Catégorie : L’Express

  • Cancer : Paul Bastard, 25 millions de dollars pour renverser le combat contre les tumeurs

    Avec un curriculum vitæ quelque peu baroque et un parcours académique tout sauf linéaire, le Dr Paul Bastard détonne dans la galerie des scientifiques qui se battent contre le cancer. Ce chercheur de 35 ans, lunettes rondes et chemise Oxford sous la blouse, déjà trente minutes en retard en cette matinée printanière, n’y connaît « pas grand-chose » aux tumeurs. Il n’est « ni oncologue ni épidémiologiste » et pourtant c’est de sa main — et de celles de ses équipes — que pourraient être modelées quelques-unes des futures révolutions en cancérologie.

    Début mars, le pédiatre parisien, chercheur à l’Institut Imagine, a été auréolé d’un Cancer Grand Challenge, une bourse ultra-compétitive et qui examine uniquement les projets de rupture. Comble de l’ironie, le tout premier Français à y parvenir n’est autre qu’un profane, aucunement spécialiste en la matière. Le 1er mai, jour de lancement de ses travaux, le scientifique disposera de 25 millions de dollars de financement, et d’une seule mission : comprendre pourquoi certaines personnes très exposées ne développent pas de tumeur au cours de leur vie, un des mystères les mieux gardés de l’oncologie.

    Qui de mieux qu’un impertinent pour renverser les paradigmes ? Dès ses premiers pas, à l’hôpital Necker (AP-HP) et à l’université américaine Rockefeller, Paul Bastard fait tout à l’envers. Résolument hors des clous, il fait ses premières classes dans l’équipe de Jean-Laurent Casanova, ponte de l’immunologie, se concentre d’abord sur le virus de l’herpès puis, en pleine pandémie, change de braquet et s’attaque au virus du Covid. Premiers travaux, premiers succès. Avant même d’être passé devant son jury de thèse, l’apprenti-scientifique découvre que certains cas graves présentent des défaillances dans le système immunitaire. « Au lieu de lutter, les agents de l’immunité s’attaquent entre eux, ce qui laisse un boulevard pour l’infection », vulgarise-t-il, café en main, une liasse de documents médicaux sur son bureau au quatrième étage de l’Institut Imagine, dans le XVe arrondissement de Paris.

    Des anti-corps contre soi-même

    En poussant les analyses, le scientifique parvient à identifier les mécanismes à l’oeuvre. « Pour nous protéger, décrit-il, le corps fabrique entre autres des anticorps, des protéines chargées de détecter et neutraliser les menaces. Or, les malades que l’on a testés se sont avérés porteurs d’auto-anticorps, les mêmes petits soldats, mais cette fois-ci munis de mauvaises boussoles : au lieu de cibler les intrus, ils s’attaquent à leurs congénères en uniforme à la façon d’une maladie auto-immune, par l’intermédiaire de dysfonctionnement dans la production de l’interféron, une molécule impliquée dans l’inflammation. Dans le cas du Covid-19, plus de 20 % des personnes décédées étaient porteuses de ces auto-anticorps, sans qu’ils ne le sachent ». Un mécanisme bien plus fréquent qu’il n’y paraît.

    Publiée en 2020 dans la revue Science, la découverte fait voler en éclat cette conception binaire qui voudrait mettre les malades rongés par eux-mêmes d’un côté et de l’autre, les personnes saines. A force d’explorer ces mécanismes intermédiaires, peu symptomatiques, et donc très discrets, Paul Bastard se convainc qu’ils interfèrent dans d’autres pathologies, et le voilà désormais sur la piste du cancer. « Notre hypothèse, c’est qu’il y a peut-être un défaut partiel de l’immunité responsable du développement de certains cancers ou à l’inverse, protecteur contre d’éventuelles cellules tumorales ».

    Se focaliser sur l’immunité n’est pas une idée nouvelle. Depuis plus d’une dizaine d’années, les chercheurs disposent d’ »immunothérapies », des médicaments capables de débrider certaines limites du système immunitaire et d’en augmenter les performances. En parallèle, les laboratoires pharmaceutiques développent des vaccins pour aider le corps à reconnaître les cellules tumorales. Mais Paul Bastard, lui, procède à l’exact inverse. Il cible les personnes saines, vise les mécanismes qui permettent à certains organismes de déjouer les pronostics, dans l’espoir d’y trouver un remède.

    A rebours des développements actuels

    À rebours, une fois encore, le scientifique et son équipe examineront donc des dizaines de milliers de patients qui n’ont aucune tumeur. Des individus centenaires, épargnés alors qu’avec l’âge la probabilité de tomber malade est bien plus forte ; des fumeurs aussi, heureux resquilleurs, une vie à flirter avec le mal. Où encore ces personnes infectées par des virus à risque, mais eux aussi indemnes. Sur les paillasses de l’Institut Imagine, des étudiants prélèvent déjà le sang de malades, ils séparent ses composantes et testent ces échantillons, à l’aide de réactifs fluorescents ou ces sortes d’appâts biologiques, qui permettent d’attraper les auto-anticorps.

    Grâce à cette méthode, plusieurs dizaines de milliers de ces protéines vont être répertoriées puis cartographiées. « C’est une approche brillante », félicite le Pr Bruno Quesnel, directeur de la recherche à l’Institut national du cancer. Les données, dont le volume s’annonce inédit, seront ensuite analysées par ATLAS, un gigantesque consortium monté pour l’occasion. « En tout, nous sommes neuf équipes, une à Paris, trois aux Etats-Unis, une en Suède, en Suisse, et au Danemark et deux en Angleterre. Des immunologues, des oncologues, des généticiens, des épidémiologistes vont travailler comme un seul labo, puis on mettra nos données en ligne pour que d’autres rejoignent l’aventure », raconte le Français.

    L’équipe ATLAS du Dr Paul Bastard est l’une des cinq nouvelles équipes récompensées par un Cancer Grand Challenges en 2016, parmi plusieurs centaines de candidatures. Le scientifique est allé lui-même défendre le projet, à New York, en septembre dans un anglais impeccable et devant les meilleures équipes de la planète. Grâce à des financements émanant de Cancer Research UK, de la fondation Torrey Coast, des institutions britanniques, américaines, mais aussi françaises ou encore espagnoles, la structure, fondée en 2017, investit chaque édition 125 millions de dollars, des sommes inhabituelles pour le domaine.

    L’idée : faire émerger des projets internationaux, inconcevable à l’échelle nationale ou continentale. « C’est une philosophie totalement différente de ce qui se fait normalement. Le postulat, c’est de se dire qu’il existe en médecine des défis que nous ne pouvons pas résoudre à l’échelle d’un pays, mais qui nécessitent l’implication des scientifiques de pointe du monde entier, et de sommes extrêmement conséquentes. C’est sur le modèle dit de ‘Big Science’, qui se fait déjà en astronomie avec les super télescopes, ou en physique, avec les accélérateurs à particule du CERN par exemple », décrypte Pr Bruno Quesnel.

    Cinquante fois plus d’argent

    A titre de comparaison, les projets européens les mieux servis récoltent cinq fois moins d’argent, et les projets exclusivement nationaux plus de cinquante fois moins. « Le génie de ce programme, c’est qu’il combine les deux approches standards de la recherche : le top bottom, et le bottom up. Le jury sonde d’abord la communauté scientifique pour identifier les frontières de la connaissance, et les territoires les plus prometteurs, puis il propose un appel à projet, et que le meilleur gagne. Nous sommes extrêmement heureux qu’un Français soit lauréat de cette initiative immensément compétitive », détaille le scientifique, au nom de l’Institut national du cancer.

    L’institution que ce chercheur représente, centrale dans le cancer en France, fait tout son possible pour encourager les Français à viser ce genre de prix, parfois encore trop timorés. « On pense que cette façon de faire, c’est l’avenir. L’internationalisation des recherches contre le cancer est une de nos priorités, car en ce moment le coût d’entrée de nouveaux travaux sur le cancer est très haut. Pour espérer des résultats intéressants, il nous faut développer ce type d’approche très multi-disciplinaire », poursuit le Pr Quesnel.

    Les potentiels débouchés des travaux de Paul Bastard sont à l’image de l’investissement de Cancer Grand Challenges : colossaux. « Forcément, on a tous vu passer ces annonces, c’est hyperprometteur, et très engagé », glisse Suzette Delaloge, grand prix de la recherche Ruban Rose, et prix L’Express des personnalités Sciences et santé pour la prévention 2024. « Le projet pourrait ouvrir un pan nouveau, et demain, faire advenir de nouvelles immunothérapies. Des dépistages pourraient également émerger, basés sur la détection de ces réactions immunitaires qui sont relativement facilement repérables en laboratoire », abonde le Pr Eric Solary, vice-président de la fondation ARC pour la recherche. De quoi identifier de nouveaux patients à risque et pourquoi pas « intercepter » leur cancer avant que la tumeur prospère.

    Paul Bastard est désormais convoité ; sur France Info le jour, dans le quotidien britannique The Guardian le soir, et bientôt dans les colonnes du New York Times et du Wall Street Journal. Qualifiés de « high risk, high gain » – risqués, mais potentiellement très rétributeurs – les projets Cancer Grand Challenges n’aboutissent pas tous sur des révolutions, mais les journalistes lui prédisent déjà un avenir. Si son hypothèse n’est pas la bonne, il aura au moins contribué à faire avancer la connaissance, et écarté une piste potentielle. Pour conjurer le mauvais sort, et se faire rêver, le chercheur décide de passer en revue les exploits des années précédentes. Récemment une équipe du programme, « eDyNAmiC », a fait des découvertes majeures, dans le domaine de l’ADN extrachromosomique, ces morceaux de code génétiques qui arrivent à sortir de la cellule, et à circuler dans le corps. Plus de dix articles ont été publiés dans Nature et d’autres journaux de premier ordre, en à peine trois ans, sur ce mécanisme qui pourrait être impliqué dans la survenue de certains cancers.

    D’où cette confidence, ce « j’ai la pression », glissé à la fin de l’entretien, entre deux portes, comme si répondre à nos questions avait soudainement matérialisé les attentes des patients, alors que le cancer tue chaque année plus de 164 000 personnes rien que dans l’Hexagone. Quelques jours après l’entrevue, nous lui envoyons ses citations, pour qu’il puisse s’assurer qu’il n’y a pas d’erreurs scientifiques. La dernière phrase de l’article aurait dû être : « Le plus époustouflant reste probablement à venir », mais à cela, Paul Bastard a préféré rajouter un « peut-être », de dernière minute. Devant autant d’espoir, il ne vaut sûrement mieux ne rien promettre.



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/cancer-paul-bastard-25-millions-de-dollars-pour-renverser-le-combat-contre-les-tumeurs-FU5B3PRXAJE7NJBYOECZEMTOSI/

    Author : Antoine Beau

    Publish date : 2026-03-28 15:00:00

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  • Guerre en Iran : l’épuisement des missiles Tomahawk inquiète le Pentagone

    « Si la guerre en Ukraine a été un signal d’alarme pour le secteur occidental de la défense, les seize premiers jours du conflit avec l’Iran constituent une alerte incendie annonçant une crise d’endurance », estime dans un rapport publié le 24 mars 2026 le Royal United Services Institute (RUSI) qui met en garde contre la « consommation massive de munitions de pointe lors de l’opération Fureur épique » par les Etats-Unis et Israël, contre l’Iran. En deux semaines, le centre de recherche britannique décompte 11 294 munitions tirées par la coalition israélo-américaine, dont 4 184 à vocation défensive, pour un coût d’environ 26 milliards de dollars. Un calcul qui fait entrer le conflit dans une « phase critique d’approvisionnement » en munition, selon l’institut.

    Diminution menaçante du stock de Tomahawk ?

    Parmi les munitions menacées de pénurie, les redoutables missiles de croisière à longue portée Tomahawk américains. Pouvant parcourir plus de 1 600 kilomètres et tirés depuis des navires de surface ou des sous-marins, ils permettent aux forces américaines d’éviter l’envoi de pilotes dans des zones aériennes fortement défendues. Selon le Washington Post, plus de 850 Tomahawk ont été tirés depuis le début du conflit par l’armée américaine seule.

    Un rythme de tir surveillé de très près par certains seniors du Pentagone, qui craignent que la première armée du monde ne se mette en difficulté sur le long terme si elle maintient cette cadence effrénée. Auprès du journal américain, ils s’inquiètent d’un nombre de missiles restants « alarmant tant il est bas ».

    Capacité réduite à réagir en Ukraine ou à Taïwan

    Selon diverses estimations, l’administration Trump disposait d’entre 3 000 et 4 500 missiles il y a un mois. Pour Mark Cancian, conseiller principal au Center for Strategic and International Studies, qui s’exprime auprès du Washington Post, plus de 800 tirs de Tomahawk contre l’Iran « représenterait environ un quart du stock total et entraînerait un déficit important en cas de conflit dans le Pacifique occidental ». Le RUSI britannique plussoie : « L’endurance n’est pas une question locale. Chaque missile intercepteur et chaque Tomahawk tiré à partir d’un stock limité et difficile à reconstituer réduit la capacité des États-Unis à dissuader et à se défendre sur un autre théâtre d’opérations, par exemple pour protéger Taïwan ou soutenir l’Ukraine », insiste le Think Tank britannique.

    Selon des documents de la Marine des Etats-Unis cités par le Washington Post, les missiles les plus récents coûtent jusqu’à 3,6 millions de dollars l’unité, et nécessitent environ deux ans pour être construits. La production annuelle mondiale est limitée à environ 600 missiles.

    L’Occident incapable de tenir la cadence industrielle ?

    Pour le RUSI désormais, « la domination sur le champ de bataille importe moins que la capacité industrielle à reconstituer les stocks essentiels ». Or, ces 15 premiers jours de guerre ont, selon les chercheurs, « mis en évidence une vulnérabilité critique : un rapport coût-efficacité stratégiquement désastreux que la capacité industrielle occidentale n’est pas en mesure de supporter ».

    L’administration Trump a récemment annoncé que Raytheon et d’autres fabricants « quadrupleront la production des armes de la ‘Classe Exquise’ » (des armes de faute précision) dans le futur. « L’armée américaine a tout ce dont elle a besoin pour exécuter n’importe quelle mission au moment et à l’endroit choisis par le président et selon n’importe quel calendrier », a par ailleurs répondu avec assurance Sean Parnell, porte-parole du Pentagone.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/la-consommation-americaine-de-missiles-contre-liran-inquiete-au-pentagone-HGJRNU75E5DY7AAQRAP46RSORU/

    Author : Enola Richet

    Publish date : 2026-03-28 15:40:00

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  • « Les Iraniens sont entre le marteau et l’enclume » : pourquoi le soulèvement n’a pas eu lieu

    C’était le scénario dont rêvait Benyamin Netanyahou. Lorsque à la mi-janvier, le patron du Mossad, David Barnea, débarque à Washington pour présenter son plan pour l’Iran à la Maison-Blanche, les responsables américains et israéliens les plus optimistes estimaient que l’élimination de hauts cadres iraniens – au premier rang desquels le Guide suprême Ali Khamenei tué dès le 28 février -, combinées à des actions des services de renseignement, provoquerait rapidement un soulèvement populaire.

    Mais plus d’un mois après le début du conflit, et alors que Donald Trump tente d’arracher un accord au régime des mollahs, force est de constater que la révolte tant espérée n’a pas eu lieu. « Trump semble avoir adhéré à une théorie israélienne selon laquelle un choc militaire a des conséquences politiques en cascade. C’était une erreur d’analyse », constate Mohammad Zahid, chercheur spécialiste du Moyen-Orient à Rasanah, un think tank basé en Arabie saoudite. Convaincu de l’existence d’une fenêtre stratégique, le président américain s’est donc lancé dans une opération où l’Amérique sert de démultiplicateur de puissance à l’aviation israélienne : le Pentagone vise principalement des cibles militaires et Israël privilégie une logique de décapitation du pouvoir et de changement de régime. Malgré le déluge de feu déployé et les moyens colossaux dépensés (près d’un milliard de dollars par jour pour l’armée américaine), le régime n’est toujours pas brisé.

    « Donald Trump espérait un scénario à la vénézuélienne, dans lequel l’Iran serait suffisamment fragilisé pour que des éléments internes au régime, plus favorables à la négociation, émergent rapidement », renchérit Paul Salem, chercheur au Middle East Institute. Or, pour l’instant, Téhéran maintient coûte que coûte qu’elle ne négocie rien avec Washington. Et les deux nouveaux piliers du régime – Mohamed Bagher Ghalibaf, président du Parlement, ainsi que le général Mohamed Bagher Zolghadr, à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale – sont connus pour incarner la ligne dure des Gardiens de la révolution.

    Opposants tétanisés

    Le conflit de haute intensité en cours n’est pas la seule raison de cette paralysie sociale dans ce pays réputé pour sa contestation constante depuis près de vingt ans. De l’avis de nombreux Iraniens, les deux jours de massacre des 8 et 9 janvier, qui auraient fait plusieurs dizaines de milliers de morts selon les estimations des ONG, ont tétanisé les opposants. Elaheh*, qui était pourtant dans les cortèges en 2017, en 2019 puis en 2022 après le meurtre de Mahsa Amini, tuée lors de sa garde à vue pour un foulard mal placé, n’est pas près de redescendre dans la rue. « Le risque est devenu beaucoup trop élevé. Les gens sont en mode survie et extrêmement méfiants. Certains regrettent même d’avoir rejoint le mouvement (de janvier). Peu importe ce que disent Trump, Netanyahou ou Pahlavi », s’emporte cette Téhéranaise, qui a encore en mémoire les appels du pied répétés des dirigeants américains et israéliens à se soulever pour instaurer un nouvel ordre. « Nous ne pouvons pas forcer le peuple iranien à descendre dans la rue, mais nous pouvons essayer de créer les conditions qui le permettent, estime une source diplomatique israélienne. Nous ne pouvons pas entrer dans les détails, mais des mesures sont prises pour y contribuer et créer ces conditions ».

    Mais la situation sécuritaire actuelle en Iran jugule donc toute possibilité de renversement. De nombreux témoignages signalent que les forces de sécurité du régime ont multiplié les points de contrôle à Téhéran, fouillant les civils, confisquant leurs téléphones et interrompant leur accès à Internet. « Les rues ne sont toujours pas sûres. Les Gardiens de la révolution et les groupes affiliés sont dehors et sont prêts à tirer sur les gens. Sortir mettrait ma famille en danger, car les Gardiens font aussi des descentes au domicile des manifestants », s’inquiète Siavash*, qui vit dans la région de Karaj, à l’ouest de la capitale. Si certains Iraniens ont préféré fuir pour des zones moins exposées aux bombardements, d’autres à Téhéran tentent, tant bien que mal, de se protéger. Les menaces de frappes américaines sur les sites énergétiques – Donald Trump a prolongé l’ultimatum jusqu’au 6 avril – font redouter une nouvelle punition pour des Iraniens déjà meurtris par la répression la plus sévère de leur histoire. « Ils sont pris entre le marteau et l’enclume. Il y a vraiment de l’épuisement, du désespoir, de la colère, du fait qu’ils subissent encore cette situation. Les gens n’ont vraiment pas les moyens de sortir manifester », abonde l’historien spécialiste du Moyen-Orient Jonathan Piron, alors que près de 1 500 civils auraient été tués dans des frappes américano-israéliennes qui ont touché des écoles, des hôpitaux et d’autres infrastructures non militaires, selon un rapport publié le 27 mars par un consortium d’organisations de défense des droits de l’homme.

    Inquiet pour sa survie, le régime des mollahs a aussi ravivé ses pires réflexes répressifs. A la veille de Norouz, le Nouvel an iranien célébré le 20 mars, la République islamique a exécuté trois personnes, arrêtées lors des manifestations de janvier et accusées du meurtre de « deux agents de la police ». Mehdi Ghasemi, dont l’âge est inconnu, Saleh Mohammadi, lutteur professionnel multimédaillé de 19 ans ainsi que Saeed Davoudi, 21 ans, ont été condamnés pour « guerre contre Dieu » et « actions opérationnelles en faveur du régime sioniste et des Etats-Unis ».

    Ce contexte sécuritaire ne laisse donc entrevoir « aucun soulèvement spontané à brève échéance », nous assure une source diplomatique française. « Les manifestations de janvier ont constitué un défi majeur, peut-être le plus important auquel le régime ait jamais été confronté. Mais le choix d’engager une répression d’une extrême brutalité et de renforcer son contrôle interne est aussi révélateur de sa fragilité », précise-t-elle, alors que Paris a augmenté dès le mois de février le nombre de visas accordés aux ressortissants iraniens demandant l’asile.

    Kurdes méfiants envers Trump

    Afin de semer le chaos et attiser une éventuelle révolte, le Mossad prévoyait aussi de soutenir les milices kurdes. Preuve de la fébrilité iranienne face à cette menace, des frappes menées par Téhéran ont été signalées dans l’ouest du pays, visant à affaiblir une éventuelle résistance de ces organisations armées. Au début de la guerre, des rumeurs évoquaient également une incursion terrestre depuis les montagnes du Kurdistan irakien, refuge des factions iraniennes d’opposition. Mais Donald Trump, qui a un temps envisagé leur participation à ce conflit, a fait volte-face le 7 mars. « Nous n’envisageons pas que les Kurdes y aillent. Nous avons une relation très amicale avec les Kurdes, vous le savez, mais nous ne voulons pas rendre cette guerre plus compliquée qu’elle ne l’est déjà », a assuré le président américain. De fait, la méfiance est de mise face à un président imprévisible, dont les buts de guerre sont restés éternellement flous. Les Kurdes syriens ont clairement averti les Kurdes iraniens de ne pas faire aveuglément confiance à Washington sans garanties concrètes. Parmi leurs doléances : la nécessité d’un véritable appui militaire américain, ainsi que l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne, sur le modèle de celle mise en place lors de la guerre du Golfe en 1991 pour protéger les Kurdes irakiens des bombardements du régime de Saddam Hussein. Le peuple kurde a encore en mémoire l’exemple récent du Rojava, le Kurdistan syrien, dont l’autonomie a pris fin en janvier 2026, après le soutien du locataire de la Maison-Blanche à l’offensive d’Ahmed al-Charaa vouée à reprendre ce territoire…

    Toutefois, cela pourrait très vite évoluer. Alors que Donald Trump se vante constamment « d’être extrêmement en avance sur le calendrier prévu » d’une guerre qui pourrait durer « entre quatre et six semaines », rien ne dit que les États-Unis et Israël ne vont pas à un moment ou à un autre soutenir plus activement – voire armer – ces groupes kurdes ou d’autres minorités ethniques afin d’éroder progressivement le contrôle de l’Etat iranien et favoriser l’émergence d’un soulèvement interne. « Cela rappellerait le scénario syrien sous Bachar el-Assad, qui s’est déroulé sur plus d’une décennie avant de contribuer à l’effondrement du régime », se souvient Paul Salem, expert de la région.

