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  • EN DIRECT. Guerre en Iran : Donald Trump assure que Téhéran veut « vraiment conclure un accord »

    L’inconnue demeure quant à l’état d’avancée, ou même l’existence actuelle des négociations entre Téhéran et Washington. Ces derniers jours, Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que « des points d’accord majeurs » avaient été dégagés. Après avoir rejeté une proposition d’accord de paix, l’Iran a expliqué qu’aucune négociation directe n’avait lieu, mais que des intermédiaires transmettaient des messages. En public, Donald Trump surenchérit dans l’emphase en assurant que la République islamique veut à tout prix un accord de paix, mais que ses dirigeants « ont peur de le dire car ils seraient tués par leur peuple ».

    Sur le terrain, les bombes pleuvent toujours : Israël a indiqué ce jeudi matin avoir mené une série de frappes massives visant les infrastructures du régime iranien à travers le pays. Pendant ce temps, les membres du G7 se réunissent cette fin de semaine pour tenter d’obtenir de la clarté de la part des Etats-Unis quant à leurs plans et leurs objectifs dans cette guerre que Washington peine toujours à justifier et qui déstabilise le monde entier.

    Les infos à retenir

    ⇒ Donald Trump assure que l’Iran veut à tout prix un accord de paix

    ⇒ Un soldat israélien tué au combat dans le sud du Liban

    ⇒ Israël mène une nouvelle série de frappes massives sur l’Iran

    09h03

    Un soldat israélien tué au combat dans le sud du Liban

    L’armée israélienne a annoncé ce jeudi qu’un de ses soldats avait été tué lors d’opérations de combat dans le sud du Liban, dans un contexte d’affrontements persistants avec le Hezbollah le long de la frontière. Cela porte à trois le nombre de soldats israéliens tués là-bas, après que l’armée a annoncé la mort de deux d’entre eux le 8 mars.

    08h51

    Israël aurait retiré Abbas Araghchi et Mohammad Bagher Ghalibaf de sa liste de cibles à la demande du Pakistan

    Israël a retiré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, de sa liste noire après que le Pakistan a demandé à Washington de ne pas les cibler, a déclaré ce jeudi à Reuters une source pakistanaise ayant connaissance des discussions.

    « Les Israéliens avaient leurs coordonnées et voulaient les éliminer. Nous avons dit aux États-Unis que s’ils étaient également éliminés, il n’y aurait plus personne à qui parler. C’est pourquoi les États-Unis ont demandé aux Israéliens de faire marche arrière », a déclaré la source.

    Le Wall Street Journal a été le premier à révéler que deux hauts responsables iraniens avaient été temporairement retirés de la liste israélienne des personnes à éliminer, dans le cadre de négociations de paix envisagées. Selon le quotidien, qui ne mentionne pas une implication du Pakistan, ces deux responsables ont été retirés de la liste pour une durée de quatre à cinq jours.

    08h30

    Deux morts à Abou Dhabi après l’interception d’un missile

    Deux personnes ont été tuées à Abou Dhabi après que des débris d’un missile intercepté sont tombés sur la route de Sweihan, a indiqué jeudi le bureau des médias de l’émirat, ajoutant que trois autres personnes avaient été blessées et que plusieurs véhicules avaient été endommagés.

    08h14

    L’Allemagne est prête à contribuer à garantir « toute paix » en Iran

    Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a déclaré ce jeudi que son pays était prêt à contribuer à la conclusion de tout accord de paix entre les États-Unis et l’Iran. « Nous sommes prêts à garantir toute paix », a-t-il déclaré lors d’une rencontre avec le ministre australien de la Défense, Richard Marles. « Si nous parvenons à un cessez-le-feu, nous discuterons de toutes les opérations possibles pour garantir la paix et notamment la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz », a-t-il ajouté, sans donner de détails.

    08h01

    Le ministre de l’Économie annoncera « dans les prochains jours » des mesures ciblées sur les prix de l’énergie

    Invité sur RTL, le ministre français de l’Economie Roland Lescure a fait savoir qu’il annoncerait « dans les tout prochains jours », des mesures nouvelles pour faire face à la flambée des prix du pétrole. Cette « première salve » comprendra « des mesures de trésorerie, qui vont permettre aux entreprises des transports routiers qui ont des problèmes pour payer leurs factures de les payer », a-t-il fait savoir.

    « Il n’y a pas de choc pétrolier en France », a-t-il également réaffirmé, revenant sur ses propos tenus mardi. « Je parlais de l’Asie. Chez nous, on a un choc sur les prix. L’essence monte, mais l’électricité ne monte pas », a-t-il expliqué.

    07h38

    L’Iran veut que le Liban soit inclus dans tout accord de cessez-le-feu

    L’Iran a fait savoir à des intermédiaires que le Liban devait être inclus dans un quelconque accord de cessez-le-feu qui serait scellé avec les Etats-Unis et Israël, a appris Reuters de six sources régionales informées de la position de Téhéran, qui a ainsi lié la fin de la guerre à l’arrêt de l’offensive israélienne contre le Hezbollah libanais aligné sur l’Iran.

    Un haut représentant iranien, cité mercredi par la chaîne de télévision iranienne Press TV, a déclaré que Téhéran voulait que tout accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre garantisse également l’arrêt des attaques contre les « groupes de résistance » dans la région.

    07h15

    Le G7 se réunit sur fond de guerre en Iran

    Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 se réuniront en France aujourd’hui et demain, dans un contexte de guerres en Ukraine et en Iran, d’incertitude économique, et d’inquiétude quant à la politique étrangère des Etats-Unis. La réunion (France, Grande-Bretagne, Canada, Allemagne, Italie, Japon et Etats-Unis ainsi que des représentants de l’UE) se tiendra à Vaux-de-Cernay, 40 km en dessous de Paris.

    Par le passé, le Groupe des Sept est généralement parvenu à trouver un large consensus sur les défis économiques et géopolitiques auquel il était confronté. Cette unité s’est toutefois affaiblie depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2025. Après avoir été pressurisés sur l’Ukraine ou les droits de douane, les alliés de Washington sont désormais pris en étau sur le conflit au Moyen-Orient, dont des diplomates et des responsables européens estiment qu’il manque d’objectifs précis ou d’une stratégie de sortie.

    07h02

    Israël mène des « frappes à grande échelle » en Iran

    L’armée israélienne a dit tôt ce jeudi avoir mené de nouvelles frappes à grande échelle contre des infrastructures situées dans plusieurs régions d’Iran. « Il y a peu, l’armée israélienne a achevé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien dans plusieurs endroits du pays », dont Ispahan, dans le centre de l’Iran, a-t-elle annoncé dans un court communiqué.

    Tsahal a par ailleurs indiqué répondre à des attaques de missiles iraniens tirés en direction d’Israël, alors que des sirènes d’alerte ont été déclenchées dans le centre du pays, certaines zones de Jérusalem et de Cisjordanie occupée.

    06h45

    Téhéran veut à tout prix un accord, selon Donald Trump

    Le président américain a de nouveau assuré mercredi soir que Téhéran voulait à tout prix conclure un accord pour mettre fin à la guerre. Selon Donald Trump, qui s’exprimait devant des élus républicains du Congrès, les dirigeants iraniens « veulent vraiment conclure un accord, mais ils ont peur de le dire car ils seraient tués par leur peuple. Ils ont aussi peur que nous les tuions ».

    Le ministre des Affaires étrangères de l’Iran, Abbas Araghchi, a quant à lui indiqué que les autorités iraniennes étudiaient des propositions relayées par des intermédiaires mais qu’il était exclu d’organiser des négociations avec les Etats-Unis. Il a aussi affirmé que, bien qu’il n’y ait eu ni dialogue ni négociations entre l’Iran et les Etats-Unis, des messages avaient été transmis par des intermédiaires.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-guerre-en-iran-donald-trump-assure-que-teheran-veut-vraiment-conclure-un-accord-EYBWNUJC4RAITAFKQLCPXWUZCI/

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    Publish date : 2026-03-26 08:08:00

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  • L’Etat « profiteur de crise » ? Les mauvais calculs de Marine Le Pen sur les prix du carburant

    Depuis le début de la guerre en Iran, le Rassemblement national a fait de la lutte contre la hausse des prix du carburant un cheval de bataille. Quitte à tordre grossièrement la réalité économique. Après avoir réclamé de concert avec Jordan Bardella, début mars, une baisse des taxes sur l’énergie, Marine Le Pen a décidé d’en remettre une couche en mettant en cause l’Etat français.

    Comme chaque semaine, les présidents de groupe de l’Assemblée nationale se réunissaient le 24 mars pour discuter des priorités législatives. A l’issue de leurs échanges, la députée du parti d’extrême droite a pris la parole devant les journalistes pour affirmer que l’Etat « se comportait comme un profiteur de crise ». Selon elle, les caisses se remplissent de « recettes indues », « supplémentaires par rapport à ce que le budget a prévu, précisément parce que l’augmentation du prix entraîne l’augmentation corrélative des taxes ». La cheffe des députés RN évoque notamment le « renflement des recettes grâce à la TICPE et grâce à la TVA ».

    L’Etat perdant à l’arrivée

    Un raisonnement largement contestable. Pour commencer, seules les rentrées fiscales liées à la TVA – fixée à 20 % sur les produits pétroliers – progressent lorsque les prix des carburants sont en hausse. La taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), elle, reste inchangée quelles que soient les fluctuations de prix. « Autrement dit, seule une petite partie de la hausse bénéficie effectivement à l’Etat », souligne Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management.

    Pour L’Express, l’économiste a mis à jour les calculs qu’il avait effectués dans une note le 10 mars dernier. Le 27 février – veille de l’attaque israélo-américaine sur l’Iran -, le prix moyen de l’essence en France était de 1,708 euro le litre, contre 1,989 euro aujourd’hui. Sur cette augmentation de 28,1 centimes, les recettes fiscales supplémentaires pour l’Etat, via la TVA, ne représente que 4,7 centimes.

    « Si l’on se concentre sur les particuliers – la TVA étant déductible pour les professionnels – et que l’on suppose, de manière très théorique, que la situation actuelle dure un an et que la consommation reste inchangée, cela représenterait un gain d’environ 369,5 millions d’euros pour l’Etat », détaille Eric Dor. Une hypothèse en fait irréaliste, car « en pratique, les consommateurs adaptent leur comportement : ils réduisent leurs déplacements ou arbitrent leurs dépenses, rappelle l’expert. Il suffirait d’une baisse de la consommation de 4,7 % pour annuler totalement ce gain fiscal. C’est un niveau de contraction très plausible, voire sous-estimé. Dans ce cas, l’Etat ne gagnerait rien, et pourrait même perdre des recettes. » Quant à la durée de la guerre, rien ne dit qu’elle se prolongera jusqu’à l’année prochaine. Dans le détroit d’Ormuz, l’Iran vient déjà d’annoncer qu’elle laisserait « les navires non hostiles » le traverser.

    Pour le gazole, le raisonnement est similaire. Son coût est passé de 1,727 euro à 2,212 euros, soit une hausse de 48,5 centimes par litre, dont seulement 8,1 centimes correspondent à une hausse de TVA. « En supposant là encore que rien ne change dans les 12 prochains mois, le gain fiscal atteindrait environ 1,265 milliard d’euros. Mais une baisse de la consommation de 8,3 % aurait raison de ce gain », pointe Eric Dor. D’après lui, « dire que l’Etat serait un « profiteur de crise » est une énormité. L’Etat est globalement perdant dans cette situation. »

    Les effets pervers pour les finances publiques

    Avec ce type de déclaration, Marine Le Pen laisse penser que l’administration se ferait de l’argent sur le dos des Français. « Toute hausse du prix de l’énergie appauvrit globalement le pays, assure Eric Dor. L’Etat, c’est nous tous : ses actifs comme ses dettes sont, en fin de compte, ceux des Français. »

    Sans compter les effets macroéconomiques de la hausse des prix des carburants qui pénalisent, à l’arrivée, l’Etat. En alimentant l’inflation, elle conduit les marchés à anticiper une hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne. Le rendement français à 10 ans est déjà passé d’environ 3,22 % à 3,7 %. Or en 2026, l’Etat devra emprunter 310 milliards d’euros. « L’endettement public n’est pas gratuit : il faudra le rembourser, avec des intérêts, et ce sont souvent les classes moyennes qui en supportent le coût à long terme », rappelle Eric Dor. Par ailleurs, lorsqu’un consommateur consacre davantage de revenus au carburant, il dépense moins ailleurs et réduit mécaniquement les recettes fiscales de l’Etat, largement dépendantes de la consommation. Des éléments que l’élue du Pas-de-Calais se garde bien de mentionner.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/prix-du-carburant-les-mauvais-calculs-de-marine-le-pen-UI6QAAYXFFF4BBLYCLUK75SKZA/

    Author : Thibault Marotte

    Publish date : 2026-03-26 05:30:00

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  • Iran : qu’est-ce que la 82e brigade aéroportée, que les Etats-Unis s’apprêtent à déployer ?

    « Ne mettez pas à l’épreuve notre détermination à défendre notre terre » : le président du Parlement iranien, Mohammad Ghalibaf, a réagi mercredi 25 mars aux informations de plusieurs médias américains évoquant l’hypothèse d’un envoi de soldats parachutistes américains en Iran.

    Mis en difficulté par la guerre et surpris par la résistance du régime iranien, les Etats-Unis, qui bombardent le pays depuis plusieurs semaines, semblent vouloir passer un cap, avec un possible envoi de troupes au sol. Que sait-on de ce déploiement de quelques milliers de parachutistes ?

    « Déployable en 18 heures »

    Selon le Washington Post, « le Pentagone a ordonné mardi le déploiement de quelques milliers de parachutistes de la 82e division aéroportée au Moyen-Orient », alors que le président Donald Trump envisagerait une escalade du conflit. De son côté, CNN évoque l’envoi « de 1 000 soldats », dans les prochains jours.

    Ces militaires appartiendraient à une unité d’infanterie spécialisée dans les interventions ultra-rapides, comme « la prise de bases aériennes et d’autres infrastructures critiques, le renforcement des ambassades américaines et les évacuations d’urgence », précise le Washington Post. Cette force est conçue pour être déployée n’importe où dans le monde en moins de 18 heures, depuis sa base en Caroline du Nord.

    Cette division est connue pour être intervenue lors du retrait américain d’Afghanistan en 2021, en appui des évacuations depuis l’aéroport international de Kaboul. Elle a également participé au débarquement de Normandie, en 1944 et a été engagée au Vietnam, au Panama, en Irak et en Afghanistan.

    Selon CNN, la 82e division aéroportée « comprend trois équipes de combat d’environ 4 000 hommes chacune, une brigade aérienne dotée d’hélicoptères d’attaque, de transport et de fret, une unité d’artillerie, une brigade logistique et son bataillon de commandement ».

    Saisir l’île de Kharg

    Ce déploiement intervient alors que 4 500 Marines américains se dirigent vers le Moyen-Orient, dont la 31e unité expéditionnaire des Marines basée à Okinawa, au Japon. Une unité similaire a été envoyée ces derniers jours, mais n’arrivera sur zone que dans plusieurs semaines.

    Ces forces pourraient être utilisées pour s’emparer de l’île de Kharg, un territoire iranien situé à une cinquantaine de kilomètres des côtes, au nord-ouest du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour les exportations d’hydrocarbures. Le blocage de ce détroit constitue en effet le principal levier de pression de Téhéran sur les Etats-Unis et l’économie mondiale.

    La force aéroportée pourrait tenter de s’emparer de l’île ou appuyer une intervention de la marine. « L’aérodrome de l’île de Kharg ayant été endommagé par les récents bombardements américains, d’anciens commandants estiment qu’il serait plus probable de déployer d’abord des Marines, pour réparer rapidement les pistes et autres infrastructures. Une fois l’aérodrome remis en état, l’armée de l’air pourrait acheminer du matériel et des fournitures, ainsi que des troupes si nécessaire », analyse le New York Times.

    Cette annonce intervient alors que Donald Trump s’est dit confiant quant à la possibilité de conclure rapidement un accord avec l’Iran afin de mettre fin aux hostilités.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-quest-ce-que-la-82e-brigade-aeroportee-que-les-etats-unis-sappretent-a-deployer-ICKBASNP45DXFP4DAN4QPI7FWY/

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    Publish date : 2026-03-25 15:15:00

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  • « Donald Trump pourrait s’en prendre à tout le monde » : le scénario iranien qui inquiète la spécialiste Suzanne Nossel

    Près d’un mois après le lancement de l’opération « Fureur épique », il devient de plus en plus difficile d’entrevoir ce que pourrait constituer une victoire de Donald Trump en Iran, d’autant plus que, ce 25 mars, la télévision d’État iranienne a annoncé que Téhéran avait rejeté la proposition de paix américaine. À l’inverse, Suzanne Nossel s’inquiète surtout du scénario d’un échec. Dans une analyse récente publiée dans Foreign Policy, où elle intervient comme chroniqueuse, cette experte en politique étrangère américaine au Chicago Council on Global Affairs met en garde : « A mesure qu’il (Donald Trump) se retrouve acculé, il devient essentiel d’anticiper sa réaction face à la perspective d’une défaite en Iran et de se préparer à la possibilité que sa réponse rende le conflit encore plus dangereux ».

    S’appuyant sur les échecs passés du président américain, Suzanne Nossel estime que celui-ci dispose d’un ensemble de stratégies bien établies lorsque la tournure des événements lui est défavorable. Dans un entretien accordé à L’Express, cette spécialiste détaille les risques que de tels comportements pourraient faire peser à la fois sur la sécurité nationale américaine et sur la sécurité internationale s’ils venaient à s’appliquer au conflit iranien.

    L’Express : Selon vous, les réactions passées de Donald Trump face à l’échec peuvent éclairer ce qui pourrait se produire au Moyen-Orient. Comment cela pourrait-il se vérifier dans le dossier iranien ?

    Suzanne Nossel : Évidemment, il faut voir comment la situation en Iran va évoluer, et le passé ne prédit pas toujours l’avenir. Cela dit, Trump a un mode de fonctionnement assez bien établi lorsqu’il est confronté à l’échec, et il s’est montré à maintes reprises mauvais perdant. Un perdant particulièrement vindicatif. Certains de ses comportements passés sont particulièrement préoccupants dans le contexte iranien. Par exemple, s’en prendre à ses subordonnés et à ceux qu’il croit pouvoir contrôler, menacer de représailles, essayer de leur tordre le bras pour les pousser à agir contre leur meilleur jugement. Si cela devait se produire à l’égard d’officiers militaires, ce pourrait être vraiment dangereux. Cela pourrait fausser leur gestion du champ de bataille, mettre en péril des soldats américains, provoquer une expansion du conflit, et passer outre le jugement d’experts militaires chevronnés qui cherchent à en limiter les excès. C’est une première préoccupation.

    Une autre est son habitude de s’entêter dans des stratégies qui échouent. Il lui est très difficile d’admettre qu’une approche ne fonctionne pas. Rappelez-vous que lui et ses alliés ont déposé 62 recours judiciaires pour contester les résultats de l’élection de 2020 ! Or, s’il devait faire de même en Iran et refuser de reconnaître que les frappes aériennes ont peut-être atteint leurs limites, ou que l’éventuel déploiement de troupes au sol ne produit pas les résultats escomptés, cela pourrait provoquer des destructions et des pertes humaines, et mettre en danger des soldats américains de façon bien plus lourde de conséquences que dans sa vie civile. Sa tentative de renverser les résultats de l’élection de 2020 a eu un effet explosif pour l’Amérique, mais dans le contexte iranien, les conséquences toucheraient à la fois la sécurité nationale américaine et la sécurité mondiale.

    Le réalisme géopolitique a-t-il encore une prise sur Donald Trump ?

    D’une certaine manière oui. Le fait que ces derniers jours, il ait renoncé à sa menace d’attaquer les centrales électriques iraniennes, en affirmant que des négociations étaient en cours et prometteuses — ce que les Iraniens ont démenti — suggère qu’il a au minimum exagéré l’ampleur de ces contacts. C’est en réalité un signe plutôt positif, car cela indique qu’il pourrait vouloir désamorcer la situation. Il commence peut-être à réaliser à quel point la trajectoire actuelle est dangereuse. Et faire marche arrière, retirer cette menace, qui aurait clairement aggravé le conflit. C’était une décision bienvenue. Cela montre qu’il perçoit l’importance des enjeux et qu’il écoute peut-être certaines personnes de son entourage.

    Mais, d’un autre côté, on sait qu’il est fortement guidé par son ego. Et si le récit devient celui d’un échec de Trump, un fiasco ayant mis en péril sa présidence, sa crédibilité et sa réputation, alors il est difficile de prévoir quelle serait sa réaction.

    En cas d’échec, Donald Trump pourrait, affirmez-vous, rejeter la faute sur l’armée, les alliés, la Chine, la Russie, Israël, les démocrates ou tous à la fois. Il s’en est déjà pris aux « lâches » de l’Otan et déploré leur manque d’implication en Iran. Pourrait-il se retourner contre l’Europe ?

    C’est possible. Cela dit, d’un point de vue pratique, on voit à quel point même un niveau limité de coopération européenne est important pour cette opération. Une grande partie de celle-ci est menée depuis des bases américaines en Europe et des points de ravitaillement situés sur des îles européennes. Dès lors, cette coopération – aussi limitée soit-elle – est essentielle. Trump a peut-être compris que l’aide qu’il espérait obtenir, notamment en demandant à certains pays de contribuer avec des navires pour rouvrir le détroit d’Ormuz, a été accueillie avec une certaine froideur en raison des tensions dans les relations. Il pourrait donc finir par en déduire que son approche a affaibli la sécurité des États-Unis ainsi que sa propre marge de manœuvre.

    Mais d’un autre côté, comme je vous le disais, Trump est vindicatif. S’il doit justifier un échec, il est capable de s’en prendre à tout le monde. On a déjà vu sa relation avec Keir Starmer se détériorer au cours de la guerre. Il ne parait pas non plus satisfait du chancelier allemand Friedrich Merz. Ainsi, cette hostilité de longue date envers les dirigeants européens pourrait s’intensifier sous l’impulsion de Trump lui-même. Il semble toutefois que son entourage prenne, au moins en partie – et de manière discrète – la mesure de ce que cette guerre a révélé : l’importance de l’alliance entre les États-Unis et l’Europe, même si celle-ci apparaît aujourd’hui fragilisée.

    Donald Trump n’a de cesse de souffler le chaud et le froid dans le dossier iranien. S’agit-il d’une stratégie ou d’improvisation ?

    En lançant cette opération en Iran, l’administration Trump a décidé d’agir rapidement, en privilégiant ce calendrier plutôt que d’attendre l’été. Et ce faisant, ils n’étaient que partiellement préparés, notamment en termes de moyens déployés dans la région. Selon toute vraisemblance, ils espéraient au moins que les choses iraient très vite et que la frappe initiale de décapitation du leadership provoquerait soit des négociations, soit un soulèvement. Rien de tout cela ne s’est produit. Ils ont eux-mêmes reconnu ne pas avoir anticipé l’ampleur des représailles dans la région, notamment contre les alliés du Golfe. Il est assez clair que plusieurs éléments les ont pris de court et qu’ils doivent improviser en temps réel pour y répondre.

    On a également observé une grande hésitation quant à la justification de la guerre : pourquoi ils ont décidé d’intervenir, quels sont les objectifs, ce qui constituerait un succès, et même comment qualifier l’opération. Est-ce une guerre totale ? Une incursion limitée ? Il est évident qu’ils ne sont pas tous d’accord sur le sens de cette opération, pourquoi elle est menée et ce qu’ils peuvent réellement espérer accomplir à ce stade. Certes, un plan sur papier ne permet jamais de prévoir exactement le déroulement d’une guerre. Il y a toujours une part d’improvisation. Mais dans ce cas précis, ils donnent l’impression d’avoir agi dans la précipitation en s’appuyant sur une analogie trompeuse – celle de l’opération au Venezuela – qui les a conduits à penser que ce serait plus facile que cela ne l’était en réalité.

    Qu’a réellement accompli l’armée américaine en près d’un mois d’entrée en guerre contre l’Iran ?

    Il y a des résultats concrets. D’après la plupart des analyses, les États-Unis ont réussi à neutraliser la marine iranienne, à limiter leurs capacités balistiques et à détruire une grande partie de leurs capacités offensives, même si ce n’est évidemment pas total, puisque les Iraniens continuent de tirer des missiles et d’atteindre des cibles, encore ces derniers jours. Ces capacités auraient été fortement réduites, peut-être de 85 à 90 %, mais les 10 % restants sont toujours actifs. Il semble également que l’Iran adapte son rythme d’attaque et conserve une partie de ses capacités en réserve, compte tenu de la durée du conflit. Ainsi, même si nous ne connaissons pas exactement la situation, il est raisonnable de considérer que ses capacités ont été très considérablement affaiblies.

    Mais un point essentiel demeure en suspens : celui des matières nucléaires iraniennes. Nous savons qu’elles sont toujours en circulation, et que tenter d’en prendre le contrôle est une opération extrêmement complexe et risquée. Ce sera un élément clé dans toute négociation, ainsi que dans l’évaluation de ce qu’une opération terrestre pourrait permettre d’accomplir, notamment la capacité à sécuriser ces matières fissiles de manière sûre et efficace.

    Si l’opération en Iran vire au fiasco, cela refroidira-t-il les ardeurs de l’administration Trump à Cuba ?

    Cela peut évoluer de deux manières. D’un côté, il pourrait tirer la leçon que l’opération rapide et « propre » qu’ils ont réussi à mener à Caracas n’est pas reproductible ailleurs, et que d’autres contextes sont bien plus complexes et enracinés. Cette opération-là était assez unique.

