Étiquette : L’Express

  • Général de Courrèges : « Une nation sans souveraineté n’est plus invitée à la table »

    La France aussi a son forum sur la défense et la géostratégie. Moins installé que la Conférence de Munich, et pour cause, il n’en est qu’à sa troisième édition, contre 62 pour son homologue allemand, le Paris Defence and Strategy Forum (PDSF), organisé en partenariat avec L’Express, est le rendez-vous qui monte de ceux qui s’intéressent à la géopolitique, aux questions militaires et à la stratégie.

    Du mardi 24 à ce jeudi 26 mars, de nombreux dirigeants internationaux se croiseront dans les amphithéâtres de l’Ecole militaire : on y attend la ministre des Armées, Catherine Vautrin, Fabien Mandon, le chef d’état-major des armées, plusieurs ministres européens, une partie de l’état-major danois, de hauts responsables allemands, l’amiral Dragone, président du comité militaire de l’Otan, Oleksandr Kamyshin, conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky, et nombre de gradés du Vieux Continent.

    Dans cette perspective de remue-méninges européen, l’Académie de défense de l’École militaire (Academ) a souhaité mettre à l’honneur le Danemark, au cœur des convoitises de Donald Trump il y a quelques mois, et le concept de souveraineté. Le général Hervé de Courrèges, président de l’Academ et directeur de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) nous détaille sa vision de la souveraineté et sa nécessaire évolution pour répondre aux défis d’un monde où les guerres de haute intensité se multiplient.

    L’Express : Dans le cadre du Paris Defence and Strategy Forum, vous consacrez trois jours de réflexion autour du concept de souveraineté. Comment définiriez-vous cette notion ?

    Général Hervé de Courrèges : Stricto sensu, la souveraineté, c’est l’exclusivité d’une compétence. Elle est traditionnellement associée aux fonctions régaliennes d’un État, la défense, la sécurité, la diplomatie, la monnaie pour ne citer qu’elles.

    La souveraineté, qui est donc historiquement liée à la notion d’État, a évidemment dû s’adapter à la mondialisation. Aujourd’hui, dans un monde brutalisé, chacun cherche à reconquérir une part de souveraineté, pour disposer d’un socle de résilience ou d’un actif de négociation. C’est regrettable mais une entité qui ne possède plus rien en propre, n’est plus « invitée à la table ».

    Quelle part de souveraineté est-il acceptable d’abandonner ?

    Dans un monde en recomposition, les discours sur le sentiment de dépossession, la volonté de redevenir maître de son destin font florès. Cependant, la souveraineté « chimiquement pure » n’a pas vraiment de sens dans un monde d’échanges, d’interdépendances et de flux. D’ailleurs, aucun pays aujourd’hui ne peut affirmer jouir d’une souveraineté totale.

    Un bel exemple nous en est offert par la construction de l’Europe qui s’est d’abord faite sur le partage de capacités critiques de production de charbon et d’acier dans un continent qu’il fallait reconstruire après la Seconde Guerre mondiale. Cette logique a parfaitement fonctionné : sur des objectifs communs, on crée des mutualisations qui profitent aux partenaires choisis.

    En ce qui concerne la défense et plus particulièrement l’armement, ne doit-on pas faire en sorte de retrouver une indépendance vis-à-vis d’alliés qui pourraient utiliser leur supériorité pour nous menacer ?

    La France peut être fière d’avoir été visionnaire et prudente en préservant une base industrielle et technologique de défense (BITD) nationale de très haut niveau. De l’espace jusqu’aux grands fonds marins, nous avons su conserver des capacités industrielles de recherche et de production. Et ce notamment grâce à la mission qui a été historiquement confiée par le général de Gaulle à l’actuelle Direction générale de l’armement (DGA). Dans les échanges que j’ai avec mes partenaires internationaux, j’observe que beaucoup de pays rêveraient d’avoir une DGA, avec des ingénieurs qui s’assurent de la préservation de notre BITD et qui font l’intermédiaire entre le besoin militaire et sa réalisation par l’industriel.

    On parle souvent d’armée bonsaï, qui sait tout bien faire, mais en toutes petites quantités…

    Certes, le modèle industriel de défense français, pour avoir été préservé, n’a pas su cependant conserver une capacité de production de masse. Mais la France sait aujourd’hui produire en propre des missiles balistiques, des chars, des avions de chasse parmi les meilleurs au monde, des sous-marins nucléaires, des satellites… Qui sait faire cela ? Très peu de pays au monde. Dans la morosité qui saisit parfois nos concitoyens, sachons d’abord regarder ces choses avec objectivité. Nous avons également su développer des sociétés réellement européennes, Airbus, MBDA, de véritables fleurons qui fabriquent ce qui se produit de meilleur sur les marchés mondiaux.

    Jusqu’où peut-on aller dans ce type de coopération industrielle ? Est-ce qu’on pourrait envisager de déléguer complètement la maîtrise d’un type d’armement à un partenaire étranger ?

    La Revue nationale stratégique parle de « nécessaires dépendances mutuellement garanties ». Aucune puissance ne peut s’assumer seule. Il est nécessaire de développer des partenariats. Prenons conscience que nos pays européens ont un destin lié. Les capacités de défense dont les pays européens doivent se doter auront pour objet avant tout de protéger notre continent face à toutes ces menaces ou ces agressions qui pèsent sur les peuples et les territoires. Il faudra donc vraisemblablement consentir à des coopérations industrielles et favoriser des rapprochements avec une préférence européenne pour atteindre une taille critique de marché et rester compétitifs.

    Difficile de ne pas mentionner un allié ultradominant, les Etats-Unis. Les Européens doivent-ils se désintoxiquer de l’armement américain ?

    Ils le feront, c’est le cours de l’histoire. Comme la France a fait ce choix en son temps. Mais comme bien souvent, nous avons trop attendu et aujourd’hui le temps presse. Tout le monde s’inquiète des prochaines années, de ce brutal retour de la guerre. Or si on veut réacquérir très vite des chars, des avions, des navires, il faut acheter à ceux qui produisent en masse ces équipements. En 2026, ces pays sont peu nombreux et ils ne sont pas sur notre continent. Alors comment reprocher à des pays dans l’urgence d’acquérir ces capacités pour protéger leurs peuples et leurs intérêts nationaux ? En revanche, il faut repenser notre capacité industrielle, développer de nouveaux champions européens, créer une BITD européenne autonome et souveraine. C’est indispensable et gage d’avenir.

    Quid de la souveraineté numérique ? L’émergence de l’intelligence artificielle laisse entrevoir de nouveaux terrains de prédation à disposition des pays les plus performants…

    Le constat est clair, la position ultra-dominante d’entreprises transnationales dans le domaine des technologies de pointe ou de plateformes numériques entraîne de préoccupantes dépendances à leurs solutions. La réduction de ces dernières est une priorité affirmée pour reconquérir une part de souveraineté. Au-delà du crucial sujet du financement, cela prendra du temps et nécessitera des politiques de soutien aux filières d’avenir, une part de réindustrialisation et une protection de nos actifs matériels et immatériels sensibles.



    Source link : https://www.lexpress.fr/secret-defense/general-de-courreges-une-nation-sans-souverainete-nest-plus-invitee-a-la-table-YUV3FZ7JWBGWTISJZ3OJPH4QTA/

    Author : Eric Chol, Etienne Girard

    Publish date : 2026-03-23 17:00:00

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  • Une fausse tentative d’assassinat contre Viktor Orban : cette proposition russe pour influencer l’élection hongroise

    Le vainqueur d’une élection a souvent connu un tournant pendant une campagne : un discours survolté, un débat dominé, un meeting électrique. Visiblement, les autorités russes l’ont compris mais ont du mal à trouver la juste mesure. Alors que le Premier ministre hongrois Viktor Orban, proche du Kremlin et de Vladimir Poutine, peine à convaincre à l’approche des législatives, les services de renseignement extérieur russes (SVR) ont proposé d’organiser la mise en scène d’une tentative d’assassinat contre le chef du gouvernement, afin de « modifier fondamentalement l’ensemble du paradigme de la campagne électorale ». Un plan surnommé « Gamechanger », présenté dans un rapport interne du Département des mesures actives du SVR, chargé des opérations d’influence politique, examiné et authentifié par un service de renseignement européen, selon un article du Washington Post. Interrogé sur ce sujet, le porte-parole de Viktor Orban, Zoltan Kovacs, n’a pas répondu au quotidien américain.

    Mettre en scène « un tel incident » permettrait de « déplacer la perception de la campagne du domaine rationnel des questions socio-économiques vers un domaine émotionnel, où les thèmes clés deviendront la sécurité de l’État, la stabilité et la défense du système politique », expose le rapport en question.

    Si l’on ne sait pas dans quelle mesure cette proposition a été prise en compte par le gouvernement russe, qui n’a pas non plus réagi à ces révélations, elle montre à quel point les élections hongroises sont un enjeu majeur aux yeux des Russes. D’autant que l’actuel Premier ministre hongrois et son parti, le Fidesz, sont à la peine dans les sondages, derrière Peter Magyar, le candidat qui fait campagne sur des réformes anticorruption. La tentative d’assassinat contre Donald Trump, en juillet 2024, et les fameuses photos de lui avec l’oreille en sang, qui avaient permis au candidat Maga de relancer sa campagne, ont sûrement donné des idées aux renseignements russes.

    Discours officiel

    Les velléités d’ingérences russes en Hongrie sont tout sauf une surprise, tant le spectre de Vladimir Poutine survole la campagne. Alors que sa chute dans les sondages est surtout liée aux mauvais résultats économiques de sa politique, Viktor Orban tente de plus en plus de déplacer la campagne sur les prétendues menaces extérieures. Une stratégie poussée par une campagne sur les réseaux sociaux, soutenue par le Kremlin, qui présente le chef du gouvernement actuel comme le mieux placé pour protéger la souveraineté hongroise, selon des responsables européens de la sécurité, qui ont préféré rester anonymes. Autre exemple d’ingérence : selon l’un des responsables de la sécurité européenne, plusieurs journalistes hongrois pro-Orban tiennent régulièrement des réunions avec Tigran Garibian, un conseiller russe envoyé à l’ambassade russe à Budapest, durant lesquelles il leur partage le discours soutenu par le Kremlin.

    Ces dernières années, la Hongrie est devenue l’un des plus importants soutiens de la Russie au sein de l’Union européenne. Alors que le pays bloque un nouveau prêt européen de 90 milliards d’euros pour l’Ukraine, le gouvernement hongrois accuse Volodymyr Zelensky et son gouvernement de bloquer les approvisionnements de pétrole russe vers la Hongrie via l’oléoduc Droujba, qui passe par le territoire ukrainien. En février dernier, la Hongrie a également menacé de bloquer le 20e paquet de sanctions contre la Russie, qui visait entre autres le secteur bancaire et l’industrie énergétique.

    Mais la Russie n’est pas le seul pays à voir un intérêt majeur au maintien de Viktor Orban à la tête du pays. Marco Rubio s’est rendu à Budapest le mois dernier pour soutenir son allié. « Votre succès est notre succès », a notamment affirmé le secrétaire d’État américain, alors que J.D. Vance pourrait également se rendre en Hongrie. Ce week-end, à l’ouverture de la Conservative Political Action Conference (CPAC) à Budapest, une conférence qui réunit les dirigeants nationalistes chaque année, Donald Trump lui-même a adoubé Viktor Orban dans un message vidéo diffusé avant le discours du Premier ministre, lui exprimant son « soutien total et sans réserve ».



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/une-fausse-tentative-dassassinat-contre-viktor-orban-cette-proposition-russe-pour-influencer-VLO35B7NENA6NN3PP3GEUT7IQI/

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    Publish date : 2026-03-23 12:32:00

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  • Au bureau, les collègues qui ne votent pas comme vous peuvent vous déconcentrer

    « Quand j’avais des clients au téléphone, je faisais attention à ce que je disais devant elle. » Christelle, jeune avocate associée dans un cabinet de la région lyonnaise, se souvient avoir eu du mal à gérer, au quotidien, les convictions politiques très à gauche d’une collaboratrice, qui s’invitaient régulièrement dans les conversations et votait pour le parti de Jean-Luc Mélenchon. Avec la montée des extrêmes, confie-t-elle, certaines proximités deviennent plus difficiles : « Travailler avec quelqu’un qui vote La France insoumise ou le Rassemblement national me pose de plus en plus problème », lâche cette électrice de droite. Et une fois la journée terminée ? « En dehors du cabinet, je préfère les gens de gauche en général ! ».

    Ce témoignage pourrait presque prêter à sourire s’il ne révélait pas un phénomène bien réel : l’effet de la polarisation politique sur les environnements de travail. Une étude récente menée par HEC auprès de salariés du privé montre d’ailleurs que ces clivages tiennent moins au salaire ou à la catégorie socio-professionnelle qu’à la qualité du lien social entre collègues. Mais ces tensions ont-elles un effet mesurable sur la performance ? C’est ce qu’ont cherché à établir deux chercheurs américains dans une étude publiée en octobre dans la revue Management Science.

    Balazs Kovacs, professeur de comportement organisationnel à la Yale School of Management, et Tim Sels, chercheur à Berkeley, ont mesuré comment les différences politiques influencent la performance individuelle, en adoptant une méthode pour le moins originale : analyser les données du circuit professionnel de golf PGA Tour entre 1997 et 2022. La raison ? En répartissant les joueurs en groupes de deux ou trois de manière aléatoire, ce tournoi permet d’établir plus solidement un lien de causalité entre différences politiques et performance. « S’il n’y a pas de randomisation, les individus se sélectionnent eux-mêmes : ils choisissent de travailler avec des personnes qui leur ressemblent, et dans ce cas, on a beaucoup moins de prise sur la causalité », explique Balazs Kovacs à L’Express.

    Autre intérêt du golf : il s’agit d’un sport qui offre des mesures claires de performance individuelle, ce qui « permet d’isoler l’effet de l’hétérogénéité politique sur la performance personnelle, sans le confondre avec des résultats collectifs ». « Nous voulions un contexte où les personnes sont motivées par la recherche de performance, parce que sinon cela perd en intérêt. Or le golf implique tellement d’argent que les joueurs prennent cela très au sérieux. »

    Les deux chercheurs ont identifié l’orientation politique de 360 joueurs américains (dont environ 75 % sont classés républicains), notamment grâce aux réseaux sociaux, aux dons politiques, aux interviews et aux registres électoraux. Résultat : les golfeurs jouent moins bien dans des groupes politiquement hétérogènes que dans des groupes homogènes. Concrètement, lorsque au moins un démocrate et un républicain sont associés, les joueurs réalisent en moyenne 0,2 coup de plus par tour que dans les configurations homogènes, même après prise en compte de nombreuses variables comme l’âge ou le niveau sportif par exemple. Un premier indicateur qui, selon les auteurs, pourrait suggérer que travailler aux côtés d’une personne d’orientation politique opposée peut nuire à la capacité d’exécuter efficacement des tâches.

    La proximité physique fait une différence

    Deuxième enseignement tiré de ces données couvrant vingt-cinq ans : en période de forte polarisation politique – comme les années électorales – l’écart de performance peut atteindre un peu plus d’un demi-coup par tour. À l’inverse, en période de faible polarisation, l’effet tend à disparaître. Autrement dit, plus encore que les différences d’opinions, c’est l’intensité du climat politique qui compte.

    Troisième enseignement : le rôle de la proximité physique. La performance diminue davantage quand les joueurs d’un groupe mixte sont proches les uns des autres, lors des mises en jeu (drives) et des putts. Si l’étude ne mesure pas directement la perte de concentration, les auteurs avancent l’hypothèse que la simple présence d’une personne politiquement opposée crée une tension ou une anxiété sociale qui suffit à troubler la concentration, même en l’absence de toute discussion explicite.

    Mais comment les sportifs connaissent-ils l’orientation politique de leurs camarades de jeu ? « Les golfeurs, souligne l’étude, ont généralement connaissance des opinions politiques des autres. La communauté du golf professionnel est relativement restreinte, avec environ 200 à 300 joueurs réguliers chaque année. Les joueurs interagissent fréquemment lors des tournois, des entraînements et des événements sociaux, développant ainsi une connaissance étendue des opinions politiques de leurs pairs. »

    Un Français sur deux parle politique au travail

    Une autre étude, publiée en 2024 dans le Journal of Applied Psychology, montre que le simple fait d’entendre des conversations politiques au travail peut générer de l’anxiété, notamment par crainte d’être entraîné dans la discussion, ainsi que de la distraction, même sans y participer. Ces « conversations politiques ambiantes » engendreraient une baisse de la productivité et de la qualité du travail. Ces effets négatifs sont encore plus marqués lorsque les employés désapprouvent les opinions exprimées.

    À noter que, selon cette même enquête, lorsque les salariés sont d’accord avec ce qu’ils entendent, cela peut au contraire renforcer leur sentiment d’appartenance. Enfin, à toutes fins utiles, selon une enquête Gallup menée en 2024 aux États-Unis, les employés des secteurs à tendance conservatrice (60 %) sont plus enclins à discuter de politique que ceux des secteurs plutôt marqués à gauche (48 %). Et pour la France ? Dans un sondage OpinionWay réalisé en juin 2024, 51 % des actifs déclaraient parler de politique au travail. Les sympathisants du RN sont les plus discrets (44 %), tandis que ceux de LR (71 %) et de LFI (66 %) se montrent les plus prolixes.

    Si travailler entre personnes aux opinions opposées peut nuire à la performance, doit-on en conclure qu’il est préférable, par exemple lorsqu’on est de gauche, de s’éloigner dans le flex office d’une rangée de collègues de droite ? « Si quelqu’un est à côté de vous et vous dérange, c’est probablement une mauvaise chose », répond Balazs Kovacs. Mais le chercheur nuance : « Ce n’est pas seulement une question de proximité physique. En visioconférence, vous pouvez être à l’autre bout du monde, mais si je ne vous apprécie pas, votre visage est quand même là. Ce qui compte, c’est d’être rappelé à la présence de cette personne, que ce soit à distance ou en présentiel. »

    Si l’étude n’apporte pas de solution clés en main aux entreprises, elle pose une base de réflexion : « Le fait que l’hétérogénéité politique nuise à la performance, principalement lorsque les individus travaillent à proximité – et en particulier en période de forte polarisation – a des implications importantes pour la compréhension des dynamiques de travail. » En effet, si même les meilleurs golfeurs au monde, dotés d’une forte capacité de concentration et guidés par la performance sont affectés par ce phénomène, il est facile d’imaginer ce qu’il doit en être pour les travailleurs de l’open space. Sur Reddit, un internaute américain a, lui, trouvé la solution : « Trois sujets à éviter au boulot : la politique, la religion… et la pizza à l’ananas. »



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/emploi/management/devant-elle-je-faisais-attention-comment-les-opinions-politiques-de-vos-collegues-affectent-votre-SJVLIIAPEFBIDEHIVVMNYPKKKI/

    Author : Laurent Berbon

    Publish date : 2026-03-23 11:15:00

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  • EN DIRECT. L’Iran menace de miner le Golfe persique si ses côtes ou îles sont attaquées

    L’Iran attaquera les centrales électriques israéliennes et celles qui alimentent les bases américaines dans le Golfe si le président Donald Trump met à exécution sa menace de détruire le réseau électrique iranien, ont déclaré ce lundi 23 mars les Gardiens de la révolution dans un communiqué, au surlendemain d’un ultimatum lancé par le président américain. « Si vous touchez à l’électricité, nous toucherons à l’électricité », préviennent-ils, alors que Donald Trump attend que Téhéran rouvre « pleinement et sans menaces » le détroit d’Ormuz.

    Plus de trois semaines après le début de la campagne de bombardements des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran, qui a riposté par des attaques dans la région, le risque de représailles mutuelles contre des infrastructures civiles laisse entrevoir une escalade supplémentaire dans le conflit, menaçant la vie et les moyens de subsistance de millions de personnes.

    Les infos à retenir

    ⇒ L’Iran prêt à miner le Golfe persique en cas d’attaque contre ses côtes

    ⇒ Téhéran ripostera à toute attaque contre ses infrastructures électriques

    ⇒ La crise énergétique actuelle est la pire depuis des décennies, selon l’AIE

    09h13

    L’Iran prêt à miner le Golfe persique en cas d’attaque contre ses côtes

    L’Iran est prêt à couper les routes du Golfe en posant des mines navales en cas d’attaque contre sa côte sud et ses îles, a déclaré ce lundi le Conseil de défense du pays, selon les médias d’État.

    D’après Axios, les États-Unis envisagent d’occuper ou de bloquer l’île iranienne de Kharg, principal centre d’exportation de pétrole du pays, afin de faire pression sur Téhéran pour qu’il rouvre le détroit d’Ormuz à toute navigation.