    Mais derrière la question kurde se pose aussi celle « de l’intégrité du territoire iranien », rappelle une source diplomatique israélienne. Nous ne voulons pas créer une situation qui pourrait encourager sa fracturation ». Et même si les Kurdes entraient dans le conflit, le rapport de force militaire pencherait clairement du côté iranien avec ses bassidji, ses Pasdaran (entre 125 000 et 200 000 hommes) et son armée régulière (environ 400 000 hommes). « La question centrale serait de savoir si d’autres minorités armées, notamment les Baloutches, entreraient également en action depuis le sud du pays. Dans un tel scénario, le régime pourrait se retrouver pris en étau », avance David Khalfa, cofondateur de l’Atlantic Middle East Forum. Mais politiquement, l’opposition iranienne peine toujours à trouver un leader capable d’offrir une feuille de route crédible pour l’après-régime. Le fils du Chah, Reza Pahlavi, multiplie ses efforts pour s’imposer comme le recours. Mais si le soulèvement de décembre‑janvier a montré que les monarchistes en exil ont encore une certaine audience, le prince héritier ne bénéficie pour l’instant d’aucun soutien du président américain, qui le surnomme le « loser prince ».

    Toute résurgence d’une contestation pourrait aussi dépendre de la volonté de Donald Trump d’engager une détente dans le conflit ou, au contraire, de procéder à une escalade avec l’envoi de troupes sur le sol iranien. Le déploiement des parachutistes de la 82e division aéroportée au Moyen-Orient, ainsi que de 4 500 Marines, démontre que l’idée n’est plus totalement tabou au sein de l’administration américaine. « Elles ne sont envisagées que dans des scénarios très limités et ciblés comme la prise de l’île de Kharg (le verrou stratégique iranien des exportations d’hydrocarbures) dans le détroit d’Ormuz. Mais pas pour un changement de régime global », nuance Shahar Koifman, l’ancien chef du « bureau Iran » du renseignement militaire israélien pour qui, seuls « un isolement prolongé et une limitation de ses ressources affaiblissent structurellement ce type de régime et peuvent, à terme, favoriser des dynamiques de contestation ». Comment, alors, redonner force et espoir à cette rue iranienne héroïque depuis des décennies ? « Par des défections au sein des élites et des forces de sécurité, des communications protégées contre le black-out du régime, des grèves durables, notamment dans les bazars, des structures locales capables de se coordonner malgré les arrestations », énonce le chercheur Mohammad Zahid. Le temps pourrait donc être le juge de paix. Mais cette perspective ne fait guère l’affaire d’un Donald Trump qui ne veut surtout pas s’éterniser avant les élections américaines de mi-mandat…

    *Les prénoms ont été changés



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/les-iraniens-sont-entre-le-marteau-et-lenclume-pourquoi-le-soulevement-na-pas-eu-lieu-GKCWLBPKZZAZZE6IXGO3RKKJ24/

    Author : Charles Carrasco

    Publish date : 2026-03-28 16:00:00

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  • Donald Trump : la tentation périlleuse d’un coup de force sur l’île iranienne de Kharg

    Alors que le président Donald Trump espère conclure un accord avec l’Iran pour mettre fin au conflit qui dure depuis un mois, le Financial Times rapporte que Washington envisage une autre option : prendre l’île de Kharg, située dans le golfe Persique à quelque 26 kilomètres des côtes iraniennes, où se trouvent 90 % des réserves pétrolières de Téhéran destinées aux exportations – les eaux profondes qui l’entourent permettent l’amarrage de pétroliers de fort tonnage. S’emparer de ce cœur pétrolier iranien permettrait à Donald Trump d’étouffer les revenus de Téhéran et de plier le régime à sa volonté — bien que celle-ci reste plus floue que jamais.

    L’image décrite par le journal américain est digne d’un blockbuster sur les Marines : « Les troupes américaines approchent de l’île de Kharg, volant bas à bord d’aéronefs à rotors et d’hélicoptères. À l’atterrissage, elles se déploient sur le centre vital d’exportation pétrolière, le tout sous le feu iranien. Les troupes restent proches des infrastructures pétrolières de l’île pour se couvrir, confrontant le régime iranien à un dilemme extraordinaire : détruire les installations pétrolières pour atteindre l’ennemi ? Ou se retenir, permettant à Washington de prendre le contrôle de l’épine dorsale économique du pays ? »

    L’objectif de cette opération, qui pourrait se dérouler dans les prochaines semaines, serait de s’emparer rapidement de l’île et de ses installations, en frappant d’abord les défenses avec des munitions de précision, puis en insérant les troupes par hélicoptère ou avions. « C’est une opération classique des Marines. C’est la raison pour laquelle les Marines existent », explique Karen Gibson, ancienne directrice du renseignement américain auprès du FT.

    Des troupes déjà en route

    Des responsables américains ont déclaré à Reuters que l’administration Trump étudiait bel et bien l’option de cette intervention terrestre. Selon le Financial Times, plusieurs indices laissent aussi penser que les États-Unis envisagent d’attaquer Kharg : deux unités expéditionnaires des Marines (MEU) seraient déjà en route, chacune composée de 2 200 soldats. Ils seraient transportés par le navire d’assaut amphibie USS Tripoli, qui pourrait arriver à la fin de la semaine, et par le groupe amphibie Boxer, composé de trois navires menés par l’USS Boxer, attendu sous trois à quatre semaines.

    Des parachutistes de la 82ᵉ division s’apprêteraient aussi à être déployés par les airs vers la région, selon des sources gouvernementales s’exprimant auprès de Reuters. Par ailleurs ces derniers jours, les forces américaines ont déjà frappé plus de 90 cibles militaires sur l’île, notamment des entrepôts de mines navales et des bunkers de missiles. Ce que certains observateurs interprètent comme une préparation du champ de bataille avant l’assaut.

    Une opération à très haut risque

    Tout en forçant la main de Téhéran pour rouvrir le détroit d’Ormuz, cette opération militaire américaine sur le sol iranien constituerait aussi une escalade énorme entre les deux pays. Les risques sont élevés pour les troupes américaines : Kharg est à portée des missiles et des drones iraniens, et toute approche maritime doit passer par le détroit d’Ormuz, potentiellement miné. « L’introduction de troupes au sol est clairement une opération plus risquée pour nos propres forces », prévient encore Karen Gibson. Sur place, les Marines devraient construire une « tête de pont » (un périmètre conquis à l’intérieur duquel un dispositif militaire peut librement manœuvrer), sécuriser les infrastructures pétrolières et gérer un soutien logistique complexe, comprenant véhicules blindés, artillerie et défenses aériennes.

    Même si l’opération réussissait, l’Iran pourrait adopter une politique de terre brûlée et détruire ses installations plutôt que de céder l’île, limitant l’effet de levier américain et complexifiant toute négociation diplomatique.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/donald-trump-la-tentation-perilleuse-dun-coup-de-force-sur-lile-iranienne-de-kharg-VDCD7CJ4XNADXIRE6A7OA7RLUM/

    Author : Enola Richet

    Publish date : 2026-03-28 13:08:00

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  • Le retour du train de nuit Paris-Berlin, point d’orgue d’une saga mouvementée


    « Attention, le train ES 475, à destination de Berlin va partir… » Ou repartir si l’on souhaite être précis.

    En effet, depuis ce jeudi 26 mars, il est de nouveau possible de rallier la capitale allemande en train couchette grâce à la société coopérative belgo-néerlandaise European Sleeper qui annonce trois allers-retours par semaine. Prix du billet : 79,99 euros pour les billets premiers prix. Depuis le mois de décembre dernier, il fallait, pour se rendre à Berlin depuis la Gare de l’Est, dépenser quelques centaines d’euros le billet aller-retour et prévoir un trajet de huit heures… en journée. Pas très pratique lorsqu’on souhaite s’évader le temps d’un week-end prolongé.

    Et c’est justement l’évasion que promet cette nouvelle entreprise sur le réseau de chemin de fer français. « J’ai toujours été fasciné par les trains de nuit », s’enthousiasme Elmer van Buuren, un de ses cofondateurs rencontré à la veille du départ inaugural dans un hôtel en face de la gare du Nord. Pour lui, « prendre l’avion est une nuisance » parce que les aéroports sont souvent excentrés des centres-villes et que cela implique de faire la queue sans cesse. A l’inverse, il salue « l’aventure romantique » que procure un voyage en train couchettes et défend « la praticité » du seul moyen de transport qui permet de s’endormir dans le centre-ville d’une capitale européenne et de se réveiller en plein cœur d’une autre.

    Il n’est pas le premier à se jeter dans cette aventure du Paris-Berlin. Avant lui, de nombreuses entreprises s’y sont essayées. Beaucoup ont échoué, rattrapées par l’histoire ou plombées par des coûts trop élevés. Avec cette renaissance du Paris-Berlin, il entend écrire une nouvelle page de cette saga pour le moins… tourmentée.

    1896-1939 : l’épopée grandiose du Nord-Express

    Si la fiction a consacré l’Orient-Express, train de nuit mythique reliant Paris à Constantinople dès la fin du XIXe siècle, son pendant septentrional – le Nord-Express – est nettement moins célèbre. Il figure pourtant dans les mémoires de Vladimir Nabokov. Ce pionnier du genre est le fruit des ambitions de Georges Nagelmackers, un industriel belge fondateur de la compagnie internationale des wagons-lits (CIWL) en 1872. Après le succès de l’Orient-Express, il rêve d’une autre liaison transeuropéenne qui relierait Lisbonne à Saint-Pétersbourg, en passant par l’Espagne, la France, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne. Le projet, extrêmement coûteux, ne verra jamais le jour en tant que tel : il sera divisé en deux morceaux, le Sud Express entre Lisbonne et Paris et le Nord-Express, inauguré en 1896, entre la ville lumière et la cité des tsars de Russie. A l’origine, Berlin n’est qu’une étape sur le trajet du Nord Express, pas une destination en soi.

    D’abord opérée à un rythme hebdomadaire, la liaison devient quotidienne dès 1900. Le voyage dure 52 heures et total et les prestations offertes sur les « trains marron » de la CIWL sont extrêmement luxueuses. Le train compte plusieurs wagons-lits, un wagon-restaurant et une voiture spécifique dédiée au transport des bagages. Tous sont décorés avec soin, couvertes de marqueteries en teck, à la pointe de l’avant-garde décorative de leur époque. Les dernières rames, en service à partir des années 1920 arborent un style Art Deco passé à la postérité : aujourd’hui, plusieurs de ces voitures sont classées aux monuments historiques.

    L’Histoire du XXe siècle, va malheureusement entrer en collision avec celle du train emblématique de George Nagelmackers : la révolution russe d’abord, qui l’oblige à stopper son itinéraire à Varsovie, puis la Seconde Guerre mondiale qui mettra un terme définitif à l’épopée du « Nord Express ». Il faudra attendre plusieurs générations pour voir renaître ce trajet mythique entre les deux capitales.

    1995-2014 : le CityNightLine, pionnier des nouveaux trains couchettes

    Après-guerre, le rideau de fer va empêcher la reprise des liaisons nocturnes entre Paris et Berlin. Il faut donc attendre les années 1990 pour les voir renaître, grâce à l’alliance de la DB, d’ÖBB et de la SBB, les sociétés ferroviaires allemandes, autrichiennes et suisses. L’entreprise s’appelle CityNightLine et adopte un positionnement bien différent de son ancêtre. Oublié le confort cossu du Nord-Express, place à la praticité et au voyage de masse. La bourgeoisie industrielle européenne est supplantée par les flots de backpackers munis de pass Interrail.

    Il existe deux types de wagons : pour les plus téméraires, une voiture avec des sièges inclinables, répartis sur deux étages, et pour ceux qui ont le sommeil plus léger, des cabines de deux à six couchettes réparties le long d’un couloir latéral. Le modèle est plus économique. Plus pratique aussi, puisqu’il permet de joindre les deux capitales en cinq fois moins de temps que le Nord-Express. C’est même un modèle qui fait date puisqu’il essaime ensuite dans toute l’Europe.

    Rapidement, le CityNightLine va subir la concurrence des avionneurs low cost et l’essor du covoiturage. Confrontées à une hausse des coûts couplée à une baisse de la fréquentation – « moins 30 % en dix ans », d’après les chiffres de la DB rapportés par La Croix en 2014 – les lignes de la société sont arrêtées les unes après les autres, à commencer par le Paris-Berlin. La société est dissoute dès 2016. Le transporteur autrichien ÖBB va poursuivre l’exploitation de certaines lignes, mais sans son partenaire allemand. Le Paris-Berlin n’est donc plus la priorité… pour le moment.

    2023-2025 : l’histoire d’un coup de com’ raté

    Dix ans plus tard, ils étaient tous là pour la photo : Clément Beaune, ministre des Transports, Jean-Pierre Farandou, alors président de la SNCF (et aujourd’hui ministre du Travail et des Solidarités), ainsi que leurs homologues allemands. Dix ans après l’arrêt du train de nuit entre les deux capitales, les voilà tous réunis un lundi soir de décembre en gare de Berlin pour célébrer une petite réussite européenne. La SNCF et la DB s’allient pour recréer une liaison Paris-Berlin en partenariat avec ÖBB, qui fournit les rames et exploite déjà le Paris-Vienne depuis 2021. La photo fait le tour des médias européens et aussi grincer quelques mâchoires car le ministre se serait rendu sur place… en avion. Mais qu’importe : le retour du train de nuit est avant tout un symbole.

    Rapidement, la ligne ne tient pas toutes ses promesses. Des travaux réguliers empêchent son exploitation quotidienne – comme prévu initialement – et la liaison demeure moins rentable qu’une ligne TGV standard. En 2024, plus de 30 000 voyageurs l’empruntent et les transporteurs se félicitent d’un taux de remplissage qui avoisine les 70 %. Trop peu encore pour rentrer dans leurs frais.

    Heureusement, le gouvernement français est là pour combler les déficits de cette ligne devenue un emblème de la relance du rail en Europe. Une subvention de 5 à 10 millions d’euros est accordée pour l’année 2024, reconduite en 2025. Mais pas dans le budget 2026, âprement négocié par le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu. La priorité est donnée à l’entretien des lignes nationales. Aussitôt, la SNCF annonce l’arrêt de la liaison nocturne dès la fin de l’année 2025 ; la mobilisation d’associations de ferrovipathes amateurs de voyages de nuit ne suffira pas. Le salut viendra peut-être d’un nouveau venu sur le marché ?

    2026 : le train de nuit façon start-up ?

    Quelques mois après l’annonce du retrait de la ligne Paris-Berlin, une entreprise se propose de reprendre le créneau, en délaissant Strasbourg au profit d’un itinéraire plus au Nord, via Bruxelles, Liège et Hambourg. « Nous visons spécifiquement les lignes où il n’y a pas de concurrents directs, reconnaît Elmer van Buuren, le cofondateur d’European Sleeper, le retrait de la SNCF et d’ÖBB a constitué une opportunité. »

    Le Paris-Berlin va changer d’itinéraire et délaisser Strasbourg au profit de Bruxelles.

    Dans le détail, l’entreprise est une start-up fondée après la pandémie de Covid-19 qui a déjà levé plusieurs millions d’euros. Elle ne possède pas de voitures en son nom puisqu’elle a noué un partenariat avec l’entreprise néerlandaise Train Charter Services (TCS) qui s’occupe du maintien des rames et de l’embauche du personnel. Son expertise se situe plutôt sur le volet commercial, la négociation des créneaux pour occuper les voies et la gestion des horaires. « C’est très compliqué d’opérer une liaison nocturne entre plusieurs pays aujourd’hui parce que la plupart des entreprises de chemins de fer réalisent leurs travaux de maintenance la nuit et que les voies sont souvent utilisées pour le transport de marchandises », détaille l’homme d’affaires. Depuis le lancement de la première ligne European Sleeper entre Bruxelles et Berlin, il estime que « 90 % des trajets effectués ont été impactés par des travaux sur les voies ». Les anticiper et les contourner suppose une certaine expertise. « Cela demande une certaine agilité. En deux ans, nous n’avons jamais eu à annuler de train à cause de cela », savoure-t-il à quelques heures du départ du premier train. Des départs sont prévus les dimanches, mardis et jeudis soirs au départ de Paris, avec un retour possible les lundis, mercredis et vendredis soirs.

    Reste que l’exploitation d’une ligne de nuit est coûteuse. Lors de la saison haute, Elmer van Buuren espère transporter jusqu’à 750 personnes par voyage – soit environ le double des capacités des précédents opérateurs – et peut-être même conquérir une nouvelle clientèle. « Cela implique de changer un peu l’image des trains de nuits, admet l’ambitieux transporteur, Pour l’instant, ce sont des auberges de jeunesse roulantes. Nous, on veut faire rouler des hôtels. »



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/le-retour-du-train-de-nuit-paris-berlin-point-dorgue-dune-saga-mouvementee-HUEEPZI7SNB6VNICKFQLAZRNBY/

    Author : Mathias Penguilly

    Publish date : 2026-03-28 11:00:00

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  • EN DIRECT. Les Houthis entrent en guerre aux côtés de l’Iran


    Hier, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré que la fin du conflit en Iran pourrait intervenir dans quelques semaines, et non quelques mois, ajoutant que les États-Unis pourraient atteindre leurs objectifs sans déployer de troupes au sol.

    8h48

    Des missiles tirés depuis le Yémen alors qu’Israël et les Etats-Unis visent l’Iran

    Israël a déclaré samedi avoir détecté un missile tiré depuis le Yémen, le premier lancé de ce pays depuis le début de la guerre en Iran, et a indiqué avoir frappé des cibles à Téhéran. Les Houthis du Yémen, alliés de Téhéran, ont confirmé le tir. Quelques heures plus tôt, ils s’étaient dits prêts à intervenir militairement si l’escalade contre l’Iran ou « l’axe de la résistance » continuait.

    Les Houthis, dont l’entrée dans le conflit peut laisser augurer une confrontation plus large à l’échelle régionale, ont indiqué que le tir de missiles faisait suite aux attaques continues contre des infrastructures en Iran, au Liban, en Irak et dans les territoires palestiniens, ajoutant que ces opérations continuaient tant que l’ »agression » sur tous les fronts n’aurait pas arrêté.

    8h45

    Blocage du détroit d’Ormuz : une pénurie d’hélium, l’autre choc mondial qui menace la planète Tech

    La compagnie énergétique publique du Qatar a fait état jeudi de « dommages considérables » sur le complexe gazier de Ras Laffan, après une attaque iranienne. (Photo d’illustration)

    L’industrie mondiale des semi-conducteurs tremble alors que le Qatar produit à lui seul entre 30 et 40 % de ce gaz nécessaire à la fabrication des puces.

    >>> Retrouvez notre décryptage.

    07h07

    Attaque de drones à Oman

    Une personne a été blessée lors d’une attaque de drone sur le port de Salalah, à Oman, où elle a travaillé, tandis qu’une grue a été légèrement endommagée, a annoncé samedi le gouvernement d’Oman.

    Le pays avait accueilli des pourparlers de médiation entre les États-Unis et l’Iran avant le début du conflit.

    04h37

    Six blessés à Abou Dhabi après l’interception d’un missile

    Six personnes ont été blessées samedi à Abou Dhabi lors de trois incendies provoqués par des débris tombés lors de l’interception d’un missile balistique, a indiqué le bureau des médias de l’émirat. Les trois incendies ont été maîtrisés et le processus de refroidissement est en cours, a-t-on ajouté.

    Les autorités d’Abu Dhabi géraient les incendies à proximité des zones économiques Khalifa d’Abu Dhabi, ou KEZAD, qui font partie des villes économiques et des zones franches du groupe AD Ports d’Abu Dhabi.

    03h26

    Des explosions entendues à Damas en Syrie

    Des explosions entendues à Damas et dans des zones situées à proximité alors que les défenses israéliennes interceptent des missiles iraniens dans l’espace aérien de la Syrie, rapporte la télévision officielle syrienne.

    00h55

    Douze soldats américains ont été blessés dans une frappe iranienne en Arabie saoudite

    Douze soldats américains ont été blessés, dont deux grièvement, dans une frappe de l’armée iranienne contre la base aérienne de Prince Sultan en Arabie saoudite, dit un responsable américain.

    00h00

    Pourquoi Israël et certains pays du Golfe craignent un accord prématuré entre Donald Trump et l’Iran

    Le ministre d'Etat émirati des Affaires étrangères, Anwar Gargash (G) et son homologue saoudien Adel al-Jubeir (D), le 30 mai 2019 à Jeddah, en Arabie saoudite, lors d'une photo de famille des pays membres de l'Organisation de la conférence islamique (OCI)Le ministre d’Etat émirati des Affaires étrangères, Anwar Gargash (G) et son homologue saoudien Adel al-Jubeir (D), le 30 mai 2019 à Jeddah, en Arabie saoudite, lors d’une photo de famille des pays membres de l’Organisation de la conférence islamique (OCI)

    Plusieurs pays du Golfe redoutent que Donald Trump ne mette fin dans l’immédiat à la guerre. Un cas de figure qui risquerait, selon eux, d’acter la mainmise de l’Iran sur le détroit d’Ormuz, et ne les protègerait pas contre de futures frappes.

    >>> Retrouvez notre analyse.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-les-houthis-entrent-en-guerre-aux-cotes-de-liran-ZK47U3ZSDRFGTKJX3FLJSATOQI/

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    Publish date : 2026-03-28 08:12:00

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  • « La soumission de l’Europe a un coût ! » : le cri de colère du spécialiste de l’énergie Guillaume Niarfeix

    Expert de l’énergie et président de la Chambre de commerce et d’industrie franco-nigériane, Guillaume Niarfeix ne cache pas son exaspération. Le jour même de la sortie de son livre Electrochoc (Ed. Le Cherche midi) qui dénonce le manque de souveraineté de l’Europe en matière énergétique, le Parlement européen ploie devant les Etats-Unis en avalisant – moyennant l’instauration de garde-fous – l’accord commercial signé quelques mois plutôt entre Donald Trump et Ursula von der Leyen. L’occasion de se dégager de ce mauvais pas existait pourtant : l’Europe aurait pu jouer la carte de l’invalidation par la Cour suprême américaine des droits de douane décidés par Trump. Au lieu de cela, elle se laisse dominer.

    L’Express : Votre livre insiste sur la nécessité de bâtir une Europe souveraine sur le plan énergétique. Que pensez-vous de ce vote au Parlement européen qui valide l’accord commercial conclu l’été dernier avec les Etats-Unis, et qui comporte notamment de grosses importations de GNL américain ?

    G.N. C’est agaçant. Les Etats-Unis appliquent à la lettre leur stratégie de domination par l’énergie. Et nous Européens, nous nous laissons faire. A l’échelle de l’Union, cette soumission a un coût. Une année de dépendance aux énergies fossiles représente 390 milliards d’euros. Cela équivaut à 2,5 % du PIB – plus de deux fois le budget annuel de l’Union -, ou encore 870 euros par habitant. C’est énorme. Si nous réorientions cet ordre de grandeur vers notre propre système énergétique, nous pourrions par exemple financer plusieurs centaines de réacteurs nucléaires modulaires (SMR) de 300 mégawatts (MW) répartis sur le continent. Une base électrique stable, capable d’assurer des décennies de production.

