur les pièces de 10, 20 et 50 centimes, nous avons proposé aux pouvoirs publics d’y faire figurer de grandes figures féminines qui ont marqué l’histoire : Joséphine Baker, Marie Curie ou Simone Veil. Nous avons également renouvelé les faces nationales des pièces de 1 et 2 euros en 2022, à l’occasion des 20 ans de l’euro.

    La monnaie doit-elle s’imposer comme un instrument de cohésion européenne ?

    Absolument ! La monnaie est un récit collectif, un marqueur d’appartenance. Le système retenu pour l’euro est très intéressant de ce point de vue. Les billets sont communs à toute la zone euro, ce qui renforce l’unité. Mais les pièces comportent une double dimension : une face commune et une face nationale. C’est un symbole très fort. Il signifie que chaque pays conserve son identité, tout en participant à un ensemble plus large. Les pièces de monnaie illustrent parfaitement cette idée au cœur du projet européen et illustrent la devise européenne « Unie dans la diversité ».

    Les enquêtes montrent d’ailleurs que plus de 80 % des Européens sont attachés à l’euro. Et lorsqu’on interroge les citoyens sur les réussites de l’UE, deux éléments reviennent systématiquement : l’euro — qui a considérablement simplifié la vie quotidienne — et le programme Erasmus. D’ailleurs, ces deux symboles se sont rejoints récemment : la Monnaie de Paris a remporté le concours européen pour la pièce commémorative des 35 ans d’Erasmus, une pièce de 2 euros diffusée dans toute la zone euro…



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/marc-schwartz-patron-de-la-monnaie-de-paris-je-ne-crois-pas-du-tout-en-la-disparition-du-cash-en-PCGGT72LLJAPRJKEZ6DOZ4WQSM/

    Author : Ambre Xerri

    Publish date : 2026-03-18 17:15:00

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  • « C’est leur plaque tournante en Europe » : comment la Russie espionne depuis Vienne

    Vienne, capitale de l’Autriche… et nid d’espions ? Comme aux grandes heures de la guerre froide, la capitale de l’Autriche a vu revenir les agents secrets du monde entier. Un pays est particulièrement suspecté d’espionnage depuis la « ville des rêves » : la Russie.

    Moscou a intensifié l’activité de ses antennes paraboliques sur les bâtiments lui appartenant dans la capitale autrichienne, explique longuement le Financial Times (FT) dans un article publié mardi 17 mars. Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, les toits des vastes locaux diplomatiques russes situés dans la capitale autrichienne ont ainsi repris l’une de leurs fonctions les plus importantes de la guerre froide : celle de plus grande plateforme clandestine de renseignement électromagnétique du Kremlin en Occident, rapporte le quotidien anglais.

    L’installation des antennes paraboliques ainsi que leur orientation et leur repositionnement sont particulièrement scrutés. A la veille de la Conférence de Munich sur la sécurité, en février dernier, l’une des plus grandes antennes paraboliques installées sur le toit de l’ambassade de Russie a ainsi été réorientée… et a retrouvé sa position initiale le lendemain de la clôture de la conférence.

    Plusieurs autres lieux abritent des installations sur son toit, comme le centre culturel russe de Brahmsplatz. Au moins quatre antennes paraboliques existent également sur le toit d’un ancien sanatorium de la Sternwartestrasse, une clinique autrefois utilisée secrètement par les responsables du NKVD de Staline pour leur convalescence et acquise par les Russes en 1953.

    « Russiancity », ce « centre névralgique » de l’espionnage

    Des centaines de photos haute résolution d’équipements sur les toits, consultées par le Financial Times et analysées par des experts, fournissent des indices sur les objectifs des espions russes. Ces photos ont été prises par NomenNescio, un groupe d’ingénieurs en électronique et de passionnés de communication basés à Vienne qui s’est donné pour mission, depuis l’automne 2022, de faire la lumière sur ces installations techniques.