    « Toute tentative de l’ennemi d’attaquer les côtes ou les îles iraniennes conduira naturellement, et conformément aux pratiques militaires établies, à ce que toutes les voies d’accès et les lignes de communication dans le Golfe persique et les zones côtières soient minées avec différents types de mines navales, y compris des mines flottantes pouvant être larguées depuis la côte », a prévenu l’Iran dans un communiqué. « Dans ce cas, tout le Golfe se trouvera pratiquement dans une situation similaire à celle du détroit d’Ormuz pendant longtemps (…) Il ne faut pas oublier l’échec de plus de 100 dragueurs de mines dans les années 1980 à retirer quelques mines marines. » Le Conseil de défense a rappelé que les États non belligérants ne peuvent traverser le détroit d’Ormuz qu’en coordonnant leur passage avec l’Iran.

    08h39

    La Chine met en garde contre un « cercle vicieux » en cas d’escalade de la guerre au Moyen-Orient

    La Chine a exhorté ce lundi toutes les parties impliquées dans le conflit du Moyen-Orient affectant le détroit d’Ormuz à mettre fin aux opérations militaires pour éviter un « cercle vicieux » et à reprendre les négociations.

    « Si les hostilités continuent de s’intensifier et que la situation se détériore davantage, toute la région sera plongée dans le chaos », a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, en réponse à une question sur les pressions exercées par le président américain Donald Trump sur l’Iran pour rouvrir cette voie maritime stratégique. « Le recours à la force ne fera qu’engendrer un cercle vicieux », a-t-il déclaré, ajoutant que la guerre n’aurait jamais dû commencer.

    07h44

    Israël mène de nouvelles frappes sur Téhéran

    L’armée israélienne a annoncé ce lundi avoir commencé des séries de frappes à grande échelle contre des infrastructures iraniennes à Téhéran. Dans la nuit, des explosions ont retenti en différents points de la capitale iranienne, a signalé l’agence de presse officielle iranienne Mizan.

    07h30

    Deux missiles lancés en direction de l’Arabie saoudite

    Deux missiles balistiques ont été lancés en direction de la capitale saoudienne Riyad, a signalé ce lundi matin le ministère saoudien de la Défense, précisant que l’un de ces missiles avait été intercepté tandis que l’autre avait atterri dans une zone inhabitée.

    07h15

    L’Iran ripostera à toute attaque contre ses infrastructures électriques

    L’Iran ripostera à toute attaque contre ses infrastructures électriques en ciblant les centrales israéliennes ainsi que celles qui alimentent en électricité les bases américaines dans les pays de la région, ont averti ce lundi les Gardiens de la révolution dans un communiqué. « Nous sommes déterminés à répondre à toute menace avec une force de dissuasion équivalente… Si vous touchez à l’électricité, nous toucherons à l’électricité », ont déclaré les gardiens de la révolution.

    Samedi, Donald Trump avait averti que les centrales électriques iraniennes seraient ciblées si Téhéran ne procédait pas à une « ouverture totale » du détroit d’Ormuz d’ici 00h44 (heure française), mardi.

    07h00

    La pire crise énergétique depuis des décennies, selon l’AIE

    La crise actuelle au Moyen-Orient est pire que les deux chocs pétroliers survenus dans les années 1970 combinés, a déclaré le chef de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) à l’occasion d’un événement au National Press Club dans la capitale australienne Canberra.

    Des réserves supplémentaires de pétrole pourraient être libérées pour faire face à la situation, a poursuivi Fatih Birol, indiquant que l’AIE mène des consultations en ce sens avec des gouvernements à travers le monde.

    L’économie mondiale fait face à une menace majeure, a-t-il également, notant que la pénurie de pétrole devient un problème accru en Asie. Selon lui, les effets de la crise ne sont pas encore bien compris en Europe.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-liran-menace-de-miner-le-golfe-persique-si-ses-cotes-ou-iles-sont-attaquees-M7HRLZEJ2FDJDD6622HN4RXXWM/

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    Publish date : 2026-03-23 09:30:00

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  • EN DIRECT. Municipales : « La tambouille, ça ne fonctionne pas », dit Raphaël Glucksmann

    Le second tour des élections municipales, ce dimanche 22 mars, promettait des batailles serrées dans les plus grandes villes de France, notamment à Paris, Marseille et Lyon. Celle pour la capitale l’a finalement été beaucoup moins que prévu, entre le candidat de gauche Emmanuel Grégoire (50,52 % des voix) et l’ancienne ministre de la Culture Rachida Dati (41,52 %). Même chose à Marseille, où Benoît Payan (PS) s’est largement imposé face à Franck Allisio (RN). Parmi les surprises de ce scrutin, la droite l’a emporté à Clermont-Ferrand, tandis que l’ancien Premier ministre François Bayrou a été battu à Pau.

    Les infos à retenir

    ⇒ A Paris, neuf points d’avance pour Emmanuel Grégoire

    ⇒ Benoît Payan (PS) en tête de 14 points à Marseille

    ⇒ A Lyon, Jean-Michel Aulas va déposer un recours

    08h07

    « La tambouille, ça ne fonctionne pas », dit Raphaël Glucksmann

    « La gauche républicaine qui refuse l’alliance avec LFI elle gagne, elle gagne à Marseille, à Paris, à Rennes, à Saint-Etienne. La tambouille, ça ne fonctionne pas. La clarté est une stratégie politique », a pointé du doigt ce matin Raphaël Glucksmann, invité sur France Inter.

    « La bataille de la France a commencé. Nous avons un an pour que la gauche républicaine soit la digue au RN », a aussi déclaré l’eurodéputé Place Publique.

    07h51

    Strasbourg : Catherine Trautmann appelle le PS à « méditer » sur sa victoire

    Elue hier à Strasbourg après avoir choisi de faire alliance avec le centre plutôt qu’avec LFI, la socialiste Catherine Trautmann a appelé ce matin sur France Inter son parti à tirer les leçons de sa victoire : « Les alliances avec LFI ont été sanctionnées par l’électorat », a-t-elle estimé, ajoutant : « Le résultat est très clair : non à cette radicalité que cette partie de la gauche [NDLR : La France insoumise] peut représenter aujourd’hui, mais un choix pour la social-démocrate que je suis. »

    07h40

    La carte de France des résultats ville par ville

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    07h21

    Paris : Lucie Castets élue maire du XIIarrondissement

    Ex-candidate du Nouveau front populaire pour Matignon, Lucie Castets a été élue ce dimanche maire du XIIe arrondissement de la capitale, l’emportant avec 41,85 % des voix face à la candidate de l’union de la droite et du centre Valérie Montandon (22,52 %) et la candidate Horizons/Renaissance Clara Chassaniol (11,94 %).

    07h00

    Les insoumis portent-ils malheur ?

    L’analyse de notre journaliste politique, Mattias Corrasco, au soir du deuxième tour des municipales.

    06h43

    Les enseignements du second tour

    Victoires socialistes à Paris et Marseille, reflux marqué des écologistes… Le second tour des municipales confirme les recompositions à l’œuvre et relance les ambitions pour 2027.

    >>> Lire notre article

    06h35

    A Lyon, Jean-Michel Aulas va déposer un recours

    Le scrutin a été serré dans la troisième ville de France, où le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, l’a emporté avec moins de 3 000 voix d’avance (50,67 % des suffrages) face à Jean-Michel Aulas (49,33 %), selon les résultats définitifs.

    L’ancien patron de l’Olympique lyonnais, qui a invoqué de « très nombreuses irrégularités », a fait savoir hier soir qu’il allait déposer un recours en justice. Grégory Doucet a de son côté assuré avoir « une grande confiance dans les agents publics qui ont participé à l’organisation et à la mise en place de ce scrutin ».

    06h29

    Benoît Payan (PS) en tête de 14 points à Marseille

    Lui aussi a remporté l’élection avec une belle avance : d’après les résultats officiels publiés dans la nuit de dimanche à lundi, le maire sortant de Marseille, Benoît Payan, a été réélu avec 54,34 % des voix, soit 14 points de plus que le candidat du Rassemblement national Franck Allisio.

    06h24

    A Paris, neuf points d’avance pour Emmanuel Grégoire

    Selon les résultats complets publiés par la ville de Paris cette nuit, le candidat PS Emmanuel Grégoire a été élu dans la capitale avec 50,52 % des voix, neuf points devant sa rivale LR Rachida Dati (41,52 %). Arrivée troisième, la candidate LFI Sophia Chikirou a remporté 7,96 % des voix au total.

    06h20

    Bienvenue dans ce live

    Bonjour et bienvenue dans ce nouveau live politique, où L’Express continue de suivre ce lundi les résultats du second tour des municipales 2026.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/elections/en-direct-municipales-jean-michel-aulas-va-deposer-un-recours-a-lyon-neuf-points-davance-pour-LJQL7MQN3RAU3OWM6WO2ZZTKAI/

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    Publish date : 2026-03-23 07:22:00

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  • Municipales : pourquoi il faut se méfier des leçons trop rapides pour la présidentielle

    18 mars 2001. Ce soir-là, Paris est une fête. Après 24 ans d’opposition, la capitale bascule à gauche. Bertrand Delanoë a gagné. Dans l’euphorie de la victoire, des milliers de socialistes, réunis jusqu’à deux heures du matin sur le parvis de l’Hôtel de Ville, scandent : “Donnez-nous les clés !” Ivres de joie, ils pensaient alors que ces mêmes clés déverrouilleraient, un an plus tard, la serrure du Palais de l’Elysée. Imprudents, ou simplement aveuglés par cette prise de guerre, des caciques du Parti socialiste partageaient ce raisonnement. Il n’en a rien été. En 2002, le PS ne se qualifiait pas au second tour de l’élection présidentielle, que Jacques Chirac remportait aisément.

    Paris n’est pas la France ; en 2026, en France, le Rassemblement national ne pèse pas 1,6 % du corps électoral – c’est le score du candidat RN Thierry Mariani à Paris. Quelques jours avant le premier tour, dimanche 15 mars, une députée écologiste invitait ses camarades socialistes à méditer cette leçon : gare à ne pas se voir plus gros qu’on ne l’est vraiment… Et ne vous moquez pas, camarades insoumis, cela vaut aussi pour vous, prévenait-elle. Cela vaut pour tout le monde, d’ailleurs. Les Verts en savent quelque chose. Après la vague de 2020, Yannick Jadot n’a pas passé la barre des 5 % à la présidentielle.

    Qu’annonce le cru 2026 ? Une poussée des insoumis ou, au contraire, la malédiction de s’allier avec eux ? Une progression du RN ou la persistance d’un plafond de verre ?Des signes encourageants d’implantation territoriale pour le PS et LR ou l’absence d’une dynamique nationale ?

    C’est à la fois l’avantage et l’inconvénient d’une élection municipale : il y a tellement de configurations différentes que l’on peut trouver, dans telle ville, la validation de sa thèse, alors même qu’elle est battue en brèche dans d’autres villes. On peut crier victoire sans s’apercevoir que l’on est battu ailleurs. C’est exactement ce qui est arrivé au PS en 2001. Remportant Paris et Lyon, la gauche n’a pas vu – ou n’a pas voulu voir – que la droite lui reprenait 40 villes, de Strasbourg à Saint-Brieuc en passant par Orléans, Rouen et Nîmes. On peut aussi gagner à Paris sans voir que le thème de la sécurité s’imposait, déjà, dans de nombreuses villes.

    Elargir la focale

    Aujourd’hui, on est tenté de se concentrer sur quelques villes dites « symboliques. » L’effet de focalisation nous conduit à oublier que dans 90 % des cas, il y a une “dénationalisation” du scrutin, dont le faible taux de participation (57,1 %) est l’un des symptômes. « Aux élections municipales, on vote certes pour des enjeux nationaux mais, dans l’écrasante majorité des communes, on vote pour des enjeux locaux », rappelle Mathieu Gallard, directeur d’études chez Ipsos.

    La grande différence entre l’élection reine et les élections municipales, c’est d’ailleurs le taux de participation, qui rend toute comparaison hasardeuse. « Ce n’est pas du tout la même offre, chaque scrutin a sa propre dynamique, et il y a une dramatisation du scrutin présidentiel qu’on ne retrouve pas aux municipales lorsque l’on sort des grandes villes », relève Frédéric Dabi, le directeur général opinion de l’Ifop. Au premier tour, selon le ministère de l’Intérieur, 799 000 voix se sont au total portées sur des listes d’extrême gauche – LFI mais aussi NPA, par exemple.

    A titre de comparaison (absurde, on l’a compris), c’est moins que le score de Jean Lassalle (1,1 million) ou de Fabien Roussel (802 000) en 2022. On compare des choux et des carottes. Par ailleurs, le score impressionnant de LFI dans certaines villes, comme à Roubaix ou à Saint-Denis, nous fait ainsi oublier que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon s’est présenté dans très peu de villes, à l’échelle de la France. Il a simplement maximisé ses chances de l’emporter dans quelques bastions stratégiques, pour nourrir le récit d’une « magnifique percée ». Parti de presque rien en 2020 – très peu d’insoumis étaient têtes de liste – LFI ne pouvait que progresser.

    « Ça donne surtout des tendances sur le positionnement des partis, moins sur les intentions de vote des Français », ajoute Mathieu Gallard, d’Ipsos. Ainsi, le PS d’Olivier Faure, après avoir indiqué le 3 mars et au soir du premier tour qu’il n’y aurait « pas d’accord national » avec LFI, en a conclu dans 26 villes. Le patron des Républicains, Bruno Retailleau, bien embêté lorsqu’on lui a demandé de choisir entre les deux rivaux de Nice, Eric Ciotti (UDR-RN) et Christian Estrosi (Horizons), a botté en touche, au grand dam de son camp. Jordan Bardella, rompant avec la ligne historique de son parti, « ni de gauche ni de droite », n’a cessé de tendre la main à la droite, en vain. Voilà quelques enseignements utiles pour 2027. « Il ne faut pas faire fi, néanmoins, des cycles électoraux, nuance Frédéric Dabi. Les municipales vont donner une indication des grandes tendances. Les élections municipales de 1977 ont par exemple démontré que la gauche unie pouvait l’emporter dans des duels de second tour. Cela annonçait en quelque sorte la victoire de François Mitterrand en 1981. » Au lendemain du second tour, il ne faut pas sortir la loupe mais essayer, au contraire, d’élargir la focale.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/municipales-pourquoi-il-faut-se-mefier-des-lecons-trop-rapides-pour-la-presidentielle-27AG4HG2RVFALOLXQ5Y6ST3OIQ/

    Author : Sébastien Schneegans

    Publish date : 2026-03-23 04:45:00

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  • Union des droites ratée, mais ancrage renforcé : au RN, le vrai bilan des municipales

    De la difficulté d’être surestimé. Le résultat paraît décevant, ce dimanche 22 mars, pour le Rassemblement national. Il y a une semaine encore, le parti d’extrême droite espérait l’emporter dans un certain nombre de grandes villes, en particulier dans le Sud, vendues avec une quasi-certitude comme de futures vitrines frontistes.

    A Toulon, où la médiatique députée du Var Laure Lavalette menait une campagne tonitruante depuis de longs mois, c’est finalement la candidate divers droite Josée Massi qui l’emporte avec 53% des voix – contre 47% pour Laure Lavalette – après le retrait du sénateur LR Michel Bonnus. A Nîmes, où l’on assurait qu’il s’agissait d’un laboratoire prometteur de « l’union des droites », le candidat d’union de la gauche Vincent Bouget l’emporte face à Julien Sanchez, eurodéputé ancien maire de Beaucaire, avec 40,5 % contre 37,9 %. A Marseille, Franck Allisio, le candidat RN, arrive largement derrière le maire socialiste sortant, Benoît Payan, avec 40,4 % des scores contre 54,3 %. « A Marseille, le RN devient la première force d’opposition », se félicite Jordan Bardella.

    Le président du parti revendique « la plus grande percée de toute l’histoire du RN, et (…) l’expression d’un basculement profond et d’une dynamique chaque jour plus puissante ». Dans les faits, le mouvement compte certains coups d’éclat dans quelques villes du Sud, comme à Menton où la députée Alexandra Masson gagne avec 47,57 % des suffrages, ou Carcassonne et Agde, où les députés Christophe Barthès et Aurélien Lopez-Liguori l’emportent.

    Le parti d’extrême droite réalise aussi une percée dans quelques villes du Nord et de l’Ouest, à l’instar de Liévin ou La Flèche. Mais pas de ville symbole à brandir, et la persistance d’un plafond de verre. Mis à part, bien sûr, à Nice, où Eric Ciotti, rallié au Rassemblement national, remporte la ville avec 48,90 % des voix, contre 37,3 % pour Christian Estrosi et 14,8 % pour Juliette Chesnel-Le Roux, candidate de l’union des gauches. « Nous comptons des victoires par dizaines, (…) avec Nice, cinquième ville de France, et je tiens à adresser mes félicitations chaleureuses à Eric Ciotti », a bien précisé Jordan Bardella ce dimanche soir – bien qu’il n’ait pas fait le déplacement sur la promenade des Anglais pendant la campagne.

    Nice, ville trophée et cache-misère

    Nice, à la fois ville trophée et cache-misère de l’échec de la stratégie d’union des droites réclamées par le président du RN dans l’entre-deux tours de ces municipales. Et les frontistes comptent bien capitaliser sur cet exemple unique. « Ça va nous permettre de dire lundi : ‘Regardez, les gens de droite qui nous rejoignent sont bien traités et en plus ils gagnent des villes’ », anticipait un cadre la semaine dernière. Mais malgré la main tendue aux Républicains, la plupart des listes de droite ont choisi de fusionner entre elles, ou de se retirer pour faire barrage au parti de Jordan Bardella. « S’agissant de la droite LR, cette élection est le révélateur puissant, presque brutal, de ses contradictions, souligne d’ailleurs ce dernier. En refusant l’alliance à Nîmes et à Marseille, LR livre deux grandes villes au désordre de l’extrême gauche. » La déception frontiste est d’autant plus grande que beaucoup croyaient qu’après le ralliement d’Eric Ciotti et les projections favorables pour le RN, cette élection serait celle qui verrait la digue tomber une bonne fois pour toutes. « Il y a une vraie stratégie de discussion avec LR dans le Sud, assurait encore dans l’hiver un cadre frontiste plein d’espoir. Cette fois-ci, ça pourrait bien céder dans plusieurs endroits. »

    Mais non, encore une fois, le cordon plie mais ne rompt pas. Alors, au parti, on préfère se concentrer sur le bilan positif : le grand nombre d’élus municipaux remporté par le RN et l’implantation dans les villes de taille moyenne qui se poursuit patiemment. L’argument relavitiste, lui aussi, avait déjà été préparé : « On a l’impression que parce qu’on est forts globalement on devrait tout gagner, mais gagner des villes prend beaucoup de temps. C’est aussi pour ça qu’on ne se retire pas, parce qu’on veut des conseillers d’opposition ». Ce dimanche, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. « La Flèche, par exemple [NDLR : remportée par le candidat RN Romain Lemoigne] pourrait bien devenir le Hénin-Beaumont de l’Ouest, en exemple d’implantation », s’enthousiasmerait presque ce proche de Marine Le Pen.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/rn/union-des-droites-ratee-mais-ancrage-renforce-au-rn-le-vrai-bilan-des-municipales-3YRCBJR455BHDF6QI4ROJFVLXA/

    Author : Marylou Magal

    Publish date : 2026-03-22 21:59:00

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  • Jean-Michel Aulas battu à Lyon : les leçons d’une campagne mal maîtrisée


    Jean-Michel Aulas se souviendra de son 77e printemps ; celui dont le plus beau cadeau devait être les clés de l’Hôtel de ville de Lyon. Il n’en sera rien ; car, à rebours de l’ancien président du club de rugby Serge Blanco, élu maire de Biarritz, l’ancien homme d’affaires – qui a néanmoins annoncé avoir effectué un recours, invoquant de « très nombreuses irrégularités » lors du scrutin de Lyon – a échoué à l’emporter face au maire sortant, Grégory Doucet, ce dimanche 22 mars.

    L’affaire avait pourtant l’air bien emmanchée pour Jean-Michel Aulas, attendu comme le messie par l’électorat lyonnais de centre droit, très critique de la politique conduite par la majorité écologiste arrivée en 2020. L’été dernier, alors que les rumeurs enflaient autour de sa candidature, un sondage le créditait de 47 % d’intentions de vote, vingt points devant Grégory Doucet. Mais ça, c’était avant que les électeurs ne retrouvent l’opiniâtre patron de l’OL, alors plein d’effusion, en candidat élusif à la mine fatiguée.

