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  • « Il était méconnaissable » : la « longue » mort d’Hitler racontée par l’historienne Caroline Sharples

    « Linge, je vais me tirer dessus maintenant. Tu sais ce que tu as à faire. » Ce seraient parmi les derniers mots prononcés par Adolf Hitler dans son bunker de Berlin, le 30 avril 1945. Son valet Heinz Linge, l’un des rares témoins de la scène, raconte : une poignée de main avec le Führer, un salut, une porte qui se ferme, puis un coup de feu. Pourtant, ce moment d’histoire maintes fois représenté au cinéma, personne ne l’a photographié ni filmé. Un manque de preuves matérielles, auquel il faut ajouter l’absence de corps, et qui ont nourri, quatre-vingts ans durant, les théories du complot les plus tenaces, à l’image de celle, farfelue, selon laquelle Hitler et Eva Braun se seraient enfuis en Amérique du Sud.

    Dans un nouvel ouvrage passionnant, The Long Death of Adolf Hitler (Yale University Press, non traduit), l’historienne britannique Caroline Sharples retrace la « longue mort » du dictateur, depuis les adversaires du nazisme qui dans les années 1930 rêvaient déjà de l’élimination du Führer, jusqu’à l’ultime preuve biologique, en 2018, établissant pour de bon la date de son décès en 1945. Mais aujourd’hui encore, explique auprès de L’Express cette professeure à l’Université de Roehampton, « le mystère subsiste quant aux causes exactes de sa mort ». Entretien.

    L’Express : Dans votre livre, vous expliquez que bien avant son décès effectif en 1945, le sujet de la mort d’Hitler était sur toutes les lèvres ?

    Caroline Sharples : Oui, car la mort d’Hitler est un phénomène culturel qui précède la Seconde Guerre mondiale elle-même. Dès les années 1930, le sujet apparaît dans la culture populaire, sous forme de sketchs humoristiques. L’enterrement d’Hitler devient un objet sur lequel on ironise volontiers. Pendant le conflit, la question prend une tout autre dimension, psychologique et politique : pour les civils des pays alliés, imaginer la mort du dictateur allemand représente un formidable réconfort moral. A mesure que la perspective d’une victoire militaire allemande s’amenuisait, Hitler s’est progressivement retiré de la vie publique. Dès la fin 1943, il déléguait certaines grandes cérémonies annuelles, y envoyant Goebbels ou Himmler à sa place. De plus en plus de gens s’interrogeaient sur les raisons de cette disparition, ce qui alimentait les rumeurs.

    C’est dans les années qui précèdent son suicide que l’on doit rechercher, selon vous, les racines du succès des théories du complot sur la mort d’Hitler après 1945 ?

    Absolument. Pendant la guerre, les disparitions répétées du Führer créaient des moments de tension où tout le monde attendait des informations. Des rumeurs sur sa mort circulaient, comme en janvier 1941, où un faux bulletin affiché sur un paquebot portugais, le Serpa Pinto, annonce le bombardement de Berlin et la mort d’Hitler, provoquant des scènes d’euphorie à bord. C’est le souvenir de ces faux espoirs qui explique le scepticisme généralisé du public face à l’annonce de la mort d’Hitler au printemps 1945. Un des épisodes les plus marquants est certainement celui du 20 juillet 1944, lors de l’attentat de Stauffenberg. En l’espace de quelques heures, différents communiqués se contredisent frontalement : les conspirateurs envoient un message télégraphique déclarant « le Führer Adolf Hitler est mort », démenti deux heures plus tard par le Service intérieur allemand. Il a fallu attendre une heure du matin pour qu’Hitler prenne la parole afin de prouver qu’il était vivant. Quand, en mai 1945, on annonce sa mort, il n’y a donc rien d’étonnant à ce que beaucoup de gens aient ces précédents en tête et exigent une preuve. Sauf que dans le cas d’Hitler, qui s’est suicidé à huis clos, dans son bunker, il n’y a pas de corps. Tandis que celui de Mussolini a été exhibé, pendu la tête en bas, frappé par la foule, et photographié sous tous les angles. Tous ces éléments ont nourri le doute, et c’est dans ce contexte instable que sont nés les mythes, rumeurs et spéculations.

    Par-delà toutes ces spéculations, à quoi ont vraiment ressemblé les derniers jours d’Hitler ?

    Hitler paraissait de plus en plus désœuvré, il errait dans les couloirs…

    Le récit de ses dix derniers jours est celui que retiennent le plus souvent les films d’après-guerre, car il offre un cadre dramatique particulièrement efficace. A ce moment-là, il se trouvait dans son bunker souterrain à Berlin. Les témoignages de ses anciens collaborateurs décrivent un lieu exigu, étouffant, bruyant en raison du système de ventilation, sujet aux infiltrations d’eau… bref, un environnement particulièrement inconfortable. Les générateurs diesel, par exemple, fonctionnaient jour et nuit pour maintenir l’électricité et la ventilation, mais ils dégageaient une odeur épouvantable et des fuites d’huile permanentes. A partir du 26 avril, les lignes téléphoniques ont été coupées, les antennes radio détruites par les bombardements. Ironie du sort, les informations militaires les plus fiables provenaient désormais des émissions ennemies. Un sentiment croissant de désorientation s’installait, lié à l’effondrement des systèmes de communication qui les isolait un peu plus du reste du monde. Certains ont par la suite expliqué qu’ils avaient fini par perdre toute notion du temps.

    Dans ses derniers jours, Hitler paraissait de plus en plus désœuvré, il errait dans les couloirs, cherchant à engager des conversations. Tandis que les défenses allemandes s’effondraient, les ordres de contre-offensive d’Hitler restaient sans effet. Sa jeune secrétaire Traudl Junge, vingt-cinq ans à l’époque, a raconté qu’il ne recevait plus aucun rapport, qu’il ne pouvait plus prendre de décisions, et qu’il n’arrivait plus à dormir, qu’il ne faisait plus attention à ce qu’il mangeait, alors qu’il avait toujours été très attentif à son alimentation. Son entourage notait même qu’il avait vieilli de façon spectaculaire, son visage marqué et son teint grisâtre le rendant presque méconnaissable. Persuadé d’être trahi de toutes parts, il entrait parfois dans des colères violentes. Himmler et Göring ont d’ailleurs été écartés pour trahison après avoir tenté de négocier avec les Alliés.

    Les discussions, notamment lors de repas avec ses secrétaires, devenaient de plus en plus morbides. On parlait des différentes manières de se donner la mort, et on comparait l’efficacité du cyanure et d’une arme à feu. Hitler, qui voulait absolument éviter de subir le même sort que Mussolini, dont le corps avait été exposé à la foule, a donné des instructions orales et écrites très précises pour que son corps soit brûlé. Puis vinrent les dernières heures, où tout fut méticuleusement préparé : il a dicté son testament, épousé Eva Braun, et entreposé des bidons d’essence dans le bunker en vue de la crémation. Sa décision était prise, et il ne reviendrait pas en arrière. Son valet, Heinze Linge, l’une des dernières personnes à qui il ait parlé, a raconté qu’il lui a dit très calmement : « Linge, je vais me tirer dessus maintenant. Tu sais ce que tu as à faire ». Ils se sont serré la main, ont échangé un salut. Linge a fermé la porte du bureau, et quelques instants plus tard, il a entendu le coup de feu.

    Comment a été reçue l’annonce de son décès, en Allemagne ? Pendant longtemps, le récit historiographique dominant voulait que sa mort n’ait suscité aucun deuil dans le pays…

    C’est une idée qui mérite d’être remise en question. Le Troisième Reich était un régime profondément émotionnel, structuré pendant douze ans autour du culte du Führer, présenté comme un chef tout-puissant. Il faisait l’objet d’une forte adhésion affective, comme en témoignent les images bien connues de foules en liesse. Il serait donc simpliste d’affirmer que du jour au lendemain, Hitler aurait disparu sans que personne ne s’en soucie. Evidemment, il est toujours très difficile d’écrire une histoire des émotions, encore plus dans un contexte de défaite militaire totale et d’effondrement imminent du régime. Une partie du territoire allemand était déjà occupée par les Alliés, donc la population allemande avait conscience qu’il était sans doute plus prudent de dissimuler ses sentiments réels.

    Pour certains, la mort d’Hitler était pire que celle de leur père ou de leur mère…

    Il fallait donc distinguer entre les attitudes affichées et les émotions intimes. Pour cela, j’ai épluché des lettres, des journaux intimes, ou encore des témoignages de journalistes alliés qui étaient sur place et interrogeaient les populations ou observaient des conversations dans la rue. Ce qui en ressort, c’est que les réactions étaient contrastées. Une ancienne des Jeunesses hitlériennes, Ursula Martens, a écrit que la mort d’Hitler était « pire que la mort de son père ou de sa mère ». Une infirmière, Ursula Mahlendorf, raconte s’être promenée dans la campagne dans un état second, comme anesthésiée. A l’inverse, un soldat SS, Erwin Bartmann, décrit un moment de libération : il a « aspiré l’air comme si c’était le premier souffle de sa vie », tandis que dans la même pièce, une femme nommée Ute a préféré éteindre la radio et s’est mise à sangloter.

    Si ce qu’il restait du régime a bien essayé de susciter un deuil collectif, il n’avait plus les moyens d’imposer ce récit par la propagande. De nombreux journaux ne paraissaient plus, et avec la multiplication des coupures d’électricité, l’information n’arrivait pas toujours aux populations. A Hambourg, alors que Karl Dönitz prononçait un discours sur le « sacrifice » du Führer, une « voix fantôme » a interrompu les ondes pour déclarer « c’est un mensonge ! », avant de dénoncer « le plus grand de tous les fascistes ». Cet épisode montre bien que dès la première seconde, la version officielle était contestée.

    Dans les pays alliés, où on aurait pu s’attendre à ce que la nouvelle déclenche des effusions de joie, le sentiment dominant était la déception ?

    Oui, parce que pendant des années, la propagande au sein des pays alliés – les caricatures politiques représentant Hitler blessé ou mortellement atteint, par exemple – avait contribué à façonner une attente immense à l’égard de cet événement. C’était en quelque sorte l’objectif ultime à atteindre, le signe d’une victoire totale et d’une punition exemplaire. Toute une production culturelle s’était construite autour de l’idée de sa mort, de sa tombe, de ses funérailles. A l’annonce de son décès, en 1945, il y a donc un goût d’inachevé. Personne n’a assisté à la scène, il n’y a eu ni capture, ni jugement, ni exécution. Pas d’image, aucun corps montré. Cela ne correspondait pas aux attentes immenses qui s’étaient construites les années précédentes. Un sondage américain de juin 1945 montrait que 68 % de la population ne croyait pas qu’Hitler était mort. Selon le New York Times, huit personnes interrogées sur dix considéraient l’annonce comme une nouvelle ruse nazie.

    Cette déception a d’ailleurs alimenté la fabrication et la diffusion de mythes et de spéculations autour de la mort d’Hitler, car faute d’une fin jugée satisfaisante, certains ont préféré adhérer à des récits plus conformes à leurs attentes. Lors du jour de la victoire, des effigies d’Hitler étaient pendues ou brûlées à New York, Sydney ou encore Toronto. Ce besoin de mettre en scène la mort d’Hitler de manière visible, publique, participative, témoigne de la profondeur de la frustration.

    C’est à ce moment que commencent à circuler les premières rumeurs sur le fait qu’Hitler serait toujours vivant ?

    Oui, les premières rumeurs sont apparues tout de suite, d’abord à petite échelle. On pouvait entendre, par exemple, qu’il se serait enfui de Berlin, ou encore que les annonces radiophoniques ne seraient qu’un écran de fumée pour lui permettre de se replier en Bavière, d’où il organiserait une ultime offensive contre les forces alliées. De nombreuses personnes affirmaient avoir vu le Führer. Un homme lui ressemblant aurait été aperçu dans une forêt, tandis que d’autres assuraient l’avoir reconnu près de Heidelberg, ou à Hanovre.

    Pour beaucoup de gens, la version officielle de sa mort à Berlin n’était qu’un nouvel acte de propagande.

    Ces rumeurs ont contribué à donner du crédit à l’idée selon laquelle Hitler et Eva Braun auraient embarqué sur un yacht luxueux à Hambourg. Les théories ont ensuite évolué : pour certains, le couple aurait passé l’année 1945 le long des côtes, avant de rejoindre l’Espagne – en raison de ses sympathies fascistes. De la péninsule ibérique, ils se seraient enfuis vers d’autres destinations. D’autres versions évoquent plutôt l’Italie, ou même leur présence au large des côtes françaises. C’est à ce moment qu’est né le scénario que tout le monde connaît : celui d’un sous-marin allemand ayant atteint les côtes argentines, où Hitler aurait été accueilli et protégé par des sympathisants nazis dans une propriété privée.

    Le succès de ces rumeurs s’enracine dans la profonde défiance à l’égard de la propagande nazie, disqualifiée par des années de mensonges et de manipulations. Pour beaucoup de gens, la version officielle de sa mort à Berlin n’était qu’un nouvel acte de propagande. D’autant que tout le monde gardait le souvenir des nombreuses annonces de sa mort pendant la guerre, qui se révélaient toujours fausses. Par ailleurs, les gens qui propageaient ces rumeurs n’étaient pas forcément mal intentionnés. Les lettres adressées aux autorités signalant une personne ressemblant fortement à Hitler s’expliquaient aisément : personne ne voulait qu’il échappe à la justice, et tout ce qui pouvait permettre de le retrouver et de le juger était bon à prendre.

    Aujourd’hui encore, expliquez-vous, la majorité de ce que l’on sait sur la mort d’Adolf Hitler provient d’informations et d’enquêtes menées dans les six mois suivant son suicide ?

    Tout à fait. Avec l’ouverture des archives soviétiques, à la fin de la guerre froide, on sait aujourd’hui que l’unité de renseignement soviétique SMERSH, présente à Berlin en 1945, a découvert très rapidement les corps calcinés d’un homme et d’une femme dans les jardins de la chancellerie du Reich. La découverte est d’ailleurs elle-même assez rocambolesque, car c’est un simple soldat soviétique, Ivan Churakov, qui a le premier aperçu des jambes humaines dépassant d’un cratère de bombe. Klimenko, le chef de la section SMERSH sur place, pensait à ce moment-là que le corps d’Hitler en était un autre, trouvé à l’intérieur de la chancellerie, mais qui était en fait celui d’un cuisinier qui ressemblait au Führer. Les corps du cratère ont donc été réenterrés, et ce n’est que le lendemain que Klimenko a ordonné de les déterrer à nouveau.

    Les restes ont ensuite été envoyés dans un hôpital de campagne, près de Berlin, où une autopsie a été réalisée afin d’estimer l’âge et de réaliser des prélèvements dentaires. Dès mai 1945, grâce à une reconstitution de son dossier dentaire, les Soviétiques estimaient avoir identifié le corps du dictateur. A Berlin, des échanges informels entre les Soviétiques et les Occidentaux auraient laissé entendre que quelque chose avait été trouvé. Mais Staline s’est interposé et, manifestant une profonde méfiance, a ordonné de nier publiquement toute découverte. C’était aussi un calcul géopolitique : Staline pensait que tant que le monde craignait une résurgence nazie, il pourrait utiliser cette peur pour négocier plus durement aux conférences de paix, exiger des réparations plus élevées ou justifier le maintien d’une sphère d’influence soviétique en Europe de l’Est.

    Pendant près d’une décennie, les Soviétiques ont donc caché cette découverte. De leur côté, les enquêtes occidentales, qui reposaient essentiellement sur des témoignages oculaires limités, ont conclu qu’Hitler s’était suicidé par balle, mais sans disposer de preuve matérielle. Ce n’est qu’à partir de 1955-1956 qu’ont émergé les premiers récits détaillés émanant de personnes ayant vu le corps, participé à l’évacuation des restes et assisté à la crémation.

    Le dernier épisode date de 2018. C’est la première véritable preuve « biologique » de sa mort ?

    En mai 2018, le médecin légiste Philippe Charlier a fait une annonce tonitruante devant les médias, en affirmant qu’un fragment de mâchoire, conservé à Moscou depuis la fin de la guerre, pouvait désormais être authentifié comme ayant appartenu à Adolf Hitler. Ce n’est donc qu’en 2018 que nous avons eu la preuve formelle, scientifique, qu’Adolf Hitler était bien mort en 1945. Mais cette même étude évoque également une teinte bleutée sur certains fragments, ce qui pourrait suggérer la présence de cyanure, et donc contredire la thèse « dominante » du suicide par balle. L’analyse chimique du tartre n’a trouvé ni antimoine, ni plomb, ni baryum, ce qui permettrait d’exclure l’hypothèse d’un tir dans la bouche. Si Hitler s’est tiré une balle, ce serait plutôt dans la tempe, ce qui corrobore les témoignages de son valet Linge et de son adjudant Günsche. Mais l’absence de fer dans le tartre affaiblit également la thèse du cyanure. Bref, aujourd’hui encore, le mystère subsiste quant aux causes exactes de sa mort.



    Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/il-etait-meconnaissable-la-longue-mort-dhitler-racontee-par-lhistorienne-caroline-sharples-UBTTERV5FRHG3MIQLL64HQYDQM/

    Author : Baptiste Gauthey

    Publish date : 2026-04-05 15:00:00

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  • Avions détruits, milliards engloutis : pour Donald Trump, le vrai coût de la guerre en Iran


    C’est une photo dont se serait bien passé Donald Trump. Abondamment partagée sur les réseaux sociaux, on y aperçoit le fuselage éventré d’un E-3 Sentry de l’US Air Force, plus connu sous le nom d’avion de surveillance Awacs, reconnaissable à son grand radar en forme de disque. Transformé en amas de débris fumant, ce bijou de technologie stationné sur la base saoudienne de Prince Sultan, a été frappé le 27 mars par une frappe iranienne. Une perte évaluée à près de 500 millions de dollars pour Washington qui, de jour en jour, voit s’alourdir le coût de son opération contre Téhéran.

    Un avion de surveillance et de contrôle aéroporté Boeing E-3 Sentry américain endommagé suite à une frappe iranienne sur la base aérienne Prince Sultan en Arabie Saoudite le 27 mars

    Un peu plus d’un mois après son lancement, la facture est déjà exorbitante. « Nous estimons son coût entre 20 et 28 milliards de dollars », jauge Elaine McCusker, ancienne responsable du budget du Pentagone sous la première administration Trump, aujourd’hui analyste à l’American Enterprise Institute. Alors qu’aucune fin de conflit ne se dessine, plusieurs élus du Congrès se sont d’ores et déjà insurgés contre une ardoise à « plus d’un milliard de dollars » par jour d’opération – soit plus que les quelque 300 millions qu’avait quotidiennement coûtés la guerre en Afghanistan entre 2001 et 2021. Difficile toutefois de confirmer ce montant, en l’absence de données officielles du Pentagone.

    La baisse d’intensité de la guerre après le pic des premiers jours aurait ainsi permis de réduire les dépenses quotidiennes à environ un demi-milliard de dollars, précise pour sa part le think tank Center for Strategic and International Studies. « Au début du conflit, nous avons utilisé une quantité considérable de missiles très coûteux pour la défense aérienne et les frappes, mais c’est moins le cas aujourd’hui, abonde l’ancien ambassadeur américain James Jeffrey, aujourd’hui chercheur émérite au Washington Institute. Les salves de missiles balistiques iraniens se sont réduites et notre contrôle du ciel nous permet désormais d’utiliser des bombes moins chères. »

    Destructions croissantes de matériels

    Il n’en demeure pas moins que les systèmes antiaériens Patriot et THAAD, utilisés massivement par les Etats-Unis et leurs alliés au commencement du conflit pour détruire les missiles et drones iraniens, ont fait flamber la note. En trois semaines, ils auraient, à eux seuls, englouti entre 6,3 et 9,5 milliards de dollars de munitions, d’après les estimations de l’American Enterprise Institute. Et pour cause : un missile de Patriot vaut autour de 4 millions de dollars et celui d’une batterie THAAD environ 12 millions. Une somme totalement disproportionnée par rapport aux quelques dizaines de milliers de dollars que coûtent les drones Shahed envoyés par l’Iran, voire centaine de milliers pour ses missiles balistiques.

    A cela, s’ajoutent des pertes croissantes en matériels. Pour la première fois depuis le début du conflit, Téhéran a revendiqué le 3 avril la destruction de deux avions de combat : un F-15E biplace en Iran et un A-10 Warthog au-dessus du Koweït – dont les trois pilotes ont été secourus par les forces américaines. Trois autres F-15E (près de 100 millions de dollars pièce) avaient déjà été abattus accidentellement avant cela par un appareil koweïtien le 1er mars, tandis qu’un radar d’alerte précoce AN/FPS-132 (environ 1,1 milliard) avait, lui, été endommagé la veille par un drone sur la base d’Al Udeid au Qatar… Résultat, dès la mi-mars, le Pentagone a demandé une rallonge budgétaire de 200 milliards à la Maison-Blanche pour financer la guerre – qui devra toutefois être validée par le Congrès.

    « A l’évidence, ça coûte de l’argent de tuer les méchants », a laconiquement résumé le secrétaire à la Défense Pete Hegseth. Dans ce contexte tendu, la présidence a en outre confirmé le 3 avril demander aux parlementaires américains une hausse spectaculaire de près de 50% du budget de la défense en 2027, afin de le porter à 1500 milliards de dollars. Un montant qu’avait déjà évoqué Donald Trump avant même le début de sa guerre en Iran.

    Craintes sur les stocks de munitions

    Les milliards dépensés ne sont toutefois pas la principale source de préoccupation. « Le vrai coût de la guerre, c’est la diminution des stocks de certaines munitions cruciales, complète une source militaire. La production annuelle de missiles Patriot ou Tomahawk est largement inférieure à ce que les Américains ont tiré pendant le mois écoulé. Et le rétablissement des stocks prendra des années… »

    Au cours des 16 premiers jours du conflit, plus de 1800 munitions de Patriot ont été tirées par les Etats-Unis et leurs alliés, ainsi que 304 intercepteurs THAAD, et 535 missiles Tomahawk, relève le Royal United Services Institute. Or, en 2025, les industries de défenses américaines n’ont produit qu’entre 890 et 920 munitions de Patriot. « Nous n’en avons qu’un nombre limité, observe l’ex-diplomate James Jeffrey. Les planificateurs chargés de s’assurer que nous avons suffisamment de munitions en cas de confrontation avec la Chine commencent sans doute à s’inquiéter. » « Le véritable risque concerne la capacité opérationnelle à long terme des États-Unis à faire face à d’autres priorités mondiales », appuie Joe Costa, directeur du programme de défense de l’Atlantic Council.

    Victime collatérale du conflit en Iran, l’Ukraine, grand utilisateur de Patriots, qui regarde avec angoisse les réserves se vider à toute vitesse. « Comme la demande en intercepteurs de défense aérienne de pointe dépasse l’offre mondiale, le risque est réel que les États-Unis réaffectent ceux destinés à l’Ukraine ou à d’autres pays afin de reconstituer leurs propres stocks ou soutenir l’opération en Iran », résume Joe Costa. Le pire des scénarios pour Kiev, qui en manque déjà cruellement pour protéger ses villes contre le déluge de feu russe.

    Indice de la tension croissante sur les stocks, les Etats-Unis ont demandé à la Pologne de transférer l’une de ses batteries Patriot au Moyen-Orient afin de soutenir leurs opérations, a rapporté la presse polonaise. « Nous ne prévoyons pas de les déplacer où que ce soit ! », s’est insurgé dans la foulée le ministre polonais de la Défense Władysław Kosiniak-Kamysz.

    Expérience ukrainienne

    Pour compenser la déperdition des munitions, les pays du Golfe, qui ont parfois utilisé des Patriot pour détruire de simples drones, se sont eux tournés vers l’Ukraine. Cela ne doit rien au hasard : ces quatre dernières années, Kiev a mis au point toute une panoplie d’engins low-cost, comme des drones intercepteurs de drones, capables de détruire à peu de frais les Shahed qu’utilise également Moscou. Fin mars, Volodymyr Zelensky a ainsi signé des accords de coopération avec le Qatar, les Emirats et l’Arabie Saoudite, ouvrant la voie à des partenariats militaires et à une sécurisation de ses approvisionnements en carburant.

    De son côté, Donald Trump a refusé la main tendue ukrainienne : « la dernière personne dont nous avons besoin de l’aide, c’est Zelensky » a-t-il asséné. Elle aurait pourtant pu lui être utile. « La défense aérienne occidentale, et notamment américaine, n’est pas du tout adaptée à la menace des drones, glisse une source militaire. Répondre au problème des Shahed par davantage de Patriot est un non-sens absolu sur le plan financier. »

    D’autant que les conséquences de la guerre commencent déjà à se faire douloureusement sentir sur les portefeuilles américains. Le 31 mars, les prix de l’essence ont grimpé à plus de 4 dollars le gallon (3,7 litres) aux Etats-Unis, un record depuis quatre ans. En toile de fond, le risque pour Donald Trump d’en payer la note lors des élections de mi-mandat, en novembre prochain…



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/avions-detruits-milliards-engloutis-pour-donald-trump-le-vrai-cout-de-la-guerre-en-iran-4H2C5BM2GFE3JNCCJ4L7S2RS3U/

    Author : Paul Véronique

    Publish date : 2026-04-05 12:00:00

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  • Benjamin Morel : « En 2027, les Français penseront élire un nouveau Bonaparte, mais ils auront un René Coty »

    Au lendemain des législatives de 2022, aucun des trois blocs politiques n’a remporté les 289 sièges nécessaires pour obtenir la majorité absolue à l’assemblée nationale. Un blocage politique que la dissolution de juin 2024 a transformé en crise ouverte. Si, aux yeux de beaucoup, Emmanuel Macron fait figure de coupable idéal, Benjamin Morel pointe plutôt du doigt le mode de scrutin majoritaire à deux tours, inadapté à la nouvelle donne imposée par la tripartition de la vie politique.

    Pour ce maître de conférences en droit public à l’université Paris-Panthéon-Assas, qui publie Crise politique, crise de régime (Odile Jacob), l’arrivée d’un nouveau locataire à l’Élysée ne résoudra rien, car aucun parti ne peut espérer obtenir une majorité en 2027. « Le prochain président, élu comme un nouveau Bonaparte, risque de se retrouver dans la position d’un Vincent Auriol ou d’un René Coty », avertit le constitutionnaliste, qui ne croit pas davantage au scénario d’une rebipolarisation. Le seul moyen de sortir par la grande porte de cette crise, affirme-t-il à L’Express : passer à la proportionnelle et renforcer les pouvoirs du Parlement. Entretien.

    L’Express : Dans votre dernier livre, vous affirmez que la crise politique que traverse la France depuis les législatives n’est pas « la faute de Macron ». Pourquoi ?

    Benjamin Morel : Pour commencer, il faut comprendre ce qui est à la source de cette crise. Celle-ci provient de la rupture du vieux clivage gauche-droite et du fait majoritaire qu’il parvenait à engendrer. Cela a deux effets. D’abord, vous ne gouvernez plus qu’avec une minorité des électeurs. Ainsi, la majorité macroniste de 2017 ne recueille, au premier tour, que les suffrages de deux électeurs sur dix. Cela a produit les Gilets jaunes.