    Ce groupe documente particulièrement le toit du plus grand complexe russe de Vienne, surnommé « Russiancity ». Située sur la rive est du Danube, « Russiancity » est un lieu de travail et une résidence depuis une quarantaine d’années. Ce complexe est entouré de clôtures de haute sécurité et comprend plusieurs bâtiments résidentiels ainsi qu’une école pour les enfants des diplomates russes. En son centre se dresse un bâtiment octogonal de six étages abritant la mission russe auprès de l’ONU, avec un toit recouvert d’antennes paraboliques. Ce lieu abrite « un centre névralgique stratégique important pour des activités d’espionnage à l’encontre de l’Autriche et d’autres pays européens », estiment les services de renseignement autrichien (DSN), rapporte Libération. Dans ce lieu, des agents secrets sous couverture légale font ainsi tourner une station d’écoute satellite, radar et radio.

    Selon les travaux de NomenNescio, la plupart des antennes de ce complexe russe sont orientées vers l’ouest, en direction de certains des 18 satellites géostationnaires situés entre le méridien de Greenwich et le 15e méridien de longitude, explique au FT le porte-parole de NomenNescio, Erich Moechel.

    Une approche permissive

    La capitale autrichienne, située au centre de l’Europe géographiquement, présente un intérêt particulier en tant que base pour de nombreuses organisations internationales, notamment l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

    Alors que l’invasion de l’Ukraine en 2022 a provoqué une vague d’expulsions diplomatiques russes de la plupart des pays européens, l’Autriche, neutre depuis 1955 et non membre de l’Otan, a de son côté adopté une approche plus permissive à l’égard de Moscou. La Russie maintient encore environ 500 membres du personnel diplomatique dans la ville, dont un tiers seraient soupçonnés de travailler secrètement comme espions, selon les services de renseignement autrichien. Ces derniers ont bien conscience du problème. Ils ont récemment averti que « les capacités techniques et l’alignement adaptable des stations SIGINT de la Fédération de Russie (à Vienne) constituent un risque important pour la sécurité en matière de contre-espionnage ».

    Les diplomates européens s’inquiètent également des activités de Moscou. « L’activité russe est l’une de nos principales préoccupations. Nous savons qu’ils ciblent les communications gouvernementales et militaires de l’Otan avec les moyens dont ils disposent », a déclaré au FT un haut diplomate européen en poste dans la capitale autrichienne. « Vienne est devenue extrêmement importante pour eux… c’est leur plaque tournante en Europe. »

    Malgré les recommandations du DSN, Vienne n’a guère manifesté d’intérêt pour l’expulsion de diplomates ou d’autres mesures contre les agents russes. Ce service de renseignement a fourni au gouvernement une liste de personnes connues pour gérer les stations secrètes de renseignement électromagnétique russes à Vienne. Mais les autorités estiment que donner suite à ces informations ne ferait qu’exacerber les tensions avec la Russie.

    Si les services de contre-espionnage autrichiens sont impuissants, c’est aussi parce que selon la loi autrichienne, l’espionnage ne peut être poursuivi que s’il est commis contre l’intérêt national. Certains responsables politiques entendent toutefois légiférer.

    Ces dernières années, des scandales d’espionnage au profit de la Russie ont terni la réputation de Vienne auprès des services de renseignement occidentaux. Egisto Ott, un ancien agent des services de renseignements autrichiens arrêté le 29 mars 2024, est ainsi soupçonné d’avoir fourni des informations à la Russie. Son procès a débuté le 22 janvier dernier et se poursuit actuellement.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/cest-leur-plaque-tournante-en-europe-comment-la-russie-espionne-depuis-vienne-DLGJRUY4CZBMBC24EW6QYSBV4Q/

    Author : Julien Chabrout

    Publish date : 2026-03-18 18:36:00

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  • Le porte-avions Ford, un navire américain dernier cri… qui accumule les difficultés techniques