    Car un tel écart entre les sondages et le résultat final ne peut trouver comme seules lectures la marge d’erreur et une remobilisation de dernière minute de l’électorat écologiste. Sans remettre en cause la sincérité de son engagement, Jean-Michel Aulas a donné l’image d’un candidat entré en lice sans avoir pleinement pris la mesure du terrain ni des épreuves qui l’attendaient.

    Jean-Michel Aulas perdrait de justesse son pari à Lyon, contre le maire sortant écologiste, Grégory Doucet.

    Une campagne approximative

    Trop souvent, l’Arbreslois se vautre dans les imprécisions dès lors qu’il s’agit d’évoquer son programme ou sa mise en œuvre. Trop souvent aussi, il se montre évasif, laissant les journalistes et les Lyonnais croisés dans la rue repartir avec des réponses tantôt à côté de la plaque, tantôt inintelligibles. Les formules sont maladroites — « les Lyonnais vivent une fatigue qui est profonde » ou encore « il faut que Lyon redécouvre une manière de ne pas s’affronter » — et les mots imprécis, sinon incohérents – mauvais signe, si l’on se fie à la loi d’airain boileausienne du « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément ».

    Les mois de campagne ne suffisent pas à transformer l’essai. Jeudi soir encore – le dernier avant le second tour des municipales – le candidat a du mal à se détacher de ses petites fiches cartonnées. Ses phrases sont hachées, comme pour se laisser le temps d’en regarder la suite, en vertu des doctes leçons des media trainers ; creuses aussi, pourrait-on ajouter, à entendre les « je crois en vous » déclinés par anaphores, ou les banales injonctions du type « refusons les extrémismes » et « retrouvons l’humanisme ». Le jour même, nos confrères de Marianne, non sans cynisme, s’interrogent : entre Joe Biden et Jean-Michel Aulas, « qui est le moins frais ? »

    « Société civile », le brevet de vertus

    C’est le débat organisé par BFM TV fin février qui braque les projecteurs sur l’inconsistance de sa candidature. Là encore, le ton est hésitant, en dépit des petites fiches — encore elles, oui ! Pendant cette heure et demie, celui qui se gargarise de « travailler quatorze heures par jour » se trouve à plusieurs reprises incapable de préciser sa pensée ni même d’expliquer son programme.

    Interrogé par Apolline de Malherbe sur le caractère payant, pour les non-Lyonnais, du passage dans son tunnel de 8 kilomètres, il se contente, d’un « éventuellement, oui ». Léger pour un projet chiffré à plusieurs centaines de millions d’euros. Et lorsque le candidat UDR Alexandre Dupalais l’interpelle sur une interview accordée en septembre dernier à L’Express, dans laquelle il disait se reconnaître dans les idées d’Emmanuel Macron en 2017, Jean-Michel Aulas s’emmêle avant d’éluder, le visage bouffi d’embarras.

    Dans ces moments de quasi-flottement qui lui sont coutumiers, le néophyte en politique se raccroche à quelques éléments de langage qui lui ont tenu toute la campagne durant. Son préféré ? « Société civile », qu’il dégaine à tout va, comme un brevet de vertu. Autre (mauvaise) habitude prise pour esquiver une question à laquelle il n’a pas la réponse : le renvoi systématique au site internet de sa campagne « Cœur Lyonnais », où, dit-il, se trouvent « toutes ses mesures », qu’il semble par ailleurs incapable de dérouler.

    La stratégie d’évitement en fin de campagne

    Après cette joute à quatre, Jean-Michel Aulas est comme mis à la diète médiatique. À RCF, qui l’avait invité comme tous les autres candidats à sa matinale, l’ancien patron de l’OL pose un lapin. Raison invoquée ? « Conflit d’agenda », à… 7 h 30 du matin. La semaine suivante, alors que ses trois autres adversaires ont répondu présent à l’invitation de La Tribune, c’est Pierre Oliver, le maire LR sortant du deuxième arrondissement et poulain de Laurent Wauquiez, qui débat avec les autres têtes de liste.

    Le septuagénaire est ainsi présenté par le mensuel Lyon Mag comme « peu présent auprès des médias lyonnais ». Ce, jusqu’à la fin de la campagne. « L’accord de la honte », selon la formule agitée tous azimuts dans l’entre-deux-tours pour dénoncer la fusion des listes de l’union de la gauche (EELV-PS) et La France insoumise (LFI), lui sert de prétexte avant le second tour, pour opposer une fin de non-recevoir à un débat avec Grégory Doucet.

    Bonne nouvelle, les électeurs sont encore exigeants

    C’est pourtant bien à cela que sert une campagne électorale : confronter ses idées à celles des autres, en éprouver la solidité, en démontrer la cohérence et la faisabilité, et exposer clairement, sans approximations, les failles des projets adverses et du bilan de la majorité sortante. S’y dérober est une impolitesse faite à la démocratie, déjà bien fragilisée par les outrances, la radicalité des boutefeux et leur réécriture du réel.

    La défaite de Jean-Michel Aulas, qui avait tout pour l’emporter, et haut la main — impopularité du maire sortant, ensemble des partis de la droite et du centre derrière lui, soutien du patronat — est une preuve heureuse que les électeurs demeurent des citoyens exigeants qui ne se laissent pas attendrir par quelques mesures populistes – gratuité des transports, absence de rémunération du maire – noyées dans un programme mal ficelé ; ni éblouir par l’aura d’un homme qui demeurera néanmoins un emblème de cette ville qui lui a finalement dit non.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/jean-michel-aulas-battu-a-lyon-une-campagne-ratee-et-un-bon-signal-pour-la-democratie-W7PRARATLVCFVPK2CGFE5KVMI4/

    Author : Ambre Xerri

    Publish date : 2026-03-22 22:30:00

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  • Municipales à Paris : plus qu’une défaite politique, la déroute personnelle de Rachida Dati

    Elle avait un boulevard devant elle. Rarement la droite avait bénéficié d’un tel alignement des planètes à la veille d’un scrutin. Et pourtant, elle a échoué. Rachida Dati a été battue ce dimanche au second tour des municipales parisiennes, nettement devancée par Emmanuel Grégoire. La droite ne ravira pas à la gauche la capitale, enseigne socialiste depuis 2001. Rachida Dati n’entrera pas à l’hôtel de ville, le « combat de sa vie. »

    A quoi reconnaît-on une défaite personnelle ? Quand elle défie toute logique politique. L’échec de Rachida Dati en est une. Ni la division de la gauche au second tour – bénédiction divine – ni le bilan contrasté d’Anne Hidalgo n’ont suffi à l’ancienne ministre de la Culture. Pas plus que le rassemblement de la droite derrière la maire du 7e arrondissement à l’issue du premier tour. Le tout sur fond de poussée de la droite dans le pays.

    Cette défaite est celle d’une femme. D’une « marque », répète-t-on souvent chez LR. « C’est une star, mais avec les outrances et la déraison de la star », note une ministre. Elle a été victime ce dimanche d’un barrage des électeurs parisiens.

    « Potentiel électoral réduit »

    A l’origine, tout devait être simple. En janvier 2024, Rachida Dati entre au gouvernement pour poser la première pierre d’une alliance LR-Renaissance. L’ex-eurodéputée souhaite mettre ces formations à son service pour incarner l’alternance. Hors Dati, point de salut ! « Je suis une adepte de la méthode Sarkozy, se rassembler au premier tour pour faire un gros score et créer la dynamique pour le second », théorisait-elle. Au gouvernement, elle pèse – avec succès – pour obtenir une réforme de la loi PLM, afin que le prochain maire de Paris soit élu au suffrage universel direct.

    Las, rien n’est évident avec Rachida Dati. L’ex-garde des Sceaux est lâchée en janvier par Renaissance, qui lui préfère la candidature de Pierre-Yves Bournazel. Gabriel Attal déplore alors une candidature au « potentiel électoral réduit » et la brutalité de la maire du 7e arrondissement. « Objectivement, les pratiques de Dati sont éloignées de ce qui a fait notre ADN en 2017 », note alors un proche de l’ancien Premier ministre. Rachida Dati est cernée par les affaires judiciaires, sa rudesse est mise à nu dans une série d’enquêtes. Elle la dévoile elle-même, en menaçant le journaliste Patrick Cohen au printemps 2025 sur France 5. Un parfum d’affairisme enveloppe la candidate, dont la sincérité a été si longtemps le moteur politique.

    Une image écornée

    Les nuages s’amoncellent, comme l’émergence de Sarah Knafo, créant une double concurrence à droite. Rachida Dati, elle, mène une campagne terne mais sans faute majeure. Nulle déclaration fracassante n’entache sa course parisienne, conclue par un score décevant au premier tour. Paie-t-elle son image clivante ? Les résultats démontrent que certains électeurs de droite ont voté pour des maires d’arrondissement LR… sans faire de même pour Rachida Dati. Des limites de la notoriété : elle peut propulser comme freiner des candidatures.

    Rachida Dati a pourtant de la chance : après 2026, il y a 2027. L’échéance présidentielle lui ouvre un boulevard. Pierre-Yves Bournazel est poussé à l’alliance par Edouard Philippe et Gabriel Attal, soucieux de ne pas être responsable d’une défaite de la droite. Sarah Knafo retire sa liste pour ne pas porter le mistigri de la défaite. Rachida Dati profite de ses calculs nationaux. Elle, la clivante, devient en apparence l’apôtre du rassemblement. Le maintien de l’insoumise Sophia Chikirou achève de la renforcer. « Il faut absolument que LFI n’ait pas d’accord avec le PS pour espérer gagner », glissait Jean-Pierre Raffarin avant le vote. C’est le cas. La formation de Jean-Luc Mélenchon, en quête d’hégémonie à gauche, n’avait aucune envie d’offrir Paris aux socialistes.

    Un avenir… judiciaire

    Ces jeux d’alliances n’ont pas suffi, signe d’un rejet de la personne de l’ancienne garde des Sceaux. Il est permis de penser que les dirigeants du socle commun ne se bousculeront pas pour la défendre. Edouard Philippe dénonce en privé ses méthodes « trumpistes », quand Gabriel Attal tente de séduire un électorat social-démocrate guère sensible au discours de Rachida Dati. Bruno Retailleau, lui, n’a jamais caché sa différence de culture politique avec la « puncheuse » Dati…

    L’avenir politique de l’ex-ministre de la Culture s’inscrit désormais en pointillé. Son destin parisien semble bouché après deux échecs aux municipales et ses relations rugueuses avec les présidentiables de la droite et du centre ne présagent pas d’un futur national radieux. Reste un nouvel obstacle. L’élue sera jugée en septembre prochain pour « corruption passive » et « trafic d’influence passif » dans l’affaire Renault. La politique sera alors bien loin.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/municipales-a-paris-pour-rachida-dati-une-deroute-personnelle-et-un-avenir-politique-en-pointille-P5UX7RLANJAUVL5VWVAPHAFOLQ/

    Author : Paul Chaulet

    Publish date : 2026-03-22 20:38:00

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  • 🔴 EN DIRECT. Elections municipales : suivez les résultats du second tour


    Les électeurs de plus de 1 500 communes de France étaient appelés aux urnes ce dimanche 22 mars pour un second tour des élections municipales très incertain dans la plupart des grandes villes, de Paris à Marseille en passant par Lyon, Nantes, Lille et Strasbourg.

    Dans la capitale, la candidate LR Rachida Dati entend profiter de la fusion avec la liste centriste de Pierre-Yves Bournazel et du retrait de celle de Sarah Knafo (Reconquête!) pour espérer l’emporter face à son adversaire PS Emmanuel Grégoire.

    Au niveau national, à 17 heures, le taux de participation était de 48,10 %, en hausse par rapport au précédent scrutin de 2020 (34,67 %) bouleversé par la pandémie de Covid-19, mais en deçà de 2014 (52,36 %). Selon l’institut Elabe, le taux de participation à 20 heures devrait être de 57 %.

    19h30

    Le RN et la droite : Jordan Bardella a pris ses distances avec la ligne de Marine Le Pen

    Si Marine Le Pen revendique toujours un « ni droite ni gauche », Jordan Bardella multiplie les oeillades pour se faire accepter au sein de la grande famille de la droite.

    >>> Notre décryptage

    19h00

    Qui votait lors de ce second tour ?

    Lors du premier tour des élections municipales, plus de 95 % des communes de France ont déjà élu leurs conseillers municipaux. Dans ces villes et villages, il n’y avait donc pas de second tour. En tout, les habitants de 1 526 communes étaient appelés à voter aujourd’hui d’après le ministère de l’Intérieur. La plupart d’entre elles sont des grandes villes, très peuplées. En d’autres termes, cela implique que plus d’un électeur sur trois était concerné par le scrutin de ce dimanche.

    18h45

    « La ville est morte » : Vierzon, ce fief communiste qui pourrait basculer à l’extrême droite

    A Vierzon, au premier tour des élections municipales, le candidat Yannick Le Roux, ex-militant d’Eric Zemmour, a récolté 41 % des voix. Un score qui pourrait faire basculer cette ville de gauche dans le giron de l’extrême droite.

    >>> Notre reportage

    Vierzon, ville communiste depuis près d’un demi-siècle, pourrait bien basculer à l’extrême droite.

    18h25

    La majorité des bureaux de vote ont fermé

    La majorité des bureaux de vote ont fermé à 18 heures. Ils resteront ouverts jusqu’à 20 heures dans les plus grandes villes. Conséquence, dans ces communes, les premières estimations ne devraient pas tomber avant 21 heures.

    18h00

    Participation, nombre de candidats, salaire : en France, le rôle à part du maire

    Par rapport à nos voisins européens, les élections municipales françaises illustrent l’importance des édiles dans la vie politique.

    Ecoutez l’épisode de notre podcast >>>

    17h30

    Un taux de participation de 48,10 % à 17 heures

    La participation s’élevait à 48,10 % à 17 heures, a annoncé le ministère de l’Intérieur, soit un taux presque identique à celui du premier tour. En 2020, pendant la pandémie de Covid-19, la participation n’était que de 34,67 %, tandis qu’elle s’était élevée à 52,36 % en 2014.

    Selon l’institut Elabe, le taux de participation à 20 heures devrait être de 57 %.

    17h00

    Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy, François Hollande : revenir à l’Elysée, la mission impossible des ex-présidents

    Hier Nicolas Sarkozy, aujourd’hui François Hollande, demain Emmanuel Macron ? L’Histoire a établi des règles dont le respect est de rigueur pour avoir une chance, minime, de revenir à l’Elysée.

    >>> Lire notre analyse

    16h45

    Suivez la soirée électorale avec L’Express

    Bonjour à tous, bienvenue sur notre live politique. L’Express se mobilise ce soir pour vous faire vivre le second tour des élections municipales en France.

    A partir de 20 heures, vous pourrez découvrir les principaux résultats, ainsi que nos interviews et analyses de la soirée électorale. Sur les réseaux sociaux, nous vous proposerons aussi des vidéos avec nos journalistes pour tout comprendre.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/en-direct-elections-municipales-suivez-les-resultats-du-second-tour-TKPV755PT5GGBKIPLDPR75CJAM/

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    Publish date : 2026-03-22 18:30:00

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  • Italie : pourquoi le référendum sur la magistrature constitue un test crucial pour Giorgia Meloni et son gouvernement

    L’Italie s’apprête à voter pour un référendum crucial. Il s’agit sans doute, note la presse italienne, de l’échéance électorale la plus importante de ces dernières années dans le pays. Et pour cause : ce référendum sur la justice pourrait largement remodeler le fonctionnement de la magistrature en Italie. Mais les élections ont aussi une allure de vote de confiance sur Giorgia Meloni, alors que celle-ci bénéficie actuellement d’une forte popularité, explique Politico.

    Un projet de longue date de la droite

    Concrètement, ce référendum propose d’introduire de nouvelles normes au sein du système judiciaire italien : séparation des carrières entre juges et procureurs, scission en deux du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), nomination des grands magistrats par tirage au sort et instauration d’une nouvelle « Haute Cour disciplinaire ». Si le oui l’emportait, il viendrait valider un projet de réforme dans les cartons depuis près de trente ans. Et renforcerait en outre l’image d’invincibilité que projette aujourd’hui Giorgia Meloni à Rome et à Bruxelles.

    Pourtant, si les sondages ont longtemps placé le « oui » en tête pour ce référendum, la marge tend à se réduire avec le « non ». Si bien que Giorgia Meloni s’est lancée dans une croisade contre la magistrature, qu’elle accuse d’être « biaisée à gauche », suivie par plusieurs membres de son gouvernement, qui redoublent d’efforts pour décrédibiliser le pouvoir judiciaire auprès du grand public. Le ministre de la justice Carlo Nordio a ainsi été jusqu’à accuser le CSM de « fonctionnement quasi mafieux ».

    Polarisation intense

    Des accusations au cœur de la rhétorique de la droite italienne depuis plusieurs décennies, catalysée notamment par l’opération « Mani Pulite » – Mains Propres – des années 1990 et les affaires judiciaires de Silvio Berlusconi. Ces dernières semaines, la campagne pour le « oui » s’est appuyée sur un discours sécuritaire très marqué, la diabolisation des magistrats – accusés d’empêcher le gouvernement de durcir sa politique migratoire – s’accompagnant souvent d’une héroïsation des membres des forces de l’ordre.

    A l’inverse, au sein de l’opposition, des posts sur les réseaux sociaux fleurissent contre cette réforme. Dépeinte comme une atteinte de plus à la démocratie, elle est parfois présentée comme une porte ouverte à des pratiques similaires à celles de l’ICE – la police de l’immigration – aux Etats-Unis.

    La popularité de Meloni en jeu

    En cas de victoire du non, Giorgia Meloni essuierait son premier revers majeur depuis son arrivée au pouvoir. La Première ministre italienne n’a d’ailleurs pas oublié le précédent de Matteo Renzi, contraint de démissionner après l’échec de son référendum en 2016, et a déjà annoncé qu’elle resterait au pouvoir, quelle que soit l’issue du scrutin. Cependant, note The Post Internazionale, une défaite porterait un coup sévère à la majorité actuelle à un an des élections générales prévues en 2027.

    Ce référendum est d’autant plus crucial qu’il intervient dans un contexte délicat, marqué par la guerre en Iran. La crise a révélé au grand jour l’alignement de Giorgia Meloni sur l’administration Trump, contre une grande partie de l’opinion publique italienne.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/en-italie-un-referendum-sur-la-justice-pourrait-consolider-ou-faire-vaciller-giorgia-meloni-3DDY26SAPBFL5H3S2ZTI5XPM4I/

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    Publish date : 2026-03-22 16:15:00

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  • Donald Trump prépare le désengagement américain au Moyen-Orient et met la pression sur l’Otan

    Durant les premiers jours de la guerre, Donald Trump s’est bien gardé de mentionner l’Otan, préférant vanter la puissance de frappe autonome des Etats-Unis. Trois semaines plus tard, le ton du président américain a changé, raconte le Washington Post. Devant la hausse des prix du pétrole, il fait désormais pression sur ses alliés. Avec un but principal : leur déléguer la délicate sécurisation du détroit d’Ormuz.

    Réticences des Européens

    Seulement, après plus d’un an passé à critiquer ses alliés, accusés de ne pas suffisamment contribuer au financement de l’alliance transatlantique, et à menacer directement l’un d’entre eux – le Groenland, et par extension le Danemark -, la partie est loin d’être gagnée pour Donald Trump. Les dirigeants européens n’ont pas non plus oublié les droits de douane massifs infligés par le président américain, qui ont rendu leurs opinions publiques plus sceptiques que jamais vis-à-vis des Etats-Unis.

    Bien qu’inquiets de la hausse des prix de l’énergie, la majorité des alliés restent ainsi prudents à l’idée de s’impliquer dans un conflit, dont la légalité reste encore à prouver. De quoi hérisser le président américain, dont la position s’est durcie cette semaine face au refus européen, allant jusqu’à qualifier l’Otan de « lâche ». « Je pense que l’Otan fait une très grave erreur, a-t-il d’abord déclaré mardi. Je me demande depuis longtemps si l’Otan serait vraiment là pour nous. »

    Pression sur les alliés de l’Otan

    Vendredi, Donald Trump a finalement laissé entendre que le conflit au Moyen-Orient pourrait bientôt devenir la responsabilité de ses alliés seuls. Il a fait savoir que les Etats-Unis envisageaient de « réduire » leurs efforts militaires en Iran, et n’a pas fait mystère de sa volonté de transférer les efforts vers ses alliés. « Le détroit d’Ormuz devra être surveillé et contrôlé, si nécessaire, par les autres nations qui l’utilisent — pas par les États-Unis ! », a-t-il écrit sur Truth Social. « Ce sera une opération militaire facile pour eux », a-t-il affirmé.

