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  • « Faire passer Apple pour le tonton ringard » : Nothing, l’étoile montante du smartphone européen

    Va-t-on assister à un défilé de mode ? Tout porte à le croire dans ce décor industriel dressé sous le plafond de verre de l’immense bâtiment en briques de Central Saint-Martin, l’école de mode londonienne. Pourtant, ici, point de mannequins aux traits figés arborant des tenues à cinq chiffres : la star du show est l’électronique. Nothing, l’un des seuls constructeurs grand public européens de smartphones, a vu les choses en grand pour la présentation de ses nouveaux produits.

    Dévoilés sous les applaudissements, le casque Headphone (a) et les deux modèles de téléphone, le Phone (4a) et le Phone (4a) Pro, font la part belle au design, à des prix calibrés : 159 euros pour le premier, de 369 à 569 euros pour les seconds. Les boîtiers ajourés – une spécialité maison – laissent apparaître une partie des composants électroniques. Les couleurs flashy, du jaune au rose en passant par le bleu électrique, tranchent avec les teintes fades des concurrents. Des appareils que l’on reconnaît de loin, au premier coup d’œil. Une singularité rare dans le secteur. « Nous voulons devenir la marque préférée de la nouvelle génération de créatifs, les Balenciaga ou Margiela de la tech », affirme Charlie Smith, le chef du marketing, sourire malicieux aux lèvres. L’idée est de « faire passer Apple pour le tonton ringard ». Le mot d’ordre est clair, la tâche sacrément ambitieuse.

    Des mangas aux téléphones

    D’ambition, le fondateur de Nothing, Carl Pei, n’en manque pas. Ce trentenaire suédo-chinois, passé par la prestigieuse Stockholm School of Economics, compte déjà une solide expérience dans le monde du smartphone. Passionné par le code et les nouvelles technologies dès son plus jeune âge, il vit sa première aventure entrepreneuriale au lycée, en revendant un site dédié aux mangas qu’il a créé, puis il part en Chine pour commercialiser des baladeurs audios. Il revient en Europe suivre des études mais s’interrompt avant l’obtention de son diplôme et rejoint en 2011 le constructeur chinois Oppo. Deux ans plus tard, Pei lance sa propre marque, OnePlus. Sa recette ? Un smartphone haut de gamme, moitié moins cher que ses concurrents et sur lequel il réalise peu de marge, afin de se constituer rapidement un gros vivier de fans, puis de monter ses prix à chaque nouvelle génération. Toute ressemblance avec le business model de l’iPhone, dont la version 17 Pro débute à 1 329 euros, n’est pas complètement fortuite…

    En 2020, il quitte l’aventure OnePlus, en quête de nouveauté. Lorsqu’il crée Nothing à Londres en janvier 2021, et lève dans la foulée 7 millions d’euros, Carl Pei songe à refaire le même coup, en bâtissant cette fois-ci une marque européenne. Le défi est de taille. Les start-up du Vieux Continent ont toujours eu plus de mal à trouver des financements que leurs homologues américaines. L’an dernier, elles n’ont reçu que 58 milliards de dollars d’investissement en capital risque, contre 280 milliards aux Etats-Unis. Le hardware s’apparente, du reste, à une jungle où le taux de faillite oscille entre 70 % et 90 %. Il faut financer de longs cycles de R&D avant de vendre la première unité. Puis trouver des acheteurs en nombre suffisant pour amortir les coûts de fabrication.

    Malgré le soutien financier de quelques bonnes fées, comme les cofondateurs de Twitch et de Reddit, les débuts sont difficiles. « Nous avons eu du mal à trouver des partenaires, explique Xavier Widehem, directeur des ventes pour la France. Ils avaient peur de s’engager avec nous et de nous voir mettre la clé sous la porte au bout de quelques mois ». L’un des rares à sauter le pas est BYD, le géant chinois des batteries et des voitures électriques, allié de Nothing en matière de production. Le premier accessoire, les écouteurs Ear (1), sort en juillet 2021, puis l’été suivant le premier téléphone, le Phone (1).

    Le style européen

    Pour séduire les « rebelles créatifs » de 18 à 35 ans, sa cible prioritaire, Nothing marche délibérément sur les plates-bandes d’Apple, longtemps maître incontesté du style. La marque annonce vouloir « rendre la tech fun », joue sur la transparence en s’inspirant des montres « squelette » de la haute horlogerie et des premières générations de consoles Game Boy, et multiplie les collaborations avec Dior ou le designer asio-américain Chet Lo. L’arrivée de Charlie Smith, un ancien de la marque de haute couture espagnole Loewe, ne doit rien au hasard.

    « Ils mêlent les codes du luxe à ceux d’Apple, avec des lancements en grande pompe, du teasing sur les réseaux sociaux et des listes d’attente pour précommander les produits », souligne Renaud Kayanakis, associé du cabinet 2023 Conseil. Une tactique qui semble payer : les places des événements réservés aux fans sont écoulées en quelques heures et 53 % des casques vendus sont activés sur des machines Apple. Nothing a dépassé le milliard de dollars de chiffre d’affaires l’an dernier et indique avoir vendu des dizaines de millions de produits depuis son lancement. Au Royaume-Uni, l’entreprise a enregistré une croissance de 95 % entre 2024 et 2025 sur le segment des casques et écouteurs, s’installant à la 5e place des marques les plus vendues.

    Elle dispose d’un autre atout : sa nationalité. « Etre européen est clairement un avantage en ce moment », assure Sélim Benayat, chef de produit IA. La guerre tarifaire entre les Etats-Unis et la Chine, et les menaces d’annexion du Groenland de Donald Trump, ont rappelé au Vieux Continent l’intérêt d’avoir des industriels sur son sol et de garder des savoir-faire. Certes, les appareils de Nothing tournent sur le système Android développé par Google, et sont fabriqués en Asie, à l’instar de ses rivaux. Mais les tensions géopolitiques actuelles offrent à l’Europe une position de neutralité utile. « Nous avons la capacité de recruter les meilleurs talents. En outre, comme la tech européenne est engagée dans une course pour rattraper son retard, le fait d’être un champion local nous donne davantage de visibilité, ainsi qu’un meilleur accès au capital et aux clients », ajoute Sélim Benayat.

    Nothing veut également se démarquer par son utilisation de l’IA, notamment avec Essential AI, une solution maison pensée pour assister les utilisateurs. Elle peut trier les captures d’écran, organiser les notes vocales ou écrites, rappeler les rendez-vous… et permet même de coder. Comme avec ChatGPT, « vous pouvez écrire dans un langage simple l’application que vous voulez, et plusieurs agents IA se chargent de la programmer à votre place », explique Sélim Benayat. Une fois codée, l’app est installée sur le téléphone. « C’est une idée qui résonne chez nos utilisateurs, poursuit l’ingénieur. Ils peuvent vraiment personnaliser leur téléphone ».

    David contre Goliath

    Ces arguments peuvent-ils suffire ? Face à Apple, ses 3 800 milliards de dollars de valorisation boursière et ses centaines de millions de téléphones vendus chaque année dans le monde, le Petit Poucet londonien ne pèse pas lourd, alors même que l’accès aux composants électroniques se tend. « Les prix montent, car les fabricants priorisent les mastodontes de l’IA au détriment des constructeurs de terminaux », ajoute Renaud Kayanakis. C’est notamment le cas des RAM, les barrettes de mémoire vive, indispensables au stockage. Si Apple et Samsung ont les moyens d’absorber cette hausse de tarifs, Nothing, qui ne dégage pour l’heure qu’une faible rentabilité, risque d’être à la peine.

    Pour conserver sa bonne dynamique, le Britannique va devoir séduire au-delà de sa communauté de technophiles, sans perdre le lien avec ses fidèles. Subtil équilibre. Avec son châssis monobloc en métal, plus haut de gamme, qui n’est pas sans rappeler les coques en titane des iPhone, le (4a) Pro s’affranchit pour la première fois de la transparence chère à la marque. Branché, mais pas trop : l’âge de raison.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/faire-passer-apple-pour-le-tonton-ringard-nothing-letoile-montante-du-smartphone-europeen-AVKGMYIVJ5AQVISKG4P4V77XF4/

    Author : Aurore Gayte

    Publish date : 2026-03-18 11:00:00

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  • EN DIRECT. Deux morts à Tel Aviv dans les frappes de l’Iran pour venger la mort d’Ali Larijani

    Au dix-neuvième jour de la guerre, les missiles iraniens ont déferlé sur Tel Aviv cette nuit. Une attaque justifiée par Téhéran comme des représailles à l’assassinat par Israël du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien Ali Larijani, tué la veille, a rapporté mercredi 18 mars la télévision d’État iranienne. De son côté, Israël a poursuivi ses salves de frappes dans le centre-ville de Beyrouth et dans sa banlieue sud. Tôt ce mercredi, l’Etat hébreu a également envoyé des ordres d’évacuations de plusieurs villages du sud du pays ainsi que de la ville de Tyr.

    Les infos à retenir

    ⇒ L’Iran frappe Tel Aviv en représailles à la mort du chef de la sécurité Ali Larijani

    ⇒ Au moins six morts dans de nouvelles frappes d’Israël sur Beyrouth

    ⇒ Les Etats-Unis ont bombardé des sites de missiles antinavires iraniens près du détroit d’Ormuz

    08h50

    Jean-Yves Le Drian appelle à résoudre le conflit par la négociation

    Le conflit au Moyen-Orient ne se résoudra que par la négociation, a déclaré Jean-Yves Le Drian, représentant personnel pour le Liban du président Emmanuel Macron, sur franceinfo.

    « Ça a déjà eu lieu. Il y a eu une guerre en 2024 qui a abouti à un cessez-le-feu. Et le cessez-le-feu a abouti à un mécanisme de surveillance et le mécanisme de surveillance a abouti au fait que le gouvernement libanais est un bon gouvernement », a-t-il dit. « Ce gouvernement a pris des initiatives pour empêcher le Hezbollah de poursuivre ses opérations et pour faire en sorte qu’il soit démilitarisé. Israël a occupé le Liban pendant très longtemps sans parvenir à éradiquer les capacités militaires du Hezbollah. Ils ne peuvent pas demander aujourd’hui au gouvernement libanais de faire ce travail-là en trois jours sous les bombes. »

    08h14

    Une réunion prévue à Riyad pour discuter du conflit

    Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, participera dans la journée à une réunion à Ryad, capitale de l’Arabie saoudite, pour discuter de la situation au Moyen-Orient. Hakan Fidan a annoncé effectuer une tournée dans la région pour trouver les moyens de mettre fin au conflit.

    07h50

    La doctrine nucléaire iranienne ne devrait pas changer, selon le ministre des Affaires étrangères

    La position de l’Iran contre le développement d’armes nucléaires ne changera pas de manière significative, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi à Al Jazeera dans des propos relayés mercredi par les médias iraniens, tout en soulignant que le nouveau Guide suprême n’avait pas encore exprimé publiquement son point de vue sur la question.

    L’ancien Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué au début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, s’était opposé au développement d’armes de destruction massive dans une fatwa, ou édit religieux, publiée au début des années 2000. Abbas Araghchi a déclaré que les fatwas dépendaient du juriste islamique qui les émet et a ajouté qu’il n’était pas encore en mesure de juger les opinions jurisprudentielles ou politiques de Mojtaba Khamenei, le nouveau Guide suprême iranien.

    Les pays occidentaux, notamment les États-Unis et Israël, accusent depuis des années Téhéran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, tandis que les autorités iraniennes affirment que leur programme nucléaire est exclusivement destiné à des fins civiles.

    07h27

    L’Iran exécute un homme accusé d’espionnage

    L’Iran a exécuté ce mercredi matin un homme accusé d’espionnage pour le compte d’Israël, selon l’agence de presse Mizan, organe du pouvoir judiciaire iranien. L’homme, arrêté pendant la guerre des douze jours entre l’Iran et l’Etat hébreu, en juin, a été jugé « coupable d’avoir fourni au (service de renseignement) d’Israël, le Mossad, des photographies et des informations au sujet de lieux sensibles en Iran », rapporte Mizan.

    C’est la première exécution annoncée par la République islamique depuis le début de la guerre contre Israël et les Etats-Unis, le 28 février.

    07h08

    Un projectile frappe près de la centrale nucléaire iranienne de Bushehr

    Un projectile a touché une zone près de la centrale nucléaire iranienne de Bushehr mardi soir, mais il n’a causé aucun dommage ni blessé, a déclaré l’Iran à l’Agence internationale de l’énergie atomique. « L’AIEA a été informée par l’Iran qu’un projectile a touché les locaux du NPP Bushehr mardi soir. Aucun dommage à l’usine ou blessure au personnel n’a été signalé », a déclaré l’agence de l’ONU sur X. Le chef de l’AIEA, Rafael Grossi, a réitéré son appel à une retenue maximale pendant le conflit afin d’éviter le risque d’accident nucléaire.

    07h00

    Les Etats-Unis ont bombardé des sites de missiles antinavires iraniens près du détroit d’Ormuz

    L’armée américaine a déclaré mardi qu’elle avait ciblé des sites le long de la côte iranienne près du détroit d’Ormuz parce que les missiles anti-navires iraniens présentaient un risque pour la navigation internationale. Selon l’armée américaine, les Etats-Unis ont bombardé « avec succès » ces sites de missiles antinavires iraniens près du détroit d’Ormuz à l’aide de bombes antibunkers.

    06h50

    Au moins six morts dans de nouvelles frappes d’Israël sur Beyrouth

    De nouvelles frappes aériennes israéliennes ont ciblé Beyrouth cette nuit, dans le quartier de Bachoura en centre-ville, tuant au moins six personnes, a déclaré le ministère libanais de la Santé mercredi. Les frappes aériennes israéliennes ont également frappé la banlieue sud de Beyrouth contrôlée par le Hezbollah, où les images de Reuters ont montré des explosions éclairant le ciel nocturne.

    Plus de 900 personnes ont été tuées au Liban par des attaques israéliennes depuis que le Hezbollah est entré dans la guerre régionale en soutien à Téhéran le 2 mars, et plus d’un million de personnes ont été forcées de fuir leurs maisons, selon les autorités libanaises.

    Ce matin du 18 mars, l’armée israélienne a lancé de nouveaux ordres d’évacuation de plusieurs villages du sud du Liban, notamment dans la ville de Tir et ses environs, en prévision d’actions militaires contre le Hezbollah dans la région.

    06h45

    L’Iran frappe Tel Aviv en représailles à la mort du chef de la sécurité Ali Larijani

    L’Iran a ciblé Tel Aviv avec des missiles en représailles à l’assassinat par Israël du chef de la sécurité iranien Ali Larijani, a rapporté ce mercredi la télévision d’État iranienne. L’attaque a tué deux personnes dans un quartier proche de Tel Aviv densément peuplé, où se trouvent également des installations militaires clés. Israël a déclaré que l’Iran a utilisé des missiles dits  » à fragmentation », qui se dispersent en plusieurs plus petits explosifs dans les airs et se répandent sur une vaste zone, ce qui les rend difficiles à intercepter.

    Le chef de l’armée iranienne, le général Amir Hatami, a promis mercredi de « venger » la mort du chef de la sécurité de la République islamique, Ali Larijani. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a, lui, averti que les conséquences de la guerre au Moyen-Orient allaient « frapper tout le monde », dans un entretien accordé à la chaîne qatarie Al Jazeera. Il s’est par ailleurs félicité des critiques émises dans les pays occidentaux contre le conflit.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-guerre-en-iran-teheran-frappe-tel-aviv-en-represailles-a-la-mort-dali-larijani-IWZUMK24CFBBBHNDCMW7K7KSZE/

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    Publish date : 2026-03-18 08:44:00

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  • Bien plus verte que Paris : comment Varsovie est devenue un modèle de végétalisation

    Les 15 et 22 mars, les Français votent aux municipales. L’occasion pour L’Express de sélectionner chez nos voisins des idées innovantes, des concepts pertinents et des dynamiques vertueuses pour améliorer notre quotidien. Tour d’Europe des villes qui doivent nous inspirer, et surtout inspirer nos nouveaux élus.

    EPISODE 1 – Ces villes qui doivent nous inspirer : Munich, le mariage réussi de la Silicon Valley et de l’huile de moteur

    EPISODE 2 – Comment Vienne est devenue un petit paradis pour les seniors et les locataires

    EPISODE 3 –Londres, un modèle pour la sécurité ? Sa recette miracle pour faire baisser le crime

    EPISODE 4 – « Les polémiques à Paris nous ont beaucoup amusés » : Copenhague, ce modèle de propreté qui s’exporte

    EPISODE 6 – Des mini-réacteurs nucléaires pour se chauffer ? Helsinki prépare sa révolution énergétique

    EPISODE 7 – Dublin, l’incroyable succès d’un ovni américain en Europe

    EPISODE 8 – « Il aime tout ce qui brille » : Giuseppe Sala, le maire qui a transformé Milan en marque mondiale

    EPISODE 9 – Zurich, la ville qui a réussi le pari des transports publics… sans métro

    Varsovie, verte ? L’idée a de quoi surprendre, tant cette ville de 1,8 million d’habitants a longtemps symbolisé l’héritage austère du communisme. Et pourtant, la capitale polonaise, passée maîtresse en végétalisation de zones bétonnées, est en passe de réussir son pari. En empruntant l’avenue Marszałkowska, longue artère rectiligne qui fend le centre de Varsovie, difficile d’échapper au vertigineux et très stalinien Palais de la Culture et de la Science. Les passants, qui ont trop vu cet édifice emblématique d’un temps honni, ne prêtent pour la plupart pas attention aux panneaux installés à ses pieds et intitulés : « C’est vert pour nous ! ». Des modélisations du centre-ville y sont exposées : places minérales devenues jardins, trottoirs élargis, rangées d’arbres adoucissant les perspectives. Des rêves d’urbanistes sans lendemain ? Les Varsoviens notent déjà les changements et constateront dès l’éclosion du printemps, que la mue s’accélère. La ville s’est d’ailleurs d’ores et déjà imposée comme l’une des plus en pointe en Europe dans ce domaine, avec 47 % de sa superficie occupée par des espaces naturels (dont environ 20% pour les parcs et forêts), selon des articles récents publiés sur le site de l’éditeur scientifique suisse MDPI – contre une estimation de 28 à 30 % pour Paris en intégrant les bois de Boulogne et de Vincennes.

    Toutes ces rénovations s’inscrivent dans le cadre de l’ambitieux projet de « nouveau centre de Varsovie », porté par la municipalité et remporté par le cabinet RS Architektura Krajobrazu. Démarré en 2020, Il vise à transformer un secteur central jusqu’ici peu harmonieux pour en faire un vrai centre attractif, vivant, convivial et mieux connecté. « L’objectif principal est de transformer les espaces publics du centre-ville afin d’améliorer la qualité de vie des habitants, de contrer le phénomène d’exode urbain et de réduire la pression exercée par la circulation automobile », explique Olga Rosłoń-Skalińska, directrice adjointe chargée des investissements et du développement à l’Office des espaces verts de Varsovie. Il s’agit pour cela de redonner la priorité aux piétons et de renforcer la présence du végétal. Au total, des centaines d’arbres doivent être plantés, sans parler des dizaines de milliers d’arbustes, plantes vivaces et plantes grimpantes.

    Parmi les transformations les plus emblématiques déjà réalisées, celle de la place des Défilés (Plac Defilad), devant l’immense bâtiment sus-cité. L’ambition était d’animer cette esplanade peu accueillante, dominée par des places de parkings goudronnées, en y intégrant espaces verts, allées, bancs, commerces et cafés. L’endroit a également été dynamisé par l’inauguration il y a un an du nouveau musée d’Art moderne, un grand cube blanc.

    Le top 5 du maire

    A quelques centaines de mètres de là, les marteaux-piqueurs ont définitivement quitté l’avenue Marszałkowska à l’automne, après plusieurs semaines de travaux. Un soulagement pour les riverains, las de ne pas pouvoir emprunter l’incontournable ligne de tramway de l’hypercentre. Celle-ci a fait une place à la nature : des arbres encadrent les rails et, là où dominait l’asphalte, une pelouse encore timide pousse entre les voies. Sur d’autres tronçons, une piste cyclable a été créée, délimitée par une bande végétalisée.

    Depuis 2018, le maire libéral de Varsovie, Rafał Trzaskowski – candidat pro-europen malheureux à la présidentielle de 2025 face au nationaliste Karol Nawrocki -, s’efforce de mettre en avant ces transformations urbaines sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, il partage dans une vidéo son « top 5 des espaces verts de la ville ». Son préféré est la rue Chmielna, entièrement réaménagée en plein centre-ville. Autrefois gris et sinistre, cet axe, à présent largement piéton et bordé d’arbres, est devenu un lieu de promenade urbaine agréable. L’édile met aussi à l’honneur le parc Akcji Burza. Situé un peu à l’écart du centre-ville, le lieu est né autour d’un grand monticule érigé après la Seconde Guerre mondiale avec les débris de la ville. Plus ou moins laissé à l’abandon, il a depuis été revitalisé, afin de conserver sa dimension historique (des panneaux rappellent la mémoire du soulèvement de 1944), tout en y intégrant une nature domestiquée et des zones de détente.

    Réserve naturelle en pleine ville

    Toujours dans l’optique d’humaniser le centre-ville, une part importante du stationnement en surface est déplacée vers des infrastructures souterraines. Parallèlement, des squares et trois nouveaux parcs ont récemment vu le jour, s’ajoutant aux vastes espaces verts qui faisaient déjà respirer Varsovie. Pour Lukasz Grzymisławski, journaliste à Gazeta Wyborcza, un grand quotidien national, « l’espace vert le plus impressionnant de Varsovie est sans aucun doute la forêt de Bielany, dans le nord-ouest de la ville : une réserve naturelle, presque restée à l’état sauvage, bien qu’entourée de quartiers urbains densément peuplés ».

    Aux beaux jours, les pelouses du coeur de la cité font le bonheur des habitants, entre parties de volley-ball, barbecues, festivals de musique… Les Varsoviens ont alors l’impression que leur ville, détruite à 70 % pendant la Seconde Guerre mondiale et si terne à l’époque du joug soviétique, est devenue l’une des plus vivantes du continent.

    « Même à l’époque communiste, Varsovie était considérée comme une ville verte regorgeant de parcs, mais ces espaces étaient négligés et se dégradaient, précise Lukasz Grzymisławski. Aujourd’hui, des projets de revitalisation redonnent vie aux espaces verts. Et les mesures actuellement mises en œuvre par les autorités municipales améliorent rapidement la qualité de l’espace public à Varsovie. C’est un phénomène de plus en plus perceptible pour ceux qui vivent ici, et par conséquent, le nombre d’opposants à la suppression de la circulation automobile du centre-ville diminue progressivement ».



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/bien-plus-verte-que-paris-comment-varsovie-est-devenue-un-modele-de-vegetalisation-H4HQYJQ62ZG2JB6R3HIOUGCMIU/

    Author : Cyrille Pluyette

    Publish date : 2026-03-18 06:00:00

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  • Face à l’incertitude mondiale, la leçon singulière du Japon : le décryptage de Karoline Postel-Vinay

    « Quand l’incertitude concerne tout à la fois l’avenir de l’habitat terrestre, l’irruption des guerres, l’emballement des innovations technologiques et le vieillissement accéléré des populations, même les individus les plus nantis peuvent éprouver une difficulté à se projeter dans l’avenir. Le sentiment de désorientation peut alors devenir général et diffus dans l’ensemble des sociétés. Il peut être d’autant plus pénétrant que la soudaine illisibilité du présent et de l’avenir concerne nos certitudes élémentaires. » Directrice de recherche à Sciences Po (Ceri), Karoline Postel-Vinay en est convaincue : la grande question politique de notre siècle est l’incertitude. L’impression d’inintelligibilité du monde nourrit les discours survivalistes et populistes. Ainsi du récit Maga aux Etats-Unis : « Il répond à une demande qui n’est pas celle de la vérité, à peine celle de la vraisemblance, mais celle de la suppression du sentiment pénible d’incertitude ».