    Si nous n’avions pas perdu de temps, nous disposerions aujourd’hui de réacteurs nucléaires de sixième génération capables de consommer les déchets des installations précédentes, éliminant ainsi un point bloquant régulièrement mis en avant par les opposants à l’atome. Avec 390 milliards par an, nous aurions pu développer les énergies renouvelables (EnR), et le stockage d’électricité qui va avec, tout en modernisant du réseau. Au lieu de cela, nous entretenons notre dépendance. Nous privilégions les solutions de court terme sans planifier l’avenir.

    Au-delà du fond, il y a aussi la méthode qui pose problème. Donald Trump nous a tordu le bras en nous menaçant de représailles si nous n’achetions pas suffisamment de GNL. Et nous obéissons. Mieux : nous disons merci. Comment espérer être respecté après cela ? Pourquoi les Israéliens ou les Chinois nous écouteraient-ils quand on leur demande de ne pas frapper ici, ni d’envahir là ? Aujourd’hui, la France pèse encore sur la scène internationale parce que le général de Gaulle a posé dans les années 1950 les bases d’une force de dissuasion nucléaire souveraine. Il existe un parallèle évident entre la défense et l’énergie. Il ne faudrait pas l’oublier.

    A la décharge de nos dirigeants, les crises énergétiques se succèdent et les poussent à mettre en place des mesures d’urgence.

    Certes. Mais ce qui plombe vraiment notre avenir, c’est qu’on s’est volontairement placé dans une situation de dépendance. On le voit aujourd’hui, avec le prix de l’essence qui explose. Pourquoi ne l’a-t-on pas vu venir plus tôt ? J’ai écrit ce livre par colère, lassé de répéter sans cesse la même chose à ceux qui prennent les décisions pour le pays.

    En matière d’énergie, il nous faut une vision à trente ou quarante ans. Or en France, on débat en ce moment de la baisse de la TVA sur l’essence. C’est un pansement sur une jambe de bois ! Nous continuons de financer notre dépendance envers les Etats‑Unis et les pays du Golfe. La question du gaz de schiste en est la parfaite illustration. On s’interdit de regarder s’il y en a dans notre sol pour l’exploiter. En revanche, on achète du gaz de schiste américain dix fois plus cher, produit avec des standards moins exigeants que les nôtres, et transporté par bateaux, occasionnant un bilan carbone désastreux. Personne ne se demande comment nous en sommes arrivés là. A la fin du siècle dernier, pourtant, nous ne subissions pas ce genre de dépendance. Nous disposions d’une belle avance en matière d’énergie décarbonée.

    La domination américaine est-elle inéluctable en matière d’énergie ?

    Non. L’avenir n’est pas écrit. Certes, les Etats‑Unis mettent leur stratégie en pratique. Et pas seulement en Europe. Nous les voyons aussi déployer une offensive en Afrique autour des SMR. D’ici peu, la question du déploiement de ces installations sensibles dans des pays plus ou moins stables ne manquera pas de surgir.

    L’Europe, elle, peut encore réagir et bâtir sa souveraineté. En s’inspirant de ce qui marche ailleurs. L’expérience française en matière de nucléaire civil montre que l’effet de série et les efforts de maintenance comptent autant que la mise au point de réacteurs innovants. L’exemple allemand rappelle que les énergies renouvelables ne peuvent se développer sans flexibilité – notamment via le stockage. Les Etats‑Unis excellent dans le financement de projets : c’est un cercle vertueux d’investissement dont nous pourrions nous inspirer. Quant au Japon, il a développé des contrats de long terme permettant de réduire la facture liée aux importations d’énergie.

    La feuille de route est donc claire. Ce qui manque désormais, c’est une stratégie commune. Car de la même façon qu’on n’achète pas la dissuasion nucléaire sur étagère, la souveraineté énergétique ne se construit pas chacun dans son coin. La production doit être partagée, dimensionnée pour résister aux aléas – vagues de froid, cyberattaques… – et les investissements doivent être mutualisés. Concrètement, pourquoi ne pas créer un fonds souverain énergétique européen, jouant pour l’énergie le rôle que d’autres outils communs remplissent pour la défense ? L’énergie, on le sait, est vitale : son approvisionnement ne peut obéir aux seules lois du marché.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/la-soumission-de-leurope-a-un-cout-le-cri-de-colere-du-specialiste-de-lenergie-guillaume-niarfeix-XTQGWZ62IBGAVO6XYIFLL2SXLI/

    Author : Sébastien Julian

    Publish date : 2026-03-27 15:52:00

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  • Rafaël Amselem : « Contre quelques baisses d’impôts, David Lisnard est prêt à s’allier avec les pires réactionnaires »

    David Lisnard ne veut plus rien avoir à faire avec Les Républicains (LR), et il l’a fait savoir. Au micro de BFMTV, le maire de Cannes a laissé entendre, mercredi 25 mars, qu’il quitterait le parti dirigé par Bruno Retailleau, et a contesté les modalités de désignation du candidat LR à la prochaine présidentielle. Surtout, le président de l’Association des maires de France (AMF) s’est dit favorable à une « grande primaire » incluant toute la droite jusqu’à Reconquête.

    Il n’en fallait pas plus pour semer la zizanie dans le camp libéral français, entre ceux qui se montrent ouverts à une union des droites, et les autres, dont Rafaël Amselem. Pour cet analyste politique et journaliste indépendant, David Lisnard commet une grave erreur. Cette attitude, affirme-t-il à L’Express, serait même « symptomatique d’une tentation plus large chez certains libéraux qui, par antigauchisme niais, par propriétarisme, par sentiment de décadence, iront courir avec tous les réactionnaires en échange de quelques baisses d’impôts et formules pseudo-afueristes ». Entretien.

    L’Express : Quel regard portez-vous sur la déclaration de David Lisnard, qui s’est montré ouvert à une primaire de la droite incluant Reconquête ?

    Rafaël Amselem : Contre quelques baisses d’impôts, David Lisnard est visiblement prêt à s’allier avec les pires réactionnaires. Son attitude est symptomatique d’une tentation plus large chez certains libéraux qui, par antigauchisme niais, par propriétarisme, par sentiment de décadence, iront courir avec tous les réactionnaires en échange de quelques baisses d’impôts et formules pseudo-afueristes [NDLR ; en référence au slogan « afuera » du président argentin Javier Milei] en amont de 2027.

    Chez David Lisnard, ce glissement me paraît notable dans le déplacement de ses centres d’intérêt. D’un corps de valeurs initial farouchement antibureaucratique, décentralisateur et prolibertés a été adjoint, vers 2023-2024, un bloc sécuritaire très sonore. Comme si nous n’avions pas assisté ces vingt dernières années à l’implémentation croissante de dispositifs d’exception dans le droit commun, la permissivité toujours plus admise des mesures de rétention administrative, l’extension ad nauseam des dispositifs de surveillance, le déplacement du centre de gravité pénal du judiciaire à l’administratif, la dérive d’une justice individualisée vers une justice de flux : toutes sortes de mesures qui systématisent la présomption de culpabilité, à rebours de tous les cadres essentiels de la liberté. Manifestement, David Lisnard n’a rien à y redire, et ses propositions ne font qu’entériner cet état de fait. Cette liberté-là, visiblement, ne l’intéresse pas. Cette volonté de passer d’un Etat-providence obèse vers un Etat régalien recentré, loin de répondre aux finalités du libéralisme de limitation de l’Etat, risque fort bien de renforcer son office.

    Comment l’expliquez-vous ?

    Pour éclairer ce type de configuration, un détour théorique peut être utile. On pense ici à la critique formulée par Carl Schmitt aux débuts des années 30 contre l’Etat total quantitatif : un Etat en extension permanente, total par le volume de ses interventions, mais faible dans sa capacité de décision. Total par lâcheté, parce qu’il dilue son pouvoir et se soumet aux injonctions permanentes de la société démocratique. Incapable de désigner ses amis et ennemis, Schmitt lui oppose un modèle d’autorité restaurée, l’Etat total quantitatif : désengagement des « choses non-étatiques », c’est-à-dire la liberté économique, pour créer des « sphères libres d’Etat », débarrassées de l’interventionnisme social superflu. Ce retrait, en tant qu’acte politique, suppose de doter l’autorité d’une énergie accrue, de retrouver un centre de décision, d’octroyer à l’exécutif la capacité réelle de dominer la société.

    Il est honteux qu’un libéral comme Lisnard envisage une primaire commune avec un parti politique qui siège au Parlement européen à côté de nostalgiques du fascisme…

    La référence à Schmitt ne vaut pas ici comme attribution doctrinale, ni à Lisnard ni à d’autres, mais comme instrument d’intelligibilité : elle permet de penser la manière dont la critique de l’Etat social peut se combiner avec une demande accrue d’autorité, avec la réaffirmation de sa capacité de commandement. C’est dans ce sillon que peuvent être envisagées des alliances avec des réactionnaires comme ceux de Reconquête, voyant dans ce programme leur intérêt bien compris. Il est honteux qu’un libéral comme Lisnard envisage une primaire commune avec un parti politique qui siège au Parlement européen à côté de nostalgiques du fascisme (AfD), qui a pour dirigeant un homme qui réhabilite Pétain sur la question des juifs contre le consensus historique, condamné pour provocation à la haine raciale, interrogeant encore l’innocence de Dreyfus. Loin de me cantonner à une posture morale – que j’assume au demeurant, la politique, ce sont aussi des valeurs -, je tiens à souligner en quoi ces éléments constituent la matrice d’une doctrine qui, s’attaquant à un ensemble de symboles hérités de la Révolution et de la Seconde Guerre mondiale, travaille à déconstruire l’héritage institutionnel qui en a résulté : Etat de droit, protection des minorités, individualisme et modernité politique au sens large. Un héritage fondamentalement libéral.

    Comment expliquez-vous que ces libéraux soient prêts à sacrifier une partie des libertés politiques au nom des libertés économiques ?

    Le libéralisme politique, au sens des institutions du compromis, ne peut que fatalement conduire de manière systématique à un système économique partiellement socialisé

    Parce qu’ils adhèrent à la fable de la non-séparation entre libéralisme économique et libéralisme politique. Cette prétention n’est pas fausse en soi : pas de liberté politique sans économie de marché, c’est-à-dire une structure économique où le pouvoir central n’organise pas directement la production. Mais l’usage qui en est fait est abusif lorsqu’il prétend établir entre les deux une corrélation inconditionnelle. Raymond Aron expliquait dans son Introduction à la philosophie politique que la démocratie étant pour l’essentiel le règne du compromis, un régime démocratique et libéral visera toujours l’inclusion des classes populaires dans son champ normatif, faute de quoi il s’expose à la scission. Telle est la dynamique historique attestable dans les régimes industriels libéraux.

    D’où la conclusion, contre-intuitive, que le libéralisme politique, au sens des institutions du compromis, ne peut que fatalement conduire de manière systématique à un système économique partiellement socialisé. Il résulte ainsi qu’un libéralisme économique intégral est incompatible avec la démocratie libérale. Il reviendrait très directement sur les intérêts d’une partie de la population, les excluant d’emblée du champ du compromis. Ce point rejoint Carl Schmitt pour qui l’interventionnisme social — l’Etat total quantitatif — est le résultat d’un processus inhérent d’un régime démocratique, celui de la sollicitation permanente de l’Etat de partis et intérêts organisés.

    La restauration de la liberté économique peut ainsi prendre des formes verticales, voire autoritaires. Notre contexte économique y est propice. La France croule sous les impôts. La bureaucratie envahit tous les aspects du quotidien. Quant à la rationalité et l’efficacité de l’Etat-providence, elles nous échappent toujours plus. Sous cet angle, la désétatisation est souhaitable. Mais sa traduction électorale peut intéresser à l’affaire des groupes qui, tout en proposant une base programmatique commune, sont animés de motivations très peu libérales. On parlait d’Eric Zemmour, mais c’est également le cas de « Nicolas qui paye », à l’intersection de la haine de l’Etat-providence et des immigrés, car « Nicolas qui paye » ne sera jamais «  »Karim qui paye » ; Nicolas paye, disent-ils, ses allocations…

    Cette ambiguïté libérale sur la place de la liberté économique, donc de la propriété, je la nomme propriétarisme : la préférence contextuelle à valoriser la propriété contre les autres versants du libéralisme politique. Le propriétarisme m’apparaît comme le facteur déterminant de l’avenir de la droite française. La question de l’union des droites repose grandement dessus. Cette option idéologique seule permet de coaguler des familles politiques si antagonistes — libéraux, conservateurs, réactionnaires — autour de la défense de la propriété mise à mal. Elle se traduit aujourd’hui dans la tentative d’OPA du milliardaire Pierre-Edouard Stérin sur les libéraux. Elle prend la forme du débat interne de plus en plus bruyant au sein du Rassemblement national, entre la ligne populiste et sociale de Marine Le Pen et celle de Jordan Bardella, plus libérale, qui cherche, dixit, à faire alliance avec la droite orléaniste. Elle explique pourquoi Zemmour, Retailleau et Wauquiez refusent l’union des droites avec Le Pen, motif pris de son « socialisme ».

    Ce phénomène a-t-il des précédents historiques ?

    Une des expressions les plus maximalistes du propriétarisme me semble passer par la personne de Murray Rothbard. Jérôme Perrier a publié deux excellentes notes à ce sujet pour la Fondapol il y a quelques mois. Il est signifiant que cette figure majeure du libertarianisme américain soit passée de l’antimilitarisme aux côtés de la gauche dans les années 1960 à la conceptualisation plus tardive du paléolibertarianisme, stratégie politique d’alliance avec les conservateurs.

    La tâche n’avait rien d’aisée. Le principe libertarien dit de non-agression postule l’illégitimité de la contrainte sur la liberté d’autrui. Drogue, sexualité, choix de vie : les libertariens sont de grands libertaires. Mais face au contexte d’un Etat obèse, l’hégémonie d’une bien-pensance gauchiste, d’un antiracisme qui a pris d’assaut la législation, en clair, face à un Etat toujours plus interventionniste, Rothbard tranche : la priorité politique du combat libertarien doit aller vers la défense la plus radicale de la liberté économique. Or, les conservateurs tiennent sur ce point un discours voisin.

    Le propriétarisme s’avérera utile dans cette alliance. L’exemple le plus frappant porte sur les lois anti-discriminations. Il parle de « faux-droits » qui se font « aux dépens des droits réels de chaque personne sur sa propre propriété ». Ainsi Rothbard se lance-t-il dans une apologie à demi-ironique de la discrimination : un homme blanc doit être libre, s’il le souhaite, de ne contracter qu’avec des blancs, des noirs qu’avec des noirs et ainsi de suite. Mais la propriété ne suffit pas à faire la liberté : celle-ci exige encore que les minorités soient garanties contre les discriminations qui les retranchent de l’espace commun des droits. En absolutisant la propriété, Rothbard méconnaît qu’une société libre ne repose pas seulement sur la non-ingérence, mais sur les conditions juridiques minimales qui empêchent que certains, notamment les minorités, soient voués à une liberté purement nominale. La protection des minorités n’est pas une limite extérieure à la liberté : elle en est une condition interne, car une liberté abandonnée aux seules logiques propriétaires se retourne vite en privilège d’exclure. Certains parallèles sont assez frappants avec nos débats sur le wokisme.

    Pour revenir au contexte français, certains pourraient vous rétorquer que l’opposition libérale à La France insoumise ne se résume pas à du propriétarisme, l’illibéralisme de LFI étant tout aussi politique qu’économique…

    Brutalisation de la vie politique, direction sectaire, complotisme et antisémitisme, soviétisation économique du pays : on peine à voir dans le mouvement insoumis l’incarnation de défenseurs crédibles d’une République plus parlementaire et respectueuse des libertés publiques. Cette pratique politique conscientisée produit une conséquence délétère : faire passer les militants et intellectuels libéraux encore acquis à la non-équivalence entre extrême droite et extrême gauche pour des crétins incapables de bon sens, incapables de voir l’évidence d’une extrême droite désormais sous Xanax.

    Car il y a bien une non-équivalence avec l’extrême droite. Je ne saurais être exhaustif. Mais n’oublions pas que le RN avait déposé en janvier 2024 une proposition de loi constitutionnelle visant à interdire l’intégralité des binationaux de l’ensemble des emplois publics. Rapportée à l’univers idéologique plus large, celui des relations que le RN entretient avec Renaud Camus ou la Nouvelle Droite, on soupçonne ce que cette proposition charrie d’hostilité à une conception intégralement civique de la nation. Elle va de pair avec le traitement dégradé des minorités proposé par le parti de Jordan Bardella. Le RN s’insère encore dans un réseau réactionnaire globalisé : son accession au pouvoir nous plongerait dans des relations plus institutionnalisées avec des Etats illibéraux et autoritaires. Enfin, à toutes fins utiles, il faut se rappeler qu’il n’y a aucun scénario sondagier dans lequel LFI accède au pouvoir. A contrario du RN.

    Comment les libéraux devraient-ils se positionner, selon vous, à l’approche de 2027 ?

    Ils doivent être au clair, d’abord, sur le fait qu’en s’alliant avec les réactionnaires, il est moins question de pacte que d’abdication. Nous devons également travailler à un libéralisme non propriétariste. Le mouvement afueriste révèle ce qu’il y a de fiscalement insoutenable dans notre pays. Mais on ne résoudra pas cette difficulté en sacrifiant ce que la démocratie libérale a précisément conquis, et j’inclus dans ces conquêtes, fût-ce contre l’opinion dominante, l’Etat-providence. Car le libéralisme ne se réduit ni à la sanctuarisation de la propriété ni à la seule immunité des individus contre l’ingérence ; il repose sur une exigence plus fondamentale, celle de la dignité de la personne, c’est-à-dire sur l’idée qu’il est dû à tout être humain quelque chose en raison même de son humanité. Le mot de Paul Ricœur dit ici l’essentiel. La propriété elle-même n’est jamais un pur fait d’appropriation solitaire ; elle ne vaut comme droit que dans un monde commun où chacun reconnaît à l’autre une sphère protégée. La propriété est donc affaire de reconnaissance, et cette reconnaissance comporte une exigence politique élémentaire : faire droit à l’autre.

    C’est un des enseignements de l’histoire effective des démocraties libérales : les libertés personnelles, qui demeurent premières en ordre, ne se maintiennent pas réellement sans la garantie parallèle de droits économiques et sociaux. La propriété ne suffit donc pas, à elle seule, à épuiser le contenu de la liberté ; elle appelle, comme son corrélat nécessaire, une protection de la subsistance. Il ne s’agit pas d’ajouter au libéralisme un supplément social qui lui serait étranger, mais de rappeler qu’il ne devient effectif qu’à travers les médiations institutionnelles et matérielles qui rendent possible un ordre de respect entre des êtres d’emblée liés les uns aux autres. En ce sens, l’Etat social n’institue pas un droit de l’Etat sur les individus à proportion des droits qu’il garantit : il demeure l’instrument d’une protection, non le titre d’une emprise.



    Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/rafael-amselem-contre-quelques-baisses-dimpots-david-lisnard-est-pret-a-sallier-avec-les-pires-B5JSCWLEANFUDPNAJ5VYD7OMZA/

    Author : Baptiste Gauthey

    Publish date : 2026-03-27 16:00:00

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  • Ventes de livres : quel écrivain retrouvera Xavier Dupont de Ligonnès ?


    Le 15 avril 2011, Xavier Dupont de Ligonnès quittait l’hôtel Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens pour s’évaporer à tout jamais. Sur des images prises par les caméras de vidéosurveillance, les dernières connues de l’assassin, on le voyait avec un livre à la main : Glacé, le premier livre de Bernard Minier. S’il n’est pas réapparu dans la vraie vie, le mystérieux Dupont de Ligonnès a alimenté de nombreux essais – à défaut de devenir un héros de roman.

    Dans La Grâce (prix de Flore 2020, vendu à plus de 30 000 exemplaires en grand format), Thibault de Montaigu partait sur les traces de Dupont de Ligonnès mais, au lieu de retrouver le diable, il rencontrait Dieu – et son superbe livre bifurquait vers une quête mystique. D’autres sont restés sur leur chemin initial. Cette même année 2020, Society réussissait le carton de l’été en kiosque avec le fantastique reportage en deux volumes cosigné par Pierre Boisson, Maxime Chamoux, Sylvain Gouverneur et Thibault Raisse – près de 400 000 exemplaires écoulés du magazine, puis 34 000 de l’édition en livre chez So Lonely et enfin 17 000 du format poche chez Points. Toujours en 2020, Bruno de Stabenrath atteignait comme Montaigu les 30 000 exemplaires avec L’Ami impossible, où il revenait avec mélancolie sur la camaraderie l’ayant lié au futur assassin quand ils étaient adolescents à Versailles – il y avait des pages inoubliables, quasi fitzgéraldiennes, sur les soirées insouciantes de cette jeunesse dorée, qui n’aurait pu imaginer alors le drame qui la frapperait plus tard…

    Ventes de livres : quel écrivain retrouvera Dupont de Ligonnès ?

    Si beaucoup de titres sont dispensables, tel L’Eternité de Xavier Dupont de Ligonnès de Samuel Doux, signalons Comment j’ai retrouvé Xavier Dupont de Ligonnès de Romain Puértolas, paru en 2024 chez Albin Michel et vendu à 35 000 exemplaires. Dans une veine plus ésotérique, pour ne pas dire complotiste, on se souvient de Xavier, mon frère, présumé innocent de Christine Dupont de Ligonnès, une curiosité qui a rencontré en librairie pas moins de 20 000 lecteurs intrigués…

    Puisque chaque année apporte son lot de textes sur Dupont de Ligonnès, 2026 ne fait pas exception. Un livre joue à cache-cache dans notre palmarès, y apparaissant, en disparaissant, y réapparaissant (il est 13e des essais cette semaine) : Xavier Dupont de Ligonnès. Un flic au cœur de l’affaire (Max Milo), déjà vendu à 7 000 exemplaires. L’auteur, Gilles Galloux, est un ancien enquêteur de la police judiciaire. Ayant travaillé sur le dossier au moment des faits, Gilles Galloux a profité de sa retraite pour ressortir ses fichiers et y replonger. Selon lui, c’est aux Etats-Unis qu’il faudrait investiguer. Pour paraphraser le général de Gaulle, disons que des chercheurs, on en trouve, des trouveurs, on en cherche. Qui, derrière les effets d’annonce à la Romain Puértolas, parviendra à débusquer le maléfique père de famille ? En attendant ce qui serait un événement, d’autres auteurs envahissent ce créneau éditorial ayant fait ses preuves : le 16 avril sortira chez Robert Laffont le document Les Hantés de Philippe Créhange. Le bandeau annonce : « Ils ont été au cœur de l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès… et racontent. » Y trouvera-t-on des révélations fracassantes ? Loin de tout ce bruit, Dupont de Ligonnès court toujours…



    Source link : https://www.lexpress.fr/culture/livre/ventes-de-livres-quel-ecrivain-retrouvera-dupont-de-ligonnes-CTVOUR3JLND5DBERTPIKXRCBOY/

    Author : Louis-Henri de La Rochefoucauld

    Publish date : 2026-03-27 16:27:00

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  • VIH en Europe : ces nombreuses idées reçues qui ont la vie dure

    I=I, soit « indétectable égal intransmissible ». C’est une équation simplissime que martèlent les associations de lutte contre le VIH mais que de nombreuses personnes peinent encore à résoudre. Le principe est pourtant simple. Une personne séropositive au VIH sous traitement voit sa charge virale baisser jusqu’à ce qu’elle ne soit plus détectable lors d’un prélèvement sanguin. A ce stade, cette personne n’a aucune chance de développer un stade avancé de la maladie – le sida – et ne transmet plus le virus.