    Ce revirement n’est pas surprenant. Depuis le début de la guerre, Donald Trump fait face à une résistance interne, accentuée par certaines conséquences du conflit qui affectent directement l’électorat américain : alors que Téhéran a presque complètement bloqué le détroit d’Ormuz, les prix de l’essence ont augmenté de 33 % au cours du dernier mois aux Etats-Unis, accroissant les divisions au sein même de son parti et faisant craindre une défaite des républicains à l’approche des élections de mi-mandat.

    Flou sur un déploiement de troupes

    Washington continue d’envoyer des signaux contradictoires. Si les Etats-Unis semblent vouloir préparer la fin de la guerre, comme le laissent à penser les derniers propos de Donald Trump, le Pentagone a élaboré plusieurs plans d’actions, dont l’un impliquant notamment le déploiement de plusieurs milliers de parachutistes de la 82e division aéroportée dans des zones clés en Iran, selon deux responsables informés du dossier cités par le Washington Post.

    La Maison-Blanche minimise pour l’instant la possibilité d’un engagement direct de troupes au sol, mais ne l’exclut pas totalement. « Le rôle du Pentagone est de préparer différentes options pour le commandant en chef, a déclaré la porte-parole Karoline Leavitt. Cela ne signifie pas qu’une décision a été prise. » La semaine dernière, le Pentagone a également redirigé plusieurs milliers de Marines depuis le Pacifique vers le Moyen-Orient afin de « renforcer les forces disponibles ».

    Les pays du Golfe revoient leur stratégie sécuritaire

    Dans ce contexte flou, Washington a tenu à rassurer ses alliés arabes, visés par des représailles iraniennes depuis le début du conflit, en les assurant de travailler de pied ferme à garantir leur sécurité. Mais à en croire plusieurs experts, cités par le New York Times, cette guerre pourrait conduire les pays du Golfe à revoir leur stratégie sécuritaire, afin d’être moins dépendants des Etats-Unis.

    Forcée de constater limites de la protection américaine ces dernières semaines, l’Arabie saoudite s’est d’ailleurs déjà tournée vers l’Ukraine, tandis que les Émirats arabes unis ont sollicité l’aide de la France et de l’Australie. Plusieurs gouvernements du Golfe ont également demandé à l’Italie de fournir des systèmes de défense antidrones et antiaériens. Un précédent qui pourrait redéfinir durablement les jeux d’alliance jusqu’alors à l’œuvre dans la région.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/donald-trump-prepare-le-desengagement-americain-au-moyen-orient-et-met-la-pression-sur-lotan-Z7AKB55ZFVELZKNPSOGVJ2A2P4/

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    Publish date : 2026-03-22 12:17:00

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  • EN DIRECT. Municipales : à Paris, la participation est de 14,6 % à midi, soit près du double qu’en 2020

    Les bureaux de vote ont ouvert pour le second tour.

    12h

    A Paris, la participation est de 14,6 % à midi, soit près du double qu’en 2020 (8 % et quelques) et plus qu’en 2014 (11 % et quelques.

    A Paris, la participation est de 14,6 % à midi, soit près du double qu’en 2020 (8 % et quelques) et plus qu’en 2014 (11 % et quelques, selon le ministère de l’Intérieur.

    8h40

    A Marseille, un duel déguisé en triangulaire

    Le Rassemblement national est aux portes de la deuxième ville de France. Face à lui, le maire sortant Benoît Payan, légèrement devant le candidat RN Franck Allisio, revendique une stratégie d’indépendance totale vis-à-vis de LFI. Le candidat insoumis Sébastien Delogu s’est retiré pour éviter une victoire du RN, malgré de fortes tensions avec Benoît Payan.

    >>> Retrouvez notre récit de cette folle semaine d’entre-deux tours marseillais.

    8h35

    A Paris, le retrait calculé de Sarah Knafo

    La candidate d’extrême droite a renoncé à déposer une liste pour le second tour pour consolider son avenir politique avec la droite.

    >>> Retrouvez notre analyse du scrutin parisien.

    8h30

    Les maires français sous-payés ? Voici combien gagnent leurs homologues en Europe

    Recrudescence des incivilités, perte de sens, démissions en cascade… La fonction de maire est de plus en plus complexe à exercer en France, où les salaires sont aussi bien plus bas que dans le reste de l’Europe.

    >>> Retrouvez notre comparateur.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/en-direct-municipales-les-bureaux-de-vote-ont-ouvert-pour-le-second-tour-VEFRKVUJINEYNHLGT3HASWJSWE/

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    Publish date : 2026-03-22 11:07:00

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  • L’Iran affirme que le détroit d’Ormuz est ouvert à tous les navires, à l’exception de ceux liés à l’ennemi

    Le président Donald Trump a encore durci son discours à l’égard de l’Iran samedi soir, menaçant de cibler les infrastructures électriques du pays si Téhéran refusait de rouvrir le détroit d’Ormuz. Dans le même temps, les autorités iraniennes ont affiché leur détermination à ne pas céder et ont poursuivi leurs offensives en lançant une nouvelle vague d’attaques contre Israël.

    Samedi soir, des missiles iraniens ont réussi à percer le système de défense aérienne israélien, pourtant réputé très performant, atteignant Dimona ainsi que la ville proche d’Arad. Les frappes ont causé des destructions matérielles et fait des dizaines de blessés, illustrant la capacité persistante de Téhéran à infliger des dommages malgré trois semaines de bombardements intensifs menés par les États-Unis et Israël

    7h50

    L’Iran affirme que le détroit d’Ormuz est ouvert à tous les navires, à l’exception de ceux liés à l’ennemi

    Le détroit d’Ormuz reste ouvert à toute navigation, à l’exception des navires liés aux « ennemis de l’Iran », a déclaré dimanche le représentant iranien auprès de l’agence maritime de l’ONU, après que le président américain Donald Trump a menacé de cibler les centrales électriques iraniennes si la voie navigable n’était pas « pleinement ouverte » dans les 48 heures.

    La menace d’attaques iraniennes pendant la guerre israélo-américaine contre l’Iran a empêché la plupart des navires de traverser l’étroit détroit, voie de passage pour environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié, menaçant de provoquer un choc énergétique mondial.

    Ali Mousavi a déclaré que Téhéran était prêt à coopérer avec l’Organisation maritime internationale pour améliorer la sécurité maritime et protéger les marins dans le Golfe, ajoutant que les navires non liés aux « ennemis de l’Iran » pourraient franchir le détroit en coordonnant les dispositifs de sécurité avec Téhéran.

    « La diplomatie demeure la priorité de l’Iran. Toutefois, une cessation complète de l’agression ainsi que la confiance mutuelle sont plus importantes », a déclaré Mousavi, ajoutant que les attaques israéliennes et américaines contre l’Iran étaient à l’origine de la situation actuelle dans le détroit d’Ormuz.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/liran-affirme-que-le-detroit-dormuz-est-ouvert-a-tous-les-navires-a-lexception-de-ceux-lies-a-CFYRIV4FKBEDPMYS6GBWUH76EE/

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    Publish date : 2026-03-22 08:11:00

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  • Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy, François Hollande : revenir à l’Elysée, la mission impossible des ex-présidents

    « L’avenir dure longtemps », note Emmanuel Macron en décorant des fidèles début février. Parole de président, nostalgie d’ex-président, espoir de futur président ? Quitter l’Elysée à 49 ans, ce n’est pas emprunter le plus court chemin vers la retraite. Valéry Giscard d’Estaing avait 55 ans en mai 1981 et il fut soudain gagné, impression insupportable pour lui, par le sentiment de ne plus être utile d’autant qu’il estimait, autre désarroi, son œuvre interrompue. Si l’avenir dure longtemps, on en ignore le terme : la gestion du temps se révèle donc essentielle. La Constitution interdit à Emmanuel Macron de se représenter en 2027 – « Le seul élu à qui on impose cela, c’est ma pomme », fulminait-il dès en 2018, un an seulement après être arrivé. Alors il ne pourra qu’être sensible, l’un de ses plus proches le reconnaît, à la promesse de celui des candidats qui s’engagerait à faire un seul mandat, comme Xavier Bertrand il y a cinq ans.

    Etre et avoir été est l’exact opposé de ce mantra cher à Emmanuel Macron, ce fameux « en même temps » ; il est aujourd’hui sa tentation, et même son horizon. Aux Etats-Unis, on ne repasse pas les plats, les battus sont généralement balayés, sauf Nixon, défait en 1960, vainqueur en 1968, sauf Trump, défait en 2020, vainqueur en 2024. Etre et avoir été est une maladie particulièrement contagieuse en France. « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés », quelles qu’aient été les précautions prises. « Serai-je capable d’avoir une seconde vie, de faire autre chose ? […] Quand la politique vous a tout donné, il faut avoir la sagesse de partir avant qu’elle ne vous reprenne ses dons. Aurai-je toujours cette lucidité au moment du départ ? », se demandait Nicolas Sarkozy en 1995, dans Au bout de la passion, l’équilibre. En 2012, au terme de son quinquennat, la boucle est bouclée. Il a atteint le sommet, s’il perd, il s’en va. « L’aiguille, il faut savoir la retirer progressivement », lâche-t-il en Guyane, en mimant le geste. On connaît la suite, quatre ans plus tard il se bat pour regagner sa place.

    « Une situation qui permette de justifier un appel à un ancien président de la République ? Ça peut exister… » François Hollande rit franchement, les mots d’esprit sont ses alliés. Mais l’histoire est là pour montrer l’impossibilité d’un retour, ce qui ne dissuade personne, au contraire, et pousse les plus audacieux à croire qu’ils seront les premiers. L’histoire est là aussi pour établir quelques règles dont le respect semble indispensable pour avoir une chance, certes minime, de réussir.

    Ne pas partir sur un échec

    « Vous ne pouvez pas savoir ce que c’est que d’être battu » : Valéry Giscard d’Estaing prépare avec ses conseillers son fameux Au revoir télévisé. « Clemenceau était un type exceptionnel, qui n’a jamais été président », philosophe Nicolas Sarkozy dans les appartements privés de l’Elysée, au soir du second tour qui a vu François Hollande le battre, le 6 mai 2012 – ce qui ne l’empêche pas, dès le lendemain matin, d’appeler Brice Hortefeux pour lui demander de constituer une association qui défende son bilan. « Les Français n’aiment pas mon mari », avait tranché Bernadette Chirac après l’humiliation de 1988 face à François Mitterrand.

    Perdre, c’est parfois, chez ces monstres de la politique, perdre la face. Valéry Giscard d’Estaing s’isole dans un monastère du mont Athos, en Grèce. Puis file au Canada. Quinze jours dans un ranch où l’on doit tout faire soi-même, au milieu de nulle part, au cœur des Rocheuses, qui se transformeront en une thérapie de six semaines. C’est un homme d’affaires rencontré quelques mois plus tôt, Jean Frydman, qui l’accueille, l’écoute, mieux le fait parler. Un retour sur la défaite qui ira jusqu’à évoquer cette arrogance que le polytechnicien et énarque avait fini par renvoyer, qui ira jusqu’à susciter cette confession rapportée par Le Monde : « Je suis l’homme de mon milieu. »

    Perdre, c’est s’inventer une nouvelle vie et s’obliger à l’aimer. Les tournées avec Carla, les dîners avec des chanteurs dans la villa d’Auteuil, les week-ends dans la superbe villa des Bruni-Tedeschi au cap Nègre, le cinéma italien en VO, les conférences au bout du monde à 100 000 dollars la prestation : Nicolas Sarkozy 2012 paraît se griser de sa manière de tourner la page. Soudain, l’été prochain… Un jour de juillet 2013, devant des interlocuteurs estomaqués, il se lance dans son discours de retour. Plus de deux minutes sans pause.

    Perdre est tellement déconseillé que François Hollande trouve, en 2017, la martingale : le meilleur moyen d’éviter la défaite, c’est de ne pas se représenter, il suffisait d’y penser. Emmanuel Macron, lui, a enchaîné deux victoires, une performance qui s’inscrit dans les annales. Son échec serait ailleurs : il avait fait du retour au plein-emploi à la fin de sa présidence l’un de ses principaux marqueurs, le chômage frôle les 8 % et progresse fortement chez les jeunes. Il est toujours à l’Elysée, son bilan commence à être détricoté.

    Il existe la double peine : perdre et prononcer des mots définitifs. Lionel Jospin, accablé par le coup de tonnerre du 21 avril 2002, « assume pleinement la responsabilité de cet échec et [il] en tire les conclusions en [se] retirant de la vie politique ». Ces propos ne faciliteront pas sa tentative de résurrection en 2006.

    Trouver le bon chemin

    François Hollande observe de près Emmanuel Macron, il en a l’habitude après tant d’années. Cette fois, deux choses le frappent : d’abord le président n’a pas constitué un parti dévoué et dirigé par un fidèle. Le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, qui estime que le chef de l’Etat a déjà annoncé son envie de revenir en 2032, a changé le siège et modifiera bientôt le nom du mouvement. Ensuite, Emmanuel Macron n’a pas, selon le Corrézien, installé une doctrine qui constituerait sa colonne vertébrale. Bref, « il n’a pas créé les conditions qui lui permettent de traverser le temps long ».

    Contrairement à ses prédécesseurs, l’actuel chef de l’Etat manque d’un ancrage local. C’est par lui que Valéry Giscard d’Estaing avait emprunté le chemin censé le reconduire au sommet. Alors que ses biographes pensent qu’il a décidé très rapidement, dès l’automne 1981, de tenter un retour, VGE se présente aux élections cantonales de 1982, à Chamalières, commune dont il a été maire de 1967 à 1974. Il est triomphalement élu avec 72 % des suffrages au premier tour, dans un département ancré à gauche. En septembre, il intervient à la télévision pour la première fois depuis sa défaite à l’élection présidentielle en participant à l’émission phare de l’époque, L’Heure de vérité. En septembre 1984, il retrouve les bancs de l’Assemblée nationale, élu député du Puy-de-Dôme avec un score record dans son parcours politique pour une législative. Numéro 1 : il rêve de devenir le premier Premier ministre de la première cohabitation. François Mitterrand le lui a fait miroiter par l’intermédiaire de Michel Charasse, un avion du Groupe de liaisons aériennes ministérielles (GLAM) attend sur le tarmac de l’aéroport de Clermont-Ferrand, au cas où… Il lui faudra se contenter de devenir plus tard président de la région Auvergne, obligé de passer son tour à l’élection présidentielle de 1988, obligé de renoncer encore sept ans plus tard. Il a pourtant cru en ses chances jusqu’au dernier moment. En 1995, il publie Dans cinq ans, l’an 2000. S’il sait compter, les Français ne comptent plus sur lui : le 7 mars 1995, il annonce qu’il renonce.

    Nicolas Sarkozy repasse aussi par la politique. « Personne n’a su prendre ma place après 2012, alors qu’elle était vacante », confie-t-il après son retour. « Je suis battu de peu. Quelques mois plus tard, mon parti est au bord de l’explosion. Je reviens parce que tout est détruit, sinon je serais resté chez moi. » Le 19 septembre 2014, il se présente à la présidence du parti de droite d’alors, l’UMP, et l’emporte dès le premier tour. « Son erreur sera d’accepter la primaire car sinon, il avait fait le travail », remarque François Hollande. Le 22 août 2016, Nicolas Sarkozy officialise sa candidature à la compétition de la droite. Dans son livre Tout pour la France, il écrit : « J’ai décidé d’être candidat à la présidentielle de 2017. La France exige qu’on lui donne tout ». Il finira troisième.

    Le livre : c’est également en tenant la plume que Lionel Jospin essaie de chasser ses paroles de 2002. Il publie Le monde comme je le vois en octobre 2005, fait part de sa disponibilité (« Je me poserai la question », il est « capable d’assumer la charge de chef de l’État »), mais il n’aurait eu sa chance que parce que la nature a horreur du vide. Or la place est prise : Ségolène Royal est indélogeable.

    Se renouveler soi-même

    « Ce sont des histoires différentes et, en même temps, c’est toujours moi » : quand Nicolas Sarkozy remontre le bout de son nez après sa défaite, il veut être ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Se renouveler, renouveler sa personnalité comme ses propositions, reste le défi majeur pour un homme au cœur de l’actualité pendant plus de dix ans. Surtout, ne pas parler comme un ex : « Celui qui n’est pas capable de venir, un dimanche matin, militant parmi les militants, n’est pas capable de faire de la politique, explique-t-il à son auditoire un jour gris en Bretagne. Il ne faut pas dire qu’on est proche des gens, il faut le montrer. Je parle devant vous comme si vous étiez 300 000. »

    Le problème, c’est qu’il a gardé certains de ses vieux habits. Tandis qu’il s’entretient avec des chefs d’entreprise, il leur lance soudain, le doigt tendu vers eux : « Voilà tout ce que j’ai fait pour vous. Et vous, qu’avez-vous fait pour moi ? » Le souci quand on a un passé, c’est qu’il ne passe pas toujours.

    A défaut de changer soi-même, changer la fonction à laquelle on aspire ? François Hollande s’y essaie et évolue dans ses réflexions institutionnelles. Lui qui voulait supprimer la fonction de Premier ministre considère maintenant qu’un nouveau partage des pouvoirs doit s’exercer entre le président et le chef du gouvernement : après 2027 le locataire de l’Elysée serait moins chef de l’exécutif, moins chef de la majorité, un rôle qu’Emmanuel Macron aurait pu imaginer, selon lui, en 2024 après la défaite de son camp aux législatives. « Sachons nous réinventer, moi le premier », promettait déjà en 2020 l’actuel chef de l’Etat. Celui-là même qui observait, le 18 février en Inde : « À chaque fois que j’ai eu trop confiance en moi, j’ai fait des erreurs, de grosses erreurs. » Un homme, un président change-t-il jamais ?



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/emmanuel-macron-nicolas-sarkozy-francois-hollande-revenir-a-lelysee-la-mission-impossible-des-ex-V7K3HWRB6FFEFFFRNCZKX3UOWY/

    Author : Eric Mandonnet

    Publish date : 2026-03-22 06:00:00

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  • Leonardo Maria Del Vecchio, patron de Ray-Ban : « L’Europe est l’échelle minimale pour compter dans le monde »

    Leonardo Maria Del Vecchio nous reçoit dans les bureaux de LMDV Capital, son family office avec vue sur Milan. Il affiche la détermination de ceux qui ne veulent pas être seulement perçus comme les héritiers d’un nom. Le sien est l’un des plus prestigieux du capitalisme italien – son père disparu en 2022 est le fondateur de l’empire Luxottica. A tout juste trente ans, celui qui préside Ray-Ban et officie comme Chief Strategy Officer d’EssilorLuxottica veut s’imposer comme un acteur incontournable de l’économie de la péninsule. A travers LMDV Capital, il déploie une stratégie d’investissement diversifiée, avec déjà plus de 50 participations en seulement quatre ans. Un portefeuille qui vise à exalter et défendre les excellences du made in Italy : des restaurants haut de gamme à Milan (Casa Fiori Chiari, Vesta, Trattoria del Ciumbia) à l’acquisition d’une marque historique d’eau minérale Acqua e Terme Fiuggi. Il nous livre sa vision entre pragmatisme économique et défense de la souveraineté italienne et européenne.

    L’Express : Les entreprises dans lesquelles vous investissez sont essentiellement italiennes. Pourquoi cette préférence ?

    Leonardo Maria Del Vecchio : C’est un choix de cœur autant que stratégique. Je crois profondément en la force des entreprises italiennes lorsqu’elles sont soutenues par une organisation, une technologie et une vision internationale. Notre système industriel possède encore un énorme potentiel à exprimer sur les marchés mondiaux, s’il est placé dans les bonnes conditions.

    L’Italie est un pays unique car elle parvient à unir des mondes qui, ailleurs, sont séparés : tradition et innovation, artisanat et technologie, esthétique et ingénierie. Cette combinaison rend le made in Italy non seulement reconnaissable, mais aussi compétitif pour l’avenir. Rares sont les pays qui peuvent compter sur une telle concentration de compétences, de créativité et de culture entrepreneuriale.

    Il y a ensuite une dimension personnelle. Le choix de concentrer une grande partie de nos investissements en Italie naît de mon histoire familiale. Mon père, Leonardo Del Vecchio, en partant de rien, a bâti un groupe, Luxottica, devenu le symbole du made in Italy dans le monde. En grandissant à ses côtés, j’ai appris que le véritable avantage compétitif ne réside pas seulement dans le produit, mais dans la discipline industrielle et le courage d’innover sans perdre ses racines.

    Les finances publiques italiennes s’améliorent et la confiance des marchés est de retour. Pour autant, la productivité stagne et l’adoption des technologies numériques dans les entreprises est à la traîne. Le pays ne risque-t-il pas de perdre du terrain sur le front de l’innovation ?