    Invitée des Temps sauvages, le podcast géopolitique de L’Express, l’auteur de Face à l’imprévu (éditions du Cerf) conteste l’idée selon laquelle le ressort de Maga serait exclusivement le passéisme. « Le récit de Trump est d’abord une proposition pour le futur, analyse-t-elle. Le président américain fait comme si l’incertitude n’existait pas alors même que ses décisions en créent ! ».

    >> Cet épisode est à retrouver sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox ou encore Podcast Addict

    A l’instar des personnes, tous les Etats ne sont pas égaux devant l’incertitude mondiale. S’il est un pays familier des catastrophes, et conscient de sa vulnérabilité, c’est bien le Japon. « Aucun pays parmi les démocraties postindustrielles n’a une expérience des aléas naturels comparable à la sienne », rappelle-t-elle. Au cours du dernier demi-siècle, le pays aura été frappé par le tremblement de terre de Kobe, en 1995, tuant plus de 6 400 personnes et laissant 300 000 autres sans-abri. La même année, la secte Aum Shinrikyo attaquait au gaz sarin le métro de Tokyo. Le 11 mars 2011, la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima faisait plus de 22 000 victimes. Il y a déjà quinze ans !

    Pourtant, le populisme a beaucoup moins prospéré au Japon que dans un pays comparable comme la France. Alors que tous les ingrédients – crises planétaires et « mégamenaces » – sont réunis pour susciter dans l’archipel « le besoin d’hyper-affirmation et le désir d’imaginaire populiste ».

    Selon la formule d’un universitaire coréen, la société japonaise forme une « communauté du désastre ». Comment les Japonais appréhendent-ils le risque ? Pourquoi leur « index de vulnérabilité » est-il aussi bas ? Karoline Postel-Vinay décrypte cette « énigme » en balayant pas mal d’idées reçues. Son étude de la pandémie de Covid-19 est de ce point de vue très éclairante.

    « Les Japonais n’ont pas attendu les consignes gouvernementales pour agir, raconte-t-elle. Tout le monde s’est mis en mode désastre automatiquement. On a ouvert les fenêtres, porté les masques. La stupéfaction face à la pandémie était amoindrie par un sentiment de déjà-vu. La longue histoire des catastrophes constitue une forme d’héritage avec lequel la société et le gouvernement affrontent l’incertitude. Depuis 1960, chaque 1er septembre est officiellement le Jour de la prévention des catastrophes. Il correspond à la date du séisme de Tokyo en 1923. Ce jour n’est pas férié, mais ce n’est pas un jour de travail ordinaire. Le gouvernement donne l’exemple en effectuant une séance de simulation d’une cellule de crise la plus réaliste possible. Tous les ministres, habillés en bleu de travail, se rendent au siège de gestion des catastrophes majeures, et mènent des exercices de mise en condition… »

    Une autre idée reçue s’est répandue : les Japonais respecteraient davantage leurs institutions et cela se refléterait dans la qualité de l’ordre public. « Une telle analyse relève de l’illusion d’optique, rétablit Karoline Postel-Vinay, car elle occulte une réalité plus intrigante. Certes les faits de délinquance dans l’archipel restent très en dessous de la moyenne européenne et nord-américaine. Mais les Japonais ont tendance à juger négativement leurs institutions nationales, y compris celles chargées de leur sécurité ». Malgré cela, ils maintiennent au quotidien « une forme de pacte civil ».

    Durant la pandémie, le gouvernement japonais s’est montré moins répressif que chez ses voisins asiatiques, mais aussi que dans nombre de pays européens parmi lesquels la France. « Durant cette crise sanitaire, explique Karoline Postel-Vinay, ce ne sont pas les autorités policières, mais les citoyens eux-mêmes, qui ont généré l’ordre public ». La société japonaise sécrète une sorte d’ »auto-contrôle » (jishuku), qui se manifeste par une retenue individuelle et collective.

    Karoline Postel-Vinay observe un paradoxe : au Japon, le déclenchement de catastrophes et la sidération ont plutôt tendance à « exacerber le rejet du pouvoir central ». Alors qu’en France, une situation identique crée une forte attente à l’égard de la parole présidentielle. La défiance à l’égard des institutions est provisoirement « mise en sourdine ». « Face à une crise, les Japonais n’attendent pas un de Gaulle, ils n’ont pas le culte du chef », résume-t-elle au micro des Temps sauvages.

    Confrontés à un choc, les Japonais pratiquent une forme de « catastrophisme éclairé ». Ils n’hésitent pas à recourir à l’ironie. Pour eux, le pire est toujours certain. Toute catastrophe comporte à leurs yeux une part d’absurdité. A l’inverse, l’Europe est imprégnée d’un « volontarisme philosophique » : elle a la foi dans le « pouvoir individuel » de « transformer le réel ».

    Les Européens se passionnent pour le Japon. Perçoivent-ils cette dimension de la culture japonaise ? « On parle beaucoup plus de la résilience en France notamment, constate Karoline Postel-Vinay. Il y a une prise de conscience collective de notre vulnérabilité. » Toutefois, nous n’avons pas encore réussi à bâtir un « récit commun » face à l’incertitude. Alors que le trouble global est propice à l’élaboration de « scénarios futuristes les plus divers », enchantés ou désenchantés. Les utopies positives (lendemains qui chantent) vont-elles être remplacées par des « rétrotopies » (autrefois « glorieux ») ?

    « Make America Great Again s’apparente à une rétrotopie, explique-t-elle. On suppose qu’il existe un passé formidable qui doit guider notre action dans le futur. Ce scénario imaginaire est également au cœur des discours de Poutine et de Modi ». Pour l’heure, les « fournisseurs de certitudes massives » rencontrent davantage d’écho. Ceux qui n’ont pas encore renoncé à gouverner avec, et non contre le poids de l’inconnu doivent lire ce petit manuel de survie.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/asie/face-a-lincertitude-mondiale-la-lecon-singuliere-du-japon-le-decryptage-de-karoline-postel-vinay-G6E43PGADZBV5PAYZ54Q5PF6Q4/

    Author : Sébastien Le Fol

    Publish date : 2026-03-17 16:30:00

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  • L’IA peut-elle offrir à tous les enfants une éducation de privilégiés ?


    « Comment on fait les bébés ? » Vertigineuse question à laquelle tous les parents sont un jour sommés de répondre. ChatGPT le fait avec plus d’aplomb, en adaptant ses réponses à l’âge de l’inquisiteur. L’enfant a 4 ans ? L’IA propose une explication très sommaire : « Les bébés commencent quand un petit morceau du papa et un petit morceau de la maman se rejoignent. Le bébé grandit ensuite dans un endroit spécial dans le ventre de la maman, qu’on appelle l’utérus. » Il s’agit d’un collégien ? ChatGPT explique la rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovule, le rapport sexuel, l’évolution d’une cellule œuf, rappelant que cela touche « à l’amour, au consentement et à la protection ». Le questionneur a un master en biologie ? L’IA lui détaillera la gamétogenèse, la fécondation aboutissant au « zygote diploïde », la « morula », le « blastocyste »…

    Des productions bluffantes. Qui, pour les entreprises d’IA, sont la preuve éclatante que leur technologie va révolutionner l’éducation. « L’IA peut devenir un précieux tuteur qui fournit à chaque élève un accompagnement jusque-là réservé à une poignée d’entre eux », déclarait Sam Altman en 2024. Déjà, des écoles IA fleurissent aux Etats-Unis et en Chine. Comme l’Alpha School, coûteuse école privée à Austin qui promet une réussite « fulgurante » en seulement deux heures d’apprentissage académique par jour. A Pékin, les écoles primaires et secondaires sont d’ores et déjà tenues de programmer 8 heures de cours par an sur l’IA. L’impact de cette technologie sur l’éducation est cependant plus complexe que les startupeurs de la Silicon Valley ne veulent l’avouer.

    ChatGPT au secours des élèves timides

    L’IA a un potentiel indéniable, que pointe une méta-analyse de Jin Wang et Wenxiang Fan publiée dans Nature en mai dernier. Retenant 51 études portant sur des élèves de 7 à 18 ans, elle conclut que ChatGPT a eu un impact positif significatif sur la performance d’apprentissage, et plus modéré mais également positif sur la perception de l’apprentissage et sur le raisonnement de haut niveau.

    Mille jours après l’irruption de ChatGPT, les experts de l’éducation discernent de mieux en mieux comment l’IA peut aider les enfants, notamment pour les stratégiques transferts de connaissances. « Les élèves ont parfois du mal à distinguer la règle générale des particularités dans un nombre restreint d’exemples. Certains ayant étudié en classe la sélection naturelle sur le cas des phalènes peuvent ainsi peiner à l’appliquer si l’évaluation porte sur le cas des pinsons », explique Adeline André, inspectrice, référente du réseau Sciences cognitives et pilote du groupe « IA et éducation » des inspecteurs du second degré de l’académie de Paris. Capable de générer des exemples à volonté en soulignant ce qui les distingue et les relie, l’IA lève aisément ces ambiguïtés.

    Elle excelle aussi à dénicher l’analogie qui rendra limpide le concept scientifique le plus obscur. « Par exemple, une image de rivière pour vous faire comprendre la manière dont les électrons circulent dans un câble. Et si cela ne vous parle pas, elle en trouvera dix autres », illustre Chakib Lahrach, président du collectif Unaite qui réunit les clubs IA d’écoles telles que X, Ponts et Chaussées et CentraleSupélec.

    Autre atout : ces amicaux chatbots sont disponibles à toute heure. Même les plus timides n’hésitent pas à leur poser des questions. « C’est précieux en maths, où la compréhension n’est pas linéaire. Face à des concepts éloignés de leur champ, même les plus grands chercheurs passent par une phrase d’incompréhension totale. Oser questionner sans crainte du ridicule est déterminant pour progresser », confie le mathématicien David Bessis. Gageons que les parents ayant tout oublié des équations et des « proba » apprécieront, eux aussi, un coup de pouce de l’IA à l’heure des devoirs.

    Le problème des deux sigma

    L’outil se révèle tout aussi redoutable pour « tester les connaissances », souligne Ethan Mollick, professeur de management à la Wharton School de Pennsylvanie et auteur du best-seller Co-intelligence. Vivre et travailler avec l’IA (First Editions, 2025). Il suffit d’indiquer un thème et le temps disponible pour que l’IA génère en quelques secondes des quiz ludiques. Du côté des enseignants, de nouveaux outils émergent. « Notre IA leur montre ce sur quoi l’apprenant a buté, ce qu’il a rayé dans ses brouillons. Ce qui aide à mieux évaluer sa progression », explique Véronique Saubot, directrice générale de l’école Simplon. Enfin, si les chatbots se trompent encore, ils ont nettement progressé avec les modèles dits de raisonnement apparus il y a un an. Alimentant le rêve fou d’apporter un savoir de qualité, à faible coût, dans des régions du monde peu pourvues en écoles.

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    Comme Internet avant elle, l’IA n’est cependant pas la solution miracle. Les entrepreneurs de la tech aiment citer le « problème des deux sigma » de Benjamin Bloom : ce psychologue américain avait analysé en 1984 des travaux suggérant que les performances d’élèves tutorés individuellement par un humain étaient supérieures de deux « écarts types ». En clair : un élève moyen de ce groupe dépassait environ 98 % des élèves d’une classe conventionnelle. « C’est mésinterprété, tempère Matthew Kraft, professeur d’éducation et d’économie à l’université américaine Brown. Les conclusions de Bloom portaient sur des domaines d’étude très spécifiques, avec un délai court entre apprentissage et évaluation. D’autres expérimentations menées par la suite notent des progrès, mais d’un ordre inférieur. »

    Le danger de l’IA béquille

    Dans le cas des tuteurs IA, le paramétrage est clé. Certains outils sont spécialement conçus pour suivre et s’adapter à l’élève. D’autres « mode éducatif » grand public sont plus sommaires. « Ils ont le grand mérite de ne pas livrer la bonne réponse immédiatement, et d’encourager l’élève à la chercher, en le guidant. Mais ils ne calibrent pas encore leur rôle en fonction de l’historique des échanges », pointe Ethan Mollick.

    Le vrai risque est ailleurs : que l’IA donne aux élèves l’illusion d’apprendre. Converser avec elle est en effet si naturel qu’un jeune peut – sans même le vouloir – lui déléguer excessivement toute réflexion. Transpirer sur un problème, l’examiner sous plusieurs angles, mettre de l’ordre et des mots sur ses idées a pourtant de grandes vertus. « Il n’y a pas d’apprentissage si l’on ne fait pas travailler son cerveau, s’il n’y a pas d’effort mental », rappelle Ethan Mollick.

    Les parents ont une mission cruciale. « La chose la plus utile qu’ils puissent faire est d’avoir des conversations ouvertes avec leurs enfants afin de comprendre la manière dont ils utilisent cette technologie. Et de leur expliquer les capacités de l’IA et les risques associés », souligne Matthew Kraft de l’université Brown. Leur apprendre, par exemple, comment questionner l’IA pour qu’elle les guide, sans faire à leur place. Mieux vaut ainsi demander au chatbot « Quelles questions dois-je me poser pour résoudre ce problème ? » que la réponse directe.

    Le système scolaire devra, quant à lui, plus que jamais se concentrer sur les fondamentaux. Par exemple, « s’assurer que chacun sache écrire seul, car notre capacité de réfléchir y est intimement liée”, plaide Jonathan Williams, ancien procureur de la Couronne britannique, aujourd’hui directeur France du champion suédois de l’IA juridique Legora. Quitte à redéfinir la nature de ces fondamentaux. « Dans un monde où l’IA produira les lignes de code à la place des humains, leur rôle consistera davantage à concevoir des systèmes ou arbitrer des choix d’architecture », pointe Charles Gorintin, directeur technique de la licorne Alan.

    La deuxième partie de notre récit sera mise en ligne le 18 mars.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/lia-peut-elle-offrir-a-tous-les-enfants-une-education-de-privilegies-EYTSK6KIRFAMLCZ5DYVCZSHJLI/

    Author : Anne Cagan, Laurent Berbon

    Publish date : 2026-03-17 17:00:00

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  • « Le PS s’est tiré une balle dans le pied pour 2027 » : l’analyse au vitriol de Gérard Grunberg

    « Vous savez ce que c’est, c’est des gros combinards. Ils ne vont pas nous coûter trop cher je pense à acheter pour le deuxième tour ». Voilà comment Jean-Luc Mélenchon, à l’occasion de son meeting du 4 mars à Bondy, parlait du PS et de ses dirigeants. Au lendemain du premier tour des municipales, les socialistes, visiblement peu rancuniers, ont manqué une occasion de faire mentir le chef de file des insoumis. Après des semaines à s’échanger des invectives, les deux partis ont mis leurs différends entre parenthèses pour nouer, le temps d’un second tour, des alliances locales au nom de la « lutte antifasciste ». À Toulouse, par exemple, les listes LFI et PS ont fusionné pour tenter de battre le maire divers droite sortant, Jean-Luc Moudenc. Une stratégie loin de faire l’unanimité à gauche : un « déshonneur », a ainsi commenté l’ancien Premier ministre Manuel Valls, chroniqueur à L’Express.

    Pour Gérard Grunberg, directeur de recherche émérite au CNRS et spécialiste de la gauche, les tergiversations du Parti socialiste s’expliquent avant tout par son incapacité à rompre avec l’extrême gauche : « les socialistes n’ont jamais pleinement intégré la logique du parlementarisme et restent profondément marqués par les origines révolutionnaires de leur parti », explique à L’Express le politologue et directeur du site Telos. Conséquences : ces alliances de circonstances pourraient leur coûter cher lors des prochaines échéances électorales, alors même que ces municipales offraient l’occasion d’adopter une « nouvelle stratégie qui replace le PS au centre du jeu politique », regrette le chercheur. Entretien.

    L’Express : A Toulouse, Lyon, Avignon, Nantes ou encore Limoges, le Parti socialiste et Les Ecologistes ont fait alliance avec La France insoumise, alors même que ces partis, il y a encore quelques jours, affirmaient que LFI avait franchi des limites inacceptables. Comment l’expliquez-vous ?

    Gérard Grunberg : Tout cela remonte à très loin. Le Parti socialiste n’a jamais été capable de se relever du choc de 2017, avec la fin de la bipolarisation gauche-droite et la complexification croissante de notre système partisan. Au point de quasiment disparaître en 2022. Ce à quoi on assiste depuis l’annonce des résultats de ce premier tour, c’est la conséquence presque naturelle d’un parti qui n’a pas de stratégie, et qui n’en a plus depuis longtemps. Les critiques des dernières semaines à l’égard de LFI ne doivent pas faire oublier qu’il n’y a pas si longtemps, les socialistes formaient une alliance avec les insoumis dans le Nouveau Front populaire. Tout cela est la preuve que le PS, dans son for intérieur, n’a jamais véritablement rompu avec l’extrême gauche. Même quand cette dernière l’injurie, ce qu’a très largement fait Jean-Luc Mélenchon ces dernières semaines.

    C’est un très mauvais coup pour le Parti socialiste.

    A l’exception de Marseille et de Paris, les cas de résistance sont peu nombreux. C’est la conséquence d’un parti qui ne sait toujours pas où il se situe et qui n’a jamais été capable de faire sa mue sociale-démocrate. On verra comment les électeurs réagiront. Mais ce qui est certain, c’est que les dirigeants locaux, dans ces villes, n’ont pas hésité longtemps avant de privilégier la victoire et la conservation de leurs sièges au détriment de leurs valeurs et d’une stratégie de long terme. C’est un très mauvais coup pour le Parti socialiste : il va conserver la plupart de ses villes, voire en conquérir de nouvelles, mais il sortira néanmoins très affaibli de cette séquence.

    Pourquoi ?

    Parce que le parti va aborder les prochaines échéances électorales sans que l’on sache vraiment qui il est. C’est surtout une grande occasion manquée : la rupture récente de LFI avec le reste de la gauche ouvrait une opportunité pour adopter une nouvelle stratégie qui le replace au centre du jeu politique. Mais on voit que ça ne tient pas : du côté des socialistes parce qu’ils n’ont pas de stratégie, et du côté des écologistes parce qu’ils restent en réalité assez proches des positions de LFI.

    C’est dommage, car si beaucoup de commentateurs parlent d’une victoire éclatante de LFI, les résultats ne disent pas exactement cela. En réalité, LFI n’a pas réalisé de scores particulièrement élevés, sauf quelques exceptions, même s’il a incontestablement renforcé son implantation, en particulier dans les banlieues de Paris et de Lyon. On constate en effet que les listes d’union de la « gauche non LFI » arrivent dans l’immense majorité des cas largement devant celles de LFI. L’écart est très net. Rappelons-nous simplement qu’en 2022, à l’élection présidentielle, Mélenchon faisait presque 22 % quand le PS sombrait à 1,75 %. Aujourd’hui, le Parti socialiste devance très nettement LFI dans une très grande majorité de cas. Autrement dit, le PS a plutôt bien résisté.

    Et que va-t-on retenir ? Que LFI a rencontré un succès remarquable, pendant que le PS s’est montré incapable de choisir une ligne claire. C’est dommage, car le Parti socialiste était en réalité dans une position de force, mais s’est comporté comme s’il était en position de faiblesse. La faute à l’absence d’autorité réelle dans sa direction.

    Ces alliances sont-elles la preuve que le parti de Jean-Luc Mélenchon est moins disqualifié auprès de l’opinion que ce que l’on pensait ?

    Si l’on prend les sondages au sérieux, et pour ma part je les ai toujours pris au sérieux, alors il n’y a guère de doute : la grande majorité des électeurs socialistes sont opposés à un accord avec La France insoumise. Il n’est donc pas impossible que le PS en paie le prix. Cela dit, l’idée selon laquelle il faudrait constituer un « front antifasciste », que LFI a beaucoup remis en avant ces derniers jours, est encore profondément ancrée dans l’inconscient collectif d’une partie des socialistes. A l’inverse, ils n’ont pas totalement intégré l’idée d’une équivalence entre les deux extrêmes qu’il faudrait combattre de la même manière. Il n’est pas impossible qu’à gauche, ceux qui rejettent LFI rejettent peut-être encore plus le Rassemblement national.

    A Nantes, le candidat LFI et la maire sortante socialiste ont lié une alliance pour constituer un « front antifasciste » face un candidat Les Républicains. Cette extension du « cordon sanitaire » à la droite républicaine est-elle un phénomène nouveau ?

    Absolument. Cela fait déjà quelques années que certains à gauche expliquent que la droite mène vers l’extrême droite, et que le centre ne serait que la droite déguisée. Or, pour la nouvelle direction du Parti socialiste avec Olivier Faure, l’essentiel est de préserver le clivage gauche-droite enterré au lendemain de 2017. Dans cette logique, il est plus difficile de se rapprocher du centre, qui appartiendrait au bloc adverse, que de s’associer avec les Insoumis, considérés, quoi qu’ils fassent, comme faisant partie du « bon » bloc.

    Cette élection confirme la structuration d’un système pentapartite.

    En adoptant cette grille de lecture, la direction du Parti socialiste commet une grande erreur, car elle fait comme si la réalité du système politique ne s’était pas profondément transformée. Or, s’il y a une leçon à tirer de ce premier tour, c’est qu’il confirme la structuration d’un système pentapartite, avec cinq pôles : l’extrême gauche, la gauche, le centre, la droite et l’extrême droite. Le problème, c’est qu’aucun de ces pôles ne veut s’allier durablement avec les autres au niveau national. Le système est donc bloqué.

    Pour sortir de cette situation, il y a en réalité deux solutions. Soit on rétablit clairement un clivage gauche-droite, comme le voudrait le Parti socialiste, mais cela me paraît impossible en l’état. Soit on accepte l’idée d’un système réellement multipolaire, et donc on en tire toutes les conséquences sur le plan des institutions. C’est pour cette raison que je suis favorable à l’introduction d’une part de proportionnelle : elle obligerait les différentes forces politiques à reconnaître cette réalité et à négocier entre elles.

    Raymond Aron écrivait que le propre de la démocratie est de forger des compromis. Or, aujourd’hui en France, le compromis politique passe souvent pour de la compromission…

    Aron avait très bien compris que les socialistes français n’ont jamais pleinement intégré la logique du parlementarisme. Ils se présentent bien sûr comme des parlementaristes, mais au fond, ils ne le sont pas vraiment et restent profondément marqués par les origines révolutionnaires de leur parti. Ils ont beaucoup de difficultés à admettre qu’entre cette tradition et la tradition de la démocratie libérale, il existe une différence fondamentale de nature. Raison pour laquelle ils n’aiment pas le terme « libéral ». Or, c’est bien cette démocratie libérale, aujourd’hui contestée un peu partout dans le monde, qu’ils devraient défendre en tant que sociaux-démocrates.

    Certains commencent à évoluer au sein du Parti socialiste, comme François Hollande par exemple. Mais ils restent minoritaires. La gauche devrait certainement commencer par se demander ce que signifie « être de gauche » aujourd’hui. Parce que, quand on s’allie avec LFI, on doit s’interroger sur ce qu’il reste de cette identité, tant La France insoumise est un parti profondément antilibéral, notamment sur le plan politique. Les socialistes doivent sortir de cette ambiguïté intellectuelle dans laquelle ils naviguent depuis quelques années déjà.