    D’un autre côté, si l’Iran est perçu comme un échec, Trump pourrait être encore plus déterminé à passer à autre chose, à construire un nouveau récit, à détourner l’attention et à tenter de remporter une victoire ailleurs, par exemple à Cuba. Donc beaucoup dépendra de l’évaluation de la faisabilité d’un tel scénario et du niveau de risque associé. Si les Cubains semblent à bout de souffle, s’il existe un soutien de l’opposition, et s’il y a des figures modérées au sein du régime en contact avec Washington, l’administration Trump pourrait estimer que le terrain est déjà préparé et que les chances de succès sont élevées. Dans ce cas, on peut imaginer que Trump lance une telle initiative simplement pour « enterrer » l’histoire iranienne et l’insérer entre deux succès, au Venezuela et à Cuba. Mais tout dépendra de l’évaluation des chances de succès.

    En cas d’échec en Iran, des têtes pourraient-elles tomber au sein de l’administration Trump ? Cela pourrait-il reconfigurer les rapports de force dans l’entourage du président américain ?

    C’est une possibilité. Trump a été très réticent, lors de son second mandat, à l’idée d’évincer des membres du cabinet ou d’autres hauts responsables, après l’avoir fait à de nombreuses reprises durant son premier mandat, ce qui, selon lui, avait contribué au chaos à la Maison-Blanche et parmi ses proches collaborateurs. La seule personne qu’il a écartée jusqu’à présent est la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, après sa gestion désastreuse des opérations de contrôle de l’immigration à Minneapolis.

    Concernant l’Iran, il est assez clair que Trump prend lui-même les décisions. C’est lui qui a estimé que les risques étaient suffisamment élevés pour lancer cette opération. Et à chaque étape, ses subordonnés ont été très prudents en présentant toutes les décisions comme venant de lui. Il sera dès lors difficile de faire porter la responsabilité à ses subordonnés. Cela dit, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a perdu beaucoup de crédibilité en raison de son discours belliqueux et de son langage parfois irresponsable, qui paraît valoriser la violence et les effusions de sang, ce qui a rebuté une partie des Américains, des élus et des alliés. C’est un point de fragilité. Mais j’ai le sentiment que Trump apprécie ce ton dur, et que Hegseth ne s’exprimerait pas ainsi sans penser que le président l’approuve. Je ne vois donc pas comment Trump pourrait lui faire porter la responsabilité.

    Ce qui est intéressant, en revanche, c’est que J.D. Vance s’est assez clairement distancié de l’opération. Il n’en a pas été un défenseur, et il est de notoriété publique qu’il y était opposé. Donc la question est : que deviendra sa position en fonction de l’issue du conflit ? Le président lui reprochera-t-il de ne pas avoir été pleinement aligné ? Ou au contraire en sortira-t-il renforcé pour avoir fait preuve de sang-froid et de jugement, en soulignant les risques d’une opération qui, pour l’instant, ne semble pas produire les résultats espérés ? La question reste ouverte.

    Joe Kent, jusqu’alors directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, est devenu le premier haut responsable de l’administration Trump à démissionner en raison de la guerre en Iran. Cela marque-t-il un tournant ?

    Je ne pense pas. Il est perçu comme une figure assez marginale, qui s’est discréditée de diverses manières au fil du temps, et comme quelqu’un tenant des propos complotistes et parfois haineux. Il s’est également contredit, après avoir précédemment affirmé lors de ses auditions de confirmation devant le Sénat que l’Iran représentait une menace sérieuse.

    Il y a toujours au sein des administrations de droite ou de gauche des figures qui font défection et critiquent certaines politiques, ce n’est pas exceptionnel. Et pour l’instant, rien n’indique que cela entraînera une vague plus large de défections ou de prises de position similaires.

    Ce 23 mars, le président américain a affirmé que son administration s’entretenait avec un « haut dirigeant » iranien non identifié pour mettre fin à la guerre, ce que les Iraniens ont démenti. Et ce mercredi, Téhéran a refusé la proposition de paix de Donald Trump. Le scénario d’un accord américano-iranien est-il crédible ?

    C’est possible. Mais il n’est pas dans l’intérêt des Iraniens de montrer publiquement qu’ils font des concessions. Ils disposent actuellement d’un levier important et cherchent sans doute à le préserver à la table des négociations afin d’obtenir les conditions les plus favorables possible. D’un autre côté, ces parties négocient depuis des années sans parvenir à un accord. L’idéologie et la dimension religieuse du régime iranien jouent un rôle important, de sorte que la rationalité telle que nous la concevons, et le pragmatisme, ne prévalent pas nécessairement.

    Par ailleurs, l’Iran a sans doute été renforcé par sa capacité non seulement à résister aux actions des États-Unis et d’Israël, mais aussi à riposter, à peser sur les prix mondiaux du pétrole et à contourner en partie les sanctions, en étant aujourd’hui plus à même de vendre son pétrole qu’il ne l’a été depuis des années. Par conséquent, si des négociations ont lieu à ce stade, le régime iranien cherchera à obtenir un accord très avantageux. Une partie dépendra aussi de l’évaluation de l’administration Trump quant aux conséquences d’une escalade supplémentaire, notamment l’envoi de troupes au sol. On peut espérer qu’il écoute les militaires sur les chances de succès et les risques associés. Un accord négocié reste possible, mais rien ne permet aujourd’hui d’affirmer qu’il est à portée de main, d’autant que le niveau de confiance entre les deux parties est proche de zéro.

    Comment voyez-vous la suite du conflit ?

    Il est difficile d’être optimiste à ce stade. Il y a de nombreuses variables en jeu et des pressions contradictoires. Un élément important concerne les acteurs régionaux, qui, à ce stade, sont inquiets face à un Iran affaibli et vindicatif, mais toujours fondamentalement intact.

    Une pression s’exerce désormais sur l’administration Trump de la part de certains alliés, notamment l’Arabie saoudite, pour aller plus loin et s’assurer que l’Iran soit durablement affaibli et ne représente plus une puissance régionale comme auparavant. Cette pression est en concurrence avec d’autres considérations : ces pays accepteront-ils réellement de participer à l’opération ? Leur engagement pourrait lui apporter davantage de crédibilité, de légitimité et de capacités, mais aussi la prolonger et en accroître les risques…



    Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/donald-trump-pourrait-sen-prendre-a-tout-le-monde-le-scenario-iranien-qui-inquiete-la-specialiste-R37MYAM6KBBSVM6VGRM4WHF5C4/

    Author : Laurent Berbon

    Publish date : 2026-03-25 16:00:00

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  • « Kremlin confidentiel », le vrai visage de Vladimir Poutine : sa fortune démentielle, ses maîtresses, la corruption…

    « La démarche du pistolero ». C’est ainsi que des professeurs de neurologie du très sérieux British Medical Journal ont baptisé l’étrange façon de marcher de Vladimir Poutine, rappelle le journaliste Vincent Jauvert dans son livre Kremlin confidentiel, dont L’Express publie les bonnes feuilles. « Nous avons observé qu’[il] présente une réduction notable du balancement du bras droit pendant la marche, écrivent-ils en 2015. Nous avons trouvé dans un manuel de formation du KGB une explication plausible : les recrues étaient entraînées à garder le bras droit immobile près du corps afin de pouvoir dégainer rapidement une arme. Nous pensons que cette habitude acquise a été conservée inconsciemment dans [sa] posture et [sa] démarche ». Fruit d’une enquête fouillée et nourrie par de nombreux documents et témoignages, l’ouvrage de Vincent Jauvert vise à dévoiler la vraie nature du président russe, tout ce qu’il veut cacher : « sa quête effrénée de luxe, de pouvoir et de vengeance – sa vie privée et ses crimes aussi ». Dans un texte saisissant, l’auteur montre comment ce chef mafieux a construit sa dictature à vie, accumulé une immense fortune, planifié l’invasion de l’Ukraine, et entraîné l’Europe dans une guerre sans fin. Extraits.

    Monsieur 35 %

    C’est sa face la plus secrète. Poutine, qui a vécu, comme l’immense majorité des Soviétiques, dans la pauvreté et la fascination de l’abondance occidentale, aime le luxe. Pendant des années, il a vu les oligarques et certains hauts fonctionnaires acheter des propriétés somptueuses sur la Côte d’Azur, des yachts, des montres Patek Philippe en or, des Bentley et des costumes anglais hors de prix. C’est son tour. En même temps qu’il impose son système politique ­ autocratique, le président russe met en place un système complexe de détournement de fonds à son profit inspiré des méthodes de la mafia. Pour bâtir sa fortune, [il] va d’abord utiliser son ami Nikolaï Chamalov, l’un des huit de la coopérative Ozero [NDLR : une coopérative de datchas située sur un vaste terrain, à 150 kilomètres de Saint-Pétersbourg, au bord du lac Komsomolskoïe], chez qui, quatre ans plus tôt, il a passé des vacances d’hiver en famille à Davos. Rond et yeux clairs, Chamalov est le représentant de Siemens en Russie et l’un des principaux actionnaires d’une société baptisée Petromed. C’est via cette compagnie que Poutine va engranger ses premiers millions de dollars.

    Le schéma de ce détournement de fonds m’a été expliqué par un autre actionnaire de Petromed, Sergueï Kolesnikov. Docteur en médecine militaire, ce quinquagénaire à allure de comptable n’a pas supporté d’être complice d’une vaste entreprise de corruption. En 2010, il a dénoncé le système dans une lettre ouverte au président russe de l’époque, Dmitri Medvedev, le pantin que Poutine a installé au Kremlin pour quatre ans de 2008 à 2012. Dans cette missive à scandale, Koslesnikov fournissait toutes les preuves des malversations au profit du Premier ministre Poutine, toujours l’homme fort du régime. Evidemment, Medvedev n’a rien fait. Tandis que Kolesnikov s’est envolé dans la nature par peur de représailles. Ses révélations ont été confirmées bien plus tard par l’agence Reuters et le réseau OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project) de journalistes spécialisés dans les enquêtes sur la corruption. Voici ce qu’ils ont découvert. Créée en 1992 à Saint-Pétersbourg, Petromed a pour vocation de construire et d’importer du matériel médical high-tech en Russie. Au début, il s’agissait d’une joint-venture public-privé. Côté privé, Chamalov et Kolesnikov ; côté public, le département des relations économiques internationales de Saint-Pétersbourg représenté par son directeur, Vladimir Poutine. Après la défaite [d’Anatoli] Sobtchak [ancien maire de Saint-Petersbourg], la ville a vendu ses parts aux deux fondateurs qui ont fait prospérer leur affaire.

    Dès son installation à la tête de l’Etat, Poutine leur propose un marché. Comme le gouvernement russe n’a pas les moyens d’acheter le matériel médical dont le pays a besoin, il va mettre au point un système original de financement : le Kremlin va demander à de riches hommes d’affaires de donner de l’argent à Petromed et avec ces sommes, la société achètera des équipements puis les fournira aux villes qui en ont besoin. Par exemple, un centre de chirurgie cardiaque à Perm. Une bonne affaire pour Petromed, qui prend un pourcentage sur chaque contrat. Mais il y a une condition : un gros tiers (35 % exactement) des montants offerts devront être transférés à…Poutine, lui-même, via un montage financier complexe. Pour être précis, ces 35 % devront être virés sur le compte au Lichtenstein de la société russe Rosinvest qui, elle-même, est détenue par une compagnie du Lichtenstein, Lirus Investment Holding. Selon Kolesnikov et les journalistes cités plus haut, Poutine détient 94 % des actions de Lirus – actions au porteur, c’est-à-dire non nominatives. Chamalov accepte.

    Les années suivantes, le système de détournement de fonds au profit du « boss » va prendre une dimension quasi industrielle. En 2005, Poutine lance les « projets nationaux prioritaires ». Il s’agit de calmer une population qui gronde et de contrer un éventuel débordement de la révolution orange ukrainienne. Il dote ces projets de budgets sans précédent : 150 milliards de roubles pour l’éducation, 100 pour le logement, 70 pour l’élevage. Et surtout 300 milliards pour la santé, soit environ 10 milliards de dollars dont Petromed rafle une bonne partie. Comme convenu, elle reverse 35 % de ses recettes à la société Lirus, donc à Poutine.La manne sera telle que le maître du Kremlin va pouvoir financer l’un de ses rêves. Selon Sergueï Kolesnikov, après le lancement des projets nationaux, Lirus a pu acheter un terrain près de Sotchi. Un immense territoire à Guelendjik, sur les bords de la mer Noire, destiné à un projet secret : un palais. « Au début, il s’agissait d’un bâtiment de ‘seulement’ 16 millions de dollars, m’a-t-il raconté. Mais, à partir de 2006 [et le lancement des projets nationaux], le projet a changé de dimension. On a ajouté un théâtre d’hiver, trois héliports, une discothèque, une patinoire souterraine, un ascenseur de plage, une marina, une ligne électrique, un gazoduc et plusieurs routes menant directement au palais. Sans parler de l’aménagement intérieur, la vaisselle, les meubles fabriqués à l’unité par des designers italiens…au total, tout cela se chiffrera à plus de 1 milliard de dollars. »

    Ses maîtresses cachées

    Pendant la même période [lorsqu’il était maire adjoint de Saint-Pétersbourg et que son mariage commençait à battre de l’aile, dans les années 1990], il entretenait une liaison avec une jeune femme de vingt-trois ans sa cadette, Svetlana Krivonogikh, qui étudiait la finance à l’université de Saint-Pétersbourg et faisait des ménages pour arrondir ses fins de mois. La relation, dont Poutine niera toujours l’existence, continue aux débuts des années 2000 alors qu’il est déjà chef de l’Etat. D’après Proekt [un site d’investigation créé par deux journalistes russes exilés aux Etats-Unis], Svetlana accouche en 2003 d’une petite fille, Elizaveta. L’enfant n’est pas reconnue par son père mais son patronyme est, selon le registre des naissances, « Vladimirovna » c’est-à-dire « fille de Vladimir ». Il y a beaucoup de Vladimir en Russie. (…). Mais plusieurs éléments conduisent à penser que le Vladimir en question est bien le maître du Kremlin. Selon les Pandora Papers, en 2003, c’est-à-dire l’année de son accouchement, Svetlana Krivonogikh devient propriétaire d’une société offshore dans les îles Vierges britanniques. Quelques mois plus tard, cette compagnie achète un appartement à Monaco pour 4 millions de dollars puis un yacht de 37 mètres baptisé Al’Doga. Par la suite sa fortune n’a cessé de croître. En 2008, après un tour de passe-passe avec un homme de paille de Poutine, elle devient propriétaire d’un appartement de 200 mètres carrés dans l’un des quartiers les plus chic de Saint-Pétersbourg. La diplômée en finance, dont la fortune s’élèverait aujourd’hui à 100 millions de dollars, apparaît aussi comme copropriétaire de la compagnie Ozon qui gère Igora, la station de ski préférée de Poutine.

    Et puis, il y a LA maîtresse : Alina. En avril 2008, l’hebdomadaire Moskovski Korrespondent publie le scoop que beaucoup de journalistes politiques russes n’osent révéler : le « leader national » aurait divorcé de Lioudmila et s’apprêterait à convoler avec la jeune gymnaste de 24 ans, Alina Kabaeva. Selon le journal, la fête se déroulera en juin à Saint-Pétersbourg, au palais Constantin, là où Vladimir a accueilli le G8. Le reporter tient cette dernière information du traiteur retenu pour les agapes. Pour les Russes, Alina Kabaeva n’est pas du tout une inconnue. Double championne du monde de gymnastique rythmique, médaillée d’or aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004, elle est déjà l’une des rares icônes féminines du régime qui s’affichent au bras du maître du Kremlin lors de galas et de cérémonies officielles. A 19 ans, elle a rejoint l’équipe dirigeante de Russie unie, le parti de Poutine, dont elle est députée à la Douma. Elle le restera sept ans, pendant lesquels elle ne contribuera qu’à cinq projets de loi dont celui sur les « agents de l’étranger ». […] Le mariage n’aura pas lieu. En tout cas, pas en juin 2008. Mais la liaison avec Alina Kabaeva, surnommée « la reine sans couronne de Russie » par le site Proekt, va se poursuivre. Et la fortune de l’ex-gymnaste, grossira de façon exponentielle.

    Les somptueux cadeaux du tsar

    Quel Tartuffe ! Chantre d’une morale étriquée, Poutine profite de son troisième mandat pour dépenser la fortune accumulée en secret. Il puise dans toutes ses caisses noires pour flamber des milliards. Manoirs, yachts, actions, fêtes somptueuses… le maître du Kremlin gâte outrageusement sa fille cadette, son gendre, son ex-femme, ses maîtresses. Et il ne s’oublie pas. Tandis qu’il moralise et se présente comme un ascète, Poutine prend livraison d’un cadeau somptueux qu’il s’est fait à lui-même. Un autre yacht, plus grand que l’Olympia. Évalué à 100 millions de dollars, celui-là mesure 82 mètres. Poutine le baptise Graceful, « Gracieux » en français. Un trait d’humour, sans doute. Construit par un chantier naval russe et parachevé par une société de Hambourg réputée, le navire possède douze suites, un héliport, une piscine intérieure transformable en piste de danse et une cave à vin de 400 bouteilles.

    […] Ce 23 février 2013, un traîneau tiré par trois chevaux blancs glisse sur la neige puis s’arrête devant le Palais de Glace d’Igora. De cette troïka, descend un couple très glamour : une jeune femme athlétique portant une robe de mariée couleur perle et un homme grand dans un costume sombre. La fête du mariage le plus couru et le plus secret de Russie peut commencer. Elle va durer trois jours et trois nuits, à huis clos. La mariée a 26 ans et s’appelle Katerina Tikhonova. C’est, en tout cas, le nom de famille qu’elle utilise, celui de sa grand-mère maternelle. En réalité, jusqu’à ce mariage, elle s’appelait Ekaterina Poutina, elle est la fille cadette du président, née à Dresde. Les Russes ont entendu parler d’elle mais la plupart ignorent ses liens avec le maître du Kremlin. C’est une championne de danse sportive. En octobre 2013, le couple qu’elle forme avec son partenaire de danse arrivera cinquième au championnat du monde de rock acrobatique à Moscou.

    Le jeune marié a 30 ans, il connaît Ekaterina depuis qu’ils sont enfants. Il se prénomme Kirill, il est le fils de Nikolaï Chamalov, un autre ancien d’Ozero, milliardaire lui aussi qui alimente, via sa compagnie de matériel médical Petromed, la première caisse noire de Poutine. Fils d’un prince du régime, Kirill fait une carrière époustouflante. Diplômé de l’université de droit de Saint-Pétersbourg (comme Poutine), il a été nommé, à 25 ans, directeur général adjoint de Gazprom-Media, qui détient plusieurs chaînes de télévision et une radio très écoutée, l’Echo de Moscou. Gazprom-Media est elle-même une filiale de Gazprombank dont l’un des directeurs est son frère, Youri Chamalov. Un hasard, sans doute.

    Les intertitres sont de la rédaction.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/kremlin-confidentiel-le-vrai-visage-de-vladimir-poutine-sa-fortune-dementielle-ses-maitresses-la-DUINBXCP3ZEYHN4PR6L6LTLFDI/

    Author : Cyrille Pluyette

    Publish date : 2026-03-25 17:00:00

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  • L’exposition au cadmium pourrait expliquer jusqu’à 34 % des cas d’ostéoporose d’ici 2040

    Faut-il s’inquiéter du cadmium qui s’accumule dans les sols, et se retrouve bien souvent dans notre alimentation ? Et si oui, quels sont les risques pour la santé associés à la consommation de ce produit, normalement réservé à l’agriculture ? C’est à ces questions que l’Anses a entrepris de répondre dans un vaste rapport d’expertise de près de 400 pages. L’agence a passé au crible l’ensemble des sources d’exposition de la population française à ce métal lourd, qui une fois inhalé ou ingéré, s’amoncelle dans l’organisme où il peut rester entre 10 et 30 ans avant d’être évacué.

    Conclusion : l’alimentation fait partie des premiers vecteurs de contaminations à ce toxique. Les résidus retrouvés dans la nourriture, expliquent à eux seuls jusqu’à 98 % de l’imprégnation chez les non-fumeurs, même si le tabac constitue un facteur aggravant, puisqu’un paquet de cigarettes quotidien représente un apport absorbé comparable à celui de l’alimentation entière, souligne l’Anses. Pire : à en croire les experts de l’agence, la situation s’aggrave. En 2011, l’Étude d’alimentation totale 2 (EAT2) de l’agence montrait que 0,6 % des adultes et 14 % des enfants de 3 à 17 ans dépassaient les valeurs toxicologiques de référence du cadmium par la seule alimentation. En 2026, l’Étude d’alimentation totale 3 (EAT3) révèle que ces pourcentages montent jusqu’à 1,7 % chez les adultes et 27 % chez les enfants. Si l’augmentation est documentée, reste à savoir ce que nous risquons.

    Des effets osseux et rénaux solidement documentés

    Avec des résultats aussi négatifs, les scientifiques s’attendent à des conséquences forcément négatives, en termes de santé publique. « Il existe de nombreuses études toxicologiques menées sur des animaux qui montrent que le cadmium est néfaste pour la santé, mais quand on regarde les données épidémiologiques concernant l’exposition humaine en vie réelle, ce sont les effets osseux et rénaux qui semblent être les plus importants », résume l’épidémiologiste Luc Multigner. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’un métal lourd qui s’accumule principalement dans les tissus osseux, comme le plomb.

    Le rapport de l’Anses le confirme : les effets osseux constituent « l’effet critique » du cadmium. Autrement dit, ce sont ceux qui surviennent à la dose la plus faible. Ainsi, la baisse de densité osseuse, pouvant mener à l’ostéoporose et aux fractures, a été identifiée à partir d’un seuil de 0,5 microgramme de cadmium par gramme de créatinine urinaire – seuil que 47,6 % des adultes français dépassent. Et les projections sont préoccupantes : selon l’évaluation du projet européen HBM4EU, environ 23 % des cas d’ostéoporose chez les femmes de plus de 55 ans en France, en Belgique et en Espagne, sont déjà attribuables à l’exposition au cadmium. Si les niveaux ne diminuent pas, cette proportion pourrait atteindre jusqu’à 34 % en 2040. Le coût associé pour le système de santé français (prise en charge des fractures des poignets, hanches, vertèbres) pourrait s’élever à 2,6 milliards d’euros.

    Les dégâts rénaux sont également solidement documentés. On le savait déjà, l’accumulation de cadmium dans ces organes peut provoquer, en cas d’exposition prolongée, une diminution du débit de filtration susceptible d’évoluer vers une insuffisance rénale. Ce lien repose sur une méta-analyse de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), regroupant 35 études épidémiologiques menées chez des populations en « exposition majoritairement environnementale », dont en lien avec l’alimentation. Le seuil d’apparition des effets rénaux est toutefois d’un microgramme de cadmium par gramme de créatinine, le double du seuil osseux. Reste que le risque est bien réel, en particulier pour les personnes âgées dont la charge en cadmium s’est accumulée tout au long de leur vie.

    Le lien entre le cancer du poumon et le cadmium est le troisième le mieux documenté. Néanmoins, ce risque n’est pas établi pour la population générale exposée par l’alimentation, mais pour les travailleurs exposés. « Les études épidémiologiques liées à une exposition par inhalation [ont été] réalisées pour la plupart en milieu professionnel », souligne l’Anses, qui ajoute que « le comportement tabagique des individus doit également être pris en compte ». La classification du cadmium comme cancérogène certain par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) repose d’ailleurs sur ces données professionnelles et tabagiques, pas sur l’exposition alimentaire.

    Des risques à explorer, mais insuffisamment démontrés

    Si les preuves concernant les atteintes aux os, aux reins et aux poumons sont solides, d’autres méritent de plus amples recherches. Ainsi, le rapport mentionne qu’un lien entre exposition au cadmium et effets cardiovasculaires « a été mis en évidence » à des doses comparables à celles associées aux effets osseux. Mais l’Anses précise que ce signal mérite d’être surveillé, sans pour autant être considéré comme un danger aussi solidement documenté que les précédents.

    L’expertise s’inquiète aussi de l’exposition prénatale, puisque le cadmium accumulé par la mère – principalement par voie alimentaire – traverse en partie la barrière placentaire et peut représenter jusqu’à 40 % de l’imprégnation du nourrisson dans ses trois premiers mois de vie. Plusieurs études épidémiologiques suggèrent qu’une exposition au cadmium durant la période fœtale est associée à des effets neuro-développementaux, ainsi qu’à des altérations du développement. Néanmoins, ces preuves restent « suggestives », selon l’Anses. Il s’agit de signaux pertinents à creuser, mais pas encore de preuves établies. « Sur le plan épidémiologique, ce n’est pas très consistant, même si les modèles animaux vont dans ce sens. De nombreuses études examinent à la fois les effets du mercure, du plomb et du cadmium et on a parfois des difficultés à séparer les effets de l’un et de l’autre », note Luc Multigner. Par ailleurs, le cadmium est également classé « toxique pour la reproduction catégorie 2 » selon le règlement européen CLP, ce qui signifie que ces effets sont suspectés, mais pas formellement démontrés chez l’Homme.

    Pas de lien entre l’alimentation et les cancers

    En revanche, si des liens entre l’alimentation et les cancers du sein, de la prostate, du rein et du pancréas sont « suspectés » par certains travaux, aucune démonstration robuste n’est venue le confirmer. Sur ce point, le rapport de l’Anses est sans ambiguïté : « Les données disponibles restent insuffisantes pour établir une relation dose-réponse claire entre le cadmium et la survenue de cancers à la suite d’une exposition par voie orale. » Et d’ajouter : « Chez l’Homme, aucune étude ne permet de montrer clairement une association entre exposition par voie orale et cancer. »

    Cette prudence scientifique contraste avec des affirmations entendues dans la presse, comme celle du Dr Arnaud Cocaul, médecin nutritionniste, qui assurait en 2025 qu’il était « avéré que le cadmium est responsable de l’explosion des cancers, en particulier du pancréas ». Comme L’Express l’avait déjà détaillé, l’état actuel de la science ne soutient pas cette affirmation et aucun spécialiste des pathologies associées au cadmium ne soutient cette thèse. Des travaux sont en cours pour tenter de trancher la question, notamment l’étude Expo-PanCan, coordonnée par des chercheurs de l’Inserm, ainsi que l’étude de biosurveillance Albane, lancée par Santé publique France. Leurs résultats ne sont pas attendus avant plusieurs années.