    Ensuite, la tripolarisation de la vie politique fait qu’avec le scrutin majoritaire à deux tours, les majorités absolues deviennent de plus en plus improbables, entraînant un blocage parlementaire et, par extension, gouvernemental. En brisant les anciens partis, Emmanuel Macron a précipité la reconfiguration de la vie politique que nous connaissons aujourd’hui. Pour autant, il n’a pas créé cette configuration. On la voit émerger de scrutin en scrutin, avec la montée du RN et les clivages internes aux électorats lors des référendums européens. Cette tripolarisation n’est pas spécifiquement franco-française : même en Grande-Bretagne, pourtant temple du bipartisme depuis le XVIIIe siècle, la vie politique suit ce schéma.

    Le vrai problème serait donc la tripartition de la vie politique ?

    La Constitution de la Ve n’a pas été pensée pour des majorités absolues, mais pour gérer des majorités relatives…

    Oui, et c’est là qu’il faut poser la question du mode de scrutin. Le scrutin majoritaire à deux tours fonctionne comme un couvercle posé sur la cocotte-minute de la crise politique. Pendant des années, nous nous sommes gaussés de nos voisins prétendument instables, alors que nous avions, de notre côté, des majorités absolues et pléthoriques. Seulement, lorsque vous avez trois camps autour de 30 % et un RN premier groupe à l’Assemblée avec 120 députés, les majorités absolues n’existent plus. Le scrutin majoritaire à deux tours a un avantage : il produit des majorités absolues quand la vie politique est bipolarisée. Quand elle ne l’est pas, la situation devient beaucoup plus difficile à gérer parce qu’il rend les alliances interblocs extrêmement coûteuses. En l’absence de majorité absolue, cet effet d’inertie qui rend pratiquement impossible de changer de bloc se transforme en blocage structurel.

    D’ailleurs, on dit souvent que la Constitution de la Ve aurait été pensée pour des majorités absolues, mais c’est faux. Le scrutin majoritaire à deux tours n’a jamais produit de majorité avant 1962, alors même qu’il a eu cours pendant la quasi-totalité de la IIIe République. Michel Debré et Charles de Gaulle, lorsqu’ils rédigent la Constitution en 1958, n’ont jamais connu de majorité absolue. Ce texte a été conçu pour gérer des majorités relatives. Mais une majorité relative à laquelle il manque 40 députés n’a rien à voir avec une majorité relative qui s’appuie sur seulement un cinquième de l’hémicycle, comme c’est le cas actuellement. Ce n’est pas un problème de Constitution : n’importe où dans le monde, ça ne fonctionnerait pas.

    Si on vous comprend bien, quel que soit le vainqueur de la prochaine présidentielle, il y a de fortes chances que ce blocage continue…

    En 2027, les candidats devront se présenter comme les nouveaux Bonaparte, alors qu’ils savent très bien qu’ils n’auront probablement pas les moyens d’agir.

    Il faut d’entrée déconstruire un lieu commun : l’idée selon laquelle les Français voudraient forcément donner une majorité au président de la République qu’ils viennent d’élire. En sociologie électorale, ça n’a rien d’une évidence. Lors des législatives qui suivent une présidentielle, on n’observe pas de ralliement massif derrière le camp du vainqueur. Vous pensez bien qu’un électeur mélenchoniste ne va pas se réveiller, au lendemain d’un second tour remporté par Édouard Philippe, avec une envie soudaine de retraite à 67 ans. Ça n’a pas de sens. Ce qui se produit, en réalité, c’est que les électeurs perdants de la présidentielle, groggys, ont tendance à se démobiliser, tandis que ceux du vainqueur se mobilisent davantage. Ce sont ces jeux de démobilisation et de surmobilisation qui confèrent au président élu une sorte de bonus aux législatives. Les études quantitatives montrent bien que cet « effet lune de miel » a existé en 2022. Théoriquement, Emmanuel Macron aurait même dû bénéficier d’une majorité. Mais dans un paysage tripolarisé, ce bonus de mobilisation s’applique à un socle de départ qui part de plus bas, et ne suffit donc pas pour atteindre une majorité absolue.

    Si on se projette vers 2027, tous les candidats devront se présenter comme les nouveaux Bonaparte, capables de résoudre tous les problèmes, alors même qu’ils savent très bien qu’ils n’auront probablement pas les moyens d’agir. Le prochain président, élu comme un nouveau Bonaparte, risque de se retrouver dans la position d’un Vincent Auriol ou d’un René Coty.

    Aucun parti n’est-il vraiment en mesure d’obtenir cette majorité confortable lui permettant de gouverner ?

    La gauche peut très difficilement envisager obtenir une majorité, car démographiquement elle ne représente que 30 à 35 % des voix, et elle souffre d’une géographie électorale défavorable, concentrée dans les centres-villes et les banlieues. Or, pour avoir une majorité absolue, il faut 51 % dans un maximum de circonscriptions, pas 80 % dans quelques fiefs.

    La géographie électorale du centre est plus flatteuse, mais c’est un espace politique en voie de rétractation qui repose essentiellement sur les CSP+, de plus en plus fragilisées économiquement et de moins en moins rebutées par un vote RN, et les retraités les plus âgés, qui disparaissent progressivement. Pour que les centristes obtiennent une majorité, il faudrait au moins une abstention atteignant les 60 %. Mais dans ce cas, on n’est réellement soutenu que par 10 % des Français, avec le risque de provoquer des mouvements d’implosion sociale comme les Gilets jaunes.

    Quant au Rassemblement national, il cumule deux avantages : un électorat plus large, et bien réparti sur le territoire. C’est le seul parti qui pourrait disposer d’une majorité absolue, même si ce scénario impliquerait un effondrement du front républicain et une union des droites. Les dernières municipales l’ont montré : il y a une vraie porosité entre les électorats de droite et d’extrême droite : à Marseille, où la candidate LR Martine Vassal a subi une lourde défaite au second tour [Ndlr ; en remportant seulement 5,36 % des voix], la moitié des électeurs de la droite républicaine ont préféré voter pour le candidat RN Franck Allisio plutôt que pour un candidat de gauche qui n’avait pourtant pas fait alliance avec la France insoumise. Ceci étant dit, c’est encore loin d’être gagné pour le RN et le scénario dans lequel il obtiendrait une majorité en cas de victoire à la présidentielle n’est pas, à cette heure, le plus probable.

    Pour sortir de la crise, certains rêvent d’un retour à la bipolarisation. Cela vous parait-il plausible ?

    On pourrait voir émerger un système unipolaire dans lequel le RN serait le seul parti capable de l’emporter.

    Avant de vous répondre, permettez-moi de nuancer ce que j’ai dit plus tôt, lorsque j’ai affirmé que le scrutin majoritaire à deux tours ne produit des majorités que s’il y a une bipolarisation. Pour être tout à fait exact, on peut également obtenir des majorités absolues avec un système unipolaire. C’est ce qui s’est passé au début de la Ve République lorsque la gauche s’est éparpillée façon puzzle, les communistes et les socialistes ne pouvant pas se sentir, et de Gaulle ayant fait le ménage à droite. Avant 1979 et le programme commun, la gauche ne pouvait simplement pas remporter les législatives.

    On pourrait donc tout à fait voir émerger un système unipolaire dans lequel le RN serait structurellement le seul parti capable de l’emporter. Car ce qu’oublient un peu vite ceux qui pensent que l’union des droites mènerait nécessairement au retour de la bipolarisation, c’est qu’il n’y a pas nécessairement de pôle uni en face : l’union des droites n’implique pas mécaniquement l’union des gauches. Entre un électeur macroniste issu du centre gauche ou du centre-droit et un électeur mélenchoniste, il n’y a pas le début d’un atome crochu ! Un libéral et un révolutionnaire collectiviste ne sont d’accord sur rien. Même en neutralisant le facteur Mélenchon, je ne crois pas que ces gens-là seraient en mesure de représenter une alternative à un pôle d’union des droites.

    Je suis donc peu convaincu par le scénario d’une rebipolarisation. Peut-être que sur le long terme, pour les raisons évoquées plus tôt, le centre pourrait finir par se faire écrabouiller. Comme ça lui est déjà arrivé dans son histoire, il serait pris en étau et continuerait à exister sans avoir la capacité d’être autonome, et pourrait donc finir par disparaître électoralement. Mais ce scénario-là n’est pas pour demain.

    Vous préconisez donc le passage à la proportionnelle ?

    Oui, parce que le scrutin majoritaire à deux tours est devenu dysfonctionnel. Il fonctionne en bipolarisation, mais il est inadapté à la configuration actuelle de notre champ politique. La question, maintenant, c’est de savoir comment parvenir à un mode de scrutin qui conjugue l’impératif de la gouvernabilité, c’est-à-dire pouvoir former des majorités, et l’impératif de la représentativité, c’est-à-dire éviter qu’une fracture ne s’ouvre entre la société et le Parlement.

    Il existe entre 50 et 80 formes de proportionnelles. On pourrait par exemple appliquer un seuil de représentation de 5 % au niveau national : seules les forces politiques qui dépasseraient ce seuil seraient représentées à l’Assemblée. Cela aurait pour effet de diviser par deux environ le nombre de groupes de parlementaires. Mais au-delà des aspects techniques, le grand avantage de la proportionnelle – ou tout du moins, de certaines formes –, c’est qu’elle permet de fluidifier la vie politique. Chaque parti peut, lors de la campagne, partir sur son couloir. Il pourrait donc y avoir une liste insoumise, une liste communiste, une écologiste, une socialiste, une Renaissance, une Horizon, et ainsi de suite. Chacun serait autonome, pas besoin de former des alliances préélectorales. C’est au lendemain de l’élection, au moment de construire des majorités, qu’on réfléchirait aux questions des coalitions. Et les électeurs, dont environ un sur deux soutient l’idée d’une coalition, en seraient plus satisfaits.

    Vous prônez également un renforcement des pouvoirs du Parlement. Pourquoi ?

    Il faut donner aux parlementaires davantage de moyens financiers et davantage de temps. En France, on aime pester contre le Parlement en disant qu’il serait trop lent. Mais en réalité, c’est l’un des plus rapides d’Europe après la Hongrie : on légifère vite, mal et beaucoup, avec des textes parfois ni faits ni à faire qui reviennent dans l’hémicycle deux ans plus tard parce qu’ils n’avaient aucun sens et étaient inapplicables. Au Danemark, par exemple, le texte revient au bout de trois mois pour qu’on puisse le relire et s’assurer d’un temps de maturation.

    Il faut aussi davantage de moyens, pour que les parlementaires puissent disposer d’une vraie contre-expertise face à ce que propose le gouvernement. Si l’opposition n’a pas les moyens de démonter des éléments avancés par le gouvernement, il n’y a pas de débat parlementaire de qualité. Prenez la taxe Zucman : personne n’est capable de dire combien cela rapporterait, on a des chiffrages contradictoires de tous les côtés. Or, si le Parlement avait disposé d’une vraie capacité de chiffrage, on aurait pu travailler le sujet sur le fond. Quand on regarde comment fonctionne le Bundestag allemand, qui donne beaucoup de moyens aux groupes politiques, ou même le Congrès américain, on voit vraiment la différence.



    Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/benjamin-morel-en-2027-les-francais-penseront-elire-un-nouveau-bonaparte-mais-ils-auront-un-rene-ZW6A4QQ46RE75EDCMXZY42A2HY/

    Author : Baptiste Gauthey

    Publish date : 2026-04-05 10:00:00

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  • EN DIRECT. Les Etats-Unis ont secouru le pilote porté disparu en Iran

    Le second pilote américain dont l’appareil s’était écrasé en Iran a été récupéré par les forces américaines et est désormais « sain et sauf », a annoncé Donald Trump, qui a salué une opération de secours « parmi les plus audacieuses » de l’histoire militaire américaine, menée pour sauver cet officier. Il précise que le militaire a été blessé et que l’intervention a mobilisé « des dizaines d’appareils ».

    Samedi soir, les forces armées iraniennes ont opposé une fin de non-recevoir au nouvel ultimatum lancé par Donald Trump, qui réclamait la réouverture du détroit d’Ormuz dans un délai de quarante-huit heures. Elles ont qualifié de « stupides » les menaces du président américain, lequel avait évoqué la possibilité de « déchaîner les enfers » contre l’Iran.

    09h11

    Israël annonce frapper le centre et l’Ouest de l’Iran

    Dimanche matin, l’armée israélienne a indiqué avoir mené, au cours des dernières 24 heures, des frappes contre plus de 120 cibles situées dans le centre et l’Ouest de l’Iran. Selon elle, ces opérations ont visé notamment des sites liés aux missiles balistiques, des installations de production et de lancement de drones ainsi que des systèmes de défense aérienne.

    08h30

    L’Iran affirme avoir détruit plusieurs « objets volants ennemis » lors d’une mission de sauvetage d’un pilote américain

    Plusieurs « objets volants » ont été détruits lors de la mission américaine visant à retrouver un aviateur bloqué en Iran, ont déclaré dimanche les Gardiens de la révolution, selon l’agence de presse Tasnim. « Au cours d’une opération conjointe (forces aérospatiales, forces terrestres, unités populaires, commandement du Basij et de la police), des objets volants ennemis ont été détruits », a déclaré le groupe après que le commandement de la police iranienne a annoncé qu’un avion américain C-130 avait été abattu dans le Sud d’Ispahan.

    Le porte-parole du quartier général central Khatam al-Anbiya, commandement unifié des forces armées iraniennes, a déclaré que les appareils abattus comprenaient un avion de transport militaire C-130 ainsi que deux hélicoptères Black Hawk.

    Plus tôt dimanche, l’armée iranienne a également annoncé avoir abattu un drone israélien dans la même province.

    07h53

    Les Emirats arabes unis font état d’une attaque de missiles et drones en provenance d’Iran

    Dimanche, le ministère de la défense des Émirats arabes unis a annoncé sur X l’activation de ses systèmes de défense aérienne face à une menace de missiles et de drones. Il a précisé que « les sons entendus à travers le pays résultent des opérations en cours contre ces missiles et drones ».

    Le ministère a ajouté que l’attaque provenait d’Iran. De son côté, l’armée iranienne a affirmé, dans un communiqué relayé par IRNA, avoir ciblé des installations liées à l’industrie de l’aluminium aux Émirats arabes unis ainsi que des positions militaires américaines, notamment situées au Koweït.

    07h13

    L’Iran a exécuté deux hommes condamnés pour des liens avec Israël lors des manifestations de janvier

    L’Iran a exécuté deux hommes condamnés pour avoir tenté de prendre d’assaut une base militaire et accéder à son armurerie lors du mouvement de protestation de janvier dernier, annonce l’agence de presse de l’appareil judiciaire iranien.

    « Mohammad-Amin Biglari et Shahin Vahedparast (…) ont été pendus après réexamen de l’affaire et confirmation du verdict définitif par la Cour suprême », a annoncé dimanche l’agence Mizan. Les deux hommes faisaient partie d’un groupe de quatre hommes visés par une procédure d’exécution imminente, selon Amnesty International.

    La semaine dernière, l’Iran a exécuté un jeune homme de 18 ans, Amirhossein Hatami, condamné dans la même affaire. Dans un rapport récent, Amnesty International recensait 11 cas de condamnations menacées d’exécution imminente pour leur participation au mouvement de contestation de janvier, réprimé dans le sang par les autorités de la République islamique.

    Ces hommes, soulignaient l’organisation de défense des droits humains, ont été « soumis à des actes de torture et de mauvais traitements pendant leur détention » avant d’être condamnés lors de « procès iniques reposant sur des aveux extorqués ».

    06h27

    L’Iran affirme avoir abattu un avion américain qui cherchait le pilote

    Les Gardiens de la révolution iranienne déclarent qu’un avion américain qui participait aux opérations de recherche pour retrouver le pilote de F-15E porté disparu en Iran a été abattu dans la province d’Ispahan, rapporte l’agence de presse Tasnim.

    Le commandement de la police iranienne, cité par l’agence Nournews, déclare que l’appareil que l’Iran affirme avoir abattu est un avion ravitailleur C-130.

    06h20

    Les Etats-Unis ont secouru le pilote porté disparu en Iran

    Le pilote américain porté disparu dans le sud-ouest de l’Iran au lendemain de la destruction de son avion de combat par Téhéran a été secouru par les Etats-Unis, ont déclaré samedi soir à Reuters deux responsables de l’administration américaine.

    Sur Truth Social, le président américain Donald Trump a salué une opération de secours « parmi les plus audacieuses » de l’histoire militaire américaine, menée pour sauver cet officier. Il précise que le militaire a été blessé mais qu’il « s’en remettra très bien », et que l’intervention a mobilisé « des dizaines d’appareils ».

    « Ce courageux guerrier se trouvait derrière les lignes ennemies, dans les montagnes traîtresses d’Iran, traqué par nos ennemis qui se rapprochaient de plus en plus d’heure en heure, mais il n’a jamais été vraiment seul car son commandant en chef, le secrétaire à la défense, le chef d’état-major interarmées et ses compagnons d’armes surveillaient sa position vingt-quatre heures sur vingt-quatre et planifiaient avec diligence son sauvetage », a écrit le président américain.

    Il ajoute qu’un premier pilote avait déjà été secouru plus tôt, sans annonce officielle afin de ne pas compromettre la seconde mission. Les deux hommes étaient recherchés depuis le crash, en Iran, d’un chasseur-bombardier F-15E Strike Eagle, que l’armée iranienne affirme avoir abattu. Selon Donald Trump, il s’agirait d’une situation inédite : « la première fois […] que deux pilotes américains sont secourus, séparément, au cœur du territoire ennemi ».

    05h12

    Le Koweït fait état de sérieux dommages sur deux centrales électriques et deux usines de dessalement, après des frappes attribuées à l’Iran

    Dimanche matin, les autorités koweïtiennes ont indiqué que des frappes de drones attribuées à l’Iran avaient sérieusement endommagé deux centrales électriques ainsi que deux usines de dessalement, provoquant l’arrêt de certaines capacités de production d’électricité. La Kuwait Petroleum Corporation a également signalé qu’un de ses complexes pétroliers situé dans le quartier de Shuwaikh, à Koweït City, avait été visé par des drones, déclenchant un incendie, causant des dégâts matériels et entraînant l’évacuation du site. Aucune victime n’a été rapportée, ont précisé la compagnie et le ministère koweïtien de l’Électricité, de l’Eau et des Énergies renouvelables dans un communiqué conjoint.

    Samedi soir, un immeuble regroupant plusieurs ministères au Koweït a été lourdement endommagé par une attaque de drone attribuée à l’Iran, selon le ministère des Finances. Le site abrite notamment les portefeuilles des Finances, de la Justice, de l’Industrie et du Commerce. Aucun blessé n’a été signalé, et les autorités ont indiqué que les employés travailleraient à distance le lendemain.

    03h20

    Deux centrales électriques hors service au Koweït après des frappes de drones iraniens

    Deux centrales électriques sont mises hors service après que des drones iraniens ont pris pour cible deux centrales électriques et de désalinisation d’eau au Koweït, provoquant d’importants dégâts, indique le ministère koweïtien de l’Electricité, de l’Eau et des Energies renouvelables.

    02h30

    Le fournisseur américain d’images satellites Planet annonce suspendre la diffusion d’images d’Iran à la demande des Etats-Unis

    L’entreprise américaine Planet Labs, spécialisée dans l’imagerie satellite, a annoncé samedi suspendre pour une durée indéterminée la diffusion d’images de « l’ensemble de l’Iran et les bases alliées à proximité, en plus des États du Golfe et des zones de conflit déjà existantes ». Elle affirme se conformer à une demande des autorités américaines.

    Habituellement, ces images sont accessibles quelques heures seulement après le passage des satellites, constituant une ressource clé pour les entreprises, les chercheurs, les journalistes, mais aussi, potentiellement, pour des acteurs militaires cherchant à cibler des installations telles que des bases ou des radars ennemis.

    L’entreprise indique qu’elle ne diffusera pas les images prises à partir du 9 mars, ou seulement « au cas par cas », notamment en cas d’urgence ou lorsque l’intérêt public le justifie, et qu’elle entend appliquer ces restrictions jusqu’à la fin du conflit.

    De son côté, Vantor, anciennement Maxar Technologies, autre acteur majeur du secteur, avait lui aussi fait état de limitations importantes dans la diffusion de ses images.

    01h24

    Israël a frappé le plus grand complexe pétrochimique iranien

    Samedi, Israël a frappé le principal complexe pétrochimique iranien, situé à Mahshahr, paralysant sa production, selon des responsables du ministère du Pétrole. Les bombardements ont notamment visé deux centrales électriques, Fajr 1 et Fajr 2, indispensables au fonctionnement de plus de 50 usines du site.

    Selon Hamed Shams, ces infrastructures sont essentielles, fournissant aussi de l’électricité à environ 500 000 habitants de la province du Khuzestan. L’armée israélienne affirme avoir ciblé des installations liées à la fabrication de matériaux utilisés pour des armements.

    Les médias iraniens évoquent une intensification récente des frappes israéliennes et américaines contre des infrastructures stratégiques du pays. Le complexe de Bandar Imam, l’un des plus importants du pays, représente un pilier économique majeur, produisant des millions de tonnes de produits pétrochimiques chaque année et faisant vivre une large population locale.

    D’après des responsables iraniens, l’arrêt total du site constitue un choc économique majeur, avec une remise en service pouvant prendre jusqu’à deux ans. Les autorités locales, dont le gouverneur Seyed Mohammadreza Mavalizadeh, font état de cinq morts et 170 blessés. D’autres installations du complexe ont été touchées, entraînant son évacuation.

    00h02

    L’Iran rejette le nouvel ultimatum de Donald Trump

    Samedi soir, les forces armées iraniennes ont opposé une fin de non-recevoir au nouvel ultimatum lancé par Donald Trump, qui réclamait la réouverture du détroit d’Ormuz dans un délai de quarante-huit heures. Elles ont qualifié de « stupides » les menaces du président américain, lequel avait évoqué la possibilité de « déchaîner les enfers » contre l’Iran.

    Selon le général Ali Abdollahi, chef du commandement des forces armées iraniennes, le dirigeant américain, décrit comme « agressif et belliqueux », aurait réagi à une série d’échecs en adoptant une posture « impuissante, instable, énervée et stupide », se traduisant par des menaces visant « les infrastructures et les biens » iraniens. Ces propos ont été rapportés par la télévision d’État via Telegram.

    23h44

    Les Houthis du Yémen revendiquent le tir d’un missile vers Israël

    Les rebelles houthistes du Yémen, alliés de l’Iran dans le conflit qui l’oppose aux États-Unis et à Israël, ont affirmé être à l’origine d’une attaque contre l’Etat hébreu. Dans un message vidéo diffusé par leur porte-parole sur X, ils indiquent avoir visé plusieurs sites militaires jugés « sensibles » ainsi que l’aéroport de Tel-Aviv.

    Plus tôt dans la journée, l’armée israélienne avait fait savoir qu’un missile tiré depuis le Yémen en direction du territoire israélien avait été repéré, ajoutant que ses dispositifs de défense aérienne étaient en train d’être déployés afin de l’intercepter. Ce tir constitue le cinquième enregistré depuis le Yémen depuis le déclenchement de la guerre.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-les-etats-unis-ont-secouru-le-pilote-porte-disparu-en-iran-3GRCIO5VDJHQPM6VDLVOQYRIII/

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    Publish date : 2026-04-05 07:32:00

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  • Placements : nos conseils pour bien investir avec 100 000 euros en poche

    Percevoir 100 000 euros n’est pas donné à tout le monde et résulte souvent d’une donation, d’un héritage ou encore d’une vente immobilière. Une telle somme peut changer la donne pour un foyer aux revenus modestes en assurant un matelas de sécurité confortable, sans pour autant révolutionner du tout au tout un train de vie. Elle permet cependant de diversifier ses placements.

    Ouvrez une seconde enveloppe financière

    L’assurance-vie est souvent le premier contrat d’épargne de long terme souscrit par les épargnants, mais l’enveloppe ouverte avec ses premières économies n’est plus forcément celle qui conviendra quelques années plus tard. Faites donc le point et évaluez la qualité de votre contrat actuel. « Dans certains cas, ajouter un deuxième contrat peut être pertinent si le premier ne remplit pas tous les critères », estime Aymeric Richard, fondateur du cabinet de gestion de patrimoine Chartrons Patrimoine. Tel est le cas notamment si le rendement du fonds en euros est de mauvaise facture ou si le choix des unités de compte est trop limité.

    Vous pouvez aussi vous poser la question de privilégier un compte-titres. Bien qu’il ne dispose pas des atouts fiscaux de l’assurance-vie, il présente l’avantage d’être bien moins cher et de donner accès à tous les produits financiers sans restriction. « La meilleure stratégie reste d’y loger un ETF MSCI World, exposé aux 2 000 plus grosses sociétés cotées dans les pays développés, indique Pierre-Marie de Forville, fondateur d’iVesta Family Office. Cela permet de cibler une performance moyenne de 7 % par an sur les dix prochaines années. » Cela suppose néanmoins de faire preuve d’une certaine tolérance au risque, faute de quoi il vous faudra panacher avec d’autres supports, notamment obligataires.

    Diversifiez vos placements boursiers

    Avec quelques milliers d’euros, dont une partie placée sur un fonds en euros, les options sont limitées pour investir en Bourse. « Avec 100 000 euros, il devient possible de diversifier davantage son allocation », pointe Stéphane de Vaulx, directeur développement commercial et marketing chez Meeschaert. Un conseil valable sur un plan géographique en répartissant ses capitaux sur les différentes zones, dont l’Europe et les Etats-Unis, sans oublier les pays émergents ou le Japon. « Il est aussi intéressant de s’intéresser aux petites et moyennes capitalisations, souvent moins exposées aux aléas géopolitiques et dont les valorisations demeurent attractives », mentionne Stéphane de Vaulx.

    Enfin, vous pouvez opter pour quelques produits structurés, qui permettent de s’exposer aux marchés financiers avec une protection, pour un poids maximum de 20 % répartis sur plusieurs véhicules. « Ces derniers apportent un rendement supérieur à celui des obligations avec un niveau de risque supérieur, atténué toutefois par une protection ou une garantie du capital à l’échéance, selon la formule utilisée », résume Jean-Patrice Prudhomme, directeur produits et solutions de Milleis Banque Privée. Il en existe de toute sorte, avec des objectifs de rendement annuel allant de 6 à 12 %, assorti d’une protection à l’échéance contre une baisse des marchés de l’ordre de 40 à 50 %.

    Initiez-vous au non coté

    L’investissement dans les entreprises non cotées est désormais possible avec seulement quelques milliers d’euros. Des fonds adaptés aux contraintes de l’assurance-vie ont vu le jour pour permettre à tout un chacun d’accéder à cette classe d’actifs. Ces nouveaux supports présentent des caractéristiques communes : une durée de vie perpétuelle, la possibilité de souscrire à n’importe quel moment dans la vie du fonds et des fenêtres de sortie régulières pour les épargnants désireux de récupérer leur mise.