    Cela fait une dizaine d’années que plusieurs associations européennes et américaines ont fait de cette équation un slogan, mais le message peine encore à passer. D’après un sondage OpinionWay réalisé pour Sidaction à l’occasion de sa 32e campagne de collecte de dons, plus de trois jeunes de 15 à 24 ans sur quatre pensent que le VIH peut être transmis lors d’un rapport sexuel non protégé avec une personne séropositive sous traitement. C’est faux… et quand bien même, cela n’encourage même pas le port du préservatif puisque son usage est en baisse dans de nombreux pays européens. Malheureusement, cette idée reçue est loin d’être la seule à circuler. On fait le point.

    Non, un baiser ne suffit pas à transmettre le VIH

    En 2006, un eurobaromètre démontrait que pour environ 60 % des Européens, un simple baiser suffisait à transmettre le virus du Sida. Vingt ans plus tard, cette idée reçue persiste encore. Un quart des Finlandais ou des Suédois ainsi que 16 % des Danois ou des Britanniques le pensent, d’après les dernières enquêtes nationales sur le sujet. En France, Sidaction relève que cette proportion monte à 39 % chez les résidents français de 15 à 24 ans.

    Selon Gus Cairns, responsable de la prévention au sein du groupement européen pour le traitement du sida (EATG), « il arrive que les gens soient sincèrement ignorants sur le sujet, surtout les jeunes. Mais parfois, ils s’accrochent à cette idée que le VIH est plus dangereux qu’il ne l’est en réalité. » C’est tout particulièrement le cas du mode de transmission. On sait depuis les années 1990 que le VIH peut se transmettre lors d’un rapport sexuel non-protégé ou lors d’un échange de seringue, mais il ne se transmet pas par la salive. Il n’est pas non plus possible d’être contaminé en s’asseyant sur des toilettes publiques. D’après Sidaction, un tiers des 15 à 24 ans affirment pourtant le contraire.

    Non, la contamination au VIH n’est plus une sentence

    La culture populaire a ancré durablement dans les mémoires collectives, l’image d’une personne séropositive au VIH condamnée. Aujourd’hui, sauf une poignée de cas exceptionnels qu’on ne sait encore expliquer, on ne guérit pas encore du virus. Mais il est possible de vivre longtemps et en bonne santé en suivant un traitement. Là encore, tous les Européens ne sont pas bien renseignés.

    Conséquence : il existe encore une profonde stigmatisation de la maladie. D’après une enquête récente du Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC), « 30 % des personnes vivant avec le virus en Europe n’en ont parlé à aucun de leurs proches tandis qu’une sur cinq ne s’est pas confiée à un seul ami ou partenaire sexuel récent. » Cette proportion frappe tous les pays et toutes les couches de la société. D’après l’ECDC, près d’un médecin sur deux s’estime « au moins un peu inquiet » lorsqu’il panse une blessure ou réalise une prise de sang sur une personne séropositive au VIH. « Auparavant, il y avait une peur panique, tangible du virus, témoigne Gus Cairns, alors qu’aujourd’hui, on est plus sur des préjugés moraux. Si même les soignants européens ne sont pas bien informés sur le sujet, comment attendre de leurs patients qu’ils le soient ? »

    Non, le sida n’est pas une maladie d’homosexuel

    Là encore, les livres et les films – abondants sur la thématique du VIH/sida – véhiculent une certaine image des malades : celle d’un homme homosexuel, citadin, blanc, sur le point de mourir. Pourtant, le profil des personnes contaminées au VIH a largement évolué depuis les années 1990. « En Suède et au Danemark, plus de deux tiers des personnes nouvellement contaminées ne sont pas nées dans la région », pointe Gus Cairns. Cette tendance se retrouve dans de nombreux pays d’Europe : en France et en Allemagne, 60 % des nouvelles contaminations touchent des personnes migrantes ; 50 % en Espagne (ECDC, 2024).

    De même depuis 2022, le nombre de personnes contaminées lors d’un rapport hétérosexuel non-protégé a dépassé le nombre de contaminations lors d’un rapport homosexuel, aussi bien en Europe de l’Ouest qu’en Europe centrale. Après une baisse notable du nombre de séropositivités au VIH découvertes en 2020, celui-ci est rapidement reparti à la hausse, pour se stabiliser à un haut niveau (24 000 nouveaux cas au sein de l’Union européenne et de l’Espace économique européen). La lutte contre le VIH n’est pas terminée.

    Non, Donald Trump n’est pas le seul responsable de la baisse de l’aide internationale

    Ce fut l’une des premières mesures prises par le président américain Donald Trump à sa prise de fonction : une coupe drastique dans les budgets consacrés à l’aide internationale. Cette réduction a des effets catastrophiques puisque les Etats-Unis étaient les premiers contributeurs du fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

    Le bilan risque de s’alourdir d’autant plus que le serrage de bourse américain a fait des émules. Après avoir âprement critiqué la stratégie de la Maison-Blanche, de nombreux pays européens ont, à leur tour, baissé leur contribution au fonds. Dans un contexte budgétaire particulièrement contraint, la France et l’Allemagne ont notamment divisé leur contribution par deux. « La reprise de l’épidémie est réelle, déplore Sidaction dans un communiqué diffusé en amont de son week-end de collecte, dans ce contexte de fragilisation de la solidarité internationale, elle pourrait entraîner jusqu’à 4 millions de décès supplémentaires liés d’ici 2030. »



    Source link : https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/vih-en-europe-ces-nombreuses-idees-recues-qui-ont-la-vie-dure-NRSD64PT2VD7HPWDVQVNVEAGQE/

    Author : Mathias Penguilly

    Publish date : 2026-03-27 16:30:00

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  • Pourquoi Israël et certains pays du Golfe craignent un accord prématuré entre Donald Trump et l’Iran

    Donald Trump s’apprête-t-il à conclure un accord avec l’Iran ? Plusieurs signaux semblent pointer dans cette direction. Mais la perspective d’un accord de paix -sous médiation pakistanaise- est loin de satisfaire Israel et la plupart des pays du Golfe. Certains, comme l’Arabie Saoudite, feraient même pression sur le président américain pour l’inciter à poursuivre la guerre. L’idée étant, pour eux, de réduire au maximum les capacités balistiques de l’Iran, afin de limiter sa force de frappe dans la région et d’éviter par la même occasion d’en faire les frais. Explications.

    Ces dernières années, les pays du Golfe ont considérablement amélioré leurs relations avec la République islamique. Mais les violentes attaques iraniennes à leur encontre, menées ces dernières semaines en riposte à l’offensive israélo-américaine, ont ravivé leurs craintes passées. Ils redoutent désormais de voir le régime iranien sortir enhardi de cette guerre, capable de frapper à sa guise des installations énergétiques sur leur sol et de faire la pluie et le beau temps sur le détroit d’Ormuz.

    Menace balistique et nucléaire

    Pour les pays du Golfe, les missiles iraniens constituent la menace numéro un. Par conséquent, mettre fin au conflit avant d’avoir démantelé les capacités offensives de l’Iran reviendrait, selon eux, à offrir au régime iranien une victoire générationnelle, comparable au triomphe du dirigeant égyptien Gamal Abdel Nasser sur la Grande-Bretagne, la France et Israël lors de la crise de Suez en 1956, expliquent-ils.

    Côté israélien, l’objectif primordial reste de détruire les capacités nucléaires iraniennes. « Un cessez-le-feu signifierait abandonner la guerre en l’état, avec un Guide suprême qui porte toujours le nom de Khamenei et les 440 kilos d’uranium hautement enrichi toujours sur place », explique au Monde la spécialiste du Proche-Orient au think-tank Rand Corporation Shira Efiron. Alors que les espoirs de changement de régime s’estompent, Israël espère tout de même réussir à paralyser durablement la base militaro-industrielle iranienne, analyse le Wall Street Journal.

    Divergences entre pays du Golfe

    Il en est de même pour plusieurs pétromonarchies du Golfe, dont la réputation de pays « sûrs » dans une région agitée a été sapée ces dernières semaines, et qui veulent à tout prix éviter de se retrouver à nouveau attaqués par l’Iran. « Nous ne nous laisserons jamais faire chanter par des terroristes », a déjà mis en garde le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis dimanche sur X, tandis que son pays continue de faire pression sur Washington pour poursuivre la guerre.

    Même son de cloche du côté de l’Arabie Saoudite. « MBS souhaite désormais que Donald Trump « termine le travail », c’est-à-dire qu’il contribue clairement à la chute du régime théocratique iranien. Il ne veut pas se retrouver à proximité d’un Iran humilié mais animé d’un esprit de revanche, toujours capable de déstabiliser durablement la région », explique à L’Express la journaliste Karen Elliott House, spécialiste du régime wahhabite.

    Toutefois, une nuance mérite d’être notée. Tous les pays du Golfe ne partagent pas exactement la même ligne. Le Qatar, par exemple -qui a essuyé une attaque majeure sur son complexe gazier de Ras Laffan, portant un coup d’arrêt à sa production de GNL-, est conscient que la guerre produit déjà des rendements décroissants et a plutôt intérêt à un accord de paix. Doha veut par ailleurs travailler à la mise en place d’un modèle de sécurité alternatif pour le Golfe : « Nos pays doivent jouer un rôle dans la refonte du système de sécurité régional, conformément à nos intérêts stratégiques », a insisté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères qatari mardi.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/pourquoi-israel-et-certains-pays-du-golfe-craignent-un-accord-premature-entre-donald-trump-et-liran-LAQDWVR4PRHEZJA4HJGD6CU6AA/

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    Publish date : 2026-03-27 16:56:00

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  • Ruth Guerra (KPMG) : « La stabilité offerte par l’accord entre l’Europe et les Etats-Unis demeure fragile »

    Huit mois après l’humiliation de Turnberry, l’Europe sort enfin du bois. Ce jeudi 26 mars, une vaste majorité de députés européens a approuvé l’accord signé en juillet dernier… en y ajoutant une série de conditions supplémentaires, censées prémunir l’UE contre les zigzags de l’intempestif locataire de la Maison-Blanche. Jusqu’au dernier moment, l’atmosphère fut tendue : la procédure d’approbation avait été gelée en janvier, sur fond d’escalade autour du Groenland. Plus récemment, l’ambassadeur américain Andrew Puzder est allé jusqu’à menacer l’Europe d’arrêter les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) si elle ne signait pas l’accord. Ruth Guerra, avocate et spécialiste du commerce international à KPMG, décrypte pour l’Express ces nouvelles dispositions, inédites.

    L’Express : L’Union européenne a multiplié les accords avec ses partenaires commerciaux ces derniers mois. En quoi celui-ci est-il différent ?

    Ruth Guerra : C’est un accord atypique, à la fois dans la manière dont il a été négocié mais aussi au regard des typologies de clauses qu’il comporte. Traditionnellement, les accords de libre-échange de l’UE reposent sur une logique de réciprocité, avec une baisse des droits de douane des deux côtés. Ici, on est dans un schéma asymétrique : l’Europe bénéficie d’un plafonnement des droits de douane, tandis que les entreprises américaines obtiennent leur réduction à zéro vers l’Europe. On ne peut donc pas vraiment parler d’accord de libre-échange entre l’UE et les États-Unis, mais seulement d’accord commercial.

    Quelles sont les nouvelles dispositions introduites par le Parlement ?

    Parmi les mécanismes de protection, on trouve notamment une clause d’extinction – sunset clause – fixant une échéance au 31 mars 2028 : à cette date, l’accord expire automatiquement, sauf adoption d’une nouvelle proposition législative précédée d’une évaluation d’impact approfondie. Dans les accords classiques, on trouve des clauses de sauvegarde en cas de déséquilibre majeur, mais pas de durée d’application définie.

    Ensuite, une clause de conditionnalité à l’entrée en vigueur et une clause de sauvegarde — qui subordonne l’application des préférences tarifaires européennes au respect effectif par les États-Unis de leurs engagements de Turnberry. Parmi ces conditions figure notamment le maintien du taux maximum de 15 % pour tout produit et l’introduction d’un abaissement à 15 % sur les produits de l’UE dont la teneur en acier ou en aluminium est inférieure à 50 %.

    Que permettent ces garde-fous ?

    Ils tentent de prémunir l’Europe contre la volatilité du contexte juridique et politique américain. Le 20 février 2026, la Cour suprême a invalidé les droits de douane de type IEEPA [NDLR : International Emergency Economic Powers Act] dans l’arrêt Learning Resources, Inc. v. Trump, remettant en cause la validité de l’accord. Mais l’administration Trump a ensuite lancé une enquête contre l’Union européenne dans le cadre de la section 301 du Trade Act de 1974 — qui permet d’investiguer les pratiques commerciales jugées déloyales — ouvrant la porte à de nouvelles taxes et introduisant une nouvelle incertitude. Il était donc nécessaire de s’assurer que les engagements pris puissent effectivement être respectés ; à défaut, l’accord serait suspendu. Avec cette clause de suspension, l’Europe se protège aussi contre toute coercition économique ou menace sur l’intégrité territoriale — un écho aux rebondissements autour du Groenland.

    A combien s’élèvent les droits de douane américains pour l’UE à l’heure actuelle ?

    Les droits de douane américains s’appliquent aujourd’hui en plusieurs strates. La base, c’est le tarif conventionnel : en moyenne 3 à 4 % selon les produits aux États-Unis. S’y ajoute, depuis l’invalidation de l’IEEPA par la Cour suprême, un droit uniforme de 10 % appliqué sur l’ensemble des pays. En effet, l’administration américaine a comblé le vide juridique depuis le 24 février par un nouveau mécanisme : la section 122 du Trade Act de 1974, qui permet d’imposer ce tarif de 10 % — potentiellement porté à 15 %, son plafond légal — pendant 150 jours maximum, soit jusqu’au 24 juillet 2026. Toute prolongation requiert l’approbation du Congrès. Si l’enquête section 301 contre l’UE conclut à des pratiques déloyales, Washington pourrait imposer des droits supplémentaires qui ne devraient pas dépasser le plafond de 15 % prévu par Turnberry — pour que ce dernier reste valable.

    L’accord pourrait-il encore être remis en cause par Washington ?

    Tout à fait, car nous ne sommes plus dans l’accord de Turnberry tel qu’il a été initialement conclu. Les nouvelles conditions pourraient être refusées ou nécessiter une renégociation. Côté européen, le processus n’est pas achevé non plus. Si le Parlement européen a validé une version amendée, celle-ci doit encore être examinée puis adoptée par le Conseil. Les institutions sont engagées dans une phase de négociation, et l’accord ne pourra entrer en vigueur qu’une fois un texte final approuvé par les deux parties. Le calendrier reste relativement resserré, puisque le Parlement européen envisage de voter le texte définitif d’ici la fin du mois d’avril, l’objectif étant de finaliser un accord interinstitutionnel le plus rapidement possible.

    La crise de l’énergie a-t-elle rendu l’Europe plus conciliante vis-à-vis de cet accord ?

    En partie, oui. Initialement jugé défavorable, l’accord apparaît aujourd’hui comme un compromis permettant d’assurer une forme de stabilité. Malgré son caractère asymétrique — avec un plafond de 15 % côté européen contre un accès largement ouvert pour les produits américains —, il répond à une priorité stratégique : sécuriser les échanges avec un partenaire essentiel.

    Reste que cette stabilité demeure fragile. L’accord repose largement sur la capacité des États-Unis à respecter leurs engagements, dans un environnement juridique et politique particulièrement mouvant. Les clauses ajoutées visent à encadrer ce risque, sans pour autant le neutraliser. La clause sur l’engagement d’achat de GNL américain est aussi ouverte à interprétation : il n’y a pas d’échéancier disant qu’il faut que toutes ces livraisons soient réalisées dans un certain délai. À cela s’ajoute l’absence de véritable mécanisme de règlement des différends : en cas de désaccord, la résolution passera par des négociations bilatérales, ce qui renforce d’autant plus l’incertitude.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/ruth-guerra-kpmg-la-stabilite-offerte-par-laccord-entre-leurope-et-les-etats-unis-demeure-fragile-OSHZS64TEBGXHNXU7EVSVXPKUU/

    Author : Tatiana Serova

    Publish date : 2026-03-27 16:57:00

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  • « Parler d’inflation aujourd’hui est erroné et dangereux » : la mise au point de l’économiste Jean-Marc Daniel

    Gare à la sémantique ! A contre-courant du bruit ambiant lié à la guerre en Iran, l’économiste Jean-Marc Daniel insiste : parler aujourd’hui de crise inflationniste n’est pas justifié. Le plus grand danger de cet abus de langage, c’est qu’il conduise les banques centrales à relever les taux d’intérêt. Au-delà des hausses de prix à court terme, le professeur d’économie à l’ESCP entrevoit surtout la déflation. Explications.

    L’Express : Avec la flambée des prix de l’énergie, d’aucuns s’inquiètent d’un retour de l’inflation, y compris l’Insee dans sa dernière note de conjoncture. Qu’en pensez-vous ?

    Jean-Marc Daniel : Il est erroné et dangereux d’utiliser le mot « inflation » aujourd’hui. D’abord parce que ce mot ne correspond pas à la situation actuelle, puisqu’on la définit par une « hausse des prix à la consommation durable et généralisée ». Surtout, un contexte inflationniste induit que les banques centrales doivent réagir en durcissant leur politique monétaire. Or, la pire chose qui pourrait arriver en ce moment, c’est une augmentation des taux d’intérêt, pénalisante pour les entreprises et dramatique pour la situation économique à venir. Comme en 2022, la hausse des prix actuelle est temporaire. De façon structurelle, nous nous orientons vers une phase de déflation.

    Ce qu’on redoute aujourd’hui, ce n’est pas seulement une hausse du prix à la pompe, c’est aussi la diffusion dans toute l’économie d’une énergie plus chère…

    Effectivement, certains prix vont augmenter. Mais le paramètre à prendre en considération, c’est le caractère durable de ce mouvement. Rappelons que le choc pétrolier des années 1970 a été inflationniste parce qu’une fois que le prix est passé de 3 à 12 dollars le baril, il est resté à 12 dollars. En 2022, une fois que le prix du gaz a été multiplié par 5, il a ensuite été divisé par 5. De même, en 2008-2009, le pétrole avait atteint des niveaux supérieurs aux prix actuels, mais cette poussée a duré très peu de temps, il est reparti à la baisse assez vite.

    La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si ces hausses vont être durables, ou corrigées par un afflux d’offre. Depuis les années 1970, le contexte a totalement changé. A l’époque, l’Opep, qui contrôlait les prix, représentait 66 % du marché pétrolier, tandis qu’aujourd’hui la concurrence est déjà en train de préparer le contre-choc pétrolier. Les prix ne montent pas plus parce qu’il y a de nouveaux producteurs, qui essayent de gagner des parts de marché : le Canada et les Etats-Unis bien sûr, la Russie, la Namibie. D’autres pays au sud de l’Afrique se manifestent aussi.

    Vous parliez de déflation. Quels sont les facteurs qui vont conduire à une baisse des prix selon vous ?

    Toutes les périodes d’exode rural significatif se sont traduites par de la déflation : une main-d’œuvre colossale arrive sur le marché du travail et fait pression sur les salaires. Pour les entreprises, le coût du travail diminue. Si elles veulent gagner des parts de marché, elles baissent leur prix. Un rapport de la Banque mondiale chiffre à 1,3 milliard le nombre d’emplois qu’il faudrait créer dans les dix ans pour absorber l’exode rural en Afrique et sur le continent indien, sachant que les pays qui sont concernés n’en créent que 80 millions par an. A ce rythme, 800 millions d’emplois seront donc créés en dix ans… Dans un contexte de marchés mondiaux concurrentiels, la pression sur les salaires s’annonce considérable. Le déploiement de l’intelligence artificielle pourrait accentuer cette tendance de baisse des prix.

    La politique monétaire peut-elle la contrecarrer ? Selon les travaux de Milton Friedman et d’Anna Schwartz, elle agit aussi bien sur l’inflation que sur la déflation. Sauf que l’on constate que depuis 2008-2009, les banques centrales n’ont jamais mis autant d’argent dans le circuit et que, malgré tout, cet afflux de liquidités n’a pas donné lieu à de l’inflation. Il ne s’est pas traduit dans les prix à la consommation mais dans la valeur des actifs. La vitesse de circulation de la monnaie s’effondre, car elle est utilisée pour acheter des appartements, de l’or… Pas de la production immédiate.

    Faut-il redouter ce scénario déflationniste ?

    Cela veut simplement dire que le gain de pouvoir d’achat, au lieu de passer par des hausses de salaires – qui ne profite qu’aux salariés – va passer par la baisse des prix, au bénéfice de tous.

    N’y a-t-il pas un risque de créer des comportements d’attentisme, néfastes pour la croissance ?

    Avec une faible déflation, les gens ont plutôt tendance à mettre moins d’argent de côté. Tandis qu’avec un taux d’inflation dans la zone de 10 %, ils épargnent plus. Le seul agent économique menacé par la déflation, c’est celui qui est endetté. Et quel est celui qui est le plus endetté ? L’État. Le véritable problème dans cette affaire, c’est la dette publique. J’en viens à me demander si la France va encore pouvoir faire face à ses échéances.

    Et pourtant, certains pensent que les Etats peuvent s’endetter davantage, en comptant sur le fait que cette nouvelle dette sera effacée par une hypothétique inflation demain. En France, en Italie, en Espagne… Le risque serait de croire qu’il est utile de redonner du pouvoir d’achat à la population – c’est l’histoire du « quoi qu’il en coûte » chez nous – alors même qu’elle n’a aucune raison d’en bénéficier puisque le prix du pétrole est extérieur à la dynamique économique du pays. La bonne politique consiste au contraire à faire des efforts, même dans les périodes les plus délicates.

    Pensez-vous que cette crise va avoir des effets sur la croissance mondiale ?