    C’est un coup dur pour les Etats-Unis, au moment où Donald Trump et les Américains semblent éprouver des difficultés dans leur conflit engagé contre l’Iran. L’USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde, déployé dans le cadre de cette guerre, a été contraint d’interrompre sa mission au Moyen-Orient. En cause : un incendie « non lié aux combats » qui a fait deux blessés, jeudi 12 mars, avant d’être maîtrisé. Le feu a touché la « buanderie principale » du navire, a précisé sur X le commandement naval américain pour le Moyen-Orient, assurant que le système de propulsion du navire n’avait pas été endommagé et qu’il restait « pleinement opérationnel ».

    L’incendie a nécessité plusieurs heures pour être maîtrisé et a affecté plus de 600 marins et membres d’équipage qui avaient perdu leurs couchettes et dormaient depuis à même le sol ou sur des tables, ont indiqué les autorités. L’USS Gerald Ford se trouvait en mer Rouge. Il doit désormais faire cap vers la Crète, en Grèce, pour des opérations dont on ignore la durée.

    Ce porte-avions doté de technologies de pointe, avec un équipage de plus de 4 000 marins, aurait rencontré d’importants problèmes avec son système de toilettes en mer. Des médias américains ont décrit des systèmes bouchés et de longues files d’attente pour les toilettes à bord du navire. Selon un responsable de la Marine interrogé par le Wall Street Journal (WSJ), le système d’évacuation des eaux usées du porte-avions Ford a connu des problèmes durant le déploiement, nécessitant en moyenne une intervention de maintenance par jour. Toutefois, la situation s’améliore et ces problèmes n’ont pas affecté la capacité du porte-avions à mener à bien sa mission, a-t-il précisé.

    Une série de problèmes de maintenance

    Ce problème du système de toilettes, sous-dimensionné et mal conçu, n’est pas nouveau : un rapport de 2020 du Bureau de la responsabilité gouvernementale des Etats-Unis indiquait qu’il était sujet à des « obstructions inattendues et fréquentes » et nécessitait des rinçages à l’acide réguliers pour le déboucher, au coût de 400 000 dollars à chaque fois, rapporte le Guardian.

    L’incendie n’est que le dernier incident d’une série de problèmes de maintenance. Ce navire, qui est pourtant le porte-avions le plus récent de la Marine, a connu des problèmes de plomberie avec les 650 toilettes à bord. Une importante période de maintenance et de réaménagement que le Ford devait subir en ce début d’année au chantier naval de Newport News en Virginie a été reportée, ont indiqué des responsables militaires au New York Times.

    Le Ford transporte plus de 75 avions militaires, dont des F-18 Super Hornets, et exploite un système radar sophistiqué pour contrôler le trafic aérien et la navigation. Avant son déploiement au Moyen-Orient, ce porte-avions a participé à des opérations américaines dans les Caraïbes, où les forces américaines ont mené des frappes contre des bateaux soupçonnés de trafic de drogue, intercepté des pétroliers sous sanctions et arrêté le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro.

    Un navire mis à rude épreuve

    Comme l’explique le Wall Street Journal, la décision de Donald Trump de prolonger une deuxième fois le déploiement du USS Gerald R. Ford pèse également lourdement sur les marins du navire, dont beaucoup sont âgés d’une vingtaine d’années, et leurs familles. Elle pousse certains marins à envisager de quitter la marine à leur retour au port d’attache. En temps de paix, les déploiements sur le porte-avions durent généralement six mois, avec une marge de quelques mois supplémentaires en cas de besoin, a expliqué Mark Montgomery, contre-amiral à la retraite, au WSJ. Or, les marins du Ford sont déjà loin de chez eux depuis juin 2024, et probablement jusqu’en mai prochain, ce qui pourrait entraîner un déploiement total de onze mois. Un tel déploiement constituerait un record pour un navire de l’US Navy.