    Pour cela, ces produits intègrent généralement une part importante de liquidités – de l’ordre de 30 % -, ce qui réduit leurs perspectives de performance. Ils permettent néanmoins d’initier un investissement en private equity sans que ce dernier ne dépasse 5 à 10 % maximum du patrimoine. « Il faut rester prudent quant à la promesse de liquidité de ces fonds car la nature des actifs dans lesquels ils investissent ne l’est pas, souligne toutefois Stéphane de Vaulx. Lors de moments de fortes tensions, quand tout le monde veut sortir, la mécanique peut se gripper. » Certains assureurs ont d’ailleurs prévu dans leur contrat la possibilité de bloquer les capitaux en cas de crise.

    Défiscalisez avec le PER

    Si vous n’avez pas encore franchi le cap, il peut être temps de souscrire un plan d’épargne retraite (PER). Plus souple que les anciens dispositifs, il permet d’épargner librement avec, à la sortie, un choix entre capital et rente, tout en offrant un avantage fiscal immédiat grâce à la déduction des versements du revenu imposable. En contrepartie, vous ne pourrez récupérer votre épargne qu’à la retraite ou pour faire face à un accident de la vie.

    C’est pourquoi les professionnels ne recommandent le PER qu’aux contribuables dont le taux marginal d’imposition atteint au moins 30 %. La générosité de l’Etat ayant ses limites, la déductibilité est limitée par votre plafond d’épargne retraite. Pour les salariés, ce dernier s’élève à 10 % de vos revenus 2025, ces derniers étant plafonnés à 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. Mais vous pouvez récupérer les plafonds des années passées non utilisés sachant qu’il est désormais possible de remonter jusqu’à cinq ans en arrière. Attention : l’avantage fiscal est repris à la sortie et vos retraits seront imposés. Cette stratégie est donc particulièrement pertinente pour les personnes dont les revenus vont baisser à la sortie de la vie active.

    N’oubliez pas le marché de l’art

    Nul besoin d’avoir la fortune de Bernard Arnault pour s’intéresser à la photo, aux bijoux ou aux dessins. Si votre patrimoine est déjà bien établi, pourquoi ne pas conjuguer placement et plaisir avec un investissement passion ? Deux options s’offrent à vous. Si vous êtes déjà connaisseur, commencez avec de petits achats le temps de perfectionner votre œil. A défaut, reposez-vous sur un intermédiaire. La société Matis propose par exemple à une communauté d’investisseurs de se réunir pour acheter des œuvres bien établies. Vous n’en verrez pas la couleur, mais pourrez engranger une belle plus-value à la revente. Le ticket d’entrée s’élève à 20 000 euros.



    Source link : https://www.lexpress.fr/argent/placements/placements-nos-conseils-pour-bien-investir-avec-100-000-euros-en-poche-4JTPO3RR4ZFUFKLXZDIJKEXKGQ/

    Author : Aurélie Fardeau

    Publish date : 2026-04-04 08:00:00

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  • Claudine Grammont : « Le dernier Matisse est un autre Matisse »


    Plus de 300 œuvres réunies pour raconter une période foisonnante qui s’apparente à un moment de grâce : au Grand Palais, l’exposition Matisse 1941-1954, coproduite par le Centre Pompidou, éclaire, avec une ampleur inédite, les dernières années d’un artiste que la maladie contraint, mais que l’invention libère. Dessins au trait épuré, gouaches découpées aux couleurs franches, livres illustrés, textiles, vitraux : le parcours, dense, montre comment il renouvelle son geste et son espace de travail. Entre Vence et Nice, loin d’un sombre crépuscule, ces années forment un laboratoire d’audaces qui influenceront durablement l’art moderne. Conservatrice au Musée national d’art moderne, cheffe du cabinet d’art graphique de Pompidou, la commissaire Claudine Grammont revient pour L’Express sur la manière dont cet ultime Matisse parle puissamment au présent.

    L’Express : Qu’est-ce qui provoque chez Matisse cette urgence de création au début de la décennie 1940 alors qu’il est déjà un septuagénaire avancé ?

    Claudine Grammont : En 1941, il subit une intervention chirurgicale à Lyon, avec des complications, qui le laisse très diminué. Il échappe de peu à la mort. En outre, ses médecins ne sont pas très optimistes sur le temps qu’il lui reste à vivre. Tout cela fait qu’il sort de là avec un regard différent sur le monde. Il dira lui-même par la suite que son opération lui a « équilibré l’esprit – clarifié les idées ».

    Claudine Grammont, cheffe du cabinet d’art graphique au Centre Pompidou et commissaire de l’exposition.

    On associe souvent ses dernières années aux gouaches découpées : comment a-t-il transformé cette technique en un véritable langage artistique ?

    Les gouaches découpées apparaissent un peu plus tôt, dans les années 1930, mais c’est vraiment au cours de la décennie 1940, et en particulier à partir de la maquette qu’il réalise pour l’album Jazz, que cette technique va devenir un mode d’expression autonome. Je pense que ce n’était pas quelque chose de prémédité au départ. C’est en travaillant sur Jazz, en 1943 et 1944, que Matisse comprend qu’il est en train de s’approprier vraiment la gouache découpée. On y voit déjà les premières formes d’inspiration végétale qui se rapportent à son voyage en Océanie. Toute une invention se fait jour sur ces planches, où il utilise aussi les contreformes, c’est-à-dire les chutes du découpage.

    On peut dire que Jazz fait office de laboratoires aux grands découpages qui suivront ?

    Oui, dans ce format relativement modeste de l’album, un langage s’est mis en place. Et dans les années qui suivent, Matisse donne libre cours à son inspiration en composant de grands panneaux décoratifs à même les murs de son appartement parisien de Montparnasse, puis en recouvrant de petites gouaches découpées, réalisées sur le vif, l’intérieur de son atelier de Vence, dans le Midi.

    Henri Matisse, « Le Cauchemar de l’éléphant blanc », fin octobre-début novembre 1943. Planche originale de l’album « Jazz » (Paris, Tériade, 1947).

    C’est d’ailleurs ici, à Vence, qu’il franchit ensuite une nouvelle étape avec le projet de la chapelle du Rosaire, qu’il conçoit comme une œuvre d’art totale, avec la réalisation de tous les éléments de décor, jusqu’au mobilier et aux vêtements liturgiques. Il travaille les vitraux à partir de maquettes à l’échelle 1 en papiers gouachés découpés qui occupent toute la hauteur du mur de son atelier parce qu’il veut vraiment appréhender l’espace dans lequel l’œuvre va être installée. Avec la chapelle, les gouaches découpées prennent une dimension monumentale qui va, au fil des commandes qu’il reçoit, perdurer jusqu’à sa mort.

    Comment ces œuvres s’inscrivent-t-elles dans le contexte historique de l’époque : guerre et immédiate après-guerre ?

    Matisse passe la majeure partie de la guerre à Nice. A la suite de son opération, il est beaucoup moins mobile. En outre, il refuse d’exposer en France et il est d’ailleurs considéré comme un artiste dégénéré par les nazis. Son principal médium de diffusion, ce sont les livres qu’il conçoit, comme Dessins. Thèmes et variations, préfacé par Aragon, au moment où celui-ci est en train de monter son réseau de résistance. Sous sa plume, Matisse devient une figure de liberté et d’espoir dans son pays, puis à New York, dans le petit milieu des exilés, par l’intermédiaire de son fils Pierre Matisse. A la fin de la guerre, ses œuvres sont accrochées au Salon d’automne qu’on appelle alors le « Salon de la Libération ». Il y a aussi la fameuse exposition à la galerie Maeght, où sont révélées les œuvres peintes pendant la guerre. Elle marque les esprits et consacre Matisse en symbole de la paix.

    Henri Matisse, « Nu bleu I », 1952. Au Grand Palais, les quatre « Nus bleus » de la série sont accrochés côte à côte pour la première fois.

    Peut-on encore surprendre avec une exposition sur Matisse, ce monument de l’histoire de l’art qui appartient à la mémoire collective ?

    Oui, en montrant ce qui ne l’a jamais été. En France, c’est la première fois qu’une exposition se consacre intégralement à la période de création 1941-1954. Et surtout, on y voit réunies l’ensemble des gouaches découpées monumentales, ce qui n’avait pas été fait depuis 1961. Cela permet de cerner en profondeur comment cet artiste, à partir de ses 70 ans, va totalement se renouveler avec une œuvre prolifique, immersive, qui emmène le visiteur par sa dimension spectaculaire. Je crois qu’en France, on voit plutôt Matisse comme un peintre de chevalet. Là, c’est un autre Matisse.

    A LIRE :

    Matisse, par Claudine Grammont et Ellen McBreen, Citadelles Mazenod, 2025.

    Matisse, 1941-1954, catalogue, sous la dir. de Claudine Grammont, coédition Centre Pompidou-GrandPalaisRmnEditions, 2026.

    Matisse, le rêve absolu, BD, par Julie Birmant & Jörg Mailliet, coédition Centre Pompidou-Les Arènes, 2026.

    Matisse. Plein soleil, roman graphique, par Stéphane Manel, coédition Arte-Seghers, 2026.



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/art/claudine-grammont-le-dernier-matisse-est-un-autre-matisse-XCIPNBNFURCQRCBUIVROCUQUPQ/

    Author : Letizia Dannery

    Publish date : 2026-04-04 08:30:00

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  • Avion abattu en Iran : ce que l’on sait du pilote américain toujours porté disparu

    L’Iran et les Etats-Unis sont engagés depuis le vendredi 3 avril dans une course contre la montre. Téhéran et Washington entendent retrouver l’un des deux occupants du premier avion américain à s’être écrasé sur le territoire iranien depuis le début de la guerre, un F-15E biplace.

    Au total, ce sont deux avions de combat américains, un F-15E biplace en Iran et un A-10 Warthog au-dessus du Koweït, qui ont été abattus par les forces iraniennes vendredi. Le deuxième pilote du F-15 et le pilote du A-10 ont été secourus par les Américains.

    Un pilote retrouvé

    Une opération de sauvetage a été lancée par l’armée américaine pour récupérer l’équipage de l’avion abattu. Plusieurs médias américains, dont le New York Times ainsi que CNN ou encore la chaîne américaine CBS, citant des sources proches du dossier ou des responsables américains et israéliens non identifiés, affirment que l’un des deux pilotes de l’avion a été secouru par les forces américaines. Aucune source officielle ne l’a cependant confirmé à ce stade.

    La télévision d’État iranienne a diffusé des images qu’elle décrit comme étant celles de l’avion américain abattu. L’armée iranienne a qualifié l’avion abattu de F-35, un monoplace. Mais, selon William Goodhind, analyste d’images chez Contested Ground interrogé par Reuters, les clichés montrant des débris présumés de l’avion abattu diffusés sur les réseaux sociaux correspondent à celles d’un F-15E. La chaîne CNN, qui a analysé les images diffusées par la télévision d’État iranienne montrant entre autres un siège éjectable au sol, confirme que le modèle semble correspondre à un F-15.

    Un autre pilote toujours recherché

    Les opérations de recherche pour retrouver le membre d’équipage américain porté disparu sont toujours en cours ce samedi, selon un responsable régional iranien, cité par le média iranien Nournews.

    Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique a déclaré qu’il passait au peigne fin une zone située près du lieu où l’avion s’est écrasé, dans le sud-ouest de l’Iran, alors qu’une récompense a été offerte à toute personne qui capturerait les survivants, avant que le premier pilote ne soit retrouvé. « Si vous capturez le ou les pilotes ennemis et les remettez vivants aux forces de l’ordre et aux forces armées, vous recevrez une généreuse prime et une récompense de grande valeur », indique un communiqué de la police iranienne lu à l’antenne vendredi.

    Les agences de presse iraniennes ont fait état d’hélicoptères américains volant à basse altitude dans la zone où s’est écrasé l’avion, et ont diffusé des vidéos montrant des habitants tirant sur les engins américains. Deux hélicoptères américains Blackhawk qui participaient aux opérations de recherches pour retrouver ce pilote porté disparu ont été pris pour cible par des tirs iraniens, ont déclaré à Reuters deux responsables américains. Ces opérations de recherche ont également mobilisé un avion ravitailleur volant à basse altitude, selon le quotidien britannique The Telegraph.

    Un tournant dans le conflit ?

    La sénatrice Tammy Duckworth, ancienne pilote d’hélicoptère de l’armée qui a perdu ses deux jambes et une partie de l’usage de son bras droit lorsqu’une roquette a touché son hélicoptère Black Hawk pendant la guerre d’Irak, a publié une déclaration plaidant pour la récupération du pilote américain porté disparu, rapporte The New York Times. « En tant que personne abattue derrière les lignes ennemies, mes pensées vont aux membres d’équipage et à leurs proches qui attendent des réponses », a-t-elle déclaré sur les réseaux sociaux. « C’est un soulagement qu’un militaire ait été retrouvé et secouru, et je suis reconnaissant envers ceux qui risquent leur vie pour rechercher celui qui est toujours porté disparu. »

    La Maison-Blanche a affirmé vendredi que Donald Trump a été « tenu informé » de la situation, sans toutefois donner de détail sur la suite des opérations. Le président américain était incapable de dire quelle serait la réponse des Etats-Unis si le membre d’équipage de l’avion abattu encore porté disparu venait à être blessé ou capturé, rapporte The Independent. « J’espère que ça n’arrivera pas », a-t-il déclaré à The Independent. La destruction d’un avion de chasse américain ne va pas altérer les discussions pour mettre fin à près d’un mois de conflit avec l’Iran, a également estimé le président américain, cité par NBC News après un bref entretien téléphonique avec la chaîne de télévision américaine.

    De son côté, le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, a ironisé dans un message sur X sur une guerre dont l’objectif a été « rétrogradé d’un changement de régime » à la traque d’un pilote.

    Selon le Commandement central américain, 13 soldats américains ont perdu la vie depuis le début du conflit, et 300 autres ont été blessés. Ces pertes, célébrées par la propagande iranienne, mettent en évidence les risques auxquels restent exposés les avions américains et israéliens malgré la puissance de feu déployée par les deux pays dans la région depuis le début de la guerre et les affirmations de Donald Trump et de son secrétaire à la Défense Pete Hegseth selon lesquelles Washington a la maîtrise totale du ciel iranien. La perspective d’une éventuelle capture d’un pilote américain par les forces iraniennes pourrait peser lourd sur la dynamique politique aux Etats-Unis, où le conflit est désapprouvé par une large majorité de l’opinion.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/avion-de-chasse-americain-abattu-au-dessus-de-liran-ce-que-lon-sait-OGCCGDRQPRHZ7F2QCE3ELF7NS4/

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    Publish date : 2026-04-04 09:37:00

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  • Le temps presse » : Donald Trump donne 48 heures à l’Iran pour conclure un accord avant de « déchaîner les enfers sur eux


    Les forces iraniennes recherchent un pilote américain porté disparu dans le sud-ouest de l’Iran après la destruction, samedi, de son avion de combat, une première depuis le début du conflit au Moyen-Orient il y a cinq semaines. Au total, ce sont deux avions de combat américains, le F-15E biplace en Iran et un A-10 Warthog au-dessus du Koweït, qui ont été abattus par les forces iraniennes. Le deuxième pilote du F-15 et le pilote du A-10 ont été secourus par les Américains.

    La traque iranienne pour retrouver ce chasseur disparu suscite des préoccupations à Washington quant au risque que ce pilote soit capturé, offrant ainsi à l’Iran un levier stratégique qu’il pourrait utiliser pour exercer une pression sur les États-Unis. L’Iran pourrait ainsi négocier directement avec les États-Unis, en exigeant des concessions en échange de la libération discrète du membre d’équipage.

    Les médias d’État iraniens ont déclaré montrer des débris d’un avion américain abattu sur cette photo qui aurait été prise dans le centre de l’Iran et publiée le 3 avril 2026. IRIB/Document fourni via REUTERS / Reuters n’a pas été en mesure de confirmer le lieu ni la date à laquelle les photos ont été prises. -La bande rouge visible sur la dérive de l’avion sur les photos correspond à la partie arrière d’un F-15E Strike Eagle visible sur des photos d’archives.

    18h16

    L’Iran annonce que l’Irak serait exempté de toute restriction de transit par Ormuz

    Le commandement militaire central iranien a annoncé que l’Irak serait exempté de toute restriction de transit par le détroit d’Ormuz, rapportent les médias iraniens. Le commandement militaire conjoint iranien Khatam al-Anbiya a déclaré samedi que l’Irak serait exempté de toute restriction de transit par le détroit d’Ormuz, selon les médias iraniens, signalant un traitement préférentiel pour Bagdad alors que Téhéran renforce son contrôle sur cette voie maritime stratégique dans un contexte de tensions régionales croissantes.

    18h11

    Frappes sur des infrastructures civiles en Iran : l’effet boomerang pour Donald Trump

    Un immeuble détruit par une frappe israélienne à Téhéran, le 14 mars 2026.Un immeuble détruit par une frappe israélienne à Téhéran, le 14 mars 2026.

    Des frappes israélo-américaines menées en Iran ont touché cette semaine des établissements de santé et des ponts, essentiels pour la population. Cette stratégie militaire pourrait s’avérer contre-productive si elle devait renforcer le nationalisme iranien face à l’agression extérieure perçue.

    >>> Pour approfondir

    16h30

    Donald Trump donne 48 heures à l’Iran pour conclure un accord avant de « déchaîner les enfers sur eux »

    Donald Trump a lancé ce samedi un nouvel ultimatum à l’Iran, lui accordant « 48 heures » pour parvenir à un accord avec Washington ou rouvrir le détroit d’Ormuz, faute de quoi les États-Unis promettent de « déchaîner les enfers sur eux ».

    Sur sa plateforme Truth Social, le président américain a écrit : « Vous vous souvenez quand j’ai donné 10 jours à l’Iran pour CONCLURE UN ACCORD ou ROUVRIR LE DETROIT D’ORMUZ. Le temps presse : dans 48 heures, nous déchaînerons les enfers sur eux. »

    Quelques jours plus tôt, le 26 mars, Donald Trump avait déjà fixé à Téhéran un délai de dix jours pour rouvrir le détroit d’Ormuz, une voie maritime essentielle pour l’économie mondiale, fermée par l’Iran depuis le début du conflit. Cet ultimatum doit expirer « lundi 6 avril à 20 heures, heure de Washington ». En cas de non-respect, le président américain avait alors menacé de s’en prendre aux centrales électriques iraniennes.

    Au cours des derniers jours, le président a adopté une position fluctuante concernant le détroit. Dans un premier temps, il a relativisé le rôle des États-Unis, estimant que la responsabilité de sa réouverture revenait avant tout aux autres pays. Il a par ailleurs affirmé que le détroit finirait par être rouvert de lui-même, tout en soulignant qu’il refuserait tout cessez-le-feu tant que cette réouverture n’aurait pas eu lieu.

    15h16

    L’Irak ferme le point de passage commercial clé de Shalamcheh avec l’Iran après des frappes aériennes

    L’Irak a fermé le point de passage frontalier de Shalamcheh avec l’Iran après que des frappes aériennes du côté iranien ont tué un citoyen irakien, ont indiqué samedi des sources sécuritaires, coupant ainsi une voie d’approvisionnement vitale. Ce point de passage constitue l’une des principales voies d’importation de légumes et autres produits alimentaires en provenance d’Iran vers l’Irak, selon des commerçants et des responsables des services frontaliers. Toute interruption prolongée pourrait rapidement perturber l’approvisionnement des marchés locaux.

    Selon ces sources, au moins cinq Irakiens ont été grièvement blessés lors des frappes, qui ont touché une zone d’accueil des passagers du côté iranien. La police irakienne a récupéré le corps d’un homme, tandis que les blessés ont été transportés à l’hôpital, la plupart dans un état critique.

    Quelques heures après les frappes près de Shalamcheh, les autorités frontalières irakiennes ont également brièvement interrompu le trafic au point de passage de Safwan avec le Koweït après avoir signalé des explosions du côté koweïtien, ont indiqué des responsables irakiens de la sécurité et des frontières.

    Les autorités ont ajouté avoir vu des drones survoler la zone quelques instants avant les explosions.

    14h43

    L’Iran affirme qu’un nouveau système de défense aérienne a été utilisé pour cibler un avion de chasse américain

    L’Iran a utilisé vendredi un nouveau système de défense aérienne pour cibler un avion de chasse américain, a déclaré samedi le commandement militaire conjoint iranien Khatam al-Anbiya.

    Un porte-parole du commandement militaire conjoint a déclaré que le pays « obtiendrait assurément le contrôle total » de son espace aérien, selon les médias d’État iraniens.

    13h55

    L’Iran a frappé un navire lié à Israël dans le détroit d’Ormuz

    L’Iran a frappé à l’aide d’un drone un navire lié à Israël dans le détroit d’Ormuz, déclenchant un incendie, déclare le commandant de la marine des Gardiens de la révolution sur X.

    13h48

    « Nous craignons que les exécutions ne soient éclipsées par la guerre » : les condamnations à mort en hausse en Iran, en toute discrétion

    Des membres de la police iranienne à Téhéran, le 12 janvier 2026.Des membres de la police iranienne à Téhéran, le 12 janvier 2026.

    Le régime iranien a longtemps utilisé la peine de mort pour réprimer la dissidence. Il semble désormais dissimuler des informations sur l’exécution de prisonniers, selon des organisations de défense des droits humains.

    >>> Pour en savoir plus

    13h10

    Israël appelle des habitants de la ville de Tyr, dans le sud du Liban, à évacuer

    Un homme se tient devant un bâtiment endommagé, au lendemain d'une frappe israélienne, alors que les hostilités s'intensifient entre Israël et le Hezbollah et que le conflit américano-israélien avec l'Iran se poursuit, à Tyr, au Liban, le 4 avril 2026. REUTERS/Adnan AbidiUn homme se tient devant un bâtiment endommagé, au lendemain d’une frappe israélienne, alors que les hostilités s’intensifient entre Israël et le Hezbollah et que le conflit américano-israélien avec l’Iran se poursuit, à Tyr, au Liban, le 4 avril 2026. REUTERS/Adnan Abidi

    Samedi, l’armée israélienne a de nouveau exhorté les habitants de plusieurs quartiers de la ville de Tyr, dans le sud du Liban, à évacuer, signalant qu’elle se préparait à intervenir contre le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran.

    Dans un message diffusé sur Telegram, le colonel Avichay Adraee, porte-parole de l’armée en arabe, a lancé un « avertissement urgent aux habitants » de Tyr et d’autres localités alentour, invitant les civils à se diriger vers le nord du fleuve Zahrani, à plusieurs dizaines de kilomètres de la frontière israélo-libanaise.

    Quelques instants plus tôt, un hôpital de Tyr, importante ville côtière inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, avait été touché par deux frappes aériennes israéliennes visant des bâtiments voisins, selon des sources locales.

    12h38

    L’Iran « n’a jamais refusé les pourparlers avec les Etats-Unis », selon le ministre iranien des Affaires étrangères

    Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, le 5 octobre 2025 à TéhéranLe ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, le 5 octobre 2025 à Téhéran

    Dans un message sur X, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, remercie le Pakistan pour ses efforts de médiation et déclare que l’Iran n’a jamais refusé de se rendre à Islamabad pour des pourparlers indirects avec les Etats-Unis.

     » Ce qui nous importe, ce sont les modalités d’une fin définitive et durable à cette guerre illégale qui nous a été imposée », dit-il.

    12h17

    L’Iran autorise le passage par le détroit d’Ormuz de navires transportant des biens essentiels à destination des ports iraniens

    L’Iran autorise le passage par le détroit d’Ormuz de navires transportant des biens essentiels à destination des ports iraniens, rapporte l’agence de presse Tasni. Ces navires, y compris ceux qui se trouvent actuellement dans le golfe d’Oman, doivent se coordonner avec les autorités et se conformer aux protocoles établis pour franchir le passage, précisent une lettre des autorités citée par Tasnim.

    11h49

    Giorgia Meloni en visite au Qatar après l’Arabie saoudite

    La Première ministre italienne Giorgia Meloni arrive à Doha, au Qatar, le 4 avril 2026. Agence de presse du Qatar/Photo fournie par REUTERS.La Première ministre italienne Giorgia Meloni arrive à Doha, au Qatar, le 4 avril 2026. Agence de presse du Qatar/Photo fournie par REUTERS.

    La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, s’est rendue de manière inattendue au Qatar, au lendemain de son déplacement en Arabie saoudite où elle avait rencontré le dirigeant de facto du royaume. Cette visite constitue la première d’un chef d’État ou de gouvernement issu d’un pays membre de l’Union européenne ou de l’OTAN dans la région du Golfe persique depuis le début du conflit, le 28 février.

    Très dépendante des importations d’énergie, l’Italie fait face aux répercussions de la crise énergétique mondiale. Dans ce contexte, le gouvernement dirigé par Giorgia Meloni a annoncé vendredi la prolongation des baisses des taxes d’accise sur les carburants.

    11h37

    Avion abattu en Iran : ce que l’on sait du pilote américain toujours porté disparu

    Un avion F-15E Strike Eagle de l'armée de l'air américaine décolle pour une mission dans le cadre de l'opération « Epic Fury » pendant la guerre en Iran, depuis un site tenu secret, le 9 mars 2026. Armée de l'air américaine/Photo fournie via REUTERSUn avion F-15E Strike Eagle de l’armée de l’air américaine décolle pour une mission dans le cadre de l’opération « Epic Fury » pendant la guerre en Iran, depuis un site tenu secret, le 9 mars 2026. Armée de l’air américaine/Photo fournie via REUTERS

    Un avion de chasse américain, probablement un F-15E biplace, s’est écrasé vendredi en Iran, une première depuis le début du conflit. Un pilote a été retrouvé, selon la presse américaine. Les opérations de recherche pour retrouver l’autre membre d’équipage porté disparu sont toujours en cours ce samedi.

    >>> Pour approfondir

    11h28

    Un mort dû à la chute d’un projectile à proximité de la centrale nucléaire de Bouchehr

    L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dit avoir été informée par l’Iran de la chute d’un projectile à proximité de la centrale nucléaire de Bouchehr dans la matinée. Dans un message sur le réseau social X, l’AIEA précise qu’un membre de l’équipe de sécurité du site a été tué et qu’un bâtiment a été touché par des débris et l’onde de choc de l’explosion. « Aucune augmentation des niveaux de radiation n’a été signalée », ajoute-t-elle.

    Son directeur, Rafael Mariano Grossi, s’est dit profondément préoccupé par cet incident sur les réseaux sociaux, rappelant que les centrales nucléaires ainsi que leurs abords ne doivent en aucun cas être pris pour cible, afin d’éviter tout risque d’accident nucléaire.

    10h01

    Un deuxième navire appartenant à un armateur turc a traversé le détroit d’Ormuz

    « Au moment du déclenchement du conflit, 15 navires appartenant à des armateurs turcs étaient concernés (…). Parmi eux, deux ont réussi à passer », a déclaré samedi le ministre turc des Transports, Abdulkadir Uraloglu, lors d’un entretien accordé à la chaîne privée CNN Türk. « Cette situation s’explique à la fois par nos démarches et par le fait que ces navires faisaient escale dans des ports iraniens ou transportaient des cargaisons en provenance ou à destination de l’Iran », a précisé le ministre turc sans indiquer à quelle date le second navire avait effectué la traversée. Un premier bâtiment appartenant à un armateur turc avait franchi le détroit d’Ormuz « avec l’autorisation de l’Iran » le 13 mars.