    Il faut s’attendre à des perturbations, mais conjoncturelles. A plus long terme, la croissance mondiale est soutenue par des pays qui ne sont pas directement concernés par le conflit en cours. C’est pourquoi la politique que mène l’Union européenne en signant des accords de libre-échange avec le Mercosur, l’Inde, l’Indonésie ou l’Australie, est habile. On va assister à un rééquilibrage vers ces pays porteurs d’avenir, au détriment des Occidentaux où le soutien budgétaire à la croissance va devenir de plus en plus pénalisant.



    Source link : https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/parler-dinflation-aujourdhui-est-errone-et-dangereux-la-mise-au-point-de-leconomiste-jean-marc-HVZIWOPB5NE4NKOEU4J7RBKTVM/

    Author : Muriel Breiman

    Publish date : 2026-03-27 10:33:00

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  • Vladimir Poutine en appelle aux oligarques russes pour financer sa guerre en Ukraine

    Alors que la guerre en Ukraine s’enlise et devient de plus en plus coûteuse, Vladimir Poutine a réuni plusieurs oligarques russes jeudi 26 mars pour solliciter leur contribution au budget de la défense, en berne, révèle le média russe indépendant The Bell. Objectif : permettre à la Russie de poursuivre son invasion, et conquérir l’intégralité de la région frontalière du Donbass, qu’elle contrôle déjà partiellement.

    Au moins deux réponses favorables

    Une demande qui aurait reçu un écho favorable de la part de plusieurs oligarques. Suleiman Kerimov, un milliardaire qui serait lié à la récente prise de contrôle controversée du principal détaillant en ligne Wildberries, se serait notamment engagé à faire un don de 100 milliards de roubles (un milliard d’euros). Selon le Financial Times, qui est entré en contact avec plusieurs sources proches du dossier, le magnat des métaux Oleg Deripaska aurait lui aussi accepté de contribuer. Le Kremlin dément pour sa part toute sollicitation des oligarques et affirme que ces derniers ont offert de leur plein gré de participer à l’effort de guerre.

    Alors que l »opération spéciale » en Ukraine est entrée dans sa cinquième année, la Russie est confrontée à un double coup dur : la baisse des recettes budgétaires provenant des ventes d’énergie et le ralentissement économique, qui affecte les recettes fiscales.

    Une mesure de plus pour financer la guerre

    La demande de Vladimir Poutine aux oligarques s’inscrit ainsi dans la lignée des nombreuses tentatives du président russe pour renflouer les caisses de l’Etat. Ce dernier avait déjà sollicité plusieurs entreprises russes pour financer les dépenses somptuaires du Kremlin en matière de défense, qui ont bondi de 42 % l’an dernier, pour atteindre 13 100 milliards de roubles (140 milliards d’euros).

    En janvier, le Kremlin a relevé la TVA de 2 points de pourcentage, la portant à 22 %, afin de collecter 600 milliards de roubles supplémentaires (6,4 milliards d’euros) sur trois ans auprès des petites et moyennes entreprises. La Russie a également levé 320 milliards de roubles (3,4 milliards d’euros) grâce à une taxe exceptionnelle de 10 % sur les bénéfices de certaines grandes entreprises en 2023. Le ministre de l’Économie, Maxim Reshetnikov, a déclaré séparément jeudi que Moscou envisageait une nouvelle taxe sur les profits exceptionnels cette année si le rouble continuait de se déprécier.

    Prudence sur l’Iran

    Et si la guerre en Iran semble profiter financièrement à la Russie, les États-Unis ayant assoupli les sanctions imposées aux exportations de pétrole russe au début du mois, Poutine a mis en garde le ministère des Finances et le monde des affaires russes, leur conseillant de « ne pas compter sur cette manne financière » durablement. « Nous devons rester prudents. Si les marchés évoluent dans un sens aujourd’hui, ils pourraient évoluer dans l’autre demain », a-t-il fait savoir.

    De son côté, le président ukrainien regrette les dernières prises de position américaines sur le Donbass, alors que les Etats-Unis ont fixé sa cession à la Russie comme condition préalable à des garanties de sécurité. « Malheureusement, le président Trump persiste à privilégier une stratégie consistant à exercer davantage de pression sur la partie ukrainienne », a déploré mercredi Volodymyr Zelensky.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/vladimir-poutine-en-appelle-aux-oligarques-russes-pour-financer-sa-guerre-en-ukraine-4YTIIMK6MBGXLDKFKH7IWBINLM/

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    Publish date : 2026-03-27 10:56:00

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  • EN DIRECT. Guerre en Iran : Téhéran conseille aux civils de quitter les zones où les forces américaines sont déployées

    Donald Trump a annoncé dans la soirée du jeudi 26 mars qu’il s’abstiendrait pendant 10 jours supplémentaires de mettre à exécution sa menace de détruire les centrales énergétiques iraniennes, repoussant à nouveau l’échéance de son ultimatum, jusqu’au 6 avril cette fois. « Les discussions se poursuivent et, malgré les déclarations erronées affirmant le contraire, diffusées notamment par les médias diffusant de fausses informations, elles se déroulent très bien », a assuré le président américain sur son réseau Truth Social.

    Auprès de Reuters, un responsable iranien de haut rang a pourtant jugé que la proposition américaine de sortie du conflit qui lui avait été transmise par l’intermédiaire du Pakistan était « à sens unique et injuste », et n’ouvrait aucune perspective de négociation.

    Les infos à retenir

    ⇒ Donald Trump reporte de dix jours l’échéance de son ultimatum à l’Iran

    ⇒ Téhéran conseille aux civils de quitter les zones où les forces américaines sont déployées

    ⇒ Marco Rubio en France pour un sommet du G7

    10h24

    Défense : Volodymyr Zelensky annonce la signature d’un accord de coopération avec l’Arabie saoudite

    L’Ukraine et l’Arabie saoudite ont signé un accord de coopération en matière de défense qui jette les bases de futurs contrats, d’une coopération technologique et d’investissements, a annoncé ce vendredi le président ukrainien.

    Volodymyr Zelensky, en visite en Arabie saoudite, a indiqué que l’accord avait été signé avant une rencontre avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. « Nous sommes prêts à partager notre expertise et nos systèmes avec l’Arabie saoudite et à travailler ensemble pour renforcer la protection des vies », a-t-il déclaré sur Telegram.

    10h01

    L’Iran assure qu’il se défendra aussi longtemps que nécessaire

    Le ministre iranien des Affaires Étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré ce vendredi au Conseil des droits de l’homme de l’ONU que Téhéran se défendrait aussi longtemps que nécessaire.

    Le chef de la diplomatie iranienne a également accusé les Etats-Unis d’avoir délibérément bombardé l’école de Minab, déclarant que la frappe, qui a fait plus de 175 morts le 28 février, selon Téhéran, « n’était ni un simple ‘incident’, ni une ‘erreur de calcul’ ».

    09h50

    L’Iran conseille aux civils de quitter les zones où les forces américaines sont déployées

    Les Gardiens de la révolution iraniens exhortent ce vendredi les civils à quitter les zones à proximité des bases où sont stationnées les forces armées américaines, rapportent les médias iraniens. Les Etats-Unis « tentent d’utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains », affirment-ils dans un communiqué. « Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu’aucun mal ne vous soit fait », ajoutent-ils.

    Hier soir, le porte-parole des forces armées iraniennes, Abolfazl Shekarchi, avait menacé à la télévision de viser les hôtels du Moyen-Orient qui accueillent des soldats américains. Quand des soldats américains « entrent dans un hôtel, de notre point de vue cet hôtel devient américain », a-t-il affirmé. « Devrions-nous simplement rester les bras croisés et laisser les Américains nous frapper ? Quand nous ripostons, nous devons naturellement frapper là où ils se trouvent », a-t-il ajouté.

    09h28

    Le Royaume-Uni et ses alliés du G7 sont profondément préoccupés par les liens entre la Russie et l’Iran

    La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a déclaré ce vendredi que la Grande-Bretagne et ses alliés du G7 étaient profondément préoccupés par le renforcement des liens entre la Russie et l’Iran, après que les puissances européennes ont accusé Moscou d’aider Téhéran à cibler les forces américaines au Moyen-Orient. « Nous sommes profondément préoccupés par les liens de longue date entre la Russie et l’Iran en termes de capacités partagées », a-t-elle déclaré avant une réunion du G7 qui se tient en France.

    « L’Iran ne devrait pas pouvoir prendre en otage l’économie mondiale au moyen d’un détroit par lequel passent les routes maritimes internationales », a-t-elle aussi déclaré à propos du détroit d’Ormuz.

    09h15

    L’ONU exhorte Washington à conclure rapidement son enquête sur la frappe meurtrière contre une école en Iran

    Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a exhorté ce vendredi les États-Unis à conclure rapidement leur enquête sur la frappe meurtrière contre une école primaire en Iran au début des attaques américano-israéliennes le mois dernier. « De hauts responsables américains ont déclaré que la frappe faisait l’objet d’une enquête. J’appelle à ce que ce processus soit mené à son terme au plus vite et que ses conclusions soient rendues publiques », a déclaré Volker Turk au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève lors d’un débat d’urgence convoqué par l’Iran. « Il faut que justice soit faite pour le terrible préjudice causé » a-t-il ajouté.

    Volker Turk a également appelé les Etats-Unis et Israël à mettre fin à leurs frappes contre l’Iran, et invité Téhéran à cesser de s’en prendre à ses voisins.

    09h06

    Jean-Yves Le Drian critique la réaction « disproportionnée » d’Israël au Liban

    Invité sur BFMTV-RMC ce vendredi matin, l’ancien ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, aujourd’hui représentant d’Emmanuel Macron au Liban, a dénoncé la réaction « disproportionnée » d’Israël dans ce pays, où l’Etat hébreu multiplie les frappes, disant cibler le Hezbollah. « Israël frappe aussi les populations civiles directement ou indirectement », a pointé l’ancien ministre, déplorant « une nouvelle tragédie avec une espèce d’éternel recommencement ».

    08h33

    Le ministre allemand des Affaires étrangères évoque une rencontre prochaine entre les Etats-Unis et l’Iran

    Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a déclaré ce vendredi que des représentants des États-Unis et de l’Iran prévoyaient de se rencontrer prochainement au Pakistan. « D’après mes informations, il y a eu des contacts indirects et des préparatifs ont été faits pour une rencontre directe. Celle-ci devrait avoir lieu très prochainement au Pakistan, apparemment », a déclaré le ministre à la radio Deutschlandfunk.

    08h10

    10 000 soldats américains supplémentaires déployés au Moyen-Orient ?

    Le Pentagone envisage de déployer 10 000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient afin de fournir davantage d’options au président américain Donald Trump, rapporte le Wall Street Journal, citant des responsables du département de la Défense au fait de la question.

    07h44

    Marco Rubio en France pour un sommet du G7

    Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, participera ce vendredi à un sommet des ministres des Affaires étrangères du G7 à l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, à une cinquantaine de kilomètres de Paris. Il s’agit de son premier déplacement à l’étranger depuis que les Etats-Unis et Israël ont attaqué l’Iran le 28 février. La guerre au Moyen-Orient sera bien sûr au menu des discussions, tout comme la guerre en Ukraine.

    Les puissances européennes ont déjà fait savoir jeudi qu’elles souhaitaient interroger le secrétaire d’Etat américain sur l’aide que la Russie fournit à Téhéran. « Si l’Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse et que l’Iran cesse de l’attaquer, elle devrait également faire pression sur la Russie pour qu’elle ne puisse pas l’aider dans ce conflit », a déclaré Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne.

    07h25

    Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit à la demande de Moscou

    Cité par l’agence Tass, Evgueni Ouspenski, porte-parole du représentant permanent de la Russie auprès de l’ONU, annonce que le Conseil de sécurité de l’organisation va se réunir à huis clos cet après-midi à 15h (heure française), à la demande de la Russie, sur la guerre engagée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran.

    07h06

    Les Emirats arabes unis prêts à jouer un rôle dans la réouverture du détroit d’Ormuz

    Les Emirats arabes unis ont informé les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux qu’ils seraient prêts à jouer un rôle dans la réouverture du détroit d’Ormuz, rapporte ce matin le Financial Times, citant des personnes au fait de la question.

    Le pays, qui a subi plus d’attaques iraniennes que tous les autres de la région, y compris Israël, tente d’inciter des dizaines de pays à créer une « Force de sécurité d’Hormuz » pour défendre le détroit contre les attaques iraniennes et escorter la navigation, selon le FT.

    06h59

    L’Iran cible des cibles militaires et énergétiques en Israël et dans le Golfe

    Les Gardiens de la révolution iraniens ont dit cette nuit avoir visé avec des missiles et des drones des cibles militaires et énergétiques en Israël et dans les pays du Golfe, selon une communication relayée par l’agence de presse iranienne Fars.

    L’armée israélienne de son côté a annoncé dans un bref communiqué avoir « terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au cœur de Téhéran ».

    Ce vendredi matin, Tsahal a par ailleurs lancé un appel à évacuer aux habitants du village de Sejoud, dans le sud du Liban.

    06h50

    Donald Trump reporte son ultimatum

    Après avoir menacé hier, lors d’une réunion de son cabinet à la Maison-Blanche, d’intensifier la pression sur l’Iran si celui-ci ne parvenait pas à un accord, Donald Trump a finalement annoncé plus tard sur les réseaux sociaux qu’il suspendrait les attaques contre les installations énergétiques iraniennes pendant 10 jours supplémentaires, repoussant ainsi l’échéance de son ultimatum jusqu’au 6 avril.

    « A la demande du gouvernement iranien (…), je mets en pause la destruction des centrales énergétiques pour une période de 10 jours jusqu’au lundi 6 avril à 20h00 », a-t-il écrit sur Truth Social. Téhéran n’aurait toutefois pas demandé aux Etats-Unis cette pause, rapporte le Wall Street Journal, citant des médiateurs servant d’intermédiaire entre les deux pays.

    06h45

    Bienvenue dans ce direct

    Bonjour et bienvenue dans ce direct ! Nous continuons à suivre la guerre en Moyen-Orient, qui en est ce vendredi 27 mars à son 28e jour.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-guerre-en-iran-donald-trump-repousse-a-nouveau-son-ultimatum-PLGH4FG45NE4HO65OBG7ZPZAE4/

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    Publish date : 2026-03-27 09:28:00

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  • L’IA signe « la fin des faiseurs de PowerPoint », selon les directeurs d’HEC et de l’université Bocconi

    Comment s’adaptent les écoles qui forment l’élite de demain au bouleversement de l’intelligence artificielle ? Invités du colloque de L’Express consacré à l’apprentissage à l’ère de l’IA, le 23 mars dernier, les directeurs de deux prestigieuses business schools ont partagé leurs expériences : Francesco Billari, recteur de l’université Bocconi, venu de Milan pour l’occasion, et Eloïc Peyrache, directeur général d’HEC.

    L’Express : Grâce à l’IA générative, les étudiants peuvent produire en quelques secondes un business plan, une analyse de cas, une dissertation d’économie. Une remise en cause du modèle de vos grandes écoles, fondées sur l’effort ?

    Francesco Billari : L’intelligence artificielle nous pose des défis, mais c’est aussi une occasion fantastique pour nos brillants étudiants. La Bocconi, historiquement spécialisée en économie et en management, va ouvrir un département de sciences informatiques. Nous faisons en sorte que tous les étudiants se familiarisent avec l’IA, qu’ils aient conscience des emplois menacés. Prenons l’exemple des présentations PowerPoint, travail typique d’un jeune embauché. De toute évidence, ce n’est pas un travail d’avenir. Donc il nous faut surtout nous assurer que chacun est capable de poser des questions et d’en interpréter les réponses, plutôt que de simplement produire des slides.

    Eloïc Peyrache : La meilleure façon d’être remplacé, c’est d’être un passe-plat. Il va falloir continuer à penser et à développer un certain nombre de compétences. Longtemps, nos écoles se sont focalisées sur la solution optimale – la meilleure stratégie, la meilleure façon d’augmenter la valeur d’une entreprise… L’intérêt va se déplacer vers l’amont, la compréhension du problème. La capacité à structurer, à poser les bonnes questions, à définir l’objectif, à mettre en œuvre la solution va devenir clé.

    Ces nouveaux usages changent-ils aussi la donne en matière d’évaluation ?

    E.P. : Les entreprises se fiaient jusqu’ici à notre sélection à l’entrée, à nos examens… Pour certaines matières, le retour à de l’évaluation sur papier va permettre de s’assurer que c’est bien l’élève qui a répondu. Pour les travaux à la maison, on va partir du principe que le mémoire est réalisé avec l’aide de l’IA, donc notre approche va évoluer : on va revenir à des présentations orales, l’étudiant devra venir défendre son mémoire face à des jurys…

    Une étude du MIT a montré que plus les étudiants utilisaient l’IA, plus certaines parties de leur cerveau s’atrophiaient. Comment réagir ?

    F.B. : A l’université, il faut nous assurer que nos étudiants se parlent, qu’ils aient des interactions dans les salles de classe et que le campus leur propose une expérience particulière. C’est indispensable pour développer des compétences émotionnelles, sociales, humaines.

    Comment imaginez-vous la vie d’un étudiant sur vos campus dans dix ans ?

    F.B. : Bocconi va considérablement se transformer et devenir plus scientifique, car la révolution de l’IA rend plus ténue la frontière entre les universités de sciences et les business schools.

    E.P. : Nous serons en mesure de personnaliser davantage l’accompagnement de carrière, le travail personnel, etc. Il y aura aussi plus d’étudiants qui suivront les cours à distance. Mais la question du lien et du collectif va rester importante, c’est pourquoi nous investissons massivement sur le campus d’HEC.



    Source link : https://www.lexpress.fr/campus/lia-signe-la-fin-des-faiseurs-de-powerpoint-selon-les-directeurs-dhec-et-de-luniversite-bocconi-3LUERQEZLBD2HIHKAKT62IARKA/

    Author : Anne Rosencher

    Publish date : 2026-03-27 07:00:00

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  • L’Iran menace Bab el-Mandeb, autre verrou stratégique du commerce mondial

    La « guerre éclair » qu’imaginait Donald Trump semble s’enliser. Mercredi 25 mars, l’exécutif américain a encore durci le ton. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a assuré que le président des Etats-Unis était prêt à « déchaîner l’enfer » si l’Iran persistait dans ce qu’elle a qualifié de « mauvais calcul ». À mesure que les menaces montent, la confrontation entre Washington, Israël et Téhéran s’étend bien au-delà du seul détroit d’Ormuz. Après avoir agité la menace d’un blocage de ce passage clé du Golfe, l’Iran a désormais brandi celle d’un « nouveau front » : Bab el-Mandeb, autre verrou maritime majeur, au sud de la mer Rouge.

    Selon une source militaire citée par l’agence iranienne Tasnim, l’Iran pourrait viser cette zone en cas d’intervention terrestre américaine. La même source affirme que Bab el-Mandeb fait partie des passages maritimes « les plus sensibles au monde » et que Téhéran serait en mesure d’y faire peser une « menace crédible ».

    Le détroit de Bab el-Mandeb se situe entre Djibouti et le Yémen, à la jonction entre le golfe d’Aden et la mer Rouge. Il constitue un passage incontournable pour les navires qui remontent vers le canal de Suez. L’Express rappelait en 2024 que 40 % du trafic de conteneurs et 12 % du trafic commercial mondial transitait dans cette zone. Ce type de passage étroit, où se concentre une part importante des flux commerciaux, fait partie de ce que nos confrères chez RFI désignent comme des « choke points », ou points d’étranglement maritimes.

    « Des répercussions majeures »

    Bab el-Mandeb est particulièrement important car il joue un rôle clé dans l’acheminement des hydrocarbures, notamment du pétrole et du gaz, entre l’Asie et l’Europe. « Frapper dans la région du Bab-el-Mandeb, revient ainsi à toucher potentielle­ment des voies économiques vitales », souligne sur son site le ministère de la Défense. L’enjeu est considérable. Il relie indirectement l’océan Atlantique, la mer Méditerranée et l’océan Indien. « Toute interruption du trafic dans ce corridor aurait des répercussions majeures sur les chaînes d’approvisionnement mondiales et les prix de l’énergie », prévient de son côté Africa News.

    Par ailleurs, la menace iranienne prend une dimension particulière en raison de la présence, au Yémen, des rebelles houthis, alliés de Téhéran. Ces derniers ont déjà averti qu’ils pourraient s’en prendre aux navires des pays qu’ils accusent de viser les membres de ce qu’ils présentent comme « l’axe de la résistance », qui regroupe notamment l’Iran, le Liban, la Palestine et l’Irak.

    La menace des rebelles Houthis

    Leur capacité de nuisance dans la zone n’a plus rien de théorique. Dans la foulée du conflit israélo-palestinien de 2023, les Houthis avaient multiplié les attaques contre des navires en mer Rouge, avant une accalmie relative l’année suivante. Si l’épicentre des affrontements reste aujourd’hui concentré autour du golfe Persique, les armateurs redoutent désormais une reprise de ces actions, à plusieurs centaines de kilomètres plus à l’ouest.

    Cette séquence intervient aussi sur fond de tensions croissantes autour de l’île iranienne de Kharg, d’où transitent environ 90 % des exportations de brut du pays. Des médias américains ont évoqué l’hypothèse d’une opération américaine sur cette île afin de contraindre Téhéran à rouvrir le détroit d’Ormuz. Vendredi 20 mars, la Maison-Blanche a assuré que l’armée américaine pouvait la « neutraliser » si Donald Trump en donnait l’ordre.

    « Si l’ennemi tente une action terrestre sur les îles iraniennes ou n’importe où ailleurs sur notre territoire (..) nous ouvrirons d’autres fronts en guise de ‘surprise’ », a prévenu le même responsable militaire cité par l’agence iranienne Tasnim. Reste à savoir si Bab el-Mandeb, la « porte des lamentations », s’apprête à donner un nouveau relief à son nom.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/liran-menace-bab-el-mandeb-autre-verrou-strategique-du-commerce-mondial-C53GRFWHJ5FPDO4OCQHTLFLKOI/

    Author : Audrey Parmentier

    Publish date : 2026-03-26 15:16:00

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  • Italie : avec la victoire de Meloni, l’extrême droite au pouvoir

    En pole position pour devenir la première femme chef de gouvernement de l’histoire de l’Italie, Giorgia Meloni, présidente du parti Fratelli d’Italia (FDI), incarne un mouvement à l’ADN post-fasciste qu’elle a réussi à « dédiaboliser » pour arriver au pouvoir. Sous la houlette de cette Romaine de 45 ans, FDI est devenu le premier parti du pays avec près d’un quart des voix.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/italie-avec-la-victoire-de-giorgia-meloni-l-extreme-droite-au-pouvoir_2180847.html

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    Publish date : 2026-03-26 15:31:00

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  • « L’ingérence russe est sans précédent en Hongrie » : l’alerte du journaliste d’investigation Szabolcs Panyi

    Il est la bête noire du gouvernement hongrois, le poil à gratter de Viktor Orban dans la dernière ligne droite vers les législatives du 12 avril. Rédacteur en chef des enquêtes sur l’Europe centrale chez VSquare à Budapest, l’un des principaux médias d’investigation de la région, Szabolcs Panyi documente inlassablement l’influence du Kremlin dans la politique hongroise. Au point d’être inquiété par les autorités. Le gouvernement a annoncé ce jeudi 26 mars avoir déposé plainte contre lui pour « espionnage ».