    Les déploiements de longue durée peuvent également mettre les navires à rude épreuve. Après huit mois en mer, le matériel commence à se détériorer et les opérations de maintenance et de modernisation prévues de longue date doivent être reportées, ce qui perturbe les plannings des chantiers navals, a précisé Mark Montgomery. Cela a des répercussions sur les cycles de maintenance et d’entraînement des autres navires. « Les navires aussi se fatiguent et subissent des dommages importants lors de longs déploiements », a indiqué au New York Times le contre-amiral John F. Kirby, officier de marine à la retraite. « On ne peut pas faire fonctionner un navire aussi longtemps et aussi intensément et s’attendre à ce que lui et son équipage fonctionnent à plein régime », a affirmé cet ex-porte-parole pour la sécurité nationale sous l’administration Biden.

    Le retrait du Ford du Moyen-Orient devrait laisser un vide important pour les forces américaines de la région où les dizaines d’avions de combat qu’il transporte ont participé à des frappes contre l’Iran. Mais selon le New York Times, citant un responsable militaire, le Ford devrait probablement être relevé par un autre porte-avions, l’USS George HW Bush, qui se prépare à être déployé dans la région.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/le-porte-avions-ford-un-navire-americain-dernier-cri-qui-accumule-les-difficultes-techniques-O2CFBGPWQJHTRPFJX7FHUSEOMY/

    Author : Julien Chabrout

    Publish date : 2026-03-18 19:37:00

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  • Ce que les Français savent sur l’argent… et ce qu’ils ignorent

    Combien de Français savent lire leur bulletin de salaire ? Comprennent l’effet de l’inflation sur leur épargne ? S’y retrouvent face aux produits proposés par leur banque ? Pour la première fois, le Baromètre de l’esprit critique, publié par Universcience (Cité des sciences et Palais de la découverte), en partenariat avec L’Express, s’est penché sur le rapport des Français à l’argent. L’enquête a été réalisée par l’institut ViaVoice auprès de 2 000 personnes de 18 ans et plus et de 609 jeunes de 15 à 24 ans. Elle met au jour des lacunes profondes dans notre culture financière et montre aussi un rapport ambivalent à la science, des difficultés à évaluer la fiabilité des informations et une montée en puissance de nouvelles sources comme l’intelligence artificielle.

    « L’argent est un objet d’étude qui traverse tous les champs sociaux, explique Jeanne Lazarus, directrice de recherche CNRS, doyenne du Collège universitaire de Sciences Po et membre du comité scientifique du baromètre. Cela touche à l’organisation familiale, aux inégalités économiques, aux rapports de pouvoir. Dans nos sociétés monétarisées depuis la révolution industrielle, l’argent est une institution sociale centrale, et donc un révélateur particulièrement puissant. »

    Des résultats pas toujours rassurants

    Sur les grands repères économiques, les Français s’en sortent honorablement. Interrogés sur le principal poste de dépense des ménages, 67 % identifient correctement le logement, et sept sur dix comprennent que, face à un rendement de l’épargne de 1 % et à une inflation de 2 %, leur pouvoir d’achat diminue. Mais d’autres résultats sont moins rassurants. Seuls deux Français sur cinq savent que 40 % des salariés gagnent moins de 2 000 euros nets par mois. Un Français sur deux s’est déjà retrouvé en difficulté pour comprendre les produits financiers proposés par sa banque, et près d’un tiers peine à lire son bulletin de salaire (29 % chez les hommes, 35 % chez les femmes).

    Le baromètre a aussi sondé les Français sur l’euro numérique, cette monnaie dématérialisée que la BCE envisage de lancer en complément de l’argent liquide. Si environ 50 % en ont entendu parler, seuls 17 % savent de quoi il s’agit.