    9h36

    Iran : des explosions entendues sur un site pétrochimique

    L’agence de presse iranienne Fars rapporte que plusieurs explosions ont été entendues dans la zone industrielle pétrochimique de Mahchahr, dans la province du Khouzistan dans le sud-ouest de l’Iran.

    9h34

    Cinq pays européens appellent à la création d’un impôt exceptionnel sur les bénéfices des entreprises énergétiques

    Les ministres des Finances de cinq Etats membres de l’Union européenne (Allemagne, Autriche, Espagne, Italie, Portugal) plaident en faveur de la création d’un impôt exceptionnel sur les bénéfices des entreprises énergétiques en réaction à la hausse des prix du pétrole déclenchée par la guerre au Moyen-Orient, dans une lettre à la Commission que Reuters a consultée.

    8h45

    Iran : les Gardiens de la révolution ont-ils déjà pris le pouvoir ?

    ©Icana/ZUMAPRESS.com/MAXPPP - February 1, 2026, Tehran, Iran: Iranian lawmakers wearing Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC) uniforms chant slogans during a session of parliament in Tehran. (Credit Image: © Icana via ZUMA Press Wire)


 (MaxPPP TagID: maxnewsfrsix181237.jpg) [Photo via MaxPPP]©Icana/ZUMAPRESS.com/MAXPPP – February 1, 2026, Tehran, Iran: Iranian lawmakers wearing Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC) uniforms chant slogans during a session of parliament in Tehran. (Credit Image: © Icana via ZUMA Press Wire)

    (MaxPPP TagID: maxnewsfrsix181237.jpg) [Photo via MaxPPP]

    La stratégie de guerre d’usure élaborée par le bras armé du régime a tenu face aux frappes israélo-américaines. Au point de renforcer son influence.

    >>> Retrouvez notre analyse

    8h15

    Israël mène de nouvelles frappes aériennes sur Téhéran

    L’armée israélienne a indiqué samedi avoir conduit, la veille, plusieurs frappes aériennes sur Téhéran, la capitale iranienne. Ces opérations ont notamment visé des installations de défense antiaérienne ainsi qu’un dépôt de missiles balistiques situé en périphérie de la ville.

    Par ailleurs, les États-Unis et Israël ont tous deux mené des bombardements contre des sites liés aux missiles et aux drones, dans le but de réduire les capacités militaires de l’Iran. D’après les services de renseignement américains, cet objectif n’aurait pas encore été atteint.

    7h45

    Meir Dagan, l’homme qui a fait du Mossad un bulldozer contre l’Iran : « Il mesurait les risques d’une guerre directe »

    Meir Dagan, directeur du Mossad, les services secrets israéliens, assiste à la réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense au Parlement, à Jérusalem, le 18 décembre 2006.Meir Dagan, directeur du Mossad, les services secrets israéliens, assiste à la réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense au Parlement, à Jérusalem, le 18 décembre 2006.

    L’ancien patron du service secret israélien a théorisé une guerre patiente et impitoyable contre Téhéran. Sa biographie sera publiée en français le 23 avril, aux éditions Novice.

    >>> Pour approfondir

    7h12

    Incendie dans le sud de l’Irak

    Un incendie s’est déclaré dans des entrepôts appartenant à des compagnies pétrolières étrangères à l’ouest de Bassorah, dans le sud de l’Irak après une attaque de drone, déclare des sources sécuritaires à Reuters.

    7h01

    L’Iran annonce l’exécution de deux hommes de l’opposition

    Les médias officiels iraniens annoncent l’exécution de deux hommes accusés d’être liés à l’Organisation des Moudjahidine du peuple, parti d’opposition iranien, et d’avoir mené des attaques armées.

    05h32

    La destruction du F-15E n’aura « aucune incidence sur les négociations », selon Trump

    Dans sa première prise de parole publique depuis l’abattage, vendredi, d’un chasseur américain au-dessus de l’Iran, le président Trump a choisi de ne pas se prononcer auprès de NBC News sur les opérations de recherche et de sauvetage visant à retrouver un membre d’équipage supposé avoir survécu et se trouvant toujours dans le pays. Il a en outre déclaré que la perte du F-15E n’aurait aucune répercussion sur les négociations en cours pour un cessez-le-feu avec l’Iran.

    04h12

    Un hélicoptère américain a été visé par l’Iran lors d’une mission de sauvetage de l’équipage américain abattu hier

    Vendredi soir, un hélicoptère UH-60 Black Hawk de l’US Air Force a été visé par des tirs iraniens lors d’une mission de sauvetage de l’équipage d’un F-15E Strike Eagle abattu, ont rapporté des responsables militaires américains et israéliens. Selon ces derniers, l’équipage a finalement réussi à ramener l’appareil en sécurité en Irak.

    03h27

    Les Iraniens fouillent la zone à la recherche du pilote américain

    Vendredi, les Gardiens de la révolution iraniens ont sécurisé et fouillé une zone où ils soupçonnaient la présence d’un aviateur américain dont le F-15E Strike Eagle a été abattu, ont indiqué trois responsables proches de l’opération. Les recherches ont été effectuées à la fois par des militaires et des habitants locaux, mais aucun survivant n’a été retrouvé. La zone en question se trouve dans la province de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad, dans le sud-ouest de l’Iran.

    02h31

    L’armée israélienne a commencé à frapper des sites du Hezbollah à Beyrouth, au Liban

    Plusieurs détonations ont été entendues samedi matin à Beyrouth, à la suite de l’annonce par Israël d’une nouvelle vague de frappes visant le Hezbollah dans la capitale libanaise. Selon l’agence nationale de presse libanaise, les frappes ont ciblé Dahiyé, dans la banlieue sud de la ville, un secteur sous contrôle de la milice soutenue par l’Iran.

    L’agence a également rapporté que d’autres bombardements israéliens avaient été menés dans différentes régions du pays au cours de la nuit. L’un d’eux, survenu à Maarka, une localité du district de Tyr, a fait au moins dix blessés.



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    Publish date : 2026-04-04 14:53:00

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  • Sommet « One Health » pour la santé mondiale : à Lyon, le monde apprend à soigner sans les Etats-Unis

    Avec ces coups de brosse à répétition, ces tests lumière qui n’en finissent pas, et de minutieux passages en revue chaque soir, cela faisait bien longtemps que le centre des congrès de Lyon n’avait pas été lustré, astiqué, chouchouté avec autant de soin. Il faut dire que l’établissement s’apprête à recevoir des personnalités on ne peut plus importantes : du 5 au 7 avril, le gratin de la santé mondiale défilera dans ses travées, à l’occasion du « One Health Summit », rendez-vous majeur en matière sanitaire.

    Durant trois jours, gouvernements et institutionnels déambuleront dans ces 24 000 mètres carrés en forme de soucoupe, en quête de confrères avec qui fourbir leurs arguments et parfaire leurs alliances. Organisé par la présidence française du G7, l’événement se veut un temps fort des discussions scientifiques internationales. Avec au menu entre les visites et les petits fours plusieurs sessions de délibérations entre chefs d’Etat pour réfléchir à la « gouvernance » sanitaire mondiale.

    Sur scène et en coulisse, Emmanuel Macron et les scientifiques de la délégation française tenteront de réaffirmer les principes de la santé « globale ». Chère à la France, et en plein essor les décennies passées, cette approche onusienne fait de la santé une problématique collective et environnementale. Pour réduire les risques de pandémies, et améliorer nos conditions de vies, il faudrait donc coopérer, et s’accorder sur des mesures qui prennent en compte les écosystèmes dans leur ensemble, de l’homme au règne animal.

    Coupes budgétaires et unilatéralisme sans foi ni loi

    Acclamée par les experts – l’extrême intrication des phénomènes sanitaires avec le climat et le vivant ne faisant aucun doute -, cette doctrine appelée One Health souffre pourtant des revirements géopolitiques actuels. Les coupes budgétaires, l’unilatéralisme sans foi ni loi, le retour des guerres et la montée des nationalismes ont brusquement ringardisé l’idée de se mettre d’accord sur des objectifs communs environnementaux et sanitaires passant, entre autres, par de l’entraide entre pays de différents niveaux de développement.

    Pionnier, autrefois leader, l’Ogre américain a été le premier à tirer sur l’ambulance. A peine arrivé au pouvoir, Donald Trump s’est retiré des instances de coopération sanitaire, OMS (Organisation mondiale de la santé) en tête, et a coupé l’accès à une partie de ses données de santé, mettant grandement à mal la vision sanitaire onusienne. A la fois patriarches et maîtres d’ouvrage de l’approche, les Américains sont d’un coup devenus les pires ennemis de la santé globale, entraînant, avec eux, d’importants bouleversements, et fragilisant jusqu’aux fondements même de la coopération internationale.

    Nerf de toute guerre, ce sont d’abord aux financements que les Etats-Unis s’en sont pris. En condamnant l’Agence américaine pour le développement (USAID), en juillet 2025, Donald Trump a coupé 83 % de ses programmes, 50 % des efforts nationaux en la matière. Mais il n’est pas le seul. Profitant du bruit et de la fureur, les principaux payeurs occidentaux, aux recettes moroses et au cap incertain, ont discrètement emboîté le pas. Selon une projection parue en février dans The Lancet Global Health, le Royaume-Uni, l’Allemagne, et la France devraient baisser leur contribution annuelle à ces budgets de 40, 36, et 18 % en 2026.

    Des coupes… sur les vies humaines

    Selon les auteurs du Lancet, affiliés à l’Institut de santé publique de Barcelone, les participations au développement, en grande partie utilisés pour faire de la santé globale, auraient ainsi chuté de 13 à 25 % en 2025 dans les pays les moins développés. Un record, en trente ans. Avec des conséquences immédiates. En matière de santé, les coupes ne se comptent pas seulement en dollars, mais en vies humaines. Dans la même étude, une estimation de la surmortalité est proposée. Celle-ci s’élève à 22 millions en 2030. Les enfants de moins de 5 ans seraient les plus touchés.

    Le bilan n’est pas que tragique sur le plan moral, il est aussi désastreux en matière sanitaire. Moins d’aides à la santé, c’est une plus grande diffusion des maladies à l’échelle de la planète. Une épidémie flambe dans une des arrière-cours du monde occidental, et bientôt toute la maison brûle. Brooke Nichols, une mathématicienne de la santé de l’université de Boston a créé un site pour comptabiliser les effets du retrait des Etats-Unis, en temps réel sur la tuberculose Résultat : un mort toutes les 7 minutes, 81 000 depuis le 24 janvier 2025, et surtout 102 000 nouveaux cas à déplorer en à peine un an, tous évitables. Au total, la scientifique estime que plus de deux millions de personnes pourraient périr d’ici à 2030, si rien ne change.

    En prenant la parole sur scène ce lundi, et en organisant le One Health Summit à Lyon, capitale de la santé européenne, avec son centre international de lutte contre le cancer (CIRC) et son antenne régionale de l’OMS, Emmanuel Macron tente de lustrer l’image de la France. Mais si le pays reste un des principaux défenseurs de la coopération sanitaire, il participe lui aussi, bon gré, malgré, à détricoter les moyens mis en œuvre. Il y a quelques semaines à peine, l’Etat français a décidé de réduire de 60 % sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Les chefs d’Etats étaient invités à Genève pour tenter de renflouer les caisses. La France y a laissé une chaise vide.

    Derrière « l’affreux Donald Trump »

    « Il y a une sorte de discours convenu, qu’on entend tous, et qui voudrait que ce soit l’affreux Donald Trump qui désengage de partout et met à mal le multilatéralisme et la santé globale. Ce n’est pas tout à fait vrai. Les Américains n’ont par exemple pas réduit leur participation au Fonds de lutte contre le sida : le président Trump le voulait, mais le Congrès en a décidé autrement », précise Antoine Flahault, épidémiologiste à l’Institut de santé global de Genève, et collaborateur régulier de l’OMS. « La France ne fanfaronne pas, mais participe au mouvement général. Elle a par exemple diminué de 75 % sa contribution à l’Agence française de développement en matière de santé », poursuit l’expert.

    Tout n’est pas perdu pour autant pour les mondialistes de la santé. D’une part, parce qu’en plus de ces pertes sèches, une partie des coupes se sont faites sur les efforts du Covid. La pandémie s’est résorbée, et avec elle le besoin d’y faire face « quoi qu’il en coûte ». Résultat, ce qui est parfois dénoncé comme des restrictions drastiques, n’est qu’un retour à la normale. Au plus fort de la crise le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus disposait de onze assistants généraux. Il n’en a plus que quatre, un recul sur son mandat, mais un statu quo par rapport à son prédécesseur. « Evidemment, ce n’est pas une victoire pour la santé globale. Les financements du Covid-19 auraient pu être redirigés vers d’autres problématiques internationales de santé, mais c’est tout de même une nuance importante », détaille Antoine Flahault.

    Ce lundi à Lyon, la question financière sera bien sûr au centre des échanges. Mais, plus important encore, les pays membres du G7 et de l’OMS devront s’accorder sur la marche à suivre, en l’absence des Etats-Unis. Si la pandémie de Covid-19, ce virus probablement venu du règne animal qui a d’un coup embarqué la planète entière dans un même péril, a renforcé la pertinence de l’approche One Health, le retrait des Américains laisse un boulevard aux voix discordantes. Sans l’oncle Sam, d’ordinaire volubile et peu enclin à faire tourner la parole, de nouveaux points d’entente devront être trouvés quant à la marche à suivre.

    L’accord pandémie, de l’OMS

    A ce sujet, l’accord mondial de prévention, de préparation et de riposte face aux pandémies de l’OMS cristallise les tensions. Le texte prévoit des efforts de coordination pour détecter et intervenir contre les prochaines pandémies. Il a été voté à l’unanimité en mai 2025, mais depuis, aucun pays ne l’a ratifié, c’est-à-dire mis en œuvre. « Durant la crise sanitaire, les Africains n’ont eu accès aux vaccins qu’après tout le monde. L’urgence pour eux, c’est que cela ne se reproduise plus. Ils demandent un transfert de technologie en cas de pandémie, qu’on leur fournisse les moyens de produire des diagnostics et des traitements, mais les Occidentaux refusent », poursuit l’épidémiologiste Antoine Flahault.

    Ce lundi, quatre grandes thématiques seront à l’agenda : « les réservoirs zoonotiques et vecteurs, les résistances antimicrobiennes, les systèmes alimentaires durables et l’exposition aux pollutions », autant de sujets nécessaires mais difficiles à aborder à plusieurs. D’autant qu’en matière sanitaire, les différences culturelles sont réelles. Alors que plusieurs dispositions prévoient des mesures pour limiter les contaminations à partir de la faune et de la flore, de nombreux pays dans le monde y ont vu une tentative d’interdire les marchés d’animaux vivants, une tradition que ni les Chinois, ni les Américains, ni les Africains ne sont prêts à abandonner. « L’approche One health peut paraître très européenne, et parfois être caricaturée comme des fantaisies occidentales, quasiment du wokisme », résume le spécialiste.

    Le traitement dans la presse française du sommet de lundi en dit long sur l’enthousiasme autour de la santé globale. A deux jours de l’événement, aucun titre de la presse nationale ne s’était emparé du sujet, laissant seules sur Internet les multiples pages de blog du gouvernement. Pas de quoi briser l’optimisme de ses défenseurs pour autant. « Faire du collectif, c’est un grand défi, depuis toujours, mais je vois dans les bouleversements actuels un moment refondateur. Nous n’avons pas d’autres choix que d’adresser ces défis à l’échelle de la planète. La pandémie nous a montré à quel point la santé est une question internationale », abonde Agnès Soucat, responsable de la division santé de l’Agence française pour le développement (AFD).

    Des intérêts communs

    L’experte souligne notamment l’émergence de combats sanitaires communs avec les pays du Sud global. Les pays d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique sont de plus en plus en proie aux pathologies chroniques, comme l’obésité, le diabète, le cancer – des problèmes de pays riches jusqu’à présent. A l’inverse, le Nord connaît de nouvelles épidémies venues du Sud, générées par la crise climatique et ses nouvelles conditions de température. « Avant, les intérêts premiers des Etats étaient souvent divergents de prime abord, et désormais, ils se rapprochent. Je crois que, grâce au Covid-19 tout le monde a compris la nécessité d’agir pour la santé, et ce à l’échelle internationale. A-t-on les moyens de ne pas agir ? C’est ça, la vraie question. Le Covid, c’est un recul de 4 points du PIB mondial. A l’inverse, l’aide au développement, c’est un retour sur investissement de 10 pour un. On ne coûte pas cher en réalité », plaide Agnès Soucat de l’AFD.

    « Sale temps pour le multilatéralisme, oui. Mais c’est beaucoup dicté par les Etats-Unis, les courants politiques extrêmes, et les coupes budgétaires. C’est très contextuel. Je pense qu’il y a une place pour la France et l’Europe. Mais c’est aussi le moment pour créer un nouveau modèle », ajoute Yazdan Yazdanpanah, infectiologue, et directeur de l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS – Maladies infectieuses) une des principales institutions françaises impliquées dans la santé globale. « Par exemple, plus de 60 % des traitements contre le VIH sont financés par le PEPFAR, une structure d’initiative américaine, et ce, même dans certains pays d’Afrique aujourd’hui bien plus prospères. Est-ce que c’est normal ? Ce que demandent les pays africains, ce n’est pas qu’on leur finance des traitements, mais qu’on les aide à devenir souverains. Le retrait des Etats-Unis peut nous permettre de faire autrement », poursuit le spécialiste.

    La tentation de faire mieux avec moins se fait sentir. « L’OMS a 150 bureaux, ça coûte très cher ! Au Suriname, il y a 30 personnes à temps plein, payées avec des salaires onusiens. Est-ce nécessaire ? Ne faut-il pas un bureau régional ? C’est important qu’ils soient proches du terrain, mais il peut y avoir des missions temporaires par exemple », abonde Antoine Flahault. Ce grand instigateur de la santé globale, fondateur de l’Institut de santé globale de Genève, se refuse toutefois au pessimisme. « C’est peut-être parce que le monde est en pleine turbulence que des approches collectives de santé peuvent être opportunes. En 1958, on est au cœur de la guerre froide entre le bloc de l’Est et de l’Ouest. L’URSS a un ministre de la santé qui est médecin, qui propose à l’OMS, en mai une résolution qui vise l’éradication de la variole. Les diplomates se gossent, c’est utopique, ça ne se fera jamais, disent-ils. Et bien, 22 ans plus tard, en 1980 à Genève, le directeur général déclare l’éradication. Depuis, pas un seul cas, le virus ne circule plus », raconte-t-il. Et de citer l’exemple de la poliomyélite. En 1988, année relativement agitée sur le plan international, avec la fin de la guerre en Afghanistan, en Iran, et en Irak, les pays membres de l’OMS se mettent autour d’une table, et votent un effort commun, pour éradiquer l’infection. Seuls deux pays dans le monde déclarent des cas, désormais. La preuve que rien n’est inscrit dans le marbre.



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sommet-one-health-pour-la-sante-mondiale-a-lyon-le-monde-apprend-a-soigner-sans-les-etats-unis-D4U5KG7EDZFYRBBLEAF52PB77I/

    Author : Antoine Beau

    Publish date : 2026-04-04 15:08:00

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  • Frappes sur des infrastructures civiles en Iran : l’effet boomerang pour Donald Trump

    Donald Trump multiplie les menaces contre l’Iran. L’une des dernières en date ? Le président américain a averti, dans son allocution dans la nuit du 1er au 2 avril, qu’il allait « renvoyer l’Iran à l’âge de pierre auquel il appartient », brandissant la menace de nouvelles frappes lors des prochaines semaines. Un peu plus tôt, le 30 mars, Donald Trump a menacé de mettre fin à la guerre en « faisant sauter et en anéantissant » toutes les centrales électriques, les puits de pétrole, le terminal pétrolier de l’île de Kharg et « éventuellement » toutes les usines de dessalement iraniennes si le pays n’ouvrait pas le très stratégique détroit d’Ormuz. Ce samedi 4 avril, le locataire de la Maison-Blanche a lancé un nouvel ultimatum à l’Iran, lui accordant « 48 heures » pour parvenir à un accord avec Washington ou rouvrir le détroit d’Ormuz, faute de quoi les Etats-Unis promettent de « déchaîner les enfers sur eux ».

    Les frappes américaines et israéliennes se poursuivent contre l’Iran, et les infrastructures civiles sont de plus en plus touchées par des frappes jugées potentiellement contraires au droit international humanitaire. Au lendemain de l’allocution télévisée du président américain, l’Institut Pasteur d’Iran, le centre de recherche médicale et de santé publique le plus ancien et le plus prestigieux du pays et du Moyen‑Orient, situé à Téhéran, a été gravement endommagé lors d’une attaque aérienne. Ni les Etats‑Unis ni Israël n’ont, à ce stade, revendiqué cette frappe. Ce centre, désormais hors service après ces attaques, fournissait plus de 50 % des vaccins du pays, produisant annuellement plus de 15 millions de doses, principalement pédiatriques, rappelle Le Monde.

    Le pont B1 détruit par les Etats-Unis

    Le 31 mars, selon les autorités iraniennes, des frappes distinctes avaient touché Tofigh Darou, l’une des plus grandes entreprises pharmaceutiques publiques d’Iran. Ces missiles ont détruit ses unités de production et de recherche et développement, ont rapporté mardi les médias d’Etat, accusant Israël d’être à l’origine de cette frappe. Selon la Société d’investissement de la sécurité sociale, dont une filiale est propriétaire de l’entreprise, Tofigh Darou est un important producteur de médicaments anticancéreux et d’anesthésiques en Iran. Ces frappes contre le système de santé ne sont pas isolées. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a dénoncé « les multiples attaques » visant des établissements de santé en Iran depuis le début de la guerre, précisant que « plus de 20 attaques contre des structures de santé ont été vérifiées ».

    Les voies de circulation sont également visées. Jeudi 2 avril, le pont suspendu B1, à Karaj, a été fortement endommagé. Ce pont en construction, permettant de relier Téhéran à la mer Caspienne, a été bombardé à deux reprises par des avions américains. Les Iraniens avaient réussi un véritable coup de force en faisant sortir de terre cet édifice, long de 1,2 kilomètre et haut de 136 mètres, soit l’ouvrage présenté par l’Iran comme le plus haut de ce type au Moyen-Orient. Quelques heures plus tard, Donald Trump a revendiqué ces frappes sur son réseau Truth Social : « Le plus grand pont d’Iran s’est effondré et ne sera plus jamais utilisé. »

    Un effet contre-productif ?

    Ce n’est pas la première fois que les infrastructures civiles sont visées en Iran. Une école du sud du pays a ainsi été détruite le premier jour de la guerre, la frappe attribuée aux Etats-Unis tuant plus de 160 enfants et enseignants, alors que Washington et Tel Aviv affirment ne frapper que des cibles utilisées à des fins militaires ou par les services de sécurité. Dans un communiqué du 8 mars, rappelle Bloomberg, le commandement central américain a ainsi déclaré qu’il « prend toutes les précautions possibles pour minimiser les dommages causés aux civils, mais ne peut garantir la sécurité des civils dans ou à proximité des installations utilisées par le régime iranien à des fins militaires ».

    Israël a également frappé assez tôt dans le conflit des installations civiles, notamment des centres de soin. Mais sa priorité opérationnelle était d’affaiblir le régime et d’encourager les Iraniens à le renverser. Un objectif qui semble de plus en plus lointain et illusoire. « L’expérience montre que le régime iranien ne se transforme pas sous l’effet des bombardements extérieurs. Une évolution durable suppose des dynamiques internes, portées par la société iranienne elle-même », analyse Hamid Enayat, politologue et spécialiste de l’Iran, auprès de La Tribune. « L’hypothèse implicite d’un affaiblissement rapide du régime, voire d’un soulèvement populaire, ne s’est, à ce stade, pas vérifiée. Bien au contraire », abonde Reza Pirzadeh, expert en relations internationales dans une analyse publiée sur le site de l’Institut Montaigne. « La société iranienne a été replacée dans une logique de défense nationale. Les destructions d’infrastructures, les pertes civiles et les atteintes au territoire ont provoqué un réflexe de ralliement classique en temps de guerre », constate-t-il.

    Selon cet expert, si « une partie de la population iranienne a pu, un temps, accorder du crédit aux promesses de Donald Trump de lui venir en aide, les développements récents (comme les destructions d’infrastructures civiles et les citoyens tués dans les frappes américano-israéliennes, NDLR) ont profondément altéré cette perception ». « Cette évolution nourrit une colère croissante envers Israël et les Etats-Unis », relève-t-il. Selon Reza Pirzadeh, « cette guerre pourrait produire un effet inverse à celui recherché : non pas l’effondrement de la République islamique, mais sa transformation et son renforcement ».

    La nouvelle tactique du pouvoir iranien

    Tous ces événements consolident le régime dans sa narration de « défense de la nation ». Comme le relève Reuters, les dirigeants iraniens ont adopté une nouvelle tactique pour montrer qu’ils sont toujours aux commandes, et pour tenter d’obtenir le soutien d’une partie de la population pendant cette guerre. De hauts responsables se promènent ainsi ouvertement dans les rues au milieu de petits groupes rassemblés en soutien à la République islamique, afin d’afficher une image d’unité face aux attaques, et mettre en avant la résistance contre l’agression étrangère, qui tend à renforcer le sentiment anti-occidental. Ces derniers jours, le président et le ministre des Affaires étrangères iraniens ont ainsi été vus séparément au milieu de groupes de plusieurs centaines de personnes dans le centre de Téhéran.

    Des analystes affirment que le pouvoir en place cherche notamment à amplifier le coût « politique et réputationnel » des frappes. Selon Hadi Ghaemi, directeur du Centre pour les droits de l’homme en Iran basé à New York, le régime utilise également ces foules loyales comme boucliers humains pour augmenter le coût de toute tentative d’assassinat. Il faut dire que le régime des mollahs est fragile, après les manifestations de janvier réprimées très durement : si la République islamique est née d’une révolution en 1979 soutenue par des millions d’Iraniens, des décennies de règne marquées par la corruption, la répression et la mauvaise gestion ont érodé ce soutien et aliéné une grande partie de la population.

    Si le conflit perdure et que le régime reste en place, la population pourrait donc non seulement être confrontée à une répression politique et sécuritaire accrue, mais aussi à des problèmes provoqués par les frappes américano-israéliennes, notamment sanitaires. « En détruisant ou en paralysant l’Institut Pasteur, ce n’est pas seulement une capacité de production qui disparaît, mais tout le système de surveillance microbiologique, de prévention des épidémies et de réponse sanitaire d’urgence », avertit ainsi auprès du Monde Iradj Sobhani. Selon ce professeur à la Faculté de médecine du groupe hospitalier universitaire de Paris‑Créteil (AP‑HP) et de l’université Paris-Est‑Créteil, en cas d’atteinte aux réseaux d’eau potable ou d’assainissement, « le pays serait exposé à un risque majeur de catastrophe infectieuse, notamment en temps de guerre ou de catastrophe naturelle ».