    Ces dernières années, le monde n’est pas simplement en train de changer : il accélère. Le problème n’est pas de rester à la traîne, c’est de s’illusionner en pensant que le changement est plus lent qu’il ne l’est réellement. Je perçois ces transitions comme des moments où se créent les plus grandes opportunités. L’Italie se trouve aujourd’hui dans une position paradoxale. Soit nous décidons de faire un saut de paradigme, soit nous risquons de gaspiller une occasion historique.

    Nous possédons une tradition industrielle extraordinaire, mais cela ne suffit plus. La qualité, seule, ne peut assurer le succès si elle n’est pas accompagnée de logiciels, d’automatisation, d’intelligence artificielle. Aujourd’hui, la compétition se joue sur la vitesse de décision pour intégrer technologie et culture industrielle. L’innovation n’est pas un sujet idéologique : c’est une question de survie compétitive.

    Le plus grand risque, à mon avis, n’est pas de perdre du terrain par rapport à d’autres pays, mais de ne pas croire pleinement en notre potentiel. En Italie, il existe des entrepreneurs excellents, des universités de niveau international et des talents qui sont souvent plus appréciés à l’étranger. La question n’est pas de savoir si nous savons innover, mais pourquoi nous ne parvenons pas encore à le faire de manière systémique.

    Quelles sont les réformes urgentes que l’Italie doit entreprendre pour relancer la croissance atone de son économie ?

    Plutôt que de faire « plus de réformes », il faut comprendre si les règles que nous écrivons sont compatibles avec le monde dans lequel nous vivons. L’économie devient de plus en plus interconnectée, rapide, basée sur des technologies qui évoluent en quelques mois, et plus en décennies. Continuer à la gouverner avec des outils pensés pour une autre époque signifie perdre du temps et de la compétitivité.

    En Europe, et souvent aussi en Italie, nous adoptons des réformes sous l’effet de la peur. C’est compréhensible, mais ce n’est pas une stratégie industrielle. Au lieu d’accompagner la croissance contrôlée de nouvelles technologies pour en comprendre réellement les forces et les faiblesses, nous avons tendance à bloquer, reporter ou sur-réglementer. Le résultat est que l’innovation ne disparaît pas : elle se déplace simplement ailleurs. Et quand elle arrive de l’extérieur, nous la subissons sans avoir contribué à en définir les règles.

    Il y a ensuite un sujet structurel que je vois chaque jour en tant qu’investisseur : le temps. Le vrai coût pour ceux qui entreprennent en Italie n’est pas seulement fiscal ou bureaucratique, c’est la lenteur. Délais d’autorisation interminables, incertitude normative, interactions complexes avec l’administration… Dans un monde qui bouge en temps réel, arriver tard équivaut souvent à perdre.

    Le rapport entre public et privé doit devenir beaucoup plus rapide, fluide et mesurable. Nous n’avons pas besoin d’un État moins présent, mais d’un État qui fonctionne comme une plateforme : clair dans ses règles, rapide dans ses réponses, capable de dialoguer avec les entreprises pendant que les transformations s’opèrent, et non quand elles sont déjà achevées.

    Enfin, il y a la question du capital humain. Nous avons des talents extraordinaires, mais nous ne créons pas les conditions pour qu’ils restent ou reviennent. Rendre le pays attractif signifie combiner une fiscalité compétitive, des services efficaces, des infrastructures modernes et un contexte réglementaire qui récompense ceux qui investissent et expérimentent.

    L’Allemagne s’est rapprochée récemment de l’Italie, pour s’opposer notamment à toute guerre commerciale avec les Etats-Unis, sur fond de divorce avec la France sur plusieurs dossiers – Mercosur, SCAF, saisie des réserves de la Banque centrale russe… Le tandem Rome-Berlin peut-il devenir le nouveau moteur de l’Europe ?

    L’Europe fonctionne lorsqu’elle parvient à mettre en réseau ses grandes économies et lorsqu’elle cesse de raisonner par réflexes idéologiques. Il ne sert à rien de remplacer un axe par un autre : il faut comprendre quelles alliances produisent une croissance réelle pour les entreprises.

    Il n’existe pas d’Italie forte sans une Europe forte. Tout comme il n’existe pas d’Allemagne ou de France compétitives seules. Dans un monde dominé par de grands blocs économiques et technologiques, la dimension nationale n’est plus suffisante. L’Europe n’est pas une contrainte à gérer, c’est l’échelle minimale pour compter réellement. Je pars d’un point précis : un partenariat solide avec les États-Unis est une bonne chose pour l’Europe et pour l’Italie. Dans la phase récente, il y a eu des tensions sur les marchés et il est naturel que des frictions apparaissent, mais imaginer une guerre économique avec l’Amérique n’a aucun sens industriel. Nos entreprises vivent de chaînes de valeur mondiales, d’exportations, d’intégration technologique. Rompre ce rapport reviendrait à nous affaiblir nous-mêmes.

    De ce point de vue, l’approche pragmatique de l’Italie et de l’Allemagne me semble plus visionnaire que d’autres positions plus idéologiques. Défendre les intérêts européens est juste, mais le faire en érigeant des barrières commerciales ou en durcissant les rapports transatlantiques risque d’être contre-productif. La compétition mondiale ne se gagne pas en se fermant, mais en choisissant bien avec qui coopérer.

    L’Italie et l’Allemagne partagent une structure industrielle très similaire : industrie manufacturière avancée, export, intégration profonde dans les filières mondiales. Il est naturel que sur ces thèmes, elles trouvent des convergences. Non pas parce qu’elles seraient « contre » quelqu’un, mais parce qu’elles ont un intérêt direct à maintenir les marchés ouverts, à attirer des investissements et à rester connectées à l’innovation qui naît aussi hors d’Europe.

    Le vrai sujet, pour moi, n’est pas de construire des axes géopolitiques par principe, mais de les utiliser pour faire de la politique industrielle européenne. Si le dialogue Rome-Berlin sert à renforcer la compétitivité de l’Europe dans son ensemble, à coordonner des choix sur l’énergie, l’industrie et la technologie, alors il est utile. S’il devient un exercice de positionnement politique national, il perd son sens. Je crois que l’avenir de l’Europe ne sera pas guidé par un unique tandem dominant, mais par des alliances variables, construites sur les contenus. Parfois l’axe avec l’Allemagne, d’autres fois des coalitions plus larges. L’important est de ne pas perdre de vue l’objectif : faire de l’Europe un lieu attractif pour les entreprises, les capitaux et l’innovation, dans un monde de plus en plus compétitif.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/leonardo-maria-del-vecchio-patron-de-ray-ban-leurope-est-lechelle-minimale-pour-compter-dans-le-7WIG6IYE45DDDAJSW2NH7M3NW4/

    Author : Olivier Tosseri

    Publish date : 2026-03-21 10:30:00

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  • Iran : pourquoi la stratégie de décapitation de tous les hauts responsables iraniens pourrait s’avérer contre-productive

    La stratégie de « décapitation » portera-t-elle ses fruits ? Alors qu’Israël a annoncé mercredi la mort du ministre du renseignement iranien Esmail Khatib, au lendemain de celle du dirigeant de facto du pays Ali Larijani, plusieurs spécialistes s’interrogent sur l’efficacité de ces frappes ciblées à moyen et long terme. Du côté d’Israël et des Etats-Unis, viser les ténors du régime, bien que cela soit illégal au regard du droit international, a pour objectif de l’affaiblir et d’éviter des enlisements militaires, en décourageant notamment les cadres subalternes d’accepter des fonctions devenues extrêmement dangereuses. En parallèle, les milliers de bombardements menés contre la République islamique visent à restreindre toute riposte militaire.

    Mais certains observateurs du conflit sont dubitatifs. Car au cœur du problème se trouvent la structure et la résilience du régime iranien. La figure du « martyr » est en effet profondément ancrée dans l’idéologie de la République islamique d’Iran, et l’élimination de hauts dirigeants, à défaut de raccourcir la guerre, peut attiser un désir de vengeance et fermer les voies diplomatiques — prolongeant ainsi le conflit. « Ce régime se nourrit d’une théologie de la souffrance, donc plus il y aura d’assassinats, plus il deviendra résilient, et des individus moins expérimentés accéderont à des postes plus élevés », a par exemple expliqué Bader Al-Saif, historien, lors d’une conférence du Middle East Institute.

    Un second souffle

    « Ce n’est pas un régime personnalisé. Il existe des couches institutionnelles sous chaque individu et j’imagine que la réponse à ces frappes de décapitation consiste simplement à promouvoir des cadres en interne – même si cela comporte le risque de faire émerger des individus inconnus et non expérimentés », abonde auprès du Guardian Sanam Vakil, experte de l’Iran à Chatham House. Elle poursuit : « Pour l’instant, [cette stratégie de décapitation] semble surtout faire gagner du temps (…), mais il existe un risque que cela redonne un second souffle au système en revitalisant un régime qui était en perte de vitesse, où ceux qui montent en grade ont vu leurs mentors, leurs supérieurs et des membres de leur famille être tués. »

    Les experts sont d’autant plus circonspects que par le passé, les assassinats menés par Israël n’ont pas eu de grand succès. Un exemple : la mort du chef spirituel du Hamas, le cheikh Ahmed Yassin en 2004, qui n’a pas empêché le groupe de se reconstituer. L’élimination des figures clés lors de la guerre d’Irak en 2003, menée par les Etats-Unis, n’a, elle non plus, nullement conduit à la démocratisation du régime, bien au contraire.

    Un soulèvement peu probable

    « L’un des mythes répandus au sein du gouvernement américain après le 11-Septembre et avant l’invasion de l’Irak était qu’il suffisait d’éliminer la « sale douzaine » [de hauts responsables du régime] en Irak. Je pensais que c’était une mauvaise idée à l’époque, et ça l’est toujours aujourd’hui », a commenté Jon B. Alterman, du Center for Strategic and International Studies à Washington, auprès du Guardian. « Un point qui n’a pas reçu suffisamment d’attention est que si l’on élimine les personnes qui ont de l’influence auprès des éléments les plus radicaux, il ne reste plus personne capable de les arrêter. On a aussi l’impression que la résilience du régime iranien est sous-estimée. Il est peut-être possible de provoquer une division interne, mais je ne vois aucune preuve de l’existence de démocrates modérés prêts à prendre le relais », développe-t-il.

    La situation est complexe car même en cas de déstabilisation du régime, un soulèvement populaire victorieux n’apparaît pas forcément comme le scénario le plus probable. Dans un article publié en janvier dans le magazine américain Foreign Affairs, Afshon Ostovar, spécialiste du Moyen-Orient à la Naval Postgraduate School, avance qu’un éventuel coup d’Etat aurait plus de chances d’émaner de l’intérieur du Corps des gardiens de la révolution islamique — l’acteur le plus puissant du pays — et viserait avant tout à maintenir les structures en place, une hypothèse jugée crédible par plusieurs experts. En outre, Donald Trump a lui-même reconnu plus tôt dans la guerre que l’élimination de dirigeants clés pourrait compromettre les chances d’une transition politique. « Imaginer une issue diplomatique à cette guerre — c’est très difficile », conclut Daniel Sheffield, professeur assistant à l’université de Princeton, cité par CNN.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/pourquoi-la-strategie-americano-israelienne-visant-a-eliminer-les-hauts-responsables-iraniens-J5LJRIWUCZGGLBYS4HE2OJ3O54/

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    Publish date : 2026-03-21 10:36:00

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  • Iran : en visant Diego Garcia, Téhéran révèle une capacité de frappe bien plus longue qu’estimée

    C’est une nouvelle qui pourrait marquer un tournant dans le conflit opposant la coalition israélo-américaine et l’Iran. Ce 21 mars, la République islamique a tiré pour la première fois des missiles balistiques de portée intermédiaire vers Diego Garcia, la base militaire conjointe américano-britannique nichée au cœur de l’océan Indien, selon plusieurs responsables américains cités par le Wall Street Journal. Selon ces mêmes sources, dont l’une s’est également exprimée auprès de CNN, deux missiles ont été lancés : l’un a échoué en vol en raison d’un problème technique encore inconnu, tandis que l’autre aurait été intercepté par un destroyer américain équipé d’un système SM-3. Une interception qui n’a toutefois pas été officiellement confirmée par le Pentagone.

    Londres, en revanche, est sorti de sa réserve. Le ministère britannique de la Défense a dénoncé des « attaques imprudentes de l’Iran », tandis qu’une source officielle a confirmé à l’AFP que la tentative de frappe avait échoué. Côté iranien, l’agence de presse Mehr revendique implicitement l’opération, évoquant une cible visant « la base militaire des oppresseurs à Diego Garcia » et qualifiant cette action d’ »étape importante » dans la capacité de Téhéran à menacer les intérêts américains au-delà de son environnement régional immédiat.

    Située sur une île isolée de l’archipel des Chagos, sous souveraineté britannique, la base de Diego Garcia constitue un point névralgique pour les opérations militaires américaines, abritant sous-marins nucléaires, bombardiers stratégiques et destroyers. Elle accueille notamment des bombardiers à longue portée, régulièrement mobilisés dans les opérations au Moyen-Orient. En 2025, Londres a conclu un accord prévoyant la rétrocession de l’archipel à l’île Maurice, tout en sécurisant un bail de 99 ans pour maintenir cette présence stratégique. Dans le même temps, le Royaume-Uni a autorisé les États-Unis à utiliser Diego Garcia ainsi que la base de Fairford, dans le sud-ouest de l’Angleterre, pour des opérations « défensives » contre l’Iran, visant notamment ses capacités de frappe. Une décision qui a immédiatement suscité la colère de Téhéran : le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a accusé le Premier ministre Keir Starmer de mettre « des vies britanniques en danger », affirmant que l’Iran exercerait « son droit à la légitime défense ».

    Une distance qui inquiète

    Mais plus que l’épisode lui-même, c’est la distance parcourue par les missiles qui suscite l’attention… et l’inquiétude. La base visée se situe à près de 4 000 kilomètres des frontières iraniennes, soit bien au-delà de la portée officiellement reconnue par Téhéran, fixée à 2 000 kilomètres. Selon Iran Watch, une plateforme basée à Washington qui surveille et analyse les programmes nucléaires, balistiques et d’armes de destruction massive de l’Iran, le pays possède déjà des missiles capables d’atteindre 4 000 kilomètres, tandis que le centre israélien Alma estime leur portée maximale à 3 000 kilomètres, avec des projets d’armes plus longues encore.

    Cette frappe relance ainsi les interrogations autour du missile Khorramshahr-4, fer de lance de l’arsenal balistique iranien. Officiellement capable de parcourir entre 2 000 et 3 000 kilomètres, ce missile pourrait en réalité aller bien au-delà. « S’il est confirmé que l’Iran a tiré 2 missiles capables d’atteindre Diego Garcia dans l’océan indien (4 000 kilomètres), cela confirme que Paris est à portée de tir depuis l’Iran », a commenté sur X Jean-Dominique Merchet, auteur du blog Secret Défense et journaliste à L’Express. Le Royaume-Uni, de son côté, discute actuellement d’un transfert de souveraineté de Diego Garcia et des Chagos à l’île Maurice, tout en maintenant un bail à long terme pour la base. Mais cette perspective se heurte à l’opposition du président Donald Trump et de certains élus républicains, renforçant l’importance géopolitique de l’île.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-en-visant-diego-garcia-teheran-revele-une-capacite-de-frappe-bien-plus-longue-questimee-FNHIYCHWB5HJXNF6SLBPB6ZKZI/

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    Publish date : 2026-03-21 12:44:00

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  • « Une fâcheuse tendance à se tromper » : sur l’énergie, l’Europe apprendra-t-elle enfin de ses erreurs ?

    Mieux vaut tard que jamais. En reconnaissant, sans ambiguïté, que l’Europe n’aurait pas dû se détourner de l’énergie nucléaire, Ursula von der Leyen a dit tout haut ce que de nombreux experts pensaient tout bas depuis des lustres. Ce mea-culpa tardif laisse toutefois un goût amer : combien d’années perdues pour l’Europe ?

    Dans une chronique récente pour L’Express, Cécile Maisonneuve, présidente de Decysive, remettait l’église au milieu du village : en 1995, le Vieux Continent tirait 33 % de son électricité du nucléaire et importait 44 % de son énergie. Aujourd’hui, les rapports se sont inversés : les importations représentent 54 %, tandis que la part du nucléaire dans la production électrique est retombée à 23 %. Quelle Europe aurions-nous aujourd’hui si nous avions choisi d’associer nucléarisation et décarbonation, au lieu de les opposer ? Dans ce scénario contrefactuel, la dépendance aux marchés gaziers serait moins prononcée et l’industrie européenne mieux protégée des secousses géopolitiques.

    L’Allemagne, qui assiste aujourd’hui à la fin de son règne dans l’automobile, afficherait ainsi un autre visage. Mieux, si Berlin avait choisi de fermer d’abord ses centrales à charbon plutôt que son parc nucléaire, jusqu’à 1 100 millions de tonnes de CO2 auraient pu être évitées d’ici 2035 -, l’équivalent de près de trois années d’émissions françaises. Le coût économique et sanitaire imputable à cette trajectoire avoisine les 12 milliards de dollars par an. Autant de chiffres qui rappellent que les décisions énergétiques ont un impact durable — et que les occasions perdues se paient au prix fort.

    « Fâcheuse tendance à se tromper tout le temps »

    Hélas, l’Europe n’en est pas à sa première erreur sur l’énergie. « Elle a même une fâcheuse tendance à se tromper tout le temps », ironise tristement Thierry Bros, enseignant à Sciences po Paris. Pour l’essayiste Adina Revol, ancienne porte‑parole de la Commission européenne en France, la faute la plus « impardonnable » est la dépendance au gaz russe, enracinée dès les années 1970. A l’époque, le chancelier ouest-allemand Willy Brandt cherche à apaiser les tensions avec l’Union soviétique. Il développe la théorie de l’Ostpolitik : une dépendance économique mutuelle réduirait les risques de conflit, puisque tout le monde aurait trop à perdre. « Il y avait une foi inébranlable en cette doctrine. Rétrospectivement, c’était très naïf », remarque Andreas Rüdinger, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).

    Le projet des gazoducs Nord Stream entre la Russie et l’Allemagne matérialisera cette croyance. Le premier est mis en service en 2012, « avec l’accord de l’ensemble des grandes puissances européennes », se souvient Thierry Bros, impliqué dans les discussions. L’image, symboliquement forte, restera : celle d’une Angela Merkel tout sourire ouvrant les vannes aux côtés de Dmitri Medvedev. Le second gazoduc, achevé en 2021, sera bien plus controversé. Plusieurs Etats dont les pays baltes, la Pologne et l’Ukraine s’y opposaient. Mais l’Allemagne, obligée de trouver une solution pour compenser son nucléaire disparu, a pesé de tout son poids, enfermant l’Europe dans une allégeance qui allait s’avérer extrêmement coûteuse. « Gazprom a su rallier de nombreuses personnalités européennes influentes, d’anciens responsables politiques comme l’ex-chancelier Gerhard Schröder, qui ont fait du lobbying en sa faveur », rappelle l’économiste suédois Anders Åslund, ancien conseiller gouvernemental. Certains continuent d’ailleurs d’agir en ce sens, à Paris comme ailleurs !

    L’hydrogène, « ce rêve trop coûteux »

    L’Europe aurait mieux digéré la fermeture du robinet du gaz russe si plusieurs pays – la France, la Suède ou encore la Belgique – n’avaient pas simultanément décidé de réduire la voilure sur le nucléaire, dans le contexte post Fukushima. Pour amortir cette capacité perdue dans l’atome et pallier l’intermittence de l’éolien et du solaire, le gaz s’est imposé comme la variable d’ajustement. Seul hic : il est loin d’être neutre pour le climat. Alors, pour obtenir l’aval de Bruxelles et pouvoir construire de nouvelles centrales thermiques, l’Allemagne a promis de les convertir à l’hydrogène d’ici à 2045. Un vœu pieux : la majeure partie de l’hydrogène produit en Europe ne se fait pas à partir de renouvelables, mais à l’aide d’un procédé industriel reposant… sur du méthane. Depuis 2020, Bruxelles a certes multiplié les mécanismes de soutien à l’hydrogène vert. Mais « ce rêve, trop coûteux, ne se concrétisera pas », tranche Simone Tagliapietra, chercheur à l’Institut Bruegel. « L’Europe a été incapable de faire émerger un écosystème complet. Elle aurait pu devenir la référence mondiale. Mais comme dans les batteries électriques, elle est en train de se faire distancer par la Chine », déplore-t-on chez un grand industriel français.