    Les aliments à surveiller

    En attendant ces résultats, le rapport de l’Anses livre des recommandations en matière de consommation. Ainsi, si les céréales du petit-déjeuner et les barres sucrées représentent moins de 5 % de l’exposition au cadmium chez les enfants et les adolescents et à peine 1 % chez les adultes et que le chocolat contribue à moins de 3 % de l’exposition totale à partir de 5 ans, l’Anses les montre néanmoins du doigt, estimant que la population peut plus facilement s’en passer que les autres aliments concernés.

    Car les véritables contributeurs majeurs sont plus banals : le pain et les produits de panification (jusqu’à 21 % chez les adultes), les pommes de terre (12 à 25 % selon l’âge), les pâtes, riz et céréales raffinées (7 à 12 %), les légumes et les viennoiseries. Des aliments de base, consommés quotidiennement et difficiles à éliminer de nos régimes alimentaires. L’Anses suggère néanmoins de favoriser les légumineuses (pois, fèves, lentilles), dix fois moins contaminées que les céréales, mais présentant un intérêt nutritionnel au moins égal, voire supérieur. Les substituer en partie aux produits céréaliers dans le régime alimentaire permettrait de réduire l’exposition sans diminuer la qualité de l’alimentation. Consommer bio plutôt que conventionnel ne change en revanche rien à l’affaire : l’Anses ne met pas en évidence de différence significative de contamination au cadmium entre les deux modes de production.

    Reste que ces recommandations alimentaires individuelles ne suffisent pas, suggère le rapport. La principale solution passe plutôt par une réduction de la contamination à la source, soit la diminution de l’usage des engrais riches en cadmium, ou encore en évitant de cultiver les sols naturellement riches en cadmium. Des solutions qui ne manqueront pas de relancer un débat bouillant, devant prendre en compte les considérations économiques et sanitaires, tout en évitant les arguments de certains vendeurs de peur.



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/lexposition-au-cadmium-pourrait-expliquer-jusqua-34-des-cas-dosteoporose-dici-2040-JMAWSZEX65AXXLZRQTDBVDSREI/

    Author : Victor Garcia

    Publish date : 2026-03-25 19:07:00

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  • Marco Rubio face à Cuba : l’heure décisive approche


    Certains le surnomment déjà le « vice-roi de Cuba », en référence à l’époque coloniale où la couronne espagnole avait divisé son empire en quatre vice-royautés : Nouvelle-Espagne (capitale : Mexico), Pérou (Lima), Nouvelle-Grenade (Bogota) et Rio de la Plata (Buenos Aires). Pleinement autonome, Cuba, pour sa part, bénéficiait d’un statut privilégié, compte tenu de sa situation géographique unique et de son port militaire et commercial. Ces atouts font toujours de cette île un « hub » stratégique, à 150 kilomètres des côtes de la Floride et non loin de l’Amérique du Sud.

    « Vice-roi » ? Le titre est évidemment exagéré. Mais, ces derniers mois, le Secrétaire d’Etat (ministre des Affaires étrangères) américain ressemble de plus en plus à un vice-président, au point d’avoir éclipsé – provisoirement ? – le vrai titulaire du poste, J.-D. Vance. Depuis la capture à Caracas, le 3 janvier, du président vénézuélien Nicolas Maduro et son transfert dans une prison new-yorkaise, on ne voit que lui, ou presque, parmi les ministres de Trump. Aujourd’hui en odeur de sainteté alors qu’il s’était écharpé avec ce dernier lors des primaires républicaines il y a dix ans, Marco Rubio est le seul à avoir été cité par le président Donald Trump lors de son discours sur l’état de l’Union, le 24 février. Le chef de la diplomatie a su se rendre indispensable : depuis quatorze mois, « Little Marco », comme le surnommait Trump jadis, est la cheville ouvrière de la doctrine « Donroe » (contraction de « Donald » et « Monroe »), ce succédanée de la doctrine du président James Monroe (1817-1825) selon laquelle la mer des Caraïbes, le golfe du Mexique et le reste de l’Amérique latine sont « l’arrière-cour » des Etats-Unis.

    Marco Rubio connaît mieux Cuba que ses conseillers

    Eviction des sociétés portuaires hongkongaises aux deux entrées du canal de Panama, retour des « majors » américaines Chevron et ExxonMobil au Venezuela, embargo pétrolier contre l’île de Cuba : le faucon républicain est associé à ce que le président américain vante comme d’éclatants succès – surtout comparés à sa guerre en Iran qui ne se passe pas aussi bien qu’espéré. « Je pense que j’aurai l’honneur de m’emparer de Cuba, déclare Donald Trump le 16 mars à propos de ce pays « sans argent, sans pétrole, sans rien » qui est toutefois « une île magnifique ». « Je pourrai en faire ce que je veux. Cuba va tomber très prochainement », prédit-il le lendemain. Voire.

    Certes, des négociations plus ou moins secrètes sont en cours avec le clan Castro, encore à la manœuvre malgré le décès de Fidel voilà dix ans et l’âge avancé de son frère Raul (94 ans). Et, oui, la fin de la dictature tropicale constituerait un événement historique à la mesure ce que fut, le 1er janvier 1959, l’avènement de la révolution cubaine. « Mais nous n’en sommes pas là, estime, à Miami, l’influent homme d’affaires cubano-américain Marcell Felipe, également fondateur du musée de la Diaspora cubaine, près du quartier de Little-Havana. « Le régime se consacre à ses deux domaines d’excellence : la répression à Cuba et sa connaissance fine de la politique américaine, poursuit-il. D’une part, son impitoyable police secrète étouffe les voix dissidentes. D’autre part, son leadership négocie pour gagner du temps en espérant faire traîner les choses jusqu’aux élections de midterms en novembre en faisant le pari que le Congrès redeviendra démocrate et mieux disposé à l’égard de La Havane. »

    Cependant, cette fois les choses sont différentes : les dirigeants cubains font face à un interlocuteur d’origine cubaine, hispanophone, imprégné de l’histoire de l’île et, plus important encore, qui comprend la mentalité latino. « A la différence de tous ses prédécesseurs dont aucun ne parlait espagnol, Marco Rubio n’a pas besoin que ses conseillers lui préparent un dossier sur le sujet car il en sait plus long qu’eux », souligne l’historienne franco-vénézuélienne Elizabeth Burgos, qui connaît le système cubain sur le bout des doigts. « Il a entendu parler de Cuba depuis qu’il est dans le ventre de sa mère », dit-elle à propos de ce fils d’un serveur de restaurant et d’une femme de chambre d’hôtel arrivés en Floride en 1956 où ils donnèrent naissance à « Marco » en 1971.

    « Une mémoire phénoménale »

    Premier Latino de l’histoire américaine nommé à « Foggy Bottom », le Quai d’Orsay américain, le Secrétaire d’Etat est en outre politiquement talentueux et intellectuellement mieux outillé que la plupart des ses collègues du gouvernement dont beaucoup ont été formés à l’école de la télé, à l’image de Pete Hegseth, ancien présentateur de Fox News devenu Secrétaire à la Défense. Son talent ? « Savoir expliquer simplement des sujets complexes, résume Vivian Gude, une Cubaine de Miami qui a milité pour lui lors d’une de ses campagnes électorales. Il possède aussi une mémoire phénoménale », se souvient-elle.

    Conseiller municipal de Miami, puis député du parlement de Floride, et enfin élu sénateur au Congrès américain en 2011 à l’âge de 39 ans, il a siégé quatorze ans à la commission des Affaires étrangères et autant à celle du Renseignement. Ce qui lui a donné un accès privilégié à des informations ultrasecrètes et l’a doté d’un immense réseau à l’international. « Parmi la génération qui s’est opposée à Donald Trump lors de primaires républicaines de 2015, il est le seul « survivant », ce qui dénote d’une habileté hors-norme », complète la spécialiste du parti républicain Françoise Coste, autrice de Reagan (2015). Depuis un an, il a accumulé davantage de pouvoir que J.D. Vance, calcule-t-elle. Mieux, depuis Henry Kissinger dans les années 1970, il est le seul membre du cabinet présidentiel à cumuler les deux casquettes de ministre des Affaires étrangères et de conseiller à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche. »

    « Cuba est un malade en phase terminale »

    Même à Cuba, l’image de Marco Rubio n’est pas mauvaise. « Une partie significative, quoique minoritaire, de la population le perçoit positivement », explique par téléphone, depuis La Havane, l’opposant et historien afro-cubain Manuel Cuesta Morua qui est l’un des dissidents à avoir rencontré Barack Obama lors de sa visite sur l’île de Cuba en 2016. « Certes, il n’est pas autant apprécié que l’était Obama mais il l’est bien davantage que l’actuel président Miguel Diaz-Canel, dont l’image est associée à la répression de juillet 2021 et à la régression socio-économique. » Et il conclut : « Cuba est en phase terminale : tous ses organes vitaux sont atteints et, privée de pétrole vénézuélien, elle n’a plus de masque à oxygène. »

    Pour mesurer la gravité de la situation, il suffit de savoir que l’électricité manque jusqu’à vingt-deux heures par jour et qu’il est alors impossible de cuisiner ni faire bouillir un simple café. L’eau potable manque, sauf quand des marchands ambulants tirant une citerne permettent de se ravitailler. Les autobus ne fonctionnent plus. Et l’aéroport international est à l’arrêt (Air France suspend ses rotations avec La Havane pour trois mois). « Un cycle historique commencé dans les années 1960 est en train de se refermer », croit savoir l’historien dissident.

    Politiquement, les choses bougent. Un peu. Le 13 mars, le très terne président Diaz-Canel a confirmé que des pourparlers avec les Etats-Unis étaient en cours. Trois jours plus tard, c’est le vice-Premier ministre Oscar Perez-Oliva Fraga qui annonçait un ensemble de mesures visant à attirer les investissements des Cubains de l’exil. Ce dernier n’est autre qu’un petit-neveu de Fidel et Raul Castro qui descend de leur défunte sœur aînée Angela. A l’écouter, les Cubains de Floride – longtemps qualifiés de « vers de terre » par le régime – sont les bienvenus à Cuba pour investir dans des entreprises privées, le système bancaire, des grands projets d’infrastructure ou des terres (en usufruit seulement). Une perestroïka à la cubaine ? Peut-être. Ou pas. Au lendemain de ces jolies déclarations, Marco Rubio a indiqué qu’elles ne suffiraient pas à résoudre la crise économique du pays. Les changements doivent être plus profonds, juge-t-il : « Il faut mettre de nouvelles personnes aux commandes. »

    Oscar Perez-Oliva Fraga, petit-neveu de Raul et Fidel Castro, le 25 novembre 2025, à La Havane.

    A Miami, où de très nombreux Cubano-américains sont devenus des businessmen à succès, l’influent Marcell Felipe résume l’état d’esprit général des millions d’exilés. « Nous ne demandons pas mieux qu’investir nos fortunes dans la reconstruction ce qui est notre pays natal ou celui de nos parents; ce serait pour nous une sorte de mission sacrée », explique-t-il en chiffrant les investissements en infrastructures (écoles, ports, aéroports, hôpitaux, routes, etc.) à 200 milliards de dollars environ.

    Mais, comme Marco Rubio, les milieux d’affaires posent des conditions préalables : « Tous les prisonniers politiques (ils étaient 1 214 fin février selon le décompte de l’ONG Prisoners Defenders) doivent être libérés, les droits civiques rétablis et des élections libres organisées. » Autre figure de l’exil cubain (il a combattu la dictature castriste à l’âge de 12 ans avant de quitter son pays à l’adolescence), l’expert de l’économie cubaine Joe Azel complète: « Sans sécurité juridique, aucun Cubano-Américain ne placera son argent dans un pays connu pour son goût des nationalisations. »

    Les exilés cubains posent une condition supplémentaire : il faut que la famille Castro parte. Or depuis soixante-sept ans et jusqu’à aujourd’hui, elle contrôle tous les leviers du pouvoir. Le nonagénaire Raul Castro demeure l’homme le plus puissant du pays ; son invisible fils Alejandro Castro Espin dirige, dans l’ombre, les services du renseignement et de répression ; le neveu de ce dernier, « Raulito » Castro, alias « Le Crabe » (ainsi surnommé en raison d’une malformation des doigts) est actuellement l’interlocuteur de Marco Rubio dans les négociations Washington-La Havane. Quant au vice-Premier ministre Oscar Perez-Oliva Fraga, également membre de la dynastie même s’il n’en possède pas le patronyme, sa récente ascension, le 17 octobre, et son exposition médiatique semblent correspondre à une volonté du « clan » d’en faire la Delcy Rodriguez de Cuba. A l’instar de ce qui s’est produit à Caracas avec le remplacement de Maduro, il pourrait un jour remplacer le président Miguel Diaz-Canel qui servirait alors de fusible afin de donner l’illusion à Marco Rubio que les choses changent.

    Alejandro Castro Espin, le fils de Raul Castro, et neveu de Fidel Castro, photographié ici en février 2009, à La Havane.Alejandro Castro Espin, le fils de Raul Castro, et neveu de Fidel Castro, photographié ici en février 2009, à La Havane.

    Sauf que La Havane n’est pas Caracas. Le Venezuela fonctionnait comme une oligarchie composée d’associés avec des intérêts individuels et des divergences, ce qui a permis le remplacement de l’un de ses membres par un autre, en l’occurrence Delcy Rodriguez. Le système cubain, lui, est une monarchie soudée dont la cour coopte les membres parmi une poignée d’autres familles liées entre elles afin de conserver les postes clés de l’armée, de l’économie et du renseignement qui se transmettent par le sang, les mariages et les parentèles. Comme en Corée du Nord, une seule famille tient tout. Pour changer le système, c’est donc la famille qu’il faut changer. Et cela, avant les élections de mi-mandat si possible. Marco Rubio le sait. Et il lui reste six mois.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/cuba-lobsession-de-marco-rubio-ce-qui-se-joue-vraiment-dans-les-prochaines-semaines-LSZJQ5DM2FBDTHI5X4LBW5GFUQ/

    Author : Axel Gyldén

    Publish date : 2026-03-25 17:14:00

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  • Le bras de fer entre la Hongrie et l’Ukraine s’aggrave : Viktor Orban suspend « progressivement » les livraisons de gaz

    La Hongrie va progressivement suspendre ses livraisons de gaz naturel vers l’Ukraine jusqu’à ce que l’approvisionnement en pétrole brut via l’oléoduc Droujba reprenne, a indiqué mercredi 25 mars le Premier ministre hongrois Viktor Orban, une déclaration venant aggraver le bras de fer avec Kiev concernant les approvisionnements énergétiques perturbés par la guerre.

    La Hongrie et la Slovaquie, dont les dirigeants font figure d’exception au sein de l’Union européenne (UE) en raison de leurs relations avec Moscou, reprochent à Kiev l’interruption des flux de pétrole russe transitant par le Droujba. De son côté, l’Ukraine affirme que l’infrastructure a été endommagée fin janvier lors d’une attaque de drone russe et qu’elle s’efforce de la remettre en service dans les plus brefs délais. Peu convaincu, Viktor Orban a déclaré dans une vidéo publiée sur Facebook : « Nous suspendons progressivement les livraisons de gaz vers l’Ukraine et stockons le gaz restant chez nous ».

    Pourtant, selon les données de l’opérateur de gazoducs hongrois FGSZ, les exportations de gaz vers l’Ukraine se poursuivaient encore mercredi matin. L’opérateur ukrainien de transport de gaz a confirmé que 8,3 millions de mètres cubes seraient livrés ce jour-là, un volume identique à celui de mardi. En mars, Kiev a conclu un contrat d’approvisionnement de 180 millions de mètres cubes, soit environ 28 % de ses besoins mensuels. En février, 200 millions de mètres cubes avaient été livrés, soit 31 % du total, selon une source du secteur citée par Reuters.

    L’Ukraine, la cible de la Hongrie

    Cette annonce survient alors que Viktor Orban – candidat à un nouveau mandat le mois prochain – a récemment bloqué un prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à soutenir l’Ukraine. Le chef du gouvernement hongrois avait déjà menacé de réduire ses exportations d’électricité vers son voisin si les livraisons de pétrole via Droujba restaient interrompues.

    La semaine dernière, des experts de l’UE sont arrivés en Ukraine pour évaluer l’état de l’oléoduc. Bruxelles a proposé une aide technique et financière afin de restaurer les flux de brut vers la Hongrie et la Slovaquie, mais Kiev a prévenu que la reprise ne pourrait intervenir avant plusieurs semaines.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/le-bras-de-fer-entre-la-hongrie-et-lukraine-saggrave-viktor-orban-suspend-progressivement-les-KZ5V7UQGP5GYFFYAHK3M67EULY/

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    Publish date : 2026-03-25 14:00:00

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  • La France prête à combattre au Groenland, la SNCF surveille les gares grâce à l’IA

    La CIA noyaute l’entourage du président vénézuélien, le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah, les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d’indiscrets exclusifs en France… et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.

    Orasio dans les gares

    La SNCF teste dans plusieurs gares françaises les solutions proposées par Orasio. Lancée en 2025, cette start-up spécialisée dans l’analyse vidéo grâce à l’intelligence artificielle doit permettre de retrouver au plus vite des individus ou objets correspondant à des caractéristiques précises. De quoi faciliter les réponses des agents de la SNCF aux réquisitions judiciaires, pour un gain de temps estimé à plus de 60 %. Le ministère des Armées suit de près le dispositif, dans l’optique d’un futur contrat.

    Palantir hors de France ?

    Le géant américain de l’analyse de données cherche à réallouer plus intelligemment ses ressources en Europe. Palantir, qui vient de lancer une filiale en Belgique, a été confronté à une décroissance de ses activités sur le continent. L’entreprise née en 2003 dans la Silicon Valley, qui vient en France de renouveler son contrat avec la DGSI et compte parmi ses clients Airbus, Stellantis mais aussi l’Otan envisage de se concentrer davantage sur ses activités sensibles, au détriment du cloud, et de réduire la voilure à Paris. Aucune décision formelle n’a toutefois été prise.

    Un Airbus anti-drones

    Une défense anti-drones modulable, à coût réduit : c’est la promesse de la Drone Defence Coalition, initiative lancée le 28 octobre 2025 par l’institut Rasmussen Global, très actif sur les questions de défense européenne. Cinq start-up – l’Estonienne DefSecIntel, l’Allemande Quantum Systems, la Danoise Weibel, l’Ukrainienne Umo, et plus récemment la Néerlandaise DeltaQuad – prévoient une démonstration de leur système le 26 mai au Danemark. Lancé dans le sillage des incursions de drones au-dessus de sites sensibles, notamment à Munich, Bruxelles ou Copenhague à l’automne, le projet intervient alors que le Vieux Continent ne dispose toujours pas d’une défense anti-drones véritablement intégrée.

    Et notre revue de presse vue d’Europe…

    Défense. Le Danemark s’est sérieusement préparé à une invasion américaine du Groenland en début d’année. Selon la chaîne publique danoise DR, les soldats déployés par avion en janvier avaient emporté des explosifs destinés notamment à neutraliser les pistes d’atterrissage de Nuuk et de Kangerlussuaq. Leur chargement comprenait également des poches de sang pour la prise en charge de blessés en cas de combat. Un bataillon français était prêt à intervenir. (DR, Copenhague, 19 mars)

    Intrusion. Deux personnes ont été interpellées jeudi 19 mars alors qu’elles tentaient de pénétrer dans la base navale de Faslane, où sont positionnés les sous-marins nucléaires britanniques, a déclaré vendredi la police écossaise. « Un Iranien de 34 ans et une Roumaine de 31 ans ont été arrêtés et inculpés en lien avec cet incident », a expliqué un porte-parole de la police écossaise. (The Guardian, Londres, 21 mars)

    Taupe. Selon le Washington Post, le chef de la diplomatie hongroise, Péter Szijjártó, aurait transmis à la Russie des informations confidentielles de l’Union européenne pendant plusieurs années. Budapest dément et évoque des accusations mensongères, voire de la « propagande pro-ukrainienne ». (Telex, Budapest, 21 mars).

    Interception. Des F-35 norvégiens ont identifié deux jours de suite un avion espion russe au large des côtes norvégiennes, en marge d’un vaste exercice organisé par l’Otan. L’appareil russe, un avion Iliouchine Il-20 de renseignement, volait sans avoir allumé son transpondeur, pour ne pas être détecté. (Aftenposten, Oslo, 17 mars)

    Offensive. Le chef du renseignement militaire estonien, le colonel Ants Kiviselg, a confirmé le 20 mars le début d’une grande offensive russe en Ukraine. 230 affrontements armés se sont tenus dans la nuit du 17 au 18 mars, et plus de 280 pour celle du 18 au 19 mars. (ERR, Tallinn, 20 mars)



    Source link : https://www.lexpress.fr/secret-defense/la-france-prete-a-combattre-au-groenland-la-sncf-surveille-les-gares-grace-a-lia-GJYXBJLS45GKTD7HZJ4BRX542I/

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    Publish date : 2026-03-25 11:00:00

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  • Antoine Lévy (Berkeley) : « Nous sommes loin des chocs pétroliers des années 1970 »

    Face à la hausse des prix de l’énergie provoquée par la guerre en Iran, la tentation interventionniste est grande chez les gouvernants. « Au contraire, il faut laisser le marché jouer son rôle de régulateur et laisser les prix faire baisser la demande », rétorque Antoine Levy dans sa chronique mensuelle à L’Express. L’économiste de Berkeley tire les leçons des crises précédentes et bat en brèche les idées reçues. La situation de la France le préoccupe particulièrement.

    L’Express : De quelle manière la guerre en Iran va-t-elle affecter spécifiquement la France et l’Europe ?

    Antoine Levy : L’Europe est particulièrement exposée aux conséquences de cette guerre. Pour deux raisons. La première : L’économie européenne, importatrice de matières premières, est très sensible aux variations du prix de l’énergie. Nous l’avons vu en 2022 après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. C’est un peu moins vrai pour la France grâce au nucléaire.

    La deuxième raison concerne le commerce international. On voit déjà se profiler un risque de rupture de certaines chaînes d’approvisionnement, en raison de la fermeture de certaines routes commerciales, en particulier le détroit d’Ormuz. Nous pourrions alors nous retrouver dans une situation similaire à celle du Covid en 2020. Nous pourrions manquer de composants électroniques, de LNG, d’hélium notamment. Il pourrait y avoir un effet de domino qui menacerait l’industrie manufacturière.

    Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Europe a-t-elle pris conscience de sa fragilité énergétique ?

    L’Europe a pris conscience qu’elle devait changer de philosophie en matière d’indépendance énergétique. L’Allemagne a changé de braquet sur le nucléaire. Mais globalement l’économie européenne demeure bien trop dépendante des énergies carbonées. L’automobile électrique se développe mais pas suffisamment pour amortir un choc comme celui qui se produit actuellement. De même que la rénovation énergétique des habitations demeure insuffisante. Les investissements lancés dans ces domaines produiront leurs effets sur le moyen terme.

    Les finances publiques françaises sont-elles en état de subir un nouveau choc pétrolier ?

    Les partisans de la rigueur budgétaire sont souvent accusés de vouloir réduire les déficits à tout prix et en toute période. Cela n’est pas vrai. Il y a des périodes où il est raisonnable pour l’État d’emprunter et de faire du déficit pour réenclencher la machine économique. Encore faut-il disposer de marges de manœuvre ! Celles-ci se constituent au moment où la croissance se rétablit. Or, nous n’avons rien fait de tel, ni après le Covid, ni après l’Ukraine.

    Nous abordons donc ce début de crise avec une dette publique excédant les 115 % du PIB. La France a donc les bras liés dans le dos.

    Faute d’avoir rétabli nos finances publiques entre les crises, nous risquons fort de devoir mettre en œuvre bientôt des politiques d’austérité, alors même que nous serons dans une situation macroéconomique particulièrement déprimée. Et, comme le montre l’évolution récente des taux d’intérêt, nous n’apparaissons plus comme un actif parfaitement sûr auprès des investisseurs, qui cherchent des valeurs sûres dans les temps troublés. Voilà le résultat de décennies de politiques fiscales et budgétaires irresponsables.

    Le gouvernement a lancé des contrôles dans les stations essence. Dans ces circonstances, mieux vaut-il renforcer les mesures de coercition ou abaisser les taxes sur les énergies ?

    Ni l’un ni l’autre ! Un certain nombre de membres du gouvernement ont d’ores et déjà annoncé : « Nous n’avons pas les marges de manœuvre pour subventionner l’essence et nous remettre à la politique du chèque. » Ils ont raison. Il n’y a aucune raison de subventionner la consommation d’essence dans une période où elle est beaucoup plus chère que d’habitude. Au contraire, il faut laisser le marché jouer son rôle de régulateur et laisser les prix faire baisser la demande. Le marché décourage les usages les moins utiles de l’énergie. Certaines personnes préféreront un petit peu moins chauffer leur logement ; d’autres choisiront de covoiturer quelques jours de plus par mois. Toute intervention étatique jette de l’huile sur le feu, sans vouloir faire de mauvais jeu de mots. Car elle encourage la demande au moment où le rôle des prix est justement de la dissuader et de la réduire en proportion de la réduction de l’offre provoquée par la crise géopolitique.

    En 2022, le bouclier énergétique a coûté très cher. Pourtant, ce type de mesures demeure très populaire. Dans beaucoup de pays, la cote de popularité du gouvernement est indexée sur le prix à la pompe. Le rôle des gouvernants, c’est au contraire d’éviter le populisme économique et de laisser le marché jouer son rôle d’allocation.

    Au regard des crises du passé, voyez-vous d’autres erreurs à ne pas commettre pour les gouvernants ?

    Faire croire aux Français que l’on pourrait remettre en place le « quoi qu’il en coûte » constituerait une grave erreur. Certes, l’Etat a partout joué un rôle d’assureur en dernier ressort durant la crise du Covid. Mais il est intervenu au-delà de ce qui était nécessaire. Sa politique fiscale très expansionniste a provoqué une inflation substantielle.