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/frappes-sur-des-infrastructures-civiles-en-iran-leffet-boomerang-pour-donald-trump-PMVXSHLVWVBZJPARNPVL5IL37M/

    Author : Julien Chabrout

    Publish date : 2026-04-04 16:11:00

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  • Aurélia Nguyen : « L’IA facilite la création de virus dangereux en laboratoire »


    Comment réussir à doter l’humanité d’un vaccin contre n’importe quelle maladie infectieuse émergente en moins de 100 jours ? La pandémie de Covid-19 a montré à quel point il était urgent de réussir à répondre à cette question. Pour atteindre cet objectif, les gouvernements de 36 pays, plus la Commission européenne et dix grandes structures philanthropiques, investissent dans les travaux d’une organisation internationale méconnue mais essentielle : la Cepi, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies. Créée en réaction à l’épidémie d’Ebola en 2017, elle a largement contribué à la mise au point des vaccins contre le Covid. A l’occasion du lancement de sa nouvelle stratégie 2027-2031, Aurélia Nguyen, sa directrice générale adjointe, revient sur les nouveaux risques posés par l’intelligence artificielle et l’arsenal vaccinal en cours de constitution, mais aussi sur les incertitudes liées au positionnement de l’administration Trump et les partenariats noués avec la France. Entretien.

    L’Express : Dans son nouveau plan stratégique, la Cepi met en avant l’intérêt de l’intelligence artificielle dans la lutte contre les pandémies, mais aussi les risques que cette technologie ferait peser en matière de biosécurité. Qu’en est-il concrètement ?

    Aurélia Nguyen : Pour bien comprendre notre approche, il faut d’abord rappeler que les maladies infectieuses nous menacent de trois façons. D’abord, bien sûr, en cas d’émergence naturelle d’un nouvel agent pathogène — c’est le risque le plus fréquent, lié au réchauffement climatique, aux déplacements de populations et à la pression humaine sur les écosystèmes. Ensuite, un accident de laboratoire est toujours envisageable, car quand des humains manipulent des microbes, il peut toujours y avoir des erreurs. Enfin, la possibilité d’un acte délibéré, malveillant, ne doit pas être écartée.

    L’intelligence artificielle s’inscrit dans ces trois dimensions. Du côté des applications positives, elle transforme notre capacité à concevoir des vaccins : en analysant des bases de données génomiques, elle permet d’identifier bien plus vite les meilleures cibles antigéniques, de tester des dizaines de variantes, d’optimiser la réponse immunitaire et de réduire les effets secondaires. Notre prochaine stratégie, qui court de 2027 à 2031, inclut une initiative dédiée que nous appelons le Pandemic Preparedness Engine. Il s’agit d’un système qui utilisera l’IA à chaque étape : surveillance épidémique, anticipation des prochaines émergences, conception vaccinale, mise en place des essais cliniques, validation réglementaire…

    Aurélia Nguyen

    Quels sont les risques liés à l’IA ?

    Les mêmes outils peuvent théoriquement être détournés. Des modèles d’IA sont aujourd’hui capables de générer des séquences d’ADN — c’est ce qu’a montré récemment le scientifique Brian Hie, qui a développé des séquences ciblant la bactérie E. coli à des fins thérapeutiques. Il s’agit là d’une application tout à fait positive. Mais ce qui permet de neutraliser un agent microbien pourrait, entre de mauvaises mains, servir à en concevoir un. Nous ne disons pas que c’est possible aujourd’hui — à ma connaissance, créer un virus de synthèse dangereux reste dans le domaine de l’hypothétique. Mais les avancées de l’IA s’accélèrent à un rythme tel que nous devons nous y préparer dès maintenant.

    Concrètement, que l’IA change par rapport à ce qui était déjà possible jusqu’ici ?

    Soyons clairs, la recherche visant à rendre un virus délibérément plus dangereux, ou à créer de toutes pièces un microbe, est absolument interdite. Ce que l’IA modifie, c’est la vitesse et l’accessibilité. Elle permet d’étudier des séquences de génome et d’en tester les effets sur des cibles immunitaires à une échelle qui n’était pas envisageable auparavant. Appliquée au développement vaccinal, c’est une révolution. Mais utilisée par quelqu’un qui voudrait optimiser non pas un vaccin mais un agent pathogène, c’est un risque qu’on ne peut pas ignorer. Notre réponse, quelle que soit l’origine d’une épidémie — naturelle, accidentelle ou délibérée —, reste la même : être capable de produire un vaccin efficace en cent jours.

    Quel est, selon vous, le risque épidémique le plus pressant aujourd’hui ?

    Sans hésitation, la grippe aviaire H5N1. Ce virus continue de circuler largement chez les oiseaux et infecte de plus en plus de mammifères, ce qui suscite des inquiétudes quant à sa possible adaptation à une transmission efficace entre humains. Avec un taux de mortalité historiquement élevé parmi les cas humains signalés et des flambées persistantes chez les animaux à l’échelle mondiale, le H5N1 présente plusieurs caractéristiques que les scientifiques surveillent de près comme indicateurs d’un risque de pandémie. La Cepi suit ces flambées de très près.

    De manière générale, les virus respiratoires se transmettent avec une rapidité redoutable — le Covid nous l’a brutalement rappelé. Nous avons récemment financé l’entreprise Moderna pour développer un vaccin contre le virus H5N1 à partir de sa plateforme d’ARN messager, qui se trouve actuellement en essai clinique de phase 3. Ce financement s’accompagne d’un accord prévoyant qu’en contrepartie du soutien de la Cepi, Moderna s’engage à garantir que 20 % des doses seraient directement allouées aux pays en développement en cas de pandémie. C’est la leçon tirée du Covid : malgré le système Covax, qui a permis de distribuer 2 milliards de doses et d’éviter 2,7 millions de morts, l’accès aux vaccins dans les pays du Sud aurait pu intervenir beaucoup plus rapidement.

    Mais comment conduire un essai de phase 3 pour un virus qui ne circule quasiment pas chez l’homme ?

    En l’absence d’épidémie, les essais d’efficacité pour les vaccins contre la grippe pandémique ne sont pas réalisables. La stratégie établie pour ces vaccins repose donc sur des corrélats immunologiques de protection, validés pour les vaccins saisonniers contre la grippe déjà autorisés et utilisant la même technologie.

    Concrètement, cet essai de phase 3 établira l’ensemble des données de sécurité et d’immunogénicité du candidat vaccin H5N1 nécessaires à son homologation. Ces données seront comparées à celles générées avec un vaccin candidat contre la grippe saisonnière utilisant la même plateforme technologique, qui a démontré son efficacité dans un large essai randomisé de phase 3 et fait actuellement l’objet d’un examen réglementaire en vue de son autorisation. Sous réserve d’approbation, ce vaccin H5N1 deviendrait ainsi le premier vaccin contre la grippe pandémique à base d’ARN messager homologué.

    Sur quelles autres technologies vaccinales misez-vous, sachant que l’ARN messager a aussi montré ses limites ?

    La technologie vaccinale parfaite n’existe pas. L’ARN messager présente des atouts remarquables — vitesse de production, montée en volume rapide — mais aussi des faiblesses réelles : une protection qui peut manquer de durabilité, et une chaîne du froid exigeante, entre -70 et -80 degrés Celsius, qui pose des problèmes considérables dans les pays du Sud.

    C’est pourquoi nous investissons en parallèle sur les vecteurs viraux et sur les plateformes protéiques, qui offrent une meilleure stabilité thermique et des coûts bien inférieurs, essentiels pour les pays à ressources limitées. En pratique, lors d’une pandémie, on pourrait déployer d’abord un vaccin ARN messager pour sa rapidité, puis prendre le relais avec une plateforme protéique, avec une protection prolongée dans le temps et plus accessible pour la vaccination de masse.

    Votre rapport mentionne également des vaccins à base de nanoparticules. De quoi s’agit-il ?

    Les nanoparticules — des structures de la taille d’un virus — servent de véhicules pour présenter des antigènes au système immunitaire de manière très organisée, en imitant presque l’apparence d’un vrai agent pathogène. Cela déclenche des réponses immunitaires plus fortes, parfois avec des doses plus faibles. L’avantage stratégique, c’est la modularité : une fois la plateforme construite, on peut rapidement y intégrer de nouveaux antigènes face à un microbe émergent. Nous soutenons par exemple une équipe de l’université Stanford qui développe un vaccin à base de nanoparticules de ferritine capable de protéger en une seule formulation contre plusieurs filovirus : virus d’Ebola souche Zaïre et souche Soudan, et virus de Marburg.

    La Cepi a-t-elle déjà porté le développement d’un vaccin jusqu’à un stade avancé, voire jusqu’à l’homologation ?

    Le plus abouti est le vaccin contre le chikungunya, développé avec la société française Valneva (NDLR : à la suite d’incidents graves, son usage avait toutefois été restreint temporairement aux moins de 65 ans en Europe, et les Etats-Unis ont refusé de l’homologuer). Nous avons aussi travaillé avec Valneva pour organiser des transferts de technologie afin de garantir un accès élargi, notamment en Amérique latine. Depuis, la société Bavarian nordic a aussi mis sur le marché un vaccin contre cette maladie infectieuse. Pour les autres maladies prioritaires, nous avons franchi des seuils qui n’avaient jamais été atteints. Sur la fièvre de Lassa, qui frappe l’Afrique de l’Ouest, un candidat vaccin se trouve pour la première fois en phase 2.

    Même chose pour la fièvre de la Vallée du Rift — une épidémie a récemment touché le Sénégal et la Mauritanie — où un vaccin en phase 2 n’existait tout simplement pas avant le soutien de la CEPI. Pour le Nipah, un virus très létal qui sévit en Asie du Sud, notamment en Inde dans des zones jamais touchées auparavant, nous avons aussi un candidat en phase 2. L’objectif est d’avancer ces candidats suffisamment loin dans leur développement pour pouvoir les déployer en urgence lors d’une épidémie.

    Vous avez besoin de 2,5 milliards de dollars pour votre prochaine stratégie. Les États-Unis, qui ont jusqu’ici soutenu la Cepi, contribuent-ils encore sous l’administration Trump ?

    Nous comptons environ trente investisseurs, principalement des États, auxquels s’ajoutent de grandes philanthropies. Les États-Unis ont été l’un d’entre eux, mais avec une contribution historiquement minoritaire sur l’ensemble de la vie de la Cepi. Nous maintenons des discussions très étroites avec Washington, parce que les intérêts restent profondément alignés : l’un des objectifs affichés de l’administration actuelle est précisément de contenir les épidémies avant qu’elles ne franchissent les frontières américaines. C’est exactement ce que nous faisons.

    Vous semblez sereine face à un ministre de la Santé notoirement antivaccin. N’est-ce pas un peu optimiste ?

    Je ne peux pas vous donner de réponse définitive aujourd’hui, alors que les discussions sont en cours et que notre nouvelle stratégie se déploie. Ce que je peux dire, c’est que répondre à une épidémie nécessite toujours trois types d’outils : des diagnostics, des thérapeutiques et des vaccins. Les trois doivent fonctionner ensemble. Cette réalité ne change pas avec les gouvernements.

    Quelle place occupe la France dans votre écosystème de partenaires ?

    La France joue un rôle important. Nous avons investi environ 86 millions de dollars dans des institutions et des entreprises françaises. Au sein de Valneva pour le chikungunya, bien sûr. Mais aussi dans la société de biotechnologie DNAscript, avec qui nous travaillons pour accélérer la production d’ARN messager vaccinal. L’objectif est d’aller toujours plus vite car dans une pandémie, chaque heure compte. Nous collaborons également étroitement avec l’Institut Pasteur et l’Inserm. Epicentre, une ONG médicale liée à Médecins sans frontières, est notre partenaire pour les essais cliniques sur la fièvre de Lassa en Afrique de l’Ouest. Et au-delà de la France métropolitaine, nous travaillons intensément avec l’Afrique francophone : l’Institut Pasteur de Dakar est un partenaire majeur, ainsi que des institutions au Bénin et en Guinée. La force du système de recherche français et le réseau scientifique qu’il a tissé sur le continent africain sont un atout réel pour la préparation mondiale aux pandémies.



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/aurelia-nguyen-lia-facilite-la-creation-de-virus-dangereux-en-laboratoire-RXJKHVCV7RAQFH6MYJOL2VSPTI/

    Author : Stéphanie Benz

    Publish date : 2026-04-04 14:00:00

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  • « Nous craignons que les exécutions ne soient éclipsées par la guerre » : les condamnations à mort en hausse en Iran, en toute discrétion

    Le nombre de personnes condamnées à mort et tuées en Iran augmente. L’Iran a exécuté ce samedi 4 avril deux hommes, reconnus coupables de liens avec l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI), un groupe d’opposition en exil, et d’attentats armés, ont rapporté les médias iraniens. L’OMPI a confirmé ces exécutions, déclarant dans un communiqué que l’Iran « tente de masquer sa faiblesse en exécutant des prisonniers politiques, notamment des membres et sympathisants de l’OMPI ». Quatre membres de l’OMPI ont été exécutés en début de semaine, a-t-elle précisé.

    Ce groupe d’opposition n’est pas le seul à être dans le viseur des autorités iraniennes. Deux jours plus tôt, comme le rapporte également Reuters, un homme reconnu coupable d’avoir participé à une attaque contre une installation militaire classifiée lors des manifestations de janvier en Iran a été exécuté, a annoncé Mizan, organe de presse du pouvoir judiciaire, après le rejet de son appel et la confirmation de sa peine par la Cour suprême. Lundi, les médias d’État ont annoncé l’exécution de deux prisonniers politiques, Mohammad Taghavi, 59 ans, et Akbar Daneshvarkar, 60 ans, pour baghi ​​(« rébellion armée contre l’Etat »). En janvier 2025, Amnesty International avait déclaré que leur condamnation à mort, prononcée en octobre 2024, faisait suite à un procès manifestement inéquitable, entaché d’allégations de torture visant à extorquer des aveux.

    Le 19 mars dernier, trois hommes ont quant à eux été pendus en public après leur arrestation à la suite des manifestations de janvier. Saleh Mohammadi, une star de la lutte de 19 ans, ainsi que Mehdi Ghasemi et Saeed Davoudi, ont été reconnus coupables de moharebeh, ou « guerre contre Dieu », selon les médias d’Etat. Kourosh Keyvani, un Suédois-Iranien, avait lui été exécuté pour espionnage au profit d’Israël. Le premier vice-président du pouvoir judiciaire, Hamzeh Khalili, a indiqué en mars dernier que les affaires liées aux manifestations de janvier – un mouvement antigouvernemental national réprimé avec la plus grande violence jamais perpétrée par les autorités dans l’histoire de la République islamique – étaient désormais closes et les peines appliquées.

    Des informations sur l’exécution de prisonniers dissimulées ?

    Le régime iranien a longtemps utilisé la peine de mort pour réprimer la dissidence. Il semble désormais dissimuler des informations sur l’exécution de centaines de prisonniers, affirment des organisations de défense des droits humains. « Nous craignons que ces exécutions et violations des droits humains ne soient éclipsées par la guerre », déclare à The Guardian Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur d’Iran Human Rights, basé en Norvège. « Actuellement, l’attention est focalisée sur le prix du pétrole, ce qui minimise le coût politique de ces exécutions. »

    Les organisations de défense des droits humains affirment que les médias d’État instrumentalisent les exécutions pour dissuader toute dissidence. « Depuis le soulèvement de 2022, les autorités iraniennes ont délibérément fait de la peine de mort une arme pour semer la terreur au sein de la population et réprimer toute dissidence », affirme au quotidien britannique Mansoureh Mills, chercheuse sur l’Iran à Amnesty International. « Après le massacre sans précédent de manifestants (lors des manifestations de janvier dernier, ndlr), les autorités de la République islamique cherchent désormais à terroriser la société par l’exécution de manifestants détenus », déclarait déjà mi-février Mahmood Amiry-Moghaddam.

    Entre 1500 et 2000 exécutions en 2025

    Selon Iran Human Rights, au moins 145 personnes ont été tuées en 2026, et plus de 400 autres exécutions auraient été signalées mais non vérifiées. Selon le rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme en Iran, au moins 1639 exécutions ont eu lieu en 2025, contre 975 en 2024. Un chiffre similaire est avancé par Iran Human Rights : au moins 1500 condamnés à mort ont été exécutés en Iran en 2025, selon un décompte publié début janvier par cette ONG, expliquant qu’il s’agit du nombre annuel d’exécutions le plus élevé recensé par l’organisation depuis 35 ans.

    Des organisations de la société civile avancent quant à elles le chiffre de plus de 2000 exécutions l’année dernière. Ces écarts ne sont pas surprenants, d’après l’ONU, car seulement 7% des exécutions ont été annoncées par des sources officielles. La plupart concernaient des affaires de drogue ou de meurtre.

    La coupure d’internet décidée par les autorités dans le pays empêche de déterminer avec précision le nombre d’exécutions effectuées cette année, relève The Guardian. De nombreuses condamnations à mort, voire des mises en examen passibles de la peine capitale, n’ont pas été annoncées officiellement. Elles sont seulement communiquées aux condamnés et à leurs familles.

    Des conditions carcérales très dures

    Au-delà des exécutions, les conditions carcérales sont particulièrement difficiles pour les prisonniers iraniens. Des cas de surpopulation extrême sont signalés, les prisonniers étant privés de nourriture, d’eau, de médicaments et d’installations sanitaires. Selon Amnesty International, le 3 mars, les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes contre des prisonniers à Mahabad qui manifestaient pour leur libération après des explosions survenues à proximité.

    À la prison d’Evin, structure emblématique du système carcéral iranien, les détenus de la section 209, dont beaucoup sont des militants et des dissidents, ont été transférés vers des lieux non identifiés, leurs familles ne recevant aucune information, ou des informations contradictoires, quant à leur lieu de détention, rapporte The Guardian.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/nous-craignons-que-les-executions-ne-soient-eclipsees-par-la-guerre-les-condamnations-a-mort-en-T7QNOTNSKRGETKKA2CJYWFOQAI/

    Author : Julien Chabrout

    Publish date : 2026-04-04 11:48:00

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  • Comment la Belgique sauva (un temps) Marvin Gaye

    Pourquoi les coulisses de la pop sont-elles toujours aussi glauques ? Sexe, drogues et destins brisés sont les trois constantes de l’industrie du divertissement, et Marvin Gaye n’y coupa pas, comme nous le rappelle Serge Honorez dans un récit érudit et enlevé qui se lit avec un grand plaisir mais aussi une angoisse croissante au fil des pages.

    On sait que, né en 1939 à Washington, Gaye fut d’abord un enfant battu. Son père, pasteur pentecôtiste, l’élève à coups de ceinturon – entre deux prêches, ce prédicateur atypique et visiblement désaxé aime mettre des bijoux et s’habiller avec les vêtements de sa femme. Au moins initie-t-il le petit Marvin au gospel. Ayant grandi, doué pour la musique (à la fois pianiste, batteur et compositeur), Gaye y voit une échappatoire. On le retrouve à Detroit, où Berry Gordy vient de lancer son label qui deviendra légendaire, la Motown. Bien que son goût le porte surtout aux prostituées, Gaye épouse la grande sœur de Gordy, Anna. Cette dernière étant stérile, Gaye met enceinte une nièce mineure d’Anna, et Anna adopte l’enfant. Alors en pleine ascension, passé de musicien de studio à nouvelle star de la Motown, Gaye traîne déjà de sacrés dossiers…

    Les années 1970 sont paradoxales. Avec son chef-d’œuvre What’s Going On (1971), Gaye entre à jamais dans l’histoire de la soul. Des millions de dollars pleuvent sur son compte en banque. Ça ne tourne pas rond pour autant. Tiraillé entre une aspiration spirituelle sincère et une sexualité aussi irrépressible que débridée (l’échangisme et le sadomasochisme sont ses passe-temps), cet éternel infidèle divorce une première fois, a deux enfants avec une seconde épouse, puis divorce une nouvelle fois. Il remplace la marijuana par des doses massives de cocaïne – et bientôt par le crack. Il s’enfonce dans ses addictions et des problèmes avec le fisc. La dépression et la paranoïa chassent l’inspiration. Pour de bon ?

    Alors qu’il est en goguette en Europe, Gaye croise la route d’un fan belge nommé Freddy Cousaert. Cet improbable imprésario le convainc de le suivre à Ostende. En 1981, la station mondaine à la mode sous Léopold II a perdu de sa superbe. Les belles villas d’antan ont été détruites, le chanteur toxico s’installe dans un petit appartement moderne en front de mer. Ainsi que l’écrit Serge Honorez : « Voilà le pays où va s’échouer Marvin Gaye, comme parfois le font sur la plage d’Ostende quelques baleines désorientées, ou en fin de vie. »

    Avec sa nouvelle compagne Eugénie (que Gaye forcera à avorter, et qui finira plus tard par se suicider), la vedette déchue refait peu à peu surface – moins de stupéfiants, plus de jogging. Freddy Cousaert le couve, lui qui déclarera : « Marvin et moi, on a tout fait ensemble… Sauf coucher ! » Le futur chanteur Arno passe dans les parages – et prépare du poulet curry pour Gaye. Comme un coq en pâte, Gaye compose à nouveau de bonnes mélodies et a la révélation en découvrant la TR-808 (la boîte à rythmes mythique qui vient d’être inventée au Japon, et que Gaye est l’un des premiers à utiliser). Avec Sexual Healing, il tient un irrésistible tube. Et globalement, tout l’album Midnight Love (1982) est à réhabiliter, boosté par un son synthétique novateur qui, à la réécoute, n’a pas pris une ride.

    Ce retour en grâce, hélas, s’avèrera éphémère. Gaye se fâche avec Freddy Cousaert et retourne vivre aux Etats-Unis. Il retombe dans ses névroses et ses excès. Le 1er avril 1984, après une violente dispute avec son père, l’infréquentable pasteur tue son fils de deux balles de Smith & Wesson tirées à bout portant. En 1980, Gaye avait été marqué par l’assassinat de John Lennon – cette mort lui avait semblé enviable. Il connaît la même à 44 ans. Quelle vie aurait-il menée s’il était resté à Ostende ? On ne devrait jamais partir de Belgique…

    Marvin Gaye chez les Belges par Serge Honorez. La Sirène, 300 p., 19 €.



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/livre/comment-la-belgique-sauva-un-temps-marvin-gaye-RYRPXILUOFF6LLJDOLBKVFEFBI/

    Author : Louis-Henri de La Rochefoucauld

    Publish date : 2026-04-04 09:00:00

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  • Iran : les Gardiens de la révolution ont-ils déjà pris le pouvoir ?

    La main gauche de cet adolescent tient fermement le drapeau de la République islamique d’Iran ; la droite est plaquée sur son cœur indiquant son indéfectible patriotisme. A ses côtés, une jeune fille porte le hijab et un milicien bassiji en treillis prend dans ses bras une carte de l’Iran, comme le symbole d’un appareil sécuritaire prêt à tout pour défendre son pays plongé depuis plus de cinq semaines dans un conflit existentiel. Cette affiche de propagande, qui circule sur les réseaux sociaux, fait la promotion d’un plan des Gardiens de la révolution pour recruter garçons et filles « âgés de 12 ans et plus » pour devenir « combattants volontaires » et « défendre la patrie ». Leurs missions vont des opérations de renseignement aux contrôles d’identité, en passant par la préparation des repas, selon l’agence de presse d’Etat ANA. A la faveur de la guerre, cet enrôlement d’enfants-soldats – ce qui constitue un crime de guerre – illustre l’urgence pour les pasdaran de reconstituer leurs forces après la perte de nombreux cadres.

    Le 26 mars dernier, Tsahal a annoncé la mort de nouvelles figures importantes : Behnam Rezaei, chef de la direction du renseignement de la marine des Gardiens de la révolution et surtout le général Alireza Tangsiri, commandant de la marine des pasdarans, qui a eu droit le lendemain à un grand rassemblement dans le centre de Téhéran pour ses funérailles, le jour du 47e anniversaire de la République islamique.

    Les Gardiens autour de Mojtaba

    Depuis la mort du Guide suprême Ali Khamenei, cette organisation, composée d’environ 200 000 hommes, a resserré les rangs autour de son fils Mojtaba – bien qu’il ne soit pas apparu depuis sa désignation le 8 mars – dans une forme de continuité et de défi à l’égard des Etats-Unis. Les plus hauts dignitaires des Gardiens entretiennent avec Mojtaba Khamenei des relations profondes depuis la guerre Iran-Irak, mais aussi au sein du Beit-e Rahbari, le « Bureau du Guide », où il avait endossé un rôle important depuis 2008. « C’est à la fois un signe du renforcement de la domination des plus durs au sein du régime iranien, mais aussi au sein des Gardiens de la révolution, dont le nouveau Guide suprême est réputé proche », estime une source diplomatique française.

    Mais des tensions internes apparaissent déjà entre les pasdaran et le gouvernement. IranInternational, un média persanophone d’orientation monarchiste basé à Londres, rapporte la tentative avortée du président Massoud Pezeshkian de nommer le nouveau ministre du Renseignement, après un coup de pression du commandant en chef des Gardiens de la révolution, Ahmad Vahidi, devenu l’un des hommes forts du régime. Ce partisan d’une ligne dure est bien connu pour avoir été dans les années 90 le commandant de la puissante Force al-Qods, chargée des opérations extérieures du CGRI (Corps des gardiens de la révolution islamique), qui compte de nombreux actes de terrorisme à son actif. Il a ainsi joué un rôle dans les attentats perpétrés par l’Iran en Argentine contre la mutuelle juive AMIA à Buenos Aires, qui avaient fait 85 morts et des centaines de blessés en juillet 1994. « Ce conflit a accéléré la militarisation de l’Iran. La République islamique ressemble de plus en plus à un système dominé par l’armée, bien qu’elle conserve une figure de proue cléricale », note Ali Afoneh spécialiste des questions de succession en Iran à l’Arab Gulf States Institute de Washington.

    De fait, le pouvoir en temps de guerre est entre les mains du Conseil suprême de la sécurité nationale, déjà dominé par des militaires. Ali Larijani, éliminé le 17 mars et un temps pressenti pour prendre la succession d’Ali Khamenei, a été remplacé par un autre apparatchik des Gardiens, Mohammad Bagher Zolghadr, l’un des fondateurs de la division éducation du CGRI qui vise à endoctriner la jeunesse iranienne. L’autre homme fort du régime actuel est Mohammad Bagher Ghalibaf. Le puissant président du Parlement, lui-même issu des rangs des Gardiens et ex-commandant de l’armée de l’air, a parfois été présenté comme un potentiel « Delcy Rodriguez iranien » (NDLR : présidente par intérim du Venezuela qui a pactisé avec Donald Trump après l’arrestation de Nicolas Maduro). En clair, un homme du sérail capable de compromis avec Washington. Depuis des décennies, ce politicien aux multiples candidatures à la présidentielle a tissé des réseaux dans toutes les strates du pouvoir. Mais rien ne permet d’affirmer qu’il fera affaire avec le locataire de la Maison-Blanche, bien au contraire. « Aucune négociation n’a eu lieu avec les Etats-Unis, et les fausses informations sont utilisées pour manipuler les marchés financiers et pétroliers et pour sortir du bourbier dans lequel les Etats-Unis et Israël sont enlisés », a démenti l’ex-maire de Téhéran.