    Si on se projette à 2027, quelles leçons tirer de ces municipales ?

    Les législatives sont un enjeu plus important que la présidentielle.

    Que l’on a du mal à voir ce que le Parti socialiste pourra dire en 2027 ! Le PS est-il capable de présenter un candidat qui propose autre chose que le gloubi-boulga habituel ? Et c’est dommage, car j’insiste sur le fait que les résultats du premier tour des municipales étant plutôt encourageants, ils auraient pu en tirer profit s’ils avaient une stratégie claire et une doctrine. Au lieu de ça, le PS part pour les prochaines échéances électorales avec un lourd handicap. Le centre, la droite, et d’autres forces politiques ne manqueront pas de lui demander de clarifier ses positions, tandis que Jean-Luc Mélenchon recommencera sans aucun doute à les invectiver. Alors que LFI aurait dû être isolé, c’est le PS qui va se retrouver dans cette situation. Le Parti socialiste s’est certainement tiré une balle dans le pied pour l’élection présidentielle, mais aussi pour les élections législatives.

    On ne parle que de la présidentielle alors que, du fait de la fragmentation du système politique, les législatives sont un enjeu encore plus important. Je suis d’ailleurs stupéfait de voir à quel point tout le monde est obnubilé par cette échéance, comme si son résultat allait régler à lui seul le blocage lié à notre incapacité à nous adapter à la nouvelle donne pentapartite. C’est une grossière erreur : quel que soit le président élu, il lui faudra une majorité à l’Assemblée nationale. Or, même pour le Rassemblement national, l’hypothèse d’une majorité absolue n’a rien d’une évidence à l’heure qu’il est. Le risque, c’est que nous nous enfoncions un peu plus dans la situation de blocage politique qui paralyse le pays depuis la dissolution de juin 2024. Le fait que personne n’en parle me rend pessimiste.



    Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/le-ps-sest-tire-une-balle-dans-le-pied-pour-2027-lanalyse-au-vitriol-de-gerard-grunberg-44RL46YCBNCFJNSDX46NC7EREE/

    Author : Baptiste Gauthey

    Publish date : 2026-03-17 19:00:00

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  • Arrestations, restrictions d’Internet… Comment le régime iranien accentue sa répression intérieure

    Est-ce un signe de faiblesse, en pleine pression exercée par une campagne aérienne conjointe américano-israélienne qui frappe régulièrement les forces de sécurité intérieure iraniennes depuis le début du conflit ? Les autorités iraniennes redoutent en tout cas la résurgence des mobilisations de la population et la répression intérieure se poursuit en pleine guerre. Téhéran accentue même sa traque aux espions et aux dissidents.

    Des centaines de personnes, dont 10 étrangers, ont été arrêtées en Iran pour soupçons de collaboration avec Israël et les Etats-Unis, ont rapporté ce mardi 17 mars les médias iraniens. Les 10 ressortissants étrangers ont été arrêtés dans la province de Khorassan Razavi, au nord-est du pays, comme le relate Reuters. Leurs nationalités n’ont pas été précisées. Ils sont accusés d’avoir recueilli des informations sur des sites sensibles et préparé des opérations sur le terrain. Un autre groupe de 55 personnes a été arrêté dans la province méridionale d’Hormozgan, a rapporté ce mardi l’agence de presse semi-officielle Tasnim. Les individus ont été présentés comme des « mercenaires » des Etats-Unis et d’Israël. De même, dans le nord-ouest du pays, Tasnim a annoncé l’arrestation de 20 personnes, accusées par le parquet provincial d’avoir transmis à Israël des informations de localisation concernant les ressources militaires et de sécurité iraniennes, rapporte le Jerusalem Post.

    Au moins 500 personnes arrêtées depuis le 28 février

    Ahmadreza Radan, le chef de la police du pays, a déclaré dimanche qu’au moins 500 personnes avaient au total été arrêtées depuis le début des opérations militaires israéliennes et américaines en Iran le 28 février, les accusant d’avoir partagé des informations avec les adversaires de Téhéran. De nombreuses personnes arrêtées sont accusées d’avoir pris des photos ou des vidéos de sites touchés par les frappes aériennes. D’autres sont accusées d’être monarchistes, en référence aux partisans de Reza Pahlavi, fils exilé du dernier shah d’Iran et figure de proue de l’opposition à l’étranger. Les médias d’Etat ont annoncé que 11 personnes soupçonnées de monarchisme avaient résisté à la police et avaient été tuées.

    Le régime des mollahs a également menacé de mort les manifestants potentiels afin de contenir le risque de soulèvement. Comme le relate le Wall Street Journal, les Iraniens affirment que les forces de sécurité instrumentalisent la peur pour maintenir un contrôle strict sur les rues. Des hommes armés circulent à moto, brandissant leurs armes pour intimider la population, racontent les habitants, surtout la nuit, lorsque les citadins sortent rarement de chez eux. Ces hommes, généralement en civil et le visage dissimulé, ont également mis en place un réseau de points de contrôle de sécurité autour de villes comme la capitale Téhéran, où ils arrêtent et fouillent régulièrement les voitures.

    « Le système envoie un message très clair : toute forme de dissidence ou de mobilisation populaire ne sera pas tolérée », analyse Sanam Vakil, directrice du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Chatham House, auprès du quotidien américain. « L’Iran est confronté à une crise existentielle, et il est évident qu’il utilisera tous les moyens pour étouffer la menace intérieure. »

    Des menaces par SMS

    Les forces de sécurité menacent les manifestants potentiels par le biais d’annonces télévisées et de SMS, affirmant avoir donné l’ordre de tirer à vue. Ce week-end, les Gardiens de la révolution ont envoyé un SMS aux utilisateurs de téléphones portables, dont une copie a été consultée par le Wall Street Journal, avertissant les émeutiers qu’ils subiraient « un coup plus dur que celui du 8 janvier », en référence directe aux massacres de manifestants anti-gouvernementaux qui ont mis fin aux troubles du début d’année.

    Les principaux auteurs des violences sont des membres des Gardiens de la révolution et des militants en civil du Bassidji, les miliciens paramilitaires des Gardiens de la révolution chargés du maintien de l’ordre. Ce mardi, Israël a annoncé avoir tué Gholamreza Soleimani, le chef des bassidjis, ainsi que le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien Ali Larijani lors de frappes aériennes menées dans la nuit.

    Le régime iranien semble en particulier craindre les célébrations de Tchaharchanbé-Souri, organisées à la veille du dernier mercredi du calendrier iranien, soit ce mardi soir. Lors de cette célébration, les Iraniens ont pour habitude d’allumer des feux d’artifice et de sauter au-dessus des flammes de feux allumés dans leurs cours ou dans les rues. Comme le relate Reuters, le chef de la police du pays, Ahmad Reza Radan, a mis en garde contre la possibilité d’actions israéliennes et américaines. Il a dit craindre que les célébrations ne servent de prétexte aux adversaires de l’Iran pour « semer l’insécurité dans le pays ». « L’ennemi pourrait chercher à provoquer des accidents, voire des victimes, par de telles actions afin d’attiser les tensions dans le pays », a déclaré Ahmadreza Radan, selon les médias d’Etat.

    Des centaines de systèmes Starlink saisis

    Bien que les forces de sécurité iraniennes aient été durement touchées par les attaques américaines et israéliennes, qui visent à créer les conditions d’un soulèvement susceptible de renverser le gouvernement, Téhéran a donc lancé une nouvelle vague de répression contre la dissidence intérieure. « Je crois que le régime a encore la capacité d’utiliser la force, mais l’ampleur et l’intensité de la répression témoignent aussi d’une profonde insécurité et d’une légitimité de plus en plus fragile », analyse auprès du Wall Street Journal Omid Memarian, spécialiste de l’Iran chez DAWN, un groupe de recherche et de plaidoyer basé à Washington.

    En outre, la quasi-coupure totale d’Internet, instaurée au début du conflit, est toujours en vigueur, empêchant la population de s’informer, de communiquer et a fortiori de se mobiliser. La connectivité Internet a été encore restreinte depuis dimanche, selon NetBlocks, une organisation indépendante qui surveille le trafic Internet. Le ministère iranien du Renseignement a déclaré ce mardi aux médias d’Etat que des centaines de systèmes Starlink, utilisés pour contourner le blocage d’Internet dans le pays, avaient été saisis lors d’une opération nationale. Il a rappelé que la possession de cette technologie pouvait être passible de lourdes peines. La police a arrêté la semaine dernière un homme de 37 ans accusé de gérer un réseau de vente illégal de Starlink, selon l’agence de presse semi-officielle Mehr.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/arrestations-restrictions-dinternet-comment-le-regime-iranien-accentue-sa-repression-interieure-OW3TNKMLYJGGNL6PYFOUIB5AB4/

    Author : Julien Chabrout

    Publish date : 2026-03-17 19:34:00

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  • Elections municipales à Paris : le retrait calculé de Sarah Knafo

    Une fois n’est pas coutume. En ce début de semaine, Sarah Knafo, la très volubile candidate d’extrême droite à la mairie de Paris a soudainement fait vœu de silence. Toujours si prompte à répondre aux sollicitations des journalistes, les nombreux appels restent sans réponse. Finalement qualifiée sur le fil, avec 10,4 % des voix, va-t-elle se maintenir au second tour des élections municipales ? L’information fuite dans le Canard enchaîné, elle se retirerait. Ses équipes démentent à grands cris. Sarah Knafo aime contrôler son timing. Elle le confirme quelques heures plus tard dans les colonnes du Parisien. L’eurodéputée Reconquête! renonce à déposer une liste dans l’espoir de « battre la gauche ». Le ton est grandiloquent, la dimension sacrificielle largement surjouée. « N’importe quel politique aurait refusé de se retirer. Mais je ne suis pas n’importe quel politicien, assène-t-elle modestement. Je ne veux pas être comme eux : regardez où en est le pays, avec leurs petits calculs. » Elle sera aussi reçue, ce mardi soir, sur le plateau de Pascal Praud (CNEWS), consacrée comme celle qui a préféré le choix de la raison pour sauver son camp.

    En interne la décision a fait débat. Plusieurs voix se sont levées pour réclamer le maintien de sa liste, brandissant les avantages d’un groupe au Conseil de Paris, ou des bénéfices médiatiques d’une campagne de second tour. Et que dire de railleries attendues du Rassemblement national qui ne manquera pas de la dépeindre comme « la béquille du centrisme à Paris » ?

    Apparaître une nouvelle fois comme l’enfant gâtée de son camp

    Mais continuer vers le second tour comportait aussi son lot de désagréments. D’abord : être victime du vote utile en faveur de Rachida Dati et réaliser un score plus faible qu’au premier tour. Ensuite : apparaître une nouvelle fois comme l’enfant gâtée de son camp qui, par refus de se retirer, pourrait être identifiée comme responsable de la défaite de la droite. Sarah Knafo a donc consulté à outrance pendant de longues heures. Son entourage, ses contacts à droite, quelques journalistes aussi, pour finalement choisir la porte de sortie.

    Sarah Knafo érigeait sa campagne parisienne en laboratoire de l’union de droites. Las, ses offres d’alliance se sont heurtées au refus constant de Rachida Dati, consciente des effets délétères d’un tel choix. Qu’à cela ne tienne. En se retirant, la candidate Reconquête! met en scène une union par la base, loin des appareils. « S’ils veulent être la droite la plus bête du monde, je décide d’être plus intelligente qu’eux », assure-t-elle au Parisien. Après tout, la « droite », camp dont elle se revendique, ne sera pas divisée ce dimanche 22 mars. Le patron de LR Bruno Retailleau a ainsi salué sur X (ex-Twitter) la décision « sage et responsable » de l’eurodéputée d’extrême droite. Cela n’a pas la valeur d’une adoption dans la grande famille de la droite, obsession de Sarah Knafo, mais dénote d’une considération minimale.

    Le casse-tête de Sarah Knafo reste intact

    Plusieurs ténors LR anticipaient ce retrait, inévitable au vu des intérêts de la jeune femme. Vote utile oblige, elle risquait de subir une fuite de son électorat vers Rachida Dati et d’obtenir un score famélique au second tour. Peut-on incarner la droite en faisant gagner la gauche à Paris ? « Si elle veut sauver sa candidature en 2027, elle doit retirer sa candidature », confiait récemment un cadre LR. Bruno Retailleau estimait en privé qu’un maintien serait une « faute majeure » dans son jeune parcours politique. La stratégie d’intégration de Sarah Knafo au sein de la droite commandait ce geste.

    La droite souffle. Le casse-tête de Sarah Knafo reste intact. La campagne parisienne a mis en lumière le caractère radioactif de son parti Reconquête!. La droite parisienne n’a pas rejeté les offres d’alliance de Sarah Knafo en raison de sa campagne acidulée et dopée à l’intelligence artificielle, mais en raison de l’ADN radical de sa formation politique. Deux mois de campagne « heureuse » n’ont pas effacé ces traits, constitutifs de l’identité de la jeune femme. La droite et le centre rejettent ses mains tendues. Le Rassemblement national, engagé dans une course solitaire, toise l’élue. Sans alliés, Sarah Knafo mise pour l’heure sur sa seule popularité – réelle – pour poursuivre son ascension. Paris a consacré un phénomène médiatique. Il ne l’a pas fait sortir de la marginalité.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/elections/elections-municipales-a-paris-le-retrait-calcule-de-sarah-knafo-UQWCVZPT7ZBN5AUPUKWNFAA7UU/

    Author : Paul Chaulet, Marylou Magal

    Publish date : 2026-03-17 17:17:00

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  • Pierre Vermeren : « L’Algérie s’est servie de la France pour faire oublier la guerre civile »

    Comment la relation entre la France et l’Algérie a-t-elle pu déraper à ce point? Dans le passionnant France Algérie (Taillandier), Pierre Vermeren revient sur le temps long d’une relation qu’il qualifie de « pathologique ». Démentant des idées reçues sur la colonisation ou la francisation de l’Algérie, l’historien spécialiste du Maghreb et professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne défend la thèse selon laquelle la France a servi deux fois d’ennemi de l’extérieur au régime algérien, d’abord pour occulter la décennie noire, puis après le Hirak pour faire oublier à quel point son socle populaire est désormais mince. Parallèlement, il souligne aussi l’aveuglement des élites françaises qui n’ont pas vu l’évolution du pays. Entretien.

    L’Express : Pourquoi la France a-t-elle colonisé l’Algérie ? Pour la critique marxiste, la colonisation est liée au capitalisme qui a cherché des débouchés et matières premières hors de l’Europe. Mais dans le cas de l’Algérie, vous favorisez l’hypothèse militaro-nationaliste : l’armée française, interdite d’action en Europe après la défaite de Napoléon, avait besoin d’un nouveau terrain…

    Pierre Vermeren : Cette histoire d’expansion capitaliste ne tient pas la route. La France de l’époque est un pays riche, mais qui entamait à peine sa révolution industrielle et n’avait rien à exporter. L’Algérie était un pays pauvre, avec une agriculture difficile. Le pétrole n’y sera découvert que plus d’un siècle plus tard. En revanche, l’armée française a été démantelée depuis le Congrès de Vienne. C’est une armée mexicaine, avec des généraux qui s’ennuient dans les villes de garnisons. Les Britanniques tolèrent une expédition en Espagne, l’autre en Grèce. Mettre un pied en Afrique est donc une opportunité pour l’armée française à la recherche de gloire militaire. Les Britanniques donnent leur blanc-seing, les Russes aussi puisque l’Empire ottoman n’est pas leur ami. Il faudra quatre ans, de 1830 à 1834, pour que la décision d’une installation permanente s’impose. Au départ, il s’agissait de punir Alger pour l’histoire du coup d’éventail donné par le dey d’Alger au consul de France en 1827. Mais il n’y avait pas de raison de rester.

    Le général Bugeaud lui-même explique alors que la colonisation de l’Algérie serait une entreprise vouée à l’échec. C’est un pays hostile et peu peuplé. Les Français ont cru pouvoir libérer les Algériens des Ottomans, mais ils ne sont pas bien accueillis. En revanche, les généraux, qui étaient pour la plupart de jeunes officiers sous Napoléon, imposent cette colonisation de l’Algérie, avec une conquête s’étendant jusqu’en 1848. C’est une armée au chômage qui a trouvé une nouvelle occupation hors de l’Europe. De fait, cet épisode a permis de reconstruire l’armée française, avec en plus pour les militaires une totale indépendance par rapport au pouvoir politique.

    Comment expliquer que la francisation de l’Algérie ait atteint son pic dans les années 1960 et 1970, avant de refluer face à l’arabisation ?

    Les Français d’Algérie ont toujours refusé d’enseigner le français aux Algériens à grande échelle, quand bien même c’était l’intention de Jules Ferry. Ça change un peu dans la dernière décennie de l’Algérie française avec le plan de scolarisation totale lancé en 1948, puis, sous le gouverneur Jacques Soustelle en 1955, avec deux millions d’enfants qui sont scolarisés en guerre d’Algérie. Mais cette francisation s’accélère après l’indépendance par le biais de la coopération, qui a battu son plein entre 1962 et 1978. Pourquoi ? Parce que l’Algérie n’avait pas de professeurs d’arabe disponibles. Moins de 5 % des Algériens étaient alphabétisés dans cette langue, essentiellement des hommes. Ils étaient trois fois plus nombreux à être alphabétisés en français. Les premières séances au parlement algérien se sont d’ailleurs faites en français, au grand dam des nationalistes. Les Algériens parlaient soit français, soit kabyle, soit l’arabe algérien qui a toujours été considéré comme une langue mineure. Il faut attendre la fin de la période Boumediene pour que le régime algérien mette fin à la coopération française. Pour cela, il a fallu former des professeurs d’arabe, grâce notamment à des Frères musulmans égyptiens dont Nasser s’était débarrassé. L’arabisation, qui commence à la fin des années 1970, est directement en prise avec l’islamisme politique. Le résultat, c’est que quinze ans plus tard, cela a débouché sur la guerre civile…

    L’islam révolutionnaire a-t-il été substitué au socialisme et au tiers-mondisme longtemps mis en avant par l’Algérie indépendante ?

    L’islamisme est le prolongement d’une partie du nationalisme algérien. Il y avait au départ deux grands courants : le nationalisme révolutionnaire socialiste, et le nationalisme arabo-islamique, qu’on a appelé le mouvement des oulémas ou mouvement réformiste musulman. A l’indépendance, sous l’influence de Ben Bella, le socialisme révolutionnaire s’est imposé. Conseiller de Ben Bella, Mohammed Harbi est un authentique militant marxiste. Mais Boumediene, à partir de 1965, se montre ambigu. Il est à la fois un militaire nationaliste qui a adopté le canon du socialisme, mais dans sa jeunesse au Caire, il a été proche des Frères musulmans. Il pense que le socialisme va débloquer l’Algérie, et lui permettre un développement industriel, ce qui est favorisé par le choc pétrolier qui lui donne de l’argent dans les années 1970.

    Mais ce système montre de grosses limites avec la crise économique et le contre-choc pétrolier de 1986. L’arabisation de l’enseignement scolaire favorise alors les islamistes. Mais il y a aussi un contexte international avec la révolution islamique en Iran en 1979. La conjonction de ces trois facteurs va ainsi faire du régime algérien une proie de l’islam révolutionnaire à la fin des années 1980. Elle devient le premier État sunnite ciblé par le djihadisme révolutionnaire.

    Les élites françaises n’ont pas mesuré les évolutions culturelles et religieuses en Algérie

    Vous expliquez que de nombreuses élites françaises avaient un lien avec l’Algérie, notamment du fait de la guerre, et pensaient bien connaître le pays. Elles étaient en réalité très mal informées sur les évolutions en cours…

    Quand débute la « décennie noire », personne en France ne comprend ce qui se passe, ni les intellectuels, ni les diplomates, ni les politiques. Pourtant, de nombreuses figures, comme Giscard, Chirac ou Chevènement avaient traité des affaires algériennes. Beaucoup, comme Michel Rocard, s’étaient engagés durant la guerre d’Algérie. Mais tout le monde en était resté à 1962. Les élites françaises n’ont pas mesuré les évolutions culturelles et religieuses dans le pays. Il faut rappeler qu’à l’époque, la religion passait pour une vieillerie. Les militaires français n’ont pas compris à l’époque que l’islam était un carburant du maquis algérien et du FLN. Eux ont toujours cru qu’ils combattaient le communisme.

    En 1990-1991, avec les manifestations du Front islamique du salut (FIS), on découvre ainsi la force de l’islam politique. L’historien Pierre Vidal-Naquet a confié qu’il lui avait fallu trente ans pour comprendre que le nationalisme algérien avait une composante islamique. Sous le choc, la France de Mitterrand puis de Chirac ne veut pas rééditer ce qui s’est passé en Iran, et aide donc activement l’armée algérienne à se sauver.

    Pourquoi dites-vous que Bouteflika, après la décennie noire, a réinventé la « rente mémorielle » au sujet de la colonisation française ?

    Quand les Français apprennent que Bouteflika est désigné puis élu président en 1999, tout le monde est content. Bouteflika est le plus francophile des dirigeants algériens depuis l’indépendance. Il coche toutes les cases d’une bonne politique de coopération. Sauf qu’il est tenu par la hiérarchie militaire. Surtout, Bouteflika doit réconcilier la société algérienne pour mettre fin à la guerre civile, et replacer l’Algérie sur la scène internationale, ce qu’il sait très bien faire. Mais sur le plan intérieur, si l’islam politique a perdu la guerre, il a bien gagné la bataille sociale et culturelle, avec un tournant islamo-conservateur. Le pouvoir doit donc donner des postes et des rentes aux islamistes. Il accepte que l’Algérie devienne un pays conservateur, oubliant le socialisme des débuts. Pour que les islamistes ne s’opposent pas à lui, l’État doit aussi occulter complètement sa bonne relation avec la France.

    Le pouvoir algérien va ainsi porter comme une sorte de péché le fait d’avoir été aidé par l’ancien colonisateur pendant la décennie noire, et doit expier sa faute en désignant la France comme ennemi extérieur afin de ressouder la société. La guerre civile devient un tabou. Une loi criminalise la mémoire d’un épisode historique qui a quand même fait 200 000 morts. C’est une guerre sans histoire, sans archives, sans cinéastes. On oublie et on revient à ce qui a fait le fondement de la république algérienne : la guerre contre les Français.

    En France, au même moment, la guerre d’Algérie revient sur le devant de la scène. Le général Aussaresses publie son livre en 2001, Jean-Marie Le Pen est au second tour en 2002…

    Les intérêts d’une partie de la gauche et des intellectuels français rejoignent ceux de l’État algérien. En plus, il y a l’ouverture des archives de la guerre d’Algérie (en 1992). A ce moment se met en place le paysage qui est toujours le nôtre : la France est mise en procès pour la guerre d’Algérie, ce qui peut sembler légitime vu qu’elle fut inutile, mais ce n’était pas le cas durant les trente premières années après le conflit. Pour l’Algérie, cela permet d’occulter la décennie noire et ce qu’est devenu le pays. Vingt-cinq ans après, on en est encore là, puisque François Hollande et Emmanuel Macron ont soutenu la repentance officielle. Mais cette repentance est parfaitement unilatérale. Du côté algérien, il n’y a aucune contrition sur les dérives du FNL et les exécutions d’opposants politiques y compris en France. La guerre d’Algérie est complexe, c’est une double guerre civile du côté français comme algérien. A quoi s’ajoute le cadre de la guerre froide. Mais le régime algérien a transformé cela en récit manichéen, qui s’est aussi imposé en France. Chez nous, il y a très peu de spécialistes sur le sujet, et cela n’est pas enseigné à l’école. En plus, les Français aiment bien se voir au centre de tout. Être la clé d’explication de tous les malheurs algériens n’est pas pour nous déplaire.