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    Entre confiance en soi et défiance envers les autres

    Si les Français peinent parfois à s’y retrouver dans le maquis financier, à qui se fient-ils pour les guider ? D’abord à eux-mêmes : 76 % se font prioritairement confiance en matière d’argent. Viennent ensuite l’entourage (61 %), les banquiers (55 %) et les économistes (49 %). A l’opposé, la défiance est massive à l’égard des influenceurs (82 %), un fait rassurant au vu des condamnations de nombre d’entre eux pour escroquerie. Les politiques (80 % de défiance), les applications d’intelligence artificielle (67 %) et « les journalistes en général » (65 %) font à peine mieux. Ils sont aussi 48 % et 44 % à ne pas faire confiance aux conseillers en investissement boursier et aux journalistes spécialisés en économie et en finance.

    Paradoxalement, si les Français se fient massivement à eux-mêmes, ils ne sont pas pour autant à l’aise avec l’argent. Seule une courte majorité (56 %) s’estime capable de prendre des décisions financières – épargne, crédits, achats importants. « Il faut distinguer deux registres de compétence financière : d’une part la gestion quotidienne du budget – équilibrer ses recettes et ses dépenses, planifier son épargne -, où les Français et en particulier les Françaises se sentent à l’aise, car les femmes sont traditionnellement celles qui s’occupent du budget. Et d’autre part la finance technique – produits bancaires, investissement -, où les connaissances sont moins précises, analyse Jeanne Lazarus. Et c’est justement parce qu’ils ne se sentent pas au point sur ces sujets que les Français refusent de faire confiance les yeux fermés aux institutions ou aux experts. » Les scandales bancaires, la multiplication de produits complexes et un jargon souvent excluant expliquent, aussi, la distance avec les acteurs financiers.

    Fait notable, les femmes se déclarent systématiquement moins à l’aise que les hommes face aux décisions financières, qu’il s’agisse de comprendre un placement ou de négocier un crédit (49 % contre 63 %). Un écart qui ne surprend pas Jeanne Lazarus. « L’argent est un enjeu récurrent des inégalités hommes-femmes, parce qu’elles y ont moins accès – par leur salaire et leur patrimoine -, et à cause d’une longue histoire de mise à l’écart des femmes dans l’investissement, un domaine technique, plus volontiers associé au masculin, même si cette tendance évolue dans le bon sens », rappelle-t-elle.

    Une génération décomplexée mais démunie

    Le baromètre met aussi en lumière un changement générationnel marquant. Quand 52 % des Français déclarent que leurs parents ne leur parlaient jamais d’argent, cette proportion tombe à 41 % chez les 15-24 ans. Autre signe d’un tabou qui se fissure : 67 % des jeunes disent parler facilement d’argent avec leurs amis, contre 58 % pour l’ensemble de la population. Ils sont aussi 24 % à considérer que l’argent représente un objectif d’enrichissement personnel et de réussite sociale (contre 10 %).

    Pour s’informer, les 15-24 ans se tournent d’abord vers leur famille (47 %, contre 27 %). Ils se montrent aussi nettement plus ouverts aux outils numériques et sont 40 % à faire confiance aux applications d’IA et 41 % aux applis spécialisées en finance. Et pourtant, les jeunes sont aussi les moins armés pour évaluer la fiabilité des conseils qu’ils reçoivent : moins d’un sur deux (47 %) se dit à l’aise pour prendre des décisions financières. Signe d’une prise de conscience, 84 % des 15-17 ans réclament davantage d’éducation financière à l’école (77 % pour le reste de la population).

    « Les études menées dans les pays où il y a une plus forte éducation financière montrent pourtant que cela ne fonctionne que si les informations arrivent au moment où l’on en a besoin, pas si elles sont enseignées des années plus tôt, nuance Jeanne Lazarus. L’école doit transmettre les compétences de base – calcul, raisonnement -, qui permettront, plus tard, de prendre les bonnes décisions. Néanmoins, introduire dans le programme de mathématiques des problèmes liés à la vie quotidienne – comme calculer le bon forfait téléphonique – peut avoir des effets bénéfiques. » L’enjeu est moins d’ajouter des cours de « finances personnelles » que de donner des armes pour questionner les sources, décoder les conflits d’intérêts et reconnaître les contenus publicitaires déguisés en conseil.