    Une ligne radicale dominante qui fait craindre à certains analystes l’installation d’une junte où les militaires seraient bientôt tout-puissants, à l’instar de l’Algérie, de l’Egypte ou du Pakistan. « Leur position par rapport à l’establishment politique s’est renforcée, mais il est trop tôt pour dire si Mojtaba Khamenei va devenir une sorte de marionnette utilisée par les Gardiens de la Révolution », tempère Raz Zimmt, directeur du programme de recherche sur l’Iran et l’Axe chiite à l’Institut d’études de sécurité nationale, à Tel-Aviv. D’autant que les Gardiens ne sont pas une organisation unifiée, avec des franges indépendantes. « C’est une sorte de dragon à sept têtes avec ses différentes branches » (renseignement, bassij, aérospatiale, programme nucléaire, etc.), explique Mohsen Sazegara, l’un des fondateurs de cette organisation qui a basculé par la suite dans l’opposition. Mais tant que la guerre fait rage, ils sont unis. »

    Un commandement décentralisé

    Car dans ce conflit asymétrique et d’usure que les Gardiens mènent depuis le 28 février, l’objectif est clairement de tenir le plus longtemps possible. Jusqu’ici, sa structure lui a permis de survivre, le CGRI se distinguant de la plupart des organisations militaires conventionnelles par plusieurs spécificités. Elle est ainsi dite « horizontale », car sa légitimité repose sur l’héritage de la révolution de 1979 qui a instauré une culture de commandement largement collégiale. Elle est aussi de plus en plus « décentralisée » – notamment depuis la guerre des Douze Jours – afin de se prémunir contre les frappes visant sa décapitation. C’est désormais au sein d’un Conseil de défense que les décisions militaires se prennent. Quant à l’opérationnel, il est directement géré depuis le QG central de Khatam-al Anbiya des forces armées iraniennes, chargé de s’occuper des affaires militaires en temps de guerre. « C’est une sorte de CENTCOM américain mais à l’iranienne, pointe encore Mohsen Sazegara. « Récemment, beaucoup de généraux de la guerre Iran-Irak ont été tués. Mais la nouvelle génération qui arrive aux commandes est plus instruite. Ils ont été formés à l’université Imam-Hossein, intégrée au CGRI, un mélange de West Point (NDLR : la grande académie militaire américaine) et d’une école de police. Certains auraient même été en Russie pour acquérir de nouvelles compétences ».

    Si la « kill list » israélo-américaine ne cesse de s’allonger de jour en jour, une stratégie militaire cohérente semble toujours à l’œuvre. Avec l’activation des 31 commandements régionaux des Gardiens (un par région), dotés d’une relative autonomie opérationnelle en période de guerre, les représailles visant les pays du Golfe et Israël témoignent d’un certain niveau de coordination : ciblage des installations de dessalement dans le Golfe en réponse à des attaques contre des infrastructures du même type, frappes contre des structures gazières offshore lorsque les actifs énergétiques iraniens sont visés ainsi qu’un contrôle sélectif sur le transit des pétroliers dans le détroit d’Ormuz… « Le 21 mars, lorsque Israël et les Etats-Unis frappent le centre nucléaire de Natanz, les Iraniens touchent, le même jour, le centre de recherche nucléaire situé à Dimona, dans le sud d’Israël. Tout cela semble assez coordonné », résume Raz Zimmt. Jusqu’ici, leur tactique fonctionne. Et la crise énergétique mondiale fait désormais peser un poids immense sur les épaules du président américain. « L’Iran espère vaincre Trump dans ses propres stations-service aux Etats-Unis », décrypte Ali Afoneh. Donald Trump a beau chercher une porte de sortie, clamant que le changement de régime a déjà eu lieu, l’option que mollahs et Gardiens se maintiennent à l’issue de la guerre fait partie des scénarios, même du côté israélien. « Nous avons atteint une grande partie de nos cibles militaires et maintenant nous approfondissons. Ce ne sont plus des attaques qui endommagent les sites militaires, mais qui les détruisent complètement, détaille une source diplomatique israélienne. La guerre n’est pas une science exacte. Si le régime se maintient, il faut qu’il n’ait plus la capacité de mettre en danger l’existence d’Israël ». Le président américain pourrait donc se satisfaire de la stratégie israélienne communément appelée de « tonte de la pelouse ». « Militairement, cela signifie frapper suffisamment pour réduire la menace à court terme, tout en sachant qu’un futur président américain devra probablement intervenir de nouveau », décrypte Seth Cropsey, ex-lieutenant commandant dans l’US Navy et président du Yorktown Institute, un think tank basé à Washington.

    Même si le régime s’est construit dans les périodes de troubles, la République islamique sortira du conflit dans une situation économique désastreuse et confrontée à une profonde crise de légitimité. « Les Gardiens feront tout pour conserver leurs intérêts économiques », prévoit Ali Afoneh, spécialiste de l’Iran. Il y a une oligarchie de quelques milliers d’hommes au sommet de cette organisation qui, il y a encore quelques semaines, pouvaient profiter de ses luxueuses demeures acquises avec l’argent de la drogue, de la contrebande et du pétrole.

    Jusqu’ici, les Gardiens ont réussi à contenir toutes velléités d’invasion du territoire en frappant préventivement les groupes d’opposition kurdes en Irak. Désormais, ils pourront également se targuer d’avoir abattu deux avions américains dans la région ainsi que d’avoir planifié plusieurs attentats visant des intérêts américains ou juifs en Europe. A l’intérieur de leurs frontières, les pasdaran ont aussi réussi à décourager toute reprise imminente des manifestations, les massacres des 8 et 9 janvier ayant profondément paralysé l’opposition. Leur plan se déroule donc (presque) comme prévu. Reste à savoir combien de temps ils pourront encore soutenir une guerre d’une telle intensité.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-gardiens-de-la-revolution-ont-ils-deja-pris-le-pouvoir-6GCZBJHWQ5GRDEG4GDQTW6MDPU/

    Author : Charles Carrasco

    Publish date : 2026-04-04 06:45:00

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  • Placements : que peut-on faire avec 10 000 euros ?

    La somme est à la fois importante et modeste : que faire avec 10 000 euros reçus à l’occasion d’un bonus professionnel ou d’une donation ? La question se pose différemment pour un jeune actif dont l’épargne se limite pour l’instant à un livret A ou pour un quinquagénaire disposant déjà d’un patrimoine abondant.

    (Re)constituez votre épargne de précaution

    La première étape consiste à faire le plein de placements sans risque. Cette épargne de précaution d’un montant compris entre trois et six mois de revenus est indispensable, quel que soit votre âge, vos revenus ou votre tolérance au risque. « Toute tentative de mise en place d’une stratégie patrimoniale à long terme sans avoir au préalable une épargne de précaution est vouée à l’échec, estime Gauthier Haem, directeur du développement de Yomoni. Elle pourra être mobilisée en cas de besoin pour faire face à une dépense imprévue. Car s’il reste possible de réaliser des retraits à tout moment sur un contrat d’assurance-vie, il est préférable de l’éviter car cela remet en cause l’allocation d’actifs conçue pour le long terme. »

    Une partie de la somme à placer doit donc venir alimenter un livret A ou un livret de développement durable et solidaire (LDDS), tous deux rémunérés 1,50 % et exonérés d’impôts et de prélèvements sociaux. Si vous avez déjà atteint les plafonds des produits réglementés (22 950 euros pour le livret A, 12 000 euros pour le LDDS), il faut rechercher le livret bancaire le mieux rémunéré du moment. Ils sont généralement proposés par les plateformes d’épargne en ligne (Cashbee, Meilleurtaux Placement, Placement-direct.fr, Ramify, etc.) et les banques en ligne (BforBank, BoursoBank, Distingo Bank, Fortuneo, Hello Bank, Monabanq et Renault Bank). C’est l’occasion de profiter du bonus offert aux nouveaux clients ouvrant un livret pour la première fois : les meilleurs proposent actuellement des taux compris entre 4,75 % voire 5,1 % sur deux mois, le rendement tombant ensuite à 1,50 % ou 2 %. Attention, ces produits sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Ils font donc moins bien que les placements réglementés, mais sont eux aussi totalement liquides. Les comptes à terme rapportent un peu plus (2,15 % sur douze mois chez Distingo Bank), mais il faut être certain de ne pas avoir besoin de la somme pendant la durée de blocage, sous peine de subir une pénalité sur la rémunération.

    L’autre terme de l’alternative consiste à alimenter le fonds en euros de votre contrat d’assurance-vie pour profiter de bons rendements, là encore sans risque puisque le capital est garanti. « On peut alors viser un rendement de l’ordre de 3 %, voire plus de 4 % en profitant des bonus proposés par certaines compagnies aux épargnants s’engageant à investir aussi en partie en unités de compte », explique Cyril Garbois, cofondateur de la plateforme d’épargne en ligne Cashbee. Generali propose ainsi un bonus de 1,50 % en 2026 et 2027 sur le fonds en euros Netissima, permettant d’espérer un rendement de l’ordre de 4,50 %, à condition d’allouer 30 % de son versement à des unités de compte.

    Abondez votre épargne salariale

    Une fois l’épargne de précaution constituée, il faut se pencher vers des placements plus rémunérateurs sur le long terme. Vous ne vous sentez pas capable de sélectionner des actions, des fonds ou un contrat d’assurance-vie ? Tournez-vous vers l’épargne salariale, proposée dans plus de 429 000 entreprises. Leurs salariés ont notamment accès à un plan d’épargne entreprise (PEE) permettant de faire fructifier leur argent dans un cadre fiscal et social attractif. Pour mémoire, il est possible de déposer sur son PEE les sommes issues de l’intéressement et de la participation, mais aussi des versements volontaires. Il faut y penser en cas de rentrée d’argent importante. Avec en prime, un coup de pouce de votre employeur, qui peut ajouter un abondement – dans la limite de 300 % des versements du salarié et de 8 % du PASS, soit 3 845 euros par an. « Cela crée un effet de levier considérable sur leur épargne », souligne Patrick Behanzin, directeur marketing, offre et digital de Natixis Interépargne.

    Côté investissement, le PEE donne accès, via des fonds, à des supports variés comme les actions, les obligations et le monétaire. Le nombre de supports proposés n’est pas aussi important que dans le cadre de l’assurance-vie, mais il reste possible de mettre en place une stratégie diversifiée. Autre atout du PEE, les plus-values sont exonérées d’impôt à la sortie ; seuls les prélèvements sociaux (18,6 %) sont dus.

    Côté contrainte, les capitaux sont bloqués pendant cinq ans glissants. Les sommes versées en 2026 ne deviendront donc disponibles qu’en 2031. Il existe toutefois de nombreux cas de déblocage anticipé prévus par la réglementation, notamment pour l’achat de la résidence principale, le mariage ou la rupture du contrat de travail. Si vous souhaitez placer une somme importante pour quelques mois avant l’achat de votre logement, la bonne solution consiste donc à la verser sur votre PEE pour bénéficier de l’abondement, puis à la débloquer quelques mois plus tard pour compléter votre apport personnel. Il faut, dans ce cas, l’investir sur des supports monétaires sans risque afin d’éviter de subir les soubresauts des marchés financiers à court terme.

    Initiez-vous à la Bourse

    Avoir quelques milliers d’euros à placer peut aussi être l’occasion de vous constituer une épargne boursière, plus rémunératrice sur le long terme. Le plus simple consiste à investir via des fonds plutôt que de sélectionner des actions vous-même, afin de vous assurer une bonne diversification. Vous pouvez bien entendu ouvrir un compte-titres dans votre banque ou chez un courtier en bourse spécialisé, mais ce n’est pas la solution la plus efficace en termes de fiscalité. Mieux vaut souscrire à un plan d’épargne en actions (PEA) ou un contrat d’assurance-vie. Le PEA est réservé à l’investissement en actions européennes, en direct ou via des fonds, dans la limite de 150 000 euros. Les retraits sont exonérés d’impôts (mais pas de prélèvements sociaux) dès lors que le plan a été ouvert il y a plus de cinq ans. « Il faut donc ouvrir un PEA le plus tôt possible pour prendre date, quitte à n’y verser qu’une faible somme », recommande Gauthier Haem. Cette enveloppe ne s’adresse cependant qu’aux investisseurs acceptant de prendre un risque sur leur capital puisqu’elle est exclusivement investie en actions.

    A l’inverse, l’assurance-vie est beaucoup plus flexible puisque les supports accessibles vont du fonds en euros à capital garanti aux unités de compte, ces dernières couvrant un large choix de placements (actions, obligations, monétaires, fonds diversifiés, fonds immobilier, etc.). « Contrairement à une idée reçue, l’assurance-vie reste liquide puisqu’il est possible de réaliser un retrait à tout moment, alors que sur un PEA, les retraits avant cinq ans entraînent la clôture du plan », mentionne Gauthier Haem. Il est cependant recommandé d’attendre le huitième anniversaire du contrat pour effectuer un retrait pour des raisons fiscales : dès lors, les gains bénéficient d’un abattement de 4 600 euros pour un célibataire et de 9 200 euros pour un couple. Au-delà, ils sont taxés à 7,5 % auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux de 17,20 %.

    Par ailleurs, l’assurance-vie est un formidable outil de transmission pour les particuliers à la tête d’un patrimoine élevé. « Mais elle s’adresse à tous les investisseurs puisqu’il suffit par exemple de 1 000 euros pour ouvrir un contrat Cashbee », explique Cyril Garbois. Certains contrats en ligne sont même accessibles à partir de quelques centaines d’euros. Il est donc logique de consacrer une partie de vos 10 000 euros à l’ouverture d’une assurance-vie, afin de démarrer une épargne de long terme, en partie investie en Bourse. Les contrats distribués en ligne proposent des services de gestion pilotée permettant de se dégager de la gestion au quotidien.

    Réalisez un premier investissement immobilier avec des SCPI

    L’immobilier mérite une place de choix dans un patrimoine diversifié. C’est déjà le cas pour de nombreux Français propriétaires de leur logement. Il existe aussi des placements collectifs, accessibles dès 1 000 euros, comme les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI). Ces produits sont investis dans de l’immobilier professionnel, principalement des bureaux, et versent des revenus réguliers à leurs détenteurs. Si le rendement reste attractif à 4,91 % en 2025, certaines SCPI traversent actuellement une crise de liquidité : le nombre d’épargnants souhaitant vendre leurs parts excède largement celui des acheteurs, créant des délais dans l’exécution des ordres.

    Cet afflux de vendeurs s’explique car elles ont baissé le prix de leur part ces dernières années. Il faut donc se montrer sélectif. « Les SCPI restent intéressantes pour le rendement, mais elles s’adressent aux investisseurs ayant par ailleurs un patrimoine déjà bien diversifié », souligne Cyril Garbois. Leur véritable atout consiste à verser des rendements réguliers, ce qui peut répondre à la problématique de certains épargnants pour faire face à la chute de leurs revenus une fois à la retraite. En revanche, elles ne constituent pas une priorité pour un jeune actif en phase de constitution de patrimoine.

    Les bienfaits de l’investissement programmé

    Maintenant que cette première entrée d’argent vous a mis le pied à l’étrier, il faut continuer à épargner régulièrement. Il est possible de mettre en place des versements automatiques mensuels – on parle aussi de versements programmés – sur de nombreux placements. « La moitié de nos clients réalisent des versements programmés sur leur assurance-vie, c’est une très bonne façon d’adopter de bons réflexes », relate Cyril Garbois, co-fondateur de Cashbee. Cela permet aussi de se prémunir contre les aléas des marchés.



    Source link : https://www.lexpress.fr/argent/placements/placements-que-peut-on-faire-avec-10-000-euros-4JMFBBAXHNBKJEQDG4EVJYBSVY/

    Author : Agnès Lambert

    Publish date : 2026-04-03 08:00:00

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  • Sébastien Lecornu et le « surplus » de TVA sur l’essence : les dessous d’un pari raté

    Il n’y a jamais de bon moment pour mettre un but contre son camp. Encore moins lorsque c’est le capitaine qui déjoue et prend son équipe à revers. Moins encore lorsque le pays s’enfonce dans une crise de long terme liée au conflit au Moyen-Orient. Depuis des semaines, les ministres postés à Bercy, Roland Lescure, Maud Bregeon et David Amiel, tentent par tous les moyens de battre en brèche l’idée, émise par le Rassemblement national, que l’État se goinfrerait sur le dos des automobilistes grâce à l’augmentation des prix de l’essence ; plus précisément, de la TVA à 20 % sur les produits énergétiques. Piliers de la défense, ils ne s’attendaient à voir mercredi 1er avril, au petit matin, que Matignon avait dans la nuit fait fuiter à l’AFP une lettre qui leur était destinée et qui allait gâcher leur journée. Dans cette missive, Sébastien Lecornu demande à David Amiel, ministre des Comptes publics, de travailler à « une affectation des éventuels surplus de recettes fiscales liés à la hausse du prix des carburants pour financer les mesures prioritaires du plan d’électrification ».

    « Éventuels surplus de recettes fiscales », le ballon a franchi la ligne. Il n’en fallait pas tant pour voir Marine Le Pen se délecter de la formule ambiguë du Premier ministre : « Quand on a dit qu’il ne fallait pas que l’Etat profite de la crise, le Premier ministre et l’ensemble des ministres nous ont expliqué qu’il n’y avait pas de recettes fiscales supplémentaires. C’était déjà un mensonge », a-t-elle déclaré en visite au salon Global Industrie à Villepinte. La leader du RN n’est pas la seule à avoir profité de l’occasion : le patron des députés LR, Laurent Wauquiez, a mesuré le gain empoché par l’État « entre 2 et 3 milliards d’euros » depuis le début de cette crise mondiale. Une sortie très imprécise, pour ne pas dire farfelue, qui n’a pas manqué d’irriter fortement plusieurs ministres rassemblées lors d’une réunion gouvernementale, mercredi, autour de Sébastien Lecornu. À qui la faute ?

    Queues monstres aux stations d’essence, sondages inquiétants, cabinets ministériels sursollicités par leurs différents écosystèmes respectifs… Le gouvernement ne peut qu’être conscient du moment inflammable que traverse le pays. « Un excès de fièvre dans une permacrise », entend-on dans la bouche d’un ministre posté à Bercy. Le spectre des gilets jaunes plane toujours au-dessus du pouvoir même si la situation actuelle ne semble pas comparable : par « chance », osons, les récriminations les plus tonitruantes proviennent non pas d’une masse gazeuse sur le terrain mais bien, pour l’heure, de corps intermédiaires. Par la voix de son président Arnaud Rousseau, la FNSEA – réunis en Congrès, ceci explique peut-être aussi cela… – s’est ainsi démarquée en menaçant le gouvernement de nouvelles mobilisations s’il ne convient pas d’une aide de 30 centimes par litre.

    « Boulette ou anticipation ? »

    Pour autant, ce n’est pas le moment de craquer des allumettes par inadvertance. La communication à la tête de l’État reste plus que jamais un enjeu crucial autant que sensible : Roland Lescure, contraint de rétropédaler après avoir parlé de « choc pétrolier » il y a une semaine, peut en témoigner. Un membre du gouvernement l’admet bien volontiers : « En ce moment, il faut faire gaffe aux dérapages. Quand vous faites une interview ou une prise de parole, ça équivaut à rouler sur du verglas. Surtout, ne pas faire de sortie de route. Surtout, ne pas provoquer de panique… » Raison pour laquelle la lettre de Sébastien Lecornu à ses ministres, volontairement communiquée à l’AFP, avait de quoi ébranler la majeure partie de l’équipe gouvernementale. Quand on sait à quel point Matignon contrôle voire verrouille la parole publique de ses ministres, ce virage à 180 degrés qui a tout d’une bévue de com’, qui plus est écrit noir sur blanc, qui plus est diffusée à la presse, s’explique difficilement. « C’est bien la peine de nous fliquer vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour sortir ce genre de chose dans la presse », maugrée un conseiller ministériel à Bercy.

    Ce jeudi 2 avril, lors d’un déplacement à Bordeaux consacré à la sécurité du quotidien et au futur projet de loi « Ripost » de Laurent Nunez, le Premier ministre a été contraint de revenir sur son contre-pied et « l’excitation », dit-il, qu’il a provoqué. Succinctement, il a fait siens les arguments avancés par toutes les voix un tant soit peu sérieuses au sujet d’une prétendue « cagnotte » amassée par l’État sur le dos des consommateurs : la rentrée d’argent liée à la hausse de la TVA a toutes les chances d’être largement contrebalancée par la baisse de la consommation causée par la hausse des prix et, plus globalement, par une croissance moins élevée que prévu et la hausse des taux d’intérêt. En deux mots : l’État a sans doute plus à perdre qu’à gagner dans ce jeu de vases communicants. En langage lecornusien, cela s’énonce de la sorte : « Vous avez une péréquation qui se fait de facto. »

    S’il était plus qu’utile de souligner cette équation à somme nulle, voire négative, pour déminer le terrain, pourquoi avoir jugé bon, 36 heures plus tôt, de le miner en évoquant un « éventuel surplus » ? Si certains dans les cabinets du ministère de l’Économie parient sur une erreur d’inattention d’une équipe un brin lessivée par des mois éreintants rue de Varenne – « J’ai tout de suite pensé que ça ne venait pas du Premier ministre lui-même, mais de Matignon », souffle un membre du gouvernement -, d’autres en revanche avancent l’hypothèse d’une prise de risque calculée afin de prendre un temps d’avance sur des détracteurs en toupie. Mieux, de les prendre à leur propre en piège en les encourageant à vociférer pour mieux démontrer que leurs calculs sont fallacieux. En mars, les services de Bercy n’avaient pas le recul nécessaire pour calculer et présenter précisément ce que l’État avait à perdre ou à gagner avec la flambée des prix de l’essence ; jeudi, Sébastien Lecornu a missionné son ministre du Budget David Amiel en lui demandant de rendre ce chiffre public dans la journée de ce vendredi. Rira bien qui rira le dernier.

    Ce qui est certain, c’est que jeudi soir encore, personne ou presque en dehors de l’entourage du Premier ministre n’avait la moindre idée de la stratégie de Matignon dans cette affaire sémantique. « Boulette ou anticipation ? Connaissant le bonhomme, je mise sur le coup d’avance », chuchote le conseiller d’un ministre concerné de près par l’épisode. Que Sébastien Lecornu soit un stratège, chacun peut en convenir. Que cela le conduise de temps à autre à des coups d’éclat dans le feutré, sans piper mot, ses ministres l’ont découvert durant le budget… et redécouvert à nouveau cette semaine.

    Seulement, à jouer avec le feu, on finit parfois par se brûler, d’autant que l’odeur de l’essence n’est pas près de s’évaporer. Selon un sondage mené par l’institut Elabe pour BFMTV et publié jeudi, deux tiers des Français disent anticiper des pénuries d’essence et 61 % d’entre eux s’inquiètent d’une pénurie de certaines matières premières. Peut-on leur donner tort ? « On peut difficilement le dire publiquement, mais même si l’offensive de Trump s’arrête, la crise risque de durer au moins jusqu’à l’été. Il est même possible qu’on entre à un moment donné dans une crise de volume… donc dans une crise d’approvisionnement », glisse un ministre de plein exercice. Le mot « pénurie » n’est pas mis sur la table, mais c’est tout comme. Alors au fur et à mesure que la crise va s’accentuer, peut-être Matignon devra-t-il s’abstenir de jouer avec les mots.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/sebastien-lecornu-et-le-surplus-de-tva-sur-lessence-les-dessous-dun-pari-rate-IW2MVSSOKZG7TDEZOAGZKTFKTM/

    Author : Erwan Bruckert

    Publish date : 2026-04-03 09:45:00

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  • Purge au Pentagone : le grand ménage de Pete Hegseth en pleine guerre en Iran


    Un Pentagone de moins en moins gradé, marqué par un nouveau départ. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a renvoyé, jeudi 2 avril, le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Randy George. Sans évoquer aucune raison, le Pentagone a signifié dans un communiqué que l’officier de 61 ans, en poste depuis septembre 2023, allait quitter ses fonctions « avec effet immédiat », partant à la retraite de manière anticipée. « Le Département de la Guerre est reconnaissant pour les décennies de service du général George à notre nation », a publié sur X le porte-parole du Pentagone Sean Parnell.

    Le licenciement du général George n’est pas l’unique départ selon le New York Times puisque le général David M. Hodne, qui avait été promu en octobre à la tête du commandement de transformation et d’entraînement de l’armée, et le général de division William Green Jr, chef du corps des aumôniers de l’armée de terre, ont également été renvoyés. Selon le même article, le général Christopher LaNeve, assistant militaire principal d’Hegseth au Pentagone puis vice-chef d’état-major de l’armée, devrait être promu chef d’état-major de l’armée de terre.

    Modernisation de l’armée

    Le départ du général George marque une nouvelle étape dans la purge effectuée depuis quelque temps par le secrétaire à la Défense, qui a désormais remplacé la majorité des chefs des armées. Fin février, le général CQ Brown, qui présidait le Comité des chefs d’état-major interarmées, et l’amiral Lisa Franchetti, qui commandait les opérations navales, ont tous les deux été renvoyés par Pete Hegseth. Le général David Allvin, chef d’état-major de l’armée de l’air, et son adjoint, le général James Slife, avaient subi le même sort.

    Nommé par Joe Biden en 2023, le général George avait également été conseiller militaire principal de Lloyd Austin, le secrétaire à la Défense du successeur de Biden. Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, il avait œuvré à la modernisation de l’armée et notamment à l’achat de drones et de nouvelles technologies pour les soldats dans le cadre du programme « transformation en contact ».

    Le général Randy George, devant le Pentagone, le 19 septembre 2025.

    Alors qu’il a servi à de multiples reprises en Afghanistan et en Irak, il a régulièrement préféré retirer ses troupes de batailles sanglantes et incertaines, pour se concentrer sur la protection de la population. En pleine guerre en Iran, le départ d’un général aussi expérimenté dans la région a provoqué la colère des officiers supérieurs, de plus en plus conscients de la mainmise de Pete Hegseth sur l’armée américaine.

    Une armée en pleine tourmente

    Ces derniers temps, les relations entre le général George et Hegseth s’étaient fortement refroidies : le secrétaire à la Défense bloquait la nomination de quatre officiers, deux femmes et deux hommes noirs, de l’armée de l’air au rang de général à une étoile. Alors que le général George avait refusé de retirer les quatre officiers de la liste des promotions, il souhaitait confronter le secrétaire à la Défense sur ses ingérences dans les nominations.

    La décision du secrétaire à la Défense bouleverse encore un peu plus une armée américaine en pleine polémique après que Pete Hegseth a annulé les sanctions envers les pilotes d’hélicoptère qui avaient survolé la résidence du musicien Kid Rock, fervent soutien du président Trump. Alors que la rumeur de l’envoi de troupes américaines au sol en Iran enfle de plus en plus, les multiples renvois de généraux, remplacés par des fidèles de l’administration Trump, laissent entrevoir une volonté de s’assurer le soutien de l’armée dans ce conflit.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/purge-au-pentagone-le-grand-menage-de-pete-hegseth-en-pleine-guerre-en-iran-3SK7WBI6N5ANXNGMJOHKM5IDL4/

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    Publish date : 2026-04-03 13:30:00

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  • Cadmium, pesticides, cancer, pression du ministère… L’Anses répond aux critiques

    L’Anses est-elle trop laxiste, trop proche des industriels ? A-t-elle été muselée par le gouvernement, ou, au contraire, est-elle trop sévère, sourde aux revendications du monde agricole ? A chaque rapport d’expertise, à chaque décision de mise ou de retrait du marché, l’Agence nationale de sécurité sanitaire fait l’objet de critiques. Un pesticide n’est pas jugé dangereux pour la santé en population générale ? Voilà forcément la marque du lobby de l’agroalimentaire. Un engrais est retiré du marché ? La même agence est accusée de connivence avec la gauche et les organisations non gouvernementales.