    Mais pour comprendre la distorsion entre cette mémoire officielle, binaire et manichéenne, et la réalité, il faut en revenir aux années 1960 et 1970, quand nous avions des bonnes relations avec l’Algérie. Le Vietnam n’est par exemple par revenu sur la décolonisation de l’Indochine, car il a gagné la guerre contre la France. De la même façon, durant sa période socialiste, l’Algérie avait aussi tourné la page, car elle était victorieuse. Si on a ressuscité ce conflit, c’est vraiment pour faire oublier la guerre civile des années 1990. Et cela fonctionne. J’ai fait un test récent auprès d’étudiants en droit dans un amphi : personne chez des jeunes de 20 ans n’avait entendu parler d’une guerre civile en Algérie…

    La population algérienne se fiche aujourd’hui de la relation de pouvoir avec la France.

    Depuis les années 2000, la France est selon vous cantonnée par le pouvoir algérien à la politique migratoire à travers les visas et à la « mémoire » de la colonisation. Qu’en est-il de l’économie ?

    L’Algérie a vraiment répudié la France sur le plan économique. Nous avons été relégués loin derrière des pays comme la Chine ou l’Italie. Nicolas Sarkozy voulait faire une diplomatie économique et signer des contrats géants, mais les cinq milliards promis lors de sa visite en Algérie n’ont pas été entièrement honorés. Les autorités algériennes veulent depuis longtemps se désengager de la France, confiant les infrastructures aux Chinois, l’importation de biens industriels et alimentaires à l’Allemagne et à l’Italie, l’importation des armes à la Russie, et traitant du pétrole avec les Américains. La France, c’est la mémoire et ce que j’appelle les patrimoines privés. Les élites algériennes ont des appartements à Paris, se font soigner ici, envoient leurs enfants faire leurs études et les plus âgés passer leur retraite. Mais tout ça est à titre privé.

    C’est la raison pour laquelle Emmanuel Macron s’est retourné vers le Maroc. Depuis, la relation économique entre la France et l’Algérie est presque inerte. Les investisseurs seraient demandeurs, notamment les Franco-Algériens, mais le régime algérien et l’état-major de l’armée veulent couper ces liens structurels anciens. Ils ne supportent plus une forme de dépendance affective, historique, mais qui a longtemps été aussi matérielle et scientifique.

    A-t-on atteint un pic de la crise franco-algérienne avec les arrestations de Boualem Sansal et Christophe Gleizes, associées au virage de la France vers le Maroc ? En décembre, le parlement algérien a adopté à l’unanimité une loi « criminalisant la colonisation française », mais la version finale vient de retirer l’exigence d’ »excuses formelles » et de « réparations intégrales »…

    Ça ne dépend plus de nous. En France, il y a eu une mauvaise compréhension de ce qu’a signifié le Hirak. Le régime algérien a vécu ces manifestations avec terreur, comme la fin d’un monde. Il en a voulu à la France d’avoir applaudi ce mouvement. Depuis, le système algérien a organisé des élections sans soutien populaire, avec des taux de participation très faibles. Ils sont face à un peuple hostile. Comme après la guerre civile, ils désignent à nouveau l’ennemi français, en rejouant la même partition. Mais la France n’est en réalité qu’un épiphénomène. En la maintenant à distance dans tous les domaines, en menant une politique nationaliste refusant toute forme de coopération judiciaire et policière, le régime pense se préserver des dangers internes. A mon avis, c’est une erreur complète, car la population algérienne se fiche aujourd’hui de la relation de pouvoir avec la France. 90% des Algériens n’ont pas connu l’Algérie française. Pour eux, c’est un peu comme la guerre de 1914 pour nous. Le régime vit sur ce mythe fondateur, mais qui est de plus en plus en décalage avec la société.

    Le peuple algérien est bâillonné, la presse libre n’existe plus, alors que le régime n’a cédé aucun pouce de pouvoir politique ou économique. Le système est encore plus verrouillé qu’avant, il y avait plus de libertés publiques sous Bouteflika.

    Pour le régime algérien, le problème n’est plus de savoir ce que pense Macron ou Retailleau, mais comment ils peuvent continuer à diriger l’Algérie. Comme je vous le disais, nous aimons penser être au centre des choses. Mais c’est aujourd’hui avant tout une question algéro-algérienne. Les relations franco-algériennes ne pourront être repensées qu’après un accord durable au sein de l’Algérie entre le régime et le peuple.

    Pour l’élection présidentielle de 2027, vous soulignez qu’il n’y a pas de candidat idéal aux yeux d’Alger…

    Plus jamais il n’y aura un candidat aussi bien disposé que ne l’a été Emmanuel Macron. Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ou François Hollande voulaient tous un traité de l’Élysée avec l’Algérie. Mais Macron est allé bien au-delà, accusant la France coloniale de « crimes contre l’humanité ». Alger sait que cela ne se répétera pas. Leur vrai souci, c’est l’immigration algérienne en France, dont ils se veulent les gardiens et défenseurs, tout en la surveillant. Ils contrôlent en partie l’islam de France et maintiennent un contrôle politique sur la communauté algérienne en France, car ils lui ont imputé la responsabilité du Hirak, en particulier les Kabyles vigoureusement repris en main ici.

    Dans la perspective de 2027, Marine le Pen, de par son nom, comme Bruno Retailleau, sont les adversaires les plus évidents aux yeux d’Alger. Si un président de droite est élu, il pourrait y avoir un vrai bras de fer sur les séjours en France et les OQTF. Aujourd’hui, Alger veut les visas, mais sans les OQTF, c’est-à-dire les droits, mais sans les obligations. Mais en même temps, avec une droite à l’Elysée, le régime pourra aussi renforcer la dialectique de l’ennemi français. Quant à Mélenchon, n’est-il pas trop proche du Maroc pour plaire à Alger ?

    France-Algérie, par Pierre Vermeren. Tallandier, 300 p., 21,90 €.



    Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/pierre-vermeren-lalgerie-sest-servie-de-la-france-pour-faire-oublier-la-guerre-civile-LCSHXUSTGRG5JNBRAX6M7T3SJQ/

    Author : Thomas Mahler

    Publish date : 2026-03-17 15:00:00

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  • Alliances PS-LFI aux municipales : François Hollande et Raphaël Glucksmann, les dessous d’un désaveu

    Mieux vaut deux fois qu’une. Lundi 16 mars, François Hollande le déclame sur France Inter, « la clarté c’est une dynamique, et ça veut dire qu’on ne fait pas d’alliance ». Voilà des semaines que le dernier président socialiste de la Ve République met en garde ses troupes contre la tentation de s’allier avec La France insoumise. Voici venu le moment, celui de la contre-offensive, celui de l’affirmation des principes. En sortant de la Maison de la radio, il discute au téléphone avec son ami, le maire PS de Brest depuis 25 ans, François Cuillandre. L’ancien chef de l’Etat en remet une couche. Il sait que l’édile est en délicatesse dans son fief breton, devancé sur sa droite, et suivi par la tête de liste insoumise arrivée en troisième position. Tiens bon, l’ami ! François Hollande lui réexplicite sa position, telle qu’énoncée sur les ondes du service public : plutôt qu’une fusion, le sortant devrait mobiliser tous les électeurs de gauche.

    Un ancien président peut aussi siffler dans un violon. Quelques heures plus tard, dans la ville portuaire, socialistes et insoumis annoncent la fusion de leur liste. Et le supplice chinois ne s’arrête pas là, songe tout haut Olivier Faure. Mardi, le premier secrétaire du PS se fait l’écho sur ses réseaux sociaux d’une fusion à Tulle, le chef lieu hollandiste. La liste du maire divers gauche sortant s’allierait donc aussi avec LFI ? La vérité est plus complexe, puisque Bernard Combes se joint à une liste dirigée par un communiste…comprenant des Verts et un insoumis. Mais l’occasion est trop belle pour montrer que les principes de l’ancien chef de l’État se heurte au mur du réel.

    Triste jour pour les tenants de la rupture avec les insoumis. Ceux qui tiennent la digue constatent avec amertume qu’une consigne d’Olivier Faure, floue à dessein, dure aussi longtemps que le premier gouvernement de Sébastien Lecornu – environ 13 heures. D’aucuns avaient noté une inflexion dans la prise de parole du patron socialiste, dimanche soir. « Je demande aux socialistes de rassembler dans la clarté et veiller au respect des principes et de nos valeurs », disait le premier secrétaire. Exit les conditions de la convergence fixées dans le communiqué du Bureau national, celui qui avait fait couler beaucoup d’encre, appelant « localement, les militant-es insoumis-es à se désolidariser clairement et pleinement des propos » de Jean-Luc Mélenchon, qualifiés d’antisémites. Il n’en sera rien. Aurélien Rousseau, député Place publique, proche de Raphaël Glucksmann, observe, impuissant, la marche arrière de son camp. « C’est Sisyphe. On avait contribué à redonner à la gauche la capacité d’avoir moins peur de Jean-Luc Mélenchon. Aujourd’hui, on a le sentiment de reculer. »

    Dimanche 15 mars, effluves de cigarettes électronique et moue socialiste. Ça n’était pas le plan. Enfermés dans un bureau du siège, les lieutenants d’Olivier Faure passent en revue les estimations, de métropoles en communes. L’attelage de Bagneux est souvent en tête à gauche, on se satisfait. Les roses sous-performent dans les périphéries populaires, on le déplore. Et puis, le premier secrétaire passe un moment au téléphone avec Mathieu Hanotin, « dépité ». Le maire sortant de Saint-Denis a pris une raclée, et personne n’avait vu venir la victoire de son concurrent insoumis, Bally Bagayoko, dès le premier tour. Pas plus que le PS n’avait imaginé Johanna Rolland, leur numéro 2, celle dont la direction rose blaguait sur une éventuelle victoire au premier tour, en ballottage, dépendante des insoumis à Nantes. La vieille maison n’avait pas davantage imaginé son candidat derrière le prétendant mélenchoniste à Limoges. Et tous ces mélenchonistes tenant en joue la gauche tout entière dans les métropoles à bâbord… « Non, ça n’était pas la soirée qu’on s’était imaginée », confie un témoin de la scène.

    Pressions ?

    Les questions fusent, les appels des territoires se multiplient. « Est-ce qu’on deale avec les insoumis quand on est devant ? » « Et quand on est derrière, que fait-on ? » A quel prix faudrait-il disparaître du conseil municipal ? Certains candidats prennent les devants. A Avignon, la ville de Raphaël Arnault, le prétendant socialiste, David Fournier, note sa courte avance sur l’insoumise du coin ; il prévient la direction socialiste qu’il s’apprête à joindre sa concurrente LFI. A Limoges, Thierry Miguel, devancé par le député de la maison Mélenchon Damien Maudet, est soumis à des injonctions contradictoires. « Il subissait des pressions pour ne pas fusionner et oui, on l’a incité à le faire pour cette raison. Disparaître six ans, c’est dramatique », indique un membre de la direction du Parti socialiste. Pierre Jouvet, lui, dément toute pression. « Nous ne sommes pas intervenus dans des fusions de liste à l’échelle locale. »

    Les convergences se préparent-elles forcément dans l’urgence ? « La gauche toulousaine s’est toujours parlé, ça n’est pas nouveau », jure un socialiste du cru. Les deux François, Piquemal et Briançon, ont discuté jusqu’au dernier moment, désireux de se rejoindre à un moment ou à un autre. D’aucuns ourdissent même d’une invitation lancée dans le secret des dieux du socialiste à son challenger insoumis ; une information que dément François Briançon. Guillaume Lacroix, le président du Parti Radical de gauche, lui, avait vu venir le mariage. Le 11 mars, le patron a boycotté l’ultime meeting du candidat PS. « Je ne voulais pas donner à notre futur retrait trop d’écho », chuchote-t-il, marmoréen. Ses listes se sont désolidarisées illico, après la fumée blanche socialo-insoumise. Lundi 16 mars. Carole Delga et Raphaël Glucksmann se sont appelés pour régler d’ultimes détails. Dans la ville rose, l’ancien essayiste est contraint de suspendre un colistier de Place Publique. La présidente de la région Occitanie, elle, s’est résignée à ne pas appeler à voter pour la gauche.

    Guerre des gauches

    Qu’il est facile de critiquer lorsque l’on n’est pas aux manettes ! « Glucksmann et Hollande sont sur leur Aventin. Ils ont la morale pour eux », grince un fauriste. On affirme, sans trop y croire, qu’il y a insoumis et insoumis. Il y a Jean-Luc Mélenchon, celui qui ironise sur la prononciation de Jeffrey Epstein et Raphaël Glucksmann, et ces « insoumis à visage humain » qu’évoque le président du Conseil national du PS, Luc Broussy. A l’heure du déjeuner, lundi, les socialistes se rassurent à bon compte. « Piquemal et Maudet sont des anciens ruffinistes ! » C’est le cas de Damien Maudet, pas de François Piquemal.

    « Vu la masse d’accords locaux, ça finit par ressembler à un accord national, regrette Aurélien Rousseau. A un an de la présidentielle, cela alimente la suspicion qu’à la fin, on pourrait s’allier avec La France insoumise. » L’ancien ministre en a parlé, lundi, avec François Hollande, la sénatrice Laurence Rossignol, ou le député Jérôme Guedj. Tous tombent d’accord sur la nocivité de ces alliances. Mais la dynamique raconte surtout le déficit d’influence des anti-mélenchonistes à bâbord. « La ligne Glucksmann totalement défaite », s’est réjouie, sur X, l’ancienne mélenchoniste Raquel Garrido.

    Au-dessus de la guerre des alliances, celle des gauches plane si bas. Ceux qui s’étranglent auront peut-être un peu d’air dimanche prochain. A Paris, Marseille, Rennes, où Emmanuel Grégoire, Benoît Payan et Nathalie Apperé ont refusé de s’allier aux insoumis, le PS peut l’emporter. Gageons que si le PS conserve les deux plus grandes villes de France, les victoires alimenteront la bataille de récit entre sociaux-démocrates et unitaires. Chacun retrouvera ainsi son couloir de nage en vue de la campagne présidentielle. Cette fois-ci, les anti-Mélenchon se tiendront enfin à bonne distance de leur némésis. C’est du moins l’espoir de François Hollande et Raphaël Glucksmann. Il faut bien rêver. « Le courage, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel », disait Jaurès.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/ps/alliances-ps-lfi-aux-municipales-francois-hollande-et-raphael-glucksmann-les-dessous-dun-desaveu-DEVE4VOGYVBOVHKCD4J3X2KDOY/

    Author : Mattias Corrasco, Sébastien Schneegans

    Publish date : 2026-03-17 12:00:00

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  • EN DIRECT. Guerre en Iran : Israël annonce avoir éliminé Ali Larijani, homme fort de Téhéran

    Alors que la guerre des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran est entrée dans sa troisième semaine, aucune issue ne se dessine à court terme, d’autant que l’armée israélienne a intensifié ses opérations au Liban contre le Hezbollah et a poursuivi dans la nuit du lundi 16 au mardi 17 mars ses frappes contre Téhéran et Beyrouth. L’Iran a de son côté mené de nouvelles attaques en direction d’Israël, démontrant qu’il dispose toujours de la capacité à lancer des missiles à longue portée en dépit des vastes bombardements israélo-américains. Les Émirats arabes unis et le Qatar ont également été la cible de frappes durant la nuit, qui ont fait au moins un mort.

    Tôt ce mardi matin, l’Élysée a annoncé la tenue d’un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale mardi après-midi « sur la situation en Iran et au Moyen-Orient », convoqué par Emmanuel Macron.

    Les infos à retenir

    ⇒ Israël annonce avoir éliminé Ali Larijani, homme fort de Téhéran

    ⇒ L’UE cherche une solution diplomatique pour le détroit d’Ormuz, dit Kaja Kallas

    ⇒ Un nouveau Conseil de défense à l’Elysée cet après-midi

    11h02

    Le nouveau Guide suprême iranien aurait rejeté les propositions visant à réduire les tensions avec les États-Unis

    Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a rejeté les propositions visant à apaiser les tensions avec les États-Unis qui avaient été transmises à Téhéran par deux pays intermédiaires, a déclaré mardi à Reuters un haut responsable iranien.

    La position de Khamenei en faveur d’une vengeance contre les États-Unis et Israël était « très ferme et sérieuse » lors de sa première réunion de politique étrangère, a déclaré le responsable, sans préciser si le dirigeant était présent en personne.

    10h38

    Cinq soldats libanais blessés dans une frappe israélienne

    Cinq soldats libanais ont été blessés, dont deux grièvement, lors d’une frappe aérienne israélienne dans la ville de Nabatieh, dans le sud du Liban, a annoncé mardi l’armée libanaise, dans un contexte d’escalade des hostilités entre Israël et le Hezbollah, groupe armé soutenu par l’Iran. Les soldats, percutés alors qu’ils circulaient en voiture et à moto, ont été transportés à l’hôpital, indique un message publié sur X.

    10h27

    🔴 Le ministre de la Défense israélien annonce la mort d’Ali Larijani, homme fort de Téhéran

    Le ministre de la Défense israélien Israël Katz annonce ce mardi l’élimination du chef de la sécurité iranienne, Ali Larijani. Les médias israéliens avaient rapporté un peu plus tôt que le nouvel homme fort de Téhéran avait été visé par une frappe.

    Si sa mort venait à être confirmée, Ali Larijani serait le plus haut responsable iranien tué après le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, décédé le premier jour de la guerre.

    10h10

    Israël annonce avoir tué le chef de la milice paramilitaire des Gardiens de la révolution

    L’armée israélienne annonce ce mardi avoir tué Gholamreza Soleimani, le chef des bassidjis, la milice paramilitaire des Gardiens de la révolution. Téhéran ne confirme pas.

    🔴 COMMANDANT DE L’UNITÉ BASIJ ÉLIMINÉ

    Hier, Tsahal a frappé et éliminé Gholamreza Soleimani, commandant de l’unité Basij depuis 6 ans.

    Sous son commandement, l’unité Basij orchestré les principales opérations de répression en Iran, utilisant violence brutale, arrestations… pic.twitter.com/7j20S4xSEz

    — Tsahal (@Tsahal_IDF) March 17, 2026

    10h07

    L’UE cherche une solution diplomatique pour le détroit d’Ormuz, dit Kaja Kallas

    La Haute représentante aux Affaires étrangères de l’Union européenne (UE), Kaja Kallas, a déclaré mardi qu’il fallait trouver des solutions diplomatiques pour maintenir le détroit d’Ormuz ouvert. Cette déclaration intervient alors que le président américain Donald Trump appelle ses alliés à envoyer des navires de guerre dans le détroit d’Ormuz pour sécuriser le transit dans le contexte de la guerre en Iran.

    « Personne n’est prêt à mettre ses ressortissants en danger dans le détroit d’Ormuz. Nous devons trouver des solutions diplomatiques pour le maintenir ouvert afin d’éviter une crise alimentaire, une crise des engrais et une crise énergétique », a déclaré Kaja Kallas dans une interview accordée à Reuters.

    09h38

    Les exportations de pétrole se poursuivent depuis l’île de Kharg

    La production et les exportations de pétrole de l’Iran se poursuivent sans interruption, déclare un porte-parole de la commission parlementaire de l’énergie, ajoutant que la vie quotidienne se déroule normalement sur l’île de Kharg.

    Celle-ci est le principal centre d’exportation de pétrole de l’Iran et représente 90 % des expéditions de brut du pays membre de l’Opep. Les États-Unis y ont bombardé des installations militaires la semaine dernière.

    09h24

    Le chef de la sécurité iranienne Ali Larijani visé par une frappe, selon les médias israéliens

    Les médias israéliens rapportent ce mardi que Tsahal a ciblé le chef de la sécurité iranienne, Ali Larijani, précisant qu’on ignore encore s’il a été tué ou blessé. L’Iran n’a pas encore commenté cette information.

    Si sa mort venait à être confirmée, Ali Larijani serait le plus haut responsable iranien tué après le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, décédé le premier jour de la guerre. Ali Larijani, ancien négociateur nucléaire et proche allié de Khamenei, a été aperçu vendredi à Téhéran participant aux rassemblements de la Journée de Qods. Plus tard dans la journée, les États-Unis ont offert une récompense pouvant atteindre 10 millions de dollars pour toute information concernant de hauts responsables militaires et du renseignement iraniens, dont Larijani, figurant sur une liste de 10 personnalités liées aux Gardiens de la révolution islamique.

    08h57

    L’Irak en contact avec l’Iran

    Le ministre irakien du Pétrole déclare que Bagdad est en contact avec l’Iran pour permettre à des pétroliers de traverser le détroit d’Ormuz, rapporte l’agence de presse nationale.

    L’Irak travaille également en vue de reprendre les exportations via l’oléoduc Kirkouk-Ceyhan vers la Turquie afin de compenser les perturbations des expéditions dues à la crise dans le détroit d’Ormuz, après que plusieurs navires ont été attaqués au large des côtes irakiennes lors de transferts.

    08h40

    Donald Trump avait bien été prévenu de possibles ripostes de l’Iran contre les pays du Golfe

    Donald Trump avait été prévenu qu’attaquer l’Iran pourrait pousser Téhéran à mener des représailles contre des alliés des Etats-Unis dans le Golfe, a appris Reuters d’un représentant américain et de deux sources au fait de rapports des services américains du renseignement, alors que le chef de la Maison-Blanche a dit lundi avoir été surpris par la réaction iranienne aux bombardements lancés par Washington et Israël.

    Selon l’une des personnes informées, s’exprimant sous couvert d’anonymat, cette riposte de Téhéran n’était pas une garantie aux yeux des services américains du renseignement mais ceux-ci, dans des rapports effectués avant le début de la guerre, ont noté que de telles frappes iraniennes « étaient placées haut dans la liste des conséquences potentielles ». Aucun commentaire n’a été obtenu dans l’immédiat auprès de la Maison-Blanche.

    Donald Trump a dit lundi que les ripostes menées par Téhéran contre le Qatar, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Koweït ont été une surprise. Les Iraniens « n’étaient pas censés s’en prendre à tous ces autres pays du Moyen-Orient », a déclaré le président américain. « Personne ne s’y attendait. Nous avons été choqués ».

    D’après deux sources informées, Donald Trump avait également été prévenu en amont du début de l’opération dénommée « Fureur épique » que Téhéran chercherait vraisemblablement à bloquer le détroit d’Ormuz.

    08h01

    Le pétrole bondit de 5 % après les attaques d’infrastructures

    Au lendemain d’une chute, les cours du pétrole s’envolent de plus de 5 % ce matin : vers 7h15, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, gagnait 5,16 % à 98,32 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, rebondissait pour sa part de 4,67 % à 104,88 dollars.

    07h44

    En Iran, les gardiens de la révolution annoncent l’arrestation de « 10 espions étrangers »

    Dix ressortissants étrangers accusés de récolter des informations sur des sites sensibles et de préparer des opérations sur le terrain dans le nord-est de l’Iran ont été arrêtés par les services de renseignement des Gardiens de la révolution, a rapporté ce mardi l’agence de presse iranienne Tasnim.