    Une autre erreur consisterait à confondre chocs temporaires et chocs permanents. Le Covid et l’Ukraine entrent dans la première catégorie. Et la guerre en Iran aussi, on l’espère. Un changement temporaire de conditions macroéconomiques ne nécessite pas de réorganiser radicalement notre économie et de changer de modèle. C’est pourtant la tentation du politique, dont l’horizon est très court-termiste. Durant le Covid, l’idée s’est répandue selon laquelle il fallait transitionner vers une économie de circuits plus courts, moins dépendants des chaînes d’approvisionnement internationales. Après l’invasion de l’Ukraine, il fallait changer de voie énergétique.

    Au contraire, les périodes de crise permettent de tester la résilience de nos modèles. L’économie de marché permet précisément d’absorber ces chocs d’offre somme toute classiques : les matières premières coûtent plus cher, les chaînes d’approvisionnement sont plus coûteuses…

    Nous entrons dans un monde radicalement incertain. Que peut faire l’Europe pour s’y préparer ?

    Dans ce monde de confrontations entre superpuissances, l’Europe ne peut se permettre d’être une grande Suisse, à la fois neutre et non engagée. Le premier devoir de l’Europe, c’est de se réarmer militairement pour avoir son mot à dire. L’Allemagne a commencé à le faire, la France aussi. L’Europe ne peut plus seulement se définir comme un espace de coopération économique, mais aussi se penser comme une force géopolitique active dans la compétition internationale.

    Jusqu’à quelle durée les crises sont-elles temporaires d’un point de vue économique ?

    Le long terme, ce sont des fluctuations économiques sur quinze ou vingt ans qui justifieraient de changer de modèle. Mais ce n’est pas le cas des trois chocs dont nous parlions, le Covid, l’Ukraine et l’actuelle crise au Moyen-Orient. Ils reflètent un réchauffement militaire et géopolitique du monde, comme une plus grande attention portée aux enjeux des chaînes de valeur mondiales et de souveraineté. Mais aucun de ces trois chocs ne motive un changement radical de modèle économique. Au moment du Covid, on a beaucoup entendu des discours assurant que le capitalisme et la mondialisation auraient fait preuve de leur inefficacité et qu’il fallait donc passer à autre chose.

    En réalité, nous sommes sortis de cette pandémie de trois manières. La première, c’est par l’innovation technologique du secteur privé. C’est la mondialisation du marché du médicament et des vaccins qui a permis des investissements énormes pour développer très rapidement des solutions médicales.

    Ensuite, on s’en est sorti par le commerce international, qui a permis de continuer à consommer, y compris quand nous étions confinés et que nous ne produisions rien dans certains pays.

    Enfin, on s’en est sorti par la circulation rapide de l’information, notamment médicale, comme par celle des capitaux grâce à laquelle des pays ont pu emprunter afin de mener des politiques de stimulus macroéconomique. La mondialisation a donc été bénéfique, alors que durant les premières semaines de cette crise sanitaire, on a beaucoup dit que c’était la preuve qu’il fallait fermer les frontières.

    Mais imaginons qu’à la crise au Moyen-Orient s’ajoute une crise à Taïwan, avec une extension géographique des chocs géopolitiques…

    Il est, selon le consensus des experts, assez probable qu’une crise à Taïwan intervienne dans les deux à trois prochaines années. L’accord implicite qui semble émerger, c’est que la Chine laisse les mains relativement libres aux Etats-Unis en Amérique latine et en Iran, en échange d’avoir les mains libres à Taïwan. Tout dépendra de l’équilibre politique interne aux Etats-Unis et en Europe.

    Mais si une crise réelle devait intervenir à Taïwan entre le bloc de l’Otan et la Chine, on serait dans une situation de conflit entre puissances nucléaires, entre les armées les plus puissantes et organisées. On entrerait dans un monde qu’on n’avait pas connu depuis la Seconde Guerre mondiale. Même pendant la guerre froide, à l’exception sans doute de la crise des missiles de Cuba, il n’y a pas eu de risque de confrontation directe entre les deux superpuissances, c’est toujours passé par des proxys non nucléarisés. Taïwan peut donc nous faire entrer dans l’inconnu.

    Mais je serais malheureusement peu surpris si, en cas d’invasion de Taïwan par la Chine ou de changement de gouvernement sur l’île sous pression militaire chinoise, les Européens et Américains ne réagissaient que faiblement à travers des protestations diplomatiques…

    Beaucoup de parallèles ont été établis entre la crise énergétique actuelle, provoquée par la guerre en Iran, et les chocs pétroliers des années 1970. Est-ce pertinent ?

    On en est loin pour deux raisons. La première, c’est que le choc actuel n’est certes pas négligeable en termes de prix, mais il n’a rien à voir en termes de quantités relatives. Il ne s’agit pas d’une réduction brutale de l’ensemble de la production de l’Opep, mais d’une perte temporaire d’accès à certaines sources d’approvisionnement. Nos économies se sont désindustrialisées, et sont donc moins dépendantes des importations d’énergie. Par rapport aux années 1970, les Etats-Unis produisent bien plus de pétrole et de gaz de schiste, tandis qu’en Europe, le nucléaire et les énergies renouvelables représentent une part importante du mix énergétique, en particulier pour l’électricité.

    Mais, par ailleurs, on oublie aussi que les chocs pétroliers des années 1970 sont intervenus dans un contexte macroéconomique désorganisé, alors qu’il y avait déjà une inflation croissante aux Etats-Unis et en Europe, des contrôles des prix et des politiques d’allocation du crédit très dirigistes. Aux Etats-Unis, les déficits étaient relativement élevés du fait de la guerre du Vietnam. Ces chocs pétroliers n’ont donc pas renversé l’économie mondiale comme on le pense souvent. Ils ont simplement été l’étincelle qui a mis le feu aux poudres en termes de poussée inflationniste.

    Aujourd’hui, le contexte est très différent. En Europe, il y a une politique monétaire plus raisonnable menée au niveau européen, et donc moins dépendante des choix de chaque pays. Nous avons certes des déficits élevés, et les gouvernements occidentaux n’ont pas fait grand-chose pour réduire les pressions inflationnistes provenant des politiques fiscales. Mais la politique budgétaire n’a plus la même influence sur la politique monétaire qu’à l’époque, ce qui avait mené à la poussée inflationniste post-choc pétrolier. On ne se dirige donc probablement pas vers de nouvelles années 1970.

    Que peut faire concrètement la France pour se préparer à ce monde de plus en plus turbulent ?

    Il s’agit d’abord de retrouver des marges de manœuvre budgétaires pour avoir la capacité de se réarmer à la fois militairement et économiquement. Il faut accepter l’idée qu’on ne peut pas tout faire au niveau des finances publiques. Aujourd’hui, en France, nous dédions une part énorme de notre dépense publique à des activités qui sont peu prioritaires. On dépense par exemple beaucoup dans des politiques d’aide au logement, des subventions au chômage, d’assurance-retraite… On dépense aussi beaucoup dans l’investissement local et dans les collectivités territoriales, de manière désordonnée et peu productive. Il faut revoir le degré de priorité de ces investissements, afin de nous redonner des marges de manœuvre.

    La deuxième chose, c’est qu’il faut rendre l’économie française aussi résiliente que possible face à des chocs extérieurs. Cela implique d’améliorer sa capacité d’adaptation, notamment de la force de travail, et d’être capable de la réallouer d’un secteur à un autre. Il faut, si nous devons demain nous mettre à produire plus d’armes, qu’on soit capable de recruter plus dans ce secteur et moins dans d’autres. Cela passe par une facilitation des embauches comme des licenciements. Par ailleurs, il est important de favoriser l’investissement dans ces priorités nationales, notamment dans la défense. Une accélération est nécessaire, car le temps joue contre nous. Enfin, l’intelligence artificielle aura un rôle prépondérant dans les guerres à venir. On l’a vu avec le conflit ouvert entre le département de la Défense américain et Anthropic qui produit Claude. Quels modèles d’IA utilisera l’armée française ? Et à quel point sera-t-elle dépendante des modèles américains ? Ces questions de souveraineté technologique vont donc se poser avec beaucoup d’acuité dans le secteur de la défense.

    Que vous inspire l’expression, devenue très courante depuis le Covid et le conflit en Ukraine, d’ »économie de guerre » ?

    Cette idée d’ »économie de guerre » a, en France, surtout été un prétexte pour plus d’intervention étatique, plutôt qu’une vraie réorientation productive de notre économie. Ces dernières années, elle a servi de justification pour empiler des chèques et des subventions, plutôt que de préparer l’économie à un risque de conflit armé réel. Une vraie économie de guerre, c’est une économie capable de se mettre rapidement au service des buts de guerre. Il s’agit bien plus d’une question de fluidité dans la réallocation des investissements et du travail vers des secteurs prioritaires, que de nous transformer en économie soviétisée.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/antoine-levy-berkeley-face-au-choc-petrolier-la-france-a-les-poings-lies-dans-le-dos-IOKBPJYOHFGJRLJJ43ZHT44UZ4/

    Author : Sébastien Le Fol, Thomas Mahler

    Publish date : 2026-03-25 09:42:00

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  • EN DIRECT. Guerre en Iran : les Etats-Unis ont transmis à Téhéran un plan de paix en 15 points

    Israël a lancé de nouvelles frappes sur Téhéran dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 mars, après que le président américain Donald Trump a déclaré hier que des progrès avaient été effectués dans les négociations qui se déroulent entre les Etats-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre, ce que la République islamique a démenti.

    Le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12 rapportent que Washington a transmis à l’Iran, par l’intermédiaire du Pakistan, un plan en 15 points pour résoudre le conflit. Celui-ci demande entre autres que Téhéran n’essaie jamais de se doter de l’arme atomique, et qu’une « zone maritime libre » soit établie dans le détroit d’Ormuz. Concernant ce dernier, l’Iran a assuré hier soir que les navires « non-hostiles » pouvaient transiter par le passage stratégique.

    Les infos à retenir

    ⇒ Washington a transmis à Téhéran un plan en 15 points pour mettre fin à la guerre

    ⇒ Les Etats-Unis négocient avec eux-mêmes, dit un porte-parole de l’armée iranienne

    ⇒ L’Iran assure que les « navires non hostiles » peuvent traverser le détroit d’Ormuz

    08h06

    Un pétrolier thaïlandais a pu traverser lundi le détroit d’Ormuz

    Un pétrolier thaïlandais a traversé en toute sécurité le détroit d’Ormuz grâce à une coordination diplomatique entre la Thaïlande et l’Iran, sans avoir à payer pour échapper au blocus, ont déclaré ce mercredi un responsable thaïlandais et la compagnie pétrolière propriétaire du navire.

    Le pétrolier appartenant à la société Bangchak Corporation a franchi cette voie navigable stratégique lundi, après des pourparlers fructueux entre le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, et l’ambassadeur d’Iran en Thaïlande. « J’ai demandé que si des navires thaïlandais devaient traverser le détroit, ils puissent contribuer à assurer un passage sûr », a déclaré le ministre aux journalistes mardi soir. « Ils ont répondu qu’ils s’en occuperaient et nous ont demandé de leur fournir les noms des navires qui transiteraient. »

    07h19

    Le pétrole chute de 6 % après les annonces de l’Iran sur le détroit d’Ormuz

    Le cours du baril de Brent, référence du marché pétrolier mondial, a chuté ce mercredi de 6,3 % à 97,90 dollars le baril, redescendant sous la barre des 100 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a lui perdu 5,2 % à 87,52 dollars.

    Ce recul survient au lendemain des annonces de Téhéran, qui a assuré hier soir dans un communiqué que les « navires non hostiles » peuvent « bénéficier d’un passage sûr par le détroit d’Ormuz en coordination avec les autorités compétentes ».

    07h02

    Les Etats-Unis négocient avec eux-mêmes, dit un porte-parole de l’armée iranienne

    Les Etats-Unis négocient avec eux-mêmes, a dit un porte-parole de l’armée iranienne cité mercredi par les médias d’Etat. « Votre lutte intérieure en est-elle arrivée au point où vous négociez avec vous-même ? », a demandé Ebrahim Zolfaqari, porte-parole du commandement central de l’armée iranienne.

    « Nous ne pourrons jamais nous entendre avec des gens comme vous », a-t-il ajouté, alors que la confusion règne autour des pourparlers annoncés lundi par Donald Trump. Le président américain a encore affirmé mardi que les Etats-Unis parlaient avec « les bonnes personnes » en Iran afin de parvenir à un accord pour mettre fin aux hostilités.

    06h48

    Emmanuel Macron appelle l’Iran à « s’engager de bonne foi dans des négociations »

    Dans un post sur X, Emmanuel Macron a dit hier soir s’être entretenu avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian, auquel il a « rappelé l’absolue nécessité de mettre fin aux attaques inacceptables contre les pays de la région, à préserver les infrastructures énergétiques civiles et à rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz ».

    Je me suis entretenu avec le Président iranien Massoud Pezeshkian.

    J’ai rappelé l’absolue nécessité de mettre fin aux attaques inacceptables contre les pays de la région, à préserver les infrastructures énergétiques et civiles et à rétablir la liberté de navigation…

    — Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) March 24, 2026

    Le président français dit également avoir appelé Téhéran à « s’engager de bonne foi dans des négociations, afin d’ouvrir une voie vers la désescalade » et de répondre aux attentes internationales concernant les programmes nucléaire et balistique iraniens.

    Par ailleurs, Emmanuel Macron a exhorté l’Iran à permettre le retour en France de Cécile Kohler et Jacques Paris dans les plus brefs délais.

    06h30

    Les Etats-Unis ont transmis à l’Iran un plan en 15 points pour mettre fin à la guerre

    Les Etats-Unis ont transmis à l’Iran un plan en 15 points destiné à mettre fin à la guerre, selon le New York Times, tandis que la chaîne de télévision israélienne Channel 12, citant trois sources, rapporte que Washington est désireux de sceller une trêve d’un mois avec Téhéran pour discuter d’un accord. Selon Channel 12, les Etats-Unis demandent notamment que l’Iran s’abstienne d’enrichir de l’uranium et démantèle les sites nucléaires de Natanz, Ispahan et Fordo. L’un des points prévoit également que Téhéran arrête de financer des milices dans la région. Washington demande aussi que soit établie une « zone maritime libre » dans le détroit d’Ormuz.

    Donald Trump avait annoncé lundi que des négociations entre les Etats-Unis et l’Iran avaient été ouvertes, ajoutant qu’elles avaient permis de dégager « des points d’accord majeurs ». Téhéran avait alors démenti les commentaires du président américain, dénonçant une volonté de manipuler les cours du pétrole.

    Ce plan en 15 points, dont l’existence a été confirmée à Reuters par une source, a été transmis à Téhéran par l’entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties. Le pays a d’ailleurs proposé hier d’accueillir des discussions de paix.

    06h20

    L’Iran lance de nouvelles attaques contre Israël, le Koweït, la Jordanie et Bahreïn

    Les Gardiens de la révolution iraniens ont dit avoir lancé cette nuit de nouvelles attaques contre plusieurs endroits en Israël, notamment à Tel Aviv, ainsi que contre des bases militaires américaines au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn, ont rapporté les médias d’Etat iraniens.

    Le Koweït et l’Arabie saoudite ont par ailleurs dit mercredi avoir repoussé des attaques de drone, sans dire d’où elles avaient été lancées. D’après l’autorité de l’aviation civile du Koweït, un incendie s’est déclaré à l’aéroport international de Koweït après une attaque de drone contre un réservoir de carburant.

    06h15

    Nouvelles frappes israéliennes sur Téhéran

    L’armée israélienne a annoncé dans la nuit sur Telegram avoir lancé « une série de frappes visant les infrastructures du régime terroriste iranien à Téhéran », après avoir fait état de missiles iraniens se dirigeant vers Israël.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-les-etats-unis-ont-transmis-a-liran-un-plan-en-15-points-pour-mettre-fin-a-la-guerre-IKS4Z73LMFEWJBB45VRJ3XY7LU/

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    Publish date : 2026-03-25 07:10:00

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  • Présidentielle 2027 : François Hollande et Raphaël Glucksmann, comment ils vont s’entredévorer

    « C’est quoi, être président ? » Soudain, Raphaël Glucksmann ose. François Hollande sait revêtir ses plus beaux habits, lestés du poids de l’Histoire. Huis clos de l’une de leurs conversations privées. Quand, loin des combinazione dont il a le secret, le dernier président de gauche raconte le pouvoir, laisse entrevoir ses cicatrices : le voilà, songe Glucksmann, brusquement solennisé par le tragique. L’essayiste est devenu un homme politique, un présidentiable ambitieux ; il écoute, prend conseil. « Et le bouton nucléaire, alors, à quel moment le reçoit-on ? » C’est un homme tout court, après tout. Mais quand le soleil apprend à briller, la mort veut renaître. Et ni l’un ni l’autre ne peuvent se regarder fixement, disait La Rochefoucauld. Ainsi, la bienveillance laisse place à une subtile bataille d’influence.

    Ces deux-là ont tant de fois été moqués, enterrés par les roses. Au soir du premier tour des élections municipales, la bataille du récit est perdue. À deux heures du matin, François Hollande réconforte un ami, sonné par sa défaite : « C’est injuste, la politique… » Dans de nombreuses villes, comme chez son ami brestois François Cuillandre, le PS s’allie à LFI. Idem à Limoges, malgré les bons conseils téléphoniques de l’ancien président. Olivier Faure savoure le moment, publie sur X tous azimuts les articles relatant la large union électorale à Tulle – fief historique de Hollande – incluant quelques insoumis. François Hollande rit jaune devant son écran, encaisse. Raphaël Glucksmann, lui, n’a pas envie de plaisanter, s’agite de plateaux en micros. Une ligne, deux méthodes. François Hollande a trouvé l’ancien essayiste un brin « moralisateur ». Les amis de Glucksmann observent l’exemple tullois comme une sacrée tache sur le bilan du président revenant. Second tour, la paix des braves. Paris, Marseille, Rennes, ou Strasbourg ont finalement été gagnés sans LFI. « C’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses », prévenait Olivier Faure à l’entre-deux tours en réunion de groupe. Raphaël Glucksmann et François Hollande n’ont pas eu à sortir de calculettes.

    Haro sur Olivier Faure

    Les deux hommes veulent la peau d’Olivier Faure, alors ils sonnent l’hallali. Glucksmann et Hollande ne supportent plus la stratégie erratique du premier secrétaire avec les insoumis. Ils abhorrent surtout la primaire de la gauche, soutenue officiellement par le courant d’Olivier Faure. Elle serait incohérente, picrocholine et inopérante – en plus de freiner les désirs d’ascension des deux hommes. « Vous n’imaginez pas un seul instant que Ruffin, Tondelier, Autain ou Roussel acceptent de se ranger derrière Hollande ou Glucksmann, sans être associés au processus ? » souffle le premier secrétaire en petit comité. À travers le retour de François Hollande, à travers la conquête solitaire de Raphaël Glucksmann, c’est le bilan tout entier du chef du PS que les impétrants mettent à rude épreuve. Dans la bataille contre Faure, ils emportent quelques alliés objectifs, dont Boris Vallaud, l’homme qui fait et défait des majorités au sein du PS.

    François Hollande et Raphaël Glucksmann sont des alliés ambitieux ; en politique, ils sont donc des rivaux. L’un veut revenir, l’autre souhaite exister, mais entre un ancien président et un eurodéputé, on ne transige pas avec la hiérarchie. Lorsqu’ils s’affichent publiquement ensemble en décembre dernier, pour un événement organisé par Bernard Cazeneuve, l’ancien président ne manque pas de le rappeler : « Moi, l’Europe, je l’ai pratiquée : pas comme Raphaël, mais au niveau des chefs d’Etat ». Le leader de Place publique veille, quant à lui, à se tenir éloigné de l’ancien président de la République, « le passé », dit l’un de ses soutiens. Invité à la soirée annuelle du Journal.info, pureplayer social-démocrate de Laurent Joffrin, aux côtés de Bernard Cazeneuve, Jérôme Guedj et François Hollande, l’ancien essayiste a décliné. Il avait pourtant dit « oui » à l’idée une confédération avec tous ces sociaux-démocrates. Mais depuis, les initiateurs n’ont plus vraiment de nouvelles de Raphaël Glucksmann.

    A gauche, ils sont devenus les deux monstres sous le lit. Apparaîtront-ils, un jour ? « Il a vraiment maigri, Hollande ? » interroge, un jour, curieux, un proche d’Olivier Faure. La perspective de son retour est douloureuse chez les roses, puisqu’il est souvent jugé responsable de l’écroulement du Parti socialiste. Glucksmann, lui, n’en a jamais été membre. Pour être candidat, les deux auront besoin de cette vieille maison qui ne les porte pas dans leur coeur. « Un jour, il faudra s’asseoir et voir qui est la meilleure personne pour porter notre projet. Mais je ne sais pas qui de Hollande ou de moi constitue pour eux le pire reniement », s’est un jour interrogé, faussement naïf, Raphaël Glucksmann, devant quelques interlocuteurs. Entre les deux hommes, la guerre a débuté.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/presidentielle-2027-francois-hollande-et-raphael-glucksmann-comment-ils-vont-sentredevorer-GLQG6F2XOVC6JFF4BH72JZD44E/

    Author : Mattias Corrasco, Sébastien Schneegans

    Publish date : 2026-03-25 04:45:00

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  • « Ils pensent tous qu’il va s’effondrer » : après les municipales, Edouard Philippe attendu au tournant

    Enfin, les difficultés commencent. « Plus les rives du canyon sont élevées, plus la pression sera forte au centre », confiait Édouard Philippe en janvier. Depuis le premier tour des élections municipales, l’ombre d’un face-à-face entre Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon plane, qui effraie des millions d’électeurs. Le camp des modérés – s’il faut l’appeler ainsi -, usé par une décennie d’exercice du pouvoir, est-il capable de jouer un rôle dans ce moment charnière ? Ce qui suppose de s’entendre, d’innover, en un mot, de surprendre encore. La responsabilité historique qui est aujourd’hui la sienne doit modifier la donne, mieux, les comportements. « On a deux armées emmenées par deux chefs, l’un ayant même son remplaçant, et au milieu, le centre qui disparaît, constate, dépité, un ténor macroniste. La peur n’évite pas le danger. » La peur, la hantise même, d’une prise en otages de millions de citoyens effarés par l’évolution de la scène politique.

    « La pression, je ne la subis pas, je la bois » : certains attendaient sa mise en bière politique, c’est aujourd’hui vers Édouard Philippe que les regards sont tournés. Au moment où François Fillon puis David Lisnard s’affichent avec Eric Ciotti, au moment où Nicolas Sarkozy déjeune avec Jordan Bardella, lui tente de s’installer comme le candidat de la droite et du centre. Pour cela, il faut gagner « la primaire implicite », selon le mot d’un proche.

    Le Havrais veut imaginer une nouvelle forme de rencontres avec les Français, pour évaluer ses idées et développer le sillon dont il entend faire sa marque de fabrique : être le maire candidat, celui qui prend le pouls du pays au plus près de sa vérité, dans un souci de proximité plus que de com’ – la nuit à la Attal, très peu pour lui. Plusieurs formats ont été soumis à son arbitrage. Ses conseillers vont aussi commencer à tester auprès de certains écosystèmes, ONG environnementales, monde du numérique, milieu de l’énergie, les idées du futur candidat. Il a promis du « massif » sur le fond, il a donc placé la barre haut, suscité une attente qu’il s’agit de ne pas décevoir. Un temps, il s’est interrogé : fallait-il sortir du bois avant l’été ? Il s’agit de ne surtout se tromper de rythme, la question du timing l’a toujours obsédé.

    « Personne n’élira un conseiller d’Etat »

    Eux sont obsédés par lui. Les concurrents d’Édouard Philippe l’auscultent, en quête de failles qui justifieraient leurs propres ambitions. On guette le moindre faux pas du favori. Ses silences sont épinglés, ses sorties médiatiques raillées. Ne serait-il pas qu’une valeur refuge de l’électorat de droite ? « Ils pensent tous qu’il va s’effondrer quand il entrera en campagne. C’est leur grand truc », a théorisé en petit comité la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, apôtre du rassemblement de la droite et du centre. Gabriel Attal, dopé aux réseaux sociaux, juge être « meilleur en campagne qu’Edouard ». Le président des Républicains (LR), Bruno Retailleau, considère que le Havrais ne parviendra pas à « se retirer le sparadrap Macron », malgré sa rupture avec le président de la République. « Personne n’élira un conseiller d’Etat », achève un macroniste historique.

    La noblesse d’Etat serait passée de mode dans une vie politique si polarisée. La liste des griefs est inépuisable. L’ancien Premier ministre serait dépourvu de toute radicalité – on glose à l’infini sur ces atermoiements relatifs au port du voile – et ne pourrait pas embarquer un pays derrière lui. Bref, Édouard Philippe ressemblerait trop à… Édouard Philippe. Cela justifie toutes les ambitions. Après tout, seuls les gagnants au Loto ont tenté leur chance.

    Ce petit monde n’a pas oublié d’être raisonnable. Les uns et les autres se parlent, conscients qu’une abondance de candidatures serait un suicide collectif. Tous sont aujourd’hui incapables de s’accorder sur une mode de départage des ambitions. Une primaire de la « droite et du centre » ? Le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand n’en veut pas, vacciné par sa défaite en 2021. Gabriel Attal, non plus. Elle favoriserait à ses yeux des candidatures droitières, éloignées de son positionnement. « Mon angle, c’est la social-démocratie », a-t-il glissé à un parlementaire. N’a-t-il pas lancé un appel aux « Français de gauche républicaine » à l’issue des municipales ? Édouard Philippe y a toujours été hostile, traumatisé par la défaite de son mentor Alain Juppé en 2016. Instruit, aussi, par l’ascension météorique d’Emmanuel Macron la même année. Il a décliné auprès d’un interlocuteur quatre scénarios de départage, allant d’une primaire sauvage – « Koh-Lanta » selon Gérald Darmanin – à des accords de désistement plus ou moins explicites. Bruno Retailleau n’a pas d’opposition de principe à un tel départage, mais de sérieuses réserves. « La primaire avantage le projet le plus radical, je pense que je la gagnerais. Mais je n’y vois pas clair ! », a-t-il confié à un proche.