    Dernier exemple en date, ce rapport sur le cadmium, publié le 25 mars dernier. L’Agence fait état d’une contamination trop importante de la population par ce métal lourd toxique à certaines doses. Sur les plateaux et dans les colonnes des médias, certains jugent l’avis trop timide, quand d’autres fustigent une panique inutile. Le 30 mars, la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab) enfonce le clou. Elle a lu le rapport, et croit y voir des erreurs factuelles. Des journalistes de presse écrite sont mis dans la boucle, et voilà l’Agence au cœur d’une nouvelle polémique, accusée cette fois-ci de manipuler à dessein l’expertise scientifique.

    Qu’en est-il réellement ? Comment l’Anses choisit-elle les travaux scientifiques qu’elle passe en revue, et les experts avec qui elle travaille ? Dans une lettre adressée à la filière obtenue par L’Express, l’institution assure confectionner ses rapports en toute transparence, et propose « une réunion d’échange », pour mettre en perspective ses travaux. En quoi consiste la méthodologie de l’institution ? Peut-on vraiment lui faire confiance ? Sur quoi exactement, l’Agence fonde-t-elle ses expertises ? A-t-elle encore toute latitude pour produire des conclusions valides sur le plan scientifique ? Mathieu Schuler, son directeur général délégué, a accepté de se prêter au jeu du face-à-face avec L’Express.

    L’Express : La Fédération nationale de l’agriculture biologique vous accuse d’avoir écarté des publications montrant une moindre concentration en cadmium dans ce type de produits. Pourquoi ne pas avoir retenu ces travaux ?

    Mathieu Schuler : Les experts mandatés par l’Anses produisent des expertises répondant à des questions précises, sélectionnées par des ministères, des organisations non gouvernementales, ou par l’Agence elle-même, sur la base de saisines. Dans le cadre du cadmium, l’Agence s’est autosaisie, à partir d’études montrant des niveaux d’exposition et d’imprégnation de plus en plus importants par ce métal lourd chez les Français, et notamment les enfants. Face à ce constat, la question posée était celle des leviers d’action, des moyens à mettre en œuvre pour limiter cette exposition.

    Pour y répondre, les experts de l’agence ont d’abord entrepris de documenter les sources d’exposition. Notre expertise montre qu’après le tabac, qui reste la première source mais dont la nocivité est déjà connue, l’alimentation s’avère être une voie majeure. Elle montre aussi que les aliments contaminés sont très nombreux et que la plupart des produits relève d’une consommation courante. Une fois que l’on sait cela, que faire ? L’Anses a alors entrepris de déterminer parmi les leviers d’actions potentiels ceux qui pourraient s’avérer être un volet de préconisation important.

    C’est là toute la subtilité du sujet. Plutôt que de faire reposer sur l’action sur le consommateur, les experts mandatés par l’Anses ont jugé plus efficaces les solutions à l’échelle collective, à la source du problème. A ce titre, l’agence recommande en premier lieu de ne pas dépasser un flux d’apport de 2 g de cadmium par hectare et par an, toutes sources d’apports confondues (engrais, boues, effluents d’élevage, …). Pour les engrais, une teneur maximale de 20 mg de cadmium par kilogramme de pentoxyde de phosphore (P205) dans les engrais minéraux phosphatés permet d’atteindre rapidement cette cible. En France, la norme nationale autorise pour le moment jusqu’à 90 mg de cadmium par kilogramme. En Europe, celle-ci est de 60.

    Si nous abordons rapidement quelques conseils à destination du consommateur – rééquilibrer la part des légumineuses et limiter la part de gâteaux salés ou sucrés – nous n’avons pas exploré en détail toutes les pistes individuelles ! L’Anses n’a pas évalué les apports ou les conséquences d’une alimentation riche ou exclusivement composée de produits issus de l’agriculture biologique, car ce n’était pas l’objet de notre expertise. Il n’y avait donc pas lieu de produire une recension exhaustive des études sur le sujet. Maintenant, si dans le domaine de l’agriculture biologique, les producteurs ont déjà intégré nos recommandations concernant les teneurs en cadmium de leurs produits, je ne peux que m’en réjouir !

    Pourquoi vous aventurer sur ce terrain, et citer tout de même quelques études sur l’agriculture biologique ?

    D’une part, parce que la question nous a été posée lors de la présentation de notre rapport. Si vous regardez, nous en parlons principalement dans la foire aux questions qui accompagne la publication, en annexe en quelque sorte. La question de l’agriculture biologique est aussi évoquée succinctement dans le rapport, car, pour déterminer les leviers d’actions les plus efficaces, il fallait regarder l’apport de ce type de culture. Comme je vous le disais, les experts mandatés par l’Anses n’ont pas relevé dans la littérature de différences significatives et représentatives justifiant de recommander l’adoption d’une agriculture biologique ou d’une alimentation issue de celle-ci concernant l’exposition au cadmium, et c’est à peu près tout ce à quoi le rapport fait référence en la matière.

    Une étude de 2017 jugeait probable une teneur plus faible en cadmium dans les produits issus de l’agriculture biologique. Pourquoi ne pas en avoir fait la communication ?

    Les gens qui ont envie de voir aboutir une prise de position ont tendance à privilégier le dernier papier qui va dans leur sens. C’est vrai en matière d’agriculture biologique, comme au sujet de la 5G et du risque de cancer ! Mais ce n’est pas comme ça que fonctionne l’Anses. Quand nous faisons une expertise, nous ne nous intéressons pas à un papier pris isolément. Le travail de nos experts consiste à prendre en compte un corpus de publications scientifiques, et à voir si elles sont concordantes et robustes. C’est une approche d’ensemble, dite d’intégration, ou de pesée des preuves. Ce que l’Anses dit, c’est qu’au sujet du bio, à l’heure actuelle, les données ne sont pas suffisamment concordantes et robustes pour en faire un levier d’action majeur, et donc à intégrer dans nos recommandations.

    Dans un article, Le Monde voit dans le choix de ne pas parler du bio le résultat d’une intense mise sous tutelle de l’agence par le ministère de l’Agriculture. Que répondez-vous ?

    Plus de soixante experts ont été impliqués dans l’écriture de ce rapport. Dire qu’ils sont tous sous l’influence du ministère, hypnotisés par tel ou tel acteur, ce n’est pas vraisemblable. Je ne vois pas le début d’un mécanisme qui montrerait cela. Les experts mandatés sont des scientifiques indépendants, rattachés à des grands établissements de recherche, comme l’Inserm, travaillant pour des universités françaises ou étrangères. Ils sont sollicités sur la base de leurs compétences, et après une analyse fine de leurs liens d’intérêt. Les scientifiques qui répondent à notre appel à candidature sont constitués ensuite en groupes de travail, ils explorent la littérature et réalisent des entretiens complémentaires. Comme les autres parties prenantes, les représentants du monde agricole, et diverses institutions et équipes scientifiques, le ministère peut être auditionné, mais jamais il ne nous explique ce qu’il faut écrire.

    Un protocole très strict décline la marche à suivre pour garantir l’indépendance de l’évaluation scientifique. Les experts analysent d’abord les données, puis ils entament un processus contradictoire, qui consiste à soupeser les éléments favorables et défavorables aux différentes hypothèses de travail. Tout ceci se fait de manière libre, transparente et indépendante, et permet d’aboutir à une série de conclusions. L’Agence, en tant qu’institution, n’apporte qu’une mise en expertise, dans une partie spécifique de l’avis qui est la conclusion de l’Agence. Un travail d’aller-retour entre les conclusions des experts et l’Anses peut se faire sur la forme, pour expliciter certains éléments, mais rien n’est modifié sur le fond des conclusions des experts sans leur approbation. Ce n’est qu’une fois le rapport terminé, et l’avis signé, validé, qu’il est transmis au ministère. Le projet n’est en aucun cas partagé en amont !

    Une partie des expertises de l’Anses se fait sur saisine du ministère, c’est-à-dire à sa demande. Disposez-vous de la latitude suffisante pour pouvoir vous emparer de sujets qui ne seraient pas la priorité du gouvernement ?

    Les quatre ministères de tutelle de l’Agence sont à l’origine de 85 % environ des saisines, mais il ne s’agit pas de l’unique manière de solliciter l’Anses. Nous pouvons nous autosaisir, ce qui n’est pas le cas dans tous les pays. Les organisations non gouvernementales peuvent également le faire. Il y a quelques mois, nous avons rendu un avis sur la santé mentale des livreurs à vélo, sur saisine d’un syndicat, par exemple. C’est important que des parties prenantes venant de la société civile puissent nous actionner, car cela participe à élargir notre regard, et les différents risques analysés.

    Certaines saisines peuvent aussi se faire en concertation avec les ministères. Soit parce qu’ils veulent se joindre à une saisine d’ONG, pour montrer leur intérêt – ce fut le cas récemment, sur la question de la prise en charge par le Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides pour une fleuriste dont la fille avait été atteinte d’un cancer. Soit pour s’assurer d’une forme de complémentarité. Il y a quelques mois, des alertes ont émergé au sujet de la fièvre aphteuse, l’Anses avait envisagé une autosaisine ou une saisine pour réexaminer, pour différentes maladies animales, l’alternative à l’abattage total en amont d’une éventuelle situation de crise ; nous n’avons malheureusement pas eu le temps de converger et de l’engager parce que la dermatose nodulaire contagieuse s’est imposée comme une priorité nationale.

    Sur quoi se base la sélection des articles scientifiques faite par l’Anses, et comment se protège-t-elle de la « fabrique du doute », ces opérations qui consistent à polluer la littérature scientifique d’études connexes ou de résultats biaisés, pour détourner des vrais problèmes ?

    L’Anses s’appuie sur une méthodologie validée par son conseil scientifique, qui vise à sélectionner et hiérarchiser les différents niveaux de preuves trouvées dans la littérature. On passe d’abord par un schéma appelé Pecot, qui permet de déterminer un certain nombre de critères de sélection, en fonction du type de population concerné, du type d’exposition mesuré et des résultats ou impacts sanitaires attendus.

    Une fois que les experts ont lancé leur filet, il faut trier les poissons, s’assurer de retenir uniquement ce qui a de la valeur pour notre expertise. Pour ce faire, nous utilisons les diagrammes appelés Prisma, des sortes de recettes étape par étape, que l’on applique pour écarter les mauvaises prises. Cela va de la pertinence du sujet à certains détails de méthodologie. Pour les études des industriels, on s’assure que les données respectent le référentiel officiel dit « Bonnes pratiques de laboratoire », une sorte de label de bonne conduite des protocoles expérimentaux, définis par l’OCDE. Et pour autant, on vérifie quand même, au sein de l’article, si les résultats sont cohérents avec la littérature. Rien n’est pris pour argent comptant. Le risque n’est jamais de zéro. Mais cette méthode nous permet d’éviter d’être dépendant de quelques études aux résultats discutables.

    Comment expliquez-vous la contestation systématique de vos études ?

    Nos prises de décisions sont parfois attaquées par des ONG pour qui nous n’en faisons pas assez, et des industriels qui pensent au contraire que nous en faisons trop. Est-ce que l’expertise est plus ou moins contestée que par le passé ? Je suis à l’Agence depuis 2018. Nous produisons environ 150 expertises par an, le volume a été un peu réduit pour nous concentrer sur des sujets à forts enjeux, donc forcément plus débattus. Mais c’est vrai que les attentes évoluent également. Nous avons renforcé les explications sur les liens d’intérêts de nos experts, sur la méthodologie, mais il y a la tentation de remettre en cause le messager quand le message ne plaît pas. Il faut être attentif à cette forme de relativisation qui voudrait que l’opinion individuelle prime sur l’expertise collective. Cette tendance grandit compte tenu notamment de la rapidité des échanges dans le débat public.

    La question de l’agriculture biologique en est un exemple. L’Anses n’a jamais attaqué la Fédération nationale de l’agriculture biologique, et pourtant c’est comme ça que cela a été perçu. L’agriculture biologique a des vertus importantes, pas seulement sur le cadmium, ni même uniquement sur la santé. Dans un courrier adressé cette semaine à la Fnab, nous avons ouvert la possibilité d’envisager une expertise sanitaire propre aux conditions de production de l’agriculture biologique. En dépassant le seul sujet du cadmium, restrictif quant aux apports potentiels du bio en matière de santé.



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/cadmium-pesticides-cancer-pression-du-ministere-lanses-repond-aux-critiques-AG4YVI4OFJD2ZJRVQBFXWDII6U/

    Author : Antoine Beau

    Publish date : 2026-04-03 14:00:00

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  • Guerre en Iran : l’UE revoit la stratégie de la mission militaire Aspides

    Les « systèmes de corruption » de l’Iran dans le détroit d’Omruz sont « inadmissibles », a jugé Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie européenne, ce jeudi 2 avril. Pour répondre au blocage de Téhéran de cette zone du golfe Persique, et sécuriser les routes maritimes, l’Union européenne va élargir le mandat de sa mission militaire Aspides.

    Composée de trois navires de guerre dont un français, Aspides a été inaugurée en février 2024 par l’Union européenne. Actuellement déployée en mer Rouge, elle a été créée pour protéger les navires marchands des attaques des rebelles houthis – l’organisation islamiste yéménite alliée de l’Iran – dans cette zone. « Purement défensive », elle tient son nom du grec ancien aspis, qui peut être traduit par « bouclier ». Selon la diplomatie européenne, Aspides a porté son assistance à quelque 1 700 navires.

    Selon les termes de son mandat, trois missions ont été attribuées à la flotte maritime : accompagner les navires qui traversent des zones sensibles, les défendre contre les diverses menaces en mer, et assurer une bonne connaissance de la situation maritime. Aspides a donc exclusivement pour rôle de défendre et protéger les navires ciblés par des attaques. Elle ne mène aucune frappe terrestre.

    Désormais, la mission assumera des mesures plus larges, visant à protéger les principales routes maritimes des perturbations causées par la guerre entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran. La décision a été prise à la suite d’une conférence, ce jeudi, visant à discuter d’une action commune pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Plus de 40 pays ont participé à cette visioconférence organisée par la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper. Le 1er avril, le conseil européen publiait également le mandat actualisé d’Aspides. Entre autres : « collecter et partager des informations sur les activités suspectes visant des infrastructures sous-marines critiques, et contribuer au renforcement des capacités en formant les forces maritimes djiboutiennes ».

    Un « bien public mondial »

    Sur X, Kaja Kallas a qualifié le détroit de « bien public mondial » et a jugé inadmissible que « l’Iran exige des pays qu’ils paient pour laisser passer leurs navires ». La diplomate a rapporté que « des mesures diplomatiques, économiques et de sécurité visant à rétablir la sécurité de la navigation » ont été examinées par les dirigeants qui ont répondu présents.

    Thank you @YvetteCooperMP for convening a call of over 40 countries on the Strait of Hormuz.

    This waterway is a global public good. Iran cannot be allowed to charge countries a bounty to let ships pass. International law doesn’t recognise pay-to-pass schemes.

    Today, we looked… pic.twitter.com/jKBP7hhs1g

    — Kaja Kallas (@kajakallas) April 2, 2026

    « Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre une autre voie commerciale essentielle », a ajouté Kaja Kallas.

    « Essentielle » car le détroit d’Ormuz constitue un point stratégique de l’approvisionnement mondial en énergie. Environ 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux y circulent. Depuis le début de la guerre, la circulation de l’or noir est compromise et les prix du carburant flambent à l’échelle mondiale. En France, le tarif du litre de gazole à la pompe a dépassé le record précédemment établit en 1985, culminant à 2,19 euros le 27 mars.

    Les Européens réticents à élargir le mandat d’Aspides

    Toutefois, il y a encore quelques jours, les 27 refusaient de se joindre à la mission de sécurisation américaine dans la région. Et ce, malgré les pressions de Donald Trump. Fin mars, sur son réseau Truth social, le président des Etats-Unis lançait à l’égard des Européens : « Allez chercher votre propre pétrole ! ».

    Lundi 16 mars, à l’issue d’une réunion bruxelloise, Kaja Kallas se justifiait devant les journalistes : « Personne ne veut participer activement à cette guerre. » Un propos appuyé par plusieurs dirigeants européens qui espéraient à l’époque un retour au langage diplomatique.

    Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Jose Manual Albares, penchait pour n’appliquer « aucune modification » au mandat d’Aspides. Quant à son homologue allemand, Johann Wadepuhl, il se disait « très sceptique » dès la veille de la réunion des 27. Le ministre était peu satisfait des performances de la flotte de protection européenne qu’il jugeait « inefficace » en mer Rouge. Le lendemain, Johann Wadepuhl prônait la précaution : d’abord prendre connaissance des objectifs d’Israël et des États-Unis, puis envisager un plan d’action pour sécuriser la région.

    De l’autre côté du Rhin, Emmanuel Macron évoquait le 9 mars une mission internationale « strictement pacifique » pour rouvrir le détroit, et ce seulement « après la sortie de la phase la plus chaude du conflit ». Le président de la République n’avait toutefois pas précisé le rôle auquel il songeait pour la mission Aspides.





    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/guerre-en-iran-lue-revoit-la-strategie-de-la-mission-militaire-aspides-OKGIPCUYJNEEVA5EY7DEZNPLRQ/

    Author : Asia Dayan

    Publish date : 2026-04-03 16:41:00

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  • Ventes de livres : Minier, Vargas, Thilliez… Quel auteur de polar va marquer le mois d’avril ?


    Le printemps est devenu la saison du thriller. Et, depuis 2005, c’est à Lyon que se ruent chaque année les amateurs du genre. Les organisateurs de Quais du Polar sont déjà parvenus à y attirer des écrivains d’une soixantaine de nationalités différentes. Les vedettes françaises ne sont pas oubliées dans la programmation. Ce week-end, Benjamin Dierstein y présente ainsi 14 juillet (Flammarion) et les fans de Bernard Minier peuvent se faire dédicacer leurs livres par l’auteur de Glacé. Lancé dès ses débuts en 2011 par le succès de son premier roman (vendu à plus de 600 000 exemplaires chez Pocket), Minier est resté abonné aux best-sellers, capable de dépasser les 200 000 exemplaires en grand format (avec La Vallée) et d’exploser les compteurs en poche (M, le bord de l’abîme, La Vallée, Nuit, Sœurs, Le Cercle, N’éteins pas la lumière et Une putain d’histoire se sont tous écoulés entre 300 000 et 500 000 exemplaires dans ce format). Si on connaît surtout son héros principal, Martin Servaz, Minier a une autre héroïne récurrente, Lucia Guerrero, enquêtrice de la Guardia Civil qui apparaissait déjà dans Lucia (2022) et Les Effacées (2024). Elle reprend du service dans Ruptures (XO), où elle a maille à partir avec un géant de la tech qui ressemble étrangement à Elon Musk. Le livre démarre très bien : il est déjà classé 5e des ventes de romans.

    Ventes de livres : Minier, Vargas, Thilliez… Quel auteur de polar va marquer le mois d’avril ?

    Au vu de son historique, Minier devrait faire mieux que Niko Tackian (Le Hameau, Calmann-Lévy, en librairie), le duo Giacometti-Ravenne (L’Ultime porte, JC Lattès, parution le 15 avril) ou Olivier Bal (Le Piège, XO, sortie le 23 avril). Mais un adversaire de taille se dressera sur sa route : Fred Vargas sera de retour la semaine prochaine avec Une unique lueur (Flammarion). Difficile de ne pas être embarrassé face au cas Vargas, qui avait publié en 2004 La Vérité sur Cesare Battisti. Bien que Battisti lui-même ait reconnu son implication dans quatre meurtres, Vargas s’est obstinée à vouloir défendre l’innocence du terroriste. Heureuse est-elle que ses lecteurs fassent la part des choses, lui pardonnent cette faute et continuent de plébisciter ses romans. Le retour de son commissaire, Adamsberg, est toujours un événement, comme le prouvent les chiffres de ventes de ses cinq derniers titres : 400 000 exemplaires en grand format pour Un lieu incertain en 2008, pareil pour L’Armée furieuse en 2011, 450 000 exemplaires pour Temps glaciaires en 2015, idem pour Quand sort la recluse en 2017 et enfin 350 000 exemplaires pour Sur la dalle en 2023. Sauf surprise, Une unique lueur devrait connaître un sort similaire.

    De notre côté, on attend avec plus de curiosité le nouveau Franck Thilliez, L’Autre moi, à paraître le 28 avril chez Fleuve noir, et sur lequel nous reviendrons plus en détail très prochainement. Depuis La Chambre des morts en 2006, Thilliez publie au moins une nouveauté par an. Comme Amélie Nothomb ou David Foenkinos, l’homme aux 11 millions de livres vendus (avec des sommets tels Le Manuscrit inachevé, Il était deux fois ou 1991) est un des habitués de notre rituel déjeuner de best-sellers de L’Express. On peut déjà préparer son rond de serviette pour la future édition.



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/livre/ventes-de-livres-minier-vargas-thilliez-quel-auteur-de-polar-va-marquer-le-mois-davril-SU34NJSQYJH3VOPV2XZOGEVIEM/

    Author : Louis-Henri de La Rochefoucauld

    Publish date : 2026-04-03 15:34:00

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  • Donald Trump limoge Pam Bondi : la chute d’une fidèle parmi les fidèles

    Garder la face à défaut d’avoir pu conserver son emploi. Pam Bondi a suivi cette règle pendant plusieurs heures entre mercredi et jeudi. Alors que le président américain a annoncé le renvoi de sa procureure générale des États-Unis dans une publication sur son réseau Truth Social jeudi 2 avril, l’ancienne lobbyiste avait appris la nouvelle la veille, selon le Wall Street Journal, en se rendant à l’audience sur le droit du sol à la Cour suprême dans la voiture présidentielle, aux côtés du locataire de la Maison-Blanche. Un trajet de trois kilomètres pendant lequel le républicain, qui avait pris sa décision plus tôt dans la semaine, lui a confié « qu’il [était] temps ».

    Pam Bondi se savait sur la sellette. Elle paie sa gestion chaotique de l’affaire Epstein, dont les dossiers ont été rendus publics en début d’année. Des fichiers mal anonymisés, mal organisés mais surtout un rétropédalage acrobatique. En février 2025, elle affirmait qu’elle avait sur son bureau une « liste de clients » de Jeffrey Epstein, alimentant de nombreuses théories du complot, avant d’être contredite par le FBI et le ministère de la Justice, quelques mois plus tard.

    « Travail terrible »

    Mais ce chamboulement dans l’administration Trump porte surtout la marque de l’ingérence décomplexée du milliardaire autoritaire. Depuis le début de l’année, Donald Trump mettait la pression sur la procureure générale, lui reprochant de ne pas avoir maîtrisé les retombées de l’affaire Epstein mais surtout de ne pas avoir su poursuivre plusieurs de ses ennemis politiques, comme l’ancien directeur du FBI James B. Comey et la procureure générale de l’État de New York, Letitia James. Pourtant, Pam Bondi avait multiplié les ronds de jambe pour apaiser le président américain. Selon plusieurs procureurs de son département, elle a multiplié les occasions pour poursuivre plusieurs cibles de Donald Trump, des affaires finalement bloquées par des jurys. Symbole des efforts considérables, à l’excès, que la ministre avait faits pour satisfaire Trump, un immense portrait du président avait été déroulé sur la face du ministère de la Justice en février. Sans succès.

    Car les reproches du chef de l’Etat envers Pam Bondi persistent depuis janvier. N’hésitant pas à montrer à des visiteurs de la Maison-Blanche les vives critiques envers sa ministre postées sur les réseaux sociaux, il avait estimé qu’elle faisait un « travail terrible » lors d’un événement sportif en janvier dernier. Selon le Wall Street Journal, Donald Trump avait confié à plusieurs proches qu’il envisageait de nommer des conseillers spéciaux pour reprendre plusieurs de ses missions.

    Malgré ces signes, Pam Bondi espérait pouvoir sortir de l’administration Trump la tête haute et ne s’attendait pas à être renvoyée aussi rapidement. Après avoir appris la nouvelle, elle a notamment demandé au président de rester en poste jusqu’à l’été, ce qu’il a refusé. Dans son message sur Truth Social, ce dernier affirme qu’un « important » poste dans le privé lui a été proposé. Pour le moment, aucun remplaçant n’a été annoncé et Todd Blanche, le numéro deux du ministère, assurera l’intérim. S’il pourrait rester plus longtemps si Donald Trump décidait finalement de le nommer, les noms de Lee Zeldin, l’administrateur de l’agence de protection de l’environnement, et du gouverneur de Floride, Ron DeSantis, circulent également.

    Audition cruciale le 14 avril

    Un mois après le renvoi de la secrétaire du ministère de la Sécurité intérieure Kristi Noem, le départ, par la petite porte, de Pam Bondi marque un tournant dans la manière dont Donald Trump gère son administration. Alors que la guerre contre l’Iran et les difficultés économiques aux États-Unis ont écorné son image, à quelques mois des élections de mi-mandat, le président américain semble vouloir renverser la vapeur, quitte à se séparer de proches soutiens. Désormais, la loyauté et les courbettes ne sont plus suffisantes pour être maintenu en poste.

    Mais Donald Trump ne peut pas pour autant se mettre son ancienne procureure générale à dos. Si sa gestion de l’affaire Epstein lui a valu son renvoi, il va très vite la retrouver : elle doit témoigner sous serment le 14 avril, devant le Congrès, sur les crimes commis par l’ex-magnat de l’immobilier, accusé de nombreux crimes sexuels. Malgré le renvoi de Pam Bondi, plusieurs démocrates et au moins une républicaine souhaitent que l’audition soit maintenue.

    Pam Bondi will soon leave her job as the Attorney General.

    My subpoena still stands. When the Oversight Committee moved to subpoena Bondi, I did it by name, not by or not as the sitting Attorney General of the U.S.

    RELEASE THE EPSTEIN FILES.

    — Rep. Nancy Mace (@RepNancyMace) April 2, 2026

    Pour le démocrate Robert Garcia, membre du Comité de surveillance de la Chambre des représentants, la désormais ex-ministre « reste légalement obligée de comparaître sous serment. » « Pam Bondi quittera bientôt son poste de procureure générale, a publié la représentante républicaine de Caroline du Sud Nancy Mace sur X. Mon assignation à comparaître reste valable. Lorsque le Comité de surveillance a décidé de lancer une assignation à comparaître contre Bondi, je l’ai faite nominativement, et non en tant que procureure générale en exercice des États-Unis. » Alors que son nom revient à de très nombreuses reprises dans les fichiers Epstein, Donald Trump a donc intérêt à garder une bonne relation avec son amie de longue date.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-limoge-pam-bondi-la-chute-dune-fidele-parmi-les-fideles-TSQQPXON7FALZKQHPRTGHI6BHI/

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    Publish date : 2026-04-03 11:20:00

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  • EN DIRECT. Guerre en Iran : Vladimir Poutine consacre beaucoup de temps au conflit, dit le Kremlin

    Donald Trump a de nouveau exhorté jeudi soir Téhéran à conclure un accord « avant qu’il ne soit trop tard », après avoir menacé quelques heures plus tôt, lors d’une allocution télévisée, de renvoyer l’Iran à l’ »âge de pierre », déclarant que les Etats-Unis poursuivraient leurs bombardements pendant deux ou trois semaines. Ces commentaires du président américain ne laissent entrevoir aucune issue à court terme au conflit, entré dans son deuxième mois, et ont provoqué une vive hausse des cours du pétrole ainsi qu’un recul des Bourses mondiales. Pas de quoi faire reculer le locataire de la Maison-Blanche, qui a menacé cette nuit de frapper des ponts et des centrales électriques en Iran : les dirigeants iraniens « savent ce qui doit être fait, et ce doit être fait rapidement ! », a-t-il martelé.