    Sciences et information, les autres enseignements du baromètre

    Comme chaque année, le baromètre évalue plus largement le rapport des Français à l’information. L’intérêt pour la science reste solide (61 %), mais la confiance dans l’indépendance de la communauté scientifique recule : seuls 48 % l’estiment indépendante (-5 points en un an), et six Français sur dix considèrent que les scientifiques détiennent un pouvoir qui peut les rendre dangereux. L’écart entre les sexes se confirme : seules 33 % des femmes se considèrent comme ayant eu un profil scientifique durant leur scolarité, contre 50 % des hommes.

    Côté information, un autre paradoxe se présente : les sources les plus utilisées ne sont pas jugées les plus crédibles. Ainsi, les réseaux sociaux, fréquentés par 57 % des jeunes, n’inspirent confiance qu’à 38 % de leurs utilisateurs. La presse, la radio et la télévision, elles, reculent (-11, -5 et -8 points depuis 2023), mais conservent les meilleurs scores de crédibilité. Fait marquant : l’IA s’installe comme source d’information chez les jeunes. 17 % des 15-24 ans l’utilisent pour suivre l’actualité, et parmi ces utilisateurs, 75 % font confiance aux réponses de l’IA, davantage qu’aux moteurs de recherche (57 %) ou aux agrégateurs de contenus comme Yahoo Actualités (62 %).

    D’un domaine à l’autre – argent, science, information -, le baromètre dessine le même paysage : des Français qui veulent comprendre le monde, mais qui manquent souvent de repères pour le faire. Sur l’argent, le constat est d’autant plus saisissant que le besoin est universel et quotidien. Entre un manque de connaissances criant et une défiance importante, le besoin d’informations fiables n’a jamais été aussi fort – ni aussi difficile à satisfaire.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/ce-que-les-francais-savent-sur-largent-et-ce-quils-ignorent-KFT6SXFB5FD73F65HEEA237AOA/

    Author : Victor Garcia

    Publish date : 2026-03-18 19:00:00

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  • Municipales : Nice, symbole des contradictions de Bruno Retailleau

    Est-il un stratège subtil ou un chef brouillon ? Le tenant d’une droite indépendante ou l’artisan caché de dangereuses alliances ? Il a suffi d’une intervention matinale pour raviver les interrogations autour de la ligne de Bruno Retailleau après son refus de soutenir Christian Estrosi face à Eric Ciotti au second tour des municipales à Nice, en dépit d’un accord noué avec Horizons. Le président de LR a invoqué ce mercredi 18 mars sur BFMTV l’ »appel à la gauche et au communautarisme » du maire sortant, en retard sur son vieil ennemi, pour justifier sa réserve.

    S’en est suivie une avalanche attendue de réactions indignées : la formation d’Edouard Philippe exige une « clarification », Gabriel Attal déplore une perte de « repères » quand des piliers LR réaffirment avec vigueur leur soutien à Christian Estrosi. Ici, au nom du respect de la parole donnée. Là, au titre de la lutte contre l’extrême droite. « Chassez le naturel », « il nourrit l’ambiguïté », « union des droites rampantes »… Plusieurs ténors LR agitent auprès de L’Express le spectre d’un funeste rapprochement avec le RN, allié d’Eric Ciotti depuis l’été 2024. Voilà Bruno Retailleau rattrapé par le poison du soupçon.

    « Union des droites par les urnes »

    A quoi joue-t-il ? L’ancien ministre de l’Intérieur refuse tout accord d’appareil avec l’extrême droite en vue de la prochaine présidentielle. La digue LR-RN n’a ainsi pas été rompue lors des municipales, au grand soulagement d’un parti obsédé par sa singularité. Bruno Retailleau revendique en revanche une « union des droites par les urnes » en ramenant dans le giron de LR des électeurs tentés par le RN ou Reconquête!. Cette quête a une traduction idéologique, entre convergences avec le programme régalien du RN et attaques en série contre La France insoumise. Après tout, cette stratégie avait réussi à en 2007 à Nicolas Sarkozy.