    La primaire avantage le projet le plus radical, je pense que je la gagnerais.

    Bruno Retailleau, à un proche.

    Si ce n’est pas clair, demandons à Gérald Darmanin ! Le ministre de la Justice, promoteur de la primaire, reçoit à dîner le 3 février Édouard Philippe et Bruno Retailleau. Il vante les mérites d’une grande compétition électorale, voire d’un programme commun de ce camp. « Montrons à nos électeurs qu’on est compatibles », leur explique le garde des Sceaux.

    « Divisés, nous sommes morts »

    Qui est ce « on » ? Là réside le grand malentendu. L’appel au rassemblement de la « droite et du centre » est parfois lancé avec un impensé autour de l’espace politique recouvert par ce terme. Chacun définit ce champ à sa guise, au gré de ses intérêts. Édouard Philippe s’érige en dépositaire du « socle commun », la fragile coalition bâtie par Michel Barnier à Matignon. Bruno Retailleau, soucieux de « ne pas se faire macroniser », prend ses distances avec un tel attelage. Il met en lumière ses fractures idéologiques pour mieux s’en tenir à distance. Cela tombe bien, Gabriel Attal aussi. Lui opère une césure entre la droite et l’appareil LR, soupçonné de céder aux sirènes du Rassemblement national. « Je pense de moins en moins que l’espace politique cohérent pour nous s’étend aux Républicains », juge-t-il. Mardi 24 mars, sur France Inter, il propose un rassemblement, début 2027, des prétendants partageant « un projet proche et les mêmes valeurs », assis sur un comité de liaison des partis Renaissance, MoDem et Horizons. Et écarte Les Républicains, dans l’attente d’une « clarification » de la ligne du parti.

    Tout cela est brouillon ? Attendez d’en parler à Laurent Wauquiez. Le président des députés LR excommunie le centre et lui préfère la formation Reconquête! dans sa grande opération de rassemblement. Redemandons à Gérald Darmanin, jamais à court d’idées ! Dimanche soir, à peine les résultats du second tour des municipales annoncés, le garde des Sceaux a appelé de nouveau à la désignation d’un seul candidat de la droite, du centre… jusqu’à la gauche républicaine. Ménager la chèvre et le chou dans son propre camp au moment où les électeurs sociaux-démocrates ont peu goûté les alliances avec LFI, au fond, que cela coûte-t-il ? Peut-être le sens des réalités. « Penser qu’on va se réunir sur une scène commune avec Bruno Retailleau et Raphaël Glucksmann est illusoire. Qui peut y croire ? », grince un haut gradé du gouvernement qui connaît bien son Darmanin. Est-ce plus clair désormais ?

    Divergences politiques et calculs stratégiques s’entremêlent. Ce qui ne se conçoit pas clairement s’énonce mal : l’incapacité du camp « central » à se donner un nom est un enjeu politique autant qu’un problème existentiel. Dans une tribune à venir très prochainement, parlementaires et ministres appellent à un rassemblement du « bloc central et de la droite »… Qu’importe la configuration retenue : cet espace rassemble en majorité ceux qui ont exercé le pouvoir au cours des dix dernières années, mais il doit incarner l’alternance au macronisme. Autant chercher un trèfle à quatre feuilles ou un mouton à cinq pattes.

    Ça emmerde déjà les gens d’être un barrage au deuxième tour, alors être un barrage au premier…

    Gabriel Attal

    « Divisés, nous sommes morts. » La sentence est répétée ad nauseam par les partisans de l’union. Elle est une injonction au rassemblement, maquillée d’une implacable évidence arithmétique. Le socle commun doit ne faire qu’un, comme 1 et 1 font deux. C’est comme ça, et pas autrement. La démonstration frise l’argument d’autorité. Mais quelle serait la valeur politique d’une telle alliance ? Une simple protection contre un duel RN-LFI ? « Ça emmerde déjà les gens d’être un barrage au deuxième tour, alors être un barrage au premier… », met en garde Gabriel Attal. Ce « camp central » – il ne vit pas comme tel – doit porter une offre politique attractive. Il en est loin, tant sa raison d’être semble se résumer à empêcher l’accession du RN au pouvoir. « Notre défi est de redonner envie aux gens de voter pour nous. On ne gagnera pas en 2027 par un votre contre », assurait cet automne l’actuel ministre Renaissance chargé des Comptes publics David Amiel. Laurent Wauquiez décèle aussi dans sa proposition d’un rassemblement de la droite avec Sarah Knafo une manière de bâtir un « nouveau récit politique » : « Il faut un scénario de conquête. On ne gagne pas en étant défensif », juge-t-il.

    « Il y a des raisons d’espérer »

    Ni en menant une campagne dédaigneuse dont la stratégie ne serait qu’une succession de contre-attaques froides. « Camp de la raison », « pragmatisme » et « lucidité » sont autant de notes qui commencent à sonner faux aux oreilles des Français. « Le rejet des élites est plus fort que jamais, il faut faire attention au ton donneur de leçons, juge l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne. Ce que j’ai retenu des élections européennes et législatives, c’est qu’il faut arrêter de répéter aux gens ‘C’est plus compliqué que ça !’ »

    Les beaux jours arrivent, mais qu’en est-il des jours heureux ? « Il y a des raisons d’espérer », martelait Édouard Philippe au soir de sa réélection, en parlant du Havre mais en pensant à la France. Le sac de nœuds dans lequel sont empêtrés la droite et le centre laisse davantage présager la sinistrose que l’apothéose. Un ministre peinait à cacher, il y a quelques jours encore, son pessimisme. Lui arrive-t-il de baisser les bras ? De penser que les jeux sont déjà faits pour Jordan Bardella ? « Franchement, oui, pas plus tard que ce matin, maugrée-t-il. Parfois, je ne vois pas comment on évite cela. La gauche est ultra-divisée, nous, on n’est pas foutu de s’entendre, Bardella est loin devant et la France attend une alternance… Cela ressemble à quelque chose d’irrésistible. » C’est dire si la pression est forte au centre, et le risque, celui de boire la tasse en mai 2027.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/ils-pensent-tous-quil-va-seffondrer-apres-les-municipales-edouard-philippe-attendu-au-tournant-TXSNEAWWTZDLFMAK5V3OEHL2UQ/

    Author : Erwan Bruckert, Paul Chaulet, Eric Mandonnet

    Publish date : 2026-03-24 17:00:00

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  • Marché pétrolier : ces ventes massives qui sèment le doute, juste avant l’annonce de Donald Trump

    C’est une opération étonnante, voire suspecte, qui pourrait ressembler à un délit d’initié. Lundi 23 mars, environ un quart d’heure avant que Donald Trump ne publie sur ses réseaux sociaux un message évoquant des « conversations positives » avec l’Iran – et donc une potentielle issue favorable au conflit -, des milliers de contrats ont été échangés pendant deux minutes sur le marché pétrolier, pour une valeur de 580 millions de dollars, une somme inhabituellement élevée.

    L’information, révélée par le Financial Times et Bloomberg, pose plusieurs questions, car les vendeurs, qui se sont délestés de quantités importantes de contrats sur le pétrole juste avant l’annonce du président, l’ont fait au meilleur moment. « Il est difficile de prouver une causalité… mais on peut se demander qui aurait été relativement agressif dans la vente de contrats à terme à ce moment-là, 15 minutes avant le message de Trump », a déclaré auprès du Financial Times un stratège de marché d’un courtier américain.

    « L’histoire serait incompréhensible s’il n’existait pas une explication évidente : une personne proche de Trump était au courant de ses intentions et a exploité cette information privilégiée pour réaliser des profits considérables et immédiats », avance de son côté l’économiste américain Paul Krugman, prix Nobel en 2008. Et de poursuivre : « Lorsque des dirigeants d’une entreprise ou leurs proches exploitent des informations confidentielles à des fins d’enrichissement personnel, il s’agit de délit d’initié, illégal. »

    L’Iran dément

    Le doute a été renforcé quelques heures plus tard par un démenti venu d’Iran. « Aucune négociation n’a eu lieu avec les États-Unis, et de fausses informations sont utilisées pour manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier dans lequel les États-Unis et Israël sont embourbés », a déclaré sur X Mohammad-Bagher Ghalibaf, l’une des figures importantes du régime, qui n’en sait sans doute pas plus que les autres sur une éventuelle manipulation des cours du pétrole. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Kush Desai, a de son côté précisé que « la Maison-Blanche ne tolère pas que des responsables de l’administration tirent illégalement profit d’informations privilégiées, et toute insinuation selon laquelle des responsables seraient impliqués dans de telles activités sans preuve est infondée et irresponsable ».

    Par le passé, plusieurs annonces ou décisions ont déjà été accompagnées de mouvements de marché inhabituels, suscitant des interrogations sur d’éventuelles fuites d’informations ou sur l’utilisation d’informations privilégiées. Certaines déclarations concernant les droits de douane avaient notamment entraîné des fluctuations brutales des marchés, parfois précédées de volumes anormalement élevés. La personnalité de Donald Trump, qui a toujours semblé privilégier ses intérêts personnels et ceux de son entourage plutôt que l’intérêt général, renforce également ces suspicions.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/marche-petrolier-ces-ventes-massives-qui-sement-le-doute-juste-avant-lannonce-de-donald-trump-4VJ5QQ4TVFBLXLAR4I5F6ZTFRQ/

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    Publish date : 2026-03-24 19:16:00

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  • Guerre au Moyen-Orient : l’Iran affirme que les navires « non-hostiles » peuvent transiter par le détroit d’Ormuz

    Les Etats-Unis et l’Iran sont-ils oui ou non en train de négocier ? Donald Trump a affirmé lundi 23 mars que « des points d’accord majeurs » avaient été dégagés au cours de discussions avec Téhéran, qui l’ont conduit à reporter sa menace de frapper les centrales électriques iraniennes. Mais la République islamique a démenti de son côté toute communication directe ou indirecte avec Washington, son ministère des Affaires étrangères accusant le locataire de la Maison-Blanche de vouloir « gagner du temps » face à la fébrilité des marchés financiers.

    Sur le terrain, les frappes se poursuivent de part et d’autre. Israël a de nouveau été visé par des salves de missiles iraniens cette nuit. L’Etat hébreu poursuit par ailleurs ses opérations militaires aériennes et terrestres au Liban, disant lutter contre le Hezbollah aligné sur l’Iran, avec une incursion dans le sud du pays qui a ravivé le spectre d’une nouvelle occupation.

    Les infos à retenir

    ⇒ Des négociations ont lieu entre l’Iran et les Etats-Unis, affirme Donald Trump

    ⇒ Le Pakistan propose d’accueillir des discussions de paix

    ⇒ Les navires « non-hostiles » peuvent transiter par le détroit d’Ormuz, affirme l’Iran

    20h34

    Les environs de la centrale nucléaire de Bushehr attaqués, selon l’Iran

    L’Organisation iranienne de l’énergie atomique a déclaré que les États-Unis et Israël avaient attaqué les environs de la centrale nucléaire iranienne de Bushehr mardi soir, a rapporté l’IRNA. Selon les premiers rapports, l’attaque n’a causé ni dégâts techniques ni victimes humaines.

    20h19

    Les navires « non-hostiles » peuvent transiter par le détroit d’Ormuz, affirme l’Iran

    Les navires « non-hostiles » peuvent transiter par le détroit d’Ormuz, disent les autorités iraniennes dans une lettre transmise aux pays membres de l’Organisation maritime internationale (OMI), rapporte le Financial Times, qui a pu consulter le document. Dans cette lettre, Téhéran précise que les navires liés aux Etats-Unis, à Israël ainsi qu’aux « autres participants dans l’agression » de l’Iran ne font pas partie des navires pouvant effectuer une traversée « non-hostile » du détroit.

    Un porte-parole des Gardiens de la révolution avait déclaré récemment qu’il était possible de traverser de manière sûre le détroit d’Ormuz en se coordonnant avec les autorités iraniennes.

    20h01

    Donald Trump affirme que l’Iran a fait un « cadeau » important aux États-Unis

    Le président Donald Trump a déclaré mardi que l’Iran avait fait une importante concession aux États-Unis dans le domaine de l’énergie, la qualifiant de développement positif, bien qu’il n’ait pas donné de détails.

    Le président américain a laissé entendre que ce cadeau était lié au détroit d’Ormuz, voie de transit pétrolière que les États-Unis s’efforcent de maintenir ouverte. « Ils nous ont fait un cadeau, et ce cadeau est arrivé aujourd’hui. C’était un très gros cadeau, d’une valeur inestimable », a-t-il déclaré aux journalistes dans le Bureau ovale. « Ce n’était pas lié au nucléaire, c’était au pétrole et au gaz, et c’était une très belle chose qu’ils ont faite. »

    19h38

    Des négociations ont lieu entre l’Iran et les Etats-Unis, affirme Donald Trump

    Le président Donald Trump a déclaré mardi que les États-Unis discutaient avec « les bonnes personnes » en Iran afin de parvenir à un accord pour mettre fin aux hostilités, ajoutant que les Iraniens souhaitaient ardemment parvenir à un accord. S’adressant aux journalistes dans le Bureau ovale, Donald Trump a déclaré : « Nous sommes en négociations en ce moment » au sujet de l’Iran, mais n’a pas fourni de détails, notamment sur la question de savoir si les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner prévoyaient des discussions cette semaine.

    Le Pakistan s’est dit prêt à accueillir des pourparlers entre les États-Unis et l’Iran. « Nous sommes en train de parler aux bonnes personnes et elles veulent tellement conclure un accord, vous n’imaginez pas à quel point elles le veulent », a déclaré Donald Trump à propos des Iraniens.

    18h11

    La cote de popularité de Donald Trump chute à 36 %

    La cote de popularité du président Donald Trump a chuté ces derniers jours à son plus bas niveau depuis son retour à la Maison-Blanche, touchée par une flambée des prix du carburant et une désapprobation généralisée de la guerre qu’il a lancée contre l’Iran, selon un sondage Reuters/Ipsos .

    Le sondage, mené sur quatre jours et clôturé lundi, indique que 36 % des Américains approuvent le bilan de Donald Trump, contre 40 % la semaine dernière.

    18h06

    Le Pentagone ordonne l’envoi de 3 000 soldats au Moyen-Orient

    Le Pentagone prévoit de déployer environ 3 000 soldats de la 82e division aéroportée d’élite de l’armée de terre au Moyen-Orient pour soutenir les opérations contre l’Iran, selon deux responsables américains, un ordre écrit étant attendu dans les prochaines heures, rapporte le Wall Street Journal.

    16h45

    Un missile iranien intercepté dans l’espace aérien libanais

    Un missile iranien a été intercepté pour la première fois dans l’espace aérien libanais, disent trois sources sécuritaires libanaises, dont deux affirment qu’un navire militaire étranger est à l’origine de l’interception.

    15h46

    Le Pakistan propose d’accueillir des discussions de paix pour mettre fin à la guerre en Iran

    « Sous réserve d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran, le Pakistan se tient prêt et est honoré d’accueillir ces pourparlers afin de faciliter des discussions constructives et décisives en vue d’un règlement global du conflit en cours », a déclaré, sur X, le premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif.

    Ce dernier a indiqué avoir discuté avec le président iranien, Massoud Pezeshkian, et avoir assuré que son gouvernement apporterait son soutien à l’établissement de la paix dans la région. De son côté, le ministre pakistanais des Affaires étrangères et vice-Premier ministre, Ishaq Dar, a précisé avoir également été en contact avec son homologue iranien, Abbas Araghtchi.

    15h41

    L’Iran durcit sa position vis-à-vis des négociations

    La position de Téhéran vis-à-vis de négociations avec Washington s’est nettement durcie depuis le début de la guerre lancée le 28 février par les Etats-Unis et Israël, ont déclaré trois sources iraniennes, en raison du renforcement de l’emprise des Gardiens de la Révolution islamique sur l’Iran.

    D’après ces trois responsables de haut rang, l’Iran réclamera d’importantes concessions de la part des États-Unis si les efforts de médiation aboutissent à des discussions sérieuses. Outre la fin de la guerre, le pays pourrait exiger des garanties contre toute intervention militaire future, une compensation pour les pertes subies pendant la guerre et le contrôle officiel du détroit d’Ormuz.

    L’Iran refuserait également de négocier toute limitation de son programme de missiles balistiques, ont précisé ces mêmes sources. Des points qui constitueraient des lignes rouges pour le président américain Donald Trump dans le cadre de toute négociation, la fin du programme balistique et nucléaire étant une des raisons évoquées par ce dernier pour justifier la guerre.

    14h45

    Des explosions entendues à Sahel Alma, au nord de Beyrouth

    Des explosions ont été signalées dans la ville chrétienne de Sahel Alma, au nord de Beyrouth, une zone jusqu’ici épargnée par le conflit entre Israël et le Hezbollah, rapportent plusieurs les médias libanais.

    Aucun bilan n’est rapporté dans l’immédiat, et des témoins disent à Reuters avoir entendu plusieurs explosions et vu une fumée blanche s’élever de la ville. Selon le site internet du journal francophone L’Orient-Le Jour, qui cite une source sécuritaire, les explosions dans la région de Sahel Alma sont imputables à une interception de missile.

    13h30

    Le Hezbollah affirme qu’il combattra toute tentative israélienne d’occupation du Sud-Liban

    Le Hezbollah, groupe armé libanais, se battra pour empêcher les troupes israéliennes d’occuper le sud du Liban, a déclaré mardi à Reuters l’un des principaux parlementaires du groupe, Hassan Fadlallah, affirmant qu’une telle occupation constituerait une « menace existentielle » pour le Liban en tant qu’État.

    Le ministre israélien de la Défense a déclaré plus tôt mardi qu’il avait donné instruction à l’armée d’établir une « zone de sécurité » au sud du fleuve Litani, qui coule à environ 30 kilomètres (20 miles) au nord de la frontière israélienne.

    12h43

    Un ancien commandant des Gardiens de la révolution nommé pour remplacer le chef de la sécurité assassiné

    L’Iran a nommé mardi un ancien commandant des Gardiens de la révolution et une figure importante de la faction politique radicale pour remplacer le puissant chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, tué lors de frappes américano-israéliennes la semaine dernière.

    Mohammad Baqer Zolqadr a été nommé successeur d’Ali Larijani au poste de secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale (SNSC) , a annoncé mardi le vice-président iranien chargé des communications sur X. Le Conseil national de sécurité nationale (SNSC), présidé officiellement par le président élu Massoud Pezeshkian, coordonne la sécurité et la politique étrangère et comprend de hauts responsables militaires, du renseignement et du gouvernement, ainsi que des représentants du guide suprême qui a le dernier mot sur toutes les affaires d’État.

    12h00

    L’allié américain « est de moins en moins prévisible », déclare le général Fabien Mandon

    L’allié américain « est de moins en moins prévisible » et « ne prend pas la peine de nous prévenir lorsqu’il décide d’engager des opérations militaires. Ça a un impact sur notre sécurité et ça a un impact sur nos intérêts », déclare le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées françaises, dans le cadre du « Forum de Paris pour la défense et la stratégie ».

    11h37

    Le président allemand qualifie la guerre en Iran d’ »erreur désastreuse »

    La guerre contre l’Iran est une « erreur désastreuse » qui viole le droit international, a déclaré mardi le président allemand dans une critique inhabituellement directe de la politique étrangère du président américain Donald Trump, qui, selon lui, marque une rupture dans les relations de l’Allemagne avec son plus grand allié d’après-guerre.

    Dans une attaque verbale cinglante, Frank-Walter Steinmeier, dont le rôle essentiellement honorifique lui permet de s’exprimer plus librement que les hommes politiques, a adopté une position beaucoup plus critique que le chancelier Friedrich Merz, qui a éludé les questions sur la légalité de la guerre. « Notre politique étrangère ne devient pas plus convaincante simplement parce que nous ne qualifions pas une violation du droit international de violation du droit international », a déclaré l’ancien ministre des Affaires étrangères du Parti social-démocrate de centre-gauche, lors d’un discours au ministère des Affaires étrangères.

    10h58

    Israël étend sa zone de contrôle au Liban

    L’armée israélienne va prendre le contrôle des derniers ponts qui enjambent encore le fleuve Litani ainsi que la zone située au sud de celui-ci, a déclaré ce matin le ministre israélien de la Défense Israël Katz.

    Peu auparavant ce mardi, les Gardiens de la Révolution iraniens ont prévenu que de « lourdes » frappes de missiles et de drones cibleraient Israël si l’Etat hébreu poursuivait ses « crimes contre les civils du Liban et de Palestine ».

    10h45

    Le Kremlin met en garde contre les répercussions de la guerre en Iran sur la mer Caspienne

    La Russie verrait « extrêmement négativement » tout débordement du conflit iranien dans la mer Caspienne, a déclaré mardi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

    Interrogé sur l’état des négociations entre Washington et Téhéran, celui-ci a par ailleurs déclaré que le Kremlin prenait connaissance des déclarations contradictoires des deux parties.

    10h42

    466 personnes arrêtées en Iran pour atteinte à la sécurité nationale

    La police iranienne a arrêté 466 personnes accusées d’activités en ligne visant à saper la sécurité nationale, ont rapporté ce mardi les médias d’État, dans le cadre de l’une des plus importantes opérations sécuritaires depuis le début de la guerre avec Israël et les États-Unis.

    Au total, les médias iraniens ont fait état de plus de 1 000 arrestations depuis le début du mois, visant des individus accusés d’avoir filmé des lieux sensibles, partagé des contenus antigouvernementaux en ligne ou « collaboré avec l’ennemi ».

    Un communiqué de la police indique que ces arrestations font suite à des renseignements et à une surveillance technique menés ces derniers jours, les individus étant soupçonnés d’être liés à des réseaux « ennemis » cherchant à créer une instabilité interne.

    10h37

    Le Forum économique mondial reporte sa réunion de Djeddah, en Arabie saoudite

    L’agence de presse officielle saoudienne a annoncé mardi que le Forum économique mondial avait reporté sa réunion sur la collaboration et la croissance mondiales, initialement prévue les 22 et 23 avril à Djeddah, à la suite de consultations avec le ministère saoudien de l’Économie et de la Planification, en raison de l’évolution de la situation régionale. Elle n’a pas donné d’autre date.

    10h15

    Des responsables israéliens jugent le succès des négociations entre Donald Trump et l’Iran peu probable

    Donald Trump semble déterminé à conclure un accord avec l’Iran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient, ont déclaré ce mardi trois hauts responsables israéliens à Reuters. Ces sources, s’exprimant sous couvert d’anonymat, ont toutefois déclaré qu’il leur paraissait peu probable que l’Iran accepte les exigences américaines, qui devraient inclure des restrictions sur les programmes nucléaires et balistiques iraniens.

    09h53

    Plus de 50 cibles en Iran frappées par Israël cette nuit

    L’aviation israélienne a mené de vastes frappes dans le centre de Téhéran lundi, ciblant des centres de commandement, notamment des installations liées au service de renseignement des Gardiens de la révolution et au ministère des Renseignements iranien, a annoncé Tsahal ce mardi. Plus de 50 autres cibles ont été frappées durant la nuit, ajoute l’armée israélienne, dont des sites de stockage et de lancement de missiles balistiques.

    09h42

    La France et Bahreïn à l’origine de deux projets de résolution sur le détroit d’Ormuz

    La France et Bahreïn font circuler deux projets de résolution concurrents au Conseil de sécurité des Nations unies visant à garantir la liberté de circulation dans le détroit d’Ormuz, que Reuters a pu consulter.

    Le texte présenté par Bahreïn autoriserait le recours à « tous les moyens nécessaires » – soit le recours à la force en langage diplomatique – pour protéger le trafic maritime dans et autour de ce passage stratégique. Les pays pourraient agir seuls ou au sein de coalitions. Soutenu par les pays du Golfe et les Etats-Unis, un tel projet de résolution serait placé sous le chapitre VII de la Charte de l’ONU, qui autorise une palette d’actions en cas de menace contre la paix, allant de sanctions à l’utilisation de la force. Selon plusieurs diplomates, ce texte se heurterait probablement au veto de la Russie ou de la Chine.

    La France a opté pour une version plus conciliante, sans mention de l’Iran ni du chapitre VII. Le texte encourage les pays concernés au premier chef par la paralysie du trafic à travers le détroit d’Ormuz à mener des actions strictement défensives pour assurer la liberté de navigation, en escortant les navires dans le respect du droit international et du droit de la mer.

    09h30

    L’Ukraine appelle à des frappes contre la Russie, qui livre des drones à l’Iran

    La livraison par Moscou de drones modernisés à l’Iran a fait des sites de production de drones russes des cibles militaires légitimes, a déclaré lundi le représentant permanent de l’Ukraine auprès des Nations Unies, exhortant les puissances occidentales à équiper Kiev d’armes capables de frapper ces sites.

    « Le récent conflit en Iran a révélé à quel point cette crise est imbriquée dans l’invasion militaire russe et dans les objectifs impérialistes et malveillants du Kremlin », a déclaré Andriy Melnyk lors d’une session spéciale du Conseil de sécurité consacrée à la guerre en Ukraine. Les livraisons russes de versions modernisées des drones Shahed iraniens, effectuées grâce à des licences fournies par Téhéran, marquent une escalade sans précédent qui permettrait à l’Iran d’attaquer les pays du Golfe et les forces américaines dans la région pendant une longue période, déstabilisant ainsi la région et menaçant l’économie mondiale, a-t-il souligné.

    En conséquence, les sites de production de drones russes devraient être considérés comme des « cibles légitimes pour les frappes militaires dans la campagne contre le régime des mollahs », a-t-il ajouté, avant de faire valoir que l’Ukraine pourrait être plus efficace avec de nouvelles armes et ressources : « Fournir à l’Ukraine les moyens de mener des frappes en profondeur et contribuer à l’augmentation de notre production nationale de missiles à longue portée soutiendrait les efforts collectifs visant à instaurer la paix au Moyen-Orient ».