    07h30

    Un nouveau Conseil de défense à l’Elysée cet après-midi

    L’Elysée a annoncé tôt ce mardi qu’un nouveau conseil de défense avait été convoqué ce mardi après-midi par Emmanuel Macron pour évoquer la situation en Iran et au Moyen-Orient. Cette réunion intervient alors que Donald Trump fait pression sur la France pour qu’elle accepte de contribuer à la sécurisation du détroit d’Ormuz.

    07h10

    Les débris d’un missile intercepté font un mort à Abou Dhabi

    Les autorités émiratis ont annoncé ce mardi au matin le décès d’un ressortissant palestinien à la suite d’une « chute de débris » sur son véhicule dans le quartier de Bani Yas, au sud-est de la ville d’Abou Dhabi. L’incident a fait suite à l’interception d’un missile balistique par la défense aérienne.

    Selon l’agence Reuters, plusieurs explosions ont également retenti mardi matin à Dubaï ainsi qu’à Doha au Qatar. Le ministère de la Défense des Émirats a indiqué avoir intercepté une attaque de missile. À Dubaï, les explosions ont suivi une alerte sur les téléphones mobiles demandant aux habitants de « trouver refuge immédiatement » en raison de « menaces potentielles de missiles ».

    07h02

    Un tanker touché par un « projectile inconnu » dans le golfe d’Oman

    Un « projectile inconnu » a frappé un pétrolier à 23 milles nautiques à l’est de Fujairah aux Émirats arabes unis, causant des dommages structurels mineurs, a déclaré mardi l’agence maritime du Royaume-Uni (UKMTO). Le navire a subi des dommages structurels mineurs, mais aucune blessure à l’équipage n’a été signalée. L’UKMTO a émis un avertissement aux navires opérant à proximité du détroit d’Ormuz, exhortant à la prudence. L’incident représente la première attaque maritime signalée dans la région en plus de trois jours, ce qui soulève de nouvelles préoccupations quant à la sécurité maritime des navires bloqués dans la zone.

    06h50

    Une attaque de drones et de roquettes vise l’ambassade américaine à Bagdad

    Une attaque de drones et de roquettes a visé tôt ce mardi 17 mars l’ambassade américaine à Bagdad, a rapporté un responsable de sécurité, après une attaque similaire menée quelques heures plus tôt.

    Auprès de Reuters, des sources sécuritaires irakiennes décrivent comme sans précédent, depuis le début de la guerre, cette attaque. D’après elles, une salve de roquettes et au moins cinq drones ont été lancés. Un journaliste de l’agence a signalé avoir entendu une puissante explosion dans la capitale irakienne.

    06h45

    Israël poursuit ses frappes sur Beyrouth et Téhéran

    L’armée israélienne a dit avoir lancé, dans la nuit, une « vague de frappes à grande échelle contre les infrastructures du régime terroriste iranien à Téhéran » ainsi qu’une « nouvelle vague de frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à Beyrouth ». Trois quartiers de la capitale libanaise ont été bombardés, a rapporté l’Agence nationale d’information (ANI).

    Israël a assuré lundi disposer de plans détaillés pour trois semaines de guerre supplémentaires en Iran. L’armée israélienne a également dit mener des incursions « limitées et ciblées » dans le sud du Liban dans le cadre d’un renforcement de ses opérations terrestres contre le Hezbollah. Selon les autorités libanaises, près d’un million de personnes ont été déplacées. Le gouvernement israélien a prévenu que ce déplacement forcé ne prendrait pas fin tant que la sécurité des citoyens israéliens ne serait pas assurée, laissant entrevoir une occupation du Liban sans précédent depuis 2006.





    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-israel-poursuit-ses-frappes-sur-liran-et-le-liban-un-nouveau-conseil-de-defense-a-lelysee-TKIV4GNVAFB6ZBTC7QO6CWVMVU/

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    Publish date : 2026-03-17 10:04:00

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  • EN DIRECT. Municipales : ultime journée de tractations avant le dépôt des listes

    Deux jours après le premier tour des élections municipales, marqué par une forte abstention d’environ 43 %, les candidats ont jusqu’à 18 heures ce mardi 17 mars pour déposer leur liste en vue du second tour. Celui-ci, organisé dimanche prochain, donnera le « la » en termes de dynamique et d’alliances à un an de l’élection présidentielle appelée à donner un successeur à Emmanuel Macron.

    Hier, les négociations d’entre-deux-tours sont allées bon train. A Paris, Pierre-Yves Bournazel (Horizons) a confirmé la fusion de sa liste avec celle de Rachida Dati, tandis qu’à Lyon, la liste de Grégory Doucet (écologiste) a annoncé être rejointe par LFI. Pas d’alliance à gauche en revanche à Marseille, où le maire sortant Benoît Payan (PS) a refusé l’offre de l’Insoumis Sébastien Delogu.

    Les infos à retenir

    ⇒ Les candidats ont jusqu’à 18h pour déposer leur liste en préfecture

    ⇒ De nombreuses alliances ont déjà été conclues lundi

    ⇒ Éric Coquerel fustige « l’erreur historique » de Benoît Payan à Marseille

    08h45

    A Paris, Emmanuel Grégoire assume son refus d’une alliance avec Sophia Chikirou

    L’union avec la candidate LFI, c’est non, a répété ce mardi matin le candidat PS à la mairie de Paris. « Elle a passé son temps à nous cogner dessus », a rappelé Emmanuel Grégoire sur France Inter à propos de Sophia Chikirou, ajoutant que celle-ci avait « tout fait pour empêcher quelque discussion qui soit ». « La cohérence, c’est de dire ce qu’on fait et de faire ce qu’on dit. Et de ne pas faire comme madame Dati des virages sur l’aile », a-t-il ajouté, taclant au passage l’alliance entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel.

    08h28

    Éric Coquerel fustige « l’erreur historique » de Benoît Payan à Marseille

    Le maire socialiste sortant de Marseille fait une « erreur historique » en refusant de s’allier avec l’Insoumis Sébastien Delogu, a jugé ce mardi matin sur Public Sénat le député LFI de la Seine-Saint-Denis Éric Coquerel. Celui-ci appelle Benoît Payan à « revenir à la raison », « meilleure manière d’empêcher l’extrême droite à Marseille ».

    08h10

    Marine Tondelier justifie les « accords techniques » avec LFI

    « Ça paraît assez normal » que « la gauche s’allie à la gauche », a déclaré ce matin sur RTL Marine Tondelier, justifiant les alliances entre les membres de son parti et ceux de La France insoumise, présentées comme des « accords techniques ». « En tant qu’Écologistes, on veut qu’un maximum de Français et de Françaises puisse avoir accès à des politiques écologistes de gauche », a-t-elle poursuivi, ajoutant toutefois : « Il y a des candidats avec qui nous travaillons bien ensemble, et d’autres avec qui nous ne travaillons pas ».

    Alliances PS-Verts-LFI pour les #Municipales2026 : « La gauche qui s’allie à la gauche, c’est assez normal en fait »@marinetondelier, secrétaire générale des Écologistes, face à @ThomasSotto dans #RTLMatin pic.twitter.com/miGxzz1Mtz

    — RTL France (@RTLFrance) March 17, 2026

    07h55

    Marlène Schiappa apporte son soutien à Rachida Dati

    Invitée sur le plateau de TF1 ce mardi matin, l’ancienne porte-parole du gouvernement Marlène Schiappa, qui faisait campagne à Paris au côté de Pierre-Yves Bournazel (Horizons), a annoncé ce matin qu’elle apportait son soutien à Rachida Dati pour « offrir l’alternance dont Paris à besoin ». Pierre-Yves Bournazel avait annoncé lundi soir la fusion de sa liste avec celle de la candidate LR.

    🗣️ « Je rejoins tout naturellement la campagne de Rachida Dati pour que, enfin, nous puissions offrir à Paris cette alternance et ce changement dont Paris a tellement besoin », déclare @MarleneSchiappa face à @agindre pic.twitter.com/m8lLrASYsY

    — TF1Info (@TF1Info) March 17, 2026

    07h35

    Nantes, Limoges, Toulouse, Lyon… LFI se pose en arbitre dans les grandes villes

    La formation de Jean-Luc Mélenchon a réalisé de bons scores dans les métropoles, obligeant le reste de la gauche à des tractations au cas par cas.

    >>> Le point sur les alliances déjà conclues

    07h30

    Dernier jour de tractations

    Les candidats qualifiés pour le second tour des municipales ont jusqu’à 18h ce mardi pour déposer leur liste en préfecture, et confirmer ainsi leur maintien. La journée s’annonce donc de nouveau riche en négociations, pour conclure des alliances avant cette échéance.





    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/elections/en-direct-municipales-ultime-journee-de-tractations-avant-le-depot-des-listes-RY3I76PDUBE3RK2YMWE25P4T5A/

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    Publish date : 2026-03-17 07:50:00

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  • « Nord », « sud », « est », « ouest » : l’étonnante origine des noms des points cardinaux

    Les GPS ont beau nous rendre bien des services, nous nous référons toujours au nord, au sud, à l’est et à l’ouest pour nous orienter. Mais au fait, savez-vous d’où viennent ces quatre petits mots ? La réponse à cette question réserve, vous allez le voir, quelques surprises.

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    « Est » a pour origine l’anglais east, lui-même issu de la racine indo-européenne (1) es, signifiant « aurore ». Le mot, qui s’est un temps écrit hest, indique donc la direction du soleil levant. Jusque-là, rien d’étonnant.

    Il possède au moins deux synonymes : « levant », précisément, et « orient », dérivé du latin oriens, participe présent du verbe oriri (« se lever »). De là, évidemment, notre « orientation », qui suppose de bien déterminer sa position par rapport au soleil, mais aussi notre « origine ». De là encore « aborigène », dont le sens littéral est « depuis l’origine ». S’il est surtout employé aujourd’hui à propos des populations autochtones de l’Australie, les Romains, eux, utilisaient ce terme pour désigner les premiers habitants de l’Italie.

    Plus inattendu encore : « orient » est également à la source d’ »avorter », qui se décompose en ab (« négatif ») et du même verbe oriri, avec cette fois le sens de « naître ». Car symboliquement, le soleil « naît » à l’orient…

    « Ouest ». Ce mot-là aussi nous est parvenu par un terme anglais, west. On le trouvait d’ailleurs sous cette graphie en français en 1140, comme l’indique le Dictionnaire historique de la langue française. Lui aussi proviendrait d’une racine indo-européenne, weksperos, « couchant ». Racine que l’on retrouve dans le latin vespera (« soirée »), qui a donné chez nous « vêpres » (la messe du soir) et l’adjectif « vespéral ».

    En toute logique, « ouest » a pour synonyme « couchant », mais aussi « ponant », un terme issu cette fois de l’occitan ponent qui, dans cette langue, signifie « ouest » et « vent d’ouest » (raison pour laquelle la graphie ponent existait en français au XIIIe siècle). Le mot se retrouve d’ailleurs sous une forme proche dans l’italien ponente, d’après ponere « se poser, se coucher » (en parlant des astres). C’est pourquoi l’Océan atlantique est parfois dénommé « mer du ponant », par opposition à la Méditerranée.

    Quant à « occident », il est issu du latin occidens, participe présent de occidere, d’après cadere (tomber), par allusion là encore au soleil qui se couche. C’est à partir du XIIe siècle qu’ »occident » a été utilisé pour désigner la portion ouest de la terre, et plus tardivement, la partie ouest du continent européen et l’Amérique, vue comme son extension.

    « Nord ». Ce mot-là aussi est dérivé d’une racine indo-européenne, ner, qui signifiait « gauche ». Littéralement, le nord est donc tout simplement la direction se trouvant à gauche du soleil levant. Sa graphie a beaucoup évolué, puisqu’on le repère sous les formes norht, north, nort, puis nord. Il est arrivé chez nous par l’intermédiaire de l’anglais north, en passant par la Normandie (à l’époque du royaume anglo-normand) avant de se répandre dans les autres régions de France.

    « Nord » a eu un temps pour concurrent « septentrion » traduction du latin septemtriones, « les sept bœufs de labour ». Rien à voir avec l’agriculture, en l’occurrence, mais avec la constellation portant ce nom. Celle-ci comprend en effet 7 étoiles brillantes situées au nord, évidemment.

    « Sud » enfin, serait le descendant de su, un terme indo-européen (surprise !). Il désigne tout simplement la direction du soleil lorsque celui-ci est à son apogée. Idée que l’on retrouve chez son synonyme « midi », le milieu du jour (die, en latin), d’où dérive le « méridien », du latin meridianus, qui correspond aux lignes reliant les deux pôles (du sud vers le nord).

    Quant à la « méridienne », il s’agit tout simplement d’une sorte de canapé sur lequel certains s’accordent une petite sieste à la mi-journée. Comme quoi il ne faut pas toujours aller chercher midi à quatorze heures…

    (1) Langue qui serait à l’origine de l’immense majorité des langues parlées aujourd’hui en Europe et en Asie jusqu’à l’Inde.

    Sources

    Comment l’Europe a nommé le monde, par Nicolas Perrot (Editions Riveneuve)

    Dictionnaire historique de la langue française. Editions Le Robert

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    Du côté de la langue française

    A l’écrit, le passé simple remplacé par l’imparfait

    Nicolas Leroux, fondateur du site lalanguefrancaise.com, a analysé la présence du passé simple dans les œuvres écrites en français entre 1800 et 2022. Ses conclusions ? Un : l’usage du passé simple s’est effondré dès la seconde moitié du XIXe siècle. Deux : c’est l’imparfait qui a pris sa place à l’écrit, et non le passé composé, comme à l’oral.

    La petite histoire des lettres

    Rédigé par un mathématicien, cet ouvrage à la fois original, accessible et savant explique pourquoi les lettres de notre alphabet se présentent sous la forme que nous leur connaissons. Et comment il aurait pu en être tout autrement.

    La petite histoire des lettres, par Etienne Ghys. Editions Odile Jacob

    Les 101 mots de la francophonie

    « Quel mot, parmi tous, raconte votre lien à la francophonie ? » A cette question, 101 personnalités, issues d’Algérie, d’Allemagne, du Mexique, de Suisse ou du Vietnam, répondent dans cet ouvrage où l’on croise « absurde », « enthousiasme » ou « panache »…

    Les 101 mots de la francophonie à l’usage de tous, sous la direction d’Amandine Lepoutre et Maëlle Polsinielli. Co-édition Archibooks et TV5 Monde

    Retrouvons-nous à Poissy le 20 mars

    Je présenterai mon dernier livre C’est quoi déjà le mot en français ? Les anglicismes et nous ce vendredi 20 mars à partir de 20 h 30 à Poissy (Annexe du Château de Villiers, 13 avenue du Bon Roi Saint Louis). J’y interviendrai dans le cadre d’une soirée consacrée aux anglicismes organisée à l’initiative d’Ange Bizet (Adelfy), d’Elise Mignard (site Le français c’est classe) et de Pascal Pillot (Défense de la langue française).

    C’est quoi déjà le mot en français ? Les anglicismes et nous, par Michel Feltin-Palas. Editions Héliopoles.

    Du côté des langues de France

    En Corse, 78 % des listes aux municipales ont choisi un nom corse

    Si quiconque en doutait, les élections municipales ont encore démontré la force de l’ancrage identitaire des Corses. 78 % des listes qui se sont présentées au 1er tour avaient en effet choisi des intitulés en langue corse, sachant que cette orientation va bien au-delà du seul camp nationaliste. L’île de Beauté regroupe à elle seule 360 des 550 listes portant des noms issus des langues régionales recensées sur l’ensemble du territoire.

    La langue disparue qui pourrait expliquer les origines du basque

    Le basque, plus ancienne langue vivante d’Europe, aurait un lien de parenté avec l’ibère, parlé dans la péninsule avant l’arrivée de Romains. Telle est la conclusion d’une étude d’un chercheur de l’université de Barcelone publiée dans la revue Paleohispanica.

    Enseignants, formez-vous au breton en gardant l’intégralité de votre salaire !

    Une formation à la langue bretonne rémunérée à 100 % pendant neuf mois. Tel est le dispositif mis en place par la Région Bretagne, qui a décidé de compléter la partie du salaire maintenue au titre de l’indemnité de formation. Les candidatures sont à adresser avant le 20 mars.

    Fêtez l’occitan à Saint-Gaudens du 21 au 28 mars

    La 21e édition du festival occitan Passa-Pòrts se déroulera du 21 au 28 mars 2026 à Saint-Gaudens (Haute-Garonne). Il vise à affirmer l’identité culturelle de ce territoire du Comminges, tout en veillant à s’adresser à tous, comme le souligne son président, Jean-Paul Ferré. Celui-ci y présentera notamment le recueil de quatre nouvelles bilingues intitulé Deman passat (après-demain), qu’il vient de publier aux éditions Reclams. Pour le commander, cliquer ici.

    Du côté des langues du monde

    Le travail des traducteurs littéraires grignoté par l’IA

    Nombre de traducteurs redoutent le déferlement de l’intelligence artificielle, de plus en plus utilisée par les éditeurs. Selon certains observateurs, seule une poignée d’ouvrages seront encore traduits par des humains à l’avenir.

    A écouter

    RFI impressionné par la renaissance du gascon

    Si le nombre de ses locuteurs a diminué, le gascon connaît un renouveau certain à travers les associations qui le défendent, les écoles qui le transmettent et les créateurs de contenus qui lui permettent d’être présent sur Internet, souligne cette émission de Pascal Paradou sur RFI.

    A regarder

    La langue que l’on parle influence-t-elle la perception des émotions et des couleurs ?

    C’est à cette question que répond le neuroscientifique Stanislas Dehaene, dans le cadre de l’un de ses cours du collège de France.

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    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/nord-sud-est-ouest-lincroyable-origine-des-noms-des-points-cardinaux-DJBYD4HRCVCJJBNYUCN7GC5HAM/

    Author : Michel Feltin-Palas

    Publish date : 2026-03-17 05:15:00

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  • Municipales 2026 : Marseille, symbole des ambivalences de la droite

    On la disait « déprimée », affectée par son maigre score de 12,5 % des suffrages aux municipales à Marseille, loin derrière Benoît Payan (PS) et Franck Allisio (RN). La candidate de la droite et du centre Martine Vassal a décidé ce lundi 16 mars de se maintenir au second tour du scrutin, malgré ses chances inexistantes de s’installer à l’hôtel de ville. « Entre la gauche de Monsieur Payan, l’extrême droite du RN et l’extrême gauche LFI, il existe à Marseille un courant de pensée profondément républicain. (…) Il serait impensable de priver les Marseillais de cette représentation au second tour », explique l’élue dans un communiqué.

    Son maintien préserve LR d’une disparition locale. « Se retirer, c’est s’effacer », note en privé le président de LR Bruno Retailleau. Le Vendéen a échangé dès dimanche soir avec Martine Vassal pour la convaincre de rester en piste. Son cas s’est invité lors d’une visioconférence organisée lundi par le président du Sénat Gérard Larcher et des cadres du bloc central.

    « Elle a la mission d’aller au bout »

    Son choix revêtait un enjeu stratégique majeur pour LR, dépassant son simple sort personnel. Martine Vassal ne devait pas être, à son corps défendant, l’artisane de l’union des droites. « Si elle lâchait, la moitié de sa liste aurait appelé à voter Allisio. Elle a la mission d’aller au bout », confie un participant. Martine Vassal reste en course, et la droite souffle. Les responsables LR mesurent combien un retrait de la Présidente de la métropole d’Aix-Marseille-Provence risquait de renforcer le Rassemblement national au second tour.

    À droite, le front républicain a muté : hier, il impliquait un retrait afin d’offrir des voix à la gauche. Aujourd’hui, il commande parfois le maintien des candidatures de droite pour éviter toute hémorragie vers le RN. Une donne déjà observée lors des dernières législatives. « Si Vassal se retire, est-ce qu’on n’apporte pas des voix à Allisio ? », s’interrogeait récemment un cadre LR des Alpes-Maritimes.

    L’ambivalence de LR

    Un pilier du socle commun confirme : « L’appareil LR ne veut pas nourrir le sentiment qu’il pourrait favoriser l’extrême droite. » Le maintien de Martine Vassal est d’autant plus facile à défendre que Benoît Payan a refusé de s’allier au second tour avec l’insoumis Sébastien Delogu. La droite, qui érige LFI en menace politique suprême, aurait été davantage embarrassée par une telle alliance. Si LFI est l’ennemi ultime, tout ne doit-il pas être fait pour battre la formation de Jean-Luc Mélenchon ?

    Marseille illustre l’ambivalence des Républicains. La formation de Bruno Retailleau refuse toute union des droites, qui signerait son absorption par le Rassemblement national. Mais en érigeant la gauche en adversaire principal, elle s’expose en procès en incohérence du RN quand elle ne se montre pas en soutien de l’extrême droite. « Les électeurs de Madame Vassal voulaient battre la gauche et l’extrême gauche. Je les appelle à me rejoindre, mais j’appelle également Madame Vassal à me rejoindre. La politique du pire n’est jamais la bonne solution », assurait sur France Info lundi Franck Allisio. Mais la droite n’a pas d’autre choix que de manier cette ambiguïté, gage de sa singularité et, surtout, de sa survie.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/municipales-2026-marseille-symbole-des-ambivalences-de-la-droite-344DEBI6RBCR3AWUXKIKAR7BL4/

    Author : Paul Chaulet

    Publish date : 2026-03-16 17:06:00

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  • « Ce n’est pas notre guerre » : l’appel de Donald Trump pour sécuriser Ormuz divise ses alliés et la Chine

    L’appel du pied est insistant et porte la trace d’un certain agacement. Le président américain Donald Trump a exhorté plusieurs pays ce week-end, dans un message sur son réseau social Truth Media, à venir en soutien des Etats-Unis pour sécuriser le détroit d’Ormuz, aujourd’hui bloqué par l’Iran et par lequel transite un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz liquéfié. « De nombreux pays vont envoyer des navires de guerre, en collaboration avec les Etats-Unis, pour maintenir le détroit ouvert et sûr », a-t-il écrit, avant de continuer : « Espérons que la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d’autres (…) enverront des navires dans la région afin que le détroit d’Ormuz ne soit plus menacé par un pays totalement décapité. » Ses demandes se sont doublées d’une légère menace adressée à l’Otan dans une interview au Financial Times : « S’il n’y a pas de réponse ou si celle-ci est négative, je pense que cela aura des conséquences très mauvaises pour l’avenir de l’Otan », a-t-il mis en garde.

    « Ce n’est pas notre guerre »

    Ce ton impérieux ne semble pas avoir eu les effets escomptés, puisque pour l’heure aucun pays n’a répondu de manière favorable à sa demande, même si tous sont affectés par le blocus d’Ormuz, n’ayant visiblement aucune envie de se retrouver mêlés à une guerre pour laquelle ils n’ont même pas été consultés.

    Certains lui ont même opposé une fin de non-recevoir, à l’image du ministre de la Défense allemand Boris Pistorius, qui a déclaré : « Ce n’est pas notre guerre ; nous ne l’avons pas déclenchée. » Même froideur du côté de Madrid, ouvertement opposée au déclenchement du conflit : « Nous ne devons rien faire qui puisse ajouter encore plus de tension ou aggraver la situation », a déclaré José Manuel Albares, le ministre des Affaires étrangères. Pas mieux chez les Australiens : « Nous n’enverrons pas de navire dans le détroit d’Ormuz », a déclaré Catherine King, membre du cabinet du Premier ministre Anthony Albanese, lors d’une interview à ABC. Le Japon, lui, a jugé plus urgent de débloquer ses ressources stratégiques de pétrole.