    Le GNL (gaz naturel liquéfié) américain inonde, en revanche, le Vieux Continent, ravivant les craintes d’une nouvelle soumission. Depuis l’invasion russe de l’Ukraine, les importations venant des Etats-Unis ont été multipliées quasiment par quatre. L’Europe achète désormais près de 60 % de son GNL à Donald Trump. Or l’imprévisible président semble bien décidé à utiliser l’énergie comme un moyen de pression, voire de chantage. « L’UE s’est toujours retrouvée en décalage avec les dynamiques à l’œuvre hors de ses frontières », constate amèrement Francesco Sassi, chercheur à l’Université d’Oslo (Norvège).

    Pas de bon narratif

    En réalité, les Vingt-Sept font face à une équation insoluble : l’énergie peut être abordable, durable ou disponible, mais rarement les trois à la fois. « Dans les années 1990 et 2000, les gouvernements se sont focalisés sur le premier critère en se tournant vers le gaz russe, explique Jonathan Stern, professeur à l’Oxford Institute for Energy Studies. Durant les années 2010, la durabilité prévalait, ce qui a conduit à une dépendance accrue vis-à-vis des panneaux solaires et des terres rares chinoises ». Aujourd’hui, la sécurité d’approvisionnement devient un enjeu majeur, ce qui oblige les demandeurs à payer plus cher.

    Mais comment prendre les bonnes décisions quand les Etats membres, responsables nationalement de leur mix énergétique, s’entre-déchirent ? Bruxelles et Strasbourg ont souvent été le terrain de jeu d’oppositions partisanes. Sur le nucléaire, la taxonomie verte, la réforme du marché électrique… « On a parfois perdu beaucoup de temps sur des débats qui n’avaient aucun sens », regrette Andreas Rüdinger. Selon lui, le problème est encore plus profond : « L’UE n’a jamais réussi à trouver le bon narratif pour vendre sa transition bas-carbone ». « Avoir bâti le Green Deal, l’agenda vert, sur des réglementations plutôt que sur des investissements était une erreur », confirme Anders Åslund. Dès le départ, les instances européennes se sont fourvoyées en oubliant d’intégrer la question industrielle à celle de l’énergie. Parviendront-elles enfin à rectifier le tir ?

    Argent et lisibilité

    L’Europe n’a plus vraiment le choix, sous peine de voir son décrochage avec les Etats-Unis et la Chine s’amplifier. Première piste : soutenir enfin, et résolument, le nucléaire. Les formules diplomatiques ne suffisent plus. « Les 200 millions d’euros de garantie bancaire annoncés récemment par Bruxelles pour encourager les petits réacteurs nucléaires innovants sont une peccadille face aux besoins réels », rappelle un patron du secteur. Un petit modèle de quatrième génération coûte à lui seul la bagatelle d’un milliard d’euros. Pour les gros EPR, la facture unitaire s’envole bien au-delà des dix milliards. Ce fardeau du financement pourrait pourtant être allégé. Si l’Europe mobilisait vraiment tous les canaux dont elle dispose, le coût du nucléaire chuterait de 60 %, confiait récemment l’eurodéputé Renew Christophe Grudler à L’Express.

    Tout n’est pas qu’une question d’argent : l’UE manque aussi cruellement de lisibilité réglementaire. « Si on n’enlève pas toutes les couches administratives qui plombent le nucléaire, ça ne marchera jamais », avertit Damien Ernst, professeur à l’université de Liège (Belgique). Pourquoi ne pas instituer une certification unique pour chaque type de réacteur, valable dans toute l’Union, qui éviterait de recommencer le processus à chaque implantation nationale, s’interroge l’expert ? Une telle mesure ouvrirait d’emblée aux acteurs de la filière un marché européen élargi.

    Enfin, plus encore que ses aides financières et son corpus de règles, l’Europe doit absolument revoir sa vision de long terme. « C’est sa grande faiblesse : elle n’a pas su intégrer cette dimension dans ses réflexions sur l’énergie, contrairement à la Chine ou aux Etats‑Unis », souligne Eric-André Martin, ancien diplomate et analyste géopolitique. Il est donc temps pour le Vieux Continent de se poser les questions qui fâchent, sur le gaz par exemple. « Jusqu’ici, aucune stratégie européenne solide n’a été élaborée : le sujet est tabou », constate Cécile Maisonneuve. Crise après crise, les responsables politiques s’accrochent encore et toujours au même sparadrap : le plafonnement des prix…

    Le débat des ressources domestiques

    Repenser l’approvisionnement est devenu une nécessité. « Est-ce que tous les pays européens tirent parti de leurs ressources domestiques ? La réponse est non. Cela permettrait pourtant de réduire la facture énergétique de 10 %. Ce n’est pas négligeable », poursuit Cécile Maisonneuve. Le débat émerge en Allemagne, mais il promet d’être houleux : prolonger l’exploitation des énergies fossiles, même modestement, revient à assumer une réalité que beaucoup de partis refusent encore de voir. La solution pourrait venir d’un rééquilibrage du côté des fournisseurs. La Norvège, qui couvre un tiers des besoins européens en hydrocarbures, est toute disposée à monter en puissance. La concurrence risque même de devenir féroce entre les pays européens, pour sécuriser le précieux gaz venu de cet Etat bien plus fréquentable que la Russie.

    Autre sujet épineux, le système d’échange de quotas d’émission carbone (ETS). Conçu en 2005 pour réduire les émissions de CO2, il affecte la compétitivité des entreprises. « Nous sommes les seuls à nous imposer un tel mécanisme », relève un spécialiste. Les Etats‑Unis s’en désintéressent et la Chine se donne plus de temps. L’Italie presse la Commission européenne de le suspendre. La France, de l’assouplir. « Cela choquera peut‑être, mais il faut sérieusement réfléchir à une révision des objectifs du Green Deal », lâche Hartmut Lauer, ancien dirigeant d’un groupe énergétique allemand. Les cibles, fixées il y a plusieurs années, paraissent aujourd’hui hors d’atteinte pour nombre de pays.

    Certains signaux sont néanmoins prometteurs. Ursula von der Leyen, ancienne défenseure de l’ETS, propose désormais des ajustements ciblés et invite l’UE à se fixer « une trajectoire de décarbonation plus réaliste au-delà de 2030 ». Un pragmatisme qu’il faudra également appliquer à la sécurité de nos installations. Car c’est un autre enseignement de la crise en Iran : les attaques physiques ou numériques à l’encontre des complexes énergétiques deviennent monnaie courante. Un point de vulnérabilité majeur pour l’Europe. Il faudra bien que ses dirigeants se préoccupent de cet angle mort, afin d’éviter, demain, un nouvel acte de contrition.



    Source link : https://www.lexpress.fr/environnement/une-facheuse-tendance-a-se-tromper-sur-lenergie-leurope-apprendra-t-elle-enfin-de-ses-erreurs-U7O4JFVNIRGU5DAR52GWSM4YBU/

    Author : Sébastien Julian, Baptiste Langlois, Tatiana Serova

    Publish date : 2026-03-21 15:00:00

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  • États-Unis : Donald Trump revoit sa stratégie migratoire et s’attire les critiques de son camp

    C’est une évolution qui est loin de faire consensus au sein de sa base. Selon les informations du Wall Street Journal, le président américain Donald Trump a demandé à ses conseillers de revoir la manière dont sa promesse phare de « déportation massive » des migrants en situation irrégulière est mise en œuvre et présentée. Estimant que cette expression a été mal perçue par certains de ses électeurs, le dirigeant souhaiterait désormais mettre davantage l’accent sur l’arrestation de criminels plutôt que sur des opérations spectaculaires générant du désordre dans les villes, à l’image de celle de Minneapolis.

    Cette volonté de réajuster la politique migratoire est en partie portée par sa cheffe de cabinet, Susie Wiles, qui juge que la gestion actuelle de l’immigration a transformé un thème fort de la présidence en un sujet politiquement délicat à l’approche des élections de mi-mandat. Le « tsar » des frontières, Tom Homan, a également remplacé le chef du Bureau des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP), Greg Bovino, à Minneapolis. Considéré comme une voix relativement modérée sur ces sujets, ce dernier privilégie depuis son arrivée en poste des interventions plus classiques, ciblant en priorité des individus ayant commis des infractions, notamment ceux transférés par les prisons locales. Résultat : le rythme des arrestations a légèrement diminué, passant à environ 1 200 par jour, contre plus de 1 500 lors des opérations intensives menées précédemment dans le Minnesota.

    Une coalition pro-déportation

    « Il n’y a aucun changement dans la politique de fond en matière d’immigration. La priorité du président Trump reste l’expulsion des étrangers en situation irrégulière qui représentent un danger pour les Américains », a néanmoins soutenu la porte-parole de la Maison-Blanche, Abigail Jackson. Car les alliés les plus proches du président Donald Trump critiquent vertement ce qu’ils estiment être une volte-face. Une nouvelle coalition « pro-déportation », regroupant des figures pro-Trump, des organisations et des experts favorables à une politique migratoire stricte, s’est ainsi constituée, ayant pour objectif de pousser l’exécutif à reprendre une politique d’expulsions massives visant tous les migrants expulsables.

    Afin d’appuyer cette stratégie, le groupe s’appuie sur un sondage réalisé par McLaughlin & Associates, un institut proche de Trump, selon lequel une majorité d’électeurs soutient ce type de mesures et y verrait un levier électoral pour les républicains. Les résultats avancés indiquent qu’environ deux tiers des électeurs potentiels approuvent l’expulsion de toute personne entrée illégalement sur le territoire, et qu’une majorité soutient l’idée d’élargir les expulsions au-delà des seuls criminels, rapporte Politico. Dans cette perspective, cibler uniquement les criminels violents constitue pour cette coalition une erreur stratégique déjà tentée sous d’autres administrations, notamment celles de Barack Obama, et jugée inefficace. « Pour mobiliser leur électorat, les républicains doivent continuer à mettre en avant les promesses de Donald Trump, notamment celle des déportations massives », a notamment déclaré Rosemary Jenks, cofondatrice d’un groupe conservateur spécialisé sur l’immigration, cité par le Wall Street Journal.

    Une politique trop sévère

    A l’inverse, d’autres sondages, sur lesquels s’appuient les partisans de la nouvelle stratégie, dessinent un tableau plus nuancé de l’opinion publique. Une enquête Washington Post/ABC News a notamment révélé que 58 % des personnes interrogées estiment désormais que Donald Trump va trop loin, contre 48 % quelques mois auparavant. Une part importante des Américains juge aussi les politiques actuelles trop sévères, et certains élus républicains, notamment parmi les Hispaniques, craignent que cette fermeté n’éloigne des électeurs qui avaient soutenu Donald Trump. Le président de la Chambre, Mike Johnson, a lui-même reconnu des « tensions » et évoqué un ajustement en cours.

    Du côté des démocrates et des défenseurs des immigrés, le scepticisme demeure tout de même. Eux doutent d’un véritable changement tant que certaines figures clés restent influentes, comme Stephen Miller, l’un des architectes principaux de la ligne dure de l’administration Trump sur l’immigration.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/etats-unis-donald-trump-revoit-sa-strategie-migratoire-et-sattire-les-critiques-de-son-camp-XW5GXLLFEVBBNDF5KFY6SITJDE/

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    Publish date : 2026-03-21 15:59:00

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  • EN DIRECT. Guerre en Iran : l’armée américaine déclare avoir « réduit » la menace iranienne dans le détroit d’Ormuz


    Israël et l’Iran continuent de s’attaquer mutuellement ce samedi alors que les États-Unis ont envoyé des milliers de Marines supplémentaires au Moyen-Orient et que le président Donald Trump accusait les alliés de l’OTAN de lâcheté pour leur réticence à aider à ouvrir le détroit d’Ormuz. Selon l’agence iranienne Tasnim, le site d’enrichissement de Natanz a été visé par les Etats-Unis et Israël.

    Israël a également frappé Beyrouth, affirmant viser le Hezbollah, intensifiant les frappes aériennes contre la milice libanaise soutenue par l’Iran.

    Plus de 2 000 personnes ont été tuées depuis l’attaque menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février, tandis que les Américains semblent de plus en plus inquiets face aux signes d’une possible extension du conflit, alors qu’il entre dans sa quatrième semaine.

    Les Etats-Unis ont annoncé vendredi soir autoriser pour une durée de 30 jours la livraison et la vente de pétrole iranien bloqué en mer, alors que les prix de l’énergie se sont stabilisés après deux jours de fortes fluctuations provoquées par les attaques contre des installations énergétiques au Moyen-Orient.

    Donald Trump a déclaré vendredi que les Etats-Unis étaient sur le point d’atteindre leurs objectifs dans la guerre en Iran et envisageaient de réduire leur engagement militaire au Moyen-Orient.

    15h46

    L’Iran dit avoir touché un F-16 israélien

    Selon un communiqué des gardiens de la révolution iraniens, relayé par la télévision d’État, un avion de combat F-16 appartenant à « l’ennemi sioniste » aurait été touché au centre de l’Iran à 3 h 45 (heure locale, soit 1 h 15 à Paris).

    De son côté, l’armée israélienne avait indiqué un peu auparavant qu’un de ses appareils avait été visé par un missile sol-air au cours d’une « opération » menée en Iran, sans en préciser le modèle. Elle a toutefois affirmé que l’avion n’avait subi aucun dégât. Il n’est pas établi à ce stade si ces deux déclarations concernent un seul et même incident.

    En outre, certains médias iraniens ont diffusé une image — dont l’authenticité n’a pas pu être confirmée — montrant un panache de fumée dans le ciel. Ils évoquent la possibilité qu’un autre appareil ait été pris pour cible, sans donner de précisions sur son type ni sur son appartenance, israélienne ou américaine.

    15h37

    L’armée américaine déclare avoir « réduit » la menace iranienne dans le détroit d’Ormuz

    L’armée américaine a indiqué avoir affaibli les capacités de l’Iran à perturber le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, après avoir frappé cette semaine un site souterrain abritant notamment des missiles de croisière.

    Dans une vidéo diffusée sur X, l’amiral Brad Cooper, commandant du Centcom — le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient — a précisé que l’opération ne s’était pas limitée à la destruction de cette installation. Selon lui, des infrastructures de renseignement ainsi que des systèmes radar liés aux missiles, utilisés pour surveiller les déplacements des navires, ont également été éliminés.

    Il a ajouté que ces actions avaient diminué la capacité de l’Iran à menacer la libre circulation maritime dans le détroit d’Ormuz et ses environs, tout en affirmant que les forces américaines entendaient continuer à cibler ce type d’installations.

    14h50

    Plusieurs pays condamnent les récentes attaques iraniennes contre des navires commerciaux et des infrastructures civiles dans le détroit d’Ormuz

    Plusieurs pays, dont la France et des alliés du Golfe condamnent « dans les termes les plus forts » les récentes attaques iraniennes contre des navires commerciaux et des infrastructures civiles dans le détroit d’Ormuz. Ils appellent Téhéran à cesser immédiatement ses menaces et demandent une action internationale coordonnée pour garantir la liberté de navigation dans cette voie maritime stratégique.

    L’Australie, Bahreïn, le Canada, la République de Corée, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, la Lettonie, la Lituanie, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Slovénie, la Suède, la Tchéquie et les Émirats arabes unis ont signé cette déclaration conjointe.

    13h30

    Le ministère russe des Affaires étrangères condamne une attaque contre l’installation d’enrichissement de Natanz

    « Il s’agit d’une violation flagrante du droit international », déclare la porte-parole du ministère, Maria Zakharova, dans un communiqué.

    L’armée israélienne dit n’avoir aucune information sur une frappe visant le site nucléaire iranien de Natanz.

    13h10

    Les livraisons de gaz iranien à l’Irak ont ​​repris à un rythme de cinq millions de mètres cubes par jour

    Les livraisons de gaz iranien à l’Irak ont ​​repris à un rythme de cinq millions de mètres cubes par jour, annonce le ministère irakien de l’Électricité cité par l’agence de presse d’État irakienne. Les flux avaient été interrompus après l’attaque menée mercredi par Israël contre le principal champion gazier iranien, South Pars.

    10h22

    Les États-Unis et Israël frappent le site nucléaire iranien de Natanz

    L’agence de presse iranienne Tasnim a indiqué que les États-Unis et Israël ont lancé samedi matin une attaque contre l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz. Aucune fuite radioactive ne s’est produite et les habitants vivant à proximité du site n’étaient pas en danger, a ajouté Tasnim.

    9h05

    L’Iran aurait ciblé la base américano-britannique de Diego Garcia

    Deux missiles balistiques ont été tirés en direction de la base américano-britannique de Diego Garcia, située dans l’océan Indien, rapporte l’agence de presse semi-officielle Mehr. Selon le Wall Street Journal, qui avait le premier fait état de ces tirs, les projectiles n’ont pas atteint leur cible.

    8h49

    Poutine déclare le soutien de la Russie à l’Iran

    Le président russe Vladimir Poutine a félicité les dirigeants iraniens à l’occasion de la fête iranienne Norouz et a déclaré que Moscou restait un ami fidèle et un partenaire fiable de Téhéran, a indiqué le Kremlin samedi. « Vladimir Poutine a souhaité au peuple iranien de surmonter ces dures épreuves avec dignité et a souligné qu’en ces temps difficiles, Moscou reste un ami fidèle et un partenaire fiable de Téhéran », a déclaré le Kremlin.

    L’ampleur du soutien apporté par Moscou à l’Iran est toutefois sujette à controverse. Certaines sources iraniennes affirment n’avoir reçu qu’une aide minime de Moscou face à la plus grave crise qu’ait connue l’Iran depuis la chute du Shah, soutenu par les États-Unis, lors de la révolution de 1979. L’accord de partenariat stratégique entre la Russie et l’Iran ne contient pas de clause de défense mutuelle, et la Russie a déclaré à plusieurs reprises qu’elle ne souhaitait pas que l’Iran développe une bombe atomique, une mesure qui, selon Moscou, déclencherait une course aux armements nucléaires à travers le Moyen-Orient.

    La Russie affirme que les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran ont plongé tout le Moyen-Orient dans l’abîme et déclenché une crise énergétique mondiale majeure, tandis que Poutine a condamné l’assassinat du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, comme un meurtre « cynique ».

    Politico a rapporté que Moscou avait proposé un échange de bons procédés à Washington : le Kremlin cesserait de partager des renseignements avec l’Iran si Washington cessait de fournir à l’Ukraine des renseignements sur la Russie. Les États-Unis ont rejeté cette proposition. Le Kremlin a qualifié ces informations de fausses.

    7h45

    Des Marines pour débloquer le détroit d’Ormuz ? L’analyse percutante du vice-amiral John W. Miller

    L’ancien commandant de la cinquième flotte de l’US Navy, basée à Bahreïn, pointe les réussites mais aussi les faiblesses de cette opération militaire de très grande envergure.

    >>> Retrouvez notre grand entretien

    epa03697291 United States 5th Fleet Combined Maritime Forces Commander, Vice Admiral John W. Miller, during a joint press conference with British Royal Navy Maritime Component Commander, Simon Ancona (not seen), at the headquarters of the US Navy 5th Fleet Command in the Bahraini capital of Manama, 12 May 2013. Miller said the coalition forces are carrying out mine countermeasure exercises in the Persian Gulf. EPA/MAZEN MAHDI (MaxPPP TagID: epaphotos855002.jpg) [Photo via MaxPPP]

    6h14

    La Commission européenne appelle les pays membres à revoir à la baisse leurs objectifs de stockage de gaz naturel

    La Commission européenne appelle les pays membres de l’Union européenne à revoir à la baisse leurs objectifs de stockage de gaz naturel et à commencer à reconstituer progressivement leurs réserves afin de freiner la demande, rapporte le Financial Times.

    Il est demandé aux Etats membres de ramener l’objectif de remplissage de leurs installations de stockage de gaz à 80% de leur capacité, soit 10 points de pourcentage en dessous des objectifs officiels de l’UE « dès que possible afin d’apporter certitude et assurance aux acteurs du marché », précise le journal, citant une lettre du commissaire européen à l’énergie, Dan Jorgensen.

    02h41

    L’Iran est prêt à laisser les navires japonais passer par le détroit d’Ormuz

    L’Iran est prêt à laisser les navires japonais passer par le détroit d’Ormuz, rapporte l’agence de presse Kyodo citant le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi.

    Téhéran a entamé des discussions avec Tokyo au sujet d’une possible ouverture du détroit, a dit vendredi Abbas Araqchi à l’agence de presse japonaise lors d’une conférence téléphonique.