    08h20

    Une base kurde attaquée à la roquette en Irak

    Au moins six combattants kurdes ont été tués et 22 autres blessés dans une attaque à la roquette contre leur base au nord d’Erbil, dans le Kurdistan irakien, rapportent des sources sécuritaires et proches des peshmergas. L’origine de l’attaque n’a pas été identifiée dans l’immédiat.

    07h57

    Un nouveau Conseil de défense à l’Elysée

    Un conseil de défense et de sécurité nationale se tiendra aujourd’hui à 17h30 sur la situation en Iran et au Moyen-Orient, rapportent ce mardi matin BFMTV et franceinfo.

    07h30

    La pause sur les frappes annoncée par Donald Trump ne concerne que les sites énergétiques, selon Semafor

    Les États-Unis poursuivront leurs frappes contre l’Iran, la pause ne concernant que les attaques contre les sites énergétiques de Téhéran, a rapporté le média Semafor cette nuit, citant un responsable américain. « Les initiatives initiales de l’opération Fureur épique se poursuivront », a déclaré celui-ci.

    Reuters n’a pas pu vérifier immédiatement l’information. La Maison-Blanche, le département d’État américain et le Pentagone n’ont pas répondu immédiatement à une demande de commentaires de l’agence.

    07h08

    Liban : au moins deux morts à Bechamoun, au sud de Beyrouth

    Deux personnes ont été tuées et cinq autres ont été blessées cette nuit au cours de bombardements israéliens dans la commune de Bechamoun, au sud de Beyrouth, selon un premier bilan du ministère libanais de la Santé, rapporté par l’agence de presse officielle NNA.

    Celle-ci avait rapporté plus tôt qu’Israël avait mené dans la nuit sept raids aériens contre la banlieue sud de la capitale, quelques heures après que Benyamin Netanyahou a déclaré, lundi soir, que l’Etat hébreu continuait ses frappes en Iran et au Liban pour protéger ses « intérêts vitaux en toutes circonstances ».

    06h50

    En Irak, des miliciens soutenus par l’Iran visés par une frappe

    Au moins 14 combattants des Forces de mobilisation populaire (FMP) ont été tués et une trentaine d’autres blessés dans la province d’Anbar, dans l’ouest de l’Irak, dans des frappes aériennes contre un site du groupe composé de milices irakiennes chiites soutenues par l’Iran, a appris Reuters de sources sécuritaires et des services de santé.

    Le commandant des opérations du FMP à Anbar a été tué dans ces frappes, ont précisé ces sources, avant qu’un communiqué publié par le FMP ne confirme la mort de ce commandant, Saad al Baïji. Le groupe de miliciens accuse les Etats-Unis d’avoir effectué l’attaque.

    06h45

    De nouveaux missiles iraniens lancés vers Israël

    L’armée israélienne a dit cette nuit avoir identifié des vagues de missiles lancés depuis l’Iran en direction de l’Etat hébreu. Les sirènes d’alerte ont été déclenchées dans des parties d’Israël, dont à Tel Aviv où ont été entendues des explosions résultant des interceptions des missiles.

    L’armée israélienne a fait état d’au moins un impact dans le nord du pays. Aucune victime n’a été signalée.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-guerre-en-iran-teheran-lance-de-nouveaux-missiles-vers-israel-RXTOANEXMNEQRJDE2G3WK4QIA4/

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    Publish date : 2026-03-24 19:32:00

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  • Guerre en Iran : le rôle discret mais crucial de l’Europe

    Ils l’ont tous répété : « Cette guerre n’est pas la nôtre. » Mais en coulisses, les dirigeants européens, qui ont tenu tête à Donald Trump en refusant unanimement de s’engager dans le conflit contre l’Iran, jouent en réalité un rôle clé. Leurs bases militaires, d’abord, facilitent l’une des opérations logistiques les plus complexes de l’armée américaine depuis des décennies. Ces dernières semaines, bombardiers, drones et navires américains ont en effet été ravitaillés, armés et déployés depuis des bases situées au Royaume-Uni, en Allemagne, au Portugal, en Italie, en France et en Grèce, selon les autorités.

    Les drones d’attaque, par exemple, sont contrôlés dans la base américaine de Ramstein en Allemagne, qui constitue le centre névralgique des opérations américaines contre l’Iran, d’après des responsables allemands et américains. De lourds bombardiers B-1 ont aussi été photographiés en train de charger munitions et carburant à la base RAF Fairford, au Royaume-Uni, tandis que l’USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde, est actuellement amarré dans une base navale en Crète pour subir des réparations après avoir été endommagé par un incendie.

    Un tremplin stratégique

    Avec 40 bases américaines et 80 000 personnels militaires positionnés sur le continent européen, ce dernier s’avère être un tremplin stratégique « extrêmement favorable » aux opérations menées par les Etats-Unis, a concédé le général Alexus Grynkewich de l’US Air Force, commandant militaire en chef de l’Otan, lors d’une récente audition au Sénat. « Les distances sont plus courtes, c’est moins coûteux et il est beaucoup plus facile de projeter la puissance grâce à notre réseau de bases et d’alliés », a-t-il notamment déclaré.

    Cette situation résulte d’un ensemble d’accords bilatéraux avec les gouvernements européens, principalement établis pendant la guerre froide dans le contexte de la confrontation avec l’Union soviétique, qui autorisent le déploiement de munitions, technologies et personnels américains sur des bases européennes. « La position de l’Europe — à l’intersection de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie centrale — la rend idéale pour un déploiement rapide dans toutes les directions », a expliqué l’an dernier au Center for European Policy Analysis le général à la retraite Gordon B. Davis, ancien directeur des opérations au commandement américain en Europe, comme le rapporte le Wall Street Journal.

    Un dilemme difficile

    Depuis, les dirigeants européens se trouvent face à un dilemme : éviter de se mettre à dos les Etats-Unis, garants de leur sécurité, sans se montrer directement favorable à la guerre, impopulaire auprès des électeurs et responsable de la hausse des coûts de l’énergie. La dissidence politique au sommet ne s’est donc pas traduite par des restrictions opérationnelles sur le terrain, à l’exception de l’Espagne, qui a refusé que les Américains utilisent ses bases conjointes pour attaquer l’Iran, certains avions américains stationnés sur son territoire ayant donc été redéployés vers l’Allemagne et la France.

    Le Premier ministre britannique Keir Starmer, lui, avait initialement interdit l’usage des bases britanniques lors de la première attaque contre Téhéran, avant de revenir sur sa décision en autorisant des missions de bombardement « défensives » pour cibler, depuis RAF Fairford et la base de Diego Garcia, les lanceurs de missiles iraniens dans l’océan Indien. Cette dernière, située à près de 4 000 kilomètres des frontières iraniennes, a d’ailleurs été récemment visée par une frappe de Téhéran, suscitant l’inquiétude quant à la capacité de la République islamique à viser des territoires plus éloignés qu’annoncés.

    Un rôle purement « logistique »

    Dans ce contexte, les Etats européens ne cessent de rappeler que leur rôle est purement « logistique ». Alors que la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a déclaré plus tôt ce mois-ci que les opérations américaines sur les bases italiennes « n’impliquaient pas de bombardements », le gouvernement allemand, de son côté, a tenu à rappeler qu’il n’avait aucune influence sur les opérations américaines, en vertu d’accords légaux datant de plusieurs décennies. De même, la France, qui a autorisé le stationnement d’avions ravitailleurs américains sur sa base aérienne d’Istres-Le Tubé, s’est rapidement justifiée. « Un avion ravitailleur est une station-service, pas un avion de combat », a précisé début mars la ministre française de la Défense, Catherine Vautrin.

    Malgré cet appui discret mais crucial, Donald Trump a laissé entendre que l’Amérique pourrait retirer son soutien à l’Otan, notamment lorsqu’au départ les Européens ont refusé de répondre à ses appels pour escorter les navires dans le détroit d’Hormuz. « LÂCHES, et nous nous en SOUVIENDRONS ! » a-t-il posté sur les réseaux sociaux, vendredi. Il faut dire que la décision américaine d’abandonner les efforts diplomatiques et d’attaquer l’Iran est mal passée auprès de nombreux responsables européens, qui considéraient l’accord de 2015, négocié par Bruxelles pour mettre un terme au programme nucléaire iranien, comme l’une de leurs plus grandes réussites au plan international.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-en-iran-le-role-discret-mais-crucial-de-leurope-SUKIHOL7QJAMJNJGMWRDKDK7VE/

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    Publish date : 2026-03-24 18:25:00

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  • Eliminer le sommet du régime en Iran : la « stratégie tchétchène » peut-elle fonctionner ?

    Eliminer un à un les hauts responsables iraniens, jusqu’à épuiser le sommet du régime. Après l’assassinat de l’ayatollah Khamenei, de son chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, ou de figures comme le ministre du renseignement Esmail Khatib, les Etats-Unis et Israël ont choisi la « stratégie de décapitation ». Une doctrine éprouvée contre des acteurs non étatiques, illustrée par l’élimination d’Oussama ben Laden en 2011.

    Jusqu’ici, la stratégie n’avait toutefois que rarement été utilisée contre un régime. L’exemple le plus proche est probablement la campagne menée par la Russie en Tchétchénie. Au tournant du siècle, le Kremlin avait fait la promesse d’éliminer les leaders rebelles tchétchènes, avant d’installer au pouvoir Ramzan Kadyrov, un leader local pro-Moscou.

    Ce précédent est-il transposable à l’Iran ? L’Express a interrogé le Dr Austin Long, ancien responsable de la stabilité stratégique au Joint Staff, au coeur de la planification militaire américaine, aujourd’hui Senior Fellow au MIT.

    L’Express : Peut-on établir un parallèle avec la stratégie de « décapitation du leadership » adoptée par la Russie en Tchétchénie dans les années 1990-2000 ?

    Austin Long : Il y a un point de différence fondamental entre l’Iran et la Tchétchénie : Téhéran n’a pas de figure équivalente à Ramzan Kadyrov, l’homme que Moscou a mis au pouvoir en Tchétchénie. La Russie s’est appuyée sur cette figure soutenue localement pour mettre en place sa stratégie. Ce qui se passe à Téhéran pourrait davantage évoquer ce qui a pu se passer avec Kadhafi en Libye il y a une quinzaine d’années. Mais là encore, il y a une différence : la décapitation du régime était accompagnée d’une rébellion au sol, qui se battait localement contre le régime. En Iran, nous évoquons beaucoup les Kurdes, qui pourraient prendre ce rôle. Mais ce n’est pas le cas pour l’instant.

    Cette stratégie peut-elle fonctionner contre un régime aussi structuré que celui des Gardiens de la Révolution ?

    Mes travaux suggèrent que la stratégie de décapitation fonctionne mal contre des organisations structurées. Plusieurs facteurs jouent contre elle : l’Iran n’est pas gouverné par une organisation jeune, faible et désorganisée. L’armée iranienne et les Gardiens de la Révolution sont installés depuis près de 50 ans. Ils sont nombreux, ce qui signifie qu’ils sont capables de remplacer chaque dirigeant éliminé. On peut certainement voir des dirigeants encore plus radicaux accéder au pouvoir en Iran, bien que le régime soit déjà très radical.

    Vous n’êtes donc pas optimiste sur l’issue de l’opération ?

    Je constate simplement que la majorité des recherches sur la stratégie de décapitation a été menée en observant son effet sur des groupes terroristes ou rebelles, pas sur un Etat. Nous pourrions tout aussi bien, après le cinquième successeur du Guide Suprême, voir celui-ci se décider à négocier avec Washington et Tel-Aviv.

    Les Etats-Unis et Israël ont tué la première vague de dirigeants iraniens, puis la seconde, et élimineront sans doute la suivante. Les moyens déployés et la pénétration des services de renseignement sont colossaux. Nous assistons donc aujourd’hui à une nouvelle version de la neutralisation du leadership, dont le but est différent des précédents historiques. L’idée n’est probablement pas d’annihiler le leadership pour mettre quelqu’un de plus favorable à la place – pour l’instant personne n’a émergé – mais de désorganiser ses capacités administratives et sécuritaires.

    A la différence d’une organisation terroriste, le leadership d’un Etat a des responsabilités : le maintien de l’ordre, la collecte des impôts. Si vous devez constamment remplacer vos dirigeants car les précédents ont été tués, il devient de plus en plus difficile de continuer à fonctionner. En résumé, ce que les Etats-Unis et Israël tentent de faire avec le ciblage des élites dirigeantes est inédit, la mise en oeuvre et les méthodes employées également. Reste à observer l’évolution du conflit. Il pourrait montrer qu’il est plus intéressant d’utiliser cette stratégie sur un Etat qui doit gouverner que des insurgés qui doivent juste survivre.

    Israël n’a-t-il pas précisément utilisé cette stratégie avec le Hamas ? Le conflit est toujours en cours, deux ans après le 7-Octobre.

    Là encore, la comparaison n’est pas tout à fait parfaite avec la situation iranienne : Israël avait des soldats sur place. Le Hamas a pu se cacher dans des tunnels et attendre la fin de l’offensive israélienne. Ils ont réémergé et ont renforcé leur emprise sur Gaza. Il est donc possible de revenir d’une telle situation. Mais Gaza et Téhéran sont très différents géographiquement. Il est plus facile de regagner une emprise sur un petit territoire que sur un grand pays de plus de 90 millions d’habitants.

    La stratégie adoptée en Iran est-elle plus une stratégie israélienne ou américaine ?

    Là n’est pas la question : les deux pays travaillent de concert. Ils ont construit leur coopération en s’appuyant sur leurs expériences respectives : les Israéliens ont passé des années à perfectionner leur capacité à cibler des dirigeants du Hamas, du Hezbollah, et d’autres groupes terroristes. C’est donc une méthodologie qu’ils maîtrisent parfaitement. Les Etats-Unis ont fait de même en Irak, en Afghanistan et ailleurs. En Afghanistan, en 2001, très peu de soldats américains ont été déployés au sol – seulement des forces spéciales et des agents de la CIA. Mais ils ont réussi à coordonner des combattants locaux sur le terrain – pachtounes, puis tadjiks et ouzbeks dans le nord – avec la puissance aérienne que les Etats-Unis pouvaient leur fournir. Cela a été incroyablement efficace pour chasser les talibans du pouvoir à l’époque. La seule différence, encore une fois, est la taille de la campagne menée.

    Avant l’assassinat de Khamenei et de multiples cadres du régime iranien, les Etats-Unis ont mené une autre opération spectaculaire : la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, vivant, le 3 janvier. Voyez-vous des similitudes entre les deux opérations ?

    La capture de Nicolas Maduro est finalement assez similaire à ce que nous avons déjà vu. L’opération discrète, très bien exécutée, ne ciblant qu’une seule cible et pas le leadership entier : elle évoque le raid qui a tué Oussama ben Laden, à la différence que la cible était cette fois le dirigeant d’un pays, pas d’une organisation terroriste. La suite des événements, et son remplacement à la tête de l’Etat par la vice-présidente Delcy Rodriguez, est une autre variante. Les Etats-Unis n’ont pas essayé de changer la nature fondamentale du régime, simplement sa tête, avant d’entamer des négociations avec lui.

    Le cas iranien est complètement différent. D’abord, car il est beaucoup plus vaste. Ensuite, car la méthode diffère. Les campagnes militaires américaines en Irak et en Afghanistan ont été appuyées par des frappes aériennes et de drones, mais aussi par des opérations spéciales menées par l’armée régulière.

    Vous mentionniez Kadhafi. Pensez-vous que l’Iran pourrait se morceler comme la Libye après la chute de son dirigeant ?

    Les deux situations présentent une différence fondamentale. Avant la chute de Kadhafi, la Libye des années 2010 était encore traversée par de fortes traditions tribales. Elles cherchaient à s’exprimer. Quand la coalition occidentale est intervenue pour les soutenir, le gouvernement libyen s’est effondré en étant renversé par une rébellion solide et déjà existante. Par la suite, les différentes tribus se sont affrontées – ce qui a conduit à la situation actuelle. En Iran, le phénomène de factionnalisation n’est pas tout à fait similaire. Le gouvernement iranien a, en tout cas jusqu’à présent, été beaucoup plus cohésif et homogène. Les minorités ethniques existent : les Kurdes, les Baloutches, les Arabes… Les velléités ethniques existent – mais seulement à la marge d’un Etat perse homogène et solidement constitué. Je ne vois pas, dans la situation actuelle, de possibilité de fragmentation du régime.

    Vous expliquez que la stratégie de décapitation classique comprend toujours une part de soldats sur le terrain – ce qui n’est pour l’instant pas le cas avec l’offensive israélo-américaine. Ce critère semblait essentiel pour Donald Trump.

    Il l’est. Le président a fait campagne contre les « forever wars », et le vice-président, J.D. Vance, s’est largement exprimé contre les conflits en Irak et en Afghanistan. Le choix de viser le régime iranien sans déployer l’armée américaine au sol était donc délibéré. La question qui se pose aujourd’hui est donc : cette stratégie est-elle suffisante pour conduire à l’effondrement du régime iranien ? Les variables sont trop nombreuses pour répondre avec certitude.

    Tactiquement, l’opération a été un vrai succès. Mais l’inconnue reste le long terme. L’Iran va-t-il durablement abandonner son programme nucléaire ? Le détroit d’Ormuz va-t-il être réouvert ? Toutes ces questions sont ouvertes. Si ces réponses sont positives, la stratégie militaire que nous venons de voir pourrait être adoptée à terme, comme celle menée en Afghanistan a pu l’être après 2001.

    Comment déterminez-vous si une stratégie est efficace ou non ?

    Les résultats sont très mitigés. L’opération en Tchétchénie a été incroyablement efficace du point de vue russe : Kadyrov est au pouvoir depuis maintenant près de vingt ans. D’un point de vue stratégique, Moscou est parvenu à supprimer un problème très important pour la Russie dans les années 1990. La Libye est différente. D’un côté, Kadhafi n’est plus présent, mais la Libye a plongé dans le chaos. L’Afghanistan a été une réussite d’un point de vue stratégique : les ètats-Unis voulaient se débarrasser du régime taliban qui abritait Al-Qaïda, et la chose a été faite. Mais 25 ans plus tard, Washington est parti, et les talibans sont revenus au pouvoir. En Irak, la stratégie de décapitation du régime n’a pas été décisive, mais a certainement contribué à créer un espace pour d’autres initiatives politiques et militaires après la chute de Saddam Hussein. L’efficacité d’une opération ne se traduit pas toujours par des résultats stratégiques, car ils dépendent d’autres facteurs que l’offensive militaire. Parmi eux, l’état de la société civile du pays ciblé est souvent déterminant.



    Source link : https://www.lexpress.fr/secret-defense/eliminer-le-sommet-du-regime-en-iran-la-strategie-tchetchene-peut-elle-fonctionner-SWBVIFGLGVAOJNX6FRNJIA4K7I/

    Author : Alexandra Saviana

    Publish date : 2026-03-24 16:00:00

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  • La Hongrie soupçonnée d’espionner l’UE pour la Russie : tout comprendre à l’affaire qui secoue Bruxelles

    Le fil qui lie la Hongrie de Viktor Orban et la Russie de Vladimir Poutine se dévoile de plus en plus. Si la proximité entre les deux pays est connue depuis plusieurs années, et même assumée par le Premier ministre hongrois, une nouvelle étape a été franchie ce week-end. Selon le Washington Post, la Hongrie, par le biais de son ministre des Affaires étrangères, partagerait avec Moscou les détails des discussions européennes. L’Express fait le point sur ces accusations, qui interviennent à quelques semaines des élections législatives, où Viktor Orban est à la traîne dans les sondages.

    Que reproche-t-on à Peter Szijjarto ?

    L’information aurait presque pu passer inaperçue tant elle était perdue dans une accumulation de révélations. Dans une longue enquête publiée samedi 21 mars, le Washington Post révélait que les services de renseignements extérieurs russes avaient proposé de mettre en scène une tentative d’assassinat de Viktor Orban pour le faire remonter dans les sondages. Mais ce n’est qu’au milieu de l’article que le scandale est révélé : selon un responsable européen de la sécurité, le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto passe régulièrement des appels à son homologue russe, Sergueï Lavrov, pendant les pauses des réunions européennes. Il fournirait notamment des « rapports en direct sur ce qui a été discuté » et des solutions possibles, affirme la même source, qui ajoute : « Chaque réunion de l’UE, depuis des années, se tient pratiquement avec Moscou à la table ».

    La proximité entre Peter Szijjarto et Sergueï Lavrov n’est plus à démontrer alors que le ministre hongrois s’est rendu à seize reprises, en visite officielle, à Moscou depuis le début de l’offensive en Ukraine en 2022. Le 4 mars dernier, le Hongrois a même rencontré Vladimir Poutine, pourtant sous un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, reconnue par Budapest.

    Quelles sont les réactions ?

    Les critiques n’ont pas tardé à fuser après la publication de l’enquête, notamment sur le territoire national. Peter Szijjarto « semble être de connivence avec la Russie, trahissant ainsi les intérêts hongrois et européens », a attaqué Peter Magyar, l’opposant de Viktor Orban lors des élections hongroises, qui est en tête dans les sondages. « Si cela est confirmé, cela équivaudrait à une trahison, ce qui entraînerait une peine d’emprisonnement à perpétuité potentielle », a-t-il ajouté, promettant que, s’il est élu, son gouvernement enquêtera « immédiatement » sur la question.

    Mais l’affaire fait réagir bien au-delà des frontières hongroises. La porte-parole de la Commission européenne a demandé au gouvernement hongrois « qu’il apporte les clarifications nécessaires », assurant qu’ »une relation de confiance entre les États membres ainsi qu’entre eux et les institutions est fondamentale pour le bon fonctionnement de l’UE ». Face à ces révélations qualifiées de « très graves », la diplomatie allemande a rappelé que les discussions au sein de l’UE « sont confidentielles ». Bien plus pragmatique, le Premier ministre polonais et ancien président du Conseil européen Donald Tusk n’a pas semblé étonné. « Nous nous en doutions depuis longtemps, a-t-il publié sur X, dimanche 22 mars. C’est pourquoi je ne prends la parole qu’en cas d’absolue nécessité et que je me limite à ce qui est indispensable. »

    The news that Orbán’s people inform Moscow about EU Council meetings in every detail shouldn’t come as a surprise to anyone. We’ve had our suspicions about that for a long time. That’s one reason why I take the floor only when strictly necessary and say just as much as necessary.

    — Donald Tusk (@donaldtusk) March 22, 2026

    Face à la polémique, Budapest se terre dans le déni. Si Peter Szijjarto n’a pas répondu aux sollicitations du Washington Post, il a finalement démenti l’information face à la polémique. De son côté, Viktor Orban a annoncé qu’il lançait une enquête pour savoir qui avait mis sur écoute son ministre.

    Quelles conséquences pour la Hongrie ?

    Si elle ne souhaite pas réagir officiellement de peur d’influencer les élections législatives qui se tiennent le 12 avril, l’Union européenne a d’ores et déjà décidé de limiter le flux de documents confidentiels vers Budapest afin d’éviter au maximum les fuites, selon Politico. Mais l’Europe n’a pas attendu la publication de l’enquête du Washington Post pour se protéger. Alors que des inquiétudes autour de fuites hongroises vers la Russie existent depuis quelque temps, des petits groupes de réflexion ont été mis en place entre les pays qui partagent les mêmes idées. Selon un représentant d’un gouvernement européen, cité par Politico, « dans l’ensemble, les États membres moins que loyaux sont la principale raison pour laquelle l’essentiel de la diplomatie européenne pertinente se déroule maintenant sous différents formats plus petits ». Ainsi, l’alliance Weimar rassemble la France, l’Allemagne et la Pologne tandis que NB8 comprend les huit pays nordiques et baltes.

    Même son de cloche au niveau de l’Otan. Selon un diplomate de l’organisation, cité par Euractiv, certaines planifications opérationnelles liées à l’Ukraine ne sont pas discutées devant les dirigeants hongrois. Mais Budapest semble se montrer plus sage au sein de cette instance qu’à Bruxelles. « La Hongrie a toujours clairement indiqué qu’elle ne fera rien qui affecte sa place dans la défense collective de l’Otan », affirme la même source. Un entre-deux risqué pour maintenir sa place dans le concert européen et conserver son soutien russe.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/la-hongrie-soupconnee-despionner-lue-pour-la-russie-tout-comprendre-a-laffaire-qui-secoue-bruxelles-YE5T2NJV5NE3NHY4WM72HCMKCI/

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    Publish date : 2026-03-24 12:29:00

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  • Slovénie : les recettes d’une réussite industrielle, par Alban Magro

    Il y a toujours un intérêt à aborder un ensemble dans le détail. Cette phrase prend tout son sens lorsque, face à une carte d’Europe, on observe de près un pays aussi discret que la Slovénie. Souvent réduite à une ancienne République de l’Est ou à une destination touristique autour du lac de Bled, cette petite nation de deux millions d’habitants constitue en réalité l’un des systèmes industriels les plus préservés d’Europe.

    Avant son indépendance, la Slovénie pouvait apparaître comme un simple wagon du train yougoslave, comptant pour seulement 10 % de sa population. En réalité, elle en était déjà la locomotive économique, représentant à la fin des années 1980 près d’un cinquième du PIB fédéral et environ un tiers des exportations. Cette tradition industrielle ne s’est pas dissipée après 1991 : elle s’est au contraire amplifiée.

    Fait largement méconnu, la Slovénie figure parmi les économies les plus industrialisées de l’Union européenne. Le secteur manufacturier représente environ 19 % du PIB, contre 14 % dans l’Union européenne et à peine 10 % en France. Il dépasse même les champions allemands et polonais, qui enregistrent respectivement 18 % et 16 %. Plus révélateur encore, près d’un tiers des actifs travaille dans l’industrie, soit plus du double de la France. Pour un pays qui s’interroge sur sa réindustrialisation, la Slovénie constitue ainsi un cas d’étude instructif, non parce qu’elle serait un modèle parfait, mais parce qu’elle permet d’identifier quelques mécanismes simples qui expliquent la solidité industrielle d’une économie, particulièrement dans un contexte de mise en danger du secteur en Europe. Autant de recettes qui dépassent la simple compétitivité du coût de la main-d’œuvre ou de la fiscalité, qui d’ailleurs sont loin d’être les plus attractifs de l’UE.