    Les infos à retenir

    ⇒ Donald Trump menace de frapper des ponts et des centrales électriques en Iran

    ⇒ Vladimir Poutine consacre beaucoup de temps au conflit, dit le Kremlin

    ⇒ Un premier bateau appartenant à un groupe français a réussi à quitter le détroit d’Ormuz

    12h29

    Les prix alimentaires en hausse de 2,4 % dans le monde

    Les prix alimentaires dans le monde ont grimpé en mars de 2,4 %, pour atteindre leur plus haut niveau depuis septembre 2025, et pourraient encore augmenter si la guerre au Moyen-Orient qui fait flamber les prix de l’énergie se poursuit, a prévenu ce vendredi l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

    12h07

    Le Royaume-Uni va envoyer un système de défense aérienne Rapid Sentry au Koweït

    La Grande-Bretagne va déployer son système de défense aérienne Rapid Sentry au Koweït pour aider à protéger les intérêts britanniques et koweïtiens dans le Golfe, a déclaré ce vendredi le bureau du Premier ministre Keir Starmer, après une attaque de drone iranienne dans la nuit contre une installation pétrolière koweïtienne.

    Keir Starmer a évoqué ce déploiement lors d’un appel téléphonique avec le prince héritier du Koweït, le cheikh Sabah al-Khalid al-Sabah, vendredi matin, a déclaré un porte-parole de Downing Street. « Le Premier ministre a commencé par condamner l’attaque nocturne irresponsable menée par drone contre une raffinerie de pétrole koweïtienne », a déclaré celui-ci. « Il a réaffirmé que le Royaume-Uni se tient aux côtés du Koweït et de tous ses alliés du Golfe. »

    11h52

    Vladimir Poutine consacre beaucoup de temps à la guerre au Moyen-Orient, selon le Kremlin

    Le président russe Vladimir Poutine consacre beaucoup de temps à l’escalade de la crise au Moyen-Orient, a déclaré ce vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

    La Russie, alliée de Téhéran qui a elle-même lancé une invasion en Ukraine, a appelé à plusieurs reprises à la désescalade au Moyen-Orient.

    11h03

    Un premier bateau de la CMA CGM a réussi à quitter le détroit d’Ormuz

    Un porte-conteneurs appartenant au groupe français de transport maritime CMA CGM a passé jeudi le détroit d’Ormuz pour sortir du Golfe en affichant via son signal de navigation avoir un « propriétaire français », selon les données de suivi maritime du site MarineTraffic consultées ce vendredi. Sous pavillon maltais, le Kribi se trouve ce matin au large de Mascate.

    10h40

    Un complexe gazier fermé à Abou Dhabi après une chute de débris

    Une chute de débris après l’interception d’une menace aérienne sur les installations gazières d’Habshan, à Abou Dhabi, a provoqué une suspension temporaire des opérations et un incendie que les équipes d’urgence s’efforçaient de maîtriser, aucun blessé n’ayant été signalé, a déclaré le bureau des médias d’Abou Dhabi ce vendredi.

    09h53

    Une centrale électrique et de dessalement d’eau touchée par une attaque au Koweït

    Une attaque iranienne a touché une centrale électrique et de dessalement d’eau au Koweït, causant des dégâts matériels sur certaines parties de l’installation, a indiqué ce matin le ministère koweïtien de l’Électricité, de l’Eau et des Énergies renouvelables. Des équipes d’urgence et techniques sont mobilisées afin d’assurer la continuité des opérations et la sécurité du site, a-t-il précisé.

    09h19

    Trois procédures en cours en France sur le « terrorisme d’État iranien »

    La justice française mène trois procédures « sur le terrorisme d’État iranien », a indiqué ce matin sur franceinfo Olivier Christen, procureur national antiterroriste. « Sur le terrorisme d’État iranien, nous avons trois procédures actuellement en cours, deux qui avaient été ouvertes respectivement en 2024 et un peu plus tard dans cette même année 2024 », a-t-il dit, sans plus de précisions.

    09h15

    La guerre sera « longue », prévient Benjamin Haddad

    « Il faut se préparer à une guerre longue, qui peut durer, qui aura des conséquences durables », a souligné ce vendredi matin le ministre délégué à l’Europe, Benjamin Haddad, sur Europe 1/CNews. « Nous voulons contribuer après la guerre à une mission pour la liberté de navigation, la circulation du détroit d’Ormuz », a-t-il souligné.

    09h08

    Un projet de résolution sur le détroit d’Ormuz examiné à l’ONU

    Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se prononcer samedi sur une proposition de résolution de Bahreïn visant à rétablir et protéger le transit des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, mais le projet, qui prévoyait des mesures « offensives », a été remanié sous la pression de la Chine et de la Russie.

    08h41

    Volodymyr Zelensky propose l’expertise maritime de l’Ukraine pour aider à rouvrir le détroit d’Ormuz

    Le président ukrainien a proposé hier de mettre l’expertise de Kiev en matière de liberté de navigation en mer Noire à la disposition des pays qui réfléchissent actuellement à la manière de rouvrir le détroit d’Ormuz, bloqué de facto par l’Iran.

    Dans son allocution vidéo quotidienne, Volodymyr Zelensky a déclaré que le ministre des Affaires étrangères, Andriy Sybiha, avait participé à une réunion virtuelle consacrée à la réouverture du détroit d’Ormuz, avec une quarantaine d’autres pays. « L’Ukraine possède l’expertise nécessaire en matière de voies navigables maritimes, de défense et de réouverture du trafic maritime », a-t-il déclaré. « Si nos partenaires sont prêts à agir, nous examinerons comment nous pouvons les renforcer, comment nous pouvons mettre à profit notre expertise, nos connaissances et notre potentiel technologique. »

    08h16

    L’UE se prépare à un choc énergétique « durable »

    L’Union européenne étudie « toutes les possibilités », y compris un rationnement du carburant et de nouvelles mises sur le marché de pétrole en provenance de ses réserves stratégiques, alors qu’elle se prépare à un choc énergétique « durable » lié à la guerre au Moyen-Orient, a déclaré le commissaire européen à l’Energie, Dan Jorgensen, dans un entretien au Financial Times.

    07h51

    L’Iran affirme qu’un avion de chasse américain a été abattu

    Un avion de chasse américain F-35 a été abattu dans le centre de l’Iran, rapporte l’agence de presse Mehr, ajoutant qu’il est peu probable que le pilote ait survécu. L’information n’a pas encore été confirmée.

    Mi-mars, CNN rapportait qu’un F-35 avait dû effectuer un atterrissage d’urgence sur une base aérienne américaine au Moyen-Orient après avoir été touché par ce qui semble être des tirs iraniens.

    07h23

    Des incendies à la raffinerie Mina Al-Ahmadi au Koweït

    « La raffinerie de Mina Al-Ahmadi a été visée par une attaque de drone tôt ce matin, ce qui a provoqué des incendies sur plusieurs unités opérationnelles », a annoncé ce vendredi l’agence nationale KUNA, citant la Kuwait Petroleum Corporation, la compagnie pétrolière nationale. Aucun blessé n’a été signalé.

    07h10

    Des experts s’inquiètent de possibles crimes de guerre commis par les Etats-Unis

    Des dizaines d’experts en droit international aux Etats-Unis, dont des représentants d’universités prestigieuses comme Harvard, Yale, Stanford et l’Université de Californie, ont signé une tribune dans laquelle ils estiment que les frappes américaines en Iran pourraient constituer des crimes de guerre.

    Selon eux, le comportement des forces américaines et les déclarations des hauts responsables américains « soulèvent de graves préoccupations quant à des violations du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire, y compris d’éventuels crimes de guerre ». Leur texte mentionne notamment une déclaration de Donald Trump à la mi-mars, selon laquelle les États-Unis pourraient mener des frappes contre l’Iran « juste pour le plaisir ».

    Les experts se disent « très préoccupés par les frappes qui ont visé des écoles, des établissements de santé et des habitations », citant en particulier une frappe contre une école en Iran dès le premier jour de la guerre.

    06h59

    Donald Trump menace de frapper des ponts et des centrales électriques en Iran

    Le président américain a menacé cette nuit de frapper et de détruire des ponts et des centrales électriques en Iran. L’armée américaine « n’a pas encore commencé à détruire ce qu’il reste en Iran. Ce sera ensuite le tour des ponts, puis des centrales électriques », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Les dirigeants iraniens « savent ce qui doit être fait, et ce doit être fait rapidement ! », a ajouté Donald Trump.

    Hier soir déjà, le locataire de la Maison-Blanche avait publié sur les réseaux sociaux une vidéo montrant ce qu’il a décrit comme la destruction du plus grand pont d’Iran lors d’une frappe, et avait déclaré qu’il était temps pour l’Iran de conclure un accord « avant qu’il ne soit trop tard ». Huit civils ont perdu la vie dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

    06h54

    Les Houthis du Yémen revendiquent une quatrième attaque contre Israël

    Les Houthis du Yémen ont revendiqué hier soir dans un communiqué « une opération militaire menée par une salve de missiles balistiques » visant des « objectifs vitaux de l’ennemi israélien » dans la région de Jaffa. Il s’agit de leur quatrième attaque contre l’Etat hébreu depuis leur entrée en guerre, le week-end dernier.

    06h50

    Bienvenue dans ce direct

    Bonjour et bienvenue dans ce direct. Nous continuons à suivre ce vendredi 3 avril la guerre au Moyen-Orient, qui en est désormais à son 35e jour.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-donald-trump-menace-de-frapper-des-ponts-et-des-centrales-electriques-en-iran-YJWR44LRABC2RALUTWZLLSPXXE/

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    Publish date : 2026-04-03 10:35:00

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  • Rima Hassan bientôt jugée pour apologie du terrorisme : ce qui est reproché à l’élue LFI

    La députée européenne Rima Hassan sera bien jugée. Après sa garde à vue, jeudi 2 avril, levée en fin de journée, le parquet a confirmé que l’élue franco-palestinienne de La France insoumise serait jugée pour « apologie de terrorisme commise en ligne » le 7 juillet devant le tribunal correctionnel de Paris.

    Le parquet lui reproche un message, publié le 26 mars dernier, faisant référence à l’ancien membre de l’armée rouge japonaise Kozo Okamoto, auteur de l’attentat à l’aéroport de Lod à Tel-Aviv en Israël en 1972, ayant fait 26 morts et 80 blessés. En repostant sur le réseau social X un tweet du compte « IsraelExposed » qui revenait sur le parcours du terroriste japonais, Rima Hassan avait cité une phrase d’Okamoto, en faveur de la Palestine : « J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. » Son tweet a, depuis, été supprimé.

    Des fuites « indignes »

    L’Organisation juive européenne (OJE) avait porté plainte, le jour de la publication, contre l’élue européenne, alors que le député du Rassemblement national Matthias Renault affirmait, fin mars, l’avoir signalé au procureur via l’article 40. À l’annonce du placement en garde à vue de Rima Hassan, l’élu d’extrême droite s’est réjoui sur X. Le message avait également été signalé au parquet par la Licra.

    Pour le moment, Rima Hassan et son avocat Vincent Brengarth n’ont pas souhaité commenter la procédure et gardent leur réaction pour une conférence de presse organisée ce vendredi 3 avril après-midi.

    Parallèlement à cette affaire, plusieurs médias ont affirmé que ce qui s’apparenterait à du CBD et de la 3-MMC, une drogue de synthèse, avait été retrouvé dans le sac de l’eurodéputée, fouillé lors de la garde à vue. Si le parquet a confirmé cette information, Rima Hassan a rejeté ces accusations : « Seule la présence de CBD a été constatée parmi mes effets personnels, ce qui est parfaitement légal et que j’utilise à des fins médicales », a-t-elle affirmé jeudi dans un message sur X, dénonçant des « fuites illégales ». En sortant de la garde à vue, Maître Brengarth les avait déjà pointées du doigt devant les caméras des médias. « Les fuites qui ont eu lieu pendant la garde à vue sont parfaitement indignes », avait réagi l’avocat, demandant au parquet d’en tirer « l’ensemble des conséquences ».

    Immunité parlementaire ?

    L’annonce de la mise en garde à vue de Rima Hassan a rendu les insoumis furieux. « Dans la France de Macron, la criminalisation des opposants politiques passe encore un cap », a réagi la cheffe de file des insoumis à l’Assemblée nationale Mathilde Panot. « Pendant toute la journée, sur la base de fuites policières illégales, Rima Hassan a été salie, insultée et calomniée dans toute la presse », a fustigé le coordinateur politique de LFI, Manuel Bompard, dénonçant des « fuites organisées dans la police et la justice pour salir les insoumis ».

    La police politique a convoqué une fois de plus Rima Hassan en garde à vue à propos d’un retweet du mois de mars. Il n’y a donc plus d’immunité parlementaire en France. Insupportable. La loi Yadan n’a pas été votée mais elle s’applique déjà ?

    — Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) April 2, 2026

    « La police politique a convoqué une fois de plus Rima Hassan en garde à vue à propos d’un retweet du mois de mars. Il n’y a donc plus d’immunité parlementaire en France », a réagi Jean-Luc Mélenchon sur son compte X. De son côté, l’eurodéputée socialiste Chloé Ridel s’est étonnée de la procédure à l’encontre de Rima Hassan. « Tout est disproportionné dans la garde à vue requise contre la députée européenne Rima Hassan en violation de son immunité parlementaire, quels que soient nos désaccords », a-t-elle réagi sur X. Si Rima Hassan bénéficie d’une immunité parlementaire en tant qu’élue européenne, le parquet a estimé que le message pour lequel elle était poursuivie n’entrait pas dans ses fonctions d’eurodéputée et que l’immunité parlementaire ne s’appliquait donc pas.

    « C’était normal de faire un signalement (…) le tweet de Mme Hassan est grave (…),il n’y a pas d’acharnement », a de son côté assuré le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez sur BFMTV ce vendredi matin, en affirmant qu’il ne « fallait rien laisser passer ».

    Cette nouvelle procédure s’ajoute à six autres, toujours en cours. En 2024, la porte-drapeau de la cause palestinienne avait déjà été entendue librement, pour des actes « d’apologie publique d’un acte de terrorisme, commise au moyen d’un service de communication au public en ligne », selon Libération. Treize autres procédures contre l’élue, menées par le pôle national de lutte contre la haine en ligne, ont déjà été classées sans suite, la plupart concernant déjà des tweets. Ce vendredi, plusieurs médias rapportent que Rima Hassan a de nouveau été convoquée au siège de la police judiciaire parisienne, dans le cadre d’une enquête différente des faits de ce jeudi.



    Source link : https://www.lexpress.fr/politique/rima-hassan-bientot-jugee-pour-apologie-du-terrorisme-ce-qui-est-reproche-a-lelue-lfi-ESSTPWMG4VDK3H2R42HXLF4MZI/

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    Publish date : 2026-04-03 08:10:00

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  • La dédicace de Sébastien Lecornu à Jacques Attali, le renseignement européen sous perfusion de la CIA

    La CIA noyaute l’entourage du président vénézuélien, le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah, les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d’indiscrets exclusifs en France… et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.

    Sébastien Lecornu donne de la lecture à Jacques Attali

    Sébastien Lecornu répond à sa manière aux propos de Jacques Attali, invité ce 28 mars sur le plateau de Quelle époque !. Dans une question directement adressée au chef du gouvernement, l’économiste et conseiller de la première heure d’Emmanuel Macron s’était alarmé que la France ne dispose toujours pas de drones, pointant du doigt la responsabilité et l’ »erreur » de l’ex-ministre des Armées. Le Premier ministre a prévu de lui faire parvenir un exemplaire dédicacé du livre de Sébastien Lecornu, Vers la guerre ?. Lui fera-t-il remarquer que plusieurs usines de production de drones militaires ont émergé en France ces derniers mois ?

    Les start-up ukrainiennes de drones à l’assaut de l’Europe

    Après avoir mis à l’épreuve leurs drones sur le front pour repérer et éliminer les troupes russes, les start-up ukrainiennes cherchent à exporter leur savoir-faire en Europe. SkyFall, Fire Point ou encore Swarmer – qui vient de finaliser une introduction remarquée en Bourse, au Nasdaq – ambitionnent d’élargir leur clientèle européenne voire d’implanter des lignes de production sur le continent. Ces entreprises seront représentées en nombre mi-juin à Eurosatory. Le salon professionnel de l’armement et de la sécurité accueillera un pavillon intégralement dédié au ministère de la Défense ukrainien.

    La dépendance américaine des renseignements européens

    « Dans les dix dernières années, 70 % du renseignement antiterroriste en Europe est venu des États-Unis », a affirmé Ruslan Stefanov, directeur du programme économique du think tank bulgare Centre for the Study of Democracy. Un constat qui souligne la dépendance européenne, alors même que Moscou développe l’usage des réseaux criminels comme outil de « guerre hybride », le thème de la table ronde qu’il modérait au Paris Defence and Strategy Forum, mercredi 24 mars.

    Et notre revue de presse vue d’Europe…

    Vieilles recettes. La Russie mise sur un recrutement de long terme au sein des oppositions européennes. Les milliers de Russes ayant quitté le pays depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine sont visés par ces tentatives d’approche, où les agents des services de renseignement alternent menaces et cajoleries. Leur but : maintenir la pression sur la diaspora. (Politico, Bruxelles, 30 mars)

    Espions jetables. Le FSB a récemment publié des annonces sur Telegram proposant aux Russes de gagner « de l’argent facile » en commettant des actes de sabotage. Sa branche de Sverdlovsk, une région au nord du Kazakhstan, l’a décrit comme une « expérience sociale ». (Meduza, Riga, 25 mars)

    Opération. Un Ukrainien de 53 ans a été arrêté samedi à Hagen, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Allemagne. Le parquet fédéral le soupçonne d’espionnage d’un compatriote ukrainien au profit des services de renseignement russes. Selon les enquêteurs, cette surveillance pourrait avoir servi à préparer une attaque ciblée contre cet ancien militaire. (Taggesschau, Hambourg, 30 mars)

    Propagande. Téhéran est soupçonné d’utiliser le Royaume-Uni comme base arrière. Le régime iranien passerait par Press TV, sa chaîne anglophone, pour recruter des espions. Londres servirait ainsi de plateforme pour ses opérations de renseignement et de propagande vers l’Occident. (The Telegraph, Londres, 28 mars)

    Cyber. L’Allemagne alerte sur une intensification des menaces hybrides contre ses infrastructures énergétiques. Dans un rapport, le Bundesamt für Verfassungsschutz (BfV) pointe à la fois une recrudescence des sabotages menés par des groupes d’extrême gauche, et une pression grandissante cyber, notamment d’origine russe. (BfV, Berlin, 26 mars)



    Source link : https://www.lexpress.fr/secret-defense/la-dedicace-de-sebastien-lecornu-a-jacques-attali-le-renseignement-europeen-sous-perfusion-de-la-cia-R5NXUB7YWBHZJGFYPHJETCOEYE/

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    Publish date : 2026-04-03 05:30:00

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  • Guerre en Iran : ce précédent fatal de 1980 que Donald Trump devrait méditer

    L’unique fois où l’armée américaine est intervenue au sol en Iran, il y a 46 ans, l’opération se solda par un désastre militaire et une humiliation politique majeure pour Washington. Ce précédent calamiteux – qui marqua le premier affrontement entre l’Amérique et l’islam militant – pèse aujourd’hui sur la conduite de la guerre d’Iran par Donald Trump. Il contribue à expliquer ses réticences à lancer une intervention terrestre.

    A l’époque, le raid fatal du 24 avril 1980 vise à libérer 52 diplomates et agents américains retenus en otages à Téhéran. Cinq mois auparavant, dans la fièvre révolutionnaire des premiers mois de la République islamique, plusieurs centaines d’étudiants chauffés à blanc par les mollahs ont investi l’ambassade, le 4 novembre 1979, et capturé les employés qui s’y trouvaient (lire à ce sujet Guests of the Ayatollah, par Mark Bowden, Grove Books, 2006, non traduit en français).

    Le président Jimmy Carter prend langue avec Téhéran pour obtenir leur libération. La Maison-Blanche mène la négociation par l’intermédiaire de l’avocat français Christian Bourguet, défenseur des intérêts de la République islamique en France, et de l’homme d’affaires argentin Hector Villalon, un proche du communiste cubain Fidel Castro, qui fut aussi le bras droit du président populiste Juan Peron à Buenos Aires. Cet étrange duo d’émissaires se heurte à un mur. Car à Téhéran, les radicaux encouragés en sous-main par l’ayatollah Khomeini profitent de la crise pour asseoir leur emprise sur le nouveau régime et éliminer les factions rivales. À trois reprises, ils jettent au panier à la dernière minute des projets d’accords péniblement négociés avec Washington.

    Accusé de faiblesse et d’indécision par l’opposition républicaine, le président démocrate, qui entend briguer un deuxième mandat quelques mois plus tard à l’élection de novembre 1980, finit par donner son feu vert à l’option militaire. Premier engagement du commando antiterroriste américain Delta Force, qui vient alors d’être créé, le raid préparé en grand secret par le Pentagone pendant ces cinq mois est d’une incroyable audace.

    Une mission d’une folle complexité

    Il consiste à envoyer quelque 120 militaires américains au beau milieu d’une capitale hostile, qui compte alors 5 millions d’habitants. Là, les commandos doivent prendre d’assaut l’ambassade américaine, un complexe de bâtiments gardés par des étudiants armés et entouré de hauts murs de briques. En même temps, ils doivent investir le ministère des Affaires étrangères, à 3 kilomètres de là, où trois des otages sont retenus. Ils doivent aussi se rendre maîtres d’un aérodrome proche de Téhéran, pour pouvoir exfiltrer les captifs une fois qu’ils seraient libérés. Tout cela en évitant – condition expresse posée par Carter – de faire la moindre victime dans la population civile.

    La mission est d’une folle complexité. Les hélicoptères lourds choisis pour transporter les troupes décollent d’un porte-avions en mer d’Arabie. Or, ces engins – des CH-53 Sea Stallion – ne peuvent pas être ravitaillés en vol. Une étape nocturne est donc prévue dans le grand désert salé iranien, sur une portion de route qui reçoit le nom de code « Desert One ». Six avions de transport militaire C-130 transportant des conteneurs de carburant, partis d’Egypte, y atterrissent afin de ravitailler les hélicoptères, à mi-course des quelque 1 500 kilomètres que ceux-ci doivent parcourir jusqu’à leur destination finale, « Desert Two », aux abords de Téhéran. Là, des camions et des minibus dissimulés dans un entrepôt par des agents de la CIA sont censés convoyer les militaires, la nuit suivante, jusqu’au centre de la capitale.

    Ils n’y parviendront jamais. Car à « Desert One », les ennuis s’accumulent. Seuls six des huit hélicoptères engagés y parviennent. Les deux autres sont victimes de défaillances techniques en chemin. Puis, un camion iranien surgit inopinément sur la route. Comme il tente de fuir, un soldat américain le stoppe d’une roquette. Bourré de carburant, le véhicule explose. L’incendie illumine la scène comme en plein jour. C’est alors que les militaires ébahis voient arriver un autocar iranien, qui transporte 44 passagers. Les soldats l’arraisonnent.

    Ils ne sont pas au bout de leurs peines. Il apparaît qu’un autre hélicoptère est endommagé. Seuls cinq peuvent continuer, alors qu’un minimum de six est nécessaire pour transporter le commando. Après consultation radio avec la Maison-Blanche, il est décidé de suspendre l’opération et de quitter l’Iran, dans l’espoir de revenir quelques jours plus tard avec de nouveaux hélicoptères.

    Le résultat est un désastre

    Le sort en décide autrement. En s’arrachant du sol, le pilote d’un hélico commet une fausse manœuvre, heurte un avion, s’écrase sur lui. Son appareil explose. Huit militaires sont tués dans la collision : cinq aviateurs et trois marines. Dans la confusion, les survivants libèrent les 44 civils iraniens et évacuent les lieux en catastrophe dans les cinq C-130 encore en état de voler, après avoir décidé de laisser sur place tous les hélicoptères. Or, certains de ces appareils transportent des documents secrets… Quelques jours plus tard, les révolutionnaires iraniens y découvriront non seulement tous les détails de l’opération prévue mais aussi les identités d’Iraniens travaillant pour la CIA. Egalement abandonnées sur place, les dépouilles des militaires américains tués sont exhibées en triomphe dans les rues de Téhéran.

    Le résultat est un désastre. En Iran, les radicaux pavoisent. L’ayatollah Khomeini est conforté. Les quelques pragmatiques qui l’entourent sont marginalisés avant d’être écartés. Jusqu’au début de l’année suivante, quelques centaines d’étudiants fanatisés vont tenir en échec la puissante Amérique. Dans le monde arabo-musulman, le rayonnement des islamistes est décuplé. Déconsidéré, Jimmy Carter perd la présidentielle au profit de son adversaire républicain, Ronald Reagan. L’Iran choisira de libérer les otages le jour même de l’investiture du nouveau président, le 20 janvier 1981. Ils auront été retenus pendant 444 jours.

    Six mois après l’échec du commando américain, le 6 octobre 1980, un promoteur immobilier new-yorkais âgé de 34 ans, Donald Trump, est interrogé sur la chaîne de télévision NBC. Pour la première fois, l’homme d’affaires affiche en public un avis touchant à la politique internationale. « Que notre pays reste les bras croisés et qu’il permette à un pays comme l’Iran de retenir nos otages, c’est de mon point de vue une horreur […] Franchement, je ne pense pas qu’ils fassent ça à d’autres pays », déclare Trump.

    L’intervieweuse, Rona Barrett, l’interrompt.

    – Il me semble qu’à votre avis, nous aurions dû y envoyer des troupes pour sortir nos gars, un peu comme au Vietnam…

    – C’est bien mon avis […]. Je pense qu’à l’heure qu’il est, nous serions une nation riche en pétrole ! Nous aurions dû le faire et je suis très déçu que nous ne l’ayons pas fait.

    Depuis un mois, le même Donald Trump qui se faisait alors l’avocat d’une opération terrestre est confronté au dilemme dont fut victime Jimmy Carter. Malgré leur ampleur, les bombardements aériens qu’il a ordonnés ont échoué jusqu’à présent à faire plier la République islamique. Et si, pour soumettre les héritiers de Khomeini, Trump en venait à autoriser une opération militaire au sol en Iran, il prendrait un risque majeur. Le précédent de 1980 est là pour le lui rappeler. Et lui aussi est en année électorale, avec les législatives de mi-mandat prévues en novembre prochain.



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    Author : Luc de Barochez

    Publish date : 2026-04-02 15:20:00

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