    Mais cette frontière entre « refus d’accord » et « union des électeurs » devient tenue – voire artificielle – à l’heure des choix électoraux. En érigeant LFI en ennemi ultime, Bruno Retailleau ouvre la voie au vote RN pour y faire face. Son refus de soutenir Christian Estrosi, issu de la droite, entrouvre un peu plus la brèche. « Son concept d’union des électeurs n’est pas idiot, note un fidèle. Mais Bruno a parfois des réactions culturellement de droite qui le poussent à la faute. » Sa colère contre les appels de Christian Estrosi à la gauche et son souci de ne pas s’aliéner l’électorat RN du Sud l’ont conduit à son geste… Quitte à oublier la charge symbolique d’une neutralité envers la candidature d’Eric Ciotti, apôtre de l’union des droites. « Cet exemple niçois suffit à faire sauter la digue qui avait tenu », note un proche de Gabriel Attal.

    Electorat divisé

    La « digue » de Bruno Retailleau n’est pas celle d’Edouard Philippe ou de Gabriel Attal. Le patron de LR compose avec un électorat divisé, tiraillé entre des aspirations centristes et plus radicales. « Cette pression à l’union des droites se ressent sur le terrain, glissait l’ancien locataire de Beauvau cet automne. Elle est demandée par une partie des Français de droite, j’ai toujours une question de militants à ce sujet. » Le « lâchage » de Christian Estrosi est un clin d’œil à une partie d’entre eux, comme l’était pour d’autres le maintien de la candidature marseillaise de Martine Vassal, frein à la victoire du frontiste Franck Allisio. Derrière la complémentarité, l’illisibilité guette.

    Bruno Retailleau nourrit ses propres contradictions. L’ancien ministre de l’Intérieur, opposant historique du chef de l’Etat, est né aux yeux des Français dans le gouvernement de Michel Barnier, alliance de la droite et des macronistes. Il souhaite aujourd’hui se détacher de ces derniers en vue de l’élection présidentielle. Après tout, les macronistes n’auront pas bonne presse en 2027. Mais le patron de LR s’est associé avec eux (philippistes compris) aux municipales. Sa déclaration ne pouvait que hérisser les défenseurs de ce partenariat, à commencer par le très modéré Gérard Larcher. N’est-il pas risqué de poser les bases d’une stratégie présidentielle lors d’un scrutin au jeu d’alliances particulier ? Le jeu n’en valait peut-être pas la chandelle.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/municipales-nice-symbole-des-contradictions-de-bruno-retailleau-KK36Z2IXCZEF5CPW3AY36OVKBQ/

    Author : Paul Chaulet

    Publish date : 2026-03-18 16:11:00

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  • Un statut européen pour les entreprises : cette mini-révolution qui vient

    Après quatre décennies de débats infructueux et plusieurs échecs, la Commission européenne a relancé ce mercredi 18 mars un projet révolutionnaire pour les entrepreneurs : la création d’un statut européen pour les sociétés, conçu pour permettre à une entreprise de s’enregistrer en moins de 48 heures, pour un coût de 100 euros maximum et avec un capital qui peut n’être que de 1 euro symbolique, dans l’ensemble des 27 Etats membres de l’Union européenne à la fois.

    Il faut encore l’accord du Parlement européen et un vote des Etats membres à la majorité qualifiée, le tout espéré d’ici la fin de l’année. Mais si le dispositif aboutit cette fois-ci, il pourra permettre aux start-up européennes de rivaliser enfin avec leurs concurrentes américaines. Et cela, sans avoir besoin d’aller s’installer aux Etats-Unis, comme l’ont fait ces dernières années trop de start-up européennes (qu’on pense à Deepl, Spotify ou BioNTech par exemple).