    L’Italie de Giorgia Meloni, proche de Donald Trump, serait-elle plus réceptive ? Pas vraiment. Son ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a déclaré lundi que la diplomatie était la solution à privilégier pour résoudre la crise dans le détroit. Le Premier ministre britannique Keir Starmer, pour sa part, a déclaré que son pays ne souhaitait pas être « entraîné dans une guerre plus vaste ». Deux semaines plus tôt, il avait proposé d’envoyer deux navires britanniques dans le golfe Persique, une suggestion que Donald Trump avait alors balayée d’un revers de main – « Nous n’avons pas besoin que des gens nous rejoignent pour des guerres qu’on a déjà gagnées », avait-il alors répondu. Message reçu.

    La France reste prudente ; avant l’appel de Donald Trump, la ministre des Armées Catherine Vautrin avait déjà annoncé sur France 24 qu’il n’était pas question d’envoyer des navires de guerre dans le détroit d’Ormuz. Le président Emmanuel Macron a, lui, expliqué que la France cherchait à constituer une coalition pour sécuriser le détroit « une fois que la situation sécuritaire se sera stabilisée ». Paris aurait mené des consultations à cet effet avec des pays asiatiques, européens ainsi que des Etats du Golfe la semaine dernière. Au niveau de l’Union européenne, une piste a été évoquée par sa diplomate en chef Kaja Kallas, lundi matin. Elle pourrait consister dans une extension de la mission Aspides, actuellement déployée en mer Rouge afin d’assurer la protection du trafic maritime contre les attaques des milices houthistes. « Nous discuterons avec les Etats membres pour voir s’il est possible de réellement modifier le mandat de cette mission », a expliqué Kaja Kallas.

    « Nous n’avons besoin de personne »

    Donald Trump en a même appelé à la Chine, alliée de Téhéran, arguant qu’elle importait la majorité de son pétrole d’Iran et qu’ »il est logique que les gens qui bénéficient du détroit doivent aider pour faire en sorte que rien de grave n’arrive là-bas ». Le président américain menace de reporter sa rencontre avec le président Xi Jinping, prévue du 31 mars au 2 avril à Pékin si la Chine ne faisait pas pression sur l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Mais ses imprécations ne risquent pas d’avoir beaucoup d’effets puisque Téhéran serait en discussion avec Pékin pour laisser passer ses navires.

    Ces réactions pour le moins tièdes n’ont rien d’imprévisibles : les pays auxquels Donald Trump en appelle n’ont que peu goûté de n’avoir été en rien consulté en amont de l’intervention israélo-américaine. Dans une conférence de presse lundi à la Maison-Blanche, le milliardaire américain a alterné entre vexation et indifférence : « Vous voulez dire que ça fait quarante ans qu’on vous protège et que vous ne voulez pas vous impliquer dans une affaire qui est vraiment mineure ? » Il a même sous-entendu que son appel était surtout pour la forme : « Nous n’avons besoin de personne ; nous sommes la nation la plus puissante du monde (…). Dans certains cas, je le fais presque non pas parce que nous avons besoin d’eux, mais parce que je veux voir comment ils réagissent. » Il a toutefois précisé que « de nombreux pays » lui avaient dit qu’ils « étaient en route », mais lorsqu’il lui a été demandé de les nommer, il a répondu : « Je préfère ne pas le dire pour l’instant, mais nous les annoncerons. »



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/ce-nest-pas-notre-guerre-lappel-de-donald-trump-pour-securiser-ormuz-divise-ses-allies-et-la-chine-N4ZOC6255RGEJB5XHZR3AHFOGA/

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    Publish date : 2026-03-16 18:30:00

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  • Municipales : Nantes, Limoges, Toulouse, Lyon… LFI se pose en arbitre dans les grandes villes

    Les négociations d’entre-deux-tours sont allées bon train ce lundi, au lendemain d’un premier tour des élections municipales marqué par une forte abstention (environ 43 % d’abstention), un émiettement des voix et une percée de La France insoumise (LFI). Malgré une campagne émaillée de polémiques – décès du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon imputé à l’extrême gauche, accusations d’antisémitisme à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon – LFI a réalisé de bons scores dans des villes comme Limoges, Lille, Paris et Marseille, jusqu’à s’offrir une victoire dès le premier tour à Saint-Denis, aux portes de Paris. Des résultats étonnamment bons qui obligent le reste de la gauche à des tractations au cas par cas, le Parti socialiste rejetant tout accord au niveau national.

    A l’autre bout de l’échiquier politique, le Rassemblement national a conforté son ancrage territorial en conservant en un seul tour des villes comme Perpignan, Beaucaire, Fréjus, Cagnes-sur-Mer dans le pourtour méditerranéen, mais aussi le Pontet (Vaucluse), Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais), Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Hayange (Moselle) et à Moissac (Tarn-et-Garonne).

    L’alliance Dati-Bournazel à Paris

    Dans un paysage politique fracturé, le suspense est grand dans les plus grandes villes à commencer par Paris, où la liste de gauche emmenée par Emmanuel Grégoire est en ballottage favorable à 38 %, loin devant celle de l’ex-ministre de la Culture LR Rachida Dati (25 %), soutenue par le MoDem et l’UDI. Pour un second tour qui pourrait être serré, Emmanuel Grégoire a ignoré la main tendue de l’insoumise Sophia Chikirou (11,7 %) tandis que Rachida Dati s’est rapprochée du candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel (11,3 %), qui a confirmé la fusion de sa liste avec celle de la candidate LR pour le second tour. « Nous allons travailler avec Pierre-Yves Bournazel à un projet d’alternance », a écrit Rachida Dati sur son compte X. Son numéro 2, Sylvain Maillard, a affirmé qu’il n’y aurait « aucune alliance avec Sarah Knafo », qualifiée de justesse pour le second tour avec la liste d’extrême droite Reconquête!.

    A Nîmes, les listes de droite arrivées aux troisième et quatrième place lors du premier tour vont fusionner afin de barrer la route au RN et à l’union de la gauche au second tour, ont annoncé lundi les deux têtes de liste.

    A Marseille et Lorient, le refus de LFI par des listes de gauche

    A Marseille, le maire de gauche sortant Benoît Payan (36,7 %) refuse l’offre d’alliance de l’insoumis Sébastien Delogu (12 %), au risque de favoriser le candidat RN Franck Allisio, arrivé deuxième avec 35 % des voix. A la tête d’une liste divers droite, Martine Vassal (12,41 %) a annoncé dans un communiqué son intention de se maintenir au second tour. « Je prends acte de ce résultat qui nous place en troisième position. Je veux l’affirmer avec clarté : nos courants doivent continuer à être représentés », écrit la candidate soutenue par Renaissance, LR, Horizons et l’UDI.

    A Lorient, le député écologiste du Morbihan Damien Girard, arrivé en deuxième position avec 23,19 % des suffrages va fusionner sa liste avec celle de la socialiste Gaëlle Le Stradic (19,03 %) « pour faire revenir la ville à gauche ». L’accord n’intègre pas la liste « insoumise », qui a convaincu 5,16 % des votants.

    Les fusions insoumises à Toulouse, Nantes ou encore Lyon

    Bien placé pour l’emporter dans de nombreuses villes, LFI se retrouve en position d’arbitre et réussit à imposer ses conditions dans le cadre de fusions de listes. A Nantes, la maire de gauche sortante Johanna Rolland, en difficulté (35,2 %), talonnée par le candidat LR Foulques Chombart de Lauwe (33,7 %), a annoncé dans un communiqué avoir signé un accord de fusion technique avec la liste insoumise portée par William Aucant, arrivé troisième.

    A Toulouse, les deux listes de gauche (socialiste et LFI), arrivées en seconde et troisième positions, ont pour leur part trouvé un accord pour le second tour, afin de battre le maire sortant Jean-Luc Moudenc (divers droite).

    Lyon connaît une situation assez similaire. Le maire écologiste sortant Grégory Doucet, arrivé en tête avec plus de 37 % des suffrages, a lui aussi trouvé un accord avec la candidate LFI Anaïs Belouassa-Cherifi, qui retire sa liste. Il espère ainsi l’emporter face à l’ancien président de l’Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas, qui a obtenu 36,78 % des voix. A Strasbourg, la maire sortante Jeanne Barseghian (Les Ecologistes), et LFI ont annoncé s’allier pour tenter de l’emporter face à la socialiste Catherine Trautmann, arrivée en tête.

    Le maire sortant socialiste de Clermont-Ferrand, Olivier Bianchi, a également annoncé la fusion « technique » de sa liste avec celle de LFI conduite par la députée Marianne Maximi. Même chose à Brest, où le maire PS sortant, François Cuillandre, distancé par la droite au premier tour des municipales, a annoncé s’allier avec les insoumis au second tour, dans le cadre d’une fusion technique.

    A Limoges, le candidat PS-PCF-Place publique Thierry Miguel, troisième du premier tour, a accepté aujourd’hui de fusionner sa liste avec celle du député insoumis Damien Maudet pour battre le président LR de la métropole Guillaume Guérin, en tête, selon leurs équipes de campagne. Pareil pour Besançon, la maire sortante écologiste de Besançon, Anne Vignot, largement distancée par le candidat LR Ludovic Fagaut à l’issue du premier tour, a annoncé s’allier à LFI pour « battre la droite ».

    Enfin à Avignon, la liste LFI menée par Mathilde Louvain à Avignon va fusionner avec celle menée par le PS David Fournier, arrivé respectivement quatrième et troisième dans la Cité des papes.

    Edouard Philippe en ballottage favorable

    Rare motif de satisfaction pour le « bloc central », l’ancien Premier ministre Edouard Philippe est en ballottage favorable (près de 44 %) dans sa ville du Havre, dont la reconquête est une condition de son maintien dans la course à l’Elysée. Lui aussi pressenti pour être candidat à la présidentielle, le président de Renaissance Gabriel Attal s’est contenté dimanche soir de rappeler le refus de son mouvement de s’allier avec les extrêmes de tous bords.

    Candidat proclamé à la présidence de la République, le patron de LR Bruno Retailleau a donné, lui, comme seule consigne de s’opposer à La France insoumise. Un choix qui laisse du champ à l’idée d’une possible « union des droites » prônée par l’ancien président de LR Eric Ciotti, en première position du premier tour à Nice. Le député désormais allié avec le RN est arrivé 13 points devant le maire (Horizons) sortant, Christian Estrosi (43,4 % contre 30,9 %).



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/elections/municipales-nantes-limoges-toulouse-lyon-lfi-se-pose-en-arbitre-dans-les-grandes-villes-EXWLFXCW5ZBHPJHRNH36QJLHLM/

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    Publish date : 2026-03-16 19:32:00

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  • Gavin Mortimer : « Jean-Luc Mélenchon calque son comportement sur Donald Trump »

    Et si la percée de La France insoumise lors du premier tour des élections municipales était moins inattendue qu’il n’y paraît ? Et si les victoires du Rassemblement national, notamment dans le Sud-Est, n’étaient pas nécessairement de bon augure pour le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella en vue de la présidentielle de 2027 ? Voilà quelques-unes des surprenantes réponses de Gavin Mortimer, écrivain britannique et chroniqueur pour le magazine conservateur The Spectator, interrogé par L’Express au lendemain du premier tour de ce scrutin local.

    Selon lui, tant ces premiers résultats que les sondages d’opinion donnant à Jordan Bardella une longueur d’avance pour 2027 seraient à prendre avec des pincettes. La position du parti de Marine Le Pen sur certains sujets centraux n’est plus « aussi claire et « antisystème » qu’elle ne l’était auparavant ». Une place récupérée, selon lui, par un Jean-Luc Mélenchon calquant son comportement sur… Donald Trump. De quoi faire dire à ce fin observateur de la vie politique française que 2027 sera une année politique extraordinaire pour l’Hexagone, lors de laquelle tout pourra basculer.

    L’Express : L’un des enseignements de ce premier tour, c’est la percée inattendue de La France insoumise dans plusieurs grandes villes. Cela vous surprend-il ?

    Gavin Mortimer : Franchement, non. Les scores réalisés par La France insoumise s’inscrivent dans une tendance que l’on observe dans d’autres démocraties occidentales. Qu’il s’agisse de New York où Zohran Mamdani a remporté la victoire, de la Grande-Bretagne où le Parti vert a récemment remporté une élection législative partielle et s’est emparé de la circonscription de Gorton et Denton – auparavant détenue par le Labour – ou de La France insoumise ici, nous assistons à la montée d’un nouveau type de politiciens sectaires, capables de largement mobiliser des électorats communautaires sur des questions comme l’islamophobie ou Gaza. En témoigne le fait que, malgré les accusations d’antisémitisme, les scandales internes ainsi que les remous suscités par l’affaire Quentin Deranque, le parti de Jean-Luc Mélenchon réalise de très bons scores.

    Mais si ces résultats ne sont pas étonnants en soi, ils confirment toutefois que nous entrons dans une nouvelle ère opposant deux visions du pays. D’un côté, la « nouvelle France », plus urbaine, militante et multiculturelle – celle de La France insoumise. De l’autre, la « vieille France », attachée aux traditions et plus provinciale – celle du Rassemblement national. Ce qui ne laisse que peu de place pour les anciens grands partis de gouvernement – là encore, en France, comme aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne.

    Faut-il voir cette « percée » insoumise comme un signal fort pour 2027 ?

    L’impact que La France insoumise peut avoir à l’échelon national me semble très incertain. Dans les petites communes, les électeurs ont tout de même tendance à voter en fonction d’enjeux locaux tels que la gestion des routes et des déchets, plutôt que sur des questions véritablement idéologiques. Autrement dit : il n’est pas dit que tous les bons scores réalisés par des candidats LFI traduisent un réel soutien au projet du parti. Certes, LFI conserve une influence certaine dans certaines grandes villes et zones urbaines, mais elle reste tout de même relativement discrète dans les zones rurales. Ajoutons à cela le fait que les alliances avec le reste de la gauche sont assez fluctuantes : entre le PS et LFI, tout se passe comme dans un mariage toxique, chacun revenant l’un vers l’autre malgré les critiques, faute de mieux, avant de se déchirer à nouveau… A mon sens, la principale inconnue pour LFI réside dans le candidat qui sera présenté en 2027 par le Rassemblement national. S’il s’agit de Marine Le Pen, son nom pourrait encore réunir la gauche en vue de contrer l’extrême droite. Mais s’il s’agit de Jordan Bardella, les centristes pourraient bien voter pour lui, davantage que pour Jean-Luc Mélenchon.

    Un autre enseignement, c’est la disparition progressive du macronisme au niveau local…

    Le macronisme n’a jamais vraiment existé au niveau local, tout simplement parce qu’il n’a jamais réussi à s’imposer au-delà du charisme personnel d’Emmanuel Macron. En clair : les figures qui l’entourent manquent dramatiquement de prestance et de capacité à communiquer. Mais il n’y a pas que ça. Le macronisme s’inscrit dans la lignée d’une social-démocratie centriste prédominante depuis 1989 en Europe – de celle portée par Tony Blair ou Angela Merkel. Problème : ce modèle a échoué sur bon nombre de plans, tant économiques, sociaux, que sécuritaires et énergétiques. Ainsi, cette approche a énormément perdu en crédit auprès des électeurs, qui préfèrent désormais se tourner vers d’autres alternatives radicales comme LFI ou le RN dans une logique du « rien ne peut être pire ».

    Bon nombre d’observateurs ont relevé que le Parti socialiste pourra difficilement se passer des insoumis au second tour… Quelle a été l’erreur de la « gauche traditionnelle » dans ce scrutin ?

    La réponse dépasse le simple enjeu de ces municipales. Comme je le répète depuis de nombreuses années, la grande erreur de tous les partis de gauche d’Europe occidentale depuis le début de ce siècle a été d’ignorer les préoccupations des classes populaires – toutes origines confondues – concernant l’immigration. J’exclus, bien sûr, le cas du Danemark, où le gouvernement de gauche connaît un grand succès car il prend en compte la souffrance des classes populaires face à l’immigration massive et incontrôlée. Ce, sans qualifier ces inquiétudes de « racistes » ou « islamophobes ». Au fond, cette incapacité à simplement reconnaître ce genre de maux est ce qui a conduit à l’effondrement de la crédibilité du Parti socialiste français et du Labour britannique, et à ce que les électeurs se tournent progressivement vers des alternatives qu’ils jugent plus attentives à ces enjeux. C’est d’autant plus problématique que cette tendance ne me semble pas près de s’inverser au vu de l’offre politique dont nous disposons à gauche. Hormis, peut-être, Raphaël Glucksmann, qui se positionne comme un homme de principe en refusant de faire alliance avec LFI. A savoir s’il aura le courage de prendre des sujets comme l’immigration incontrôlée à bras-le-corps dans les prochains temps…

    Le RN, pour sa part, a été réélu dans ses bastions, comme Perpignan ou Fréjus, et a également obtenu certaines avancées dans le Sud-Est. De bon augure pour le parti de Marine Le Pen à l’approche de 2027 alors que le parti est là encore porté par les sondages ?

    J’ai bien conscience que la plupart des sondages donnent le RN favori. Mais gardons à l’esprit l’extrême volatilité des intentions de vote. De plus, même si les scores réalisés par ce parti sont relativement bons dans le Sud, le RN reste en échec dans plusieurs villes moyennes et quasiment absent dans les très grandes métropoles. Sans oublier que 68 % des communes n’avaient qu’une seule liste, ce qui suggère que nous devrions prendre les résultats de ces municipales avec des pincettes pour 2027. Voilà pour la question de ce scrutin.

    Cela étant dit, entre l’incertitude qui pèse sur la candidature de Marine Le Pen ou encore les ambiguïtés du parti vis-à-vis de Donald Trump ou de l’Europe, rien n’est encore joué. Pour bon nombre d’électeurs, la position du RN sur certains sujets centraux n’est plus aussi claire et « antisystème » qu’elle ne l’était auparavant. Or, en face, qu’avons-nous ? Un Jean-Luc Mélenchon récupérant cette place de figure « antisystème » et qui, à bien des égards, calque son comportement sur Donald Trump : nier, attaquer, dire des contrevérités, ne jamais s’excuser… A mon sens, 2027 sera une année politique extraordinaire pour la France. Tout peut basculer.

    Le front républicain peut-il encore être un rempart face aux extrêmes ?

    Il me semble clair que le « front républicain » a perdu de son efficacité et de son aura auprès des électeurs. D’autant que si Jordan Bardella était désigné candidat pour la prochaine présidentielle, son positionnement plus « lisse » que Marine Le Pen pourrait permettre de séduire une nouvelle partie de l’électorat de droite – bien que ce manque d’aspérité puisse aussi lui jouer des tours en le rendant politiquement ennuyeux. Bref, l’ennui avec le « front républicain », c’est qu’il suppose qu’il faudrait qu’il s’organise autour d’une figure politique. Or, à ce jour, aucune ne me semble capable de redresser la situation économique et sociale de la France. C’est tout le drame de la crise du leadership européen : nous sommes victimes d’une génération de politiques sans charisme ni vision.

    Bien qu’il soit toujours difficile de tirer des enseignements nationaux de résultats locaux, quel message ce scrutin envoie-t-il à l’Europe ?

    Ces résultats traduisent un clair rejet de l’Europe. Le parti de Jean-Luc Mélenchon et celui de Marine Le Pen sont les plus eurosceptiques ! Quel que soit le vainqueur de la présidentielle de 2027, la France devra redéfinir sa relation à l’UE d’urgence. Ce qui signifiera, quoi que l’on pense du RN et de LFI, rompre avec la doctrine d’Emmanuel Macron, qui s’est davantage comporté comme le président de l’Europe que comme celui de la France. Pourtant, ce pays est la seule puissance nucléaire de l’UE, membre permanent du Conseil de sécurité, et dispose de la meilleure armée d’Europe. À la France de s’en souvenir et de le rappeler à Bruxelles.



    Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/gavin-mortimer-jean-luc-melenchon-calque-son-comportement-sur-donald-trump-4ZNQ6YCN35DO3MRZXRLEYYXJEY/

    Author : Alix L’Hospital

    Publish date : 2026-03-16 19:00:00

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  • L’Europe doit assumer son histoire héroïque : les leçons de Peter Sloterdijk

    Qui pense que l’Europe est moribonde se trompe. Le philosophe allemand Peter Sloterdijk décrit dans son nouvel ouvrage* un continent qui, pour le meilleur et pour le pire, a marqué plus que tout autre l’histoire du demi-millénaire écoulé. Un continent qui a encore beaucoup à raconter au monde. Un continent dont l’annonce maintes fois publiée de son déclin est, comme pourrait le dire Mark Twain à propos de sa propre mort, très exagérée.

    Le livre est ambitieux : offrir une nouvelle lecture de cette entité polymorphe baptisée Europe, en s’attardant au moyen de « marque-pages » sur des chapitres de son histoire méconnus mais, sous sa plume, chargés de sens. Ainsi, l’auteur situe l’acte de naissance de l’Europe en l’an 390 à Milan : l’évêque local, Ambroise, refusa pendant des mois l’accès de son église à l’empereur Théodose le Grand, après que celui-ci avait ordonné un massacre de contestataires. Dans cet affrontement dénoué par une pénitence publique du souverain, le philosophe voit la tension entre le pouvoir spirituel et le pouvoir politique, clé de la liberté. Il y décèle aussi l’amorce de la pratique chrétienne de la confession, qui sera institutionnalisée par l’Église au XIIIe siècle et qui débouchera plus tard sur la culture de l’autobiographie, élément essentiel du savoir-vivre européen.

    Le livre se fonde sur une série de leçons que l’auteur a dispensées en 2024, au Collège de France à Paris, sur le thème de l’Europe. Laquelle n’est, au fond, qu’un avatar post-impérial de l’Empire romain, après que maintes nations européennes eurent voulu la soumettre, chacune à tour de rôle, par le fer et le feu. Cependant, elle n’est pas qu’une histoire d’hécatombes surmontées dans un projet de paix commun. Elle est aux yeux de Sloterdijk « cette partie du monde qui a inventé le monde » avec les grandes découvertes. Celle qui a « inventé l’art d’inventer » avec la Renaissance. Celle qui a découvert la démocratie, « le mécanisme politique qui régule le mieux » les impulsions négatives. Celle qui a entrevu la possibilité « d’un horizon civilisationnel qui embrasserait la totalité du genre humain ».

    Dès lors ont pu s’épanouir, avec les Lumières, le zèle pour l’éducation et la foi en l’innovation, qui ont ouvert la voie au progrès scientifique et à l’émancipation de l’individu. L’auteur décrit l’Europe comme « une union d’apostats décontractés », dont la figure centrale n’est pas celle de l’enseignant auréolé de son savoir mais celle de l’étudiant, qui ne réussit qu’en alliant à parts égales ambition et humilité.

    Renouer avec sa grandeur

    Le philosophe déplore que les Européens contemporains « ne savent ni d’où ils viennent ni, encore moins, où les conduit la suite de leur voyage ». Dans la scène de Christophe Colomb embarquant en 1492 dans le port espagnol de Palos pour rallier les Indes par l’ouest, l’auteur voit la tension entre l’appel du large et l’attachement au terroir, tension qui se perpétue de nos jours entre atlantistes et russophiles ou entre artisans de la mondialisation et défenseurs des territoires. « Ce qu’on appelle aujourd’hui le populisme, écrit-il, ne désigne souvent que le rêve caressé par la province de donner à la métropole une leçon qu’elle n’oubliera pas de sitôt ».