    A quelques jours du scrutin, Szabolcs Panyi a accordé un entretien à L’Express. Il juge l’ingérence russe « sans précédent ». Et la négligence de l’Union européenne coupable.

    L’Express : Quelle est l’ampleur de l’infiltration russe dans cette campagne ?

    Szabolcs Panyi : Nous faisons face à une campagne d’ingérence caractérisée. Les éléments s’accumulent, documentés par plusieurs médias. Début mars, VSquare a révélé que le Kremlin avait dépêché en Hongrie trois agents du GRU – le service de renseignement militaire – spécialisés dans la manipulation des réseaux sociaux. D’après nos informations, l’opération serait supervisée par Sergueï Kirienko, le premier chef adjoint de cabinet de Poutine, principal artisan de la stratégie d’influence russe. Il est également cité dans un récent article du Financial Times sur la Social Design Agency, une agence qui aurait orchestré la diffusion de récits favorables au gouvernement hongrois sur les réseaux sociaux, notamment via des influenceurs pro-Orbán. Enfin, les services de renseignement extérieurs russes (SVR) auraient envisagé de mettre en scène une tentative d’assassinat de Viktor Orban afin de le présenter en victime, selon une enquête du Washington Post. Ce projet, baptisé « Gamechanger », visait à infléchir le cours de la campagne.

    Cette ingérence, tous azimuts et très visible, est sans précédent dans le pays. Certains organes de propagande gouvernementaux ont diffusé des contenus générés par intelligence artificielle. Plusieurs indices suggèrent une origine russophone : on distingue par exemple des inscriptions en cyrillique sur certains visuels. Ces contenus ont ensuite été amplifiés par des réseaux de faux comptes portant des noms moldaves ou slaves. Voilà quelques-uns des éléments rendus publics, mais ce n’est probablement que la partie émergée de l’iceberg.

    On apprend que le ministre des Affaires étrangères hongrois divulgue quasiment en temps réel le contenu des réunions européennes aux Russes, ce qu’il a confirmé…

    C’était un secret de polichinelle ! Quasiment tout le monde était au courant, du moins dans les hautes sphères politiques européennes. Le Premier ministre polonais a déclaré que c’était la raison pour laquelle il ne s’exprimait plus qu’occasionnellement dans ces rendez-vous. On sait aussi que les Hongrois sont exclus des boucles d’informations de certaines réunions européennes et des échanges les plus sensibles en matière de renseignement, concernant notamment la Russie et l’Ukraine.

    En Roumanie, le premier tour de l’élection présidentielle de novembre 2024 a été annulé par la Cour constitutionnelle en raison d’accusations d’ingérence russe. La configuration semble tout autre pour la Hongrie…

    Ce scénario est inconcevable dans la Hongrie d’aujourd’hui. Car l’Etat ne défend pas l’intégrité de la campagne électorale contre les influences extérieures – bien au contraire. Ces ingérences russes ont pour but de soutenir la candidature de Viktor Orban et de garantir qu’il puisse, d’une manière ou d’une autre, rester au pouvoir. Le gouvernement n’a donc aucun intérêt à lutter contre, ce qui rend ces opérations éminemment dangereuses.

    Après 16 années consécutives au pouvoir de Viktor Orban, nous avons affaire à un Etat-parti, ce qui signifie qu’il n’y a aucune distinction entre le parti au pouvoir (le Fidesz) et l’appareil d’Etat. Les organes de l’Etat, tels que les fonctionnaires, les bureaucrates et les ministères, reçoivent l’ordre de faire campagne au nom du Fidesz. Par conséquent, les institutions qui devraient être indépendantes – comme les services de contre-espionnage ou de cybersécurité – sont sous contrôle politique. Si elles ne reçoivent pas l’ordre de se défendre contre de telles menaces, elles ne le feront pas.

    Pourquoi la Russie et la Hongrie tiennent tant à cette relation privilégiée ?

    Viktor Orban est l’atout maître du Kremlin dans l’Union européenne, en tant qu’allié le plus loyal. Tant que la Hongrie est membre de cette Union, elle peut la boycotter, la saboter et contribuer à sa désintégration. C’est ce que Viktor Orban offre à la Russie. En contrepartie, il reçoit cette aide ponctuelle apportée à la campagne par des agents russes, mais il a surtout bénéficié des circuits de corruption russes au plus haut niveau. On sait aujourd’hui que des grandes entreprises liées à la Russie profitent parfois directement à l’entourage du Premier ministre. Par exemple, le chantier de la centrale nucléaire de Paks (conçue par la Russie) a employé en sous-traitance des entreprises appartenant à des proches d’Orban.

    L’influence russe en Hongrie ne date pas d’hier. Comment s’explique-t-elle, dans un pays qui a connu le joug soviétique jusqu’à l’insurrection de 1956 ?

    En Hongrie, un grand malentendu persiste : nous avons connu une transition démocratique, certes, mais toutes les infrastructures utilisées par le KGB sont restées intactes. Certaines des personnes qui espionnaient déjà pour le KGB sous le régime socialiste ont occupé des postes jusqu’à récemment. Par ailleurs, après le démantèlement de l’Autriche-Hongrie en 1920, des minorités hongroises se sont retrouvées dispersées dans les pays voisins. Certains de ces « Hongrois de souche » étaient nés en Union soviétique. Plus d’une fois, les services de contre-espionnage hongrois ont découvert que des gens nés en Transcarpatie (région ouest de l’Ukraine, à la frontière avec la Hongrie) ou dans l’actuelle Russie étaient soupçonnés d’espionner pour le compte du Kremlin. Nous n’avons jamais vraiment regardé notre histoire en face. En raison de cette attitude naïve envers la diaspora hongroise, personne n’identifie ces communautés comme un risque potentiel pour la sécurité nationale.

    En 2014, l’affaire « KGBela » a fait couler beaucoup d’encre…

    C’est à travers cette histoire que j’ai découvert pour la première fois le programme d’espionnage russe des « illégaux », ces agents dormants vivant sous de fausses identités dans plusieurs pays occidentaux. Dans les années 2000, la Hongrie était un pays socialiste et ses services de renseignement étaient une antenne du KGB. Elle servait de lieu de transit où ces agents passaient du temps avant d’être envoyés en Europe ou aux Etats-Unis. Bela Kovacs est né d’une mère hongroise et d’un père biologique russe.

    Contrairement à d’autres « clandestins », il n’a pas été sélectionné et formé pendant des années à être une autre personne. En revanche, le KGB s’est servi de ses origines pour en faire un agent. Il s’est d’abord présenté comme un homme d’affaires ayant exercé plusieurs postes en Russie. En fait, son nom n’apparaissait nulle part dans le registre des sociétés russes. Elu au Parlement européen en 2010 pour le parti d’extrême droite Jobbik, sa mission principale consistait à faciliter l’alliance des partis d’extrême droite au Parlement européen. Et il a réussi sa mission dans une certaine mesure, en créant, en 2009, l’Alliance européenne des mouvements nationaux (AEMN), un parti politique européen dont le Front national a notamment été membre.

    On a l’impression que l’Union européenne est une passoire !

    Absolument. Et ce qui m’effraie, en tant que Hongrois, c’est que ce genre d’influence russe, dont on entendait parler il y a une quinzaine d’années dans l’espace post-soviétique – en Géorgie, en Arménie, en Ukraine –, s’étend progressivement vers l’ouest : la Moldavie, la Roumanie, et maintenant la Hongrie, mais aussi la Slovaquie, où l’influence russe sur le gouvernement est très visible. Personne ne semble vraiment vouloir y mettre un terme, du moins pas au niveau européen. Cela montre que le système immunitaire de l’Europe n’est tout simplement pas assez solide. Si rien ne change, cette progression vers l’ouest ne s’arrêtera pas aux frontières occidentales de la Hongrie.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/viktor-orban-est-latout-maitre-du-kremlin-dans-lue-lalerte-du-journaliste-dinvestigation-szabolcs-XZ7BHEV4OBGTLJ2FUEMCTRAX7U/

    Author : Charlotte Lalanne

    Publish date : 2026-03-26 17:00:00

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  • L’aide militaire à l’Ukraine menacée par le conflit au Moyen-Orient ?

    Le ciel est chargé de fumée, et la tension ne faiblit pas. Le Pentagone envisage de détourner vers le Moyen-Orient des armes destinées à l’Ukraine, alors que la guerre en Iran épuise certaines des munitions les plus critiques de l’armée américaine, a rapporté, jeudi 26 mars, le Washington Post, citant trois personnes au fait de la question. Parmi les armes susceptibles d’être réorientées figurent des missiles intercepteurs de défense aérienne acquis dans le cadre d’une initiative de l’Otan lancée l’an dernier, permettant aux pays partenaires d’acheter des armes américaines pour Kiev, informe le rapport. A noter qu’aucune décision n’a encore été prise.

    Cette réflexion intervient alors que les opérations américaines dans la région s’intensifient. L’amiral Brad Cooper, chef du Commandement central des forces américaines au Moyen-Orient, a déclaré, mercredi 25 mars, que les États-Unis avaient frappé plus de 10 000 cibles en Iran et étaient en bonne voie de limiter la capacité de Téhéran à projeter sa puissance au-delà de ses frontières. Un porte-parole du Pentagone a indiqué au journal américain que le département de la Défense veillerait à ce que les forces américaines, ainsi que celles de leurs alliés et partenaires, disposent des moyens nécessaires pour combattre et vaincre.

    Depuis le début de l’offensive américaine contre l’Iran, le 28 février, les capitales européennes s’inquiètent de l’épuisement rapide des munitions par Washington, alors même qu’elles assurent désormais l’essentiel du soutien militaire à Kiev, y compris des aides directes hors Otan. Le président Emmanuel Macron a martelé à l’issue du sommet européen de la semaine dernière à Bruxelles que la guerre en Iran « ne doit pas nous détourner du soutien que nous apportons à l’Ukraine. » Interrogée également ce sujet, l’alliance transatlantique n’a pas clarifié si elle était informée ou préoccupée par un éventuel réacheminement de matériel américain, selon le Washington Post.

    Par ailleurs, responsable de l’Otan a rappelé que les membres de l’Alliance et leurs partenaires continuent d’alimenter le programme PURL (Prioritised Ukraine Requirements List), qui finance la fourniture d’armes américaines à Kiev. «  Cette initiative, négociée l’an dernier par l’Otan, permet à l’Ukraine de recevoir des armements américains à condition que les Européens en supportent le coût  », résume le Washington Post. « Les équipements acheminés vers l’Ukraine sont continus », a ajouté le responsable dans le quotidien. « Plusieurs milliards de dollars américains ont déjà été promis à PURL, et nous prévoyons d’autres contributions à venir. »

    « Période d’incertitude considérable »

    Depuis l’été dernier, a précisé ce responsable, l’initiative PURL a fourni 75 % des missiles destinés aux batteries Patriot ukrainiennes et la quasi-totalité des munitions utilisées dans ses autres systèmes de défense aérien. A titre de comparaison, plus de 800 missiles Patriot ont été utilisés au cours des trois premiers jours de combats dans la guerre contre l’Iran, soit plus que l’Ukraine n’en a reçu pendant toute l’invasion russe à grande échelle, a déclaré Volodymyr Zelensky lors d’un point de presse le 5 mars, selon EuroNews. Parmi les munitions les plus demandées dans ce conflit figurent les intercepteurs de défense aérienne de pointe, notamment les systèmes Patriot et THAAD (Terminal High Altitude Area Defense).

    Le Pentagone, lui, tente d’accélérer la production de munitions essentielles pour la guerre en Iran, mais se heurte aux limites de l’industrie de défense américaine en temps de crise. L’administration Trump prépare une demande de budget supplémentaire : le ministère de la Défense avait initialement proposé plus de 200 milliards de dollars, selon le Washington Post. En janvier, le Congrès a voté 400 millions de dollars supplémentaires à long terme pour l’armement de l’Ukraine, finançant un programme que le Pentagone prévoyait de réduire.

    Pour les Ukrainiens, la position reste délicate : défendre leurs intérêts face à la Russie tout en ménageant leurs alliés, notamment les Américains, et gérer l’urgence de la guerre sans perdre le soutien vital qui les maintient à flot. De son côté, Olga Stefanishyna, ambassadrice d’Ukraine aux États-Unis, a souligné dans un communiqué que Kiev tenait ses partenaires informés de ses besoins, notamment en défense aérienne, tout en comprenant la « période d’incertitude considérable » que traverse ce conflit. Reste à savoir si l’épuisement des munitions américaines pourrait accélérer la fin de cette guerre au Moyen-Orient… mais cette issue semble encore lointaine.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/laide-militaire-a-lukraine-menacee-par-le-conflit-au-moyen-orient-2J6JT4U3KFCAHJXX3XM6DMPP2I/

    Author : Audrey Parmentier

    Publish date : 2026-03-26 18:58:00

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  • « MBS veut que Trump termine le travail en Iran » : l’énigmatique prince saoudien décrypté par Karen Elliott House

    Karen Elliott House est l’une des très rares journalistes à avoir eu accès à Mohamed ben Salmane (MBS) pour de nombreux entretiens approfondis. Alors que Donald Trump affirme avoir soumis un plan aux Iraniens pour mettre fin à la guerre – ce que dément Téhéran -, et que les pays du Golfe continuent d’être pris pour cible par le régime des mollahs, la diplomatie discrète du prince héritier saoudien demeure une énigme pour de nombreux observateurs. Selon une enquête du New York Times, MBS aurait récemment fait pression sur le président américain pour qu’il poursuive le conflit, assurant que cette campagne militaire était une « opportunité historique » de remodeler le Moyen-Orient.

    Après la détente engagée en 2023, la ligne de l’Arabie saoudite à l’égard de Téhéran apparaît aujourd’hui clairement affirmée : « la chute du régime théocratique iranien », constate l’ex-journaliste du Wall Street Journal, Karen Elliott House qui couvre l’actualité de la monarchie pétrolière wahhabite depuis quatre décennies. La lauréate du prestigieux prix Pulitzer en 1984 a assisté à la révolution menée au pas de charge par MBS depuis qu’il est devenu, le 21 juin 2017, le prince héritier d’Arabie saoudite. Dans L’Homme qui voulait être roi, (Éditions Saint-Simon, parution le 9 avril), elle revient sur ses grandes réussites, ses échecs, ses excès autoritaires ainsi que sa passion pour… les jeux vidéo qui en dit beaucoup sur sa façon d’exercer le pouvoir. Entretien.

    L’Express : Mohammed ben Salmane avait opéré un rapprochement avec l’Iran en 2023. Aujourd’hui, il serait favorable à ce que Trump poursuive la guerre. Comment expliquez-vous ce changement de pied ?

    Karen Elliott House : MBS espérait que l’établissement de relations diplomatiques avec l’Iran protégerait l’Arabie saoudite de toute attaque. En mettant la Chine dans la boucle, son objectif était que Pékin, grâce à ses relations privilégiées avec l’Iran, puisse contribuer à encadrer le comportement de Téhéran et à le maintenir dans une posture plus stable et prévisible. Mais lors de cette guerre, l’Iran a mené des frappes contre des installations pétrolières et militaires saoudiennes, ainsi que contre les autres pays du Golfe dans l’espoir de les éloigner des Etats-Unis. Dans ce contexte, MBS souhaite désormais que Donald Trump « termine le travail », c’est-à-dire qu’il contribue clairement à la chute du régime théocratique iranien. Il ne veut pas se retrouver à proximité d’un Iran humilié mais animé d’un esprit de revanche, toujours capable de déstabiliser durablement la région.

    En réalité, l’Arabie saoudite, à l’instar de l’ensemble des pays du Golfe, est profondément préoccupée par l’influence de l’Iran sur le détroit d’Ormuz. Même s’ils n’ont pas initialement souhaité ce conflit, ils ont cherché, comme les administrations américaines précédentes avant Trump, à en contenir les effets de manière indirecte. MBS, en particulier, veut préserver les milliards investis dans la diversification de l’économie nationale.

    Les pays du Golfe sont restés globalement très silencieux depuis le début du conflit alors que certains d’entre eux sont davantage visés qu’Israël. Pourquoi MBS n’est-il pas monté davantage au créneau ?

    C’est quelqu’un qui parle très peu. Lorsqu’il a lancé son vaste programme de réformes « Vision 2030 » en 2016, il n’a accordé que quelques interviews et une seule conférence de presse internationale. Fondamentalement, il est exact opposé de Donald Trump, qui s’exprime constamment pour occuper l’espace médiatique. MBS, lui, reste très discret. Je me souviens lui avoir d’ailleurs demandé un jour si, dans des périodes difficiles comme à l’approche de la Seconde Guerre mondiale, à l’époque où le président Roosevelt s’adressait régulièrement aux Américains à la radio pour les rassurer sur son leadership et sur la guerre à venir, il avait envisagé de faire quelque chose de similaire. Il m’a répondu que non. Sa vision est claire : il cherche avant tout à obtenir des résultats et que ceux-ci parlent d’eux-mêmes.

    La guerre en Iran a fait voler en éclat le sentiment de sécurité qui régnait dans le Golfe. Cette guerre peut-elle dégrader les relations entre Trump et certains pays du Golfe comme l’Arabie saoudite ?

    Non, cela semble même avoir produit l’effet inverse, en particulier pour l’Arabie saoudite, qui apparaît désormais encore plus déterminée que jamais à renforcer ses liens avec Washington en s’équipant avec du matériel militaire américain. Néanmoins, ces pays aspirent avant tout à une paix durable, garante de stabilité, et non à une simple pause dans les hostilités.

    La relation entre Trump et MBS ne s’inscrit pas vraiment dans le temps long, dans la mesure où le président américain ne peut pas se représenter et quittera ses fonctions dans deux ans. Cela ne devrait toutefois pas modifier fondamentalement leur relation d’ici là. MBS ne semble pas accorder une grande confiance à Donald Trump. Mais le locataire de la Maison-Blanche paraît l’apprécier et continue de travailler avec lui. Leur coopération devrait donc rester fonctionnelle jusqu’à la fin du mandat de Trump.

    Si la reconnaissance d’Israël ne bénéficie pas du soutien de sa population, pourquoi MBS continue-t-il de la placer en tête de ses priorités ?

    MBS ne considère pas que l’Arabie saoudite ait vocation à rejoindre les accords d’Abraham. À ses yeux, ils concernent avant tout des Etats du Golfe de taille modeste dans leurs relations avec Israël. En revanche, l’Arabie saoudite se perçoit comme un acteur central et un représentant du monde islamique. Ainsi, une reconnaissance d’Israël par Riyad aurait une portée bien plus significative que celle des Emirats arabes unis, en ce qu’elle pourrait entraîner une grande partie du monde musulman vers une normalisation des relations avec Israël.

    Il semble toujours favorable à cette perspective. Si Israël parvenait à proposer une avancée sur la question palestinienne offrant à l’Arabie saoudite, et en particulier au prince héritier, une base politique suffisante pour justifier une reconnaissance, celle-ci pourrait se concrétiser. Jusqu’à présent, l’hypothèse d’une telle évolution pendant la présidence de Donald Trump paraissait peu probable. Toutefois, la guerre en cours pourrait paradoxalement rendre cette démarche plus envisageable.

    L’ambition de MBS est, dites-vous, d’occuper les premières places du G20. En quoi MBS cherche-t-il finalement à faire passer la nation saoudienne d’une puissance régionale à une puissance globale ?

    Il ne se perçoit pas comme une puissance comparable à la Chine ou aux Etats-Unis, mais il estime pouvoir interagir avec ces grandes puissances avec assurance. La Chine dépend fortement du Moyen-Orient, et l’Arabie saoudite constitue pour elle un partenaire commercial majeur en raison de ses exportations pétrolières. Dans ce contexte, il ambitionne de faire passer l’économie saoudienne du bas du classement au sein du G20 à une position parmi les cinq premières d’ici 2050. Cet objectif paraît difficile à atteindre, mais les autorités saoudiennes restent convaincues – à juste titre – que le pétrole continuera de jouer un rôle central dans l’économie mondiale et que les alternatives ne le remplaceront pas entièrement. Grâce à des coûts de production particulièrement bas, elles estiment pouvoir rester les derniers acteurs dominants sur le marché pétrolier, ce qui garantirait des revenus durables.

    Parallèlement, le pays cherche à développer le tourisme et d’autres sources de diversification économique. Toutefois, ces ambitions ont été temporairement freinées par le conflit avec l’Iran. Dans le contexte actuel, l’Arabie saoudite n’apparaît pas comme une destination touristique attractive. En revanche, si la guerre devait se conclure de manière favorable, avec un Iran durablement contenu, l’Arabie saoudite – comme l’ensemble des pays du Golfe – se trouverait dans une position nettement plus avantageuse.

    Dans votre livre, vous décrivez une véritable révolution pour les femmes en Arabie saoudite. Quels changements principaux avez-vous observés ?

    Je me rends en Arabie saoudite depuis 1978. Jusqu’à récemment, ce pays était un endroit où les femmes étaient pratiquement invisibles. Elles pouvaient enseigner dans des écoles réservées aux filles ou, plus rarement, exercer comme médecins, mais les opportunités restaient extrêmement limitées, alors même qu’elles constituaient la partie la plus diplômée de la société. Lors de mes premiers séjours, au début des années 1980, on m’avait demandé de me couvrir entièrement – cheveux, corps et visage – sous peine de ne pas pouvoir circuler librement. J’ai alors porté une abaya et un foulard, comme cela était exigé. Le port du voile intégral dépendait souvent de la pression exercée par la police religieuse, très présente à l’époque.

    Le contraste avec la situation actuelle est saisissant. En l’espace d’une dizaine d’années, les transformations ont été profondes grâce à « Vision 2030 » : les femmes conduisent, les hommes et les femmes se côtoient librement dans les espaces publics et professionnels, y compris dans les bureaux ou les ascenseurs, ce qui aurait auparavant pu entraîner une arrestation. Lors d’une rencontre récente avec le prince héritier, je me suis présentée en abaya. Il m’a fait remarquer que ce n’était plus nécessaire, illustrant ainsi sa volonté d’encourager une normalisation des comportements et une société plus ouverte.

    Toute la société saoudienne a aussi beaucoup évolué…

    Oui, des concerts, y compris de rock, sont désormais organisés, et la musique est diffusée dans les restaurants, alors qu’elle était autrefois strictement interdite en dehors de l’appel à la prière. Les commerces ne ferment plus systématiquement cinq fois par jour pour les prières, comme c’était le cas auparavant. Le pays a ainsi connu une transformation radicale en très peu de temps, après des décennies marquées par une forte emprise du clergé religieux sur la société.