    L’idée part d’un état des lieux navrant, qui avait été dressé par l’ancien président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, dans son rapport de 2024 sur les défauts de compétitivité du Vieux continent : les jeunes pousses européennes n’échouent pas par défaut d’idées, ni de talents, mais par leur trop fréquente incapacité à financer la phase critique de croissance initiale. Trop fragmenté, le système actuel aboutit à décourager l’entrepreneuriat.

    En permettant aux start-up de s’enregistrer sous un régime de « EU Incorporated » (aussi appelé « 28e régime » car il s’ajoutera, de manière optionnelle, aux droits des sociétés existant dans chacun des 27 Etats membres), le nouveau règlement les aidera à profiter à plein, dès leur création, de la puissance du marché intérieur européen de 450 millions de consommateurs, sans avoir besoin pour cela de s’enregistrer dans chacun des Etats.

    Les avantages sont multiples : le dispositif leur évitera de se soumettre à des démarches bureaucratiques et juridiques coûteuses, qui peuvent aujourd’hui durer des semaines et tourner au calvaire. Il leur facilitera l’accès aux capitaux dont elles ont besoin pour se développer. Il leur accordera aussi un régime de faillite simplifié, bon marché et rapide (trois mois en cas d’absence de dettes, six mois sinon), ce qui leur permettra de rebondir plus facilement après un échec. Et au bout du compte, il améliorera la compétitivité de l’économie européenne et sa capacité à financer l’innovation.

    Pour les entrepreneurs, tout se passera en ligne : l’immatriculation de l’entreprise, à l’aide de statuts standardisés et préremplis, et ensuite les transferts de parts, les assemblées, la dissolution éventuelle. Les données une fois saisies dans le nouveau registre central européen sont partagées dans tous les Etats membres aux administrations fiscales et sociales et aux services antiblanchiment. Un enregistrement suffit : il incombera aux autorités nationales de se transmettre les informations mutuellement.

    L’un des progrès envisagés est de faciliter l’actionnariat salarié, en permettant aux start-up de distribuer des stock-options (dispositif apprécié par les jeunes pousses pour attirer des talents en leur faisant miroiter des gains futurs) sans que les employés ne puissent être taxés avant qu’ils aient effectivement fait jouer leur droit d’option. Aujourd’hui, le dispositif est entravé par la pratique de certains Etats qui taxent la plus-value théorique avant la vente.

    Le projet de règlement ne touche ni au droit fiscal, ni au droit social. Les sociétés bénéficiant du statut EU Inc. continueront ainsi à être taxées selon le régime de leur pays d’enregistrement et leurs salariés seront comme aujourd’hui soumis au droit social national. Néanmoins, certains Etats s’inquiètent déjà d’un possible dumping social qui serait lié à la liberté offerte aux entreprises EU Inc. de déplacer leur siège ou de fusionner au sein de l’Union sans procédure complexe. D’autant que le règlement, même s’il est pensé pour les start-up, sera ouvert pour toutes les entreprises qui le souhaitent. En outre, il ne prévoit pas la création d’un tribunal du commerce européen pour les entreprises sous nouveau statut. Les juridictions nationales resteront compétentes, ce qui peut aboutir à des différences de traitement. Pour contourner cet écueil, la Commission recommande aux Etats membres de désigner des cours qui se spécialiseraient dans ces litiges. Mais elle ne va pas au-delà d’une simple recommandation, car ce domaine n’est pas de sa compétence.

    L’idée vise à faire de l’Union européenne l’un des meilleurs endroits au monde pour créer et développer une entreprise. Reste à voir cependant ce que le Parlement européen, qui y est a priori favorable, et les Etats membres, qui avaient tous applaudi le rapport Draghi en 2024, feront dans les mois qui viennent du projet de règlement mis sur la table par la Commission.



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    Author : Luc de Barochez

    Publish date : 2026-03-18 13:54:00

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