    Sa défense de l’idée européenne ne s’adresse pas qu’aux eurosceptiques de droite. Elle vise aussi la haine de soi des progressistes de gauche qui ne retiennent de l’Europe que son passé colonial et raciste, à la suite du livre de Frantz Fanon (Les Damnés de la terre, 1961) et de sa désolante préface rédigée par Jean-Paul Sartre : « Abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre ». Au contraire, pour Peter Sloterdijk, l’Europe contemporaine doit assumer son histoire héroïque et renouer avec la conviction de sa grandeur. Car « l’Europe éclairée se trouve partout où les passions créatrices tiennent le ressentiment en respect ».

    * Le Livre de l’Europe, Payot, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, 320 p., 24 €



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/leurope-doit-assumer-son-histoire-heroique-les-lecons-de-peter-sloterdijk-YQGCX4NX25D3TCI7FSNYM2UIFI/

    Author : Luc de Barochez

    Publish date : 2026-03-16 16:12:00

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  • Frédéric Dabi : « La vague RN dans le Sud entérine la conversion des électeurs LR en électeurs RN »

    Percée de LFI dans les grandes villes, RN en embuscade, maintien des écologistes, surprise de dernière minute à Paris, triangulaires et quadrangulaires à foison… Le premier tour de ces élections municipales a étonné tant par le nombre de résultats inattendus, que par leur caractère inédit. Il est également venu confirmer la fragmentation du paysage politique observé au lendemain des législatives anticipées, en juillet 2024 : dans la plupart des grandes villes, aucun parti ne peut prétendre pouvoir remporter seul ces élections.

    Un constat qui confère aux stratégies d’alliance un poids, sinon considérable, déterminant dans l’issue du scrutin. Les listes ont jusqu’à mardi 17 mars, 18 heures pour acter ou non d’une fusion, et rebattre les cartes. « Cette nouvelle campagne a commencé dimanche 15 mars à 20 heures », assure Frédéric Dabi, directeur général Opinion de l’Ifop qui analyse pour L’Express les résultats de ce premier tour et les rapports de force qui s’esquissent pour le second, entre stratégies d’alliance, configurations inédites et forte incertitude dans de nombreuses grandes villes. Entretien.

    L’Express : L’abstention a été plus faible qu’en 2020. Ce recul a-t-il bénéficié aux candidats RN et LFI, dont les électorats sont historiquement abstentionnistes ?

    Frédéric Dabi : Je ne dirais pas ça. L’élection de 2020 était une élection très particulière, presque accidentelle, sous Covid, avec les rumeurs d’annulation et la prise de parole assez tardive d’Édouard Philippe le samedi soir. En dehors de ce contexte exceptionnel, on reste quand même sur le taux de participation le plus faible de l’histoire de la Ve République pour des élections municipales. Donc, au contraire, cela pénalise l’ensemble des partis. Je pense que c’est assez décorrélé des résultats du RN et de LFI. Il ne faut pas oublier qu’il y a presque 21 millions d’électeurs qui ne sont pas allés voter.

    Grégory Doucet est arrivé en premier à Lyon avec 37,36 %, Pierre Hurmic est en tête à Bordeaux avec 27,68 %, Emmanuel Denis mène à Tours avec 34,04 %, Léonore Moncond’huy arrive aussi en tête à Poitiers avec 26,41 %… Parmi les grandes surprises de ce premier tour, l’hémorragie écologiste attendue dans les grandes villes n’a pas eu lieu.

    Vous savez, aux municipales, on est vraiment dans du cas par cas, et il y a quand même eu de véritables surprises. À Bordeaux par exemple, c’était la ville que l’on pensait la plus sûre d’être conservée par les écologistes. Or, le maire sortant se retrouve dans un second tour compliqué, puisque l’addition des listes de Cazenave et Dessertine dépasse nettement le score de Pierre Hurmic, qui a fait moins que prévu. À Lyon, en revanche, c’est la très bonne surprise avec la remontada de Grégory Doucet. Et puis vous avez aussi Tours et Poitiers, où les écologistes peuvent se maintenir au second tour.

    Mais au-delà des écologistes, ce qui frappe surtout, ce sont les configurations de second tour. Le duel, qui était la règle dans les villes de plus de 10 000 habitants, devient aujourd’hui une véritable exception. On voit apparaître des triangulaires, des quadrangulaires, voire même des configurations à cinq listes. À Strasbourg, on pourrait même aller jusqu’à une hexangulaire. Tout cela crée une grande incertitude. On n’aura une vision claire du paysage municipal français qu’au soir du 22 mars. Et surtout, cet éclatement du champ politique, avec des forces politiques très dispersées, se traduit par des configurations extrêmement inédites. Cela montre à quel point l’incertitude est forte.

    La vague RN dans le sud entérine-t-elle la conversion des électeurs LR en électeurs RN ?

    Oui, clairement, à plusieurs égards c’est très intéressant. À Marseille par exemple, on observe une sorte de remplacement : auprès des électeurs de droite, le vote classique RPR-UMP-LR est progressivement remplacé par le vote RN. C’est d’ailleurs intéressant de voir que, dans les enquêtes pré-électorales, la structure sociologique du vote Martine Vassal et du vote RN est quasiment la même. Il y a vraiment un phénomène de substitution. Martine Vassal était mesurée entre 26 et 30 % dans certaines enquêtes, et elle finit finalement autour de 12 %.

    On observe ce type de stratégie et de recomposition également à Nice et à Toulon — même si Toulon reste très incertain selon la configuration du second tour qui sera proposée aux électeurs. Mais il faut nuancer : cela concerne surtout le quart Sud-Est. Ce n’est pas vrai partout en France.

    Dans les petites villes et les villes moyennes, entre 10 000 et 50 000 habitants, LR reste souvent en position de force, parfois devant le Parti socialiste. En revanche, dans les grandes villes, on voit très bien la difficulté de la droite traditionnelle. Il y a même des cas où la plus grande ville de plus de 100 000 habitants restée à droite pourrait basculer si les deux candidats de droite ne s’unissent pas.

    Une récente enquête de l’Ifop révélait que les Français était majoritairement plus hostile à la victoire d’un candidat insoumis que d’un candidat RN dans leur ville. Comment expliquer le hiatus entre le rejet massif de LFI dans l’opinion générale, et sa réussite hier soir dans les urnes ?

    Il faut rester prudent sur ce qu’on appelle le succès des insoumis. Il y a effectivement des percées au premier tour : Saint-Denis, Roubaix, ou encore des succès symboliques importants. Le fait que LFI devance le Parti socialiste à Toulouse, et aussi à Limoges, qui sont deux villes symboliquement fortes pour le PS. Mais si on regarde la tendance de fond, la big picture, on voit que, dans la plupart des villes, les insoumis sont quand même devancés par les listes d’union de la gauche.

    Ils se maintiennent dans de très nombreuses villes et disposent donc d’un pouvoir de nuisance, si je puis dire. Je pense à Paris, Marseille, Lille, Nantes, Lyon ou Bordeaux — pour cette dernière ville en particulier en ce qui concerne les écologistes. Dans ces villes, ils peuvent devenir faiseurs ou défaiseurs de rois — ou de reines. Mais parler de victoire globale me paraît très exagéré, compte tenu de la nature de ce scrutin qui est, rappelons-le, un scrutin à deux tours. Et comme je le disais, avec ces configurations très ouvertes — triangulaires, quadrangulaires, parfois plus — on risque d’avoir une discontinuité jamais vue entre le premier et le second tour. En réalité, une nouvelle campagne a commencé dimanche soir à 20 heures.

    La progression de La France insoumise dans les grandes villes est-elle la preuve que la stratégie de radicalisation et de conflictualisation du débat politique fonctionne ?

    il faut être prudent. On peut dire au minimum que la stratégie de radicalisation et de conflictualisation portée par Jean-Luc Mélenchon — parfois perçue comme des dérapages, ou sa proximité avec certaines mobilisations comme celles des gilets jaunes — n’a pas empêché la progression de La France insoumise dans les grandes villes.

    Mais cette progression reste très concentrée dans les métropoles. Dans les petites villes et les villes moyennes, elle est beaucoup plus limitée, et très souvent les insoumis étaient même absents. Il faut aussi relativiser cette progression : elle s’observe surtout par rapport aux municipales de 2020, où LFI était quasiment absente. En revanche, si l’on compare ces scores à ceux obtenus par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, on observe un net recul.

    À Paris par exemple, Mélenchon avait obtenu près de 30 % à la présidentielle, alors que la liste de Sophia Chikirou tourne autour de 10 à 11 %. À Marseille, Mélenchon dépassait 30 %, tandis que Sébastien Delogu est autour de 12 – 13 %. À Montpellier, Mélenchon avait atteint 41 %, quand la liste insoumise obtient environ 15,5 %.

    Il s’agit donc d’une percée relative : elle reste limitée mais permet néanmoins aux listes insoumises de se maintenir au second tour. On peut donc dire que la stratégie de radicalisation ne les a pas pénalisés au premier tour. Reste à voir ce qu’il en sera au second tour — par exemple à Toulouse — où les alliances pourraient faire payer cette stratégie. En quelque sorte, c’est un fusil à deux coups.

    Manuel Bompard a appelé les partis de gauche à faire alliance avec La France insoumise au second tour. Ces derniers ont-ils intérêt à accepter cette alliance, ou risquent-ils au contraire de perdre une partie de leur électorat ?

    Dans certains cas, l’alliance peut sécuriser une victoire. Je pense par exemple à Nantes. Mais il existe aussi des cas très différents. Toulouse pourrait devenir un exemple emblématique d’alliance peut-être contre nature. Une union de la gauche trop marquée par LFI pourrait finalement faire les affaires du maire sortant, Jean-Luc Moudenc.

    On a déjà vu ce type de configuration par le passé : en 2001, la droite avait remporté Toulouse dans un contexte comparable. Dans ces situations, une partie de l’électorat de gauche modérée pourrait ne pas accepter une liste d’union dominée ou fortement marquée par La France insoumise, autour de François Piquemal par exemple.

    Dans plusieurs grandes villes, au premier rang desquelles Paris, Lyon, Marseille, les stratégies d’alliance risquent de jouer un rôle décisif dans l’issue du second tour. Ce constat semble prolonger celui fait au lendemain des élections législatives anticipées selon lequel les partis ne peuvent plus espérer l’emporter seuls…

    Les stratégies d’alliance vont être fondamentales pour le second tour. En réalité, une nouvelle élection commence. Le rapport de force ne sera pas le même selon qu’on se retrouve dans un duel, une triangulaire ou une quadrangulaire. On a souvent tendance à dire que, dans les municipales — notamment à Paris, Lyon ou Marseille — le second tour ne fait que confirmer le premier. Cette fois-ci, ce ne sera pas forcément le cas. Tout dépendra des alliances conclues. Par exemple à Lyon, si les Ecologistes et La France insoumise trouvent un accord, cela pourrait déboucher sur un duel qui leur serait très favorable. À Marseille, la situation est plus complexe : tout dépendra notamment de la configuration du second tour et d’éventuels retraits, comme celui de Martine Vassal, ce qui reste très incertain.

    Dans les quelque 23 000 communes où il n’y a qu’une seule liste, on constate que la participation a nettement par rapport au premier tour des municipales de 2014. Et est-ce que cette tendance ne risque pas de transformer les municipales en un scrutin de grandes villes ?

    Cette abstention historique – environ 21 millions d’électeurs ne sont pas allés voter – s’explique en partie par un phénomène très particulier : dans près de 68 % des communes, il n’y avait qu’une seule liste. Les électeurs n’avaient donc pas réellement le choix.

    Cela tient aussi aux règles électorales : depuis l’extension des règles de parité dans les communes de moins de 1 000 habitants, le panachage a été supprimé. Or ce système permettait autrefois de modifier les listes, d’ajouter ou de retirer des noms. Il y avait une dimension presque « ludique » qui encourageait la participation.

    On observe ainsi un phénomène inédit sous la Ve République : une abstention particulièrement forte dans les communes rurales où il n’y avait qu’une seule liste. Le sentiment de voter pour un bulletin unique a renforcé une forme de découragement civique, une logique de « à quoi bon voter ? ».



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/frederic-dabi-la-vague-rn-dans-le-sud-enterine-la-conversion-des-electeurs-lr-en-electeurs-rn-7SOGGANP7BBDLEOS62LU2YSDP4/

    Author : Ambre Xerri

    Publish date : 2026-03-16 12:00:00

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  • Municipales : Saint-Denis, Roubaix, Lille… Ces villes où LFI fait une percée spectaculaire

    Le premier tour des municipales, dimanche 15 mars, a réservé son lot de surprises, avec la percée de La France insoumise dans plusieurs grandes villes. Ces résultats illustrent que, dans certaines métropoles, la gauche devra composer avec LFI pour espérer conserver ses majorités. À une semaine du second tour, prévu le 22 mars, les négociations et tractations s’annoncent intenses, alors que les partis cherchent à sceller les alliances qui pourraient déterminer l’issue du scrutin.

    Roubaix

    À Roubaix, David Guiraud et La France insoumise dominent largement le premier tour, avec 46,64 % des suffrages exprimés, contre seulement 20,09 % pour le maire sortant, Alexandre Garcin (divers droite). Ces résultats confirment la montée en puissance de la gauche radicale dans cette ville populaire de 100 000 habitants. Pour le second tour, une quadrangulaire se profile, avec Karim Amrouni, à la tête d’une liste divers gauche (16,76 %), qui a annoncé sur France Télévision un « zéro ralliement » à LFI. Malgré ce refus d’une coalition, la marge confortable du député LFI et la structuration de son électorat laissent peu de doute sur ses chances de victoire.

    Lille

    À Lille, le premier tour des municipales a dessiné un paysage politique serré. Le maire sortant socialiste, Arnaud Deslandes (26,26 %), arrive légèrement en tête, suivi de près par la candidate de La France insoumise, Lahouaria Addouche (23,36 %). Cette quasi-égalité illustre la montée de la gauche radicale dans une ville traditionnellement socialiste et montre à quel point le scrutin reste ouvert. Pour le second tour, plusieurs listes sont en lice, dont des écologistes et des centristes, ce qui rend les alliances déterminantes. L’écologiste Stéphane Baly (17,75 %) devra donc choisir son camp dans cette guerre des gauches. Lahouaria Addouche n’a pas tardé à lui tendre la main en lui proposant une fusion avec sa liste sur la base du programme LFI « Ce soir, nous avons fait la moitié du chemin », a-t-elle martelé dimanche.

    Saint-Denis

    Allié au Parti communiste, Bally Bagayoko a remporté une victoire nette avec 50,8 % des voix, ravissant au Parti socialiste le contrôle de la deuxième ville la plus peuplée d’Île-de-France. Le maire PS sortant, Mathieu Hanotin, a réuni près de 33 % des suffrages, essuyant un revers cinglant dans une commune traditionnellement ancrée à gauche. Ces derniers mois, la campagne a été tendue et parfois conflictuelle, avec polémiques et accusations émanant des entourages des deux candidats. Surnommé « l’enfant de Saint‑Denis » par ses partisans, Bally Bagayoko a su mobiliser l’électorat populaire et capitaliser sur un ancrage local solide. Historiquement communiste, la ville avait basculé socialiste en 2020 avec l’élection de Mathieu Hanotin, mais ce scrutin illustre un net regain de force de la gauche radicale dans cette ville stratégique de la petite couronne parisienne.

    Toulouse

    À Toulouse, la gauche a choisi de se rassembler pour le second tour. La liste de La France insoumise, menée par le député François Piquemal (27,56 %), va fusionner avec celles du Parti socialiste et des écologistes (24,99 %). Objectif : présenter un front uni face au maire sortant de centre droit, Jean‑Luc Moudenc qui comptabilise 37,23 % des votes. A noter que ce dernier se présente pour un troisième mandat d’affilée. Dans le détail, l’actuel député de la France insoumise, prendrait le siège de maire au Capitole tandis que François Briançon prendrait les rênes de la métropole, précise France 3. Cette nouvelle liste portera le nom de « Demain Toulouse, la gauche unie ». Une telle alliance place la gauche en bonne position pour tenter de battre le maire sortant et rafler la Ville rose.

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    Nantes

    La maire sortante Johanna Rolland (PS) conserve l’avantage en arrivant en tête du premier tour avec environ 35 % des voix, mais elle est talonnée par la liste (Divers droite) de Foulques Chombart de Lauwe (33,77 %). La France insoumise, bien que troisième avec un peu plus de 10 %, se retrouve dans une position stratégique : ses voix pourraient être déterminantes pour le second tour. Pour sécuriser sa réélection, Johanna Rolland pourrait donc être amenée à négocier avec les insoumis et les autres listes de gauche, afin de présenter un front uni face à la droite. Dès dimanche soir, William Aucant (LFI) a appelé à « faire barrage » à la droite et à conclure une fusion technique, expliquant qu’il s’agirait de s’unir pour le second tour tout en conservant chacun le score réalisé au premier.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/municipales-saint-denis-roubaix-lille-ces-villes-ou-lfi-a-fait-une-percee-spectaculaire-46WTBXTRB5DITBYPSFYLGOQ75Q/

    Author : Audrey Parmentier

    Publish date : 2026-03-16 11:30:00

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  • EN DIRECT. Municipales : à Toulouse, PS et LFI font alliance pour le second tour


    Le premier tour des élections municipales a permis dimanche 15 mars aux formations politiques de prendre leur pouls électoral à l’approche de la présidentielle de 2027, à commencer par le Rassemblement national (RN), bien placé à Toulon et Marseille.

    Au regard des résultats, l’incertitude domine dans les grandes villes comme Paris, où la droite ambitionne de mettre fin à 25 années de gestion de gauche, et Marseille, où le maire sortant Benoît Payan et le candidat RN Franck Allisio sont arrivés en tête. Le second tour, le 22 mars, dépendra en grande partie des alliances passées d’ici là dans un paysage politique en pleine recomposition à droite comme à gauche.

    Les infos à retenir

    ⇒ François Hollande rejette toute alliance du PS avec LFI

    ⇒ Sarah Knafo adresse « une main tendue » à Rachida Dati

    ⇒ A Toulouse, PS et LFI fusionnent

    09h35

    A Toulouse, PS et LFI fusionnent

    Dans la ville rose, la réélection du maire sortant Jean-Luc Moudenc (divers droite), arrivé en tête du premier tour avec 37,23 % des voix, est sérieusement menacée. Face à lui, la gauche a scellé une alliance stratégique pour le second tour. Le candidat de La France insoumise (LFI), François Piquemal, crédité de 27,56 % des suffrages, mènera cette liste commune à la mairie. Son allié socialiste, François Briançon, qui a obtenu 24,99 % des voix, briguera quant à lui la présidence de la métropole. Cette union, annoncée ce matin lors d’une conférence de presse, entend « ouvrir une nouvelle ère » pour Toulouse.

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    09h00

    A Marseille, le RN appelle la droite à le rejoindre

    Le candidat du RN à Marseille Franck Allisio a appelé sur franceinfo sa rivale LR Martine Vassal à retirer sa liste pour le second tour. Il est « temps de joindre la parole aux actes », a estimé le candidat d’extrême droite, rappelant que Martine Vassal avait déclaré pendant sa campagne »se battre contre la gauche et l’extrême gauche ».

    08h20

    François Hollande rejette toute alliance du PS avec LFI

    Au micro de France inter ce matin, l’ancien président de la République appelle LFI au « principe de responsabilité ».

    « Ils disent qu’ils veulent un front antifasciste, donc là où le PS est en tête, LFI devrait se désister », déclare François Hollande, qui évoque notamment le cas de Marseille où la gauche est au coude-à-coude avec le RN, et le candidat insoumis Sébastien Delogue qualifié pour le second tour.

    07h55

    Sarah Knafo interpelle Rachida Dati

    La candidate de Reconquête, qualifiée in extremis pour le second tour à Paris, propose ce matin « un accord de femme à femme », « une main tendue » à Rachida Dati pour battre le candidat de gauche Emmanuel Grégoire dimanche prochain.

    « Il nous reste une chance de battre la gauche […] Toutes les familles de la droite attendent que nous nous rassemblions », lance dans une vidéo publiée sur X, Sarah Knafo.

    Les résultats sont tombés : je suis qualifiée au second tour ! C’est une percée historique pour nos idées. Maintenant, je m’adresse directement à Madame Dati. ⤵️ pic.twitter.com/NmWfzurZnN

    — Sarah Knafo (@knafo_sarah) March 16, 2026

    07h00

    La stratégie délétère de Jean-Luc Mélenchon a payé

    Même si elle n’a pas de destin national, la stratégie de provocations « à la Jean-Marie Le Pen » du leader insoumis a fonctionné : LFI fait une percée municipale dans les grandes villes et les banlieues populaires.

    >>> L’analyse d’Anne Rosencher

    Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting à Bondy, le 4 mars 2026.

    06h30

    A Paris, Sarah Knafo qualifiée pour le second tour

    Le candidat de gauche Emmanuel Grégoire ressort largement en tête (38,04 % des voix selon les résultats quasi-définitifs du ministère de l’Intérieur) devant l’ancienne ministre de la Culture et maire du VIIe arrondissement, Rachida Dati (25,41 %).

    L’insoumise Sophia Chikirou (11,74 %) est au coude-à-coude avec Pierre-Yves Bournazel (Renaissance-Horizons, 11,33 %), tandis que Sarah Knafo (Reconquête, 10,38 %) obtient finalement de peu sa qualification pour le second tour.

    Pour espérer l’emporter, Rachida Dati devra s’assurer d’un rassemblement à droite autour de sa candidature. « La division nous affaiblit », a-t-elle lancé dimanche soir en évoquant les listes menées par Pierre-Yves Bournazel et Sarah Knafo. Elle a ensuite dit, sur le réseau social X, avoir « parlé » avec Pierre-Yves Bournazel « pour lui proposer une liste d’union ». Une triangulaire avec Emmanuel Grégoire et la candidate LFI Sophia Chikirou pourrait aussi être favorable à l’élue LR.

    06h20

    Bataille historique à Marseille

    La ville phocéenne connaît un duel historique entre la gauche et le Rassemblement national qui espère bien mettre la main sur la deuxième ville de France.

    Le maire sortant Benoît Payan (divers gauche) a remporté 35,84 % des suffrages au premier tour, au coude-à-coude avec le député RN des Bouches-du-Rhône, Franck Allisio (35,35 %). « Nous en appelons à toutes les Marseillaises et tous les Marseillais, rejoignez-nous. Unissons-nous pour battre la gauche et l’extrême gauche », a dit le candidat RN.

    La question d’une éventuelle fusion, ou d’un désistement, de la liste menée par le député LFI Sébastien Delogu (13,22 %) avec, ou au profit, de Benoît Payan s’annonce centrale pour l’issue du scrutin. Le candidat proche de Jean-Luc Mélenchon a tendu dimanche soir la main au maire sortant, appelant à la constitution d’un « front antifasciste » face au RN – une ligne défendue par le parti d’extrême gauche au niveau national.

    06h10

    Jean-Michel Aulas en difficulté à Lyon

    Avec 36,37 % des suffrages, le maire écologiste sortant Grégory Doucet, soutenu par les socialistes, Place publique et les communistes, est parvenu à tenir tête au favori des sondages, l’ex-patron de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas (36,78 %), à la tête d’une liste Les Républicains-Renaissance-Horizons-MoDem-UDI.