    Quel est le rapport de MBS à la religion ? La première fois que vous l’avez rencontré, il vous a dit : « Nous ne sommes pas islamistes, nous sommes musulmans »…

    Il voulait dire par là que l’islam est la religion de l’Arabie saoudite, mais que les Saoudiens sont des musulmans comme ceux du monde entier, n’accordant pas une importance excessive à la religion. Si vous parlez à MBS à l’heure de la prière, il ne s’excuse pas pour partir prier. Cela vaut aujourd’hui pour de nombreux citoyens, contrairement à la période précédente lorsque la police religieuse obligeait les fidèles à se rendre dans les mosquées publiques, où la présence de chacun était facilement observable. Prier dans l’intimité de son bureau ou chez soi était mal vu. Les religieux voulaient que la foi soit ostentatoire.

    Dans votre livre, vous comparez le projet « Vision 2030 » au virage de la Chine marxiste vers le capitalisme sous Deng Xiaoping. En quoi est-ce un bouleversement similaire ?

    Cela y ressemble mais MBS s’y prend différemment. Deng Xiaoping disait : « Nous allons traverser la rivière en tâtonnant pierre par pierre », ce qui signifiait avancer lentement et prudemment. MBS ne traverse pas la rivière en tâtonnant les pierres. Il s’est lancé tête baissée et a été prêt à prendre de gros risques, dont certains n’ont pas abouti. Beaucoup des mégaprojets lancés ont été soit revus à la baisse, soit complètement abandonnés. Il se concentre aujourd’hui davantage sur la création d’emplois, car son obsession, ce sont les jeunes.

    En Arabie saoudite, les jeunes générations, largement majoritaires dans le pays, le suivent comme le joueur de flûte de Hamelin (NDLR : une légende allemande où un personnage utilise la musique pour contrôler puis punir une ville qui ne respecte pas sa parole). Ils apprécient les changements culturels et sont inquiets sur le fait de trouver un emploi qu’ils estiment mériter. MBS a fait baisser le taux de chômage de 14 % à environ 7 %, le niveau le plus bas jamais enregistré depuis que les Saoudiens tiennent des statistiques sur le sujet. Mais il doit maintenir ces emplois pour les jeunes, sous peine de les mécontenter. L’accent sera donc davantage mis, au cours des prochaines années, sur la nécessité de s’assurer que les grands investissements soient rentables ou, au moins, qu’ils créent des emplois.

    Le revers de la libération sociale et économique voulue par le prince héritier, c’est que la liberté politique est aujourd’hui encore plus limitée qu’il y a dix ans. Vous allez jusqu’à le comparer à des grands réformateurs autocratiques comme Pierre le Grand, Atatürk ou l’ex-Premier ministre de Singapour Lee Kuan Yew…

    Oui, MBS est un réformateur autocratique. S’il parvient à continuer à réformer pour créer des emplois et une économie florissante, comme l’a fait Lee Kuan Yew, tout ira bien pour lui. S’il rencontre des difficultés sur le front de l’emploi, il y aura du mécontentement dans le pays. Récemment, j’ai fait une conférence dans laquelle j’ai évoqué cette absence de liberté politique, en expliquant que les Saoudiens apprenaient à obéir au père, au chef de tribu, au roi et à Allah. Leur rapport à la liberté politique est donc très différent de celui de l’Occidental moyen.

    Mais une Saoudienne était présente dans le public et a souligné qu’il s’agissait plus de confiance que d’obéissance. Elle avait raison. Les Saoudiens font confiance à leurs dirigeants. Vous ne vous levez pas tous les matins en vous disant « Emmanuel Macron veille sur moi » ; comme je ne me lève pas tous les matins en me disant « Trump veille sur moi » (rires). Mais les Saoudiens, dans leur majorité, ne voient pour l’instant pas d’inconvénient à avoir un bon travail tout en se taisant sur le plan politique, un compromis difficile à accepter pour la plupart des Occidentaux.

    MBS a dû faire marche arrière sur son projet Neom lancé en grande pompe il y a près de dix ans. A-t-il fait preuve d’hubris ?

    En 2016, il m’avait décrit ses projets pour développer Neom. A l’époque, il n’avait pas mentionné « The Line », cette ville de 170 kilomètres de long censée accueillir un million d’habitants qu’il vient d’abandonner. Mais il voulait développer une station de ski futuriste, Trojena, et toutes sortes d’installations. Une grande partie de ce projet n’a clairement pas abouti. Aujourd’hui, son objectif est plutôt d’attirer dans cette zone de nombreux data centers dédiés à l’intelligence artificielle, l’Arabie saoudite pouvant produire de l’énergie à très faible coût, tandis que ces infrastructures sont particulièrement gourmandes en électricité. MBS estime que ce sera l’endroit le plus compétitif au monde pour y implanter cette activité. Le projet Neom n’a ainsi pas été abandonné mais a été revu.

    C’est d’ailleurs ce qui explique son désir d’établir des relations avec Israël. Il souhaite devenir une grande puissance économique et les Israéliens excellent dans le domaine technologique. Le prince héritier envisage un grand corridor qui s’étendrait de l’Asie à l’Europe en passant par l’Arabie saoudite et Israël, dans lequel le commerce serait développé et le transit assuré. Il semble toujours très attaché à cette idée. Lors de sa venue à Washington en novembre, lui et le président Trump ont pris la parole au Kennedy Center. MBS a parlé de ses ambitions économiques en trois minutes, Trump a pris la parole pendant plus d’une heure. Le contraste dans la manière dont ces deux hommes fonctionnent était très frappant. Mais MBS a obtenu des engagements pour des investissements dans le big data et les data centers en Arabie saoudite.

    MBS débute sa journée par une demi-heure consacrée aux jeux vidéo. Il est aussi très fier de faire partie des meilleurs joueurs au monde de « League of Legends ». Comment expliquez-vous sa passion vidéoludique ?

    Il m’a dit que sa mère lui avait offert une console Nintendo quand il avait six ans. Il est né en 1985, quelques années après que le pouvoir religieux avait étendu son emprise sur l’Arabie saoudite, à la suite de la prise de la Grande Mosquée de La Mecque en 1979. Il n’y avait donc pas beaucoup de divertissements autorisés. Les jeux vidéo comme Pokémon ont été interdits pour incitation au blasphème et à la paresse. Lui est manifestement devenu accro. Il m’a confié que les jeux vidéo élargissaient l’esprit.

    Cela a sans doute inspiré ses projets futuristes de Neom. Il a aussi transformé sa passion en moteur économique, avec l’idée de faire de l’Arabie saoudite un « hub mondial » pour le gaming et l’e-Sport. Il est très fier d’avoir passé un week-end dans sa ferme à affronter le champion du Moyen-Orient de Final Fantasy XVI, face auquel il a perdu environ 60 % des parties, tout en se déclarant satisfait des 40 % de victoires restantes. « S’il perd, il restera éveillé nuit et jour pour s’améliorer », m’a confié son ami d’enfance, le prince Abdallah ben Bandar…

    Son début de « règne » reste entaché par l’assassinat brutal de Jamal Khashoggi en 2018 à Istanbul. Comment a-t-il réussi à surmonter cela sur le plan diplomatique ?

    Il a eu de la chance que le Covid-19 arrive, car personne ne se déplaçait plus durant cette période de pandémie. Du coup, le fait qu’il soit boudé par le monde entier sur un plan diplomatique était moins visible. En 2019, il avait aussi organisé un grand voyage en Chine où les droits de l’homme ne sont pas un sujet de discussion. Il a bien géré la situation en se disant que ça allait s’estomper. À la Maison-Blanche en novembre, lorsqu’une journaliste de la chaîne ABC l’a interrogé sur ce sujet, Donald Trump a vivement réagi en affirmant que MBS n’était pas au courant. Lui a répondu : « C’est une tragédie quand quelqu’un meurt, mais nous avons essayé de faire en sorte que cela ne se reproduise plus ». J’ai échangé avec des personnes qui ont lu les transcriptions des enregistrements turcs documentant la mort de Khashoggi. C’était un acte odieux et horrible. Mais aujourd’hui, cet assassinat est en grande partie derrière lui.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/mbs-veut-que-trump-termine-le-travail-en-iran-lenigmatique-prince-saoudien-decrypte-par-karen-WQQRZ64H5FFNVAAGVDAV4P6PEY/

    Author : Thomas Mahler, Charles Carrasco

    Publish date : 2026-03-26 17:00:00

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  • Vladimir Poutine, révélations sur sa vie cachée : ses deux fils, son obsession de vivre jusqu’à 150 ans…

    « La démarche du pistolero ». C’est ainsi que des professeurs de neurologie du très sérieux British Medical Journal ont baptisé l’étrange façon de marcher de Vladimir Poutine, rappelle le journaliste Vincent Jauvert dans son livre Kremlin confidentiel, dont L’Express publie les bonnes feuilles. « Nous avons observé qu’[il] présente une réduction notable du balancement du bras droit pendant la marche, écrivent-ils en 2015. Nous avons trouvé dans un manuel de formation du KGB une explication plausible : les recrues étaient entraînées à garder le bras droit immobile près du corps afin de pouvoir dégainer rapidement une arme. Nous pensons que cette habitude acquise a été conservée inconsciemment dans [sa] posture et [sa] démarche ». Fruit d’une enquête fouillée et nourrie par de nombreux documents et témoignages, l’ouvrage de Vincent Jauvert vise à dévoiler la vraie nature du président russe, tout ce qu’il veut cacher : « sa quête effrénée de luxe, de pouvoir et de vengeance – sa vie privée et ses crimes aussi ». Dans un texte saisissant, l’auteur montre comment ce chef mafieux a construit sa dictature à vie, accumulé une immense fortune, planifié l’invasion de l’Ukraine, et entraîné l’Europe dans une guerre sans fin. Extraits.

    Les Jeux de la corruption et du dopage

    C’est peut-être là, sur les bords de la mer Noire, que le régime Poutine apparaît le plus crûment, dans toute son immoralité. Là aussi que sa stratégie de corruption et de mensonges a trouvé sa première limite. Grand amateur de sport, le maître du Kremlin a voulu les JO de Sotchi – son bébé – pour consolider son prestige à l’intérieur et à l’extérieur de son pays. Pour magnifier la gloire de la Russie aussi. En fait, ces Jeux vont exposer à la face du monde l’extrême corruption financière et morale du régime Poutine.

    À Sotchi, la Russie arrive largement première avec 33 médailles dont 13 en or. Aux Jeux d’hiver précédents, à Vancouver, elle n’était classée que douzième, ne remportant que 2 médailles d’or. Par quel miracle a-t-elle réussi cet exploit ? Grâce à une triche sans précédent. Autorisée et sans doute même ordonnée par Poutine. « À partir de 2011, l’État russe a mis en place un système de dopage et de dissimulation orchestré par le ministère des Sports avec l’aide du FSB », raconte l’avocat canadien Richard McLaren [interviewé par l’auteur] qui a remis, en juillet 2016, un rapport à l’Agence mondiale antidopage. Selon nos sources, l’idée apparaît dès 2007 quand Sotchi est désignée comme ville organisatrice pour 2014. Mais la décision a été effectivement prise trois ans plus tard, après les JO de Vancouver, où les résultats des athlètes russes ont énormément déçu.

    […] Comble de la duperie, c’est le directeur du centre antidopage de Moscou qui a, lui-même, conçu le produit dopant à fournir aux sportifs, un mélange de stéroïdes. Dans ce cocktail, surnommé « la Duchesse », les stéroïdes sont dissous dans l’alcool, whisky pour les hommes, vermouth pour les femmes, raconte l’avocat. Cette solution doit être roulée dans la bouche du sportif afin que les muqueuses absorbent les substances dopantes puis elle est recrachée. Le ministère des Sports distribuait ce breuvage, via une organisation affiliée, aux différentes fédérations sportives qui, elles-mêmes, le donnaient aux entraîneurs. Au bout de la chaîne, les sportifs ne pouvaient, semble-t-il, pas refuser d’en prendre, sous peine de se voir privés des meilleurs coachs ou de ne pouvoir participer aux compétitions les plus prestigieuses.

    Pour dissimuler le dopage, il fallait pouvoir faire disparaître les urines « sales » avant les tests, poursuit McLaren. Le FSB, qui a surveillé la construction du labo antidopage de Sotchi, a demandé et obtenu le percement d’une ouverture très discrète dans un mur, ouverture par laquelle les flacons pourraient être clandestinement glissés dans une pièce adjacente occupée par des agents des services spéciaux. C’est grâce à ce « trou de souris » que la triche s’est déroulée durant toute la durée des Jeux.

    La nuit, des techniciens du FSB, qui disposaient aussi d’une salle de repos dans le bâtiment, vidaient les flacons d’urine « sale » pour la remplacer par de l’urine « propre » précédemment recueillie auprès des athlètes et conservée depuis l’ouverture des Jeux dans des réfrigérateurs. Le FSB participait donc à toutes les étapes de cette triche d’État. Dès le début de l’opération [en 2011], le patron du laboratoire de Moscou a été obligé de signer un document qui faisait de lui un informateur du FSB. On lui a donné un nom de code : « Kuts ». Chaque semaine, il devait rendre compte à un officier du service secret, un certain Evgueni Blokhine. À Sotchi, ce dernier s’occupait de l’échange des flacons d’urine. Pour passer inaperçu, il disposait d’une carte d’accès au laboratoire antidopage grâce à une couverture : officiellement, il était technicien en tuyauterie de la firme en charge de la maintenance du bâtiment.

    Les deux fils

    [Fin 2016]. La question [de la protection de sa famille] le taraude d’autant plus qu’à 64 ans, le maître du Kremlin vient en secret d’avoir un fils, le premier, semble-t-il. Il se prénomme Ivan. Il a 18 mois. Au moment de l’accouchement de sa compagne, Poutine a disparu pendant dix jours. Cela ne lui était jamais arrivé. Personne ne savait où il se trouvait. Moscou bruissait des rumeurs les plus folles. Le président est mourant, enlevé par des généraux, en cure de botox. Selon plusieurs journaux suisses et le site Dossier Center, il était à Lugano, au chevet d’Alina Kabaeva. La gymnaste venait d’y accoucher de leur premier fils dans une clinique privée recommandée par Silvio Berlusconi, l’un des rares étrangers à fréquenter Poutine en famille. (…) Selon les mêmes sources, Alina Kabaeva a donné un second fils à Poutine, en 2019. Il porterait le même prénom, Vladimir, et le même patronyme (Vladimirovitch) que son père, lui-même fils d’un Vladimir ».

    En croisade contre l’Occident

    Le 14 août 2014, quelques mois après l’annexion de la Crimée, Poutine reçoit, dans l’ancien palais impérial à Yalta, l’un de ses plus fervents admirateurs, Philippe de Villiers. (…) Le prétexte de la rencontre ? De Villiers est là pour signer un contrat avec le milliardaire ultraorthodoxe Malofeïev qui souhaite créer deux parcs à thème sur le modèle du Puy du Fou, l’un à Yalta, l’autre à Moscou déjà baptisé « Tsargrad ». Aucun des deux ne verra jamais le jour.

    De Villiers veut aider le tsar dans sa conquête idéologique du Vieux Continent. « On assiste à une formidable inversion historique, expliquait le fondateur du Mouvement pour la France quelques jours avant son départ pour la Crimée [Dans une interview au Figaro Magazine]. Jusqu’à la chute du Mur, nous avions le monde libre contre les Soviétiques et l’Internationale communiste ; désormais, on a le monde libre – défendu par Poutine contre les Américains et l’Internationale globaliste. Que reproche-t-on à Poutine ? De ne pas vouloir des Femen et de l’Otan ? Comme on le comprend! » « Le monde libre défendu par Poutine »…À la fin de la rencontre à Yalta, ce drôle de patriote va encore plus loin dans l’expression de son adoration : « Le président Poutine est une figure, un homme beaucoup plus respecté dans le cœur et l’âme de nombreux Européens que la plupart des leaders et des dirigeants européens. » Pour mener son combat contre l’Occident libéral, le maître du Kremlin va s’appuyer sur des personnalités d’extrême droite ou populistes ou les deux comme de Villiers ou Le Pen en France, Salvini en Italie, Orban en Hongrie, Farage au Royaume-Uni, Trump aux États-Unis qui tous lui vouent une sorte de culte, surtout depuis qu’il se présente comme le pourfendeur de la « culture homosexuelle » et le dernier rempart de la chrétienté.

    La peur panique du Covid

    Le président russe reste donc isolé avec ses gardes du corps, sa compagne, Alina Kabaeva, leurs deux fils, leurs nounous et leurs professeurs. Il gère le pays à distance, par visioconférence, sans interaction directe régulière avec son entourage habituel de conseillers, de généraux et de ministres. L’un de ses officiers de sécurité, Gleb Karakoulov, qui a fui la Russie en octobre 2022, raconte : « Notre président a perdu le contact avec le monde. Il vit dans un cocon informationnel depuis deux ans, passant la plupart de son temps dans ses résidences (Valdaï surtout) [l’une de ses datchas], que les médias appellent très justement des bunkers. Il a une peur pathologique pour sa vie. Il s’entoure d’une barrière impénétrable de quarantaines et d’un vide informationnel. Pour lui, seules comptent sa propre vie et celle de ses proches. » À Valdaï, rapporte Dossier Center [une plateforme d’investigation journalistique fondée et financée par l’ancien oligarque Mikhaïl Khodorkovski] dans une enquête consacrée à la vie de famille à Valdaï, ses deux fils secrets, Ivan et Vladimir Jr, résident dans la maison principale avec leurs parents [Vladimir Poutine et Alina Kabaeva] tandis que les gouvernantes et les professeurs sont logés dans des bâtiments séparés, dotés de salles de classe aménagées. Les deux frères ont accès à deux poneys, des lapins et un saint-bernard, dont s’occupent deux maîtres-chiens du FSO [la garde présidentielle]. […] Leur mode de vie est calqué sur celui de leur père. Ils ont des chefs cuisiniers personnels. Et, comme Vladimir Poutine, ils ont leurs propres tasses et ne boivent que dans celles-ci. Pour éviter toute contagion, leur père les oblige à se déplacer dans la datcha en voiture avec chauffeur.

    Préparatifs de guerre

    Le plan de Poutine prévoit qu’après la déstabilisation, les services secrets russes décapitent en quelques heures le pouvoir ukrainien. Dans ce but, à l’automne 2021, des tueurs du GRU [les services secrets militaires russes], rejoignent Kiev par petits groupes et sous couverture civile. Guidés vers leurs cibles par des agents ukrainiens, ces hommes devront capturer une trentaine de hauts responsables dont le président Zelensky. Selon le plan, certains de ces prisonniers VIP seront, plus tard, soumis à des procès-spectacles. S’il ne fuit pas, Volodymyr Zelensky sera, lui, assassiné dès les premières heures. D’après les estimations des planificateurs du GRU, cette décapitation du régime devrait être achevée en quarante-huit heures maximum. Pour remplacer l’ancien humoriste, Poutine a, semble-t-il, un candidat en tête : son ami, le milliardaire Medvedtchouk, qui a un yacht un peu plus petit. Selon les services spéciaux ukrainiens, le FSB prévoit que la Rada, le Parlement, une fois encerclée par les troupes russes, destitue son président, Ruslan Stefanchuk ; Medvedtchouk doit alors devenir « porte-parole » et « président par intérim ». Si cette opération ne marchait pas, un autre candidat pourrait émerger : l’ancien président Viktor Ianoukovitch, évincé par la révolution de 2014 et exilé depuis en Russie. Le MI6 britannique, lui, mise plutôt sur un certain Yevhen Murayev, plus jeune et moins compromis que les deux autres. Originaire de Kharkiv, la deuxième ville d’Ukraine, cet homme d’affaires de 45 ans, au visage enfantin, est propriétaire de la chaîne de télévision Nash TV, une plateforme antioccidentale, très hostile à Zelensky.

    Vivre jusqu’à 150 ans

    Comme Staline, Poutine est passionné par les recherches en matière de longévité. En 1939, le tyran rouge lut Prolonger la vie, une brochure écrite par un célèbre hématologue et promettant une possibilité de vivre cent cinquante ans. « Staline en fit un héros du travail socialiste et lui accorda d’importants financements de recherche, mais fut consterné lorsqu’il mourut à l’âge de 64 ans, en 1946 », écrit le professeur Donald Rayfield dans le Guardian. La longévité, c’est aujourd’hui la grande affaire du clan Poutine. À la demande du Kremlin, l’État russe finance des recherches en vue d’augmenter l’espérance de vie, qu’il a érigée en « priorité clé ». Une partie de ces subventions bénéficient à la fille aînée de Poutine, Maria, endocrinologue de formation, dont c’est justement le thème de travail. Mikhaïl Kovaltchouk, le frère de Youri avec lequel Poutine a passé de longues semaines à Valdaï, reçoit aussi des millions de l’État pour une de ses sociétés qui travaille sur la fabrication d’organes de remplacement. La technique envisagée est l’impression en 3D d’organes à partir de cellules cultivées en laboratoire.

    Poutine croit tellement dans les possibilités de cette technique qu’il en a parlé à Xi Jinping qui a le même âge que lui. Le 3 septembre 2025, la Chine s’apprête à célébrer le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Sur la place Tien-An-Men, Poutine et Xi déambulent sur un tapis en direction de la tribune officielle. Ils devisent de la vie en direct à la télévision chinoise. « À l’époque [de la Seconde Guerre mondiale], les gens vivaient rarement jusqu’à 70 ans. Mais aujourd’hui, à 70 ans, vous êtes un enfant », déclare Xi. Passionné par le sujet, Poutine lui répond : « Avec le développement des biotechnologies, les organes humains peuvent être continûment transplantés. Les gens peuvent vivre de plus en plus vieux et même atteindre l’immortalité. » Et le président chinois conclut : « Les prédictions disent qu’au cours de notre siècle, il y a des chances qu’on vive jusqu’à 150 ans. »

    Interrogé sur cet échange, Poutine déclarera : « Les méthodes modernes de la médecine permettent à l’humanité d’espérer que […] la durée de vie augmentera de manière significative. » Parmi ces avancées, précisera-t-il, figurent des « moyens médicaux, y compris chirurgicaux, liés aux transplantations d’organes ».

    Les intertitres sont de la rédaction.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/vladimir-poutine-revelations-sur-sa-vie-cachee-ses-deux-fils-son-obsession-de-vivre-jusqua-150-ans-XXTA6QDYCNDTLAX7DXZWCJOQDQ/

    Author : Cyrille Pluyette

    Publish date : 2026-03-26 16:00:00

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  • En Italie, Giorgia Meloni fait le ménage autour d’elle après l’échec de son référendum

    À Rome, Giorgia Meloni remanie son gouvernement après la cuisante défaite d’un référendum sur la réforme de la justice, qui a fait office il y a quelques jours de test majeur pour son leadership. Lundi 23 mars, un pourcentage record d’Italiens — 59 % au niveau national et 70 % dans certaines grandes villes, un taux porté par les jeunes — s’est rendu aux urnes, pour rejeter à 54 % cette réforme phare portée historiquement par la droite dure italienne, transformant le vote en un véritable désaveu politique. Ce revers a immédiatement déclenché des remous au sein de l’exécutif, et renforcé l’opposition.