    01h26

    L’armée israélienne dit mener des frappes contre des cibles du Hezbollah à Beyrouth, la capitale du Liban

    Plus d’informations à suivre…

    00h07

    Les Etats-Unis lèvent pour une durée de 30 jours les sanctions portant sur l’achat de pétrole iranien bloqué en mer

    Les Etats-Unis lèvent pour une durée de 30 jours les sanctions portant sur l’achat de pétrole iranien bloqué en mer afin d’atténuer les pressions l’approvisionnement énergétique, dit le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent.

    C’est la troisième fois en l’espace d’environ deux semaines que les Etats-Unis accordaient une dérogation temporaire aux sanctions pesant sur les produits pétroliers.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-guerre-en-iran-nouvelles-frappes-israeliennes-sur-beyrouth-DAUHXM5JBZASNI3JBTJFEOUZ3A/

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    Publish date : 2026-03-21 15:03:00

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  • Mango : la recette magique de ce fleuron espagnol pour déjouer la crise du prêt-à-porter


    Quoi de mieux qu’une promenade rue de Rivoli pour prendre le pouls de la filière du prêt-à-porter en France ? Sur cette artère incontournable du shopping parisien, les vitrines des acteurs traditionnels du milieu de gamme, comme Camaïeu ou Naf Naf, n’existent plus que dans les souvenirs, victimes d’une crise mêlant changement des habitudes de consommation, inflation et concurrence chinoise. Parmi les survivants, les enseignes de l’empire Inditex – numéro un mondial de l’habillement avec sa figure de proue, le géant Zara, mais aussi Bershka et Pull and Bear. Un autre espagnol, dix fois plus petit, fait de la résistance : Mango. Fondé dans les années 1980 par les frères d’origine turque Isak et Nahman Andic, la marque vient de boucler une année record avec un bénéfice de 242 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 3,8 milliards, en croissance de 13 %.

    Pour comprendre ce succès, il faut s’envoler pour Palau-solità i Plegamans, à une trentaine de kilomètres de Barcelone. Un complexe de bâtiments blancs, dont un ancien hangar d’aviation, forme le Mango Campus. Un an après le décès d’Isak Andic dans des circonstances troubles – l’enquête est en cours -, l’ombre du fondateur plane toujours au-dessus de cette zone industrielle. Les œuvres d’art issues de sa collection privée ornent les couloirs du siège tandis qu’à l’entrée trône une sculpture signée Jaume Plensa, l’un de ses proches.

    Faire la mode, pas des vêtements

    C’est ici que les deux collections annuelles de Mango – auxquelles s’ajoutent des éditions limitées – sont imaginées. Avec un processus millimétré : le tissu est soigneusement sélectionné, découpé par un robot laser puis confié à une équipe de couturières qui fabriquent les échantillons. « Tout notre processus créatif se déroule en interne, nous n’envoyons à nos usines que les prototypes déjà prêts, explique Luis Casacuberta, directeur des produits et du développement durable. Cette méthode nous ralentit mais peu importe : nous ne créons pas seulement des vêtements, nous créons la mode ». Une fois fabriqués en Turquie, en Chine ou encore en Inde, les robes, chemisiers et autres pantalons sont stockés dans le centre logistique de Lliçà d’Amunt, à quelques encablures du campus, avant d’être expédiés aux quatre coins du monde. Chaque année, près de 200 millions de pièces transitent dans cet immense entrepôt.

    Dans l’Hexagone, deuxième marché du groupe après l’Espagne, la marque affiche une insolente croissance de près de 10 % en 2025, dans un environnement morose. « Une partie de cette performance peut s’expliquer par les difficultés des concurrents françaises comme Naf Naf ou Jennyfer, note Ramata Diallo, consultante en stratégie marketing à Fashion Consulting Paris. Le modèle des géants espagnols, Zara et Mango, est redoutable : avec de gros volumes et une offre diversifiée, ils parviennent à la fois à répondre aux attentes volatiles du consommateur et à couvrir les coûts fixes, comme les loyers ou la logistique, qui ont augmenté ces dernières années ».

    Montée en gamme sélective

    L’histoire de Mango n’est pas pour autant un long fleuve tranquille. Une mauvaise passe en 2016, et les comptes basculent dans le rouge. C’est à Toni Ruiz, l’actuel PDG, que revient la mission de remettre le groupe d’aplomb. Ce quinquagénaire, passé par Leroy Merlin en Espagne, avait rejoint le groupe en 2015 avant d’en devenir le directeur général trois ans plus tard. La première transformation est digitale. Le groupe s’empare du commerce en ligne, canal qui représente aujourd’hui un tiers de ses ventes, sans négliger pour autant les points de vente physiques. En 2025, un investissement historique de 225 millions d’euros a notamment été consacré à la rénovation et à l’ouverture des boutiques. Chaque jour ouvré, en moyenne, un nouveau magasin a été inauguré. Le tout dans un style « New Med », ou maison méditerranéenne chic, à l’image de celle d’Isak Andic. « En magasin, le choix est assumé de garder des vendeurs plutôt que d’installer des caisses automatiques », souligne Céline Pagat-Choain, spécialiste de la distribution au sein du cabinet de conseil Kéa. Ce qui n’empêche pas d’adopter des outils d’intelligence artificielle, avec l’assistant virtuel Mango Stylist, pour assortir les pièces au mieux.

    La forte identité de la marque fait le reste. « Mango se positionne autour d’une mode contemporaine, polyvalente et de qualité », fait valoir Yann Bayon, directeur général France du groupe. A cela s’ajoute une diversification de l’offre. Si le segment féminin reste le pilier de la maison, les lignes Home, Man, Teen et Kids représentent près de 20 % des ventes et tirent la croissance. « Au cœur d’un milieu de gamme qui cible la femme urbaine, Mango met l’accent sur une offre de plus en plus raffinée, en investissant à la fois dans les basiques – les produits intemporels conçus pour durer – mais aussi les articles tendances au style plus accessible que Zara, et dans de nouveaux leviers de croissance comme les lignes Teen et Home », explique Céline Pagat-Choain.

    Pour se distinguer, le groupe fait aussi le pari de la montée en gamme. Mais ciblée. « Cette stratégie ne porte que sur certains segments, comme les vêtements de cérémonie, détaille Ramata Diallo. Pour autant, les clients ne sont pas déboussolés : Mango ne cherche pas à changer de clientèle, ni à rivaliser sur le long terme avec Maje ou Sandro, mais propose une offre plus diversifiée en termes de prix, dans un même magasin ». « Là où le cœur de son offre tourne autour de 40 euros, de nombreuses pièces s’échelonnent entre 19 et plus de 200 euros », ajoute Céline Pagat-Choain. Pour muscler son jeu, l’Espagnol a recruté des pointures du secteur au sein de son conseil d’administration, comme Helena Helmersson, l’ex-directrice générale de H&M, et Manel Adell, l’ancien patron de Desigual.

    Le secteur de l’habillement est en décroissance depuis la période du Covid-19.

    Environnement hyperconcurrentiel

    Malgré tout, comme l’ensemble de la filière, Mango doit composer avec une conjoncture complexe. « En plus d’une concurrence exacerbée, le secteur de l’habillement affronte un double défi : le recul de la part des vêtements dans les budgets – au profit des accessoires et de la beauté – mais aussi le déclin de la consommation de mode par rapport à d’autres dépenses pré-engagées, comme les loyers ou la santé », note Gildas Minvielle, directeur de l’observatoire économique de l’Institut français de la mode (IFM). En parallèle, la seconde main et l’ultra fast-fashion gagnent du terrain, représentant au total un quart des achats d’habillement en volume, d’après l’IFM.

    Au-delà des problématiques sectorielles, le groupe doit aussi faire face aux secousses géopolitiques. Il s’appuie sur une chaîne de valeur robuste, collaborant avec plus de 2 700 usines, dont certaines en Europe. Malgré le protectionnisme de Donald Trump, l’entreprise nourrit des ambitions à long terme aux Etats-Unis. Toni Ruiz n’est d’ailleurs pas revenu sur sa promesse, faite il y a un an, d’y maintenir ses prix, en dépit de la hausse des droits de douane.

    La direction se montre offensive et vise pour cette année un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros, avec un doublement de son bénéfice par rapport à 2023. « C’est un vrai défi, car la hausse des coûts, la logistique mondiale et la concurrence exercent une pression sur les marges », pointe Jesus Arteaga Ortiz, professeur en commerce international. Le potentiel d’expansion reste néanmoins immense : Mango ne détient que 3 % du marché espagnol. La conquista ne fait que commencer.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/entreprises/mango-la-recette-magique-de-ce-fleuron-espagnol-pour-dejouer-la-crise-du-pret-a-porter-D7LBDNHKZJHRZBQVYOCOUNONZE/

    Author : Tatiana Serova, Manon Guibon

    Publish date : 2026-03-21 11:00:00

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  • Simone de Beauvoir : le mythe du Castor fait-il barrage à cette auteure de génie ?

    Au fond les années Mitterrand auront causé le plus grand tort à l’image des gens de gauche – et on ne fait pas allusion à l’indéboulonnable ministre de la Culture d’alors, un certain Jack Lang. De même que Marguerite Duras paie encore le côté pontifiant qu’elle a pu montrer au sommet de sa gloire, en 1984, Simone de Beauvoir a sans doute fait fuir de potentiels lecteurs en devenant une institution des lettres. Comme Duras elle déjeunait à l’Elysée et avait l’oreille du président de la République. Autre signe de son statut souverain : en 1981, elle est traduite au Danemark par… la reine en personne, Margrethe II ! Depuis sa mort, en 1986, la notable enturbannée a eu droit à tous les honneurs de la part de la mairie de Paris : une place Sartre-Beauvoir à Saint-Germain-des-Prés, une passerelle Simone-de-Beauvoir (seul pont parisien à porter le nom d’une femme) et une plaque au 11 rue de la Bûcherie, dans le Ve arrondissement, qui précise que c’est là qu’elle a écrit Le Deuxième Sexe. C’est sans doute par ce classique contemporain qu’il faut repasser pour tenter de comprendre qui était la vraie Beauvoir derrière la « potiche » officielle qu’elle craignait d’être à la fin de sa vie.

    Née en 1908 dans une famille bourgeoise mais en voie de déclassement, la jeune Simone comprend très tôt qu’elle aura à étudier et à travailler. Douée selon son père d’un « cerveau d’homme » (sic), elle doit son émancipation intellectuelle à son amie d’enfance et de jeunesse Elisabeth Lacoin, dite « Zaza », qui mourra prématurément à 21 ans. A part elle, c’est avec des garçons (toujours brillants) qu’elle se lie : Maurice Merleau-Ponty, Paul Nizan et Jean-Paul Sartre. Le 14 octobre 1929, sur un banc de pierre du Louvre, Sartre et Beauvoir formulent leur célèbre accord : si leur amour est « nécessaire », il ne leur interdira pas les passions « contingentes ». Souvenons-nous que c’est grâce à Beauvoir que le pacte tiendra : en 1931, Sartre la demandera en mariage et elle lui dira non. Rappelons aussi que ce n’est pas Sartre, mais René Maheu (brièvement amant de Beauvoir), qui a inventé le surnom du « Castor ». Beauvoir devrait-elle moins qu’on le croit à son célèbre compagnon à strabisme ?

    Une conviction s’impose quand on se penche rétrospectivement sur la trajectoire de cette femme d’exception. Entourée comme elle l’était par de telles pointures, elle a dû penser qu’il lui fallait faire ses preuves avant de s’autoriser l’écriture de soi, dans laquelle elle excellera plus tard. Publié en deux parties en 1949, Le Deuxième Sexe (titre trouvé par Jacques-Laurent Bost, autre amant de Beauvoir) a demandé une décennie de documentation à l’essayiste. Il n’est pas anodin que le premier tome s’appelle Les Faits et les Mythes et le second L’Expérience vécue : plus on avance dans la lecture, plus la pensée s’incarne. Il y a quelques tunnels universitaires un peu arides mais la critique lucide (et parfois acide) du mariage a gardé toute sa fraîcheur. On sait gré à Beauvoir de ne pas envoyer tous les hommes au bûcher. Selon elle, les femmes ne sont pas les seules à être lésées dans le mariage, elle montre très bien que les maris souffrent aussi de cette comédie sociale. Les passages qu’elle consacre à la littérature comptent parmi les plus remarquables : elle est tordante quand elle se moque d’auteurs comme Montherlant ou D. H. Lawrence (héraut de « l’orgueil phallique »), touchante quand elle chante les louanges de Stendhal (« si profondément romanesque et si décidément féministe »). Le livre fait un tabac : si on additionne les deux volumes du Deuxième Sexe, il s’en écoule près de 90 000 exemplaires à sa sortie, une folie pour un texte aussi exigeant. C’est aussi un succès de scandale : Roger Nimier flingue Beauvoir dans la revue Liberté de l’esprit et François Mauriac écrit dans Le Figaro que « nous avons littérairement atteint les limites de l’abject ». Certains communistes sont également mécontents. En 1956, Le Deuxième Sexe et Les Mandarins (prix Goncourt 1954) sont mis à l’Index par le Vatican à cause de leur « atmosphère délétère » et du « poison subtil » qu’ils diffusent. Enfin en 1984 le régime des mollahs interdit Le Deuxième Sexe en Iran – sa censure court toujours.

    La « fraternité » des hommes et des femmes

    Ayant apporté sa pierre, et quelle pierre, à l’édifice du féminisme, Beauvoir peut revenir à elle-même. De 1958 à 1981, elle publie les six tomes de son autobiographie (Mémoires d’une jeune fille rangée, La Force de l’âge, La Force des choses, Une mort très douce, Tout compte fait et La Cérémonie des adieux), un monument qui la rapproche plus des mémorialistes d’antan que des laborieux auteurs d’autofiction d’aujourd’hui. Beauvoir a touché à tous les genres littéraires sauf la poésie, et noirci des milliers de pages. Certains préfèrent mettre en avant le fait qu’elle a signé en 1971 le Manifeste des 343 femmes qui déclarent publiquement avoir avorté, et qu’elle s’est ensuite engagée en faveur du MLF. C’est vrai. D’autres ressortiront les photos des voyages officiels de Sartre et Beauvoir en Chine, à Cuba et en URSS – lesquelles ont pris un côté kitsch. C’est tout aussi vrai. Est-ce là ce qu’elle a eu de meilleur ?

    Il y a inévitablement des malentendus quand une anomalie telle que Beauvoir est récupérée à des fins politiques. Un écrivain digne de ce nom est par définition singulier, trop bizarre pour servir de modèle au plus grand nombre. Dandysme et démagogie ne vont pas de pair. A la lire de près, Beauvoir était beaucoup plus proche d’une franc-tireuse élitiste à la Virginia Woolf (dont elle avait dévoré tous les livres et qu’elle cite plusieurs fois dans Le Deuxième Sexe) que d’une militante comme Gisèle Halimi (avec laquelle elle se brouilla en 1973, la jugeant arriviste). Qu’on ne compte pas sur Beauvoir pour se victimiser. Le jour de ses 19 ans, elle confiait à son journal intime avoir peur d’être « vaincue par la vie » et disait aspirer à « une vie grande ».

    Dans La Force de l’âge (1960), elle note : « Dans toute mon existence, je n’ai rencontré personne qui fût aussi doué que moi pour le bonheur, personne non plus qui s’y acharnât avec tant d’opiniâtreté. » On ne peut brosser un portrait net de Beauvoir sans relever ses amitiés les plus chics (dont Vian, Giacometti, Moravia et Pasolini), son goût pour la marche à pied, les escapades en Italie, les fiestas, l’alcool et la voiture, ces trois derniers points lui donnant des airs de cousine intello de Sagan. Impossible de ne pas citer non plus ses deux liaisons les plus longues (en dehors de son union éternelle avec Sartre), avec Nelson Algren puis avec Claude Lanzmann (de 17 ans son cadet). Dans ses amours comme dans son art, Beauvoir aura été l’égale des hommes, en leur rappelant leurs fautes mais sans leur faire la guerre. Le Deuxième Sexe se termine d’ailleurs par un appel à la réconciliation. Recopions-en l’ultime phrase, on ne peut plus claire : « C’est au sein du monde donné qu’il appartient à l’homme de faire triompher le règne de la liberté ; pour remporter cette suprême victoire, il est entre autres nécessaire que, par-delà leurs différenciations naturelles, hommes et femmes affirment sans équivoque leur fraternité. » Des propos qu’il est bon de marteler en 2026.

    Le Deuxième Sexe par Simone de Beauvoir. La Pléiade/Gallimard, 1 046 p., 68 €.

    Une fois que les femmes ont ouvert les yeux. Ecrits et paroles féministes 1947-1985 par Simone de Beauvoir. Gallimard, 602 p., 28 €.



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/livre/simone-de-beauvoir-le-mythe-du-castor-fait-il-barrage-a-cette-auteure-de-genie-BO2GPUTX3RFK5F6KMJC2ECAU4A/

    Author : Louis-Henri de La Rochefoucauld

    Publish date : 2026-03-21 10:00:00

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  • Victor D. Cha : « La Chine est beaucoup plus dépendante du commerce international qu’on ne le croit »


    La guerre commerciale lancée par Donald Trump a monopolisé, ces derniers mois, l’attention du débat public, reléguant au second plan un autre acteur aux pratiques commerciales bien plus agressives : la Chine, comme le montrent Victor D. Cha, Ellen Kim et Andy Lim dans le passionnant China’s Weaponization of Trade, Resistance Through Collective Resilience (Columbia University Press, non traduit). Le trio de chercheurs s’est appuyé sur un ensemble de données inédites qui illustrent comment Pékin n’a eu de cesse d’instrumentaliser le commerce international à des fins politiques, entre 1997 et 2025.

    Et pourtant, « la Chine est beaucoup plus dépendante de ses partenaires commerciaux qu’on ne le croit », assure Victor D. Cha. Ce professeur à l’université de Georgetown y voit une opportunité pour les pays attachés à l’ordre libéral international : mettre en place une stratégie de « résilience collective » afin de dissuader Pékin de recourir à de futurs comportements prédateurs. Entretien.

    L’Express : Dans votre livre, vous montrez comment la Chine utilise le commerce à des fins politiques. Vous qualifiez ces méthodes de « coercition économique ». Qu’entendez-vous par là ?

    Victor D. Cha : Pour la majorité des économistes, les échanges commerciaux entre pays sont perçus comme étant mutuellement bénéfiques. C’est un jeu à somme positive où tout le monde gagne, mais où chacun devient dépendant de l’autre. Ces cinquante dernières années, cette interdépendance était vue comme une manière positive d’organiser les relations entre les États. Mais sous l’impulsion de la Chine, nous sommes entrés dans une ère où les pays ont de plus en plus tendance à instrumentaliser le commerce à des fins politiques. Cette utilisation du commerce comme une arme se différencie du protectionnisme classique, qui consiste à imposer des droits de douane pour protéger des producteurs nationaux, et qui est une pratique ancienne encadrée par l’Organisation mondiale du commerce (OMC). La coercition économique relève d’une tout autre logique. Elle consiste, pour un pays, à utiliser des droits de douane, des barrières non tarifaires ou n’importe quel autre levier pour sanctionner un partenaire et infléchir ses choix politiques. L’objectif n’est pas de protéger son marché intérieur, mais de peser sur les décisions souveraines d’un autre État. Et la Chine a particulièrement recours à ce genre de pratique.

    N’est-ce pas ce que font déjà les États-Unis de Donald Trump, par exemple ?

    C’est effectivement l’objection qui revient le plus souvent. Et évidemment, les États-Unis ont récemment adopté certaines pratiques qui peuvent être considérées comme relevant de l’instrumentalisation du commerce à des fins politiques. Mais tout ce que fait l’administration Trump ne relève pas de la coercition économique. Les droits de douane annoncés lors du « Liberation Day » ne sont pas à proprement parler de la coercition économique, car leur logique reposait sur un constat : le tarif douanier moyen dans le monde avoisine les 15 %, contre environ 2 % aux États-Unis. L’objectif affiché par Trump était de rééquilibrer les échanges. Donc ces mesures relevaient plus du protectionnisme.

    Entre 1997 et 2025, nous avons identifié 605 cas de coercition économique réalisés par la Chine.

    En revanche, lorsque le président américain menace le Mexique de droits de douane de 25 % pour obtenir un durcissement du contrôle migratoire, tout comme il l’a fait avec le Canada pour lutter contre l’entrée de fentanyl aux États-Unis, on est sans aucun doute dans un cas de coercition économique, parce que l’objectif de ces mesures est de contraindre d’autres États souverains à faire certains choix politiques. Donc oui, les États-Unis ou d’autres pays peuvent parfois avoir recours à ce genre de pratiques. Mais l’argument que nous défendons dans le livre est que la Chine s’y adonne depuis bien plus longtemps et de manière bien plus soutenue, avec une intensification notable sous Xi Jinping.