    La candidate LFI Anaïs Belouassa-Cherifi (10,41 % des voix) a rapidement appelé à une « fusion technique » de sa liste avec celle de Grégory Doucet « pour garder la ville à gauche ». Un rapprochement qui n’avait pas exclu Grégory Doucet lors de la campagne électorale, marqué par le décès du militant d’extrême droite Quentin Deranque, imputé à des membres de l’extrême gauche. Jean-Michel Aulas a dénoncé un « accord de la honte en train de se mettre en place ».

    06h00

    Quelles affiches pour le second tour dans les grandes villes ?

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    05h30

    Pourquoi Olivier Faure a tort de dire que la stratégie de Jean-Luc Mélenchon a montré ses limites

    Les explications de notre journaliste Mattias Corrasco :

    05h15

    Les enseignements du premier tour

    Gauche divisée, RN en embuscade, droite à l’offensive… Le premier tour des municipales a rebattu les cartes dans plusieurs grandes villes, où les stratégies d’alliance pourraient décider de l’issue du scrutin.

    >> Notre article





    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/en-direct-municipales-sarah-knafo-qualifiee-pour-le-second-tour-a-paris-KOXUY4BRZVE5TL6VPF3VOEJY7E/

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    Publish date : 2026-03-16 08:38:00

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  • EN DIRECT. Iran : Emmanuel Macron dit à Téhéran qu’il est « inadmissible » que la France soit « ciblée »

    Au dix-septième jour du conflit au Moyen-Orient, la pression diplomatique s’accentue sur Téhéran. Emmanuel Macron a fait savoir qu’il s’était entretenu, dimanche 15 mars, avec son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, l’appelant à « mettre fin immédiatement » à ses « attaques inacceptables », menées directement ou par l’intermédiaire de milices alliées contre les pays de la région. Dans le même temps, Donald Trump a affirmé dimanche soir que son administration était en contact avec sept pays – sans les identifier – afin d’obtenir leur aide pour sécuriser le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite habituellement près de 20 % du pétrole mondial.

    Les infos à retenir

    Emmanuel Macron dit au président iranien qu’il est « inadmissible » que la France soit « ciblée »

    La guerre en Iran est une « leçon lamentable » sur la dépendance aux énergies fossiles, selon l’ONU

    A l’aéroport de Dubaï, le trafic aérien suspendu après une attaque de drone

    07h30

    Israël affirme que ses troupes ont lancé des opérations « limitées » contre le Hezbollah dans le sud du Liban

    L’armée israélienne a déclaré ce lundi que ses troupes avaient entamé ces derniers jours des opérations terrestres « limitées » contre les positions du Hezbollah dans le sud du Liban afin de renforcer les défenses avancées.

    07h00

    Emmanuel Macron appelle l’Iran à la désescalade

    Le président français Emmanuel Macron a déclaré dimanche avoir demandé au président iranien Massoud Pezeshkian de mettre immédiatement fin aux attaques contre les pays du Moyen-Orient, que ce soit directement ou par procuration, notamment au Liban et en Irak. « Je lui ai rappelé que la France agit dans un cadre strictement défensif visant à protéger ses intérêts, ses partenaires régionaux et la liberté de navigation, et qu’il est inacceptable que notre pays soit pris pour cible », a écrit le chef d’Etat français sur le réseau social X.

    Emmanuel Macron a également insisté sur la nécessité de rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Le président français a indiqué qu’une stabilité durable exigerait un nouveau cadre politique et sécuritaire prenant en compte les préoccupations liées aux ambitions nucléaires de l’Iran, à son programme de missiles balistiques et à ses activités régionales. « Seul un nouveau cadre politique et sécuritaire peut garantir la paix et la sécurité pour tous », a-t-il martelé, ajoutant qu’un tel accord doit garantir que l’Iran n’acquiert jamais l’arme nucléaire.

    06h50

    La guerre en Iran est une « leçon lamentable » sur la dépendance aux énergies fossiles, selon l’ONU

    La perturbation des marchés de l’énergie causée par la guerre en Iran est une « leçon édifiante » quant aux risques liés à la dépendance aux énergies fossiles et souligne la nécessité pour les gouvernements de réduire leur dépendance au pétrole et au gaz, déclarera ce lundi le secrétaire d’État à la Convention-cadre des Nations unies pour le climat aux décideurs politiques de l’UE.

    Bien que géographiquement éloignée de la crise au Moyen-Orient, l’Union européenne en a subi les conséquences à travers la flambée des prix mondiaux de l’énergie. Les prix du gaz en Europe ont bondi de 50 % durant les deux semaines de conflit. « La dépendance aux énergies fossiles sape la sécurité et la souveraineté nationales et les remplace par la soumission et une hausse constante des coûts », va indiquer Simon Stiell, secrétaire exécutif de la CCNUCC, l’agence des Nations Unies chargée de la lutte contre les changements climatiques, aux responsables européens et aux ministres lors d’un événement à Bruxelles.

    06h45

    A l’aéroport de Dubaï, le trafic aérien suspendu après une attaque de drone

    Les autorités de Dubaï ont maîtrisé lundi un incendie provoqué par une attaque de drone près de l’aéroport international de la ville, entraînant une suspension temporaire du trafic aérien. Aucun blessé n’est à déplorer, ont-elles indiqué. La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a plongé le transport aérien mondial dans la tourmente. Les vols sont annulés, reprogrammés et déviés, la majeure partie de l’espace aérien du Moyen-Orient restant fermée par crainte d’attaques de missiles et de drones.

    06h30

    Donald Trump avertit que l’Otan risque un avenir « très mauvais » si ses membres n’aident pas les Américains à rouvrir le détroit d’Ormuz

    Donald Trump a également accentué la pression sur ses alliés européens pour qu’ils contribuent à la protection du détroit, avertissant que l’Otan s’expose à un avenir « très sombre » si ses membres ne viennent pas en aide à Washington. Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne discuteront lundi du renforcement d’une mission navale de taille réduite au Moyen-Orient, mais ne devraient pas se prononcer sur l’extension de son rôle au détroit d’Ormuz, actuellement bloqué, selon des diplomates et des responsables. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a évoqué la nécessité de rouvrir le détroit avec Donald Trump, ainsi qu’avec le Premier ministre canadien, Mark Carney, a déclaré dimanche une porte-parole de Downing Street.

    06h15

    Donald Trump pourrait reporter sa visite à Pékin en l’absence de soutien chinois

    Dimanche, Donald Trump a déclaré au Financial Times qu’il attendait de la Chine qu’elle contribue au déblocage du détroit avant sa rencontre prévue avec le président Xi Jinping à Pékin à la fin du mois et qu’il pourrait reporter son voyage si la Chine ne lui apportait pas son aide. « Je pense que la Chine devrait aussi aider, car elle importe 90 % de son pétrole par le détroit », a déclaré Donald Trump. « Nous pourrions reporter sa visite », a-t-il ajouté, faisant référence à un éventuel report si Pékin ne soutenait pas la situation dans le Golfe. Le ministère chinois des Affaires étrangères n’a pas immédiatement répondu à la demande de commentaires de Reuters.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-emmanuel-macron-dit-au-president-iranien-quil-est-inadmissible-que-la-france-soit-ciblee-JW4EKIF32NASXCVXCLOXCYRWQY/

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    Publish date : 2026-03-16 06:30:00

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  • Édouard Philippe en tête au Havre : la première semaine du reste de sa vie

    Le silence national, semble-t-il, est d’or. Et la stratégie d’Édouard Philippe ces dernières semaines a, semble-t-il, porté ses fruits. Le voilà soulagé, à voir sa mine réjouie lors de sa prise de parole à 20h30 ce dimanche 15 mars. Celui qui a choisi de se consacrer entièrement à sa réélection, quitte à délaisser notamment les sujets internationaux, a dû souffler devant les résultats du premier tour au Havre. L’ancien Premier ministre est arrivé confortablement en tête du scrutin avec 43,76 % des voix, devançant de dix points son concurrent principal, le député PCF et candidat d’union de la gauche Jean-Paul Lecoq (33,25 %). Qualifié en troisième position, le représentant de l’alliance UDR-RN Franck Keller dépasse largement la barre de qualification avec 15,3 % des suffrages et pourrait tout de même fragiliser ainsi Édouard Philippe pour le second tour. Alors qu’il y a six ans celui-ci avait bataillé contre son seul adversaire communiste pour l’emporter (59 % contre 41 %), cette année la triangulaire n’arrange malgré tout pas les affaires du maire du Havre, qui devrait voir une partie de ses voix de 2020 atterrir dans l’escarcelle du lieutenant d’Éric Ciotti.

    Une partie de l’enjeu de ce scrutin déterminant pour Édouard Philippe réside donc dans la future attitude des états-majors UDR-RN et de leur électorat : Jean-Paul Lecoq, non soutenu par La France insoumise, fera-t-il office d’épouvantail en engendrant un réflexe anticommuniste, donc pro-Philippe ? Ou, au contraire, la filiation entre de l’ancien locataire de Matignon et Emmanuel Macron – malgré leurs différends, pour ne pas dire leur rupture – jouera-t-il en la défaveur du sortant dans une baroque alliance de circonstance rouge-brune visant à faire tomber l’édile ? Dans les deux cas, l’écart entre les deux candidats arrivés en tête paraît confortable pour l’ancien Premier ministre qui met en jeu son troisième mandat consécutif autant que son avenir présidentiel.

    Mercredi 11 mars, lors d’une réunion publique tenue au théâtre Le Normandy, Édouard Philippe a de nouveau confirmé que de sa réélection au Havre dépendait sa candidature à l’élection suprême : « Si je n’arrivais pas à convaincre les Havrais, il faudrait que j’en tire les conséquences, et tout le monde en tirera les conséquences », a-t-il déclaré à la presse. Volontairement discret, provoquant parfois l’inquiétude voire l’exaspération d’une partie des cadres d’Horizons, il martelait semaine après semaine à ses ouailles qu’il « ne fallait pas l’attendre sur autre chose que son élection », selon un dirigeant de son parti, qui espérait davantage de présence de la part de son champion.

    La stratégie des petits pas

    Pour l’heure seul prétendant à la succession d’Emmanuel Macron se frottant à un scrutin local et cherchant la légitimité des urnes, l’ancien de Matignon compte faire du renouvellement de son mandat la première marche de sa montée en puissance vers sa future campagne. Preuve en est : s’il est réélu, Édouard Philippe organisera le 12 avril prochain à Paris un grand meeting pour clore cette séquence municipale. « Il va mettre un coup sur sa détermination à briguer la présidence, sur son tempérament, mais il ne dévoilera rien sur le fond de son projet avant l’automne, il n’aura pas de prises de position fortes car il ne veut pas que ses idées structurantes, notamment européennes et internationales, soient balayées par l’actualité », indique l’un des amis du Havrais. La stratégie des petits pas, toujours.

    La victoire d’Édouard Philippe dimanche prochain aurait donc non seulement une incidence sur son destin personnel, mais également sur l’approche politique décidée par l’ancien Premier ministre dès la création de son écurie, Horizons, en octobre 2021. Comme l’indique son camarade et prédécesseur à Matignon Jean-Pierre Raffarin, « Édouard a choisi les municipales comme support de sa campagne en choisissant de faire un parti non pas construit sur l’échelle départementale, comme tous les autres, mais sur la commune ». Horizons peut d’ailleurs se targuer d’être un « parti de maires », puisqu’il compte près de 600 édiles dans ses rangs. Mais les têtes d’affiche comptent.

    Alors que Christian Estrosi, vice-président, est en grande difficulté à Nice et que Pierre-Yves Bournazel, secrétaire général délégué à la structuration du parti, joue les seconds rôles à Paris, une défaite au Havre sonnerait sans doute le glas de l’aventure partidaire lancée il y a cinq ans. « On repart en campagne », a lancé Édouard Philippe pour conclure son court discours ce dimanche soir : une semaine pour gagner ses véritables galons de présidentiable. La première semaine du reste de sa vie.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/edouard-philippe-en-tete-au-havre-la-premiere-semaine-du-reste-de-sa-vie-Q646D4TGDNHZNGGHLR3EGFJNUE/

    Author : Erwan Bruckert

    Publish date : 2026-03-15 20:02:00

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  • Municipales 2026 : face à LFI et au RN, le cordon sanitaire… parce qu’il le faut bien

    « Oh le con ! » Charles Pasqua fait du Pasqua. Nous sommes en mai 1987, et le ministre de l’Intérieur réagit à la tribune que vient de publier son collègue dans le gouvernement Chirac, le ministre du Commerce extérieur Michel Noir. Dans Le Monde, celui-ci écrit : « Mieux vaut perdre l’élection présidentielle que son âme en pactisant avec Le Pen et ses idées. » Il racontera plus tard avoir « craché cet article en trois quarts d’heure » et l’avoir dicté en pleine nuit à une sténo du journal. Cela lui vaudra aussi d’être sermonné par Jacques Chirac en personne.

    « Oh le con », devait penser Jean-Luc Mélenchon en voyant Olivier Faure s’éloigner des insoumis. « Tu ne vaux pas un clou comme stratège », lui a-t-il lancé en meeting à Marseille, à quelques jours du premier tour. Que le leader des insoumis singe Charles Pasqua ne surprendra personne, maintenant qu’il emprunte volontiers à Jean-Marie Le Pen au cours de ses meetings en prenant un malin plaisir à écorcher le nom des personnalités juives. « Perdre plutôt que faire alliance avec LFI » est un « danger suicidaire », a-t-il expliqué le même jour.

    On pourrait penser que les élections municipales échappent au combat pour les valeurs qui avait valu à Michel Noir son quart d’heure de gloire médiatique. Pas cette fois. Quand plusieurs ténors de LFI mènent une campagne ouvertement antisémite, quand le RN et ses alliés sont en passe de s’installer dans plusieurs villes importantes sans avoir réussi à chasser de ses listes les erreurs de casting, l’enjeu va au-delà de la gestion d’une commune. A Roubaix, par exemple, ville guettée par le risque communautariste, la liste LFI obtient 46 %, reléguant celle du maire sortant, arrivé en deuxième position, à près de 25 points, selon une estimation de l’Ifop. Xavier Bertrand a appelé à un front anti-LFI.

    La France va entrer dans des heures d’intenses tractations d’ici mardi 17 mars 18 heures – heure limite pour le dépôt des listes pour le second tour. Perdre les élections ou perdre son âme ? Alors que de plus en plus d’électeurs se montrent réceptifs à des propos éloignés de la doxa républicaine, ce n’est pas une question ridicule pour un responsable politique. Le cordon sanitaire est le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres.



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    Author : Eric Mandonnet

    Publish date : 2026-03-15 21:04:00

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  • Municipales 2026 : le pari gagnant de LFI, vague RN dans le Sud… Les enseignements du premier tour

    Paris peut-elle basculer à droite ? Dans quelles villes la gauche succombera-t-elle à une alliance avec La France insoumise (LFI) ? Les Républicains risquent-ils de voir leurs bastions historiques engloutis par la vague RN ? Au soir d’un premier tour qui a comporté son lot de surprises, L’Express tente de décrypter les principaux enseignements du scrutin et les équilibres qui pourraient faire basculer le second tour.

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    À Paris, les yeux rivés sur les stratégies d’alliance au second tour

    C’est une quadrangulaire qui devrait se jouer à Paris dimanche 22 mars – selon les résultats provisoires – entre le socialiste Emmanuel Grégoire (38,7 %), la candidate LR Rachida Dati (24,7 %), l’insoumise Sophia Chikirou (12,1 %) et Pierre-Yves Bournazel (11,6 %), candidat d’Horizons, le parti d’Édouard Philippe. L’enjeu est majeur dans la capitale, où la succession d’Anne Hidalgo ouvre une bataille entre la gauche sortante et une droite qui espère reconquérir la ville après plus de vingt ans de domination socialiste.

    Et dans ce paysage politique fragmenté, ce sont bien les stratégies d’alliance qui risquent de peser le plus dans l’issue du scrutin. À droite, le maintien de Pierre-Yves Bournazel, chantre du « ni Dati ni Grégoire », pourrait compliquer la tâche de Rachida Dati, qui brigue la mairie pour la troisième fois consécutive. À gauche, celui de Sophia Chikirou — qui a déjà annoncé qu’elle se maintiendra au second tour si Emmanuel Grégoire refuse une fusion — fait planer le risque d’une dispersion de l’électorat de gauche, susceptible de faire perdre la capitale à la gauche.

    Vers une fusion des listes de gauche avec les insoumis ?

    À Paris, Emmanuel Grégoire tiendra-t-il parole ?

    Dans le cas où Emmanuel Grégoire refuserait toute fusion avec la liste insoumise, Sophia Chikirou a d’ores et déjà annoncé, dimanche soir, son intention de se maintenir au second tour, une hypothèse qui fragiliserait mécaniquement le candidat socialiste. Car dans cette quadrangulaire annoncée, l’enjeu central est bien celui du report des voix. Or, tout en reconnaissant qu’une victoire serait « plus difficile » sans accord si Sopia Chikirou franchissait la barre des 10 %, Emmanuel Grégoire avait exclu toute alliance avec les insoumis. Mais ça, c’était avant le premier tour.

    À Lyon, Grégory Doucet se dirige vers une alliance avec LFI

    Il a créé la surprise dimanche soir en arrivant au coude-à-coude avec Jean-Michel Aulas, longtemps donné largement en tête durant la campagne. Mais la victoire n’est pas encore acquise pour Grégory Doucet. Pour faire la différence au second tour, le maire sortant de Lyon pourrait être contraint de fusionner sa liste avec celle de la candidate insoumise Anaïs Belouassa. La députée s’était notamment fait remarquer lors de l’affaire Quentin Deranque, en portant quelques mois plus tôt, dans l’hémicycle du Palais-Bourbon, un t-shirt de soutien au groupe militant La Jeune Garde. Si aucune alliance n’a pour l’heure été officiellement annoncée, l’écologiste avait déclaré avant le premier tour être prêt à travailler avec La France insoumise sous deux conditions : qu’aucun membre de la liste insoumise ne soit impliqué dans des violences et que soit abandonnée la proposition, défendue de longue date par LFI, de désarmer la police municipale.

    À Marseille, la gauche face au dilemme de l’alliance avec LFI pour faire barrage au RN

    La présence au second tour de Sébastien Delogu (11,5 %), que Jean-Luc Mélenchon était venu soutenir le 7 mars, accroît la pression sur Benoît Payan (38,1 %) quant à la question d’une alliance avec La France insoumise. Depuis plusieurs semaines, un dialogue de sourds s’est installé entre les deux candidats de gauche, chacun accusant l’autre de faire courir le risque de voir la ville basculer à l’extrême droite. Pendant la campagne, la majorité municipale appelait l’insoumis à se retirer en cas de qualification au second tour afin de laisser le maire sortant affronter seul le candidat RN. Sans surprise, Sébastien Delogu a, au contraire, appelé dès dimanche soir à une fusion des listes de gauche prenant la forme d’un « front anti-fasciste ».

    Attendue, la vague RN confirmée dans le Sud

    Dans le sud de la France, où la participation a été parmi les plus élevées de l’Hexagone, le parti à la flamme, déjà très implanté dans le Nord, a confirmé sa dynamique, allant jusqu’à faire élire plusieurs de ses candidats dès le premier tour. À l’image de leur collègue septentrional Steve Briois, réélu à Hénin-Beaumont avec 78 % des voix, les maires RN de Perpignan et de Fréjus, Louis Alliot (50,8 %) et David Rachline (51,3 %), ont eux aussi rempilé dès dimanche pour six années supplémentaires.

    À Marseille, les divisions de la gauche ont également profité au Rassemblement national. Le député Franck Allisio, soutenu sur place par Jordan Bardella pendant la campagne, est arrivé au coude-à-coude avec le maire sortant, le socialiste Benoît Payant. À Toulon, la candidate RN Laure Lavalette, qui avait reçu la visite de Marine Le Pen début mars, arrive largement en tête du premier tour en frôlant les 40 % des suffrages exprimés.

    De son côté, Eric Ciotti, candidat UDR à Nice, allié du RN, devance de plus de 10 points de pourcentage le maire sortant LR Christian Estrosi. Un résultat qui confirme un sondage publié fin février donnant l’ancien président des Républicains gagnant dans la cité des Anges.

    Autant de résultats qui illustrent une dynamique à l’œuvre depuis la présidentielle de 2022 : la conversion progressive d’une partie de l’électorat traditionnel des Républicains vers le Rassemblement national. Le RN n’exclut toutefois pas de retirer certaines listes au profit de candidats LR dans les cas de triangulaires susceptibles de favoriser La France insoumise. Une chose est sûre, eu égard des résultats du premier tour, les frontistes peuvent se permettre de rêver grand. Dans une allocution dimanche soir, le patron de LR, Bruno Retailleau, a également assuré qu’il ne donnait « qu’une seule consigne pour le second tour : aucune voix pour La France insoumise ».

    Dans les grandes villes, LFI s’impose comme un acteur incontournable

    En dépit du cortège de polémiques dans lesquelles se sont engouffrés plusieurs chapeaux à plumes, Jean-Luc Mélenchon en tête, LFI enregistre des scores notables dans plusieurs grandes villes. Dans la capitale, la candidate LFI Sophia Chikirou recueille entre 12 et 14 % des voix. À Lyon, Anaïs Belouassa-Cherifi franchit le seuil des 10 %, nécessaire pour se qualifier au second tour. À Toulouse, François Piquemal réalise une percée avec près de 27 % des suffrages, se plaçant parmi les principaux concurrents. Dans la cité phocéenne, Sébastien Delogu dépasse légèrement les 11 %. Enfin, à Roubaix, David Guiraud arrive largement en tête avec près de 46,5 % des voix, une progression spectaculaire par rapport à 2020, où la liste insoumise n’était pas parvenue à se hisser au second tour. Le signe que la stratégie de radicalisation du mouvement insoumis porte ses fruits ?

    Au Havre, Edouard Philippe peut souffler

    Les résultats du scrutin de dimanche ont fait démentir les sondages qui plaçaient l’ancien Premier ministre en très mauvaise posture dans sa ville. Arrivé confortablement en tête du premier tour (43,7 %), avec dix points d’avance sur le communiste Jean-Paul Lecoq, le maire sortant Horizon devrait réussir à conserver son écharpe à l’issue du second tour. Mais en parvenant à se qualifier au second tour avec 15,3 %, le candidat UDR soutenu par le RN Franck Keller, qui compte bien se maintenir au second tour, pourrait fragiliser l’ancien Premier ministre qui, dimanche prochain, jouera sa candidature à l’Elysée.

    La chute vertigineuse de Jean-Michel Aulas

    Donné avec une avance confortable d’une quinzaine de points voilà encore quelques semaines, Jean-Michel Aulas se retrouve finalement à égalité avec l’écologiste Grégory Doucet, à 37,5 % des suffrages exprimées. Une débâcle qui confirme les sondages sortis dans les derniers jours de campagne qui montraient un resserrement de l’écart entre le maire sortant et l’ancien patron de l’OL ; et que de nombreux observateurs expliquent par les mauvaises performances de ce dernier pendant la campagne, notamment au débat organisé par BFMTV fin février.

    Le second tour peut-il mobiliser davantage ?

    67,4 % en 2001, 66,5 % en 2008, 63,6 % en 2014 et 57,6 % en 2026… Si l’on exclut le scrutin de 2020, perturbé par la pandémie, l’abstention progresse presque continûment aux municipales depuis un quart de siècle. Et le second tour ne garantit pas forcément une remobilisation des électeurs. Au contraire : alors que la participation avait été supérieure de 2,2 points au second tour en 2001, elle a reculé lors des trois derniers scrutins municipaux.



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    Author : Ambre Xerri

    Publish date : 2026-03-15 22:22:00

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