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    Si la Première ministre italienne a reconnu le résultat avec calme, refusant tout de même de démissionner, l’opposition a donc saisi l’occasion pour tenter de la pousser vers la sortie. Giorgia Meloni était déjà fragilisée ces derniers temps, entre les polémiques judiciaires touchant ses ministres, la nécessité de consolider sa majorité au parlement et un contexte socio-économique de hausse des prix et baisse de productivité en Italie.

    Démissions de ministres sous enquêtes

    Le revers électoral du référendum a provoqué un remaniement immédiat au sein de la coalition de droite (Forza Italia) et d’extrême droite (La Ligue et Frères d’Italie) au pouvoir. Deux hauts responsables du ministère de la Justice ont démissionné dès mardi, suivis par la ministre de Tourisme ce mercredi 25 mars. Tous les trois faisaient l’objet d’enquêtes de la part des procureurs, ce qui donnait jusqu’ici une image très défavorable à un exécutif accusé d’avoir réduit l’indépendance et le pouvoir de la justice en Italie. Certaines critiques dirigées contre le gouvernement Meloni à l’occasion de ce référendum l’accusaient d’ailleurs de vouloir réformer la justice pour rendre plus compliqué le fait d’enquêter sur des politiciens en exercice.

    Parmi les démissionnaires, Andrea Delmastro Delle Vedove, sous-secrétaire à la Justice et fidèle de Giorgia Meloni, a été impliqué dans une polémique mafieuse liée à un investissement dans un restaurant, qu’il a reconnu comme une erreur de jugement sans malversation. Giusi Bartolozzi, cheffe de cabinet du ministère, est quant à elle poursuivie pour avoir couvert l’exfiltration d’un chef de guerre libyen recherché par la Cour pénale internationale, tandis que la ministre du Tourisme, Daniela Santanchè, fait face à un procès pour fraude et fausse comptabilité dans ses activités professionnelles.

    L’opposition galvanisée avant les législatives de 2027

    Le ministre de la Justice Carlo Nordio, auteur de la réforme rejetée, dit assumer la responsabilité de cette défaite mais ne compte pas démissionner, préférant se retirer après les élections nationales prévues l’an prochain. La classe politique critique vivement ces démissions, mais surtout leur timing jugé bien trop tardif et opportuniste, l’opposition accusant la Première ministre de charger des « boucs émissaires facile » pour éponger ses propres erreurs.

    Malgré l’échec, Giorgia Meloni ne devrait pas appeler à des élections anticipées, la situation internationale et économique rendant cette option peu probable. Les législatives du début 2027 restent donc le scénario de référence. Elles promettent un scrutin incertain avec un parlement fragmenté : d’un côté, une opposition galvanisée cherchant à construire une alternative crédible ; de l’autre, la Première ministre qui tente de manœuvrer habilement pour préserver ses chances de victoire.



    Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/en-italie-giorgia-meloni-fait-le-menage-autour-delle-apres-lechec-de-son-referendum-YLOKB4CURJBWVCCB6EKXEBYWSA/

    Author : Enola Richet

    Publish date : 2026-03-26 12:33:00

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  • « Sans l’UE, l’Europe serait aujourd’hui en plein chaos » : l’analyse de l’historien Harold James

    Dans un contexte international troublé, l’esprit libéral des années 1990 se retrouve parfois mis au banc des accusés, désigné comme le grand responsable d’une partie des maux actuels de notre société, notamment en matière de mondialisation et d’immigration. Pourtant, sans cette décennie, le désordre des années 2020 serait probablement survenu plus tôt. C’est la thèse défendue par Harold James, professeur d’histoire à l’université de Princeton, dans une récente tribune publiée sur The Globalist. Il y répond à un texte paru sur ce même site d’analyses internationales par l’économiste Branko Milanovic, spécialiste des inégalités. Dans cet article, le concepteur de la célèbre « courbe de l’éléphant » revient sur les « illusions » de la mondialisation libérale des années 1990, « des idées qui se sont presque toutes révélées erronées ». Une lecture qui s’inscrit dans une remise en cause plus large de cette décennie, que des historiens comme Gary Gerstle décrivent comme le moment de domination d’un « ordre néolibéral ».

    Une remise en cause réellement fondée ? « Il est devenu à la mode ces derniers temps de condamner les principales évolutions économiques que le monde a connues dans les années 1990. Mais, à mon avis, nous le faisons à nos risques et périls », écrit Harold James, qui prolonge cette analyse dans un entretien accordé à L’Express.

    Sans 1990, 2020 aurait été pire

    Celui-ci voit dans ce rejet un consensus émergent tant à gauche qu’à droite, citant entre autres le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio qui, lors de la dernière conférence de Munich, a expliqué comment l’ »euphorie » de cette époque « nous a conduits à commettre de terribles erreurs ». L’universitaire britannique pointe une recomposition politique où certains discours mêlent préoccupations sociales et logiques nationalistes, notamment dans des mouvements populistes en France, aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. A gauche, certains responsables adoptent un langage similaire et une approche de la politique plus frontale et plus conflictuelle, estimant que c’est à cette condition qu’elle peut redevenir efficace. A ses yeux, cette évolution rapproche, par certains aspects, les stratégies politiques de la droite et de la gauche.

    « Sans la libéralisation des années 1990, nous aurions été bien plus rapidement dans le monde des années 2020 — sans l’interlude qui a permis à tant de personnes d’être mieux loties et de s’épanouir davantage », défend l’auteur dans The Globalist. Comment expliquer, dès lors, ce rejet des apports de cette décennie ? « Ce phénomène, nous explique-t-il, est particulièrement fort dans les pays industriels riches. Il est inévitable que des Etats qui se trouvaient autrefois au centre du jeu perdent progressivement du terrain en termes relatifs », estime l’auteur de Seven Crashes: The Economic Crises That Shaped Globalization (Yale University Press), classé parmi les meilleurs ouvrages économiques de 2023 par le Financial Times. Le vote en faveur du Brexit et l’élection de Donald Trump en 2016 constituent le tournant décisif : « Le slogan Make America Great Again, c’est vouloir arrêter le cours de l’histoire. Or cette tentative de figer le processus historique est impossible et irréaliste. Quand les gens s’y essaient, cela produit des effets terriblement contre-productifs, et c’est précisément ce que nous vivons en ce moment ».

    Selon l’historien, le rejet des années 1990 produit une nostalgie mal placée pour un monde révolu : celui d’avant 1989. A gauche, la guerre froide serait relue comme une période où la concurrence du modèle socialiste aurait contraint le capitalisme à se réformer et à devenir plus humain ; après l’effondrement du communisme, un capitalisme « débridé » aurait ainsi émergé avec des effets négatifs. A droite, cette décennie renvoie plutôt à un moment de domination américaine — avec le Royaume-Uni comme allié — où l’Occident aurait gagné la guerre froide avant de « perdre la paix ».

    La seule véritable erreur de l’Europe

    Cette relecture critique des années 1990 se traduit-elle concrètement dans le débat européen ? Affirmatif, réplique Harold James qui juge effarant le nombre de Polonais dénigrant aujourd’hui Leszek Balcerowicz, l’architecte des réformes libérales de la Pologne. Alors même que leur pays est l’une des plus belles réussites européennes et un moteur pour le continent. « Il est fréquent, avec le temps, que les populations finissent par se retourner contre les initiateurs de ces réformes », souligne-t-il. En Pologne, la droite du PiS reproche à Balcerowicz d’avoir conclu un compromis avec l’ancienne nomenklatura communiste. La gauche, elle, estime que la transition vers l’économie de marché a été trop brutale. Des critiques que l’historien juge peu réalistes : une grande partie de l’industrie polonaise de l’époque n’était plus viable et certains compromis avec l’ancien système étaient inévitables pour conduire les transformations nécessaires. Sans la libéralisation des années 1990 en Europe de l’Est, « il y aurait eu davantage de Slobodan Milosevic et moins de Leszek Balcerowicz ».

    L’Europe a-t-elle tout réussi dans cette décennie ? Harold James pointe une erreur majeure : avoir avancé vers l’union monétaire sans intégrer pleinement les enjeux de sécurité, dans l’idée que celle-ci n’était plus un sujet. L’occasion manquée du couple franco-allemand François Mitterrand et Helmut Kohl au lendemain de l’effondrement de l’Union soviétique. « Des discussions ont bien eu lieu sur une coopération franco-allemande et sur une voie vers un rapprochement en matière de défense mais elles se sont heurtées à une très forte opposition de chacun des grands pays européens », regrette-t-il.

    Sans les structures européennes, tout serait bien plus chaotique

    Depuis les années 1990, certains estiment que l’Europe a perdu de son aura sur la scène internationale. « Cela s’explique en partie par une question inévitable de déclin relatif du continent », nuance Harold James. D’autres pays se développent plus rapidement — les grands marchés émergents comme le Brésil, l’Inde ou la Chine, mais aussi les pays d’Asie de l’Est et du Sud-Est. « Je pense aussi que l’Europe a été très introspective, trop focalisée sur la relation franco-allemande, sur ce qui se passe entre Paris et Berlin sans être suffisamment ouverte à la contribution des pays plus petits, souvent très dynamiques, mais largement tenus à l’écart des grandes discussions politiques. »

    Par ailleurs, poursuit-il, le Vieux Continent a montré une incapacité à coopérer sur de grandes questions : « Il n’existe pas de véritable politique énergétique européenne commune, ni de politique de sécurité commune ». L’insistance de l’Allemagne à abandonner l’énergie nucléaire, à l’initiative d’Angela Merkel après Fukushima, a été « une très grande erreur ». « En France aussi, il y a eu une période de négligence à l’égard de l’énergie nucléaire, même si elle est aujourd’hui perçue comme plus cruciale. » Il pointe aussi une orientation discutable dans le développement des énergies renouvelables : « On construit beaucoup de capacités solaires et éoliennes en Europe du Nord, or il faudrait davantage coopérer avec l’Europe du Sud et avec l’autre rive de la Méditerranée, notamment l’Afrique du Nord, où les conditions pour l’énergie solaire sont bien meilleures qu’au Danemark ou en Allemagne. »

    Selon l’auteur, ce regard sceptique sur l’état d’esprit des années 1990 est également appliqué à l’élargissement de l’UE, l’expansion de l’Otan ou encore l’utilité de l’OMC. Faut-il encore défendre les institutions internationales issues de cet ordre libéral ? Sur le premier point, celui-ci ne considère pas que l’UE est allée trop loin trop vite : « Dans la mesure où il existe actuellement un certain dynamisme en Europe, il est en réalité généré par les nouveaux pays membres — la Pologne, la Bulgarie, la Roumanie etc. — (dont l’adhésion a été engagée dans les années 1990) — quand bien même ils demeurent politiquement instables. Mais c’est précisément l’intérêt du cadre européen : gérer cette instabilité politique. » Sans les structures européennes, « tout serait bien plus chaotique. »

    L’esprit libéral des années 1990 est-il mort ?

    A l’heure où nombre d’organisations internationales sont remises en cause, Harold James défend l’utilité du cadre multilatéral. Le FMI accomplit quelque chose d’essentiel : il coordonne la production de statistiques économiques nationales fiables : « Sans cela, le monde navigue à vue », dit-il, rappelant qu’une des premières choses que font les gouvernements autocratiques arrivés au pouvoir est de manipuler leurs statistiques, ou de ne pas les publier. Et l’OMC (qui a remplacé le GATT en 1995) et l’ONU, souvent critiquées ? « Quelle est l’alternative ? L’action unilatérale ? C’est exactement ce que nous voyons en ce moment, et c’est très déstabilisant. Cela va en réalité renforcer le sentiment qu’on a besoin de ce cadre international, et que l’ONU comme forum de règlement des différends n’est pas dépassée. »

    La mondialisation a-t-elle conduit au déclassement des classes moyennes et du déclin industriel, comme on l’entend parfois ? « Le diagnostic selon lequel la mondialisation est responsable de la perte d’emplois et de la perte relative de statut n’est qu’une moitié de la vérité, voire moins. » Selon lui, changement vient de la technologie plutôt que de la mondialisation : « Les tentatives de relocalisation industrielle rapatrient des processus de production, mais ceux-ci n’impliquent presque plus de travail manuel, désormais effectué par des machines. » Le spécialiste prend l’exemple des grands centres de données actuellement en construction aux Etats-Unis : il y a effectivement beaucoup de travail manuel pour les ériger, mais une fois opérationnels, ils nécessitent peu de travailleurs peu qualifiés. »

    Personne ne se revendique plus néolibéral, c’est désormais un gros mot

    Sur l’immigration, son désaccord avec Branko Milanovic est frontal. Dans le catalogue des illusions des années 1990, l’économiste serbo-américain range l’hypocrisie des discours occidentaux vantant la diversité et les sociétés multi-ethniques alors que par la suite ont été mis en place « des obstacles de plus en plus importants à la libre circulation du travail », surtout en Europe. Une lecture que conteste Harold James : « Ce qui a posé problème — pas seulement dans les années 1990, mais plus généralement lorsque la migration est devenue une question explosive — c’est la combinaison entre la migration et des systèmes de protection sociale trop étendus. Dans ce contexte, on commence à penser que les migrants, au lieu de travailler dur et de contribuer à la construction du pays, profitent du système. »

    Cet esprit libéral des années 1990 est-il mort ? Malgré les droits de douane de Trump et les tensions géopolitiques, la mondialisation, indiquent les données, reste robuste, la plupart des pays n’ayant pas riposté en relevant leurs propres barrières commerciales. « Même des puissances comme la Chine ou les Etats-Unis ne peuvent pas être totalement autosuffisantes : la production moderne dépend de très nombreux composants provenant de dizaines de pays différents. Un iPhone, par exemple, mobilise entre 20 et 40 pays fournisseurs. L’interdépendance mondiale persiste donc — et cela renforce l’idée qu’un système commercial international fondé sur des règles reste non seulement nécessaire, mais inévitable », se félicite Harold James, optimiste : « les gens finiront par voir qu’un monde interconnecté est bénéfique, et qu’il a besoin de mécanismes pour en réguler les échanges. Ce qui pourrait redonner de l’attrait à un ordre économique mondial fondé sur des règles, autrefois qualifié de néolibéral ».

    Le terme n’est-il pas devenu repoussoir ? « C’est désormais un gros mot, et personne ne se revendique plus néolibéral. Aujourd’hui, les gens catalogués comme néolibéraux ne sont rien de plus que des libéraux classiques. Les objectifs du libéralisme classique — la liberté, l’autonomie personnelle — sont des idéaux qui étaient puissants dans les années 1990… et qu’il ne faudrait pas dénigrer. »



    Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/sans-lue-leurope-serait-aujourdhui-en-plein-chaos-lanalyse-de-lhistorien-harold-james-RK22AVFC45FZ3D3KD4KPSPHZU4/

    Author : Laurent Berbon

    Publish date : 2026-03-26 10:45:00

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  • EN DIRECT. Guerre en Iran : Donald Trump assure que Téhéran veut « vraiment conclure un accord »

    L’inconnue demeure quant à l’état d’avancée, ou même l’existence actuelle des négociations entre Téhéran et Washington. Ces derniers jours, Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que « des points d’accord majeurs » avaient été dégagés. Après avoir rejeté une proposition d’accord de paix, l’Iran a expliqué qu’aucune négociation directe n’avait lieu, mais que des intermédiaires transmettaient des messages. En public, Donald Trump surenchérit dans l’emphase en assurant que la République islamique veut à tout prix un accord de paix, mais que ses dirigeants « ont peur de le dire car ils seraient tués par leur peuple ».

    Sur le terrain, les bombes pleuvent toujours : Israël a indiqué ce jeudi matin avoir mené une série de frappes massives visant les infrastructures du régime iranien à travers le pays. Pendant ce temps, les membres du G7 se réunissent cette fin de semaine pour tenter d’obtenir de la clarté de la part des Etats-Unis quant à leurs plans et leurs objectifs dans cette guerre que Washington peine toujours à justifier et qui déstabilise le monde entier.

    Les infos à retenir

    ⇒ Donald Trump assure que l’Iran veut à tout prix un accord de paix

    ⇒ Un soldat israélien tué au combat dans le sud du Liban

    ⇒ Israël mène une nouvelle série de frappes massives sur l’Iran

    09h03

    Un soldat israélien tué au combat dans le sud du Liban

    L’armée israélienne a annoncé ce jeudi qu’un de ses soldats avait été tué lors d’opérations de combat dans le sud du Liban, dans un contexte d’affrontements persistants avec le Hezbollah le long de la frontière. Cela porte à trois le nombre de soldats israéliens tués là-bas, après que l’armée a annoncé la mort de deux d’entre eux le 8 mars.

    08h51

    Israël aurait retiré Abbas Araghchi et Mohammad Bagher Ghalibaf de sa liste de cibles à la demande du Pakistan

    Israël a retiré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, de sa liste noire après que le Pakistan a demandé à Washington de ne pas les cibler, a déclaré ce jeudi à Reuters une source pakistanaise ayant connaissance des discussions.

    « Les Israéliens avaient leurs coordonnées et voulaient les éliminer. Nous avons dit aux États-Unis que s’ils étaient également éliminés, il n’y aurait plus personne à qui parler. C’est pourquoi les États-Unis ont demandé aux Israéliens de faire marche arrière », a déclaré la source.

    Le Wall Street Journal a été le premier à révéler que deux hauts responsables iraniens avaient été temporairement retirés de la liste israélienne des personnes à éliminer, dans le cadre de négociations de paix envisagées. Selon le quotidien, qui ne mentionne pas une implication du Pakistan, ces deux responsables ont été retirés de la liste pour une durée de quatre à cinq jours.

    08h30

    Deux morts à Abou Dhabi après l’interception d’un missile

    Deux personnes ont été tuées à Abou Dhabi après que des débris d’un missile intercepté sont tombés sur la route de Sweihan, a indiqué jeudi le bureau des médias de l’émirat, ajoutant que trois autres personnes avaient été blessées et que plusieurs véhicules avaient été endommagés.

    08h14

    L’Allemagne est prête à contribuer à garantir « toute paix » en Iran

    Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a déclaré ce jeudi que son pays était prêt à contribuer à la conclusion de tout accord de paix entre les États-Unis et l’Iran. « Nous sommes prêts à garantir toute paix », a-t-il déclaré lors d’une rencontre avec le ministre australien de la Défense, Richard Marles. « Si nous parvenons à un cessez-le-feu, nous discuterons de toutes les opérations possibles pour garantir la paix et notamment la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz », a-t-il ajouté, sans donner de détails.

    08h01

    Le ministre de l’Économie annoncera « dans les prochains jours » des mesures ciblées sur les prix de l’énergie

    Invité sur RTL, le ministre français de l’Economie Roland Lescure a fait savoir qu’il annoncerait « dans les tout prochains jours », des mesures nouvelles pour faire face à la flambée des prix du pétrole. Cette « première salve » comprendra « des mesures de trésorerie, qui vont permettre aux entreprises des transports routiers qui ont des problèmes pour payer leurs factures de les payer », a-t-il fait savoir.

    « Il n’y a pas de choc pétrolier en France », a-t-il également réaffirmé, revenant sur ses propos tenus mardi. « Je parlais de l’Asie. Chez nous, on a un choc sur les prix. L’essence monte, mais l’électricité ne monte pas », a-t-il expliqué.

    07h38

    L’Iran veut que le Liban soit inclus dans tout accord de cessez-le-feu

    L’Iran a fait savoir à des intermédiaires que le Liban devait être inclus dans un quelconque accord de cessez-le-feu qui serait scellé avec les Etats-Unis et Israël, a appris Reuters de six sources régionales informées de la position de Téhéran, qui a ainsi lié la fin de la guerre à l’arrêt de l’offensive israélienne contre le Hezbollah libanais aligné sur l’Iran.

    Un haut représentant iranien, cité mercredi par la chaîne de télévision iranienne Press TV, a déclaré que Téhéran voulait que tout accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre garantisse également l’arrêt des attaques contre les « groupes de résistance » dans la région.

    07h15

    Le G7 se réunit sur fond de guerre en Iran

    Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 se réuniront en France aujourd’hui et demain, dans un contexte de guerres en Ukraine et en Iran, d’incertitude économique, et d’inquiétude quant à la politique étrangère des Etats-Unis. La réunion (France, Grande-Bretagne, Canada, Allemagne, Italie, Japon et Etats-Unis ainsi que des représentants de l’UE) se tiendra à Vaux-de-Cernay, 40 km en dessous de Paris.

    Par le passé, le Groupe des Sept est généralement parvenu à trouver un large consensus sur les défis économiques et géopolitiques auquel il était confronté. Cette unité s’est toutefois affaiblie depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2025. Après avoir été pressurisés sur l’Ukraine ou les droits de douane, les alliés de Washington sont désormais pris en étau sur le conflit au Moyen-Orient, dont des diplomates et des responsables européens estiment qu’il manque d’objectifs précis ou d’une stratégie de sortie.

    07h02

    Israël mène des « frappes à grande échelle » en Iran

    L’armée israélienne a dit tôt ce jeudi avoir mené de nouvelles frappes à grande échelle contre des infrastructures situées dans plusieurs régions d’Iran. « Il y a peu, l’armée israélienne a achevé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien dans plusieurs endroits du pays », dont Ispahan, dans le centre de l’Iran, a-t-elle annoncé dans un court communiqué.

    Tsahal a par ailleurs indiqué répondre à des attaques de missiles iraniens tirés en direction d’Israël, alors que des sirènes d’alerte ont été déclenchées dans le centre du pays, certaines zones de Jérusalem et de Cisjordanie occupée.

    06h45

    Téhéran veut à tout prix un accord, selon Donald Trump

    Le président américain a de nouveau assuré mercredi soir que Téhéran voulait à tout prix conclure un accord pour mettre fin à la guerre. Selon Donald Trump, qui s’exprimait devant des élus républicains du Congrès, les dirigeants iraniens « veulent vraiment conclure un accord, mais ils ont peur de le dire car ils seraient tués par leur peuple. Ils ont aussi peur que nous les tuions ».

    Le ministre des Affaires étrangères de l’Iran, Abbas Araghchi, a quant à lui indiqué que les autorités iraniennes étudiaient des propositions relayées par des intermédiaires mais qu’il était exclu d’organiser des négociations avec les Etats-Unis. Il a aussi affirmé que, bien qu’il n’y ait eu ni dialogue ni négociations entre l’Iran et les Etats-Unis, des messages avaient été transmis par des intermédiaires.



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    Publish date : 2026-03-26 08:08:00

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