    La Slovénie s’est d’abord construite comme une économie tournée vers l’exportation. Faute de grand marché intérieur, elle s’est spécialisée dans la production de biens échangeables et s’est intégrée aux chaînes industrielles européennes, en particulier celles de l’Allemagne, de l’Autriche et de l’Italie du Nord. L’industrie repose sur quelques piliers solides, notamment l’automobile et la pharmacie, qui représentent à eux deux 15 % du PIB et 40 % des exportations. Cette orientation vers une production exportable a permis de maintenir un tissu manufacturier dense, là où de nombreuses économies d’Europe occidentale ont progressivement basculé vers des modèles de services.

    Le pays a également développé un tissu dense d’entreprises de taille intermédiaire (ETI). S’il ne dispose pas de multinationales, il a su faire de cette contrainte un atout en se spécialisant dans des sociétés fortement intégrées aux chaînes de valeur européennes. Des groupes comme Kolektor ou Hidria dans les composants automobiles ou encore Pipistrel dans l’aviation légère illustrent ce modèle d’entreprises spécialisées et compétitives à l’échelle mondiale. Cette structure tranche avec celle de la France, davantage concentrée autour de grands groupes et relativement pauvre en ETI industrielles, alors que ce sont précisément ces sociétés qui constituent le socle des économies industrielles les plus solides, à la manière du « Mittelstand » allemand.

    Enfin, l’industrie locale s’appuie sur une formation largement orientée vers les métiers techniques. Le pays produit une proportion importante de techniciens et d’ouvriers qualifiés, formés dans des filières étroitement liées aux besoins des entreprises. A titre d’exemple, en Slovénie, près des deux tiers des élèves du secondaire suivent une formation professionnelle, contre moins de 40 % en France. Cette cohérence entre système éducatif et structure productive contribue à expliquer la place centrale de l’industrie dans l’emploi. Une économie industrielle repose d’abord sur une main-d’œuvre qualifiée, réalité souvent sous-estimée dans le débat français.

    L’industrie slovène n’est évidemment pas exempte de défis : vieillissement démographique, tensions sur l’emploi, productivité faible en comparaison de la moyenne de l’UE – 15 % de moins en 2024 – ou ralentissement récent de la production manufacturière, rappellent que ce modèle n’est pas immuable. Mais dans un contexte de désindustrialisation européenne face à la montée en puissance asiatique, la Slovénie montre qu’il est possible de préserver une base productive solide. Elle rappelle surtout qu’une industrie forte repose moins sur de grands plans publics que sur des mécaniques de terrain : une économie tournée vers l’exportation, un tissu dense d’entreprises industrielles et une formation adaptée aux besoins productifs.

    Il convient de monter à bord du petit train industriel slovène pour observer de plus près les rouages qui le font avancer. Ce sont autant de leçons qui méritent d’être étudiées si la France souhaite réellement redevenir une nation industrielle.

    *Alban Magro est chercheur associé au sein de l’Institut Thomas More



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/slovenie-les-recettes-dune-reussite-industrielle-par-alban-magro-A63LJS7UBBBOFI7AXAXRVRNEQ4/

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    Publish date : 2026-03-24 10:45:00

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  • Italie : Giorgia Meloni sous pression après son premier revers

    Son statut d’invincibilité s’est brisé dans les urnes. Lundi 23 mars, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a connu sa première défaite lors du référendum sur la justice, que 53,7 % des votants ont rejeté. Cette victoire du « No » est un revers inédit pour la dirigeante d’extrême droite qui avait fait de cette réforme l’un des points majeurs de son programme lors de son arrivée au pouvoir en 2022. Pire, ce changement constitutionnel, qui prévoyait une séparation de la carrière des juges et des procureurs et la modification du fonctionnement de l’organe qui les supervise, le Conseil supérieur de la magistrature, était l’une des propositions phares de la droite italienne depuis trois décennies, soutenue notamment par Silvio Berlusconi. Un moyen de dépolitiser la justice italienne pour Giorgia Meloni, une manière de l’affaiblir et de réduire son indépendance pour ses opposants.

    Giorgia Meloni n’a pas vu venir ce faux pas et pour cause. Alors que les sondeurs avaient du mal à prédire l’issue du vote, peu de monde avait anticipé qu’un référendum sur la justice attirerait autant d’électeurs, avec 59 % de participation au niveau national. Jusqu’à 65 % de participation dans plusieurs grandes villes comme Milan, et même 70 % à Florence et à Bologne. Une participation record, portée par le vote des jeunes qui se sont déplacés dans les bureaux de vote en masse, révélatrice de ce que ce vote était devenu ces dernières semaines : un référendum pour ou contre le gouvernement Meloni. Face à la hausse des prix et à la baisse de la productivité, la popularité de la Première ministre a commencé à se craqueler sérieusement.

    « Le gouvernement est les mains vides »

    Face à la défaite, la présidente du Conseil a tenté de garder la face et a reconnu le revers, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, lundi, deux heures après la fermeture des bureaux de vote. « La souveraineté appartient au peuple et les Italiens se sont exprimés clairement aujourd’hui, a-t-elle calmement reconnu, posée en extérieur devant une haie. Le gouvernement a fait ce qu’il avait promis : porter une réforme de la justice qui figurait dans notre programme électoral. Nous l’avons soutenue jusqu’au bout, puis nous avons remis le choix aux citoyens, et les citoyens ont décidé. » Mais la présidente du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia a fermé la porte à toute démission : « Il reste bien sûr le regret d’une occasion manquée de moderniser l’Italie, mais cela ne change pas notre engagement à continuer à travailler avec sérieux et détermination pour le bien de la nation et pour honorer le mandat qui nous a été confié. »

    Pourtant, l’opposition voit bien dans cette « première vraie défaite », comme le titrait lundi le quotidien italien La Repubblica, l’occasion de pousser la dirigeante italienne vers la sortie. « Après quatre ans et quatre lois de Budget, le gouvernement est les mains vides, a lancé Antonio Conte, ancien président du Conseil, dans une interview accordée au Corriere della Sera, appelant à l’organisation d’élections anticipées. Ils n’ont fait qu’une seule réforme, qui a été rejetée par les citoyens. »

    Tester sa majorité

    Si un retour aux urnes reste pour le moment hypothétique, Giorgia Meloni va être obligée de sortir de cette impasse politique. Au-delà de sa personne, son gouvernement a pris un coup pendant cette campagne référendaire, notamment son ministre de la Justice, Carlo Nordio. En février dernier, celui-ci avait qualifié le Conseil supérieur de la magistrature de « paramafieux », forçant le président italien Sergio Mattarella à défendre l’institution. Ironie du sort, le numéro deux de son ministère, Andrea Delmastro Delle Vedove, a été pris dans une polémique mafieuse, quelques jours avant le vote. Selon le Corriere della Sera, le sous-secrétaire à la justice a eu des parts au sein de la société de restauration Cinque Forchette, dont l’administratrice unique n’était autre que Miriam Caroccia, 18 ans, fille de Mauro Caroccia, tout juste condamné à quatre ans de prison par la Cour de cassation pour des activités mafieuses. Une photo des deux hommes, tout sourire, prise en 2023, a d’ailleurs été révélée, enfonçant encore plus la dirigeante de Fratelli d’Italia.

    Désormais, Giorgia Meloni souhaite « aller de l’avant » et se concentrer notamment sur la loi électorale, qui a commencé son chemin parlementaire lundi. Cette réforme, qui vise notamment à instaurer une prime majoritaire au nom de la stabilité et ainsi éviter une absence de majorité, est nécessaire pour la dirigeante si elle souhaite optimiser ses chances en vue de sa réélection l’année prochaine, alors que les législatives sont prévues au plus tard en décembre 2027. Mais elle va surtout donner l’occasion à la coalition menée par Giorgia Meloni de tester sa majorité et tenter, coûte que coûte, de se rassurer.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/italie-giorgia-meloni-sous-pression-apres-son-premier-revers-5IXIRL5B4BEHDHSFVWOWF57U6A/

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    Publish date : 2026-03-24 07:47:00

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  • Langues régionales : et si la France s’inspirait de l’exemple incroyable de la Slovénie ?

    Et si France 2 diffusait à 21 heures des programmes en occitan sous‑titrés en français ? Et si les députés du Pays basque disposaient d’un droit de veto sur les lois concernant les minorités ? Et si tout fonctionnaire capable de s’exprimer en alsacien percevait une prime ? Oh, je sais bien que certains vont m’accuser d’écrire ces lignes au retour d’un stage intensif sur le thème « Che Guevara et les langues régionales ». Ce qui précède n’est pourtant que la simple transposition de ce qu’il se passe dans un Etat très proche géographiquement de la France.

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    Bienvenue en Slovénie ! Ce pays de deux millions d’habitants, qui vient d’organiser ses élections législatives ce 22 mars, est à juste titre considéré comme un modèle en raison des droits qu’il accorde à deux « communautés nationales autochtones ». Elles ne sont pourtant pas très fournies numériquement puisque l’on recense respectivement 2 258 italophones et 6 343 magyarophones (1). Il n’empêche : chacune d’elles jouit de droits garantis par les articles 5, 11 et 64 de la Constitution. Des dispositions qui valent régulièrement à cet Etat des Balkans de recevoir les félicitations des observateurs internationaux. Le Comité d’experts du Conseil de l’Europe, qui suit l’application de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, salue ainsi « les efforts déployés par les autorités slovènes pour protéger les langues parlées dans leur pays ». Efforts qui, en pratique, se traduisent par des dispositions comme celles‑ci. Accrochez‑vous !

    Statut. Le slovène est la langue officielle dans toute la Slovénie, mais l’italien et le hongrois disposent d’un statut de co‑officialité dans les communes où vivent ces deux minorités, le long des frontières avec l’Italie et la Hongrie.

    Assemblée nationale. Celle‑ci est composée de 88 députés « normaux », auxquels s’ajoutent un député de la minorité hongroise et un député de la communauté italienne. Ces deux derniers peuvent s’exprimer dans leur langue au Parlement. Mieux : ils disposent d’un droit de veto sur tous les textes concernant les minorités !

    Enseignement. Dans ces mêmes communes, l’éducation est bilingue en maternelle, en primaire et au collègue. Au lycée, les élèves qui poursuivent leurs études en dehors de leur territoire d’origine ont la possibilité de bénéficier de cours de langues hongroise et italienne. L’université fonctionne exclusivement en slovène.

    Sécurité. Les policiers affectés dans les régions où vivent ces minorités sont censés être bilingues. Si tel n’est pas le cas, les citoyens italophones ou magyarophones ont droit à un interprète.

    Justice. L’emploi de l’italien et du hongrois est autorisé dans les tribunaux.

    Entreprises. Dans les communes où vivent les italophones et les magyarophones, le slovène et la langue locale sont toutes deux utilisées.

    Commerces. Un double affichage langue nationale-langue locale est exigé dans les magasins, cafés et restaurants.

    Administrations locales. Dans ces deux régions, « les formulaires, la signalétique, les actes d’état‑civil et l’ensemble des documents sont rédigés et en slovène et dans la langue locale. Quant aux fonctionnaires qui savent parler italien et/ou hongrois, ils perçoivent une prime », indique Daria Golez, déléguée permanente adjointe de la délégation de la République de Slovénie auprès de l’Unesco.

    Administration centrale. Celle‑ci fonctionne principalement en slovène, mais autorise l’emploi du hongrois et de l’italien dans les territoires considérés. A Ljubljana, la capitale, un service de l’Etat a pour mission de veiller au respect des droits des minorités et de définir une stratégie en ce sens.

    Médias. La télévision publique finance des programmes en italien et en hongrois. Ceux‑ci sont diffusés dans les zones concernées, mais aussi sur les antennes nationales, avec des sous‑titres en slovène.

    Culture. L’Etat central finance des établissements et des postes de fonctionnaires pour organiser des événements culturels en hongrois et en italien. Des aides aux maisons d’édition publiant dans ces deux langues sont également prévues.

    Incroyable ? Pour un esprit habitué au centralisme linguistique français, c’est certain.

    Si cette énumération est impressionnante, il ne faut pas verser dans l’angélisme pour autant car, de la théorie à la pratique, il y a parfois un pas. A l’Assemblée nationale comme dans les tribunaux, il arrive que l’on manque d’interprètes (ceux‑ci préfèrent exercer leurs talents dans les entreprises, où ils sont mieux rémunérés). Les commerces ne respectent pas toujours le double affichage. Quant aux communautés rom, croate, allemande ou serbe, elles ne bénéficient pas du statut de « minorité » et, en conséquence, ne jouissent pas des mêmes droits que les italophones et les magyarophones. Il n’empêche. Pour un esprit habitué au centralisme linguistique français, de telles mesures paraissent tout bonnement inconcevables. Et de ce point de vue, bien des citoyens martiniquais, basques, picards, bretons rêveraient sans doute d’être rattachés à la Slovénie !

    Cette ouverture d’esprit a des racines historiques. Ce pays des Balkans a notamment appartenu à l’Empire des Habsbourg et à la Yougoslavie avant d’accéder à l’indépendance, en 1991. Si le slovène dispose désormais d’un Etat, il a donc longtemps été lui‑même un idiome fragile. D’où, sans doute, l’attention portée à ses propres langues minoritaires.

    Reste la question qui fâche et à laquelle, j’en suis sûr, certains d’entre vous pensent depuis le début : une telle tolérance ne menace‑t‑elle pas l’unité de ce jeune Etat ? « C’est exactement l’inverse, répond Daria Golez en souriant. Grâce aux droits dont ils disposent, les italophones et les magyarophones se sentent respectés en Slovénie et n’ont aucune raison de vouloir quitter le pays ». Un signe : à ce jour, ni le député italien ni le député magyarophone n’ont utilisé leur véto. Et cela pour une raison simple : les droits des minorités n’ont jamais été mis en cause.

    (1) Lors des recensements, chaque citoyen décide de se revendiquer comme appartenant ou non à une communauté nationale autochtone.

    Du côté de la langue française

    On compterait 396 millions de francophones dans le monde

    C’est du moins le nombre revendiqué par l’Organisation internationale de la francophonie, qui vient de publier cette statistique. Selon cette enquête, le nombre de locuteurs du français aurait crû spectaculairement de 72 millions de personnes en seulement 4 ans, ce qui en ferait la quatrième langue la plus parlée au monde. Un bond qui s’explique en partie par des raisons méthodologiques, dû au dénombrement des enfants de 6 à 9 ans scolarisés en français dans les pays où il est langue officielle et/ou d’enseignement. A méthodologie inchangée, le nombre de francophones serait néanmoins en progression, à 348 millions.

    Participez à la campagne « Je suis Molière »

    Vous aimez la langue française et souhaitez faire quelque chose pour elle, que ce soit dans votre vie personnelle ou professionnelle ? La campagne « Je Suis Molière 2026 », lancée conjointement par les associations Avenir de la Langue Française, France‑Québec et Réseau International des Maisons de la Francophonie, est faite pour vous !

    Découvrez le « débusqueur d’anglicismes« 

    Heureuse initiative de Nicolas Leroux. Le fondateur du média independant sur la langue française (https://www.lalanguefrancaise.com) vient de lancer le « débusqueur d’anglicismes ». Un outil malin qui surligne les anglicismes présents dans un texte et propose des équivalents français. Essayez et vous verrez : on peut dire « vérifier » au lieu de checker ; « tendance » au lieu de trend et « classement » au lieu de ranking sans avoir à sortir dans la rue en portant des lunettes noires !

    Le français en 100 fiches illustrées

    Différencier « ça » et « sa ». Savoir accorder les participes passés. Maîtriser le pluriel des noms composés… Cet ouvrage, sérieux sur le fond, ludique et illustré sur la forme, vise à consolider les bases de la langue française des élèves de CM2 et des collégiens. Il peut être utilisé aussi bien en classe qu’à la maison.

    Le français en 100 fiches illustrées, par Alix Fèvre. Editions Hachette.

    La force de la rhétorique

    Lorsque l’on doit intervenir en public, il est essentiel de maîtriser le fond de son sujet, mais aussi la forme. Cet ouvrage multiplie les conseils pour dominer l’art de la rhétorique.

    La force de la rhétorique, par Thomas Grimaux. Editions Ellipses.

    Du côté des langues de France

    Peut‑on faire de la politique sans avoir l’accent standard ?

    On s’en souvient : Jean Castex fut moqué lors de son arrivée à Matignon en raison de ses intonations gasconnes. Grégory Miras, professeur en didactique des langues, se penche sur la glottophobie que manifestent un certain nombre d’élus et de journalistes à l’endroit des personnes qui ne parlent pas comme eux.

    L’alsacien, une langue qui s’écrit

    L’alsacien, qui correspond à l’évolution spécifique qu’a connue l’allemand dans cette région est longtemps resté une langue orale, l’allemand standard gardant l’exclusivité de l’écrit. Persuadés que seul le passage par l’écrit est nécessaire à la sauvegarde de l’alsacien, les auteurs de cet ouvrage proposent une méthode permettant de rédiger en alsacien, et cela, tout en respectant les variantes locales.

    L’alsacien, une langue qui s’écrit, par Edgar Zeidler et Thierry Kranzer. Editions Yoran.

    Participez à ce concours de nouvelles en breton

    L’association Ti ar vro Kemper invite les jeunes et les adultes à s’exprimer autour du thème de la forêt. La fiction, courte, doit être envoyée au plus tard le lundi 13 avril 2026 par courriel à cette adresse : [email protected].

    Retrouvons à Rennes le 1er avril pour voir mon film « Une langue en plus »

    « Une langue en plus », le documentaire de 52 minutes consacré aux langues dites régionales que j’ai conçu pour France 3, sera diffusé ce 1er avril à 18 heures à l’université Rennes 2 à l’initiative du sociolinguiste Philippe Blanchet et de l’unité de recherche CELTIC-BLM. Je serai sur place afin de poursuivre les échanges. Entrée gratuite à cette adresse : université Rennes 2, place du recteur Henri Le Moal, Amphi T1.

    Du côté des langues du monde

    Menaces sur le tibétain

    La nouvelle loi chinoise dite de « promotion de l’unité ethnique » impose le mandarin comme seule langue officielle. Une mesure qui menace à terme le tibétain, « langue de civilisation, dotée d’une littérature philosophique, poétique, médicale et cosmologique d’une richesse et d’une complexité qui n’ont rien à envier aux grandes traditions intellectuelles de l’humanité », estime cet article publié sur un blog accueilli par Médiapart.

    A écouter

    Comment évolue la langue française ?

    J’étais le 20 mars l’invité de Thomas Sotto, sur RTL, pour répondre à cette question, en compagnie de la grammairienne Anne Abeillé et de l’humoriste québécois Philippe-Audrey Larrue Saint-Jacques.

    A regarder

    « Le superpouvoir des mots » »

    C’est sous ce titre que TV Monde et l’INA ont choisi de mettre en valeur huit discours ou prises de parole célèbres prononcées en langue française, qu’analyse ensuite le spécialiste de l’éloquence Bertrand Périer. De Robert Badinter à Jeanne Balibar, en passant par Denise Bombardier ou Grand Corps Malade.



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/langues-regionales-et-si-la-france-sinspirait-de-lexemple-incroyable-de-la-slovenie-CRU2OB52K5BPDFDDPAIMSW4UMU/

    Author : Michel Feltin-Palas

    Publish date : 2026-03-24 05:15:00

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  • Demain, allons nous fabriquer nos vaccins nous-même, depuis notre canapé ?


    De l’avis de tous ceux qui l’ont rencontrée, Rosie a toujours été très sociable. Elle aimait courir, renifler les fourrés, batifoler avec les inconnus croisés sur les longs chemins de terre en balade. Par jour de beau temps, rien ne semblait pouvoir arrêter cette Staffordshire Bull-Terrier croisée Shar-Peï, le museau au vent, déambulant dans Sydney à côté de son maître. Au départ, la maladie n’était pas visible. Elle est arrivée tout doucement, silencieuse puis vorace, grignotant en secret ses pattes, rongeant ses jarrets, ses cuisses ensuite, avant de s’en prendre à ce qu’il lui restait d’enthousiasme.

    Un jour de 2024, Rosie refuse de sortir. Elle reste prostrée la gueule ouverte, sans rien dire. Sous son pelage noir et or, son maître, Paul Conyngham, un jeune entrepreneur de la tech australienne, découvre de vilaines boursouflures. Les deux filent à clinique. Les nouvelles sont mauvaises. Les grosseurs s’avèrent être des tumeurs des mastocytes et, à en juger par leur nombre, les médecins pensent que Rosie ne pourra pas survivre. Paul Conyngham a tiré Rosie du refuge en 2019, et n’avait jamais imaginé que leur compagnonnage puisse s’arrêter aussi vite. Devant les vétérinaires, il refuse le diagnostic, jure qu’il sauvera Rosie de son cancer, qu’importe s’il faut payer tous les traitements du monde, ou en inventer de nouveaux.

    Quelques mois passent et rien, ni les chirurgies, ni les chimiothérapies, ni les immunothérapies à plusieurs milliers de dollars australiens, n’aide le pauvre chien à l’agonie. Alors que Rosie est exténuée, une idée folle jaillit des pensées torturées de son maître : puisque les médecins ne peuvent pas la guérir, lui, l’ancien patron d’entreprise à la tête de sa propre Start-up d’intelligence artificielle, Core Intelligence Technologie, trouvera lui-même de quoi sauver l’animal. Paul Conyngham n’a aucune compétence en biologie, il n’a jamais fait médecine et le voilà désormais seul, naviguant à vue dans les contrées sinueuses de la cancérologie, capitaine galérien d’une expédition que tout le monde pensait impossible.

    Paul Conyngham n’avait jamais mis les pieds dans une faculté de médecin. Grâce à l’IA et à ses compétences en informatique, il a développé un vaccin contre le cancer, pour sauver sa chienne, Rosie.

    Eduquer le système immunitaire

    Alors que Rosie n’en a plus que pour quelques mois, le jeune homme, quarantenaire malin, les cheveux en bataille et l’éternel jean-T-shirt des patrons de la tech, se réfugie dans la littérature scientifique. Il dévore tout ce qu’Internet contient de recherche, et, quand il ne comprend pas, s’entretient avec les intelligences artificielles. Paul Conyngham manie ces outils à merveille, fort de 17 ans d’expérience dans le domaine. C’est ChatGPT, qui, en premier, lui parle de ces vaccins personnalisés, aux résultats prometteurs. Rosie n’en a alors plus que pour quelques mois. En Chine, aux Etats-Unis et, en Europe, des équipes développent des injections personnalisées pour stimuler le système immunitaire des patients atteints de cancer, une technologie qui, demain, pourrait faire reculer certaines pathologies incurables.

    En plus de s’attaquer de front aux amas de cellules malignes, grâce à toutes sortes d’armes chimiques et physiques, les scientifiques misent désormais de plus en plus sur leur maîtrise du système immunitaire. Grâce aux immunothérapies déjà sur le marché, ils arrivent désormais à débrider les petits soldats de l’organisme, pour les rendre plus agressifs, contre les cellules tumorales. Une technique, appelée « immunothérapie », particulièrement efficace, mais uniquement sur un nombre restreint de patients. En cause : des difficultés à reconnaître l’ennemi. Les cellules immunitaires peinent souvent à comprendre que les chairs viciées des tumeurs sont des menaces.

    Comme pour la grippe ou le Covid-19, développer des vaccins pourrait permettre d’éduquer l’organisme, de lui apprendre à cibler les cellules tumorales. La technologie n’en est qu’à ses débuts, mais sur l’Homme, les premiers résultats suscitent d’importants espoirs. En octobre 2025, une étude publiée dans la revue scientifique Nature montrait une meilleure efficacité des immunothérapies, grâce à ce type de vaccins. Quelques mois plus tard, en janvier 2026, Moderna annonçait une réduction de 40 % du risque de récidive pour un vaccin contre le mélanome. Début février, dans Nature toujours, BioNTech dévoilait des résultats préliminaires sur le « triple négatif », cancer du sein au pronostic particulièrement défavorable. En France, l’entreprise Transgène a elle aussi montré des premiers signaux positifs, cette fois-ci contre la récidive des cancers ORL.

    Paul se convainc qu’avec tout ça, l’IA devrait forcément être capable d’identifier un laboratoire capable de sauver son animal. S’ensuivent de très longues conversations avec la machine. Celle-ci lui explique que ces vaccins reposent sur l’identification d’antigènes que les scientifiques identifient comme des marqueurs caractéristiques des tumeurs. Pour les trouver et indiquer au système immunitaire de les combattre, il faut séquencer le génome de Rosie, puis identifier les mutations à l’origine de ses tumeurs. L’IA lui dit qu’à l’université New-South-Wales (UNSW), à Sydney, un département est spécialisé dans ce type d’analyses. Elle se propose même de l’aider à rédiger un mail aux chercheurs susceptibles de l’aider.

    Impossible sans un doctorat en génétique

    D’ordinaire, Martin Smith, biologiste au département génomique de l’UNSW ignore les demandes extérieures. Des curieux qui veulent connaître leur ADN pour s’amuser ou comprendre ce que la génétique leur réserve toquent à la porte de son institution toutes les semaines. Les satisfaire prendrait beaucoup trop de temps. Mais voilà que lui aussi craque, devant la tête de Rosie. Moyennant 3 000 dollars australiens, il promet à Paul de faire le nécessaire, mais il prévient : de telles analyses produisent des milliards de données. Il ne pourra pas les déchiffrer sans un doctorat en génétique moléculaire.

    Impossible, vraiment ? A force d’échanger avec ChatGPT Paul comprend comment comparer les deux échantillons d’ADN. Ils identifient quels types de mutations sont généralement responsables du cancer, et finit par découvrir des cibles vaccinales potentielles. Parmi elles, une fait déjà l’objet de recherche clinique. Un médicament expérimental est en cours de fabrication. Il pourrait convenir. Paul contacte l’entreprise, mais les délais de fabrication s’avèrent trop importants. Rosie a déjà perdu l’usage de la marche. Elle ne peut plus attendre.