    Vous vous appuyez sur de nombreux cas concrets…

    Dans le livre, nous analysons en effet un ensemble de données que personne n’avait rassemblées jusque-là. Entre 1997 et 2025, nous avons identifié 605 cas de coercition économique réalisés par la Chine, dont 470 visaient des entreprises privées, couvrant tous les continents à l’exception de l’Antarctique. Son objectif est de forcer la cible – que ce soit un gouvernement, une entreprise ou un individu – à s’abstenir de dire ou de faire quelque chose qui irait à l’encontre des intérêts « vitaux » de Pékin : reconnaissance de Taïwan, Hong Kong et Macao ; la question des droits humains dans le Xinjiang ; son rôle au Tibet ; la répression des manifestations pro démocraties à Hong Kong ; les critiques visant Xi Jinping ou le Parti communiste chinois ; les revendications territoriales de la Chine ; la défense de champions nationaux comme Huawei, etc. Pour arriver à ses fins, Pékin mobilise un large éventail d’outils.

    Lesquels ?

    Ils varient au cas par cas en fonction de ce qui est jugé le plus coûteux pour le pays ou l’entreprise ciblée : instauration de droits de douane aux barrières non tarifaires, arrêt soudain des importations en provenance d’un pays, réduction du flux d’étudiants et de touristes chinois vers l’État ciblé, boycott des consommateurs d’une entreprise précise, ou encore mise en place de barrières non tarifaires fondées sur l’instauration de nouvelles normes de santé et de sécurité. Le plus souvent, ces coercitions sont implicites : elles ne font l’objet d’aucune annonce officielle, ni d’aucune reconnaissance de la part du gouvernement chinois, et les États ou entreprises visés évitent généralement d’en parler publiquement, par peur d’une escalade de représailles. Vous comprenez pourquoi il est difficile de quantifier cette pratique de coercition économique.

    Vous avez des exemples à l’esprit ?

    Le cas de la Norvège est emblématique. En 2010, le prix Nobel de la paix a été décerné à l’écrivain dissident chinois Liu Xiaobo, connu pour sa critique virulente de la répression politique dans son pays, et condamné à onze ans de prison en 2008 pour avoir rédigé un manifeste en ligne appelant à des réformes démocratiques et à l’instauration d’un État de droit. Cela a fortement déplu à Pékin, qui a accusé le Comité Nobel de s’ingérer dans ses affaires intérieures, avant d’imposer des restrictions sur les importations de saumon par des voies détournées : ils ont compliqué l’obtention de licences, instauré des contrôles plus lourds et allongé les périodes de quarantaine. Ces mesures ont eu pour conséquence de réduire la part du saumon norvégien importé sur le marché chinois de 90 % à 25 %. Pendant six ans, Oslo a tout fait pour apaiser ses relations avec la Chine : excuses du ministre des Affaires étrangères pour la controverse, soutien en 2013 de l’adhésion de la Chine au Conseil de l’Arctique, etc. Au point qu’aucun responsable politique norvégien n’accepte de rencontrer le dalaï-lama, lors de sa visite dans le pays en 2015, à l’occasion des 25 ans de son prix Nobel. Ce n’est qu’en 2016 que les exportations de saumon norvégien vers la Chine ont retrouvé leur niveau de 2010, après que le gouvernement d’Oslo s’est pleinement aligné sur Pékin en déclarant attacher une « grande importance aux intérêts fondamentaux et aux préoccupations majeures de la Chine ».

    Ces sanctions ont créé une culture généralisée d’autocensure…

    Autre exemple parlant : l’équipe américaine de basket des Houston Rockets. La Chine est le plus grand marché étranger pour la NBA : environ un Chinois sur deux la regarde en ligne, et 10 % de ses revenus viennent de la Chine. Mais en 2019, lorsque le directeur général des Houston Rockets, Daryl Morey, a partagé sur Twitter une image avec les mots « Fight for Freedom, Stand with Hong Kong », le régime de Pékin a réagi avec une rapidité et une virulence disproportionnée. Il a interdit la vente des produits dérivés des Rockets, la chaîne d’État CCTV a cessé de diffuser les matchs de la NBA, les entreprises chinoises qui parrainaient les Houston Rockets ont abandonné l’équipe… et la liste est encore longue. Sur la saison 2019-2020, les pertes économiques subies par les Rockets sont évaluées à environ 25 millions de dollars. Pire, ces sanctions ont créé une sorte de culture généralisée d’autocensure dans les équipes et chez les joueurs de NBA, sur tout ce qui touche de près ou de loin à la Chine. Le joueur Stephen Curry, star mondiale du sport, a par exemple déclaré qu’il ne connaissait pas suffisamment l’histoire chinoise pour s’exprimer à ce sujet.

    Ce genre de pratiques échappe en grande partie au champ d’action des institutions régulant le commerce international, car des consignes informelles de boycott ne sont pas des mesures commerciales officielles susceptibles d’être contestées. Les institutions ne sont donc pas armées pour répondre à ce type de coercition.

    Comment les pays se défendent-ils face à cette coercition économique ?

    Ils essaient de sécuriser davantage leurs chaînes d’approvisionnement. Mais cette stratégie, bien que nécessaire, est très insuffisante. Lorsqu’un pays du G7 est privé d’exportations chinoises de terres rares, il cherche des sources alternatives pour réduire sa dépendance. Mais l’année suivante, la Chine peut cibler une autre chaîne d’approvisionnement. Autrement dit, la résilience des chaînes (NDLR : « de-risking » en anglais) constitue une stratégie défensive utile pour gérer une crise et sécuriser des vulnérabilités déjà identifiées, mais elle n’anticipe pas les crises à venir. Enfin, elle n’impose aucun coût à la Chine pour ces pratiques. On l’a bien vu avec l’exemple de la Norvège : pour Pékin, remplacer le saumon norvégien par du saumon écossais n’a quasiment eu aucun impact. D’autant que la Chine est un régime illibéral, donc il n’y a pas ou très peu de coût politique interne susceptible de freiner ce type de décisions – par exemple une réaction des consommateurs mécontents de ne plus pouvoir acheter tel ou tel produit. Il faut donc élaborer de nouveaux mécanismes capables de dissuader, voire d’empêcher la Chine de recourir à la coercition économique.

    Vous proposez pour cela un mécanisme de « résilience collective ». De quoi s’agit-il ?

    Si les pays ciblés par la coercition économique sont souvent dépendants du marché chinois, Pékin l’est tout autant sur un grand nombre de biens. C’est un peu contre-intuitif, car l’idée reçue est plutôt celle d’une dépendance unilatérale au marché chinois… Mais nous avons identifié 589 « produits à forte dépendance », c’est-à-dire des biens pour lesquels la Chine dépend massivement d’importations en provenance de certains pays, parfois à la hauteur de 70 %, 80 %, voire 90 % de son approvisionnement. Ainsi, les pays victimes de la coercition économique chinoise exportent 43,06 milliards de dollars de biens dont Pékin dépend à plus de 70 % ! Il y a donc des vulnérabilités du côté chinois que nous pouvons exploiter pour l’empêcher d’avoir recours à ces pratiques.

    Bien sûr, aucun pays ne peut, à lui seul, y mettre fin. En revanche, une coalition d’États déterminés à défendre l’ordre libéral international peut se constituer pour mettre en pratique une stratégie de dissuasion économique inspirée de l’article 5 de l’Otan (NDLR : qui dispose que lorsqu’un pays membre est victime d’une attaque armée, chaque membre doit venir en aide au pays visé). L’idée serait simple : si la Chine use de la coercition économique contre un pays de la coalition, l’ensemble des pays mettraient en place des sanctions portant sur ces biens à forte dépendance. L’objectif serait de dissuader le régime de Xi Jinping de futurs comportements commerciaux prédateurs. Pris ensemble, les pays du G7 (NDLR : Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) disposent d’un pouvoir de négociation avec la Chine bien supérieur à celui de chaque pays pris isolément. Cet effet de levier serait considérable s’il était exercé collectivement.

    La Chine est plus dépendante aux occidentaux qu’on ne le croit.

    A quels produits pensez-vous ?

    La France est d’ailleurs le cinquième pays dont la Chine est le plus dépendante.

    Je pourrais vous donner tellement d’exemples ! La Chine dépend presque à 100 % du Japon, des États-Unis et de Taïwan pour ses importations de poudre d’argent, un intrant essentiel à la fabrication de panneaux solaires. Dans un autre registre, elle dépend à près de 90 % de la Corée du Sud, des États-Unis et du Japon pour les écrans OLED utilisés dans les smartphones et téléviseurs. Le luxe est un autre bon exemple, car la Chine est presque entièrement dépendante de votre pays pour les eaux-de-vie haut de gamme comme le cognac. La France est d’ailleurs le cinquième pays dont la Chine est le plus dépendante, et l’on recense pas moins de 38 biens importés depuis la France pour lesquels cette dépendance atteint au moins 70 %. Certes, Pékin pourrait chercher à substituer ces importations par une production domestique, mais cela aurait un coût très important car il faudrait réorganiser les chaînes d’approvisionnement et développer rapidement de nouvelles capacités industrielles internes.

    Votre projet de « résilience collective » n’est-il pas un peu idéaliste ? Comment s’assurer que tous les pays jouent le jeu ?

    Je suis le premier à reconnaître que c’est loin d’être simple : il faut un haut degré de confiance entre les différents partenaires, un véritable leadership, et beaucoup d’engagement et de volonté politique. Mais il existe des exemples récents de coordination autour d’une logique de dissuasion économique collective. En 2023, l’Union européenne a mis en place un instrument anti-coercition (ACI) dans le sillage des pressions exercées par la Chine contre la Lituanie. Depuis, aucun cas majeur comparable n’a été détecté, et l’ACI n’a toujours pas été utilisé, ce qui peut indiquer que son effet dissuasif fonctionne. L’Union européenne est donc, d’une certaine manière, à l’avant-garde de la lutte contre la coercition économique chinoise, bien devant les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud ou l’Australie.

    Certains vous diront que l’enjeu n’est pas si important, et qu’il faut avant tout réduire la mondialisation et notre dépendance à la Chine.

    Cela équivaudrait à réduire le sujet à une question commerciale. Mais ce qui est en jeu ici, c’est le cœur même de l’avenir de l’ordre international libéral. J’insiste : ces pratiques de coercition économique poussent des États et des entreprises à s’autocensurer et à ajuster leurs comportements pour se conformer aux attentes de Pékin. De nombreux pays et acteurs du monde privé sont de plus en plus réticents à l’idée de défendre publiquement la démocratie et les droits humains en Chine. Ce mécanisme favorise donc, de facto, un alignement sur un ordre international illibéral. Un autre exemple est celui de l’accès aux réseaux 5G. Les États-Unis, sous les administrations Trump puis Biden, ont tenté de restreindre la présence chinoise dans ce secteur stratégique. Mais de nombreux pays ont hésité, car ils redoutaient des représailles économiques, et ont finalement accepté l’entrée d’acteurs chinois dans leurs infrastructures.

    Pourquoi est-ce si essentiel, à vos yeux, de défendre cet ordre international libéral ?

    Cet ordre commercial libéral est préférable à toutes les autres alternatives. Il n’est pas exempt de défauts, loin de là. Les inégalités de revenus n’ont pas disparu et se sont même parfois accentuées. La pandémie a mis en lumière la vulnérabilité de certaines chaînes d’approvisionnement. Mais en matière de politiques publiques, les choix ne sont jamais absolus, ils se font toujours par comparaison. Or, sans cet ordre libéral, on risquerait de rentrer dans un Far West économique où chaque pays pourrait imposer à sa guise des droits de douane, nationaliser des investissements étrangers, agir unilatéralement, etc. Tandis que l’ordre international libéral tant décrié a largement contribué à la hausse globale de la prospérité, et coïncide avec la plus forte réduction de la pauvreté de l’histoire.



    Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/victor-d-cha-la-chine-est-beaucoup-plus-dependante-du-commerce-international-quon-ne-le-croit-WOKF43SYUZDJNOZ4H2HJA7H6KE/

    Author : Baptiste Gauthey, Manon Guibon

    Publish date : 2026-03-21 07:30:00

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  • Un ex-directeur du MI6, le prince William… Saint Andrews, voie royale des étudiants en Ecosse

    Sur la pelouse parfaitement entretenue du complexe sportif de l’université de Saint Andrews, un maillot bleu ciel, aux couleurs de l’école, fend le terrain. Ballon ovale à la main, le jeune joueur évite ses adversaires de l’équipe rivale de New Castle, accélère, puis marque un essai parfait sous les applaudissements des spectateurs – presque tous acquis à sa cause. En ce mercredi nuageux de mars, le centre sportif de l’établissement écossais est en ébullition : Saint Andrews accueille les finales du British Universities and Colleges Sports (BUCS), batailles au sommet des meilleures équipes universitaires du pays. Plus de 500 étudiants se sont donné rendez-vous dans cette petite ville de la région de Fife, dans le nord de l’Ecosse, pour y disputer 21 matchs dans une dizaine de sports différents.

    Pour l’université hôte, l’enjeu est de taille. « Contrairement à d’autres écoles, presque tout le monde ici fait partie d’une équipe sportive ou d’une association étudiante. Notre communauté est très soudée et extrêmement impliquée dans ce genre d’événements », commente Tom, étudiant en économie et membre de l’équipe de rugby. Depuis les gradins, il suit la partie avec attention : en cas de victoire, ses camarades seront classés en deuxième position de la ligue, soit le meilleur classement jamais obtenu par l’équipe de Saint Andrews. Mais pour Tom, l’investissement n’est pas que sportif.

    En intégrant l’équipe, ce jeune Ecossais s’est lié d’amitié avec des élèves internationaux venus des Etats-Unis ou d’Afrique du Sud et avec ses « aînés » de 3e ou 4e année. « On sort ensemble le mercredi soir, on se suit sur les réseaux sociaux. C’est un bon moyen de se faire des contacts que l’on gardera longtemps… Et qui pourront servir notre future carrière », estime-t-il, touchant du doigt l’un des atouts majeurs de Saint Andrews. Avec plus de 200 societies [associations étudiantes], une cinquantaine de clubs sportifs et une solide communauté d’alumni à travers le monde, l’école mise autant sur son excellence académique que sur le réseau de premier ordre que les étudiants pourront tisser durant leur scolarité.

    « Les relations que les élèves créent ici sont parfois déterminantes pour le reste de leur vie personnelle ou professionnelle », admet Dame Sally Mapstone, directrice et vice-chancelière de l’université. En témoigne le couple d’anciens élèves le plus célèbre de l’école : le prince William et Kate Middleton. Tous deux diplômés en 2005, ils se sont rencontrés entre ces murs – lui étudiait la géographie, elle l’histoire de l’art. Différentes personnalités politiques, sportives ou culturelles ont également forgé leur esprit critique à Saint Andrews, tels que l’ancien Premier ministre écossais Alex Salmond, diplômé en économie et en histoire médiévale, l’ex-directeur du MI6 Alex Younger, en économie, ou encore le sextuple champion olympique en cyclisme sur piste Chris Hoy, qui y a étudié les mathématiques et la physique.

    « Meilleurs ambassadeurs »

    Dans une école où près de la moitié des 10 400 étudiants sont internationaux, issus de 135 pays différents, Dame Sally Mapstone a bien conscience de la multitude d’opportunités que cette diversité offre à ses élèves. Au-delà d’une excellente formation et d’un processus d’admission extrêmement sélectif – seuls 13 % des candidats sont admis chaque année -, les étudiants doivent « devenir des individus complets et les meilleurs ambassadeurs mondiaux de l’enseignement supérieur et de Saint Andrews », estime-t-elle. Dans cette optique, la direction encourage les activités extrascolaires, l’esprit entrepreneurial et les projets inter-promotions, appuyés par un soutien logistique et des infrastructures exceptionnelles – à l’image du centre sportif ou du Laidlaw Music Center, ouvert il y a six ans au cœur de la ville et dont les salles de répétition et les studios d’enregistrement sont réservés aux élèves.

    Un environnement d’une telle qualité a évidemment un coût. Pour les étudiants écossais, qui peuvent bénéficier d’une aide financière de l’Etat, les frais de scolarité se limitent à environ à 1 800 livres par an. Mais la facture monte vite pour les autres élèves : de l’ordre de 9 500 livres s’ils sont originaires du Royaume-Uni, 33 000 pour les autres, avec un pic proche de 40 000 livres pour le cursus de médecine. L’université elle-même attribue des bourses d’études et des aides, en fonction de la situation financière des étudiants, de leur excellence académique ou de leur engagement dans le sport, la musique ou le « leadership ».

    Traditions et excellence

    Dans les rues de la petite commune côtière de Saint Andrews, 17 000 habitants, difficile de ne pas se laisser emporter par l’effervescence de cette vie étudiante. Le campus, disséminé dans toute la ville, mêle des installations ultramodernes à des bâtiments vieux de plusieurs siècles, rappelant la riche histoire de cette école fondée en 1413. A quelques centaines de mètres de la chapelle Saint-Salvator, datant du XVe siècle, de nouveaux immeubles sortiront bientôt de terre. Cet investissement de 140 millions de livres est le projet immobilier le plus ambitieux de l’histoire de l’université. Baptisés New College, ces nouveaux locaux abriteront bientôt la prestigieuse école de relations internationales de Saint Andrews, ainsi qu’une nouvelle business school.

    Pour l’heure, en attendant qu’une averse passe, des étudiants de licence portant la traditionnelle robe rouge se sont réfugiés sous les arcades du majestueux bâtiment principal, et répètent les chants de la chorale étudiante. « Les traditions multiséculaires de l’école sont parfois surprenantes », sourit Alice Hodges, présidente de l’Union Affairs, qui regroupe les dizaines de societies de l’école. Outre les populaires clubs de théâtre, d’art, de débats ou d’organisation d’événements caritatifs, on découvre ainsi la « Highland cow society », en hommage à la race de vache locale, et la « Tunnock’s Caramel wafer society », dédiée à une gaufrette traditionnelle. « Il est évidemment possible de lancer sa propre association ou de faire partie de plusieurs societies, une façon de rencontrer des gens venus d’horizons très différents », explique la jeune femme, qui a elle-même lancé une association à la gloire des chaussures Crocs, tout en intégrant pendant quatre ans la très professionnelle station de radio étudiante STAR.

    L’offre sportive de l’université donne aussi le tournis : selon Amy Gordon, présidente de l’Athletic Union, les 53 clubs recensés accueillent plus de la moitié des étudiants – le taux le plus élevé d’Ecosse. Des débutants, mais aussi des sportifs confirmés qui concourent à un très haut niveau. « C’est notamment le cas pour le golf, pour lequel nous sommes très reconnus », explique-t-elle, donnant l’exemple de Kristina Armstrong. Cette étudiante en médecine est membre du club de canoë, médaillée de bronze aux Championnats du monde juniors et double championne d’Europe des moins de 23 ans en canoë-kayak. Elle a reçu de la part de ses camarades le prix Lord Menzies Campbell de l’athlète de l’année en 2025.

    Elle-même joueuse de netball, un dérivé du basket, Amy Gordon assure que la qualité de l’offre sportive de Saint Andrews a largement influencé sa décision au moment de choisir son cursus universitaire. Son implication dans l’association lui permet d’ajouter de précieuses lignes à son CV. « C’est un plus, qui complète clairement notre diplôme et ne peut que jouer en notre faveur devant de futurs employeurs », fait-elle valoir.

    Mentorat et sponsoring

    Pour qu’aucun élève ne soit laissé de côté, les liens entre les étudiants sont également favorisés par plusieurs systèmes de mentorat. Les « première année » sont invités à rejoindre des « familles académiques », formées d’étudiants plus âgés. « On dîne ensemble, on révise, on fait du sport, on s’intègre dans d’autres societies« , raconte Alice Hodges.

    Ces liens, forgés dans le huis clos des années universitaires, se prolongent grâce à l’administration de Saint Andrews, par le biais d’événements annuels, de mise en relation avec les anciens élèves, de sites internets dédiés… Une soixantaine de clubs d’alumnis gérés par des bénévoles ont été créés à travers le monde, tandis que l’initiative « Coffee connect », lancée en septembre 2020, permet aux jeunes diplômés d’entrer en relation avec des anciens où qu’ils soient. Selon l’université, 5 000 membres – étudiants, diplômés, parents et « amis » de l’école – ont déjà pris part au programme. De quoi assurer aux jeunes étudiants une voie royale dans le monde du travail.



    Source link : https://www.lexpress.fr/campus/un-ex-directeur-du-mi6-le-prince-william-saint-andrews-voie-royale-des-etudiants-en-ecosse-U6R2F2NO5RATJIVZFHQDRCX77I/

    Author : Céline Delbecque

    Publish date : 2026-03-20 15:00:00

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