    Loin d’abandonner, l’entrepreneur s’entête,et décide de tenter sa chance lui-même. Ces dernières années, les biotechnologies sont devenues abordables. Là où, auparavant, il fallait des décennies de recherche pour séquencer de l’ADN, les chercheurs ne mettent plus que quelques jours. Avec les intelligences spécialisées, comme Alpha Fold, il est désormais possible d’analyser des millions de molécules en même temps et de prédire leurs effets potentiels. Avec ces nouvelles technologies, le vivant devient en quelque sorte « programmable », « automatisable », et c’est précisément le cœur de métier du jeune homme.

    Ses travaux avaient très bonne allure, je ne m’attendais pas à ce qu’ils soient d’aussi bonne facture.

    Martin Smith, biologiste à l’UNSW

    En septembre 2025, à bout de forces après des nuits passées à faire et défaire ses algorithmes et ses simulations, il croit tenir une molécule à « imprimer ». Un morceau d’ARN messager qui une fois injecté dans le corps de Rosie, pourrait lui faire exprimer les antigènes de ses tumeurs et faire réagir ses cellules immunitaires. Il montre sa recette de cuisine vaccinale à Martin Smith, qui manque de s’étouffer. « Je ne m’attendais pas à ce que ses travaux puissent être d’une d’aussi bonne facture. Paul n’est jamais allé à la fac de médecine. On pensait que formuler un vaccin crédible était possible », raconte le biologiste.

    A cette époque, l’université UNSW cherche à approfondir ses recherches vaccinales. Elle n’avait jamais vacciné de chien. Encore moins contre le cancer. Depuis son bureau décoré de fleurs et de livres de biologie, Pr Pall Thordarson, directeur de l’institut ARN, parcourt à son tour les travaux de Paul, sur recommandation de Martin. Fasciné par la qualité de ce qu’il découvre, il lance la fabrication, en suivant sa recette. A plusieurs milliers de kilomètres de là, un centre de recherche vétérinaires accepte d’inclure Rosie dans un essai inédit, centré autour d’elle. La chienne reçoit ses premières injections à Noël.

    Contre toute attente, les tumeurs de Rosie régressent de moitié, juste assez pour dégager ses articulations et permettre au chien de gambader à nouveau. L’animal n’est de toute évidence pas guéri, mais sans que l’on sache vraiment comment, elle semble avoir gagné un sursis de quelques mois. L’UNSW publie l’histoire et la presse du monde entier court rencontrer l’animal. En l’absence de point de contrôle et d’études publiées dans les grandes revues médicales, les scientifiques eux, restent prudents. Impossible pour l’heure, de dire avec certitude, quel médicament que Rosie a reçu a réellement fait reculer la maladie.

    Une « histoire de chasse » ?

    Depuis son bureau à Paris, le Dr Olivier Lantz, directeur du laboratoire d’immunologie clinique de l’Institut Curie, se refuse à qualifier l’aventure de révolution scientifique. « C’est une stratégie utilisée par l’industrie, et qui a montré des bénéfices, donc pourquoi pas, mais pour le moment, je ne vois qu’une histoire de chasse, et pas de véritables débouchées thérapeutiques à cette décoction maison. » Pourtant, la nouvelle déclenche un séisme et sur les réseaux sociaux, de nombreux scientifiques s’émerveillent. Pour la première fois, un chien bénéficie d’un vaccin contre le cancer. Son découvreur est un illustre inconnu, un simple profane.

    En 2007, le chercheur Freeman Dyson, physicien à l’université de Princeton, publiait aux éditions The New York Review of Books un essai intitulé Our Biotech Future. Il y prédisait une « démocratisation » massive des biotechnologies, sur le modèle de l’informatique. D’abord réservés à des projets universitaires, les ordinateurs ont peu à peu investi le reste de la société, au point qu’il est possible de créer des logiciels depuis son canapé, là où avant, de tels exploits nécessitaient l’effort d’institutions tout entières. En développant quasiment seul un prototype crédible, Paul Conyngham ouvre un autoroute vers l’inconnu.

    « Créer un vaccin était jusqu’à présent un long processus, faisant intervenir des équipes spécialisées de différents domaines. Parcourir la littérature, sélectionner des outils, interpréter les résultats, et concevoir une construction d’ARN messager candidate impliquait de nombreuses personnes. Dans ce cas précis, l’IA semble avoir comprimé l’aventure, si bien qu’au lieu de faire appel à plusieurs experts, une seule personne motivée et profane a pu mettre en place un aussi important flux de travail », résumait Ash Jogalekar, chercheur spécialisé dans l’étude des risques émergents, dans un post sur X publié le 16 mars dernier.

    Une démocratisation rapide

    Sans l’aide de l’université UNSW et celle du Queensland, qui a permis d’obtenir les autorisations éthiques, l’entrepreneur n’aurait pas pu fabriquer son vaccin à temps pour l’injecter à Rosie. Que se passera-t-il dans quelques décennies ? Comme pour les ordinateurs, les appareils nécessaires pour analyser et imprimer le code génétique se miniaturisent à toute vitesse. Il est désormais possible de transporter les plus performants d’entre eux à bout de bras, et de s’en procurer pour quelques centaines de milliers de dollars.

    Une « démocratisation » rapide, trop rapide ? Le 10 mai 2023, des scientifiques inquiets que de tels outils servent à fabriquer des armes biologiques, appelaient déjà à des régulations internationales. En l’absence de nouvelles règles, des personnes mal intentionnées pourraient, dans un futur proche, modifier des virus ou en créer de nouveaux, le tout en quelques clics, pour des sommes relativement « abordables ». « Si l’IA continue à alléger la charge cognitive nécessaire (…) la frontière entre la recherche professionnelle et l’œuvre de simples particuliers motivés pourrait s’estomper. Ce qui exigera une réflexion approfondie sur la sécurité, la gouvernance et l’éthique de telles activités », prévenait Ash Jogalekar, toujours sur la plateforme X.

    Dans ses écrits, Freeman Dyson, décédé en 2020, imaginait un monde dans lequel la biologique serait pratiquée à des fins artistiques ou par des curieux dans leur garage. Un univers où imprimer ses propres vaccins personnalisés serait devenu aussi courant que de posséder un four à micro-ondes. Pall Thordarson, le spécialiste de Sydney appelle ça la « domestication des biotechnologies ». Pendant longtemps, cette vision a pu sembler lointaine. A en croire l’enthousiasme des scientifiques, il semblerait que l’on en perçoive les premiers signes.



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/pour-sauver-son-chien-il-invente-un-vaccin-avec-chatgpt-lhistoire-qui-bouscule-la-science-SRDCGJPC45G63NWJG5GI6PYQ44/

    Author : Antoine Beau

    Publish date : 2026-03-23 15:30:00

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  • Municipales : la percée de LFI était une perçounette, par Anne Rosencher

    D’emblée : je plaide coupable. Vraiment. Sans coquetterie. Dimanche 15 mars, au soir du premier tour des municipales, j’ai écrit que si la stratégie délétère de Jean-Luc Mélenchon n’avait aucun destin national – ça, je le maintiens –, elle avait néanmoins été payante dans cette campagne, puisque LFI y avait fait une « percée ». Voilà. J’ai écrit trop vite. Les chiffres consolidés, publiés plus tard au compte-gouttes, dessinaient une réalité moins flatteuse, que le second tour a achevé de démontrer : la percée était une perçounette.

    Bien sûr, il ne pouvait y avoir qu’une hausse mécanique d’élus LFI par rapport aux municipales de 2020, durant lesquelles le mouvement de Jean-Luc Mélenchon n’avait présenté que très – très – peu de listes. Bien sûr, aussi, des conquêtes symboliques donnaient une impression de dynamique, comme l’accession des insoumis dès le premier tour à la mairie de Saint-Denis-Pierrefitte (Bally Bagayoko, élu avec 13 506 voix) ou l’arrivée en tête de David Guiraud à Roubaix (8 500 voix au premier tour). Mais dans toute la France, LFI n’avait totalisé que 650 000 voix : c’est-à-dire 2,7 % du poids électoral à l’échelle nationale, et 12,5 % en moyenne dans les villes investies par les insoumis, comme l’a calculé l’Institut Jean-Jaurès dans les jours qui ont suivi. Et le think tank de poursuivre dans sa note : « Finalement, LFI n’a obtenu qu’un maire au premier tour, contre 24 au RN et ses alliés, et environ 350 au PS et ses alliés. » Si bien que la victoire de Jean-Luc Mélenchon fut essentiellement de faire croire à sa victoire.

    Au cours de la semaine, j’ai repensé à un entretien qu’avait donné l’intellectuel et éditorialiste à L’Express Raymond Aron à France Culture, en 1971 : « Il m’est arrivé dans ma vie au moins deux ou trois fois de faire des commentaires à chaud sur un événement que je ne pouvais pas interpréter, disait-il : eh bien, j’ai dit des bêtises comme tout le monde ; mais j’en ai eu un sentiment d’humiliation beaucoup plus fort que la plupart des autres journalistes. Aujourd’hui, à la faveur de l’âge, je me refuse, tout simplement, à commenter un événement à propos duquel je ne possède pas le contexte suffisant. » Il faudrait toujours écouter Raymond Aron.

    Au Parti socialiste, aussi, on aurait été bien inspiré d’attendre et de garder ses nerfs. En acceptant les alliances locales avec une formation dont il avait dénoncé la campagne antisémite, le PS a cru s’assurer plus de victoires, il a eu les défaites et le déshonneur. Le terme de « fusions techniques » fut répété à l’envi, comme si la « technicité » pouvait, par un tour de passe-passe sémantique, annuler la faute morale ; comme si ce mot fournissait à qui le brandissait un talisman d’immunité. On imagine les circonlocutions : oui, c’est vrai, on a dit que LFI jouait avec le feu de l’antisémitisme, mais comprenez, là, notre alliance est juste  »technique ». C’est-à-dire… C’est sans les sentiments. Dans leur grande majorité, les Français ne s’y sont pas trompés : à Toulouse, à Clermont-Ferrand, à Limoges, à Poitiers, à Briançon, à Rennes, ils ont sanctionné ces tambouilles indignes. Il y a quelque chose d’impardonnable dans le deux poids, deux mesures de cette partie du PS qui considère qu’on peut « dépasser » l’antisémitisme si tant est qu’il vient de la gauche – les Verts, eux, sont perdus pour la cause. Les socialistes avaient une occasion presque indolore d’affirmer une position républicaine claire, ils sont passés à côté, la partie compromise entachant le tout.

    J’ai entendu dans cet entre-deux-tours beaucoup de Français s’alarmer : à les entendre, LFI était à deux doigts du pouvoir. Il n’en est rien. La stratégie de Jean-Luc Mélenchon est désormais un jean-marie-le-pénisme : il choque, il provoque, il fédère un socle minoritaire en se mettant à dos la majorité – et en premier lieu cette France hors métropoles, cette France majoritaire dont on ne parle presque pas dans les commentaires de résultats, et où le leader insoumis n’a présenté presque aucune liste, sachant qu’il n’y avait aucune chance. Sa stratégie est celle de la saturation médiatique. Une stratégie d’intimidation. Qui échoue.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/lfi/municipales-la-percee-de-lfi-etait-une-percounette-par-anne-rosencher-QNJO4XLKNRED5IOXRCTYEXSSVI/

    Author : Anne Rosencher

    Publish date : 2026-03-23 15:30:00

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  • Rodolphe Saadé : de Marseille à Paris, son empire très stratégique dans l’IA

    Une vague géante. Trois fois plus haute que les autres. Depuis des siècles, ces « monstres » aquatiques peuplent les récits des marins. « On a longtemps cru à des légendes. Mais les technologies modernes prouvent que ce phénomène, appelé ‘vague scélérate’, existe bel et bien », explique le commandant Emmanuel Delran, le directeur du centre de gestion de la flotte de CMA CGM. Scrutant un écran de la taille du mur, lui et ses collègues voient tout. Les 738 bateaux opérés par le groupe. Les phénomènes météo. Les alertes en temps réel. Une vigie high-tech qui guide les équipages de la compagnie. Ici, l’alerte Octopus signale non pas la présence d’un kraken mais celle d’un phénomène aussi dangereux : le roulis paramétrique. Il survient quand les vagues entrent en résonance avec le mouvement naturel d’un navire, chaque oscillation devenant plus violente que la précédente jusqu’à menacer sa stabilité. « Notre système permet de le détecter précocement et d’alerter l’équipage, qui effectue alors des manœuvres spécifiques afin de stopper ce cycle », poursuit le commandant.

    Grâce à l’essor des constellations Internet basse orbite telles qu’Eutelsat ou Starlink, les bateaux reçoivent de plus en plus d’informations. Mais ils ne peuvent en traiter autant que des infrastructures terrestres. Le « Fleet Center » est perché au sommet de l’immense tour CMA CGM. Elle est légèrement moins haute que la Bonne Mère. Impensable de faire de l’ombre à Notre-Dame de la Garde, cette basilique marseillaise révérée par les marins. Devant les ordinateurs, la Méditerranée luit sous le soleil. A l’arrière, des serveurs croisent et analysent les flux de données. La mission principale du centre est d’établir un trajet qui protège l’équipage, le navire et les marchandises. Un cyclone menace de croiser la route du bateau ? Celle-ci est aussitôt recalculée. Puis optimisée, afin de réduire les émissions carbone. Le système analyse les courant porteurs. Et scanne les plannings des ports. Car un navire qui arrive trop tôt et ne trouve pas de place doit s’arrêter puis redémarrer, générant bien plus de CO2 qu’en modérant simplement sa vitesse.

    Après Bab-el-Mandeb, le détroit d’Ormuz

    Cette tour de contrôle constitue l’un des maillons d’un vaste écosystème technologique que le patron de CMA CGM, Rodolphe Saadé, bâtit patiemment. Et qui n’a rien d’une tocade. L’innovation métamorphose les marchés où l’armateur réalise 54,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel. La Chine l’a déjà compris. « À Shanghai, premier port mondial en volume, les terminaux sont désormais robotisés. Grues autonomes, véhicules sans conducteur et systèmes de chargement automatisés fonctionnent 24 heures sur 24 », souligne Adrien Thiébault, associé au cabinet Wavestone. Avec 10,6 % des parts de flotte mondiale, le chinois Cosco reste derrière le français CMA CGM (12,7 %), le danois Maersk (14,3 %) et le numéro un italo-suisse MSC (20,2 %). Mais le rival asiatique a plongé tête baissée dans le grand bain de l’IA. En 2025, il a dévoilé un grand modèle de langage (LLM) entraîné sur ses données internes.

    L’impact de l’IA est plus visible encore dans la logistique. Un marché qui pèse déjà 40 % du chiffre d’affaires de CMA CGM depuis que Rodolphe Saadé a racheté une dizaine d’entreprises, telles que CEVA Logistics, Colis Privé, Gefco ou Bolloré Logistics. Les Chinois, qui ont adopté l’e-commerce bien plus tôt que les Européens, ont là encore une longueur d’avance, avec leurs entrepôts robotisés et leurs flottes de transports autonomes, gérés par des IA de pointe.

    « La technologie est devenue un facteur clé de compétitivité dans le maritime, comme dans la logistique », confient Theo Notteboom, spécialiste de l’économie portuaire et Hubert Paridaens, son doctorant à l’Académie maritime d’Anvers. Le numérique et l’IA ont une autre vertu : ils permettent de s’adapter aux soubresauts géopolitiques. L’ère de la mondialisation douce est révolue. Les tarifs douaniers de Trump chamboulent les chaînes d’approvisionnement. Le réchauffement climatique redessine les routes maritimes. Et les conflits éclatent. Depuis 2023, les houthistes rendent périlleux le passage du détroit de Bab-el-Mandeb – par lequel transitent 12 % du commerce mondial -, contraignant la majorité des navires CMA CGM à faire un long détour par le cap de Bonne-Espérance. La guerre en Iran bloque désormais le détroit d’Ormuz. L’armateur œuvre aujourd’hui à sortir ses derniers navires de la zone et développe, dans l’urgence, de nouveaux corridors ferroviaires et routiers.

    Start-up de pointe à Marseille

    Pour naviguer dans ce monde complexe, Rodolphe Saadé mise donc sur ses boussoles high-tech. Dans un ancien immeuble des postes et télécommunications édifié en 1938, s’affairent les équipes de Zebox, son accélérateur de start-up. Comme Searoutes qui conçoit des outils de calcul d’empreinte carbone pour tous les types de transport et optimise le routing. Ou Everdian, spécialiste de l’analyse de données en temps réel. « Nous détectons des signaux faibles et anticipons les événements susceptibles de perturber une activité. Cela peut aller de la localisation de conteneurs volés à la détection de campagnes de désinformation ou à l’appui des pompiers dans la gestion d’incendies », explique Jérémy Auguste, responsable R & D de la jeune pousse. Comme Rodolphe Saadé, beaucoup d’armateurs et de logisticiens ont néanmoins « lancé quasi simultanément des unités dédiées – incubateurs ou laboratoires – pour collaborer avec des start-up », soulignent Theo Notteboom et Hubert Paridaens.

    Le choix de créer Zebox à Marseille n’avait rien d’évident. Certes, la cité phocéenne abrite des prospects de choix – Jifmar, Transdev, Orange, etc. – pour les start-up pointues. Elle est aussi le premier carrefour Internet européen – pas moins de 17 câbles sous-marins reliant la France à l’Afrique, les Etats-Unis et l’Asie atterrissent sur ses plages dorées. Mais Marseille a encore fort à faire pour attirer l’attention des investisseurs. En 2025, les entreprises de la région Paca ont levé 238 millions d’euros contre… 5,8 milliards pour celles d’Ile-de-France.

    Impossible, donc, de prendre sérieusement le cap de l’IA sans s’appuyer, au moins en partie, sur l’écosystème parisien. C’est dans le IIe arrondissement que le laboratoire IA Kyutai, cofinancé par Rodolphe Saadé, Xavier Niel (Iliad) et Eric Schmidt (ex-Google), a été implanté. CMA CGM a aussi signé un partenariat de 100 millions d’euros sur cinq ans avec la star de l’IA parisienne Mistral. Un montant qui peut sembler modeste dans un secteur où pleuvent chaque semaine les milliards. La somme, en réalité, est rondelette, si l’on exclut les commandes des entreprises du numérique qui ont des besoins hors-norme en termes de puissance de calcul. CMA CGM s’appuie sur Mistral pour moderniser son service client et accélérer des processus comme la « relâche » des conteneurs aux clients pressés. Des pierres à l’édifice de la souveraineté numérique – même si l’armateur a aussi un partenariat IA avec l’américain Google.

    « La grenouille qui avale un bœuf »

    Acheter des intelligences artificielles dernier cri n’est pas suffisant pour qu’un paquebot comme CMA CGM prenne la bonne direction. Le défi est que les salariés sachent en tirer parti. En se diversifiant dans la logistique, Rodolphe Saadé a mis le pied dans un univers exotique, à faible densité capitalistique mais à haute intensité humaine. L’exact opposé du maritime où l’on achète des navires hors de prix qu’une petite équipe d’experts sait diriger. « C’est la grenouille qui avale le bœuf sur le plan RH », plaisante un connaisseur du secteur. Depuis 2017, les effectifs de CMA CGM sont passés de 29 000 à 171 000 employés. Pour assurer leur montée en compétences, Rodolphe Saadé a demandé à Jean-Michel Wilmotte de lui dessiner Tangram, un élégant centre de formation niché dans le quartier de la Pointe-Rouge à Marseille.

    A l’intérieur, un chien robot Spot de Boston Dynamics montre sa truffe. « Chaque semaine, nous accueillons 150 personnes de 40 nationalités différentes », confie Angelo-Gabriel Mikael, directeur de Tangram. Certains suivent un programme sur l’IA. D’autres un cursus sur le changement climatique. Un enjeu majeur pour le groupe, pointe Camille Andrieu, directrice de cabinet de Rodolphe Saadé : « Nous consacrons plusieurs dizaines de millions d’euros à la R & D, dont deux tiers pour accélérer la transition énergétique. » Des formations managériales ont également été bâties avec HEC et l’université américaine de Berkeley. Un moment privilégié où les cadres du groupe phosphorent sur la big picture, échangent entre pairs et rencontrent des Prix Nobel. « Face à la révolution de l’IA, il y a trois états d’esprit à adopter simultanément, résume Homa Bahrami, maître de conférences à Berkeley Haas et directrice académique du programme, de passage à Marseille. Celui de l’étudiant, curieux et ouvert aux nouvelles idées. Du scientifique, animé par le désir d’apprendre par l’expérimentation, d’essayer concrètement, d’en tirer des enseignements et d’itérer. Et enfin celui de l’optimiste, indispensable dans un environnement marqué par des crises continues. » Les marins, par bonheur, savent encaisser les remous.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/rodolphe-saade-de-marseille-a-paris-son-empire-tres-strategique-dans-lia-6YWUFXPFPFHMRPPQBTVEYPAFY4/

    Author : Anne Cagan

    Publish date : 2026-03-23 16:03:00

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  • Guerre au Moyen-Orient : cette insurrection espérée qui n’est pas venue

    Il y avait donc un plan. Ou, tout du moins, un espoir. Celui que le gouvernement iranien, après une première salve de bombardements ayant décapité ses leaders, soit renversé par une insurrection populaire. C’est ce que révèle le New York Times dans un article publié ce lundi, fondé sur des entretiens avec des responsables américains ou israéliens, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat. Dans les jours précédant l’intervention israélo-américaine contre l’Iran, le responsable du Mossad, David Barnea, a expliqué au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou que son service serait à même de déclencher des émeutes et protestations susceptibles de conduire à la chute du régime de Téhéran. David Barnea a partagé ces perspectives avec des responsables de l’administration Trump lors d’un voyage à Washington à la mi-janvier. Le Premier ministre israélien l’a pris au mot, de même que le président Trump, qui s’est adressé en ces termes à la population iranienne dans son premier discours après les bombardements israélo-américains : « Prenez le contrôle de votre gouvernement : il ne vous reste plus qu’à le faire. » Evidemment, les choses ne se sont pas passées ainsi. L’Iran réplique depuis un mois par des attaques tous azimuts contre ses voisins du Golfe persique, plongeant la région et le monde dans une grande incertitude, à tout le moins économique.

    Outre-Atlantique, l’optimisme de David Barnea était loin d’être partagé par tous. Des responsables militaires avaient indiqué à Donald Trump que les Iraniens ne descendraient pas dans la rue pour manifester tant que les États-Unis et Israël continueraient à larguer des bombes, tandis que des responsables du renseignement jugeaient faible la probabilité d’un soulèvement populaire. Nate Swanson, ancien responsable du Département d’État et de la Maison-Blanche et membre jusqu’en juillet de l’équipe de négociation sur l’Iran, a déclaré au quotidien américain : « Beaucoup de manifestants ne descendent pas dans la rue parce qu’ils risquent de se faire tirer dessus (…) Ils vont se faire massacrer. C’est une chose. Mais la deuxième chose, c’est qu’il y a une bonne partie de la population qui souhaite simplement une vie meilleure, et qui est pour l’instant mise à l’écart. Ils n’aiment pas le régime, mais ils ne veulent pas mourir en s’y opposant. Ces 60 % vont rester chez eux. » Le 12 mars, Donald Trump a semblé prendre acte de cet état de fait, en disant à Fox News radio que l’Iran avait déployé des forces de sécurité dans les rues « qui mitraillent les gens dès qu’ils tentent de manifester (…) Il y a toujours des opposants fervents au régime, mais ils ne sont pas armés et ils ne parviennent pas à faire descendre la majorité de la population dans la rue. »

    La piste kurde

    L’une des pistes envisagées pour la rébellion résidait du côté des milices kurdes, auxquelles la CIA a fourni armes et conseils. Lors d’un point presse le 4 mars, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, un porte-parole de l’armée israélienne, avait répondu à la question de savoir si Israël menait des bombardements dans l’ouest de l’Iran afin de faciliter une invasion kurde : « Nous menons des opérations de grande envergure dans l’ouest de l’Iran afin d’affaiblir les capacités du régime iranien, d’ouvrir la voie vers Téhéran et de garantir notre liberté d’action. » Rien n’est venu pourtant de ce côté-là non plus, et pour cause.

    Bafel Talabani, président de l’Union patriotique du Kurdistan, l’un des principaux partis politiques kurdes irakiens, estimait lors d’une interview sur Fox News qu’une avancée kurde pourrait être contre-productive. Il disait de la population iranienne : « Je pense que s’ils craignent que l’arrivée de Kurdes venus d’ailleurs provoque une scission ou une fragmentation de leur pays, cela pourrait en réalité unir le peuple contre ce mouvement séparatiste. » La Turquie s’est elle aussi vivement opposée à une telle perspective et l’a fait savoir à l’administration Trump par le biais de son ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, auprès du secrétaire d’État Marco Rubio.

    Le durcissement du régime anticipé par la CIA

    Parmi les scénarios envisagés par la CIA avant l’intervention militaire, celui d’un effondrement total du régime était jugé improbable : sa capacité de résistance était établie de longue date, et jusque récemment en janvier, lors de répressions qui ont fait des milliers de morts. Le scénario d’affrontements entre groupes rivaux au sein du pouvoir voire d’une guerre civile avait aussi été considéré, mais le plus probable était celui d’un durcissement d’un pouvoir acculé. Ce qui s’est effectivement produit. Pour autant, certains responsables israéliens n’ont pas abdiqué tout espoir de voir advenir un soulèvement populaire, à l’image de Yechiel Leiter, ambassadeur de l’Etat hébreu aux États-Unis, qui a déclaré dimanche sur CNN : « Je pense qu’il faut des troupes sur le terrain, mais ce doivent être des troupes iraniennes. Et je pense qu’elles arrivent. » L’histoire dira s’il s’agit d’un vœu pieux.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/guerre-au-moyen-orient-cette-insurrection-esperee-qui-nest-pas-venue-4HOPSAVFDJHC5LBTYMWOQ3E5PM/

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    Publish date : 2026-03-23 18:39:00

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